vendredi 6 mars 2015
mercredi 4 mars 2015
Algérie: Accord d'Alger - manifestations à Kidal et à Tombouctou 11:11 - 03/03/15 - FratMat
Algérie: Accord d'Alger - manifestations à Kidal et à Tombouctou 11:11 - 03/03/15 - FratMat
Plusieurs manifestations ont eu lieu hier contre la signature de «l'Accord de paix et de réconciliation au Mali», entre les autorités maliennes et les mouvements pro-Bamako, et qui a eu lieu dans la matinée à Alger. Des copies de cet accord ont été brûlées en public pour signifier le rejet, par les partisans de la Coordination des mouvements de l'Azawad, de la conclusion dudit accord qui, selon les manifestants, ne répond pas à leurs aspirations. Encadré par Attayoub Ag Bettaye, le Conseil révolutionnaire du Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla) a lancé une pétition en faveur d'un retour aux revendications formulées au début de la rébellion touareg dans le Nord-Mali en 2012.
«Le peuple de l'Azawad réclame le retour immédiat et sans condition de la commission de négociations avant toute signature ou paraphe d'accord», lit-on dans le texte introductif de cette pétition qui a été lancée à partir de Tombouctou par «les chefs des villages, de fraction et des leaders d'opinion et des hauts cadres de l'Azawad». «Le peuple de l'Azawad demande aux mouvements le retour à la revendication de l'indépendance de l'Azawad», poursuit le texte de la pétition qui accuse ouvertement «la médiation internationale notamment et l'Algérie» d'aller «à l'encontre de ses aspirations». Invité par France24, le porte-parole de la Coordination des mouvements de l'Azawad en Europe, Moussa Ag Assarid, a qualifié d'«accord imposé» à Alger.
«Nos revendications n'ont pas été prises en compte. La décentralisation ne respecte pas la volonté des populations de l'Azawad, c'est pourquoi les gens manifestent aujourd'hui à Ber, Kidal et Ménaka. Un document moins que le Pacte national de 1992», a-t-il expliqué sur le plateau de la chaîne française d'information en continu. De nouvelles manifestations ont eu lieu également hier, ce qui n'augure rien de bon pour les jours et semaines à venir dans cette partie du Mali, où la situation reste extrêmement tendue entre les groupes armés de la Coordination des mouvements de l'Azawad et les groupes armés pro-Bamako de la plateforme d'Alger. Ces derniers, rappelons-le, sont opposés à l'indépendance de l'Azawad, tout comme ils sont contre tout projet d'autonomie ou de fédération de l'Azawad. Des partis politiques et des membres de la société civile maliens ont, eux aussi, exprimé leur rejet de l'Accord d'Alger, dont certains termes sont considérés comme ambigus.
Le parti appelé Convention nationale pour une Afrique solidaire, de Soumana Sacko, «rejette sans appel le soit disant projet d'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali qui n'est qu'une copie certifiée quasi conforme du pré Accord d'Alger, avec la circonstance aggravante d'une vaine tentative d'apologie du fantasmagorique Azawad, rejeté par l'écrasante majorité de nos compatriotes des Régions du nord du Mali», a rapporté le portail d'information en ligne Malijet.
La Tribune
Plusieurs manifestations ont eu lieu hier contre la signature de «l'Accord de paix et de réconciliation au Mali», entre les autorités maliennes et les mouvements pro-Bamako, et qui a eu lieu dans la matinée à Alger. Des copies de cet accord ont été brûlées en public pour signifier le rejet, par les partisans de la Coordination des mouvements de l'Azawad, de la conclusion dudit accord qui, selon les manifestants, ne répond pas à leurs aspirations. Encadré par Attayoub Ag Bettaye, le Conseil révolutionnaire du Mouvement national de libération de l'Azawad (Mnla) a lancé une pétition en faveur d'un retour aux revendications formulées au début de la rébellion touareg dans le Nord-Mali en 2012.
«Le peuple de l'Azawad réclame le retour immédiat et sans condition de la commission de négociations avant toute signature ou paraphe d'accord», lit-on dans le texte introductif de cette pétition qui a été lancée à partir de Tombouctou par «les chefs des villages, de fraction et des leaders d'opinion et des hauts cadres de l'Azawad». «Le peuple de l'Azawad demande aux mouvements le retour à la revendication de l'indépendance de l'Azawad», poursuit le texte de la pétition qui accuse ouvertement «la médiation internationale notamment et l'Algérie» d'aller «à l'encontre de ses aspirations». Invité par France24, le porte-parole de la Coordination des mouvements de l'Azawad en Europe, Moussa Ag Assarid, a qualifié d'«accord imposé» à Alger.
«Nos revendications n'ont pas été prises en compte. La décentralisation ne respecte pas la volonté des populations de l'Azawad, c'est pourquoi les gens manifestent aujourd'hui à Ber, Kidal et Ménaka. Un document moins que le Pacte national de 1992», a-t-il expliqué sur le plateau de la chaîne française d'information en continu. De nouvelles manifestations ont eu lieu également hier, ce qui n'augure rien de bon pour les jours et semaines à venir dans cette partie du Mali, où la situation reste extrêmement tendue entre les groupes armés de la Coordination des mouvements de l'Azawad et les groupes armés pro-Bamako de la plateforme d'Alger. Ces derniers, rappelons-le, sont opposés à l'indépendance de l'Azawad, tout comme ils sont contre tout projet d'autonomie ou de fédération de l'Azawad. Des partis politiques et des membres de la société civile maliens ont, eux aussi, exprimé leur rejet de l'Accord d'Alger, dont certains termes sont considérés comme ambigus.
Le parti appelé Convention nationale pour une Afrique solidaire, de Soumana Sacko, «rejette sans appel le soit disant projet d'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali qui n'est qu'une copie certifiée quasi conforme du pré Accord d'Alger, avec la circonstance aggravante d'une vaine tentative d'apologie du fantasmagorique Azawad, rejeté par l'écrasante majorité de nos compatriotes des Régions du nord du Mali», a rapporté le portail d'information en ligne Malijet.
La Tribune
mardi 3 mars 2015
À LA RECHERCHE DU COMPROMIS DE CONFIANCE | L'ESSOR
L’avenir politique au Mali : À LA RECHERCHE DU COMPROMIS DE CONFIANCE | L'ESSOR
Une adhésion populaire, même conditionnelle et a minima, permettrait que le vrai travail de stabilisation du pays commence
La porte de la paix s’est entrebâillée, il reste désormais à la pousser. Et cet acte décisif revient à la Coordination. Pour le moment, il faut se limiter à constater que la décision du MNLA et de ses alliés de prendre l’avis de leur base avant de parapher éventuellement le projet d’accord de paix global et définitif prolonge les incertitudes concernant le proche devenir du Septentrion et diffère l’espoir de redonner rapidement la priorité au redressement de notre pays. Les événements de la semaine dernière ont néanmoins eu l’utilité de faire apparaître le clair agacement de la communauté internationale devant les atermoiements de la Coordination. Les médiateurs, longtemps accusés par une large frange de l’opinion malienne de se montrer excessivement compréhensifs à l’égard du MNLA, ont en effet choisi d’avancer dans le processus de négociations en actant l’adhésion du gouvernement malien et des mouvements de la Plateforme au projet d’accord de paix.
Les développements dont l’hôtel El Aurassi a été le théâtre pourraient également aider à convaincre une partie de la société civile et des forces politiques opposées au pré accord précédemment présenté par la Médiation que la régionalisation proposée par le gouvernement, agréée par les médiateurs, mais activement combattue par les représentants de la Coordination, ne constitue pas une forme déguisée d’autonomie politique, encore moins un fédéralisme maquillé. Il faut d’ailleurs insister sur le fait que le principal challenge imposé par cette solution concerne beaucoup moins la prise de responsabilités de la part des populations que la présence aux côtés de celles-ci d’un Etat fort, efficace dans son accompagnement et incontestable dans ses arbitrages.
Les ultimes péripéties d’Alger V présentent enfin l’avantage de poser en termes limpides l’alternative devant laquelle sont désormais placés les groupes de la Coordination. Soit, ces derniers intègrent un processus d’apaisement et de clarification qui est loin d’être parfait, mais qui peut produire des résultats rapides et notables si les protagonistes font preuve d’un minimum de bonne foi. Soit, ils persistent dans une ambiguïté qui s’avère déjà objectivement insupportable pour eux-mêmes, ils s’exposeraient alors à un affaiblissement progressif de leur propre camp. En effet, les défections qui se sont produites au cours de ces dernières semaines traduisent la montée d’une lassitude certaine au sein de l’aile politique de la Coordination ainsi que la crainte de se laisser enfermer dans une tragique impasse.
UN DJIHADISME D’UN TYPE DIFFÉRENT. La courageuse prise de parole de l’Amenokal Mohamed Ag Intalla la semaine dernière a porté un coup dur à ceux qui s’efforçaient de présenter Kidal comme une citadelle indépendantiste irréductible et dont les habitants dicteraient leurs positions radicales aux négociateurs envoyés à Alger. En demandant aux groupes armés de « laisser tranquilles les populations », le leader des Ifoghas entérinait la réalité d’un fait qui n’est ignoré que de ceux qui veulent bien fermer les yeux dessus : la gouvernance erratique pratiquée par les groupes armés est de plus en plus mal supportée par les habitants de la capitale de la 8ème Région, habitants dont le quotidien s’est continuellement dégradé au cours de ces derniers mois. Il y avait donc un côté dérisoire dans les manifestations téléguidées organisées soit disant pour rejeter l’Accord d’Alger et dans les déclarations de courageux anonymes qui se sont succédés sur une radio internationale pour contredire l’Amenokal en se prétendant les porte-paroles d’une fantomatique société civile.
Cela demande encore confirmation, mais il est bien possible que le 1er mars 2015 marque un tournant déterminant dans le traitement de la question du Nord du Mali. Un tournant qu’il était indispensable de prendre pour conjurer la spirale des périls qui encerclent nos populations au-delà même des limites du Septentrion. Péril des affrontements de plus en plus violents et de plus en plus étendus entre les groupes armés. Péril de la montée des actes de banditisme qui imposent un blocus de fait à certaines localités du Nord du Mali. Péril d’un djihadisme d’un type différent de ceux que le pays a subis et qui s’est manifesté dans les attaques perpétrées contre Nampala et Ténenkou. Péril de démoralisation des populations du Nord qui ont la sensation d’être condamnées à une insécurité permanente. Péril enfin d’apparition dans l’opinion nationale de radicalités nouvelles qui vont compliquer l’application des compromis nécessaires au rétablissement de la paix.
Sur ce dernier point, il serait intéressant de suivre, dans les prochains jours, l’analyse des derniers développements survenus à Alger que feront à froid la société civile et la partie de la classe politique qui s’était opposée à la poursuite des pourparlers sans concertation nationale préalable. Pour le moment, l’on constate surtout chez le citoyen ordinaire une réaction mêlée de soulagement et de méfiance. De soulagement, parce que le paraphe apposé par deux parties sur trois laisse entrevoir pour la toute première fois une sérieuse possibilité de mettre fin à une situation qui harasse le pays depuis déjà trois ans. De méfiance, car nombreux sont ceux de nos compatriotes qui, échaudés par les voltefaces de la Coordination et échauffés par sa communication délibérément provocatrice, mettent en doute la sincérité de l’engagement de cette dernière en faveur d’une solution négociée sauvegardant l’unité nationale et l’intégrité territoriale. Mais au delà de la réaction populaire, il faudrait certainement s’attendre – malgré le souhait de pondération formulé par le Premier ministre – à ce que la polémique déclenchée autour du pré accord se réveille pour se concentrer sur certains aspects de l’accord.
Nous le répétons, le choix fait en faveur d’un débat inclusif sur les documents issus du processus d’Alger a certes son mérite, mais aussi ses difficultés. La société civile, par exemple, professe une suspicion permanente vis-à-vis des compromis qui sont à ses yeux autant de concessions faites aux exigences d’autonomie de la Coordination. Elle se montre également hostile sans retenue à tout ce qu’elle assimile à des avantages particuliers octroyés aux groupes armés par le biais de l’intégration dans la fonction publique ou dans les forces armées.
