mardi 14 octobre 2014

AZAWAD-MALI : Principe de réalité !

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AZAWAD-MALI : Principe de réalité !

Décidément, l’Etat malien peine à trouver ses marques et à se hisser à la hauteur de ses responsabilités à l’égard des populations placés sous sa protection et de la communauté internationale.
L’initiative du Premier ministre, Moussa Mara, de se rendre à Kidal, malgré les avis exprimés sur l’opportunité de cette visite, relevait d’un manque total de sens politique. Il faut dire que le Président de la République malienne en personne déclarait auparavant qu’il ne négocierait pas, alors que le MNLA (Mouvement Nationale de Libération de l’Azawad), le HCUA (Haut conseil pour l'unité de l'Azawad) et le MAA (Mouvement arabe de l'Azawad attendaient depuis des mois que le nouveau gouvernement se décide enfin à reprendre le cours de ces négociations comme le prévoient les accords de Ouagadougou de juin 2013. Il s’agit de la seule voie possible pour décider de manière durable de l’avenir des rapports entre le Mali et l’Azawad.
26 mai - 22:16

Pourparlers d'Alger: entre compromis et compromissions...

JournalDuMali.com: Pourparlers d'Alger: entre compromis et compromissions...

entre compromis et compromissions...

Par Mokthar DIOP - 13/10/2014

Chercheur émérite du CNRS, André Bourgeot s’est entretenu avec notre reporter sur les négociations d’Alger et la militarisation de la bande saharo-saharienne.

Journaldumali.com : Les coups d’éclat des djihadistes se multiplient. Alors, sur qui peut compter le Mali pour pacifier le nord voire reprendre la main dans son septentrion ?
André Bourgeot: Je me demande aujourd’hui quelle est la marge de manœuvre possible des autorités politiques maliennes dans un contexte international où il y a des pressions très fortes car il existe des connivences entre la communauté internationale et certains mouvements touaregs bien que tous les mouvements ne soient pas touareg. Quelle est donc la marge de manœuvre des autorités politiques maliennes par rapport aux puissances occidentales notamment la France et par rapport à la dominante religieuse malienne puisque cette dimension religieuse existe car on l’a vu lors de la marche réussie de la société civile avec en première ligne les leaders religieux qui ont pris la parole et ont tenu des propos très intéressants. Monsieur Haidara et monsieur Dicko ont un élan populaire énorme or nous sommes dans un Etat laïc. Les religieux restent des religieux et leur aura montre qu’il y a un vide politique dans les partis politiques maliens.

Un vide dans les partis politiques maliens, qu’est-ce-à dire ?
La classe politique malienne est un peu dans une situation de déficience. On ne la sent pas porter le combat aux côtés du pouvoir en place. Il appartiendrait cette fois-ci à la société civile laïque de prendre des initiatives autres que celles des religieux. Je ne condamne pas les religieux mais j’observe que le politique dans le contexte actuel est entre les mains des religieux qui ont un écho populaire favorable qui permet de mobiliser contre ce qui se passe au nord.

Irez-vous jusqu’à dire que le président IBK paye sa proximité avec la Chine et la Russie face à la France qui s’interroge sur la contrepartie ?
Les accords signés avec la Chine et les nouvelles relations de coopération avec la Russie sont postérieurs à Barkane donc on peut se poser la question de savoir si le Président n’établit pas de nouveaux équilibres par rapport aux puissances occidentales pour avoir une marge de manœuvre plus grande face à ces interlocuteurs traditionnels.

A supposer que le président ait livré le sous-sol malien à la Chine et à la Russie, cela plairait-il à la France ?
J’écarte cette hypothèse et si d’aventure elle était pertinente ce serait inacceptable. Je prends l’exemple du Niger entre la prospection et l’exploitation du pétrole dans la région d’Aggadem. Niamey a promis un contrat d’exploitation à la société américaine EXXON contre le développement de la région ce que EXXON a refusé. Les chinois du CNPC arrivent dans ce contexte et le même langage leur ait tenu alors ils répondent par « vous voulez une raffinerie et un bon réseau routier, pas de problème nous les réaliserons ». Effectivement, la raffinerie est faite entre Maradi et Zinder et le réseau routier a vu le jour. Tout ceci répond aux intérêts nationaux du Niger et aux possibilités de transformation de matières premières dans un processus d’industrialisation. La Chine est perçue comme un pays compétiteur dangereux par les puissances occidentales car elle grignote des parts de marché et intéresse de plus en plus les gouvernements Africains. C’est une donnée conflictuelle qui pose le problème du contrôle des richesses extractives, c’est clair.

Revenons aux accords d’Alger. Un accord définitif et durable est-il envisageable ?
Non, dans les circonstances actuelles, un accord de paix définitif et durable est impossible. Les rapports de force politique actuellement sont plutôt favorables aux belligérants opposés qui sont ultra minoritaires d’où le problème. Le Mnla ne représente que lui-même. La majorité des sociétés touareg ne souscrit pas aux objectifs, aux méthodes et aux pratiques du Mnla. On le voit bien. Si vous prenez le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, il n’y a que la famille de la chefferie et ceci ne représente pas l’ensemble des sociétés Touareg et à fortiori tout le septentrion malien. Donc si à l’issue de ces négociations, il y a des compromis voire des compromissions, les populations du nord ne se laisseront pas faire et continueront à se mobiliser.

A coups sûr, les populations du nord ne se laisseront pas faire ?
Absolument, l’élément nouveau est qu’il y a un suivi populaire dans les conditions de déroulement des négociations d’Alger qui sont loin d’être transparentes car les autorités maliennes ne sont pas claires, on ignore leur position. Il ne faut pas oublier que durant l’occupation par les djihadistes, il y a eu une résistance populaire à Gao avec Nous pas Bouger, les Patriotes, les Patrouilleurs qui ont entretenu des relations ambigües avec le Mujao mais qui ont permis une expression populaire pour éviter une dérive trop grande. Ce qui a fédéré ces populations du nord c’est le fait que le Mnla lors de son intervention à Tombouctou et à Gao a commis des actes contestables et critiquables. Le Mnla a fédéré l’ensemble de ces populations contre lui et cette alliance va perdurer. Si l’on ne prend pas en compte l’opinion de ces populations et de toutes les populations maliennes, je crains fort que ça aille dans le sens de l’affrontement.

Est-ce un faux fuyant que de dire que le problème du nord n’est pas un problème Malien mais plutôt international ?
On ne peut pas contester le fait qu’il y ait des ramifications sur l’ensemble des espaces mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il y ait des liens organiques entre les différentes organisations auto proclamées d’autant qu’on note des spécificités dans l’espace saharo-sahélien. Par exemple, nous avons été en France un certain nombre de personnes à dénoncer l’intervention militaire franco-britannique en Libye parce qu’en plus d’avoir des conséquences larges, elle a libéré les forces djihadistes et les forces tribales. La Libye n’a plus d’existence étatique. Elle est dirigée par des groupes salafistes et tribaux qui étaient bâillonnés à l’époque de Kadhafi. A l’issue de cette intervention, que voit-on ? Le Mali est déstabilisé à partir du nord et devient un espace géostratégique dont les conséquences sont régionales : on a vu ce qui s’est passé en Algérie, au Niger et en Mauritanie et tout ceci engendre une militarisation de l’espace saharo-sahélien par les militaires français. François Hollande l’a dit sans ambages « la transformation de Serval en Barkane va durer », en langage diplomatique cela signifie que Barkane va durer entrer entre six mois et dix ans. Il n’y a aucune opacité donc les forces internationales créent les conditions de subordination des armées nationales aux forces internationales. Le problème c’est qu’elle est la volonté de l’Etat malien à restaurer à la fois l’autorité de l’Etat et de l’armée ? Là, je rebondis sur la coopération avec la Russie. Est-ce que la Russie va permettre à l’armée malienne de se relever puisque cette armée est malade depuis le coup d’état de Sanogo. Comment restructurez cette armée…

