mardi 5 mai 2015

Bamako et les mouvements de l’Azawad reprennent le combat - International - El Watan

Bamako et les mouvements de l’Azawad reprennent le combat - International - El Watan

 
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le 03.05.15 | 10h00 Réagissez






La reprise des combats, la semaine dernière au nord du Mali, fragilise l’accord de paix paraphé le 1er mars à Alger par les autorités maliennes et une partie des groupes armés.

Alors que la rébellion à dominante touareg du Nord a demandé un temps de réflexion, hier, elle a «exigé» le retrait des groupes pro-gouvernementaux de la ville de Ménaka, au nord-est, qu’ils ont prise le 27 avril à des rebelles, rapporte l’AFP citant un communiqué des rebelles. La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) «exige le retrait intégral, immédiat et sans conditions des milices pro-gouvernementales de la ville de Ménaka», en vertu d’accords de cessez-le-feu conclus avec Bamako.

La CMA «rappelle qu’elle a usé de son droit de légitime défense face à l’agression du gouvernement malien, qui n’en est pas à sa première violation de cessez-le-feu», ajoute le communiqué.

Le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia), favorable à Bamako, a pris le 27 avril le contrôle de Ménaka, une localité jusque-là partiellement contrôlée par la rébellion. Le gouvernement a ensuite affirmé avoir appris «avec une grande surprise» les événements à Ménaka.

Après la prise de Ménaka, la rébellion a attaqué mercredi Léré, près de la frontière mauritanienne, justifiant cet assaut par «la flagrante violation du cessez-le-feu par la partie malienne et ses milices». Les combats y ont fait près de 20 morts et une vingtaine de blessés, selon le ministère malien de la Défense, dont 9 soldats et 10 rebelles. La CMA a revendiqué «une douzaine de prisonniers et plusieurs morts» dans les rangs de l’armée.

Face au langage des armes

De son côté, le Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU) a réitéré vendredi son appel aux deux camps à signer, comme prévu, un accord de paix le 15 mai à Bamako.

Lors d’une rencontre le 17 mars avec une délégation de diplomates internationaux et africains dans son bastion de Kidal, au nord-est du pays, les représentants des rebelles leur ont soumis une série de «points essentiels à introduire» dans l’accord. Ils consistent entre autres en la «reconnaissance officielle de l’Azawad comme une entité géographique, politique et juridique», en référence à l’appellation du nord du Mali par les rebelles, la création d’une assemblée interrégionale couvrant cette zone, et un quota de «80% de ressortissants de l’Azawad» dans les forces de sécurité.

Ces revendications sont rejetées par la médiation comme par Bamako. L’accord du 1er mars appelle à «reconstruire l’unité nationale du pays sur des bases novatrices, qui respectent son intégrité territoriale, tiennent compte de sa diversité ethnique et culturelle». Sur le partage des pouvoirs, comme le souhaite Bamako, l’accord ne parle ni d’autonomie ni de fédéralisme et insiste sur l’unité, l’intégrité territoriale du Mali, ainsi que sur le caractère républicain et laïc de l’Etat.

Le texte évoque l’appellation «Azawad» pour désigner le nord du Mali. Une revendication des rebelles reconnue comme une «réalité humaine» sans contenu politique clair. Il prévoit la création d’assemblées régionales dotées de pouvoirs importants, élues au suffrage universel direct dans un délai de 18 mois, dirigées par un Président élu lui aussi, dont l’Etat ne contrôlera les actes qu’a posteriori et non a priori comme l’aurait voulu le pouvoir central.

Côté sécurité, une armée restructurée, intégrant notamment des combattants des mouvements du Nord, «y compris dans le commandement», doit se redéployer progressivement dans cette partie du pays, avec des patrouilles mixtes au plus tard deux mois après la signature de l’accord. Les collectivités territoriales seront dotées d’une police.

Pour le partage des richesses, l’accord prévoit la création d’une zone de développement du Nord dotée d’une stratégie visant à le «hisser au même niveau que le reste du pays en termes d’indicateurs de développement» dans un délai de 10 à 15 ans ; cette stratégie serait financée notamment par la communauté internationale.

Bamako mettra en place à partir de 2018 un «mécanisme de transfert de 30% des recettes budgétaires de l’Etat aux collectivités territoriales avec une attention particulière pour les régions du Nord», et devra rétrocéder aux collectivités un pourcentage des revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles de leur sol à déterminer d’un commun accord.
Le nord du Mali est tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes djihadistes liés à Al Qaîda.

Ils ont été en grande partie chassés par l’opération militaire «Serval», lancée par la France en janvier 2013, à laquelle a succédé en août 2014 l’opération «Barkhane», dont le rayon d’action s’étend à l’ensemble de la zone sahélo-saharienne.
Amnay idir

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