L’INDISPENSABLE RECTIFICATION. Elle n’accepte pas non plus la nécessité d’un effort particulier de développement en faveur du Septentrion au moment où le pays tout entier sort d’une épreuve d’une exceptionnelle dureté et que la nécessité d’un secours se ressent au niveau de tous les citoyens. Enfin, la répulsion quasi épidermique qu’elle éprouve à l’égard du la notion d’ « Azawad » s’est considérablement renforcée au cours de ces dernières semaines au point que de nombreux participants à l’exercice d’échange ont demandé le retrait de ce terme de tout document officiel.
Le mémorandum du gouvernement a pris en charge la majeure partie de ces exigences et le projet d’accord tient compte de certaines remarques de l’Exécutif. En attendant de revenir sur un commentaire plus détaillé du texte, on peut déjà noter quelques avancées enregistrées dans la nouvelle mouture du document. Comme l’indispensable rectification effectuée au niveau du préambule. En effet, la rédaction originelle de ce dernier laissait comprendre que les différentes rébellions se justifiaient par l’attitude discriminatoire et autoritaire observée par les autorités centrales maliennes vis-à-vis des populations du Nord. La formulation, inacceptable autant dans son esprit que dans sa lettre, a été retirée.
D’autre part, le texte prend en compte parmi les objectifs visés par l’accord « le développement plus équilibré de l’ensemble des régions du Mali en tenant compte de leur potentiel respectif ». Il se montre beaucoup moins directif qu’auparavant en n’imposant plus une réforme urgente de la Constitution qui prendrait en charge la création d’un Sénat au sein duquel les populations du Nord seraient mieux représentées. Il se rallie au traitement d’une meilleure représentation des populations du Septentrion par le biais des mesures législatives et réglementaires proposées par le gouvernement. Il n’exclut cependant pas la réforme constitutionnelle qui permettrait la mise en place d’une deuxième chambre du Parlement.
Autre disposition retirée, celle qui prévoyait pour l’élection des députés du Nord du Mali un quota d’électeurs de moitié inférieur à celui en vigueur dans les autres zones du pays (30 000 contre 60 000). La médiation préconise désormais la création de nouvelles circonscriptions électorales (ou la prise de « toutes autres mesures appropriées ») pour augmenter le nombre d’élus du Nord. A été aussi retirée la très controversée possibilité donnée à plusieurs Régions de s’unir et de changer leur dénomination. Le texte évoque à présent un scénario déjà prévu par la législation malienne, celui de l’inter régionalité. L’accord récupère en fait une initiative gouvernementale qui permet à plusieurs Régions de « mettre en place dans les limites autorisées par la loi les instances appropriées afin de mieux promouvoir leur développement économique et social ».
L’exigence de fixer des quotas pour la nomination de ressortissants du Nord dans la haute administration, dans la diplomatie et au gouvernement tombe aussi. Le texte suggère cependant « d’assurer une meilleure représentation des populations du Nord du Mali dans les institutions et grands services publics, corps et administrations de la République ».
AU PREMIER CHEF. A propos du terme« Azawad », dont l’utilisation est devenu un enjeu autant politique que de principe, l’accord indique qu’il désigne « une réalité socio-culturelle, mémorielle et symbolique partagée par différentes populations du Nord du Mali constituant des composantes de la communauté nationale ». On peut imaginer les efforts de rédaction déployés par les médiateurs pour forger cette formule qui neutralise le concept sans en nier la nécessité. La définition finalement trouvée catégorise l’Azawad comme faisant partie des terroirs existant dans notre pays, à l’instar du Bélédougou ou du Wassoulou. Elle ne lui concède aucun droit à revendiquer une quelconque exclusivité territoriale. Et elle considère les populations qui s’en réclament comme faisant partie de la grande communauté nationale malienne.
Pour trancher définitivement la question, le texte reconduit en la précisant une disposition inscrite il y a 23 ans dans le Pacte national, mais qui n’a jamais été mise en œuvre. Le Pacte avait prévu que l’arbitrage entre le terme « Azawad » par lequel la rébellion d’alors désignait le Septentrion malien et la dénomination administrative « 6ème, 7ème et 8ème Régions » que les autorités de l’époque lui opposaient, serait rendu par les populations elles-mêmes. L’actuel accord indique que le choix populaire s’exercera lors d’une Conférence d’entente populaire qui se tiendra lors de la période intérimaire. Laquelle période commencera dès la signature de l’accord.
Ainsi que l’ont souligné le week-end dernier le Premier ministre et le ministre chargé des Affaires étrangères, le gouvernement malien en s’engageant dans la dernière ligne droite des pourparlers s’est plié à la règle invariable de toute négociation, faire des concessions. C’est ainsi, par exemple, que la création d’une Zone de développement des régions du Nord dont l’instauration irrite si fort de nombreux acteurs nationaux maliens a été maintenue. Cette disposition ne passera pas sans frictions, tout comme le terme Azawad, ou encore l’augmentation de la représentation parlementaire du Nord. Au cours des prochaines semaines, l’Exécutif entamera certainement un nouvel exercice pédagogique pour obtenir ne serait ce qu’une adhésion a minima de ses interlocuteurs. Il importe en effet d’obtenir de ces derniers qu’ils concèdent que l’accord représente un préalable imparfait, mais incontournable pour entamer le vrai travail de stabilisation du pays.
Le chef du gouvernement, lors de sa rencontre de dimanche dernier avec les représentants des partis et de la société civile, avait insisté sur la vigilance à démontrer dans l’exécution de l’accord conclu. Ce devoir de veille échoit au premier chef non pas à la Commission de suivi de l’accord qui sera mise en place avec la participation des représentants de la Médiation. Mais aux Maliens eux-mêmes A cet égard, la Conférence d’entente nationale pourrait offrir l’occasion d’un indispensable exercice de vérité qui éclaircirait les préalables de la réconciliation nationale, mettrait en garde contre la réédition des erreurs du passé et surtout entérinerait l’implication concrète de ceux qui furent les sans voix des accords antérieurs et qui ont été les principales victimes de la longue période d’instabilité, les communautés elles-mêmes.
Si elle parvient à remplir ces exigences, la Conférence permettrait de bâtir le compromis de confiance qui ferait que chacun accepte l’effort de mettre en veilleuse ses doutes et ses préventions. Car les défis qui nous attendent donneraient le vertige à tout observateur qui les évaluerait avec intelligence et réalisme. Mais notre pays arpente depuis assez longtemps le chemin du difficile pour que les Maliens trouvent une fois encore en eux les ressources pour avancer. A condition que les objectifs soient partagés sans restriction, que le seuil minimum de confiance s’instaure et que la porte de la paix soit très vite poussée.
G. DRABO
Par GAOUSSOU DRABO
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La porte de la paix s’est entrebâillée, il reste désormais à la pousser. Et cet acte décisif revient à la Coordination. Pour le moment, il faut se limiter à constater que la décision du MNLA et de ses alliés de prendre l’avis de leur base avant de parapher éventuellement le projet d’accord de paix global et définitif prolonge les incertitudes concernant le proche devenir du Septentrion et diffère l’espoir de redonner rapidement la priorité au redressement de notre pays. Les événements de la semaine dernière ont néanmoins eu l’utilité de faire apparaître le clair agacement de la communauté internationale devant les atermoiements de la Coordination. Les médiateurs, longtemps accusés par une large frange de l’opinion malienne de se montrer excessivement compréhensifs à l’égard du MNLA, ont en effet choisi d’avancer dans le processus de négociations en actant l’adhésion du gouvernement malien et des mouvements de la Plateforme au projet d’accord de paix.
Les développements dont l’hôtel El Aurassi a été le théâtre pourraient également aider à convaincre une partie de la société civile et des forces politiques opposées au pré accord précédemment présenté par la Médiation que la régionalisation proposée par le gouvernement, agréée par les médiateurs, mais activement combattue par les représentants de la Coordination, ne constitue pas une forme déguisée d’autonomie politique, encore moins un fédéralisme maquillé. Il faut d’ailleurs insister sur le fait que le principal challenge imposé par cette solution concerne beaucoup moins la prise de responsabilités de la part des populations que la présence aux côtés de celles-ci d’un Etat fort, efficace dans son accompagnement et incontestable dans ses arbitrages.
Les ultimes péripéties d’Alger V présentent enfin l’avantage de poser en termes limpides l’alternative devant laquelle sont désormais placés les groupes de la Coordination. Soit, ces derniers intègrent un processus d’apaisement et de clarification qui est loin d’être parfait, mais qui peut produire des résultats rapides et notables si les protagonistes font preuve d’un minimum de bonne foi. Soit, ils persistent dans une ambiguïté qui s’avère déjà objectivement insupportable pour eux-mêmes, ils s’exposeraient alors à un affaiblissement progressif de leur propre camp. En effet, les défections qui se sont produites au cours de ces dernières semaines traduisent la montée d’une lassitude certaine au sein de l’aile politique de la Coordination ainsi que la crainte de se laisser enfermer dans une tragique impasse.
UN DJIHADISME D’UN TYPE DIFFÉRENT. La courageuse prise de parole de l’Amenokal Mohamed Ag Intalla la semaine dernière a porté un coup dur à ceux qui s’efforçaient de présenter Kidal comme une citadelle indépendantiste irréductible et dont les habitants dicteraient leurs positions radicales aux négociateurs envoyés à Alger. En demandant aux groupes armés de « laisser tranquilles les populations », le leader des Ifoghas entérinait la réalité d’un fait qui n’est ignoré que de ceux qui veulent bien fermer les yeux dessus : la gouvernance erratique pratiquée par les groupes armés est de plus en plus mal supportée par les habitants de la capitale de la 8ème Région, habitants dont le quotidien s’est continuellement dégradé au cours de ces derniers mois. Il y avait donc un côté dérisoire dans les manifestations téléguidées organisées soit disant pour rejeter l’Accord d’Alger et dans les déclarations de courageux anonymes qui se sont succédés sur une radio internationale pour contredire l’Amenokal en se prétendant les porte-paroles d’une fantomatique société civile.
Cela demande encore confirmation, mais il est bien possible que le 1er mars 2015 marque un tournant déterminant dans le traitement de la question du Nord du Mali. Un tournant qu’il était indispensable de prendre pour conjurer la spirale des périls qui encerclent nos populations au-delà même des limites du Septentrion. Péril des affrontements de plus en plus violents et de plus en plus étendus entre les groupes armés. Péril de la montée des actes de banditisme qui imposent un blocus de fait à certaines localités du Nord du Mali. Péril d’un djihadisme d’un type différent de ceux que le pays a subis et qui s’est manifesté dans les attaques perpétrées contre Nampala et Ténenkou. Péril de démoralisation des populations du Nord qui ont la sensation d’être condamnées à une insécurité permanente. Péril enfin d’apparition dans l’opinion nationale de radicalités nouvelles qui vont compliquer l’application des compromis nécessaires au rétablissement de la paix.
Sur ce dernier point, il serait intéressant de suivre, dans les prochains jours, l’analyse des derniers développements survenus à Alger que feront à froid la société civile et la partie de la classe politique qui s’était opposée à la poursuite des pourparlers sans concertation nationale préalable. Pour le moment, l’on constate surtout chez le citoyen ordinaire une réaction mêlée de soulagement et de méfiance. De soulagement, parce que le paraphe apposé par deux parties sur trois laisse entrevoir pour la toute première fois une sérieuse possibilité de mettre fin à une situation qui harasse le pays depuis déjà trois ans. De méfiance, car nombreux sont ceux de nos compatriotes qui, échaudés par les voltefaces de la Coordination et échauffés par sa communication délibérément provocatrice, mettent en doute la sincérité de l’engagement de cette dernière en faveur d’une solution négociée sauvegardant l’unité nationale et l’intégrité territoriale. Mais au delà de la réaction populaire, il faudrait certainement s’attendre – malgré le souhait de pondération formulé par le Premier ministre – à ce que la polémique déclenchée autour du pré accord se réveille pour se concentrer sur certains aspects de l’accord.
