jeudi 7 novembre 2013

Kidal, zone de danger par excellence - leJDD.fr

Kidal, zone de danger par excellence - leJDD.fr
La situation est depuis de longs mois explosive dans la ville du Nord-Mali où ont été enlevés et tués les deux reporters de RFI.
À Kidal, combien de divisions? Cette localité de 25.000 habitants perdue dans le désert du Nord est un abcès purulent dans la réconciliation malienne, une zone où le pouvoir central de Bamako n'a toujours pas voix au chapitre. Dans ce fief historique de la rébellion touareg se côtoient d'un côté les Touareg du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) et les anciens djihadistes d'Ansar Dine, reconvertis notamment dans le HCUA (Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad). En face, l'armée malienne, qui reste cantonnée dans une zone de la ville. Elle effectue parfois des sorties, mais toujours accompagnée des Casques bleus de la Minusma. Seules les forces françaises de Serval semblent en mesure de faire tampon entre les deux camps et d'éviter une guerre ouverte. À plusieurs reprises cependant, ils n'y sont pas parvenus et l'armée malienne a affronté des éléments du MNLA dans les rues de Kidal. Fin septembre, des combats à l'arme lourde opposaient les deux ennemis.
Les attentats sont aussi récurrents à Kidal. L'administration n'y est quasiment pas représentée, le bâtiment de la télévision publique reste aux mains du MNLA, les écoles n'ont toujours pas rouvert. Enfin, selon un habitant, et malgré la présence de nombreuses forces armées, la ville connaît un vide sécuritaire dans lequel se sont engouffrées des bandes armées non identifiées.

Des djihadistes redevenus fréquentables

À qui incombe la responsabilité d'une telle situation? À la France, répond une partie de l'opinion malienne, qui estime que Paris protège le MNLA depuis le début de l'intervention au Mali. Longtemps les militaires français ont effectivement freiné l'armée malienne, qui voulait réinvestir Kidal comme elle l'avait fait à Gao et à Tombouctou, les deux grandes villes du Nord. Problème : ce statu quo est synonyme de pourrissement. De nombreux anciens islamistes radicaux d'Ansar Dine en ont profité pour faire leur retour à Kidal et se refaire une virginité.
Hier, il était même fortement question que le MNLA soit dissous et qu'il se fonde dans un mouvement plus vaste réunissant le HCUA et le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), deux émanations d'Ansar Dine. "Il faut simplement que l'on s'entende sur un nom à donner à notre nouvelle organisation", disait l'un des participants. Une plate-forme politique commune devait aussi voir le jour avant l'ouverture de nouvelles négociations avec les autorités de Bamako.
Indirectement, cet accord, si les événements d'hier ne le rendent pas caduc, signerait le retour en force de l'un des personnages clés du Nord-Mali : Iyad Ag Ghaly. Patron d'Ansar Dine, ce membre très influent de la communauté touareg et dont Kidal est le fief aurait joué un rôle décisif dans la libération des quatre d'Arlit. La contrepartie? Un retour en grâce pour lui et son entourage. Mardi, quelques heures avant l'annonce officielle de la libération des otages, trois de ses proches, membres du HCUA voyaient ainsi leur mandat d'arrêt levé par Bamako. Un cadre du MNLA a aussi bénéficié de cette mesure, qualifiée de "geste d'apaisement" par Bamako. Quant à Iyad Ag Ghaly, bien qu'officiellement aucune impunité ne lui ait été accordée, il pourrait faire son retour à Kidal. Plusieurs témoins ont affirmé avoir vu des ouvriers s'affairer depuis quelques jours dans sa villa pour faire place nette.
Lire aussi : Enlevés pour être assassinés
Antoine Malo - Le Journal du Dimanche

Mali : "Le prix payé par certains pour que le public soit informé"

Mali : "Le prix payé par certains pour que le public soit informé"
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Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de RFI, exécutés au Mali, le 2 novembre.
Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de RFI, exécutés au Mali, le 2 novembre. | AFP/PIERRE ANDRIEU

Un "crime odieux, abject et révoltant". C'est en ces termes, martelés après une réunion à l'Elysée, que le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a décrit dimanche 3 novembre l'assassinat au Mali de Claude Verlon et de Ghislaine Dupont, envoyés spéciaux de Radio France Internationale (RFI). Mais des interrogations demeurent sur les causes et circonstances de ces meurtres.

