mardi 23 avril 2013

André Bourgeot, Directeur de recherche émérite au CNRS : « Le MNLA ne représente que lui-même » - maliweb.net

André Bourgeot, Directeur de recherche émérite au CNRS : « Le MNLA ne représente que lui-même » - maliweb.net

 Sur une initiative du Pr Monin Marcel, en principe le mercredi 24 avril 2013 de 17 h à 20 H, la salle de conférence n ° 352 du bâtiment F de l’Université Paris-Ouest Nanterre la Défense devrait accueillir une conférence sur le thème : « Les problèmes des minorités dans les frontières issues de la décolonisation : le cas du Mali ». Cette conférence qui doit enregistrer la participation de Moussa Ag Assarid, écrivain, représentant du MNLA en Europe et Mahamadou Djéri Maïga, professeur, vice-président du MNLA devait bénéficier de la participation d’André Bourgeot, Directeur de recherche émérite au CNRS (UMR 7130) au Collège de France et à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales. Mais, en plus d’avoir rejeté l’invitation à participer à cette rencontre, André Bourgeot décrit le MNLA en des termes qui devaient pousser toutes organisations ou toutes institutions sérieuses à prendre ses distances d’avec elle.



BeugnotEn réponse à une invitation du Pr Monin Marcel à participer à une conférence sur le thème « Les problèmes des minorités dans les frontières issues de la décolonisation : le cas du Mali », en compagnie d’animateurs comme Moussa Ag Assarid, écrivain, représentant du MNLA en Europe et Mahamadou Djéri Maïga, professeur, vice-président du MNLA, André Bourgeot n’est pas allé de main morte. Et tout porte à croire que la conférence programmée par Monin Marcel dans une université française pour faire la part belle au MNLA ne pourra pas compter sur la participation du Professeur André Bourgeot. « Merci de ton invitation. Permets-moi de te manifester ma surprise et mon indignation. Solliciter deux représentants du MNLA pour traiter du problème des minorités dans les frontières issues de la colonisation est bien révélateur de ta démarche qui s’inscrit, de mon point de vue, dans une conception néocoloniale des minorités ethniques ». C’est par cette phrase sens équivoque qu’André Bourgeot a introduit sa lettre destinée à Monin Marcel. Il a été on ne peut plus clair à propos du MNLA qui a tout l’air d’une organisation criminelle rejetée par la grande majorité des touareg. « De surcroît, le MNLA ne représente que lui même. Comme tu le sais il a fait l’objet d’une pétition initiée par des Touareg qui condamnent les objectifs et les méthodes de ce mouvement indépendantiste dont trois rapports (FIDH, Amnesty International et HRW) dénoncent des viols perpétrés par certains de ses éléments, les vols et les saccages d’édifices publics », a-t-il indiqué. Et, comme le pensaient beaucoup d’observateurs de la scène malienne, sans possibilité de le prouver, André Bourgeot pense qu’il n’y a aucune différence entre le MNLA et les groupes narco djihadistes. « Il a conquis les villes du septentrion malien en connivence, voire en alliance avec des groupes armés narco djihadistes », a-t-il révélé. Avant d’accuser le MNLA : « Il a participé au massacre d’Aguelhok où une centaine de militaires (dont une quinzaine de Touareg) ont été égorgés ». Pire, le Professeur André Bourgeot a tenu à rappeler à la conscience collective un fait important que bon nombre de supporters du MNLA en Europe souhaitent oublier : l’éphémère alliance avec Ansar Eddine. « Il a signé avec Ansar Eddine Salafiya une « convention » dont la durée de vie a été éphémère mais qui fut pour autant bien significative », a-t-il signifié à son collègue Monin Marcel.