Nous le répétons, le choix fait en faveur d’un débat inclusif sur les documents issus du processus d’Alger a certes son mérite, mais aussi ses difficultés. La société civile, par exemple, professe une suspicion permanente vis-à-vis des compromis qui sont à ses yeux autant de concessions faites aux exigences d’autonomie de la Coordination. Elle se montre également hostile sans retenue à tout ce qu’elle assimile à des avantages particuliers octroyés aux groupes armés par le biais de l’intégration dans la fonction publique ou dans les forces armées.
L’INDISPENSABLE RECTIFICATION. Elle n’accepte pas non plus la nécessité d’un effort particulier de développement en faveur du Septentrion au moment où le pays tout entier sort d’une épreuve d’une exceptionnelle dureté et que la nécessité d’un secours se ressent au niveau de tous les citoyens. Enfin, la répulsion quasi épidermique qu’elle éprouve à l’égard du la notion d’ « Azawad » s’est considérablement renforcée au cours de ces dernières semaines au point que de nombreux participants à l’exercice d’échange ont demandé le retrait de ce terme de tout document officiel.
Le mémorandum du gouvernement a pris en charge la majeure partie de ces exigences et le projet d’accord tient compte de certaines remarques de l’Exécutif. En attendant de revenir sur un commentaire plus détaillé du texte, on peut déjà noter quelques avancées enregistrées dans la nouvelle mouture du document. Comme l’indispensable rectification effectuée au niveau du préambule. En effet, la rédaction originelle de ce dernier laissait comprendre que les différentes rébellions se justifiaient par l’attitude discriminatoire et autoritaire observée par les autorités centrales maliennes vis-à-vis des populations du Nord. La formulation, inacceptable autant dans son esprit que dans sa lettre, a été retirée.
D’autre part, le texte prend en compte parmi les objectifs visés par l’accord « le développement plus équilibré de l’ensemble des régions du Mali en tenant compte de leur potentiel respectif ». Il se montre beaucoup moins directif qu’auparavant en n’imposant plus une réforme urgente de la Constitution qui prendrait en charge la création d’un Sénat au sein duquel les populations du Nord seraient mieux représentées. Il se rallie au traitement d’une meilleure représentation des populations du Septentrion par le biais des mesures législatives et réglementaires proposées par le gouvernement. Il n’exclut cependant pas la réforme constitutionnelle qui permettrait la mise en place d’une deuxième chambre du Parlement.
Autre disposition retirée, celle qui prévoyait pour l’élection des députés du Nord du Mali un quota d’électeurs de moitié inférieur à celui en vigueur dans les autres zones du pays (30 000 contre 60 000). La médiation préconise désormais la création de nouvelles circonscriptions électorales (ou la prise de « toutes autres mesures appropriées ») pour augmenter le nombre d’élus du Nord. A été aussi retirée la très controversée possibilité donnée à plusieurs Régions de s’unir et de changer leur dénomination. Le texte évoque à présent un scénario déjà prévu par la législation malienne, celui de l’inter régionalité. L’accord récupère en fait une initiative gouvernementale qui permet à plusieurs Régions de « mettre en place dans les limites autorisées par la loi les instances appropriées afin de mieux promouvoir leur développement économique et social ».
L’exigence de fixer des quotas pour la nomination de ressortissants du Nord dans la haute administration, dans la diplomatie et au gouvernement tombe aussi. Le texte suggère cependant « d’assurer une meilleure représentation des populations du Nord du Mali dans les institutions et grands services publics, corps et administrations de la République ».
AU PREMIER CHEF. A propos du terme« Azawad », dont l’utilisation est devenu un enjeu autant politique que de principe, l’accord indique qu’il désigne « une réalité socio-culturelle, mémorielle et symbolique partagée par différentes populations du Nord du Mali constituant des composantes de la communauté nationale ». On peut imaginer les efforts de rédaction déployés par les médiateurs pour forger cette formule qui neutralise le concept sans en nier la nécessité. La définition finalement trouvée catégorise l’Azawad comme faisant partie des terroirs existant dans notre pays, à l’instar du Bélédougou ou du Wassoulou. Elle ne lui concède aucun droit à revendiquer une quelconque exclusivité territoriale. Et elle considère les populations qui s’en réclament comme faisant partie de la grande communauté nationale malienne.
Pour trancher définitivement la question, le texte reconduit en la précisant une disposition inscrite il y a 23 ans dans le Pacte national, mais qui n’a jamais été mise en œuvre. Le Pacte avait prévu que l’arbitrage entre le terme « Azawad » par lequel la rébellion d’alors désignait le Septentrion malien et la dénomination administrative « 6ème, 7ème et 8ème Régions » que les autorités de l’époque lui opposaient, serait rendu par les populations elles-mêmes. L’actuel accord indique que le choix populaire s’exercera lors d’une Conférence d’entente populaire qui se tiendra lors de la période intérimaire. Laquelle période commencera dès la signature de l’accord.
Ainsi que l’ont souligné le week-end dernier le Premier ministre et le ministre chargé des Affaires étrangères, le gouvernement malien en s’engageant dans la dernière ligne droite des pourparlers s’est plié à la règle invariable de toute négociation, faire des concessions. C’est ainsi, par exemple, que la création d’une Zone de développement des régions du Nord dont l’instauration irrite si fort de nombreux acteurs nationaux maliens a été maintenue. Cette disposition ne passera pas sans frictions, tout comme le terme Azawad, ou encore l’augmentation de la représentation parlementaire du Nord. Au cours des prochaines semaines, l’Exécutif entamera certainement un nouvel exercice pédagogique pour obtenir ne serait ce qu’une adhésion a minima de ses interlocuteurs. Il importe en effet d’obtenir de ces derniers qu’ils concèdent que l’accord représente un préalable imparfait, mais incontournable pour entamer le vrai travail de stabilisation du pays.
Le chef du gouvernement, lors de sa rencontre de dimanche dernier avec les représentants des partis et de la société civile, avait insisté sur la vigilance à démontrer dans l’exécution de l’accord conclu. Ce devoir de veille échoit au premier chef non pas à la Commission de suivi de l’accord qui sera mise en place avec la participation des représentants de la Médiation. Mais aux Maliens eux-mêmes A cet égard, la Conférence d’entente nationale pourrait offrir l’occasion d’un indispensable exercice de vérité qui éclaircirait les préalables de la réconciliation nationale, mettrait en garde contre la réédition des erreurs du passé et surtout entérinerait l’implication concrète de ceux qui furent les sans voix des accords antérieurs et qui ont été les principales victimes de la longue période d’instabilité, les communautés elles-mêmes.
Si elle parvient à remplir ces exigences, la Conférence permettrait de bâtir le compromis de confiance qui ferait que chacun accepte l’effort de mettre en veilleuse ses doutes et ses préventions. Car les défis qui nous attendent donneraient le vertige à tout observateur qui les évaluerait avec intelligence et réalisme. Mais notre pays arpente depuis assez longtemps le chemin du difficile pour que les Maliens trouvent une fois encore en eux les ressources pour avancer. A condition que les objectifs soient partagés sans restriction, que le seuil minimum de confiance s’instaure et que la porte de la paix soit très vite poussée.
G. DRABO
JournalDuMali.com: Moussa Ag Assarid : « Nous voulons du temps ! »
JournalDuMali.com: Moussa Ag Assarid : « Nous voulons du temps ! »
Pour le MNLA et ses alliés, il faut leur donner « un temps raisonnable », c'est-à-dire celui d’aller consulter leur base avant tout engagement.
Les mouvements politico-armés de l’Azawad regroupés au sein de la coordination n’ont pas paraphé le projet d’accord du dimanche 1 mars 2015 à Alger. Pour le MNLA et ses alliés, il faut leur donner « un temps raisonnable », c'est-à-dire celui d’aller consulter leur base avant tout engagement. Un exercice que la coordination se dit prête à faire à partir du moment où ces responsables vont quitter Alger. Ils vont ainsi rencontrer les populations, les hommes sur le terrain et les réfugiés dans les camps. Pour Moussa Ag Assarid joint par nos soins ce matin, la feuille de route du 24 juillet 2014 prévoit la possibilité pour les parties d’aller rendre compte d’abord à leur base avant une signature ou paraphe. « Nous avons demandé un temps pour aller expliquer le document aux population de l’Azawad pour lesquelles on est en train de négocier en vue de prendre en compte leur aspirations ».

- © DR
Moussa Ag Assarid, Porte parole du MNLA en Europe
Un statut politico-juridique pour l'Azawad
Pour Moussa Ag Assarid, le document paraphé par le gouvernement du Mali et les mouvements de la plateforme ne prend pas en compte les aspirations profondes de l’Azawad. En termes clairs, le projet d’accord n’évoque pas l’autonomie ou le fédéralisme réclamé à cor et à cri par les mouvements de la coordination. Les manifestations organisées à Kidal pendant le week-end par les populations attestent selon lui du rejet du document. Selon le représentant du MNLA en Europe, l’Azawad n’a été que parcimonieusement pris en charge dans le projet d’accord. L’Azawad, explique-t-il, doit avoir un statut juridique, géographique et politique regroupant les régions du nord du Mali.
Ce qui s’est passé hier dans la capitale algérienne n’est plus ni moins, pour Moussa Ag Assarid, une signature entre le gouvernement du Mali et ses milices, allusion faite aux mouvements de la plateforme. "Le Mali est en belligérance, argumente-il, avec les mouvements de la coordination et c’est avec celle-ci qu’il doit parapher. Les mouvements de la plateforme, poursuit-il ne sont pas belligérance avec le gouvernement du Mali. A en croire le leader séparatiste, le paraphe d’hier a été imposé car la médiation n’a pas voulu des modifications, donc leurs amendements n’ont pas été pris en compte".
Sur le document Moussa Ag Assarid émet assez de réserves. La création du Sénat évoqué n’est un fait nouveau car, dit-il, cela était déjà prévu sous le régime d’ATT. Par rapport au mécanisme de transfert des 30% des recettes budgétaires de l’Etat, aux collectivités territoriales, il précise qu’il concerne toutes les régions et non les régions du nord uniquement à qui une attention particulière sera accordée. Quelle sera l’incidence du refus de parapher de la part de la coordination ? Sans répondre exactement à cette question, Moussa Ag Assarid pense que le temps pris dans les négociations importe peu. Il faut prendre le temps qu’il faut, soutient-il, pour parvenir à «une paix choisie », durable et qui satisfasse toutes les parties.
Pour Moussa Ag Assarid, le document paraphé par le gouvernement du Mali et les mouvements de la plateforme ne prend pas en compte les aspirations profondes de l’Azawad. En termes clairs, le projet d’accord n’évoque pas l’autonomie ou le fédéralisme réclamé à cor et à cri par les mouvements de la coordination. Les manifestations organisées à Kidal pendant le week-end par les populations attestent selon lui du rejet du document. Selon le représentant du MNLA en Europe, l’Azawad n’a été que parcimonieusement pris en charge dans le projet d’accord. L’Azawad, explique-t-il, doit avoir un statut juridique, géographique et politique regroupant les régions du nord du Mali.
Ce qui s’est passé hier dans la capitale algérienne n’est plus ni moins, pour Moussa Ag Assarid, une signature entre le gouvernement du Mali et ses milices, allusion faite aux mouvements de la plateforme. "Le Mali est en belligérance, argumente-il, avec les mouvements de la coordination et c’est avec celle-ci qu’il doit parapher. Les mouvements de la plateforme, poursuit-il ne sont pas belligérance avec le gouvernement du Mali. A en croire le leader séparatiste, le paraphe d’hier a été imposé car la médiation n’a pas voulu des modifications, donc leurs amendements n’ont pas été pris en compte".