"L'un a reçu deux balles, l'autre trois balles", a précisé le chef de la diplomatie française, indiquant que les deux journalistes avaient été enlevés "par un petit commando" devant le domicile d'un responsable touareg qu'ils venaient d'interviewer. Leurs corps ont ensuite été retrouvés à 12 km de Kidal par une patrouille française qui avait été alertée. Ils devraient être rapatriés rapidement et des autopsies seront réalisées en France, selon Marie-Christine Saragosse, PDG de France Médias Monde (dont fait partie RFI).
Dimanche, cette dernière a annoncé qu'elle partait pour Bamako avec la directrice de RFI, Cécile Mégie, et l'adjoint de celle-ci en charge de l'information Afrique, Yves Rocle, pour rapatrier les corps de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon. Le chef de l'Etat a "appelé les familles juste avant de nous recevoir", a-t-elle aussi indiqué, précisant que les ministres des affaires étrangères et de la culture et de la communication, Laurent Fabius et Aurélie Filippetti, devaient se rendre au siège de RFI pour rencontrer les équipes.
Mme Saragosse a également annoncé que la radio diffuserait "tout ce qui avait été enregistré" par les deux journalistes, qui ont été enlevés et tués alors qu'ils préparaient une émission spéciale sur le Mali. "Si la France lutte contre le terrorisme, nous les médias, nous devons lutter pour la liberté de la presse", a-t-elle souligné, et "si nous n'allons plus sur le terrain, alors où est la liberté de la presse ?"
"Ni Ghislaine ni Claude n'étaient des têtes brûlées, ils n'ont pris aucun risque inconsidéré", a assuré Mme Saragosse. C'étaient "des passionnés qui sont morts en allant jusqu'au bout de qu'ils croyaient juste". Quant aux auteurs de leur assassinat, "je ne peux pas dire si ce sont des mafieux crapuleux ou si c'est un acte politique, mais en tous les cas, c'est un acte ignoble", a-t-elle dit.
HOMMAGE AU TRAVAIL DE RFI
La Fédération internationale des journalistes, représentant 600 000 professionnels dans plus de cent pays, a appelé de son côté les journalistes présents au Mali à la prudence. Le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), un groupe de notables touareg de Kidal, a condamné "avec la dernière énergie l'assassinat de deux journalistes de RFI perpétré ce samedi à Kidal", dans un communiqué. Le MNLA a dit, pour sa part, "mettre tout en œuvre pour identifier les coupables" et a condamné ces crimes "avec toute la rigueur" possible.
La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, a exprimé "sa profonde tristesse" devant "cet assassinat odieux", selon un porte-parole. L'UE poursuivra "avec détermination son appui aux autorités maliennes dans leur lutte contre le terrorisme", a-t-elle affirmé. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a rendu hommage au travail de RFI qui fait "un grand effort pour couvrir la réalité dans les zones de conflit, notamment l'Afrique, qui est si proche de nous", a-t-il déclaré.
Dans un communiqué diffusé samedi en fin de journée, les membres du Conseil de sécurité de Nations unies ont également "exprimé leurs condoléances aux familles des victimes" ainsi qu'au gouvernement français, et demandé au Mali d'enquêter "rapidement" sur cette affaire et de "traduire les responsables devant la justice".

Kidal, "ville de tous les dangers" pour les journalistes

Kidal, "ville de tous les dangers" pour les journalistes
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Une photo des deux envoyés spéciaux de RFI tués au Mali, le 3 novembre.
Une photo des deux envoyés spéciaux de RFI tués au Mali, le 3 novembre. | AFP/PIERRE ANDRIEU

 Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI) exécutés samedi 2 novembre par leurs ravisseurs après avoir été enlevés à Kidal, dans le nord du Mali, étaient des journalistes chevronnés, rompus aux terrains de conflit et profondément attachés à l'Afrique.