Vous mettez sous le coude tout ce que la France a fait en termes de formation des Fama ?
Moi, je ne veux pas qu’on nous prenne pour des pingouins. Vous avez eu en 2003 un programme de formation initié par les américains pour la formation des militaires nationaux avec un budget moyen. Ce programme a été révisé et transformé en TSTCIE 2006-2007 avec un budget triplé avec les mêmes objectifs de former les militaires maliens, nigériens et mauritaniens à la lutte contre le terrorisme. Vous avez vu ce que cette formation a donné ! Aqmi s’installe partout or les objectifs de Barkane sont les mêmes à la différence que Barkane est circonscrit aux anciennes colonies françaises de l’Afrique de l’ouest, Mauritanie, Niger, Tchad et Mali. Finalement il y a un problème avec les militaires maliens. On recommence toujours les mêmes choses avec les militaires maliens. Il ne faut pas perdre la mémoire historique des choses et on ne peut pas appréhender ces problèmes en dehors de la volonté de domination de ces pays sur l’Afrique qui est devenue un pays à forts enjeux au plan économique. Les spécialistes disent que le taux de croissance en Afrique est de deux chiffres. On parle de croissance et non de développement. La croissance bénéficie à qui ? On retombe sur le problème des capacités d’autonomie politique et économique des pays concernés. Est-ce qu’ils en ont les moyens ou sont –ils dans une marge de manœuvre réduite ?

Dernière question plutôt personnelle. Vous n’avez pas peur de vous promener dans la sous-région ?
Je précise la chose suivante : depuis 2009, le ministère des affaires étrangères a classé cette zone rouge et je respecte les consignes autrement dit depuis 2009 je ne quitte pas Bamako et je ne me rends plus dans ce septentrion malien que j’affectionne car le nord représente toute ma jeunesse. Affectivement, je suis blessé. On ne pourra plus retrouver les mêmes ambiances dans ces zones, c’est fini. C’est dramatique. Comment va-t-on sortir de cette situation ? Il faudra un travail politique de fond mais cette volonté politique existe-t-elle ? J’ai mal de voir le Mali dans cette situation. Idem pour le Niger et sa base américaine à Agadez ainsi que les drones américains. Toute cette militarisation de la zone saharo-saharienne me désole

Malijet Pourparlers inter –Malien d’Alger: Les intérêts de la France, le vrai enjeu ! Mali Bamako

Malijet Pourparlers inter –Malien d’Alger: Les intérêts de la France, le vrai enjeu ! Mali Bamako

Les intérêts de la France, le vrai enjeu !

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Pourparlers inter –Malien  d’Alger: Les intérêts de la France, le vrai enjeu !
Cela, fait plusieurs mois que Bamako et les groupes armés n’arrivent pas à accorder leur violon. Aucun des parties ne voulant des accords de Ouagadougou comme base des pourparlers de paix. Les deux parties avaient engagées une véritable course contre la montre pour pouvoir se faire entendre auprès de la communauté Internationale. Si le MNLA avait préféré se tourner vers les chancelleries occidentales où elle jouit d’un soutien certain, Bamako a préféré prendre langue avec des pays arabes comme l’Algérie, le Qatar et dans une certaine mesure le Maroc pour disqualifier le mouvement séparatiste.
Il a fallu attendre l’affrontement meurtrier de Kidal pour que les parties acceptent de discuter. La troisième phase des discussions est prévue pour le 15 octobre prochain. Mais, il ne faut cependant pas se voiler la face la France détient entre ses mains la clef de la solution.
Pour nombre d’observateurs avertis ces pourparlers ne sont qu’une simple perte de temps. Le Mali doit plutôt prendre langue directement avec la France qui est le principal acteur de ce conflit. A César ce qui est à César, au Christ ce qui est à lui et à la France la reconnaissante éternelle du peuple souverain du Mali, qui doit lui doit l’unification de leur pays après de longs mois d’occupation. Mais, cette aide incommensurable ne peut nous en dormir au point d’ignorer son soutien au MNLA et ses complices de HCUA et du MAA, aile rebelle. Le ministre Français de la défense, Jean Yves Le Drian ne s’est pas embarrassé à dire sans détour que « les touaregs sont nos amis ». Mieux Alain Juppé l’ancien locataire de l’hôtel de Brienne avait déclaré sur les ondes de la RFI : « le MNLA a remporté d’importants succès militaires sur le terrain qu’il faille en tenir compte... ». Selon lui, il revenait au Mali d’accepter les négociations le couteau sous la gorge en 2012. Des déclarations qu’un spécialiste de l’Institut des Recherches International et Stratégiques (IRIS) n’a pas besoin de scruter pour dire que Paris est de mèche avec le mouvement indépendantiste.
Dans certains milieux Bamakois on ne se gêne plus à pousser les gouvernants à discuter carte sur table avec la France et lui donner satisfaction à ses revendications économiques sur les conditions d’exploitation des ressources minières qui gisant dans le sol de cette partie du territoire national. L’histoire a démontré qu’en ce 21nieme siècle, les grandes puissances préfèrent sous –traiter avec des mouvements d’oppositions locales pour obtenir ce qu’ils veulent. C’est la clé de la solution car la France s’est fâchée quand le président Amadou Toumani Touré a confié en son temps l’exploration des riches gisements de pétrole de Taoudéni aux sociétés ENI(Italie), Baraka (Australie) et la SONATRACH (Algérie). La France qui n’a pas digéré cet affront a fait d’ATT, un infréquentable. Cette solution corrobore avec la déclaration de l’ancien président de la RDC feu Laurent Desiré Kabila qui avait refusé de rencontrer la délégation du Rassemblement Congolais pour la Démocratie(RCD) conduite par Bizima Kara mais plutôt les vrais acteurs du conflit le président Rwandais Paul Kagamé et celui de l’Ouganda Youweri Musseveni qui avaient des visées sur les richesses du Congo Démocratique. Comme l’a dit le Français André Bourgeois le MNLA a déjà perdu la face car le monde entier a découvert sa félonie. Mieux, le Français a souligné qu’en rencontrant le MNLA et la MINUSMA, sans l’armée Malienne « BARKHANE » a prouvé qu’à Kidal le MNLA reste le seul maitre à bord. Enfin, des rumeurs circulent comme quoi la France serait entrain de former le MNLA pour faire face à un éventuel retour des Djihadistes qu’elle ne s’y trompe pas derrière les groupe armés il y a le turban qui cache le visage du sinistre Iyad AG Agaly.
Badou S. Koba

Source: Tjikan

Nord-Mali : Les rebelles renoncent à leur projet de fédération

Nord-Mali : Les rebelles renoncent à leur projet de fédération

Les rebelles renoncent à leur projet de fédération

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L’Algérie médiateur du dialogue inter-malien ?
Mahamadou Djeri Maiga, vice-président du MNLA et sa délégation sont à Alger pour discuter des accords de paix, le 16 juillet 2014.
AFP PHOTO/FAROUK BATICHE
La situation du nord-Mali s’éclaircit-elle enfin ? Il n’est pas interdit de le penser, même si de nombreuses questions restent sans réponse.



En effet, galvanisés par leur victoire sur l’armée malienne, le 21 mai 2014, et par la conquête de plusieurs localités du nord, les groupes armés sont venus à la table des négociations avec un esprit de domination.Ils avaient, avant l’ouverture des pourparlers d’Alger, fait savoir au président IBK, par émissaires interposés, que leur but était l’indépendance des trois régions du nord.