Sur le document Moussa Ag Assarid émet assez de réserves. La création du Sénat évoqué n’est un fait nouveau car, dit-il, cela était déjà prévu sous le régime d’ATT. Par rapport au mécanisme de transfert des 30% des recettes budgétaires de l’Etat, aux collectivités territoriales, il précise qu’il concerne toutes les régions et non les régions du nord uniquement à qui une attention particulière sera accordée. Quelle sera l’incidence du refus de parapher de la part de la coordination ? Sans répondre exactement à cette question, Moussa Ag Assarid pense que le temps pris dans les négociations importe peu. Il faut prendre le temps qu’il faut, soutient-il, pour parvenir à «une paix choisie », durable et qui satisfasse toutes les parties.
lundi 2 mars 2015
Le Coren proteste : "La reconnaissance de l'Azawad dans le projet d'accord est une imposture"
Le Coren proteste : "La reconnaissance de l'Azawad dans le projet d'accord est une imposture"
Dans un communiqué en date du 28 février 2015 et signé de son président, l’ancien ministre Malick Alhousseyni, le Collectif des ressortissants du Nord du Mali (Coren) monte au créneau et met en garde contre la signature d’un accord qui sape les fondements de la République. Le Coren dit suivre avec une attention soutenue les pourparlers en cours à Alger.
« A l’heure d’une signature imminente d’un accord entre les groupes armés et le Mali, le Coren attire l’attention des autorités du Mali et le peuple du Mali sur les pièges contenus dans lesdits accords projetés », selon le communiqué. La sortie de l’organisation est dictée par la tournure que les événements sont en train de prendre à Alger.
« En effet la reconnaissance de l’Azawad comme ‘une réalité socio culturelle mémorielle et symbolique’ telle que déclamée et proclamée dans le projet d’accord est une imposture sur laquelle s’appuieront les forces occultes, qui ont ourdi le complot contre le Mali, pour sceller définitivement dans un futur proche et immédiat la partition du Mali », prévient le Coren.
Le Collectif en appelle aux autorités du Mali pour récuser tout document comportant une telle imposture. Et au regard de la gravité de l’acte, il appelle « le peuple du Mali et particulièrement les populations du Nord du Mali à réfuter, au prix du sacrifice ultime, une telle contre-vérité (Azawad) qui est la négation de l’histoire et la culture séculaires partagées des régions nord du Mali ».
Pour toutes ces raisons, le Coren en appelle à la Méditation afin que les germes de la division et la guerre permanentes que constitue la reconnaissance du terme « Azawad » ne soient pas ensemencés sur les terroirs du Nord du Mali. L’organisation attire la vigilance et la clairvoyance des Maliens et des amis du Mali pour faire échouer toute tentative de falsification de l‘histoire.
La position du Collectif des ressortissants du Nord nous rappelle la farouche opposition de la jeunesse de Gao contre la signature d’un accord limitant le mouvement de groupes d’autodéfense et la résistance des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur face au projet de fédéralisme clamé par le MNLA et ses alliés.
L’acceptation du gouvernement et des autres parties prenantes, notamment la communauté internationale, la médiation et autres du nom problématique et détestable Azawad est tout simplement une trahison et constitue une insulte pour les nombreuses victimes de la crise.
Et à ce train, il ne reste plus qu’à légitimer la rébellion armée.
Alpha Mahamane Cissé
Alors que certains commencent déjà à se satisfaire de la signature imminente d’un accord de paix, le Collectif de ressortissants du Nord (Coren), botte en touche le document, estimant que la tentative de reconnaissance de l’Azawad est la pomme de discorde.
« A l’heure d’une signature imminente d’un accord entre les groupes armés et le Mali, le Coren attire l’attention des autorités du Mali et le peuple du Mali sur les pièges contenus dans lesdits accords projetés », selon le communiqué. La sortie de l’organisation est dictée par la tournure que les événements sont en train de prendre à Alger.
« En effet la reconnaissance de l’Azawad comme ‘une réalité socio culturelle mémorielle et symbolique’ telle que déclamée et proclamée dans le projet d’accord est une imposture sur laquelle s’appuieront les forces occultes, qui ont ourdi le complot contre le Mali, pour sceller définitivement dans un futur proche et immédiat la partition du Mali », prévient le Coren.
Le Collectif en appelle aux autorités du Mali pour récuser tout document comportant une telle imposture. Et au regard de la gravité de l’acte, il appelle « le peuple du Mali et particulièrement les populations du Nord du Mali à réfuter, au prix du sacrifice ultime, une telle contre-vérité (Azawad) qui est la négation de l’histoire et la culture séculaires partagées des régions nord du Mali ».
Pour toutes ces raisons, le Coren en appelle à la Méditation afin que les germes de la division et la guerre permanentes que constitue la reconnaissance du terme « Azawad » ne soient pas ensemencés sur les terroirs du Nord du Mali. L’organisation attire la vigilance et la clairvoyance des Maliens et des amis du Mali pour faire échouer toute tentative de falsification de l‘histoire.
La position du Collectif des ressortissants du Nord nous rappelle la farouche opposition de la jeunesse de Gao contre la signature d’un accord limitant le mouvement de groupes d’autodéfense et la résistance des Maliens de l’intérieur et de l’extérieur face au projet de fédéralisme clamé par le MNLA et ses alliés.
L’acceptation du gouvernement et des autres parties prenantes, notamment la communauté internationale, la médiation et autres du nom problématique et détestable Azawad est tout simplement une trahison et constitue une insulte pour les nombreuses victimes de la crise.
Et à ce train, il ne reste plus qu’à légitimer la rébellion armée.
Alpha Mahamane Cissé
Accord pour la paix et la réconciliation au Mali : Lettre ouverte sur les Réactions et Propositions de Dr Anasser Ag Rhissa
Accord pour la paix et la réconciliation au Mali : Lettre ouverte sur les Réactions et Propositions de Dr Anasser Ag Rhissa
Dr Anasser Ag Rhissa
Excellence Monsieur le Président de la République du Mali,
Excellence Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires du Mali,
Excellences Messieurs les médiateurs pour la crise Malienne,
Excellences Messieurs les facilitateurs pour la crise Malienne,
Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale du Mali,
Excellence Monsieur le Premier Ministre du Mali,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellence Monsieur le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, chef de la délégation Malienne aux pourparlers inclusifs,
Excellence Monsieur le Haut représentant du Président Malien dans les pourparlers inclusifs inter-Maliens,
Excellence Monsieur le Ministre de la réconciliation nationale,
Excellence Monsieur le Ministre de la défense et des anciens combattants du Mali,
Excellence Monsieur le Ministre de la sécurité et de l’intérieur,
Excellence Monsieur le ministre de la communication, de l’économie numérique et de l’information du Mali,
Mesdames et Messieurs les participants aux pourparlers inclusifs inter-Maliens,
Chers frères et sœurs Maliens,
Le projet d’accord d’Alger, version du 25 février 2015, pour une paix durable au Mali et pour la réconciliation nationale, qui a été paraphé par les parties prenantes le 01 Mars 2015, donne un bon cadre pour la paix, la réconciliation nationale, la sécurité et le développement au Mali.
Ce projet d’accord met en avant :
– le respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté, de la forme républicaine et du caractère laïc de l’Etat du Mali.
– la promotion du développement équilibré de toutes les régions du Mali en tenant compte de leurs potentialités,
– des conditions d’une paix juste et durable pour le règlement durable du conflit, parmi lesquelles :
* l’application de la régionalisation (création d’une architecture institutionnelle basée sur des collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel et de pouvoirs étendus, gestion par les populations de leurs affaires sur la base de la libre administration des régions, plus grande représentation des populations du nord au sein des institutions nationales, renforcement de l’Etat de droit en rapprochant la justice des justiciables, …),
* l’organisation d’une Conférence d’Entente Nationale, durant la période de transition, sur les causes profondes du conflit, les solutions idoines et la promotion de la paix et de la réconciliation nationale,
* l’appellation Azawad désignant le nord du Mali pour certains.
* deux ou plusieurs autres régions peuvent, dans des conditions déterminées par la loi, mettre en place (article 32) les instances appropriées, afin de mieux promouvoir leur développement économique et social, dans la limite de leurs compétences.
* la mise en place d’une zone de développement des régions du Nord (article 33) dotée d’un conseil consultatif interrégional et d’une stratégie de développement adaptée aux réalités (socioculturelles, géographiques, climatique).
Le projet d’accord fixe des principes et engagements dans son chapitre 1 et des fondements pour un règlement durable du conflit dans son chapitre 2.
PRINCIPES ET ENGAGEMENTS
- l’article 1 : respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté, de la forme républicaine et du caractère laïc de l’Etat du Mali, reconnaissance et promotion de la diversité culturelle et linguistique, valorisation de la contribution des composantes du peuple à l’œuvre de construction du Mali, prise en charge par les populations de la gestion effective de leurs affaires à travers un système de gouvernance adapté prenant en charge leurs aspirations et leurs besoins spécifiques, promotion d’un développement équilibré de toutes les régions du Mali en tenant compte de leurs potentialités, rejet de la violence et recours au dialogue et à la concertation, respect des droits de l’homme, de la dignité et des libertés fondamentales et religieuses, lutte contre la corruption et l’impunité, lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et les autres formes de criminalité transnationale organisée) ;
– l’article 2 : première des parties à mettre en œuvre l’accord) ;
– l’article 3 : l’Etat Malien, en étroite consultation avec les parties et le comité de suivi de l’accord, prendra les dispositions, réglementaires, législatives, voire constitutionnelles, requises) ;
- l’article 4 : les dispositions sont applicables à toutes les régions du Mali et mises en œuvre prioritairement dans les régions du nord du Mali).
FONDEMENTS POUR UN REGLEMENT DURABLE DU CONFLIT
Les conditions d’une paix juste et durable au Mali sont fixées dans l’article 5 sur la base des éléments suivants :
- l’appellation Azawad, désignant le nord du Mali pour certains ;
– des mesures pour instaurer la paix et la réconciliation nationale à travers l’organisation d’une Conférence d’Entente Nationale, durant la période de transition, sur les causes profondes du conflit, les solutions idoines et la promotion de la paix et de la réconciliation nationale. Une charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale sera élaborée sur une base consensuelle ;
– des mesures destinées à assurer une meilleure gouvernance tenant compte des spécificités locales : création d’une architecture institutionnelle basée sur des collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel et de pouvoirs étendus, gestion par les populations de leurs affaires sur la base de la libre administration des régions, plus grande représentation des populations du nord au sein des institutions nationales, renforcement de l’Etat de droit en rapprochant la justice des justiciables, création d’un système de défense et sécurité basé sur l’unicité, l’inclusivité et la représentativité, participation des populations à la gestion de la sécurité locale, redéploiement progressif des forces de défense et sécurité du Mali, la mise en place d’une zone de développement des régions du Nord dotée d’un conseil consultatif interrégional et d’une stratégie de développement adaptée aux réalités (socioculturelles, géographiques, climatique).
Les autres articles (article 6 à article 67) sont dédiés aux questions politiques et institutionnelles (titre II), à la défense et à la sécurité (Titre III), au développement socio-économique et culturel (titre IV) , à la réconciliation nationale, à la justice et aux questions humanitaires (titre V), aux garanties et à l’accompagnement d’ordre institutionnel (titre VI) et aux dispositions légales (titre VII).
Trois annexes sont intégrées dans le projet d’accord : annexe 1 (période intérimaire de dix-huit mois), annexe 2 (défense et sécurité) et annexe 3 (actions et projets de développement économique, social et culturel à réaliser dans les régions du nord à court, moyen et long terme).
Quoique pouvant faire un clin d’œil à la fédération à travers l’appellation Azawad et la création de cette zone de développement des régions du nord (article 33), l’article 32 offre la même possibilité à plusieurs autres régions de promouvoir leur développement économique et social, dans la limite de leurs compétences.
En plus, les articles 1 à 4 apportent l’équilibre entre les régions du Mali à travers, entre autres, la promotion d’un développement équilibré de toutes les régions du Mali, l’application à l’identique des dispositions requises, réglementaires, législatives, voire constitutionnelles, dans toutes les régions et la régionalisation.
En somme, le projet d’accord met plus en avant la régionalisation au Mali et un système de gouvernance, basé sur la libre administration des régions, mettant les populations au centre du dispositif.
