vendredi 13 juin 2014

L’attaque des positions du Mnla à Kidal le 21 mai dernier : "Les services français accusent" le Général Al Hadj Ag Gamou - maliweb.net

L’attaque des positions du Mnla à Kidal le 21 mai dernier : "Les services français accusent" le Général Al Hadj Ag Gamou - maliweb.net

L’attaque des positions du Mnla à Kidal le 21 mai dernier : « Les services français accusent » le Général Al Hadj Ag Gamou

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Mali : El Hadj Ag Gamou, le renard de Kidal
El Hadj Ag Gamou est l’ennemi juré d’Iyad Ag Ghaly. © Sia Kambou/AFP
Les évènements tragiques qui ont endeuillé notre pays, causant d’énormes pertes à nos forces armées et de sécurité à la suite des affrontements sanglants qui se sont déroulées à Kidal le 21 mai, continuent de soulever des vagues. Si le Gouvernement a communiqué sur le sujet en déclarant que l’échec essuyé par les Forces Armées Maliennes (Fama) résultait “d’erreurs de coordinations” et que des enquêtes seront lancées pour punir les auteurs, il a vite été distillé dans l’opinion et dans les couloirs du pouvoir que le Président Ibrahim Boubacar Kéïta n’a pas été préalablement informé de la décision d’attaquer les positions du Mnla. En termes clairs, IBK n’aurait pas donné l’ordre d’attaquer le Mnla, en représailles aux actions terroristes lancées par ce groupe rebelle le 17 mai lors de la visite du Premier ministre Moussa Mara à Kidal. Actions terroristes au cours de laquelle le gouvernorat de Kidal a été attaqué, 8 préfets et sous-préfets tués, plusieurs autres civils et militaires tués ou faits prisonniers.



La polémique qui a suivi l’échec de l’offensive des forces armées maliennes sur les positions du Mnla le 21 mai a emporté en premier lieu le Ministre de la Défense, Soumeylou Boubèye Maïga. Des sources proches de l’ancien Ministre ont justifié son départ du Gouvernement en affirmant que celui-ci a “choisi” de démissionner pour éviter que “des officiers” voient leur carrière brisée, si un sanction devait être prise contre eux.

C’est à partir de ce moment que les rumeurs ont couru un peu partout à Bamako comme quoi “on ne sait pas qui a donné l’ordre d’attaquer”, comme quoi “l’ordre d’attaquer a été donné par Sms”, …. Des rumeurs qui ot fait apparaître le Président IBK comme un chef qui ne contrôle pas son armée.



UN DOIGT ACCUSATEUR POINTÉ SUR GAMOU

Depuis quelques jours la presse étrangère apporte des “éclaircissements” sur cet épisode dramatique du 21 mai qui a plongé toute la nation malienne dans un profond émoi, tant le sentiment de désespoir fut à l’annonce de la déroute des soldats maliens qui étaient montés au front pour punir le Mnla.

C’est d’abord Jeune Afrique qui a livré dans son édition en ligne, le lundi 09 juin, un article à travers lequel le journal basé à Paris affirme : “Tout indique que le simple fait que ce seigneur de guerre de 50 ans (Al Hadj Gamou, ndlr) ait été aperçu aux portes de Kidal a échauffé les esprits. Et que le 21 mai, il a joué un rôle majeur dans l’assaut (raté) contre les rebelles.

Ce jour-là, le général Didier Dacko commandait le premier détachement, Gamou le second.

Ont-ils forcé la main des responsables politiques en lançant l’assaut sans attendre leur feu vert, comme on le chuchote à Bamako et à Paris?”

Puis, le confrère présente le général Al Hadj Gamou comme un officier qui “rêve d’en découdre avec” les groupes armés.

Le mardi 10 juin, un quotidien français, L’Opinion, est, lui, allé plus loin dans l’accusation formelle du général Al Hadj Gamou d’avoir attaqué les positions du Mnla le 21 mai.

Dans un article qui ne fait aucune concession à l’officier malien, le journal français L’Opinion affirme que: “Les services français accusent ce touareg rallié à Bamako d’avoir jeté de l’huile sur le feu, lors des derniers affrontements dans le nord.”… “Son rôle dans les événements du 21 mai à Kidal, lorsque l’armée a été mise en déroute après sa tentative d’en chasser les séparatistes du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (Mnla), est au centre de toutes les interrogations des services français. “Il a jeté de l’huile sur le feu” indique une source, alors qu’une autre confirme qu’il est “l’un des responsables de la reprise des affrontements” dans le nord du Mali.”

Après cette introduction sans ambigüité sur ce qu’il appelle le “rôle” de Al Hadj Gamou “dans les événements du 21 mai à Kidal”, le journal L’Opinion a retracé le film desdits évènements pour mieux souligner les actes posés par l’officier supérieur des Forces Armées Maliennes (Fama). Aussi écrit-il: “Le 17 mai, le nouveau Premier ministre Moussa Mara s’est rendu à Kidal sans demander l’accord de quiconque – n’est-il pas chez lui?

Cette visite s’est soldée par un fiasco et de nombreux morts, dont des fonctionnaires exécutés par les séparatistes. Au Sud, où habite l’essentiel de la population, l’émotion est forte et le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), un socialiste nationaliste et jacobin, ne peut pas laisser passer l’affront.

Entre alors en scène le général Ag Gamou. Pour reprendre Kidal, l’armée malienne dépêche une colonne de 1.000 à 1.200 hommes, ce qui est considérable à l’échelle du pays, dotés de blindés légers et d’artillerie dont des lance-roquettes Katiouchas BM-21. “Elle est montée très vite depuis Gao”, assure une source française, “beaucoup plus rapidement que dans nos opérations conjointes…”.

Dans cette colonne, des soldats nouvellement formés par l’Union européenne, des “bérets rouges” de l’ancienne armée et des hommes d’Ag Gamou, sa propre milice, jadis baptisée Delta. Dès qu’ils arrivent à Kidal, ils ouvrent le feu et… se prennent une déculottée, face à quelque 1.500/1.600 combattants du Mnla. Le bras droit d’Ag Gamou, le Colonel Ag Kiba, est tué dans les affrontements, comme une quarantaine d’autres soldats. A Bamako, le président est contraint d’appeler au cessez-le-feu, puis limoge son Ministre de la Défense. Depuis lors, IBK explique, sans toujours convaincre, ne pas avoir ordonné cet assaut contre Kidal.

Ag Gamou a-t-il agi de son propre chef? Les autorités françaises n’en ont pas la preuve. “C’est un opportuniste, un belliciste, dont la sincérité est douteuse”, assure une source bien informée.”

Après cette accusation plus que formelle, le journal français L’Opinion lâche le fonds de la mise en accusation du Général Al Hadj Gamou: “Depuis plusieurs mois, Ag Gamou est dans le collimateur des services français, même s’il jouit de fortes sympathies dans une partie de la force Serval pour l’aide qu’il a apportée dans les premiers mois de l’opération, grâce à sa bonne connaissance du terrain et son allant guerrier.”

Ces “révélations” de nos confrères Jeune Afrique et L’Opinion, tous deux basés à Paris, et qui seraient inspirées de “fuites” provenant “des services français” sont-elles corroborées par les résultats des enquêtes que le gouvernement avait promis de mener ? Le général Général Al Hadj Gamou fera-t-il l’objet de sanctions?

Mais si les “révélations” de nos confrères s’avéraient infondées, il appartiendrait au gouvernement de lever au plus vite tout doute sur la crédibilité d’un officier supérier de nos forces armées et de sécurité.



Baba SANGARÉ

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