Rares sont ceux qui, parmi les journalistes occidentaux, se sont rendus ces dernières années et depuis le lancement de l'opération Serval le 11 janvier 2013 dans ce fief de la rébellion touareg.

Choqués par l'assassinat "odieux" de leurs confrères, des journalistes témoignent de leur propre expérience sur ce terrain difficile d'accès où les conditions de sécurité, volatiles, doivent être réévaluées au jour le jour.
Lire : Mali : "le prix payé par certains pour que le public soit informé"
"Ce qui s'est passé est un meurtre lâche. Ça aurait pu m'arriver", confie ainsi Omar Ouahmane, grand reporter à France Culture, qui s'est rendu dans la ville fin juillet pour couvrir l'élection présidentielle et fin septembre.
"Ghislaine et Claude ont été tués car il n'y avait personne pour assurer leur sécurité. Il y a un vide étatique et une totale absence de sécurité à Kidal, qui permet aux groupes armés de prospérer dans cette anarchie. Le MNLA [le mouvement national pour la libération de l'Azawad] n'a pas mandat à assurer la sécurité de la ville. L'armée malienne reste cantonnée dans sa caserne et la force française "Serval", avec ses 200 hommes, joue seulement le rôle de pompier tout comme la Minusma [la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali]", déplore le journaliste.
Dans cette ville du nord-est du Mali, où la population — composée en majorité de Touareg, d'Arabes et de Peuls— vit dans le plus profond dénuement, l'Etat peine à imposer son autorité. L'armée en a été chassée à plusieurs reprises par les mouvements rebelles touareg au cours des dernières années.
Tombée sous le giron des groupes islamistes en mars 2012, la ville de Kidal a été reprise en janvier 2013, au moment de l'opération Serval, par les rebelles touareg du MNLA et du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA) qui ont annoncé coopérer avec les forces française et onusienne. Ces dernières ont pris position dans la ville dès février pour la sécuriser ainsi que pour s'interposer entre les mouvements rebelles touareg et l'armée malienne, toujours en conflit.
UNE VILLE DIFFICILE D'ACCÈS
Pour aller à Kidal, les journalistes doivent donc traverser une plaine désertique, une région frontalière avec l'Algérie et le Niger qui demeure un sanctuaire pour les combattants djihadistes.
"Il y a plusieurs options pour rejoindre Kidal, rapporte Omar Ouahmane, grand reporter chez France Culture. La première, choisie notamment par Ghislaine et Claude, est de s'y rendre avec la Minusma. La seconde est de s'y rendre avec la force française Serval mais dans ce cas, le cadre est très clair, on est 'embedded' ["intégré"] et on reste avec eux. Une autre option est de s'y rendre depuis Niamey, au Niger, avec le MNLA. Certains le font. La dernière option est de faire le trajet jusque Kidal avec l'armée malienne".
Un soldat malien sur la route entre Kidal et Gao, le 26 juillet.
Un soldat malien sur la route entre Kidal et Gao, le 26 juillet. | AFP/KENZO TRIBOUILLARD