Au nom de la réconciliation nationale et de la paix, ce projet d’accord doit être validé par les différentes parties prenantes sachant que, plus tard, une conférence d’entente nationale sera organisée pendant la période de transition, elle portera sur les causes profondes du conflit, les solutions idoines et la promotion de la paix et de la réconciliation nationale.
Pendant cette conférence le terme Azawad pourra être discuté.
Dans le cadre du conseil consultatif interrégional dont est dotée la zone de développement du nord du Mali et à travers un référendum, les populations du nord du Mali devront aussi se prononcer sur cette appellation.
Au sein de cette conférence ou à part pourra être organisé, pendant la période de transition, un atelier pour un aménagement idoine du territoire et sur la régionalisation.
De même, des séminaires sur le renforcement du vivre ensemble, de la cohésion sociale, la régionalisation et la réconciliation nationale devront être organisés dès maintenant et pendant la période de transition.
EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
E-mail : Webanassane@yahoo.com
TEL 78 73 14 61
Dr Anasser Ag Rhissa
Dr ANASSER AG RHISSA, expert TIC, Gouvernance et Sécurité
Excellence Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires du Mali,
Excellences Messieurs les médiateurs pour la crise Malienne,
Excellences Messieurs les facilitateurs pour la crise Malienne,
Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale du Mali,
Excellence Monsieur le Premier Ministre du Mali,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,
Excellence Monsieur le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, chef de la délégation Malienne aux pourparlers inclusifs,
Excellence Monsieur le Haut représentant du Président Malien dans les pourparlers inclusifs inter-Maliens,
Excellence Monsieur le Ministre de la réconciliation nationale,
Excellence Monsieur le Ministre de la défense et des anciens combattants du Mali,
Excellence Monsieur le Ministre de la sécurité et de l’intérieur,
Excellence Monsieur le ministre de la communication, de l’économie numérique et de l’information du Mali,
Mesdames et Messieurs les participants aux pourparlers inclusifs inter-Maliens,
Chers frères et sœurs Maliens,
Le projet d’accord d’Alger, version du 25 février 2015, pour une paix durable au Mali et pour la réconciliation nationale, qui a été paraphé par les parties prenantes le 01 Mars 2015, donne un bon cadre pour la paix, la réconciliation nationale, la sécurité et le développement au Mali.
Ce projet d’accord met en avant :
– le respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté, de la forme républicaine et du caractère laïc de l’Etat du Mali.
– la promotion du développement équilibré de toutes les régions du Mali en tenant compte de leurs potentialités,
– des conditions d’une paix juste et durable pour le règlement durable du conflit, parmi lesquelles :
* l’application de la régionalisation (création d’une architecture institutionnelle basée sur des collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel et de pouvoirs étendus, gestion par les populations de leurs affaires sur la base de la libre administration des régions, plus grande représentation des populations du nord au sein des institutions nationales, renforcement de l’Etat de droit en rapprochant la justice des justiciables, …),
* l’organisation d’une Conférence d’Entente Nationale, durant la période de transition, sur les causes profondes du conflit, les solutions idoines et la promotion de la paix et de la réconciliation nationale,
* l’appellation Azawad désignant le nord du Mali pour certains.
* deux ou plusieurs autres régions peuvent, dans des conditions déterminées par la loi, mettre en place (article 32) les instances appropriées, afin de mieux promouvoir leur développement économique et social, dans la limite de leurs compétences.
* la mise en place d’une zone de développement des régions du Nord (article 33) dotée d’un conseil consultatif interrégional et d’une stratégie de développement adaptée aux réalités (socioculturelles, géographiques, climatique).
- Résumé et extrait du projet d’accord d’Alger pour la paix et la réconciliation nationale
Le projet d’accord fixe des principes et engagements dans son chapitre 1 et des fondements pour un règlement durable du conflit dans son chapitre 2.
PRINCIPES ET ENGAGEMENTS
- l’article 1 : respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale, de la souveraineté, de la forme républicaine et du caractère laïc de l’Etat du Mali, reconnaissance et promotion de la diversité culturelle et linguistique, valorisation de la contribution des composantes du peuple à l’œuvre de construction du Mali, prise en charge par les populations de la gestion effective de leurs affaires à travers un système de gouvernance adapté prenant en charge leurs aspirations et leurs besoins spécifiques, promotion d’un développement équilibré de toutes les régions du Mali en tenant compte de leurs potentialités, rejet de la violence et recours au dialogue et à la concertation, respect des droits de l’homme, de la dignité et des libertés fondamentales et religieuses, lutte contre la corruption et l’impunité, lutte contre le terrorisme, le trafic de drogues et les autres formes de criminalité transnationale organisée) ;
– l’article 2 : première des parties à mettre en œuvre l’accord) ;
– l’article 3 : l’Etat Malien, en étroite consultation avec les parties et le comité de suivi de l’accord, prendra les dispositions, réglementaires, législatives, voire constitutionnelles, requises) ;
- l’article 4 : les dispositions sont applicables à toutes les régions du Mali et mises en œuvre prioritairement dans les régions du nord du Mali).
FONDEMENTS POUR UN REGLEMENT DURABLE DU CONFLIT
Les conditions d’une paix juste et durable au Mali sont fixées dans l’article 5 sur la base des éléments suivants :
- l’appellation Azawad, désignant le nord du Mali pour certains ;
– des mesures pour instaurer la paix et la réconciliation nationale à travers l’organisation d’une Conférence d’Entente Nationale, durant la période de transition, sur les causes profondes du conflit, les solutions idoines et la promotion de la paix et de la réconciliation nationale. Une charte pour la paix, l’unité et la réconciliation nationale sera élaborée sur une base consensuelle ;
– des mesures destinées à assurer une meilleure gouvernance tenant compte des spécificités locales : création d’une architecture institutionnelle basée sur des collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel et de pouvoirs étendus, gestion par les populations de leurs affaires sur la base de la libre administration des régions, plus grande représentation des populations du nord au sein des institutions nationales, renforcement de l’Etat de droit en rapprochant la justice des justiciables, création d’un système de défense et sécurité basé sur l’unicité, l’inclusivité et la représentativité, participation des populations à la gestion de la sécurité locale, redéploiement progressif des forces de défense et sécurité du Mali, la mise en place d’une zone de développement des régions du Nord dotée d’un conseil consultatif interrégional et d’une stratégie de développement adaptée aux réalités (socioculturelles, géographiques, climatique).
Les autres articles (article 6 à article 67) sont dédiés aux questions politiques et institutionnelles (titre II), à la défense et à la sécurité (Titre III), au développement socio-économique et culturel (titre IV) , à la réconciliation nationale, à la justice et aux questions humanitaires (titre V), aux garanties et à l’accompagnement d’ordre institutionnel (titre VI) et aux dispositions légales (titre VII).
Trois annexes sont intégrées dans le projet d’accord : annexe 1 (période intérimaire de dix-huit mois), annexe 2 (défense et sécurité) et annexe 3 (actions et projets de développement économique, social et culturel à réaliser dans les régions du nord à court, moyen et long terme).
- Conclusion et propositions
Quoique pouvant faire un clin d’œil à la fédération à travers l’appellation Azawad et la création de cette zone de développement des régions du nord (article 33), l’article 32 offre la même possibilité à plusieurs autres régions de promouvoir leur développement économique et social, dans la limite de leurs compétences.
En plus, les articles 1 à 4 apportent l’équilibre entre les régions du Mali à travers, entre autres, la promotion d’un développement équilibré de toutes les régions du Mali, l’application à l’identique des dispositions requises, réglementaires, législatives, voire constitutionnelles, dans toutes les régions et la régionalisation.
En somme, le projet d’accord met plus en avant la régionalisation au Mali et un système de gouvernance, basé sur la libre administration des régions, mettant les populations au centre du dispositif.
Au nom de la réconciliation nationale et de la paix, ce projet d’accord doit être validé par les différentes parties prenantes sachant que, plus tard, une conférence d’entente nationale sera organisée pendant la période de transition, elle portera sur les causes profondes du conflit, les solutions idoines et la promotion de la paix et de la réconciliation nationale.
Pendant cette conférence le terme Azawad pourra être discuté.
Dans le cadre du conseil consultatif interrégional dont est dotée la zone de développement du nord du Mali et à travers un référendum, les populations du nord du Mali devront aussi se prononcer sur cette appellation.
Au sein de cette conférence ou à part pourra être organisé, pendant la période de transition, un atelier pour un aménagement idoine du territoire et sur la régionalisation.
De même, des séminaires sur le renforcement du vivre ensemble, de la cohésion sociale, la régionalisation et la réconciliation nationale devront être organisés dès maintenant et pendant la période de transition.
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EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
E-mail : Webanassane@yahoo.com
TEL 78 73 14 61
Le Mali accepte-t-il l'autonomie du nord ? Ce que dit le nouveau projet d'accord algérien
Le Mali accepte-t-il l'autonomie du nord ? Ce que dit le nouveau projet d'accord algérien
Ce que dit le nouveau projet d’accord algérien
Le 25 février 2015, le médiateur algérien a proposé aux représentants du Mali, des groupes armés du nord et des milices d’autodéfense pro-Mali un projet dont nous décrivons ci-dessous les points saillants et les pièges.
Adhésion formelle à l’intégrité du territoire et à la laïcité de la République.
A l’article 1, le projet d’accord présenté par l’Algérie souligne l’attachement des parties au rejet de la violence et au « respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc ». La manoeuvre est fort adroite: elle permet de faire avaler le reste de la pilule qui, au vrai, a un goût de nivaquine. En effet, la belle profession de foi chantonnée plus haut est aussitôt édulcorée par l’obligation faite aux parties de promouvoir « la diversité culturelle et linguistique » et de permettre « la prise en charge par les populations de la gestion effective de leurs propres affaires, à travers un système de gouvernance prenant en compte leurs aspirations et leurs besoins spécifiques ».
Rhétorique séparatiste.
En poursuivant la lecture, on découvre que le projet d’accord prévoit « un développement équilibré de l’ensemble des régions du Mali ». La chose n’est pas mauvaise en soi, sauf qu’elle reprend la rhétorique du MNLA: chaque fois qu’il plastronne sur les plateaux de télé étrangers, ce groupe séparatiste ne parle, en effet, que de « spécificités » du nord, de « prise en charge de leurs propres affaires par les populations locales » et de « développement équilibré de l’ensemble des régions » du Mali. Sous-entendu: toute oeuvre de développement doit désormais prioriser le nord qui aurait été délaissé depuis l’indépendance par l’Etat malien.
Révision constitutionnelle.
Le texte algérien annonce qu’au besoin, l’accord sera mis en oeuvre à travers une révision des lois et de la Constitution du Mali. Cette annonce est lourde de périls car toute révision de la Constitution nécessite un référendum populaire; or, on peut d’ores et déjà tenir pour certain que le peuple malien, majoritairement situé au sud, rejettera tout accord, même passablement favorable aux groupes rebelles. Que ferait-on en cas de rejet ?
Reconnaissance de l’Azawad
. A l’article 2, le texte reconnaît l’« Azawad » comme « une realité socioculturelle, memorielle et symbolique partagée par différentes populations du nord Mali, constituant des composantes de la communauté nationale ». Pas sûr que le mot « Azawad », qui caractérise depuis des années le discours des rebelles, soit gobé par les Maliens.
Autodétermination par la base.
