dimanche 27 mai 2012

L'ombre de la charia au Mali - Europe1.fr - International

L'ombre de la charia au Mali - Europe1.fr - International
Par Europe1.fr et Walid Berrissoul

Publié le 12 avril 2012 à 08h23 Mis à jour le 12 avril 2012 à 08h23
© Reuters
TÉMOIGNAGE - La situation semble toujours aussi confuse depuis l'arrivée de groupes islamistes.
C'est un vent de terreur qui souffle du côté de Tombouctou. Une semaine après la déclaration d'indépendance du nord et l'arrivée d'islamistes dans plusieurs villes, le drapeau noir du groupe Ansar Dine, proche d'Al-Qaïda, flotte sur la perle du désert. D'autres groupes islamistes affluent dans la région, selon de nombreux témoins, et pour les habitants, la charia, la loi islamique, est devenue une réalité.

Au pas de la Charia

La seule radio qui fonctionne encore à Tombouctou diffuse en boucle des versets du Coran. Dans les rues quasi désertes, les miliciens islamistes circulent en pick-up et font respecter la Charia, mitrailleuse en bandoulière. Les femmes qui osent encore sortir de chez elles portent le voile intégral.
"S'ils sont à l'intérieur des maisons, on ne peut pas sortir. Je me couvre, je suis obligée de le faire. Je donne aussi des mouchoirs aux enfants pour qu'ils se couvrent : nous ne pouvons pas faire ce que nous voulons", confirme une habitante qui souhaite rester anonyme par peur des représailles, au micro d'Europe 1.
"Il n'y a pas d'administration, il n'y a pas de services, les banques sont pillées, il n'y a pas d'hôpitaux, rien", poursuit-elle.

"L'exode"

La population cherche donc à fuir par tous les moyens. Les écoles sont vides. Et pour cause, la plupart des élèves sont sur les routes, comme la moitié de la ville.
"Toute la ville se vide petit à petit, jour après jour", confirme un professeur dont l'école a été désertée, au micro d'Europe 1. "A pied, en voiture, en car, parfois même à dos d'animaux, quel que soit le moyen qu'ils arrivent à trouver, ils l'empruntent pour fuir. Sauve qui peut !", conclut-il.
"Al-Qaïda et les islamistes à Tombouctou, c'est l'asphyxie assurée pour la population", explique pour sa part un notable qui craint une catastrophe humanitaire si la ville n'est pas rapidement approvisionnée.
Le nouveau président par intérim, Dioncounda Traoré devrait prêter serment jeudi et un gouvernement d'"union nationale" devrait être formé rapidement, notamment pour rétablir l'ordre dans le nord du pays.

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