L'option privilégiée par Omar Ouahmane a été de se faire escorter par l'armée malienne pendant les six heures que durent le trajet qui relie Gao, la ville située aux portes du désert, à Kidal. "Il faut surtout ne pas se balader seul entre Gao et Kidal, c'est le Far West. Il y a de tout dans ce grand territoire désertique dont on ne voit pas le bout : des bandits, des mouvements armés djihadistes, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Si tu pars seul, tu es sûr d'être kidnappé ou volé", précise-t-il.
Le photographe indépendant Benoît Schaeffer, qui a séjourné à Kidal entre mars et avril, avait lui choisi une autre voie d'accès. "Je suis arrivé à Kidal par un pays limitrophe, en accord et avec le soutien de populations touareg de la ville. Il a fallu que je paye deux passeurs. C'est le reportage le plus cher de ma carrière : 6 540 euros, alors que le pays est l'un des plus pauvres au monde", raconte-t-il, déplorant la réticence des rédactions à envoyer en commande des photographes sur ces terrains à risques.
"UNE VILLE DE TOUS LES DANGERS"
Plus aucun Occidental ne réside aujourd'hui à Kidal, du fait du risque d'enlèvement ou de celui d'être pris entre deux feux, lors des accrochages réguliers entre les rebelles touareg et l'armée malienne.
"C'est une des villes les plus dangereuses. On m'a averti à plusieurs reprises quand j'y étais que des gens cherchaient à enlever des Occidentaux dans la ville", estime Omar Ouahmane.
"Dans mes 25 ans de métier, c'est le reportage le plus difficile qu'il m'ait été donné de réaliser. Tout semble calme mais à chaque instant, en tant que journaliste étranger et seul occidental dans la ville, je suis une cible car potentiellement j'ai une valeur marchande. C'est très anxiogène comme situation", confie également Benoît Schaeffer.
"Tu ne peux pas faire ce que tu veux car si tu t'exposes trop, rencontres trop de gens de façon spontanée, tu es immédiatement repéré. C'est contradictoire avec mon métier, qui est d'aller à la rencontre des populations et de voir comment les gens vivent", déplore-t-il.
Des membres du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) à Kidal, le 26 juillet.
Des membres du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) à Kidal, le 26 juillet. | REBECCA BLACKWELL/AP

"La menace est diffuse, poursuit Donaïg Ledu, grand reporter à France 24, qui était à Kidal pour le premier tour de l'élection présidentielle, le 28 juillet. C'est une ville de chefs de guerre mais personne n'obéit à personne. On ne sait pas qui est qui, qui dit la vérité. Les combattants vont d'un mouvement à un autre au gré de qui paie leur solde, amenant leur véhicule, leurs armes et leurs petits groupes de combattants avec eux. Beaucoup de jeunes gens illettrés ont des kalachnikovs et savent qu'un blanc vaut cinq millions de dollars. On n'est jamais à l'abri d'une opération organisée ou d'une opération montée par des gamins qui cherchent à se faire de l'argent."
Et, comme le souligne Omar Ouahmane, la situation n'a fait que se dégrader depuis juillet. "L'accord passé entre l'armée malienne et les rebelles est devenu caduque. Il y a une multiplication des hommes armés à Kidal et beaucoup d'armes dans la ville", pointe-t-il.
DISCRÉTION ET HYPERVIGILANCE
"La première chose que l'on a fait quand on est arrivé dans la ville est d'être allé voir le chef touareg. C'est une façon symbolique de faire allégeance et de se placer sous sa protection", explique Donaïg Ledu. Une protection qui a toutefois des limites.
"On ne s'est pas senti particulièrement en danger pendant l'élection. Mais on est arrivés le vendredi matin à 9 heures et on a détalé à toute vitesse le lundi à 5 heures. Car, une fois que l'élection présidentielle avait eu lieu, les gens n'avaient plus intérêt à ce que l'on soit là. On sentait qu'il ne fallait pas s'éterniser", admet la journaliste de France 24.
La grand reporter s'est déplacée seule dans la ville avec son fixeur [un accompagnateur sur le terrain] dans une totale liberté. "J'ai un pacte tacite avec le fixeur pour qu'il n'y ait pas de gardes et d'armes en évidence. Mais on sait qu'il y a des armes et que certaines personnes qui nous sont présentées comme des amis, des cousins, sont là pour veiller sur nous", raconte-t-elle.
Pour Omar Ouahmane, qui se déplace seul avec un chauffeur en qui il a une totale confiance, sa seule protection est son chèche, ce foulard d'au moins quatre mètres dont les touareg s'entourent la tête. "Le chèche est un peu notre assurance-vie. Il couvre tout le visage sauf les yeux, on ne peut pas être reconnu", raconte le journaliste de France Culture.
Des casques bleus patrouillent à Kidal, le 27 juillet.
Des casques bleus patrouillent à Kidal, le 27 juillet. | KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Le journaliste confie avoir été une fois confronté à une situation extrêmement dangereuse en septembre, lors d'affrontements violents entre l'armée malienne et les rebelles touaregs qui ont duré deux jours.
"J'ai demandé à être logé au camp de la Minusma, que la mission partage avec la force Serval. Quand la force Serval a eu vent de ma présence, elle m'a mis à la porte à 7 heures du matin. J'ai du traverser la ville, seul, sous le feu. Quatre kilomètres à pied dans une ville où plus aucune voiture et passant ne circulait", raconte-t-il.
Benoît Schaeffer a quant à lui misé sur un dispositif sécuritaire plus étoffé au prix d'une liberté de mouvement restreinte. Pendant ses treize jours passés à Kidal, entre mars et avril, sa sécurité a été totalement assurée par des membres de mouvements touareg.
"Trois gardes du corps armés m'ont accompagné jour et nuit, en plus du guide qui faisait office de chauffeur. Par prudence et sécurité, on te change de logement a minima tous les deux jours et on change toujours de chemin pour rentrer", raconte-t-il.
Le photographe, qui faisait son premier séjour dans la région, a mis en place des mesures de sécurité éprouvées sur d'autres terrains de guerre, comme dans l'Irak post-Saddam Hussein.
"Lorsque je dois rencontrer des personnes, j'applique le 'protocole Bagdad' : quand tu prends rendez-vous avec quelqu'un, tu l'avertis que l'heure et le lieu peuvent être modifiées à tout moment pour éviter toute interception. La clé est de ne jamais rester au même endroit et que personne ne connaisse ton programme", dit-il.
RETOURNER À KIDAL ?
Un membre des forces de l'ONU, à Kidal, le 28 juillet 2013.
Un membre des forces de l'ONU, à Kidal, le 28 juillet 2013. | AP/Rebecca Blackwell

