mardi 5 mai 2015

Il était une fois l’Azawad, du mythe à la réalité socio-culturelle…

JournalDuMali.com: Il était une fois l’Azawad, du mythe à la réalité socio-culturelle…

Par Lalla M - 23/04/2015

C'est parce qu'elle a refusé de céder aux exigences d'un groupe armé du Nord, en criant "Vive le Mali" qu'une jeune femme a été agressée...

Il y a quelques jours, sous le soleil de Ménaka, un affrontement éclatait entre femmes. Une jeune dame de la tribu « ouillimenden » était sommée par les rebelles de scander « Vive le MNLA ! ». Refusant de céder aux exigences du groupe armé, elle cria plutôt : «Vive le Mali ! », chose qui la condamna aussitôt à être brutalisée par ses frères et ses sœurs indépendantistes. Au final, une femme enceinte perdait la vie, une dizaine d’autres sortaient blessées d’une bataille rangée. Pour quel résultat ? Une fissure encore plus nette dans le lit de la réconciliation nationale, au sein même de la communauté touareg. Depuis de nombreux mois, la région de Kidal est le théâtre de manifestations instrumentalisées par les ennemis de la paix, prétexte pour clamer à la face du monde l’attachement indéfectible du « peuple de l’Azawad » à cette portion de territoire que l’humaniste Thédore Monod définissait comme « la région des dunes mortes au Nord du fleuve Niger… »

Au-delà de l’aspect géographique, tous ceux qui veulent faire de l’Azawad « une entité politique, culturelle et juridique » refusent de s’inscrire dans l’unité du Mali et renient le processus de paix inter-malien. Sous l’influence intemporelle de l’Aménokal, des lieutenants plus hardis tel Bilal Ag Chérif du MNLA et consorts continuent de saper les efforts engagés par le Mali et toute la communauté internationale, en refusant de parapher un accord qui poserait les jalons d’une paix des braves. Ces mouvements réfractaires veillent jalousement à conserver leur suprématie sur les étendues arides de Kidal, au gré d’alliances douteuses avec les groupes terroristes du Sahel, avec en arrière plan l’insaisissable Iyad Ag Ghaly.

Le processus inter-malien arrive à son point culminant. La responsabilité des femmes du nord est indiscutable dans cette société matriarcale. Celles qui depuis des siècles envoient au front leurs maris et leurs fils au nom de l’honneur sacré doivent véritablement amorcer la paix, laissée trop longtemps de côté. Et certaines de méditer Machiavel : « mieux vaut une mauvaise paix que la meilleure guerre ».

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