vendredi 6 juin 2014

Mali : Quand une débâcle militaire devient un ferment du dialogue politique

Mali : Quand une débâcle militaire devient un ferment du dialogue politique

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Jeudi, 05 Juin 2014 19:26
Il y a bien longtemps que le palais de Koulouba n’avait servi de décor à un tel ballet politique. En effet, le mercredi 4 juin 2014, le président Ibrahim Boubakar Keita a reçu l’ensemble de la classe politique malienne sans distinction. Ainsi, les représentants des partis de la majorité, puis ceux de l’opposition ont tous fait le déplacement sur la Colline du pouvoir pour s’entretenir avec l’actuel locataire des lieux. Au menu des discussions : la situation nationale et plus particulièrement celle qui prévaut au Nord.

Il faut dire que pareille initiative est une première depuis l’installation d’IBK dans ses fonctions il y a de cela un an. Une première certes, mais pas besoin d’être un grand clerc pour se rendre compte que ce sont les derniers événements dans le septentrion malien qui ont poussé le successeur d’Amadou Toumani Touré à sonner ce rassemblement tous azimuts.

Difficile en effet, pour les Maliens d’oublier ce samedi noir de mai avec cet affront fait au Premier ministre, Moussa Mara, et ce qui s’est ensuivi quelques jours plus tard. Ce jour-là en effet, à défaut des traditionnelles acclamations et autres you-you, ce sont des salves d’armes automatiques qui ont tenu lieu de comité d’accueil au chef du gouvernement pour cette première visite à Kidal. Et de mal, les choses sont allées en pis avec l’offensive ratée des forces armées maliennes, mises en déroute par des rebelles plus que jamais sûrs de leur fait.

Face à cette situation critique, IBK a décidé d’élargir le cercle des consultations avec, à la clef, un discours d’apaisement dans lequel il a marqué son soutien aux Accords de Ouagadougou ; en effet, pour lui, désormais seul le dialogue pourra conduire à une paix durable. Et le dialogue, il l’a engagé ce mercredi en recevant tous ses alliés et adversaires politiques. Une démarche que n’ont pas manqué de saluer ses différents interlocuteurs.

Face à la menace séparatiste du MNLA, il faut faire table rase des divergences politiques et avoir l’esprit de famille en vue de la nécessaire union sacrée. Sans faire dans le cynisme, on peut admettre qu’à quelque chose malheur a été bon ; en effet, cette maudite défaite pourrait servir de ferment, mieux, de ciment à la classe politique malienne et pourquoi pas à toute la nation. On est d’autant plus enclin à l’optimisme que c’est à l’unisson que l’opposition a salué l’initiative, se disant même toute disposée à l’accompagner, pas seulement de tous ses vœux.

Pourvu que les fruits tiennent la promesse des fleurs.



H. Marie Ouédraogo

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