Unanimement, ces trois professionnels aguerris répondent par l'affirmative. "Il faut y retourner, pas dans n'importe quelles conditions car c'est extrêmement dangereux, mais il ne faut abandonner ce territoire capital pour l'avenir du Mali et ne pas laisser les barbares qui ont assassiné Claude et Ghislaine avoir gain de cause", estime Omar Ouahmane.
"Il est urgent de continuer à aller à Kidal, peut-être en attendant un peu", nuance Benoît Schaeffer, tandis que Donaïg Ledu juge que les conditions ne sont pour le moment pas réunies pour un séjour sécurisé. "Je ne dis pas jamais mais vu le contexte actuel, c'est exclu", rapporte la journaliste, qui couvre la rebellion touareg depuis le début des années 1990.
Benoît Schaeffer reconnaît toutefois qu'il préparerait son terrain différemment. "Je ne ferais plus de séjour long à Kidal pour des raisons de sécurité. J'appliquerai le même protocole de sécurité mais renforcé. Le problème est que je ne pourrais plus avoir d'escorte de touaregs armés car on est désormais dans un Etat de droit où la sécurité relève de l'Etat malien. Et, désormais, la Minusma va très certainement fermer un peu la porte au transport des journalistes ", explique le photographe.

Mali : ce qu'a tenté l'armée française après l'enlèvement des envoyés spéciaux de RFI

Mali : ce qu'a tenté l'armée française après l'enlèvement des envoyés spéciaux de RFI

Mali : ce qu'a tenté l'armée française après l'enlèvement des envoyés spéciaux de RFI

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Un hélicoptère Puma, près de Bourem, dans le nord du Mali, le 1er novembre.
Un hélicoptère Puma, près de Bourem, dans le nord du Mali, le 1er novembre. | AFP/PHILIPPE DESMAZES

Plusieurs moyens de la force française Serval au Mali, engagés dans des opérations en cours, ont été dépêchés, en vain, vers Kidal, pour tenter de secourir Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI) assassinés le 2 novembre, a précisé l'état-major de l'armée française, jeudi 7 novembre.

