lundi 23 juin 2014

Libération de Mohamed Ag Aly Waddoussene : Le gouvernement satisfait à une revendication du Mnla - maliweb.net

Libération de Mohamed Ag Aly Waddoussene : Le gouvernement satisfait à une revendication du Mnla - maliweb.net

Pour dissimuler la libération du djihadiste exigée par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), les autorités maliennes organisent un simulacre d’évasion de prisonniers le lundi 16 juin dernier à la Maison centrale d’arrêt de Bamako. Malheureusement, le coup a été entaché du sang d’un surveillant de prison, tué à bout portant par le preneur d’otages.
Mohamed Ali Ag Wadoussène
Mohamed Ali Ag Wadoussène


A force de convaincre les Maliens sur la présumée évasion de prisonniers le lundi 16 juin 2014, les autorités maliennes sont tombées dans leur propre piège. Les explications qu’elles ont données n’avaient ni queue ni tête à plus forte raison un grain de vérité. Elles faisaient d’ailleurs dormir les gens débout. Nous vous épargnerons des commentaires du gouvernement sur cette affaire dont ne parle plus au sommet de l’Etat.
Après le retrait de l’armée malienne de Kidal, où elle a affronté les forces coalisées (opération Serval, Mnla, Hcua, Maa et Aqmi) le 21 mai 2014, les supplétifs de l’armée de François Hollande crient déjà victoire sur tous les toits. D’autant plus qu’ils sont parvenus avec l’aide des soldats de l’Hexagone à faire plusieurs prisonniers de guerre dans les rangs des forces maliennes. Ces soldats maliens, qui ont dignement et vaillamment défendus leur patrie, deviennent aujourd’hui un instrument de chantage entre les mains des narcotrafiquants et leurs relais de par le monde. A commencer par l’ONU, dirigée par un homme aux relents racistes.
Pour la libération de ces militaires, qui ont eu le tort de combattre les militaires français et de reprendre la ville de Kidal des mains des bandits, le Mnla exige du gouvernement malien la libération de tous ses éléments incarnés à Bamako. Or il se trouve que ces prisonniers, sur la demande de la soit-disant communauté internationale, ont été arrêtés, sauf ceux qui continuent encore de bénéficier de la protection de la France. Ils sont tous liés à des crimes à des degrés différents. Celui dont l’évasion défraye la chronique aujourd’hui est un preneur d’otages dont le marché rapporte gros. Mohamed Ali Ag Wassodène, de qui il s’agit, est l’auteur du rapt de deux ressortissants français (Philippe Verdon et Serge Lazarevic) en novembre 2011 à Hombori. L’un de ces otages (Philippe Verdon) est mort et on n’est toujours sans nouvelle de l’autre. Mohamed Ali Ag Wadoussène, ce criminel de 25 ans avait été arrêté le 10 décembre 2011 à Gao, puis mis sous mandat de dépôt en mars 2012.
Du côté du gouvernement malien, on ne pouvait automatiquement accéder à cette demande des narcotrafiquants désavoués par le peuple malien qui les considère comme des parias. D’autant plus, la levée des mandants internationaux, lancés contre les responsables du Haut Conseil de l’unité de l’Azawad (Hcua) par le gouvernement, continue de couler beaucoup d’encre et de salive. Et pour ne pas subir les foudres de la population, le pouvoir a organisé, planifié et exécuté le plan diabolique de l’évasion du preneur d’otages des ressortissants français, faisant croire à la population que les surveillants de prison sont mal formés et mal équipés ou corrompus.
Sinon comment comprendre qu’après les premiers coups de feu, la brigade de gendarmerie contiguë à la prison centrale n’a pas sonné l’alerte. Ensuite, avant qu’il ne s’engouffre dans le véhicule qui l’attendait dehors pourquoi on n’a pas crié au voleur comme d’habitude. Et pourtant, ce cri au voleur a permis d’arrêter certains des évadés. Avec l’embouteillage aidant, il était facile, si on avait averti les postes de police, de mettre la main sur le véhicule en question et même de faire appel à des forces spéciales pour le traquer.
Rien n’a été entrepris pour coincer le djihadiste. Et après qu’il eut le temps de s’évaporer dans la nature qu’on envoie des gens lourdement armés devant la prison pour constater les dégâts. Ce déploiement spectaculaire n’était rien d’autre que pour noyer le poisson en faisant croire que le gouvernement ait été surpris de cette évasion. Malheureusement, il n’en était rien. C’était pour masquer la libération de Wadoussène, programmée depuis belle lurette par nos autorités incapables de tenir un langage de vérité aux soutiens du Mnla. Ici, on parle de libération et non d’évasion.
Dors en paix, le surveillant de prison, victime collatérale d’une mascarade.
Yoro SOW
SOURCE:  du   23 juin 2014.    

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