Le texte fait la part belle aux séparatistes en prévoyant la mise en place de « Collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel et de pouvoirs étendus ». Il sera aussi institué « un système de défense et de sécurité basé sur les principes d’unicité, d’inclusivité et de représentativité ». Derrière ces jeux de mots, se cache à peine la ferme volonté de rebâtir l’armée et les forces de sécurité maliennes sur des bases ethniques; sinon, comment parler de « représentativité » dans l’armée comme s’il s’agissait d’une entité élue ? D’autre part, élire les dirigeants des collectivités territoriales et les doter de « pouvoirs étendus » revient à diviser le pays par la base. Une manière de concéder l’audétermination locale des régions du nord, n’est-ce pas ? Ainsi, chaque région du nord aura à sa tête une assemblée dirigée par un président élu au suffrage universel direct et qui sera « le chef de l’Exécutif et de l’Administration de la région ». Elu comme IBK et président comme lui, pourquoi ce chef régional irait-il lui rendre des comptes ? Comment ce chef local élu serait-il révoqué ? Qui assuerait sa tutelle administrative alors que l’article 9 du texte algérien déclare que « les délibérations des collectivités territoriales sont exécutoires dès leur publication et transmission au représentant de l’Etat » ? Il en ira de même des cercles qui, selon le projet d’accord, seront dirigés par des « présidents de conseil de cercle » élus. Soulignant les pouvoirs de cette foule de baronnies qui parsèmeront, telles des épines, le territoire malien, le texte donne à chaque cercle ou région de prendre « la dénomination officielle de leur choix ». Pour couronner le tout, les chefs de tribus et autres grands chômeurs du nord entreront – sans élection – dans un Sénat qui verra le jour.
L’Etat spolié de ses pouvoirs au profit des régions
. L’article 8 du projet d’accord donne aux régions du nord tous les pouvoirs pour régir elles-mêmes toutes questions liées aux domaines suivants: développement économique, social et culturel; aménagement du territoire; éducation de base et formation professionnelle, santé, environnement, culture, infrastructures routières et de communication, énergie, hydraulique et assainissement; agriculture, élevage, pêche, gestion forestière, transports, commerce, industries, artisanat, tourisme, transports interrégionaux; budgets et comptes administratifs; établissement et application d’impôts et de recettes propres; coopération décentralisée et jumelage; police territoriale et protection civile.
Sécurité et armée ethnicisées.
Le projet d’accord impose « une participation active et significative des populations, en particulier celles du nord à la gestion de la sécurité locale ». Et c’est quand l’armée et les forces de sécurité auront été ainsi « reconstituées » qu’elles entameront leur redéploiement « progressif » au nord. La « reconstitution » selon les critères dictés par les rebelles est donc une condition du retour de l’armée dans cette partie du territoire. Où est donc l’indépendance du Mali ? L’article 22 enfonce le clou en stipulant: « Les forces (armées) devront inclure un nombre significatif de personnes originaires du nord, y compris dans le commandement, de façon à conforter le retour de la confiance et faciliter la sécurisation progressive de ces régions ». En clair, tant que l’armée n’aura pas été inondée de Ag et de Ould, les groupes armés ne se sentiront pas en « confiance » ! Et que ferait-on des officiers touaregs et arabes qui ont déserté l’armée puis ouvert le feu leurs anciens compagnons d’armes maliens ?
Zone spéciale de développement du nord.Le projet d’accord prévoit « une Zone de Développement des Regions du Nord, dotée d’un Conseil consultatif interrégional et d’une Stratégie Spécifique de développement adaptée aux réalités socioculturelles et géographiques ainsi qu’aux conditions climatiques ». La fameuse « stratégie spécifique » susvisée tend, selon l’article 35 du projet, « à hisser les régions du nord au même niveau que le reste du pays en termes d’indicateurs de développement, et ce dans un délai n’excédant pas 10 à 15 ans ». Enfin, l’article 14 engage l’Etat malien à tansférer 30% de ses revenus aux régions, avec une « attention particulière pour les régions du nord ».
En somme, le nouveau projet ressemble comme deux gouttes d’eau au premier qui, après examen, a été rejeté par le gouvernement du Mali.
Il porte les germes de la partition du pays même s’il se garde d’utiliser ce mot. Il semble que les représentants maliens à Alger, y compris le ministre des Affaires Etrangères, Abdoulaye Diop, aient marqué leur adhésion au texte dont le médiateur algérien aurit dit qu’il était « à prendre ou à laisser ». Si les groupes armés font mine de bouder le projet, c’est par ruse de guerre : le texte consacre l’autonomie parfaite du nord du Mali qui est même autorisé à s’appeler « Azawad » de Kidal à Tombouctou. Il ne faut cependant pas exclure un revirement de la position malienne: après avoir annoncé que le premier projet d’accord algérien était « une bonne base de discussion », Abdoulaye Diop n’a-t-il pas fini par être désavoué par le gouvernement malien ?
Tiékorobani
Ce que dit le nouveau projet d’accord algérien

Adhésion formelle à l’intégrité du territoire et à la laïcité de la République.
A l’article 1, le projet d’accord présenté par l’Algérie souligne l’attachement des parties au rejet de la violence et au « respect de l’unité nationale, de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Etat du Mali, ainsi que de sa forme républicaine et son caractère laïc ». La manoeuvre est fort adroite: elle permet de faire avaler le reste de la pilule qui, au vrai, a un goût de nivaquine. En effet, la belle profession de foi chantonnée plus haut est aussitôt édulcorée par l’obligation faite aux parties de promouvoir « la diversité culturelle et linguistique » et de permettre « la prise en charge par les populations de la gestion effective de leurs propres affaires, à travers un système de gouvernance prenant en compte leurs aspirations et leurs besoins spécifiques ».
Rhétorique séparatiste.
En poursuivant la lecture, on découvre que le projet d’accord prévoit « un développement équilibré de l’ensemble des régions du Mali ». La chose n’est pas mauvaise en soi, sauf qu’elle reprend la rhétorique du MNLA: chaque fois qu’il plastronne sur les plateaux de télé étrangers, ce groupe séparatiste ne parle, en effet, que de « spécificités » du nord, de « prise en charge de leurs propres affaires par les populations locales » et de « développement équilibré de l’ensemble des régions » du Mali. Sous-entendu: toute oeuvre de développement doit désormais prioriser le nord qui aurait été délaissé depuis l’indépendance par l’Etat malien.
Révision constitutionnelle.
Le texte algérien annonce qu’au besoin, l’accord sera mis en oeuvre à travers une révision des lois et de la Constitution du Mali. Cette annonce est lourde de périls car toute révision de la Constitution nécessite un référendum populaire; or, on peut d’ores et déjà tenir pour certain que le peuple malien, majoritairement situé au sud, rejettera tout accord, même passablement favorable aux groupes rebelles. Que ferait-on en cas de rejet ?
Reconnaissance de l’Azawad
. A l’article 2, le texte reconnaît l’« Azawad » comme « une realité socioculturelle, memorielle et symbolique partagée par différentes populations du nord Mali, constituant des composantes de la communauté nationale ». Pas sûr que le mot « Azawad », qui caractérise depuis des années le discours des rebelles, soit gobé par les Maliens.
Autodétermination par la base.
Le texte fait la part belle aux séparatistes en prévoyant la mise en place de « Collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel et de pouvoirs étendus ». Il sera aussi institué « un système de défense et de sécurité basé sur les principes d’unicité, d’inclusivité et de représentativité ». Derrière ces jeux de mots, se cache à peine la ferme volonté de rebâtir l’armée et les forces de sécurité maliennes sur des bases ethniques; sinon, comment parler de « représentativité » dans l’armée comme s’il s’agissait d’une entité élue ? D’autre part, élire les dirigeants des collectivités territoriales et les doter de « pouvoirs étendus » revient à diviser le pays par la base. Une manière de concéder l’audétermination locale des régions du nord, n’est-ce pas ? Ainsi, chaque région du nord aura à sa tête une assemblée dirigée par un président élu au suffrage universel direct et qui sera « le chef de l’Exécutif et de l’Administration de la région ». Elu comme IBK et président comme lui, pourquoi ce chef régional irait-il lui rendre des comptes ? Comment ce chef local élu serait-il révoqué ? Qui assuerait sa tutelle administrative alors que l’article 9 du texte algérien déclare que « les délibérations des collectivités territoriales sont exécutoires dès leur publication et transmission au représentant de l’Etat » ? Il en ira de même des cercles qui, selon le projet d’accord, seront dirigés par des « présidents de conseil de cercle » élus. Soulignant les pouvoirs de cette foule de baronnies qui parsèmeront, telles des épines, le territoire malien, le texte donne à chaque cercle ou région de prendre « la dénomination officielle de leur choix ». Pour couronner le tout, les chefs de tribus et autres grands chômeurs du nord entreront – sans élection – dans un Sénat qui verra le jour.
L’Etat spolié de ses pouvoirs au profit des régions
. L’article 8 du projet d’accord donne aux régions du nord tous les pouvoirs pour régir elles-mêmes toutes questions liées aux domaines suivants: développement économique, social et culturel; aménagement du territoire; éducation de base et formation professionnelle, santé, environnement, culture, infrastructures routières et de communication, énergie, hydraulique et assainissement; agriculture, élevage, pêche, gestion forestière, transports, commerce, industries, artisanat, tourisme, transports interrégionaux; budgets et comptes administratifs; établissement et application d’impôts et de recettes propres; coopération décentralisée et jumelage; police territoriale et protection civile.
Sécurité et armée ethnicisées.
Le projet d’accord impose « une participation active et significative des populations, en particulier celles du nord à la gestion de la sécurité locale ». Et c’est quand l’armée et les forces de sécurité auront été ainsi « reconstituées » qu’elles entameront leur redéploiement « progressif » au nord. La « reconstitution » selon les critères dictés par les rebelles est donc une condition du retour de l’armée dans cette partie du territoire. Où est donc l’indépendance du Mali ? L’article 22 enfonce le clou en stipulant: « Les forces (armées) devront inclure un nombre significatif de personnes originaires du nord, y compris dans le commandement, de façon à conforter le retour de la confiance et faciliter la sécurisation progressive de ces régions ». En clair, tant que l’armée n’aura pas été inondée de Ag et de Ould, les groupes armés ne se sentiront pas en « confiance » ! Et que ferait-on des officiers touaregs et arabes qui ont déserté l’armée puis ouvert le feu leurs anciens compagnons d’armes maliens ?
Zone spéciale de développement du nord.Le projet d’accord prévoit « une Zone de Développement des Regions du Nord, dotée d’un Conseil consultatif interrégional et d’une Stratégie Spécifique de développement adaptée aux réalités socioculturelles et géographiques ainsi qu’aux conditions climatiques ». La fameuse « stratégie spécifique » susvisée tend, selon l’article 35 du projet, « à hisser les régions du nord au même niveau que le reste du pays en termes d’indicateurs de développement, et ce dans un délai n’excédant pas 10 à 15 ans ». Enfin, l’article 14 engage l’Etat malien à tansférer 30% de ses revenus aux régions, avec une « attention particulière pour les régions du nord ».
En somme, le nouveau projet ressemble comme deux gouttes d’eau au premier qui, après examen, a été rejeté par le gouvernement du Mali.
Il porte les germes de la partition du pays même s’il se garde d’utiliser ce mot. Il semble que les représentants maliens à Alger, y compris le ministre des Affaires Etrangères, Abdoulaye Diop, aient marqué leur adhésion au texte dont le médiateur algérien aurit dit qu’il était « à prendre ou à laisser ». Si les groupes armés font mine de bouder le projet, c’est par ruse de guerre : le texte consacre l’autonomie parfaite du nord du Mali qui est même autorisé à s’appeler « Azawad » de Kidal à Tombouctou. Il ne faut cependant pas exclure un revirement de la position malienne: après avoir annoncé que le premier projet d’accord algérien était « une bonne base de discussion », Abdoulaye Diop n’a-t-il pas fini par être désavoué par le gouvernement malien ?