C’est dans cette logique qu’ils ont élaboré et déposé sur la table un projet de « traité de paix » qui prône la transformation du Mali en une fédération composée de deux Etats fédérés: celui du Mali et celui de l’Azawad. Dans notre précédente livraison, nous expliquions comment, derrière ce projet de fédération, les rebelles tentaient de cacher l’indépendance de l’Azawad. Car non seulement ils prétendaient obtenir 30% du gouvernement et la vice-présidence de la République fédérale, mais en plus, ils entendaient assurer, seuls, la défense, la sécurité, l’économie et la diplomatie de l’Azawad. Selon nos sources, les groupes armés ont tenu à publier leur projet fédéral afin de prendre l’opinion malienne et internationale à témoin: ils ne veulent surtout pas signer avec les représentants du Mali un accord ignoré du peuple malien et, pour cette raison, susceptible d’être ultérieurement remis en cause par lui. « Nous ne voulons pas faire les frais d’une politique qui consiste à signer des accords et à venir raconter autre chose au peuple afin de gouverner tranquillement le sud », note un proche des groupes armés.



Le problème, c’est qu’une fois connu, le projet fédéral a suscité des interrogations dans la communauté internationale.La marche géante organisée par la société civile malienne dans la fouléé a achevé de convaincre tout le monde que ni la fédération, ni l’indépendance ne seront acceptées par le peuple malien. De plus, la fédération suppose une modification de la Constitution malienne par voie de référendum: ce scrutin serait perdu d’avance même si IBK lui-même appelait à voter oui, ce qui relève de la fiction, le chef de l’Etat malien étant économiquement et politiquement trop fragile pour prendre un tel risque.



C’est pourquoi le médiateur algérien a demandé une levée de séance dès que les groupes armés ont exposé leur projet fédéral. Profitant de cette pause, le médiateur a tenu un huis clos avec les représentants des groupes armés pour leur dire, en substance, ceci: « La résolution 2100 du Conseil de Sécutrité de l’ONU ainsi que l’Accord de Ouagadougou imposent le respect de l’intégrité territoriale du Mali. Or une fédération implique la division du Mali en deux entités étatiques: le Mali et l’Azawad. Ce schéma n’est acceptable ni par les Maliens ni par la communauté internationale, garante de tout accord. Nous vous mettons donc en demeure de retirer ce projet et d’envisager d’autres solutions qui préserveraient à la fois l’intégrité territoriale du Mali et vos intérêts propres ! ».



Les rebelles, notamment ceux du MNLA, n’avaient pas de plan B. Ils estimaient que la fédération était le moins qu’ils pouvaient obtenir, compte tenu des rapports de force. Mais le MNLA eut beau plaider le maintien du projet fédéral, l’Algérie resta intraitable.Selon des sources proches du dossier, le puissant voisin algérien alla jusqu’à menacer le MNLA de le faire tailler en pièces par les groupes jihadistes. Message bien compris par les indépendantistes touaregs qui consentirent finalement à mettre leurs velléités fédérales sous l’éteignoir.



Pourquoi l’Algérie défend-elle si âprement l’intégrité territoriale du Mali ? L’explication tient à trois choses:

- d’abord, elle veut donner des gages de bonne foi au président IBK qui, à travers une lettre formelle, a déclaré s’en remettre à elle;



- ensuite, elle remet le MNLA à sa juste place, l’essentiel des groupes armés (les jihadistes du HCUA et d’Ançar Dine) étant très liés à Alger qui, d’ailleurs, offre le gîte et le couvert à Iyad Ag Ghali;



- Enfin, l’Algérie, après avoir rassuré le Mali et tenu en respect le MNLA, se donne les moyens d’imposer sa propre solution au problème du nord.



Ces constats ne rassurent pas certains connaisseurs du dossier. Ils estiment qu’Alger a le plus grand intérêt à maintenir la zone de Kidal ouverte aux trafics d’AQMI afin que ce groupe terroriste desserre son étau sur le sud algérien. L’entretien d’une insécurité résiduelle dans la région de Kidal n’empêchera nullement l’Algérie d’y installer sa prédominance économique, notamment à travers l’exploitation des gisements de pétrole par la SONATRACH, le méga-groupe algérien. Bref, l’Algérie ne paraît défendre l’intégrité territoriale du Mali que pour mieux assurer ses propres intérêts géostratégiques. D’autant, faut-il le rappeler, que le MNLA est une création franco-mauritanienne et que les groupes armés les plus puissants – HCUA, Ançar Dine et consorts – mangent dans la main algérienne.



En conséquence, dans l’hypothèse la plus probable, il sera instauré au nord du Mali une autonomie basée sur une grande liberté de manoeuvre des élus locaux, l’intégration des groupes armés dans l’armée nationale (même s’ils doivent rester au nord), et l’affectation de ressources financières et humaines considérables au développement du nord. Bien entendu, la solution de l’autonomie ne déplairait pas à la France qui a besoin de paix pour sécuriser ses sources d’approvisionnement en uranium (au Niger et, peut-être, demain à Kidal) et de maintenir, en collaboration avec l’Algérie, un dispositif antiterroriste au nord du Mali.



Tiékorobani

lundi 13 octobre 2014

Guerre de la communication sur la crise malienne : Les deux mousquetaires de la propagande et de l’intox du MNLA dans les media, Moussa Ag assarid et Mossa Ag attaher

Guerre de la communication sur la crise malienne : Les deux mousquetaires de la propagande et de l’intox du MNLA dans les media, Moussa Ag assarid et Mossa Ag attaher

Les deux mousquetaires de la propagande et de l’intox du MNLA dans les media, Moussa Ag assarid et Mossa Ag attaher

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Mossa Ag attaher
Mossa Ag Attaher
Purs produits de l’école et du mouvement associatif maliens, anciens membres de l’AEEM et des Clubs pour l’UNESCO, ils sont très actifs sur les réseaux sociaux et les médias internationaux. Deux jeunes qui  ont réussi à ébranler toute la politique de communication du Gouvernement sur la question touareg au point que l’opinion publique européenne ne semble  connaître que leurs versions des faits. Deux compétences du MNLA à récupérer pour la Paix.

En effet, aucun jour ne passe sans que ces hors la loi ne mettent de  l’intox et des écrits diffamatoires sur la République du Mali sur le devant de la scène médiatique international. Ainsi, Moussa Ag Assarid de porte parole du MNLA, il est nommé en juin 2012 chargé l’information du «Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad» (CTEA). Moussa Ag Assarid est également selon nos sources journaliste pigiste pour RFI et France Culture, mais également conteur pour écoles et bibliothèques.  Dans sa haine pour le pays qui la vu naitre, en décembre 2013, il publie des insanités sur son blog en ces termes : «Chers amis, chers lecteurs, je sais que vous vous inquiétez pour moi, ma famille et mon Peuple. Vous avez raison, c’est normal et il y a de quoi s’inquiéter. Ces dernières années sont parmi les plus terribles de notre existence. Et malheureusement les choses ne vont pas en s’arrangeant. Ibrahim Boubacar Keïta, le nouveau président du Mali comme ses prédécesseurs, veut notre disparition et François Hollande, le président de la France, va dans le sens de lui faciliter cela ou tout simplement y participer. Si vous avez lu, écouté ou regardé les médias ces derniers jours vous l’aurez bien compris. Comme par le passé, tout est fait pour étouffer voir nier notre revendication légitime et historique de liberté, de justice et de dignité sur notre terre, l’Azawad. Pour y arriver, le président malien et ses complices nous assimilent à tort à des jihadistes et terroristes que l’Etat malien a laissé s’installer sur notre territoire. L’armée malienne au lieu de protéger notre population, elle procède régulièrement à des exactions, des fois sous les yeux de l’armée française et des casques bleus de l’ONU. Pour exemple, le 28 novembre dernier, (ndlr novembre 2013) l’armée malienne a tiré à balles réelles sur des manifestants pacifiques essentiellement des femmes et des enfants faisant 2 morts (des femmes dont une enceinte) et 5 blessés. Ni les autorités maliennes ni les autorités françaises n’ont condamné ce énième acte ignoble de l’armée malienne. »

C’est lui (Moussa Ag Assarid) qui pour des desseins inavoués est allé jusqu’à déclarer sur sa page Facebook et twiter de l’ouverture de la première Ambassade pour «l’Etat de l’Azawad»  en Europe, et la sortie d’un livre sur «l’art de créer un Etat» et d’un film sur l’Azawad et son peuple.