« Ce mouvement ne représente en aucun cas les sociétés touarègues »

Et, pour prouver l’absence totale de soutien du MNLA dans cette partie du Mali qu’il a vite fait de revendiquer comme sa chimérique République de l’AZAWAD, le Pr André Bourgeot a indiqué que le MNLA « vient de faire l’objet d’une mise au point de personnalités touarègues qui dénoncent ses méthodes et ses objectifs soulignant avec force que ce mouvement ne représente en aucun cas les sociétés touarègues ». Sans le dire, nous croyons que certaines personnalités en Europe répugnent de côtoyer des individus qui font l’objet d’un mandat d’arrêt international. « Monsieur Moussa fils d’Essaghid a été exclu du mouvement. Il fait l’objet (avec dix autres de ses acolytes) d’une mandat d’arrêt international émanant de la justice malienne », a-t-il rappelé à son collègue. Décrivant la psychologie de Moussa Ag Assarid, l’écrivain qui rêve d’un embouteillage chimérique dans le désert, comme son AZAWAD sur une partie du territoire malien, André Bourgeot ne fournira pas un grand effort pour trouver les justes mots. « Propagandiste de ce groupe hétérogène, il est considéré par les connaisseurs comme un imposteur, manipulateur, sachant manier le mensonge avec conviction », a-t-il qualifié Moussa Ag Assarid. Avant de rappeler à l’ordre son collègue Monin Marcel: « Je conçois tout à fait que tout ça n’ébranle pas ta conscience et que, au nom de la liberté d’expression, tu lui donnes, à l’instar d’autres conservateurs bien connus, la parole sans te poser de problème déontologique ni d’une éthique politique: c’est ton choix et il faut respecter ta position comme n’importe quelle autre position. Mais respecter ne signifie pas approuver et encore moins cautionner quelqu’un (avec d’autres) qui a fortement contribué à mettre le Mali dans l’état dans lequel il est actuellement ».

Rigoureux dans sa démarche de chercheur et se refusant à cautionner des faux fuyants, il n’est pas passé par quatre chemins pour assener sa vérité à son collègue. « Si je t’envoie ces remarques indignées c’est qu’il y a quelques semaines tu m’avais demandé de siéger au sein d’un conseil scientifique que tu voulais mettre en place pour dorer ton UTD. Je ne t’avais pas répondu. Ton invitation et les intervenants que tu as choisis et sollicités me conduisent non seulement à refuser catégoriquement ta requête mais également à te demander de me rayer de ta liste de destinataires. je ne veux plus rien à voir, ni de près ni de loin, avec cet UTD dont les animateurs de la séance inaugurale est plus que significative. Nous ne partageons pas les mêmes valeurs. Mes convictions progressistes de citoyen et de républicain qui a toujours combattu le néocolonialisme, les forces réactionnaires et l’ethnicisme ne peuvent s’associer à cette initiative », a-t-il indiqué. Avec l’espoir que cette sortie d’André Bourgeot aidera tous les Professeurs du genre Monin Marcel à ouvrir les yeux et à s’inscrire dans des démarches véritablement scientifiques, loin de tous les clichés illusionnistes qui font que les « hommes bleus », même engagés dans des projets criminels bénéficient de soutiens en Europe. Nous pensons sincèrement que le moment est arrivé pour que la communauté internationale se pose les vraies et bonnes questions en ce qui concerne le MNLA. En tout cas, Abdoullah COULIBALY, Vice-président du Forum de Bamako, qui pense qu’une démarche scientifique pourra énormément aider le débat sur ce qui se passe au nord du Mali à avancer, n’a pas hésité à mettre la 13ème édition du forum de Bamako pour répondre à un certain nombre de questions. Et, nous pensons que les bonnes réponses qui seront données à ces questions, faciliteraient le retour rapide de la paix dans le nord du Mali, notamment à Kidal. Ce sont : qui représente quoi ? en l’occurrence, que représente le MNLA dans la communauté touareg ? quel pourcentage de cette communauté adhère à sa démarche ? quel est le pourcentage de la communauté touareg dans la population au Nord Mali ? Enfin dans un contexte de démocratie, pourquoi recourir aux armes pour atteindre ses objectifs ? Que faut-il faire pour prendre en compte les préoccupations de toutes les communautés d’une Nation, surtout les minorités ? Quelle mode adopter pour qu’aucune communauté ne se sente marginalisée ? Que faire pour éviter la dictature d’une majorité ? Quel modèle d’organisation pour responsabiliser les populations locales dans la gestion de leur localité ? Répondons à ces questions du Vice-président du Forum de Bamako et nous verrons que nous aurons résolu à moitié, pour être modeste, la crise au nord du Mali.

Assane Koné

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