lundi 7 janvier 2013

Crise malienne : La négociation de trop à Ouaga ce jeudi - maliweb.net

Crise malienne : La négociation de trop à Ouaga ce jeudi - maliweb.net
Il faut tout d’abord comprendre, que politiquement et idéologiquement, les enjeux sont différents pour chacune des parties qui seront à Ouaga le 10 janvier prochain. Ansar Dine réclame une large autonomie pour le Nord qu’il occupe et exige de pouvoir y appliquer la Charia, selon la fameuse plateforme politique remise au président Blaise Compaoré, le 1er janvier. Le Mnla y sera en spectateur, aligné derrière Ansar Dine. Bamako doit s’y rendre armé, parce que les enjeux, d’emblée, sont effrayants.
Blaise Compaoré, président du Burkina Faso
Le Mali tangue. Le 10 janvier sera une autre étape de la crise malienne et certainement la plus cruciale. Il s’agira aussi du second rendez-vous après les premières discussions à Ouagadougou du 4 décembre 2012. Pendant que le pouvoir de Bamako panse sa carence de crédibilité, on ne sait toujours pas clairement derrière quoi Ansar Dine et le Mnla courent. Même le médiateur n’y voit plus clair dans le jeu des islamo-rebelles. Le contenu de la fameuse plateforme politique d’Ansar Dine est fort inquiétant. Le groupe qui se dit ouvert au dialogue, demande déjà à Bamako de faire un choix: « Le Mali doit absolument opérer un choix non équivoque entre préserver son intégrité et vivre sa laïcité. Sauver les deux à la fois est hors de question».
L’aliéné de Kidal, Iyad Ag Ghaly, qui ne sera pas à Ouaga, reste fidèle à lui-même: il est au-dessus de la logique car la logique, pour lui, est la nécessité des ignares. Selon sa plateforme politique, lue sur le site de l’Afp, le Mali et l’Azawad doivent «divorcer» par «consentement mutuel». Cependant, poursuit le chef du mouvement islamiste dans le document remis le 1er janvier au médiateur Blaise Compaoré, devant l’intransigeance de la communauté internationale fermement hostile à toute partition du Mali et surtout face à l’insistance des médiateurs, Ansar Dine propose d’aller d’abord à l’étape de la «séparation de corps», c’est-à-dire l’autonomie du nord du Mali. «Il faut accorder à l’Azawad une large autonomie dans le cadre d’un Etat refondé du Mali se démarquant sans ambiguïté de la laïcité», peut-on ainsi lire dans la plateforme. Mais avant toute chose, Ansar Dine exige que le « caractère islamique de l’Etat du Mali soit proclamé solennellement dans la Constitution». Car, explique le document, « le peuple malien est musulman à plus de 95% ».
Pour le mouvement Ansar Dine, l’observance stricte de la loi islamique sur tout le territoire de l’Azawad est «un impératif non négociable». Tout en justifiant les amputations et autres flagellations, le mouvement islamiste s’engage à rester collé à « l’air du temps, notamment dans la mise en œuvre de certaines dispositions de la législation pénale islamique».
Rappelons que du début de la crise à aujourd’hui, tout le Mali est passé chez le médiateur Blaise Compaoré: les déclamateurs, les sages, les agitateurs, les putschistes, les mélancoliques, les vandales, les rancuniers, les enfants gâtés, les invisibles, les visibles, les voleurs, les indéboulonnables, les anciens amis de…, les nouveaux amis de…, les pompiers, les pyromanes, les occupés, les occupants, etc. Tous les Maliens ont été écoutés par le médiateur. Il n’y a aucune cohérence; or l’incohérence tue la conciliation. Faut-il continuer dans cette voie qui semble déjà sans issue ?

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