Mossa Ag Attaher est aussi actifs que son acolyte, dans la mesure où il est aussi sur les médias internationaux pour une reconnaissance internationale de l’indépendance de l’Azawad.

Ainsi, accueilli depuis par les autorités gouvernementales et les organisations internationales, Mossa Ag Attaher devient la figure publique du MNLA en Europe. C’est alors le plus naturellement possible que le Président du CTEA, Bilal Ag Acherif, lui a confié, depuis les assises du MNLA à Ouagadougou le 23 et 24 juillet 2012, la mission de coordination et de représentation diplomatique de l’Azawad en Europe. Il s’emploie aujourd’hui à la construction d’une diplomatie Azawadienne efficace et ouverte sur le monde.

Notons enfin que le MNLA qui se revendique avec quelques 10 000 combattants, était  absent de la scène internationale, voire à porter au rang des disparus pendant l’occupation jihadiste. Et de nos jours, les rebelles du MNLA ont pourtant repris une place dans le jeu politique, et militaire, au moins sur le plan de la communication sans doute avec l’aide de certains politiques occidentaux. C’est sous cette «houlette» occidentale que le MNLA déclarera en janvier dernier décider de «reprendre en toute urgence ces localités afin d’assurer la sécurité des biens et plus particulièrement des personnes en raison des graves dangers qui pèsent sur leurs vies avec le retour dans l’Azawad de l’armée malienne ».

Alors, il est temps pour la Diplomatie malienne d’être plus active dans la communication en contrecarrant à ces différentes tentatives de la bande des trois qui souvent coupent le sommeil à nos autorités et au peuple malien dans leur dessein de façonner un Etat azawadien. Car, le MNLA n’est qu’une grosse imposture qui ne doit sa visibilité qu’aux médias internationaux et certains marginaux politiques occidentaux.

Dieudonné Tembely



Moussa ag Assarid : « Notre but, contrôler l’ensemble de notre territoire » au nord-Mali
Moussa AG Assarid
Encadré

Moussa Ag Assarid

Rares sont les personnalités touaregs à avoir fait leur entrée dans le monde de la littérature francophone. Moussa Ag Assarid en fait pourtant partie. Écrivain, journaliste, conteur et comédien, il fait partie de ces personnages rares à avoir été reconnus pour leur plume.

Moussa Ag Assarid naît en 1975 dans le nord du Mali. Il est Touareg et passe son enfance avec ses 12 frères et sœurs aux côtés des autres nomades. À l’âge de 13 ans, il découvre la littérature avec « Le Petit Prince » de Saint Exupéry. C’est le déclic. Il part à l’école pour apprendre à lire et étudie à Ansongo puis Bamako. Le jumelage entre Bamako et Angers lui permet de s’envoler pour la France en 1999. Il étudie la gestion à l’Université d’Angers puis à celle de Montpellier et termine ses études à l’Institut des relations publiques et de la communication (IRCOM).

Le premier livre de Moussa Ag Assarid « Y a pas d’embouteillage dans le désert ! » sort en 2006. Il y raconte son arrivée en France et sa conception du monde occidental en tant que Touareg. 40 000 exemplaires du livre sont tirés. Le succès de cet ouvrage pousse les éditeurs à en publier des versions en coréen, en espagnol et en italien. Deux autres livres suivent et Moussa Ag Assarid se fait connaître à travers le monde littéraire francophone pour son travail.

En 2005, il apparaît dans un épisode de la série « Louis la Brocante ». Il est ensuite sollicité pour tourner dans 2 films (« Paris, je t’aime » et « La Tourneuse de pages »), 2 téléfilms (« Alerte au virus » et « Nuit noire ») ainsi que dans un court-métrage (« Faut pas croire »).

Moussa Ag Assarid devient porte-parole du Mouvement national pour la libération de l’Azawad depuis début 2012. Il est aussi « chargé de l’information » du Conseil transitoire de l’État de l’Azawad depuis juin 2012.

Mossa ag Attaher

Mossa ag Attaher nommé Monsieur Europe de l’Azawad est né en 1979 à Bourem, Mossa Ag Attaher fait partie de la jeune génération Touareg active autant sur le plan politique qu’intellectuel. Après un cursus scolaire brillant, il intègre l’Université de Bamako pour des études de socio-anthropologie pour combler sa soif de découvrir l’organisation sociale de l’ensemble du Mali, mais aussi pour acquérir une explication scientifique à la précarité et la misère dans l’Azawad.

Très vite «choqué» par la corruption qui gangrène le système éducatif malien, il entreprend ses premiers combats politiques en tant que Secrétaire Général du Syndicat des Elèves et Etudiants du Mali (AEEM). Jusqu’à ce jour, Mossa Ag Attaher est le seul Touareg à avoir brigué ce poste central au sein de la jeunesse estudiantine malienne. Parmi les nombreuses réalisations qu’il a menées on peut citer entre autres l’amélioration des conditions de vie des étudiants des régions déshéritées et l’introduction de la langue Tamasheq dans les disciplines enseignées

De l’armement pour Iyad Ag Ghali intercepté par l’armée française

mondafrique.com - De l’armement pour Iyad Ag Ghali intercepté par l’armée française

Grande figure de la rébellion touarègue devenu terroriste, Iyag Ag Ghaly sévit toujours entre le sud algérien et le nord Mali. En janvier 2013, l'offensive de son mouvement, Ansar Dine, aux côtés d'Aqmi et du Mujao vers le sud du pays avait provoqué le déclenchement de l’opération Serval. Son repli dans le sud de l’Algérie où il dispose de protections ne fut que de courte durée. Considéré comme l’un des terroristes les plus recherchés de la région avec Mokhtar Belmokhtar, il sillonne à nouveau le nord du Mali malgré la présence de l’armée française. Pas plus tard qu’hier selon le JDD, un convoi d’armes destinées à alimenter les hommes d’Ag Ghali a été intercepté à proximité de la frontière du sud libyen. Preuve du vaste réseau dont il dispose dans la zone. Portrait de cet homme d’influence.




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Crédit photo: Tous droits réservés d.r.
Ce portrait a été publié en juillet 2014 par Thalia Bayle

Iyad Ag Ghali court toujours. Le charismatique leader de l’ancien mouvement islamiste Ansar Dine, officiellement désigné comme terroriste par le département d’Etat américain continue de sévir dans le nord du Mali. Un temps replié dans le sud algérien, notamment vers la ville de Tinzawaten où il possèderait une maison, l’homme navigue régulièrement à travers les dunes jusqu’à la ville d’Abeybara dont il est originaire au Mali. Tout le monde semble savoir où il est, oui, mais rien ne se passe. Et pour cause, malgré la fuite d’Iyad après l’opération Serval, celui que l’on surnomme « le lion du désert » n’a rien perdu de son influence. Ses puissants réseaux qui vont de Kidal aux services spéciaux algériens (DRS) en passant par le pouvoir de Bamako en font, plus que jamais, un homme sous protection.

De Kadhafi au DRS

Né vers 1955 dans une famille noble d’éleveurs de la tribu des Ifoghas au nord-est du Mali, Iyad Ag Ghali a un parcours digne de l’Odyssée. Agé d’à peine vingt ans dans les années 1980, il embarque pour la Libye comme de nombreux touaregs qui fuient le chômage et les terribles sécheresses qui dévastent la région. Là-bas, le futur chef rebelle enchaîne les jobs à la sauvette, jardinier, gardien de voitures, avant d’intégrer, comme des milliers d’autres touaregs, la légion islamique de Kadhafi. « A l’époque, s’enrôler dans l’armée libyenne représentait une possibilité de se former au combat dans l’optique d’une future rébellion » explique Pierre Boilley, directeur du Centre d'étude des mondes africains. Au Liban, où on l’envoie combattre les milices chrétiennes, puis sur le terrain tchadien, Iyad s’initie à l’art de la guerre.