Tiékorobani
Il faut appeler un chat, un chat. On ne peut pas aller au fédéralisme en nous faisant croire qu'on est toujours dans un État unitaire avec les nouveaux accords d’Alger.Le projet d’accord d’Alger sème la graine du Fédéralisme au Mali
Le projet d’accord d’Alger sème la graine du Fédéralisme au Mali
Autant consacrer les 8 régions existantes et donner l’autonomie à chacune d’elle afin d’éviter qu’on impose à une partie du pays de se faire appeler Azawad et se préparer dans 10-15 ans à nous déclarer une guerre de sécession sans précédent avec les moyens qu’on leur aura donnés. Une guerre qui opposerait finalement un Mali du nord Azawad a un Mali du Sud. Scenario nourri et mis en œuvre au Soudan. Par ailleurs, a-t-on fait une évaluation du coût financier de la mise en œuvre des probables accords d’Alger pour réaliser si le Mali peut ou non honorer de tels engagements dans les délais impartis ? Ou bien nous cacherait-on l’existence de ressources au nord dont on serait entrain de déterminer les clefs de répartition ? Si la guerre est inévitable faisons-la. Mais si la partition du pays est le dessein caché de ces accords autant donner libre cours à notre imagination. Ainsi on pourrait bien imaginer le schéma d’une sorte de fédéralisme à la malienne. Le fédéralisme ne peut pas être la fin du Mali. Dans ce genre d’exercice ce qu’il faut éviter c’est la confrontation entre un Mali du nord et un Mali du sud. Mais si toutes les régions sont mises sur le même pied d’égalité la revendication indépendantiste se diluerait dans la mesure globale comme ce fut le cas avec la communalisation qui a donné les 703 maires au Mali. Faire élire les gouverneurs de région au suffrage universel direct et faire du chef d’arrondissement du chef lieu de la région le représentant de l’État auprès du gouverneur élu pourrait être une solution à la crise. Les populations se reconnaissent mieux au gouverneur qu’au président de l’Assemblée régionale.
L’Histoire nous enseigne que les Empires qui se sont succédé sur cette terre du Mali furent tous des entités fédérales plus ou moins. L’empereur régnait mais chaque royaume ou grandes entités composant l’Empire avait sa propre autonomie. Cette histoire a dû laisser dans le sol mais aussi dans le sang de chaque malien des comportements qui sauront nous guider. Mais c’est l’absence de débats organisés autour des grandes questions existentielles de la nation qui mène à la radicalisation des uns et des autres. Au nom de quelle légitimité peut on refuser aux maliens le droit de discuter de leur avenir ? Qui est plus malien que qui ? Et si la Fédération du Mali avait résisté nous serions aujourd’hui un État fédéral. Le devoir de génération qui est aujourd’hui le nôtre est d’oser inventer l’avenir avec les réalités qui sont les nôtres. Le Mali est pluriel dans sa diversité autant l’assumer dans son organisation étatique. Le penser et vouloir en débattre ne fait de personne un apatride ou aimant moins le Mali. Quelque soit la solution qu’on trouvera il faudra songer à une recomposition des régions de Gao et de Tombouctou. Savez-vous que la région de Tombouctou avec ses 497 926 km2 est 9 fois plus grande que le Rwanda (26 338 km2) et le Burundi (27 830 km2) réunis ? La région de Gao avec ses 176 715 km2 est aussi plus grande que la Suisse. Pour un administrateur civil, la rébellion est aussi un défaut d’administration et de présence de l’État.
O’BAMBA
Il faut appeler un chat, un chat. On ne peut pas aller au fédéralisme en nous faisant croire qu'on est toujours dans un État unitaire avec les nouveaux accords d’Alger.

L’Histoire nous enseigne que les Empires qui se sont succédé sur cette terre du Mali furent tous des entités fédérales plus ou moins. L’empereur régnait mais chaque royaume ou grandes entités composant l’Empire avait sa propre autonomie. Cette histoire a dû laisser dans le sol mais aussi dans le sang de chaque malien des comportements qui sauront nous guider. Mais c’est l’absence de débats organisés autour des grandes questions existentielles de la nation qui mène à la radicalisation des uns et des autres. Au nom de quelle légitimité peut on refuser aux maliens le droit de discuter de leur avenir ? Qui est plus malien que qui ? Et si la Fédération du Mali avait résisté nous serions aujourd’hui un État fédéral. Le devoir de génération qui est aujourd’hui le nôtre est d’oser inventer l’avenir avec les réalités qui sont les nôtres. Le Mali est pluriel dans sa diversité autant l’assumer dans son organisation étatique. Le penser et vouloir en débattre ne fait de personne un apatride ou aimant moins le Mali. Quelque soit la solution qu’on trouvera il faudra songer à une recomposition des régions de Gao et de Tombouctou. Savez-vous que la région de Tombouctou avec ses 497 926 km2 est 9 fois plus grande que le Rwanda (26 338 km2) et le Burundi (27 830 km2) réunis ? La région de Gao avec ses 176 715 km2 est aussi plus grande que la Suisse. Pour un administrateur civil, la rébellion est aussi un défaut d’administration et de présence de l’État.
O’BAMBA
Soumana Sako, président de la CNAS-FH : « Nous rejetons l’accord parce que violant la constitution du 12 janvier 1992 »
Soumana Sako, président de la CNAS-FH : « Nous rejetons l’accord parce que violant la constitution du 12 janvier 1992 »
Suite au paraphe de l’accord par le gouvernement et la rencontre entre le Premier ministre et les parties politiques et la société civile, le dimanche matin, l’ancien Premier ministre Soumana Sako nous a fait parvenir sa réaction que nous vous livrons en exclusivité.
De l’Accord issu des pourparlers d’Alger.
Ni la CNAS-Faso Hèrè, ni les autres membres de l’Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise (ADPS) n’ont été conviés à la rencontre du dimanche 1er mars 2015 entre le Premier ministre d’une part, la classe politique et la société civile d’autre part. Nous observons d’ailleurs qu’aucun des trois Chefs du Gouvernement du régime issu des élections générales de 2013 ne nous a conviés à aucune de leurs rencontres avec les acteurs de la vie politique et sociale. Certes, nous reconnaissons à chaque Premier Ministre le droit de décider qui rencontrer et qui ne pas rencontrer, surtout que cela ne nous laisse ni chauds ni froids. Mais, nous restons citoyens maliens à part entière, et personne ne saurait nous dénier le droit, voire, le devoir de nous prononcer sur toutes les questions d’intérêt national, et ce, en toute indépendance et en toute responsabilité.
La crise dans le Nord de notre pays est l’une de ces questions d’importance vitale pour l’Etat et la Nation sur laquelle nous nous sommes toujours clairement prononcés depuis 2009. Nous vous renvoyons plus spécifiquement à notre conférence de presse du 23 février 2012 et à la Table Ronde des Forces Vives Patriotiques du 7 février 2015, libre aux pouvoirs publics de nous écouter ou non. S’agissant plus particulièrement des pourparlers d’Alger, la CNAS-Faso Hèrè est, comme de coutume, le premier parti politique à avoir réagi au projet d’Accord qui en est issu. Arguments à l’appui, nous l’avons, dans un Communiqué de presse publié le samedi 28 février 2015, rejeté parce que violant la Constitution du 12 janvier 1992, proposant un système confédéral sous le couvert délibérément trompeur de « régionalisation » dans un pays qui n’a pas pu réussir la décentralisation, sapant l’unité nationale ainsi que le caractère républicain, laïc et unitaire de notre Etat, affaiblissant davantage l’Etat central, n’organisant pas le désarmement des groupes armés et la sanction des graves crimes de guerre commis dans le Nord, cautionnant la vassalisation et la perte de souveraineté de notre pays, déstructurant nos Forces Armées et de Sécurité et créant les conditions d’une mise en cause de l’intégrité territoriale du Mali. A titre d’illustration, autoriser les cadis dans la distribution de la justice est une claire violation de la laïcité de l’Etat, tandis qu’amener les soit disant autorités traditionnelles, institutions sociales à légitimité variable, à siéger dans les institutions de l’Etat est une attaque frontale contre la République et une tentative de ramener l’ordre colonial dont notre Peuple a tant souffert.
Ayant écouté les propos du Premier Ministre sur les antennes de Radio Mali, nous sommes sidérés d’entendre le Chef du Gouvernement affirmer que l’Accord paraphé ce dimanche 1er mars à Alger ne viole pas la Constitution de la République du Mali. Il s’agit là d’une contre vérité flagrante. En effet, si l’Accord ne viole pas la Constitution, pourquoi ordonne-t-il explicitement et expressément de réviser la Loi Fondamentale pour accommoder ledit Accord ?
Par ailleurs, le Premier Ministre essaie vainement de trouver dans le Pacte National du 12 avril 1992, l’Accord de Ouagadougou de juin 2013- non daté,eh oui soit dit en passant- ainsi que dans la Feuille de route des pourparlers d’Alger la justification de l’acceptation, par son Gouvernement, de l’entité Azawad. Curieusement, le Chef du Gouvernement passe sous silence les Accords de Tamanrassett des 5, 6 et 7 janvier 1991 signés par le Gouvernement dont il était l’Ambassadeur en République Fédérale d’Allemagne. Mémoire sélective, vous avez dit? Or, c’est dans ce document de Tamarassett qu’apparaissent pour la première fois le mot Azawad et la notion de statut particulier pour les régions du Nord ! Qui plus est, c’est le projet d’Accord d’Alger qui, s’il était signé après le paraphe du 1er mars 2015, légaliserait et légitimerait pour la première fois et avec l’aval de la communauté internationale, la notion d’Azawad, toutes choses préparant, demain, le terrain juridique, politique et diplomatique pour la revendication d’un referendum d’autodétermination par les groupes séparatistes armés et leurs alliés djihadistes soutenus par leurs parrains extérieurs.
Pour terminer, nous rappelons aux pouvoirs publics qu’ils ont pour premier devoir de respecter et de faire respecter la Constitution ainsi que de défendre l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Mali. Nous disons en outre que les dirigeants africains ont un devoir de vérité, d’honnêteté intellectuelle et de fidélité vis-à-vis de leurs Peuples, et nous n’attendons pas moins de la part du Premier Ministre, une personnalité que nous avions appris à estimer dans ses diverses fonctions ministérielles dans les années 1980, mais dont l’obstination actuelle à vouloir défendre l’indéfendable commence à nous rendre perplexes
Suite au paraphe de l’accord par le gouvernement et la rencontre entre le Premier ministre et les parties politiques et la société civile, le dimanche matin, l’ancien Premier ministre Soumana Sako nous a fait parvenir sa réaction que nous vous livrons en exclusivité.
De l’Accord issu des pourparlers d’Alger.
Ni la CNAS-Faso Hèrè, ni les autres membres de l’Alliance des Démocrates Patriotes pour la Sortie de crise (ADPS) n’ont été conviés à la rencontre du dimanche 1er mars 2015 entre le Premier ministre d’une part, la classe politique et la société civile d’autre part. Nous observons d’ailleurs qu’aucun des trois Chefs du Gouvernement du régime issu des élections générales de 2013 ne nous a conviés à aucune de leurs rencontres avec les acteurs de la vie politique et sociale. Certes, nous reconnaissons à chaque Premier Ministre le droit de décider qui rencontrer et qui ne pas rencontrer, surtout que cela ne nous laisse ni chauds ni froids. Mais, nous restons citoyens maliens à part entière, et personne ne saurait nous dénier le droit, voire, le devoir de nous prononcer sur toutes les questions d’intérêt national, et ce, en toute indépendance et en toute responsabilité.
La crise dans le Nord de notre pays est l’une de ces questions d’importance vitale pour l’Etat et la Nation sur laquelle nous nous sommes toujours clairement prononcés depuis 2009. Nous vous renvoyons plus spécifiquement à notre conférence de presse du 23 février 2012 et à la Table Ronde des Forces Vives Patriotiques du 7 février 2015, libre aux pouvoirs publics de nous écouter ou non. S’agissant plus particulièrement des pourparlers d’Alger, la CNAS-Faso Hèrè est, comme de coutume, le premier parti politique à avoir réagi au projet d’Accord qui en est issu. Arguments à l’appui, nous l’avons, dans un Communiqué de presse publié le samedi 28 février 2015, rejeté parce que violant la Constitution du 12 janvier 1992, proposant un système confédéral sous le couvert délibérément trompeur de « régionalisation » dans un pays qui n’a pas pu réussir la décentralisation, sapant l’unité nationale ainsi que le caractère républicain, laïc et unitaire de notre Etat, affaiblissant davantage l’Etat central, n’organisant pas le désarmement des groupes armés et la sanction des graves crimes de guerre commis dans le Nord, cautionnant la vassalisation et la perte de souveraineté de notre pays, déstructurant nos Forces Armées et de Sécurité et créant les conditions d’une mise en cause de l’intégrité territoriale du Mali. A titre d’illustration, autoriser les cadis dans la distribution de la justice est une claire violation de la laïcité de l’Etat, tandis qu’amener les soit disant autorités traditionnelles, institutions sociales à légitimité variable, à siéger dans les institutions de l’Etat est une attaque frontale contre la République et une tentative de ramener l’ordre colonial dont notre Peuple a tant souffert.
