vendredi 20 juin 2014

Soumaïla Cissé lors des débats sur la motion de censure à l'Hémicycle : "Ecoutez les sanglots d'un peuple humilié qui souffre…" - maliweb.net

Soumaïla Cissé lors des débats sur la motion de censure à l'Hémicycle : "Ecoutez les sanglots d'un peuple humilié qui souffre…" - maliweb.net

Soumaïla Cissé lors des débats sur la motion de censure à l’Hémicycle : « Ecoutez les sanglots d’un peuple humilié qui souffre… »

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« Notre nation est meurtrie. Notre République est affaiblie. Notre pays est humilié. Notre Etat dépérit progressivement. Notre peuple se désespère chaque jour tant son quotidien est dur et insoutenable « . C’est le tableau sombre qu’a dépeint Soumaïla Cissé, le chef de l’opposition parlementaire à l’entame des débats sur la motion de censure à l’Assemblée nationale le mercredi dernier. Il a lancé un appel au gouvernement à écouter les plaintes et les souffrances du peuple malien.



Soumaila CISSE
Soumaila CISSE (Photo capture d’écran youtube)
Pour l’honorable Soumaïla Cissé, ce débat doit être un moment de vitalité de la démocratie malienne, « un moment d’écoute de l’opposition pour tirer d’elle les idées utiles pour la nation toute entière « . Il a précisé que les opposants ne sont ni des apatrides ni des comploteurs mais des patriotes fidèles aux valeurs de la République, loyaux envers ses institutions. En douter serait lui faire une insulte.



A en croire M. Cissé, l’examen de cette motion de censure est une occasion pour informer le peuple malien sur la situation préoccupante du pays. C’est pourquoi il dit être triste du fait de l’humiliation subie par le peuple malien et de l’affaiblissement de sa démocratie. » …Je ne viens pas vous dire que « nous avions raison, que nous vous avions prévenu ». Non, je viens au nom de l’opposition vous dire de nous écouter, d’écouter les sanglots d’un peuple qui souffre, d’un peuple humilié, d’un peuple qui s’interroge sur son avenir. N’ayez pas la certitude d’être toujours seuls dans le vrai parce que vous risquez de nous entraîner tous dans l’abîme. Il n’est pas pire poison mortel que l’indifférence », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter que le sort du pays préoccupe tous ses fils et en discuter librement est largement préférable à une révolte qu’entraînerait le mal-vivre généralisé.



Pour le leader de l’URD, être de la majorité ne fait pas de quelqu’un un saint et être de l’opposition ne fait pas non plus de quelqu’un un moins que rien. Il a appelé à s’élever tous ensemble, au nom du peuple, contre les apprentis-sorciers qui ont enflammé le Nord de notre pays et, qui ont, non seulement créé les conditions de l’abandon puis de l’assassinat sauvage des Maliens, mais aussi provoqué des combats meurtriers qui ont fauché lourdement nos militaires et humilié l’armée malienne.



» Notre armée, dont nous savons tous qu’elle se reconstruit avec vaillance et conscience, devait-elle être envoyée dans la précipitation et l’imprécision à la boucherie ? « , a-t-il demandé. Avant de déplorer le sort des nombreuses victimes en relevant que l’état d’insécurité est généralisé dans tout le pays comme l’atteste la dernière séance des questions d’actualité à l’Assemblée Nationale. Et Soumaïla Cissé de souligner que la réconciliation nationale et le retour définitif des réfugiés dans leurs terroirs, se font attendre. De même que l’école qui va de plus en plus mal ; l’université n’existant que de nom.

» Notre jeunesse s’interroge sur son avenir : elle est en quête permanente d’emplois. Les inégalités envers les femmes sont criardes. La confiance de nos partenaires économiques et financiers s’étiole. La dette intérieure reste très élevée. L’investissement se fait rare. Le panier de la ménagère est troué de toutes parts. Les dépenses extrabudgétaires sont massives. La mal- gouvernance est insolente. La corruption gagne du terrain. La gestion des finances publiques est calamiteuse. Les inégalités sociales s’accentuent « , a-t-il dénoncé.



A en croire le chef de l’opposition, la rue gronde de colère ! L’inquiétude se lit sur les visages ! » Où va le Mali, Monsieur le Premier Ministre? Les Maliens ont besoin que soient apportées des réponses appropriées et justes à toutes ces questions. », a-t-il déclaré.



Il a alors demandé au chef du gouvernement de prêter une oreille attentive aux critiques de l’opposition, à ses suggestions et propositions afin d’éviter au pays les impasses dans lesquelles il est en train de sombrer.



Pour Soumaïla Cissé, aucun patriote ne peut rester insensible à la situation que vit le Mali aujourd’hui. Notre devoir aujourd’hui dans l’opposition républicaine, ira-t-il, est de tirer la sonnette d’alarme, «de vous obliger à regarder la situation en face avec lucidité, discernement et objectivité, d’écouter nos critiques et suggestions sans œillères ni dogmatisme pour redresser la barre car si « l’erreur est humaine, y persévérer est diabolique »». Il a alors pris le peuple à témoin afin qu’un jour l’on ne dise pas que toute la classe politique était une complice active ou passive des insuffisances et errements de la gouvernance.

Bruno Djito SEGBEDJI

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