C’est en combattant aguerri qu’il revient au pays lorsque Kadhafi démantèle la légion en 1987. Il troque alors son uniforme militaire pour celui de la rébellion touareg dont il devient une icône. A la tête du Mouvement populaire pour la libération de l'Azawad (MPLA), il lance sa première action d’envergure le 28 juin 1990 : un assaut contre la gendarmerie de la ville de Ménaka. Plusieurs policiers maliens meurent pendant l’attaque. Un fait d’arme qui lui vaut d’être reconnu comme un combattant redoutable. Au point d’attirer l’oeil de l’Algérie, puissance régionale incontournable qui considère le nord Mali comme sa zone d’influence et craint de voir s’exporter les velléités autonomistes sur son territoire. Après avoir longtemps réprimé les touaregs aux côtés de l’armée malienne, Alger s’engage en effet, dans une stratégie d’infiltration de ces mouvements. Stratégie dont Iyad sera la pierre angulaire.

Lorsque la diplomatie algérienne impose sa médiation dans le conflit malien et organise des négociations à Tamanrasset en 1991, les hommes du DRS choisissent de miser sur le jeune et ambitieux leader. Interlocuteur du gouvernement malien lors de ces pourparlers, Iyad accepte de signer l’accord de paix de Tamanrasset alors qu’aucun des objectifs de la rébellion n’est atteint. Un acte qui lui vaudra d’être considéré par beaucoup de maliens comme l’homme qui a ramené la paix au nord Mali, et par beaucoup de rebelles comme un traître passé sous la coupe de l’Etat. Le camp touareg se divise. Iyad, qui d’une pierre deux coups a acquis le soutien d’Alger et la confiance des autorités maliennes, fonde le Mouvement national de l'Azawad (MNA), un mouvement composé majoritairement de touaregs modérés.

L'entrepreneur politique

Progressivement, il plonge dans le fondamentalisme religieux. Déjà acquis au discours antioccidental cultivé dans les camps d’entrainement libyens, il se radicalise. Difficile d’expliquer ce virage. Si certains doutent de la sincérité de sa foi, beaucoup évoquent un épisode décisif. Entre 1997 et 1998, des missionnaires salafistes pakistanais affiliés au courant Jamaat al-Tabligh qui prône un islam rigoriste débarquent à Kidal. Pendant de longues heures, Iyad discute avec eux et devient leur disciple. A leur contact, il change. « Il ne s’habillait plus qu’en blanc, ne buvait plus d’alcool » explique le chercheur Pierre Boiley. « Il dormait même dans les mosquées » affirme un homme politique malien. Son épouse, Anna Walet Bicha, qui a combattu aux côtés de la rébellion des années 1990, se voile de noir. Selon un ancien officier des services de renseignement, Iyad effectue même une courte retraite au Peshawar. Tout en adhérant aux thèses fondamentalistes dont il se réclame officiellement à partir de 2003, le fin stratège peaufine son image d’islamiste « light » en prenant soin d’affirmer son rejet des attaques suicides et du terrorisme.

Ce positionnement, associée aux bonnes relations qu’il entretient avec Alger font de lui l’intermédiaire privilégié de Bamako pour la libération des otages capturés par le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), ancêtre d’AQMI. En 2003, il parvient à faire libérer quatorze touristes européens enlevés en Algérie par la katiba d’Abderrezak el Para, un personnage controversé soupçonné d’être lié au DRS. Le business des otages devient une activité régulière très lucrative pour Iyad qui touche d’importantes commissions à chaque négociation.

Une aubaine pour l’Algérie qui voit son protégé devenir une figure politique incontournable au Mali. En ce sens, certaines sources font une lecture particulièrement médusante des agissements d'Iyad lors de la rébellion touareg de 2006. Aux avant-postes de la guérilla, le chef touareg fonde, cette année-là, un nouveau mouvement, l’Alliance démocratique pour le changement (ADC) soutenu par l’Algérie. En encourageant ainsi un nouveau soulèvement au nord Mali, Alger fait pièce à son rival libyen qui tente à l’époque d’ouvrir un consulat à Kidal. La rébellion, conduite contre les bases militaires de Kidal, Ménaka et Tessalit ne dure que 24h. Alger accuse alors Kadhafi d’être à l’origine des révoltes et obtient rapidement le départ des libyens. Mais selon Jeremy Keenan, anthropologue britannique spécialiste des touaregs, le plan va plus loin. Iyad et le DRS auraient conclu un accord secret prévoyant que les rebelles lancent ensuite des attaques contre le GSPC. C’est chose faite en juillet et octobre 2006, moyennant rémunération pour Iyad et ses hommes. Selon Keenan, ces opérations auraient permis de réactiver la problématique djihadiste au Mali et de justifier l’intervention américaine dans la région dans le cadre de la GWOT (Global War on Terror), avec Alger comme partenaire privilégié. Fantasme ou fragments de vérité ? Reste que c’est de nouveau sous le parrainage de l’Algérie que se tiennent les négociations avec le gouvernement malien. Comme en 2003, Iyad ressort son costume de faiseur de paix pour faire aboutir les accords d’Alger, en juillet 2006.

Fin stratège, Iyad Ag Ghali doit en partie sa longévité à sa capacité à jouer sur de nombreux tableaux. En 2007, il se rend en personne auprès l’ambassadeur américain Terence McCulley et réclame l’assistance des Etats-Unis lors d’opérations spéciales contre Aqmi. A l‘époque, l’homme prône déjà l’imposition de la charia mais affirme à l’ambassadeur que les populations du nord Mali ne sont pas très réceptives à l’extrémisme. Le jeu est subtil. « C’est un véritable entrepreneur politique. Il peut changer d’alliance du jour au lendemain selon les rapports de force » explique un diplomate français.

Des désirs contrariés

Admiré et redouté, Iyad fascine et se rend indispensable. Même le président ATT sait, à l’époque, à quel point il peut lui être utile. « ATT avait une ligne directe avec Iyad qui était un relai extrêmement précieux pour lui au nord Mali » poursuit le diplomate. Pourtant, son influence croissante est source d’inquiétudes et Iyad se voit nommé consul à Djeddah en novembre 2007. « Grave erreur » confie un ancien officier du renseignement malien. « Nous avions sous-estimé son degré de radicalisation à l’époque ». Les contacts qu’il noue sur place avec des groupes salafistes lui valent de se faire expulser du territoire en 2010.

De retour au Mali avec son nouveau carnet d’adresse, il gravite autour de personnalités liées à Aqmi et fait son retour sur le marché des otages qui lui rapporte gros. Son nom apparaît notamment à plusieurs reprises en 2013 lors de la libération des otages d’Areva capturés à Arlit au Niger. L’enlèvement implique en effet non seulement le chef d’Aqmi Abou Zeid, mais également Abdelkrim le Targui, leader touareg de la katiba Al-Ansar et cousin d’Ag Ghali. A la mort d’Abou Zeid en 2011, Abdelkrim le Targui et Iyad qui est alors recherché se chargeront des otages cachés… en Algérie. Ces derniers auraient avant tout servi de monnaie d’échange contre l’impunité d’Iyad et de ses hommes jusqu’à aujourd’hui.

A la fin de l’année 2011, la colère gronde à nouveau au nord du Mali. La chute de Kadhafi entraine le retour au bercail de nombreux touaregs maliens ayant combattu pour l’armée du « Guide ». Lorsqu’une autre grande figure de la rébellion, Ibrahim Ag Bahanga, tente de fédérer ces combattants avec d’autres rebelles locaux pour former le MNLA, Iyad revendique le leadership. Sans succès. Les membres de la nouvelle rébellion se méfient de cet homme tortueux jugé trop proche d’Aqmi, de l’Algérie, et dont les manœuvres dans les années 1990 ont provoqué l’éclatement du camp rebelle.