Ayant écouté les propos du Premier Ministre sur les antennes de Radio Mali, nous sommes sidérés d’entendre le Chef du Gouvernement affirmer que l’Accord paraphé ce dimanche 1er mars à Alger ne viole pas la Constitution de la République du Mali. Il s’agit là d’une contre vérité flagrante. En effet, si l’Accord ne viole pas la Constitution, pourquoi ordonne-t-il explicitement et expressément de réviser la Loi Fondamentale pour accommoder ledit Accord ?
Par ailleurs, le Premier Ministre essaie vainement de trouver dans le Pacte National du 12 avril 1992, l’Accord de Ouagadougou de juin 2013- non daté,eh oui soit dit en passant- ainsi que dans la Feuille de route des pourparlers d’Alger la justification de l’acceptation, par son Gouvernement, de l’entité Azawad. Curieusement, le Chef du Gouvernement passe sous silence les Accords de Tamanrassett des 5, 6 et 7 janvier 1991 signés par le Gouvernement dont il était l’Ambassadeur en République Fédérale d’Allemagne. Mémoire sélective, vous avez dit? Or, c’est dans ce document de Tamarassett qu’apparaissent pour la première fois le mot Azawad et la notion de statut particulier pour les régions du Nord ! Qui plus est, c’est le projet d’Accord d’Alger qui, s’il était signé après le paraphe du 1er mars 2015, légaliserait et légitimerait pour la première fois et avec l’aval de la communauté internationale, la notion d’Azawad, toutes choses préparant, demain, le terrain juridique, politique et diplomatique pour la revendication d’un referendum d’autodétermination par les groupes séparatistes armés et leurs alliés djihadistes soutenus par leurs parrains extérieurs.
Pour terminer, nous rappelons aux pouvoirs publics qu’ils ont pour premier devoir de respecter et de faire respecter la Constitution ainsi que de défendre l’unité nationale et l’intégrité territoriale du Mali. Nous disons en outre que les dirigeants africains ont un devoir de vérité, d’honnêteté intellectuelle et de fidélité vis-à-vis de leurs Peuples, et nous n’attendons pas moins de la part du Premier Ministre, une personnalité que nous avions appris à estimer dans ses diverses fonctions ministérielles dans les années 1980, mais dont l’obstination actuelle à vouloir défendre l’indéfendable commence à nous rendre perplexes
Pourparlers inter-maliens à Alger : Que vaut un accord sans le MNLA ?
Pourparlers inter-maliens à Alger : Que vaut un accord sans le MNLA ?
Que vaut un accord sans le MNLA ?

Depuis ce dimanche 1er mars, les rideaux sont tirés sur le 5ème round des négociations inter-maliennes à Alger sous l’égide de l’Algérie auquel s’est adjoint tout le gotha international.
Si au sortir de ces joutes oratoires, le sourire était au coin, et les mines débridées, suite au paraphe du document final par une partie des protagonistes, il reste que la position figée des irrédentistes touaregs du Mnla suscite bien d’’intérrogations sur, d’abord, le règlement de fond de la crise et ensuite sur la marge de manœuvre réelle qui restera au gouvernement dans la mise en œuvre efficiente des termes de l’accord.
Or donc, les velléités aussi malveillantes soient-elles peuvent ainsi se diluer allégrement dans les effluves de la bonne foi pour autant que les conditions idoines s’y prêtent.
C’est cette démonstration cartésienne qui eut droit de cité dans la capitale algérienne avec le paraphe du document de synthèse faisant foi d’accord entre les différents protagonistes de la crise du nord.
Sans toutefois jouer au rabat joie, il est impérieux d’ausculter au mieux cette option de paraphe partielle sous toutes ses coutures, si tant est qu’on veuille bien éclairer l’opinion nationale.
Donner dans le dilatoire et utiliser la forme biaisée de la communication institutionnelle pourraient conduire à un effet boomerang dont le gouvernement a bien pu, opportunément, se passer en se fendant d’une déclaration apaisante à fort relent de supplication.
Très en verve, le Premier ministre Modibo Keita dans un style rappelant l’adresse normative de l’eclesiat aux corinthiens, a parlé sans fards, avec le cœur et dans une litanie rappelant les grands principes de la nation, les prescriptions fortes servant de ferment à l’unité nationale et à la cohésion sociale.
Ainsi soit-il ! Au delà de l’émotion suscitée par cet acte de haute portée à la fois symbolique et historique posé par des protagonistes visités par la grâce, une véritable énigme demeure pourtant sur la suite du processus global de sortie de crise, au moment où le symbole même de la résistance touareg, le Mnla décide de rompre les amarres et se mettre en travers de la République.
D’aucuns verront de ce paraphe de l’accord, un simple pis-aller pour donner l’occasion au gouvernement de se présenter sous un bon jour lors de la restitution devant le peuple malien. D’autres y verront même un signe de fébrilité consécutif à une forte pression de la communauté internationale peu ou prou encline à mettre le holà. De toutes ces supputations, l’histoire retiendra qu’un accord a été paraphé entre parties à Alger en économie des lassitudes et des dénis fâcheux qui ont tout le temps émaillés ces négociations. Reste maintenant à savoir l’étape suivante, après ce paraphe de l’accord, d’autant que le document reste entier, autrement qu’il demeure le bréviaire pour la redéfinition du nouveau cadre institutionnel devant régir la nation entière de Kidal à Kayes.
Mais force est de reconnaitre que ce vœu, pour qu’il sorte de l’univers de la vacuité, doit être accompagné d’une bonne dose de réalisme avec le sempiternel problème d’insécurité dont les dépositaires attitrés restent le Mnla. D’où la question de savoir la portée réelle de ce document paraphé à Alger. Procède-t-il, d’une stratégie de fractionnement devant aboutir, à terme, à l’isolement donc à l’amenuisement complet des capacités de nuisance du Mnla ?
On peut le penser sans toutefois le jurer d’autant que les damnés de Kidal en affichant cette posture de repli intégral sur soi, dissimulent, on s’en doute, des velléités négationnistes souvent actés sous la grande mansuétude de la communauté internationale.
Aujourd’hui, le malien lamda se pose la question de savoir si ce bienveillant accord obtenu mettra fin aux supplices des populations du nord.
L’affirmative est trop osée pour peu qu’on fasse preuve de réalisme, car il est évident qu’un accord sans le Mnla est très différent d’un accord impliquant celui-ci.
Cela est d’une évidence criarde. Au gouvernement malien de capitaliser au mieux cet acquis, cela avec la bienveillante implication de l’Algérie et de la communauté internationale très souvent prise en flagrant délit de duplicité. Egalement en travaillant le Mnla au corps afin de l’amener, dans un bref délai, à endosser l’accord.
De même que la vigilance doit rester de mise en ce qui concerne les velléités sécessionnistes des touaregs de Kidal qui pourraient astucieusement profiter de ce repli stratégique pour se faire oublier un tant soit peu pour conforter leur position, dynamiser leur diplomatie et au final, se faire adouber par une communauté internationale à la versatilité légendaire. Alors, c’est le Mali qui se sentira floué. Touchons du bois !
Amadou SANGHO
Que vaut un accord sans le MNLA ?

Depuis ce dimanche 1er mars, les rideaux sont tirés sur le 5ème round des négociations inter-maliennes à Alger sous l’égide de l’Algérie auquel s’est adjoint tout le gotha international.
Si au sortir de ces joutes oratoires, le sourire était au coin, et les mines débridées, suite au paraphe du document final par une partie des protagonistes, il reste que la position figée des irrédentistes touaregs du Mnla suscite bien d’’intérrogations sur, d’abord, le règlement de fond de la crise et ensuite sur la marge de manœuvre réelle qui restera au gouvernement dans la mise en œuvre efficiente des termes de l’accord.
Or donc, les velléités aussi malveillantes soient-elles peuvent ainsi se diluer allégrement dans les effluves de la bonne foi pour autant que les conditions idoines s’y prêtent.
C’est cette démonstration cartésienne qui eut droit de cité dans la capitale algérienne avec le paraphe du document de synthèse faisant foi d’accord entre les différents protagonistes de la crise du nord.
Sans toutefois jouer au rabat joie, il est impérieux d’ausculter au mieux cette option de paraphe partielle sous toutes ses coutures, si tant est qu’on veuille bien éclairer l’opinion nationale.
Donner dans le dilatoire et utiliser la forme biaisée de la communication institutionnelle pourraient conduire à un effet boomerang dont le gouvernement a bien pu, opportunément, se passer en se fendant d’une déclaration apaisante à fort relent de supplication.
Très en verve, le Premier ministre Modibo Keita dans un style rappelant l’adresse normative de l’eclesiat aux corinthiens, a parlé sans fards, avec le cœur et dans une litanie rappelant les grands principes de la nation, les prescriptions fortes servant de ferment à l’unité nationale et à la cohésion sociale.
Ainsi soit-il ! Au delà de l’émotion suscitée par cet acte de haute portée à la fois symbolique et historique posé par des protagonistes visités par la grâce, une véritable énigme demeure pourtant sur la suite du processus global de sortie de crise, au moment où le symbole même de la résistance touareg, le Mnla décide de rompre les amarres et se mettre en travers de la République.
D’aucuns verront de ce paraphe de l’accord, un simple pis-aller pour donner l’occasion au gouvernement de se présenter sous un bon jour lors de la restitution devant le peuple malien. D’autres y verront même un signe de fébrilité consécutif à une forte pression de la communauté internationale peu ou prou encline à mettre le holà. De toutes ces supputations, l’histoire retiendra qu’un accord a été paraphé entre parties à Alger en économie des lassitudes et des dénis fâcheux qui ont tout le temps émaillés ces négociations. Reste maintenant à savoir l’étape suivante, après ce paraphe de l’accord, d’autant que le document reste entier, autrement qu’il demeure le bréviaire pour la redéfinition du nouveau cadre institutionnel devant régir la nation entière de Kidal à Kayes.
Mais force est de reconnaitre que ce vœu, pour qu’il sorte de l’univers de la vacuité, doit être accompagné d’une bonne dose de réalisme avec le sempiternel problème d’insécurité dont les dépositaires attitrés restent le Mnla. D’où la question de savoir la portée réelle de ce document paraphé à Alger. Procède-t-il, d’une stratégie de fractionnement devant aboutir, à terme, à l’isolement donc à l’amenuisement complet des capacités de nuisance du Mnla ?
On peut le penser sans toutefois le jurer d’autant que les damnés de Kidal en affichant cette posture de repli intégral sur soi, dissimulent, on s’en doute, des velléités négationnistes souvent actés sous la grande mansuétude de la communauté internationale.
Aujourd’hui, le malien lamda se pose la question de savoir si ce bienveillant accord obtenu mettra fin aux supplices des populations du nord.
L’affirmative est trop osée pour peu qu’on fasse preuve de réalisme, car il est évident qu’un accord sans le Mnla est très différent d’un accord impliquant celui-ci.
Cela est d’une évidence criarde. Au gouvernement malien de capitaliser au mieux cet acquis, cela avec la bienveillante implication de l’Algérie et de la communauté internationale très souvent prise en flagrant délit de duplicité. Egalement en travaillant le Mnla au corps afin de l’amener, dans un bref délai, à endosser l’accord.
De même que la vigilance doit rester de mise en ce qui concerne les velléités sécessionnistes des touaregs de Kidal qui pourraient astucieusement profiter de ce repli stratégique pour se faire oublier un tant soit peu pour conforter leur position, dynamiser leur diplomatie et au final, se faire adouber par une communauté internationale à la versatilité légendaire. Alors, c’est le Mali qui se sentira floué. Touchons du bois !
Amadou SANGHO
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