vendredi 13 juin 2014

Et s’il n’y avait plus d’État ? - maliweb.net

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Et s’il n’y avait plus d’État ?

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drapeau MaliUn État sérieux, c’est celui qui sait se rendre utile à temps, qui sait anticiper à temps et qui sait communiquer à temps. Au Mali, il y a comme une limite infranchissable nous empêchant de passer le cap des erreurs du passé. C’est vrai que la démission des politiques et des acteurs de la société civile est, pour beaucoup de maliens, la raison profonde de la grave crise politico-institutionnelle et sécuritaire que nous venons de traverser, mais la faillite de la communication au sommet de l’Etat en a constitué l’essentiel.



Cette mauvaise communication, sinon cette absence de communication dont nos gouvernants actuels n’arrivent toujours pas à se départir.



Pour preuve, cela fait deux longues semaines accomplies qu’un officier subalterne de l’armée, le Lieutenant Mohamed Ouattara du régiment des Commandos parachutistes et d’autres sous-officiers et militaires de rang sont arrêtés et écroués, sans qu’on sache réellement pourquoi ils sont arrêtés. Si certains responsables militaires et de la Sécurité d’État sont passés par leurs canaux habituels de communication pour faire savoir que le lieutenant Ouattara et ses compères sont arrêtés pour “tentative de déstabilisation des Institutions de la République”, un coup d’État en perspective pour être plus précis, le citoyen “lambda” reste, quant à lui, perplexe.



En effet, à ce jour encore, aucun communiqué officiel du Gouvernement n’a été publié sur cette affaire, qui continue pourtant à alimenter l’actualité. Un ministre de la République est parti jusqu’à qualifier l’affaire de “simples rumeurs”. Pourtant, selon les infos dont disposent le confrère “L’Indépendant”, pour ne pas le citer, certains compagnons du Lieutenant Ouattara seraient déjà passé aux aveux pour dire qu’“il s’agissait d’une action visant à empêcher le président de la République d’exercer sa fonction”, une “élimination physique” donc.



La question qui se pose est de savoir si réellement il y a, à ce jour, un État au Mali ? Une question s’imposant d’elle-même, car cela fait 9 mois de cacophonie et de contradiction au sommet de l’État depuis 9 mois que le président IBK est au pouvoir. Il en fut ainsi pour la polémique autour de la déclaration des biens du chef de l’Etat devant la Cour Suprême, tout comme pour le Boeing acquis sous ATT, l’Aéronef acquis par le président IBK lui-même, le contrat d’armement passé par le Ministère de la Défense, l’ordre d’attaquer les positions du Mnla à Kidal après les affrontements meurtriers du 17 mai 2014… Et maintenant cette “obscure histoire de tentative de déstabilisation des institutions de la République” qui accompagne tout le quiproquo né de la visite du Premier ministre Moussa Mara à Kidal, et les incidents qui s’en sont suivi le 21 mai dernier.



Comme si quelque part, on oublie que les citoyens ont le droit d’être rassurés par leurs dirigeants ! Or, il est de l’ordre naturel des choses que la confusion débouche toujours sur l’anarchie, et que l’absence de communication constitue le terreau fertile de la confusion. Surtout s’il s’agit de tout un État !



Assane SY DOLO

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