Qu’à cela ne tienne, le 15 décembre 2011, il créé son propre mouvement, Ansar Dine, autour d’un noyau de fidèles et de certains membres d’Aqmi. A la même époque, Iyad essuie un deuxième revers. Lorsqu’il aspire à la chefferie traditionnelle des Ifoghas, le patriarche Intallah Ag Attaher lui préfère son fils, Alghabass Ag Intallah. Mais à la tête d’Ansar-Dine, Iyad reprend vite du galon grâce à ses nombreux soutiens. En plus de l’appui logistique et financier que lui prodigue l’Algérie, les membres de la katiba d’Aqmi, Al-Ansar, dirigée par son cousin Abdelkrim le Targui lui apportent leur soutien. Très vite, la puissance militaire d’Ansar Dine dans les combats surpasse celle du Mnla. Des alliances de circonstance se forment.

Hors d'atteinte

Progressivement, l’Etat malien se délite sous la violence des combats au nord, la montée en puissance des groupes djihadistes et le coup d’Etat militaire de mars 2012 qui renverse l’ancien président ATT. En janvier 2013, les renseignements américains indiquent que plusieurs colonnes de pick-ups se mettent en marche vers la ville de Konna sur la route de Bamako et vers l’aéroport de Mopti-Sévaré. Parmi les combattants, des hommes d’Ansar Dine avec Iyad à leur tête, allié d’Aqmi, du Mujao et du MNLA. Pour le ministère de la Défense français, le moment est venu d’intervenir. Il faut à tout prix empêcher la progression des « terroristes » vers la capitale. Mais sur place, un autre scénario, pensé à Bamako, cherche à mettre fin au conflit malien. Durant les dix mois qu’a duré l’occupation du nord Mali, Iyad Ag Ghali est resté en contact permanent avec les plus hautes autorités religieuses maliennes, lesquelles sont au mieux avec le bérets verts du capitaine Sanogo, l’homme qui a débarqué ATT. Ensemble, explique un diplomate français, ils auraient imaginé une sorte de « coup d’Etat en douceur » qui a connu un début d’exécution. Le 9 janvier 2013, avant-veille de l’intervention française, les partisans du cheikh Hamaloua défilaient dans Bamako en faveur des militaires putschistes. Il ne restait plus au capitaine Sanogo et à ses alliés qu’à prendre le pouvoir, en profitant de la panique créée par le début de la marche des Touaregs sur Bamako et à négocier avec Iyad Ag Ghali, leur fidèle contact au Nord, qui avait pris soin de se prononcer contre la partition du pays. N’était-ce pas là, un gage de sa bonne volonté ?

Un diplomate français enfonce le clou : « rien n’indique qu’Ansar Dine et ses alliés allaient descendre vers Bamako. Ils n’étaient en formation pour aller si loin ». Pour preuve : lorsque les combattants d’Ansar Dine commencent à se diriger vers le sud, le 8 janvier 2013, les services français interceptent des communications entre Iyad et le DRS. Ces derniers conseillent au chef touareg de faire preuve de prudence et de ne pas se précipiter sur Bamako. Longtemps un pion aux mains d’Alger, Iyad était-il en train d’échapper à ses parrains de toujours ? Un ancien de ses proches raconte qu’à la même période, le chef touareg a diffusé un communiqué rédigé dans un français parfait – avec l’aide de qui ? -- et signé de sa main, dans lequel il critique vivement la politique algérienne.

L’homme a cependant toujours ses entrées chez le grand voisin du nord du Mali. Sa femme, Anna Walet Bicha et plusieurs de ses lieutenants résideraient en permanence dans la ville de Tinzawaten, une base arrière importante. Alors que les négociations avec le gouvernement malien sont dans l’impasse et que les tensions inter tribales ne cessent de s’accentuer sur le terrain, le réseau et l’aura d’Iyad Ag Ghali constituent de précieux atouts. D’autant qu’il n’épouse pas les revendications séparatistes touarègues que le gouvernement malien rejette en bloc. La liberté dont il dispose dans ses déplacements au nord Mali interrogent en tout cas la position de Paris dont les militaires sont toujours sur place. L’armée française, qui lance sa nouvelle opération de lutte contre le terrorisme dans le Sahel, Barkhane, et dont les connivences avec le Mnla au Mali n’a donné que peu de résultats souhaite-t-elle remettre Iyad Ag Ghali dans le jeu ? « C’est en tout cas un homme qu’il vaut mieux ne pas avoir contre soi » pointe Pierre Boilley.

Témoignage de Bakara Diallo, Gouverneur de la région de Gao de 1960 à 1965

Témoignage de Bakara Diallo, Gouverneur de la région de Gao de 1960 à 1965



 
L’Armée de libération nationale algérienne a mené la guerre sur 3 fronts :un front intérieur et deux fronts extérieurs. L’un au Maroc et l’autre en Tunisie. Donc, il faut dire rapidement que sur le plan stratégique, il manquait un troisième front, c’est-à-dire le front sud. Il ne pouvait pas être créé parce que le Mali n’était pas indépendant et c’était l’occupation étrangère.


Témoignage de Bakara Diallo,  Gouverneur de la région de Gao de 1960 à 1965
Bakara Diallo, Gouverneur de la région de Gao de 1960 à 1965
Mais, à partir du moment où le Mali a pris son indépendance, dans les conditions que l’on connaît, c’est-à-dire l’éclatement de la Fédération du Mali, il était évident pour les observateurs que les stratèges algériens allaient chercher à créer le front sud. Les Français, eux–mêmes, ne se faisaient aucune illusion dans ce cadre. C’est ainsi qu’en 1960, avec le commandant militaire de la région de Gao, un chef de bataillon, j’eus le dialogue suivant. Il me dit : M. Diallo, si vous décidez de prendre votre indépendance, c’est votre droit. Le Général De Gaulle le veut ainsi. Ce que je vais vous dire, c’est que, nous ne partirons jamais de Tessalit. Nous avons une guerre en Algérie et nos arrières à surveiller. Nous avons perdu la guerre d’Indochine, mais l’Indochine n’est pas l’Algérie et nous ne sommes pas prêts à perdre la guerre d’Algérie. Vous devinez bien que je n’ai pas cru devoir accepter d’engager avec cet officier sur cette question, un quelconque dialogue.

Après que Modibo eut demandé l’évacuation définitive de toutes les bases militaires françaises installées au Mali, ils ont été obligés d’évacuer également Tessalit. Effectivement, Tessalit, par rapport à la guerre de libération d’Algérie, était un point très important. J’ai personnellement assisté à l’évacuation de cette base. Je vous assure que c’était très émouvant. J’ai assisté à la descente du drapeau français et à la montée du drapeau malien. J’étais avec

vendredi 10 octobre 2014

L’avenir politique au Mali : LES PREMIÈRES VÉRITÉS D’ALGER | L'ESSOR

L’avenir politique au Mali : LES PREMIÈRES VÉRITÉS D’ALGER | L'ESSOR

L’avenir politique au Mali : LES PREMIÈRES VÉRITÉS D’ALGER

Alger-negociationLa Médiation a fermement rappelé les lignes rouges encadrant les négociations de paix et va s’employer à recenser les possibilités de rapprochement des positions

Le temps de l’impatience pointe. Les indices ne manquent pas pour attester de la montée d’une humeur populaire qui n’est certes pas porteuse de contestation ouverte. Mais qui laisse entendre de plus en plus fort des attentes répétées de manière pressante, des frustrations exprimées avec une dose d’exaspération et surtout une angoisse de l’avenir qui ne se cache plus guère. Cette humeur se traduit autant par la multiplication de frictions localisées que par le réveil d’un front social plus large qu’endosse aujourd’hui l’UNTM et par les impressionnantes marches organisées par la société civile en faveur d’un Mali uni. Cette ébullition n’est pas à proprement parler inattendue. En effet, la montée de la tension – amenée par des causes diverses – s’est imposée comme une constante dans les premières années des premières mandatures sous la IIIème République. Les insatisfactions qui déferlent avec une radicalité variable font subir chaque fois aux différents Exécutifs leur premier véritable baptême du feu et les gouvernements sont le plus souvent réduits à trouver des solutions en avançant et en écoutant.

La complication située au cœur de 2014 s’avère cependant d’une nature différente de celle des autres années de tension sociale. Tout d’abord, parce que la sortie de l’exceptionnelle situation d’effondrement créée par la double crise politico-sécuritaire de 2012 se révèle beaucoup plus lente qu’espéré sur le plan socioéconomique. Ensuite, et principalement, parce que la situation qui prévaut au Nord du Mali est de plus en plus intensément ressentie par une écrasante majorité de nos compatriotes comme une atteinte intolérable à notre orgueil national. La question du Septentrion, par sa persistance, conglomère toutes les incertitudes sur le rétablissement de la normale dans notre pays. Incertitudes qui se sont accentuées depuis le 21 mai dernier et auxquelles aucune réponse exhaustive et définitive ne peut encore pour le moment être apportée.

Une très forte espérance de solution avait été placée dans la phase II du processus d’Alger et on peut comprendre la déception de nos compatriotes qui retirent de la suspension des travaux une impression d’échec. Cependant, lorsqu’on les examine à froid, les choses sont tout à la fois plus limpides et plus complexes. Limpides, parce qu’en raison des profondes divergences entre les positions des parties – essentiellement sur les questions politiques et institutionnelles – il revient désormais à la Médiation d’explorer les pistes alternatives et de proposer des solutions médianes dans le cadre strict des principes édictés par la communauté internationale et sur lesquels nous reviendrons un peu plus loin. Complexes, parce que l’ensemble constitué par les groupes armés de la Coordination (HCUA, MNLA, MAA tendance radicale, aile de la CPA restée fidèle à Mohamed Assaleh et dissidence de la CMFPR) s’avère extrêmement hétérogène aussi bien par la diversité des intérêts de ses membres que par la prédisposition de ceux-ci au compromis. Il faut donc accepter dès maintenant la nécessité d’un patient travail de persuasion à mener conjointement par la Médiation, le gouvernement du Mali et même des membres de la Plateforme (MAA tendance modérée, CMFPR originelle et CPA dissidente) pour amener les intransigeants à composer.



UNE PROPOSITION INACCEPTABLE. Mais auparavant, il nous semble indispensable de dissiper une inquiétude qui vient de manière récurrente troubler l’opinion malienne et qui a mobilisé des dizaine de milliers de nos compatriotes dans les récentes marches. Les lignes rouges rappelées par le président de la République sont autant protégées par les autorités maliennes que garanties par la communauté internationale. La CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne et le Conseil de sécurité de l’ONU ont tous, et de manière extrêmement explicite, exprimé depuis 2012 leur attachement au respect de la souveraineté du Mali, de l’intégrité territoriale de celui-ci, du caractère unitaire de notre Etat et de la forme laïque de la République. Ces points qui ne sauraient être remis en cause ont tous été consacrés dans la Feuille de route consensuelle élaborée à Alger le 24 juillet dernier et qui encadre les négociations de paix.

La Coordination avait, le 19 septembre, choisi de sauter délibérément toutes ces barrières pour présenter sa proposition en faveur de l’instauration du fédéralisme, proposition détaillée dans le document (improprement) intitulé « Projet de traité de paix entre le Gouvernement de la République du Mali et la Coordination des Mouvements de l’Azawad ». La réaction de la délégation gouvernementale et de la Médiation à cette démarche fut sans équivoque. La première refusa de discuter d’un document dont le contenu remettait en cause le caractère unitaire de l’Etat malien, tel qu’il a été consacré dans la Constitution de notre pays. Quant aux médiateurs, ils firent savoir aux « fédéralistes » que leur proposition était inacceptable puisque sortant du cadre fixé par la communauté internationale.

Aussi bien le chef de file algérien que les représentants de l’Union africaine et de l’Union européenne demandèrent expressément à la Coordination de reprendre son offre. Mais jusqu’à la dernière séance de négociations qui s’est tenue le 24 septembre dernier, cette exhortation est demeurée sans effet. La Coordination s’est évertuée à répéter que depuis 50 ans, c’est-à-dire depuis la première révolte touarègue de 1963, le fossé de l’incompréhension et des divergences n’avait cessé de s’agrandir entre le gouvernement malien et la dénommée entité de l’Azawad. La création d’un Etat fédéral du Mali avec Mopti comme capitale représentait donc à ses yeux la seule solution possible afin d’assurer la préservation de la souveraineté de notre pays et de l’intégrité territoriale. Quant aux mécanismes qu’il faudrait activer pour mettre en œuvre ce schéma, les tenants du fédéralisme ont tout simplement botté la balle dans le camp du gouvernement malien à qui ils confient la « mission » d’initier l’incontournable révision constitutionnelle et d’obtenir l’assentiment populaire à travers un référendum.

L’attachement de la Coordination à la formule du fédéralisme se comprend aisément. La création d’un hypothétique Etat fédéré de l’Azawad résoudrait, en effet, toute une série de questions essentielles pour les auteurs du « traité ». Des questions politiques tout d’abord. Le MNLA a bâti tout son projet d’implantation sur la proclamation de l’indépendance de l’Azawad et il a réussi à persuader des communautés non seulement de l’inéluctabilité de cette évolution, mais aussi de l’appui que celle-ci recevrait de la part d’un certain nombre de partenaires internationaux. Contraint de rabattre ses prétentions devant la réprobation internationale, le Mouvement était tactiquement obligé de se caler sur un scénario fédéral dans lequel l’entité Azawad se voyait conférer toutes les prérogatives d’un Etat indépendant.

Le scénario présentait aussi l’avantage non négligeable de ventiler dans les institutions de l’Etat fédéré et de l’Etat fédéral l’essentiel du staff politique de la Coordination. La fédération apportait en outre une solution clé en main à l’épineuse question militaire. Dans le « traité de paix », les combattants des mouvements se voyaient intégrés dans « les forces armées et de sécurité de l’Etat de l’Azawad » et placés sous l’autorité du chef d’Etat-major de cet Etat. Une autre possibilité de recrutement était offerte par « les corps spécialisés de sécurité intérieure de l’Azawad ». Sur le plan économique, le traité blindait enfin la possibilité d’un développement accéléré de la nouvelle entité puisqu’il prévoyait l’affectation à l’Etat de l’Azawad de 33% du Budget de l’Etat fédéral pendant 15 ans. Ce taux connaitrait ensuite une dégression de 5% tous les dix ans. En outre, le texte indiquait que l’entité conserverait 75% des ressources générées dans le cadre de l’extraction minière et pétrolière, 25% étant concédés à l’Etat fédéral.

Que peut-il se passer désormais ? Tout d’abord – et comme nous l’avions précisé plus haut -, la Médiation procédera à la synthèse de toutes les positions qu’elle a recueillies et qui proviennent aussi bien du gouvernement du Mali, des groupes armés que des représentants de la société civile qui a été auditionnée une semaine durant avant le début des négociations. Puis, elle recensera les points de convergence et les possibilités de rapprochement pour faire des propositions qui seront soumises aux ministres lors d’une réunion qui se tiendra à la mi-octobre et qui précédera la reprise des négociations au niveau des experts.



L’ENVIRONNEMENT EST MOUVANT. La délégation gouvernementale s’est donc employée à affiner la présentation de son offre en prenant en compte les interrogations formulées par les autres protagonistes et par la Médiation. Cette offre repose sur le principe de la libre administration des collectivités qui confère de très larges compétences aux élus régionaux et locaux dans la gestion du développement et dans la prise en charge des spécificités locales. Ce principe consacré par la régionalisation (dont le projet de loi doit être examiné par l’Assemblée nationale) est, bien sûr, applicable à toutes les collectivités du Mali. Des interlocuteurs ouverts à la négociation admettraient sans peine que la libre administration représente une avancée substantielle par rapport à l’existant et garantit aux populations la possibilité de s’assurer progressivement une réelle maîtrise de leur devenir.

Une chose est certaine : il est peu probable que la Coordination évolue d’elle-même vers des positions plus conciliatrices que celles récemment exprimées. Les plus modérés de ses membres reconnaissent d’ailleurs hors micro la difficulté de se défaire de l’emprise de l’aile radicale. Celle-ci a déjà donné des preuves de son influence en faisant brusquement durcir le discours de « sa » société civile. Celle-ci n’a ainsi pas hésité à récuser la Feuille de route et l’accord préliminaire de Ouagadougou pour demander une partition d’avec le Mali. Les radicaux s’étaient aussi prononcés pendant 48 heures contre le retour à la table de négociations après une interruption survenue le 16 septembre pour finalement accepter le rétablissement du principe des écoutes séparées qui avait prévalu lors de la confection de la Feuille de route. Les radicaux se résoudront-ils à admettre que le scénario de la fédération ne recevra jamais l’assentiment de ni du Mali, ni de la communauté internationale ? Jusqu’où évolueront-ils dans l’inévitable concession ? Il faudra attendre octobre pour avoir un début de réponse à ces questions et pour définir sous quels auspices se dessinera la reprise des négociations.

La plus grande prudence doit donc être observée entretemps, d’autant plus que l’environnement des négociations est lui-même mouvant. Les deux grands ensembles de groupes armés se livrent une lutte continuelle d’influence. En juillet dernier, ils s’étaient accordés à Ouagadougou pour se retrouver tous ensemble autour de la table de négociation pour la phase II du processus d’Alger. Mais l’annonce par le MNLA d’une entente des six groupes armés en faveur de l’option du fédéralisme a immédiatement mis fin à ce début d’entente. Le MAA tendance modérée a aussitôt repris ses distances, suivi d’une fraction de la Coalition pour l’Azawad (CPA) qui a proclamé simultanément la destitution de son fondateur Mohamed Assaleh. Les deux groupes ont reconstitué la Plateforme avec la Coalition des mouvements et fronts patriotiques de résistance (CMFPR). Dans le même temps, une dissidence de la même CMFPR rejoignait la Coordination sans exprimer ouvertement de réserves sur l’option fédérale que certains de ses membres affirment pourtant rejeter lors d’entretiens informels.

Il est compréhensible que cette succession d’alliances et de contre-alliances, cet étalage de surenchères, cette profusion d’intox relayée sans trop de précaution par les médias internationaux aient profondément inquiété, exaspéré ou meurtri l’opinion nationale. Celle-ci a, en effet, l’impression d’assister à un théâtre d’ombres sur lequel se joue un drame dont l’intrigue lui échappe complètement. Elle nourrit également le soupçon que des arrangements aussi secrets qu’inavouables sont ourdis à ses dépens. Les manifestations de Gao, Tombouctou, de Bamako, de Kayes et de Diré expriment donc la volonté des simples citoyens de mener une action s’inscrivant en contrepoint d’un processus dont l’avancée ne leur est pas clairement déchiffrable. Ce bouillonnement populaire constitue la rançon logique de la formule finalement retenue au terme de discussions avec la médiation internationale et qui est celle d’une négociation tenue en dehors du territoire national, qui se déroule hors de la couverture directe des médias et dont l’échéance de dénouement est difficile à fixer.

Les autorités n’ont en fait d’autre solution que d’avancer en acceptant de supporter le poids du scepticisme de la majorité silencieuse. Celle-ci continuera, en effet, à accueillir avec réserve toutes les explications et tous les éclaircissements (même les plus plausibles et les plus détaillés) qui lui seront donnés. Le travail de persuasion ne doit cependant pas faiblir pour autant. Car il n’y aurait rien de plus dangereux que de laisser passivement les préjugés défavorables et les préventions s’ancrer.

G. DRABO

Réconciliation | Mali : les liaisons dangereuses du HCUA | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

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09/10/2014 à 15:03
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Des membres du MNLA au deuxième round de négociations, à Alger le 1er septembre 2014.Des membres du MNLA au deuxième round de négociations, à Alger le 1er septembre 2014.© AFP
Certes, le dialogue intermalien a repris. Mais la puissance militaire et les intentions du Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad, proche d'Ansar Eddine, suscitent l'inquiétude.
Dans le dédale complexe des groupes armés qui sévissent dans le Nord, il en est un, et pas celui auquel on pourrait s'attendre, qui inquiète au plus haut point le gouvernement. "Le vrai problème ne vient pas du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), mais du Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA)", explique-t-on dans l'entourage de Moussa Mara, le Premier ministre.

En effet, comment négocier avec un mouvement armé dont les liens avec le groupe jihadiste Ansar Eddine sont étroits, mais qui compte en son sein deux députés (Mohamed Ag Intalla et Ahmada Ag Bibi) élus sous la bannière du parti présidentiel, le Rassemblement pour le Mali (RPM) ?

La question est d'autant plus sensible que, dans le cadre des négociations de paix qui ont débuté à Alger en juillet, Bamako envisage de proposer une décentralisation approfondie : les régions du Nord pourraient disposer d'un pouvoir législatif élu au suffrage universel, doté de larges prérogatives. Ce faisant, le gouvernement craint "d'offrir le pouvoir sur un plateau à des gens qui envisagent d'instaurer la charia".

Militairement et financièrement, le groupe le plus puissant dans la région de Kidal

Le HCUA est une émanation du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA), qui avait vu le jour en mai 2013 après un désaccord entre Iyad Ag Ghaly, le leader d'Ansar Eddine, converti au fondamentalisme salafiste le plus dur, et certains de ses lieutenants, dont Alghabass Ag Intalla, le patron du HCUA. Selon plusieurs sources sécuritaires, il est militairement et financièrement le groupe le plus puissant dans la région de Kidal : ses combattants ont joué un rôle crucial dans la défaite de l'armée malienne le 21 mai, et ses dirigeants ont le soutien de l'amenokal, le chef spirituel des Ifoghas, Intallah Ag Attaher. "S'il y a des élections demain, ils les gagneront", affirme un ministre.

Or les intentions des leaders du HCUA restent floues. Veulent-ils toujours instaurer la charia ? Ont-ils définitivement coupé les liens avec Iyad Ag Ghaly ? À cette dernière question, plusieurs experts répondent par la négative. "Le HCUA sert encore à blanchir les hommes d'Ansar Eddine", indique une source sécuritaire, qui reconnaît cependant que la plupart des dirigeants du groupe ne cautionnent pas "la dérive islamiste" du chef salafiste


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mercredi 8 octobre 2014

Mali: "Un accord avec les rebelles ne suffira pas à régler la question du terrorisme"

Mali: "Un accord avec les rebelles ne suffira pas à régler la question du terrorisme"

« Un accord avec les rebelles ne suffira pas à régler la question du terrorisme »

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«Il n'y a pas de solution militaire dans le nord du Mali»
Le Premier ministre du Mali, Moussa Mara, à Bamako, le 18 mai 2014. (Photo Fabien Offner.AFP)

Lundi à Paris, le Premier ministre malien Moussa Mara a livré son analyse des enjeux sécuritaires de l’aire saharo-sahélienne ainsi que des négociations en cours à Alger entre Bamako et la nébuleuse rebelle. Ni fioritures, ni langue de bois…