Outre les deux hélicoptères de Tessalit, à qui le quartier général de Gao a donné l'ordre d'annuler une mission prévue pour décoller en urgence, deux Rafale ont été détournés d'une opération dans l'extrême nord du Mali pour tenter d'intercepter les ravisseurs. Hélicoptères et avions arrivèrent tous sur la zone sans avoir pu intervenir.
C'est un convoi parti par la piste vers l'est, en direction de Tin-Essako, qui a découvert le véhicule des ravisseurs à 14 h 30, soit une heure après l'alerte donnée par un habitant de Kidal à la force Serval.
RAFALE, HÉLICOPTÈRES ET PATROUILLE AU SOL
Les Rafale sont arrivés sur ce point, à 12 km de la ville, en même temps que cette patrouille au sol, a expliqué le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'état major de l'armée française. Selon lui, "en fouillant les approches", pour s'assurer que la zone n'était pas piégée, les militaires de la patrouille au sol découvrirent les corps sans vie des deux envoyés spéciaux "aux alentours de 14 h 50".
Les hélicoptères sont arrivés eux quarante minutes plus tard, compte tenu des distances, près de 250 km, entre Tessalit et Kidal, où aucun appareil n'est stationné en permanence.
"Une force capable de réorienter un avion de chasse configuré pour une mission donnée, ainsi que d'autres moyens, en cinquante minutes est une force très entraînée", a justifié l’état-major en réponse à des questions de la presse sur la réactivité de Serval.
ÉVITEMENT ET ARMEMENT
Aucune précision n'a été fournie sur la façon dont les ravisseurs ont pu ou non être pistés par la suite ; leur véhicule abandonné, ils ont pu être emmenés par un autre pick-up. "Des actions combinées de renseignement se poursuivent", a simplement ajouté le colonel Jaron.
Douze hélicoptères de Serval sur seize – pour ce qui concerne les forces conventionnelles – étaient mobilisés ces jours derniers pour l'opération Hydre. Cette vaste opération de contrôle de zone a été menée du 20 octobre au 3 novembre avec 1 500 soldats français, maliens et onusiens.
Elle n'a, officiellement, pas permis d'arrêter ou de neutraliser de chefs djihadistes. Dans la région de Gao, ces derniers n'ont pas cessé de s'armer, selon les sources militaires françaises, mais ils poursuivent leur stratégie d'évitement : "Nous avons eu confirmation de leur mode d'action. A l'approche des forces, l'adversaire tente d'échapper au combat. Et nous n'avons pas retrouvé d'armement significatif", a encore précisé le colonel Jaron.
UNE IMPORTANTE PLATEFORME LOGISTIQUE NEUTRALISÉE
Des sources sur le terrain avaient cependant révélé au Monde que des caches d'armes "résiduelles" avaient été découvertes. L'état-major a annoncé jeudi qu'une plateforme logistique importante a été neutralisée près de Tombouctou.
Organisée de façon militaire "comme l'aurait fait l'armée française, elle comportait en plusieurs lieux du ravitaillement, des véhicules, et des moyens de soutien aux combattants.
Entre juin et octobre, soit les cent vingt premiers jours de Serval II, les Français ont été en opération pendant quatre-vingt-dix jours au total. Trente tonnes d'armement et une tonne et demie de matières explosives ont été découvertes, ainsi que des ateliers de fabrication de bombes artisanales.
Deux accrochages seulement se sont produits. Le premier le 14 septembre à Bourem, où Serval a fait trois prisonniers, l'un étant mort de ses blessures. Le second à Tombouctou le 1er octobre, au cours duquel les forces spéciales ont tué 10 djihadistes.

jeudi 31 octobre 2013

Malijet Otages français / Hollande et IBK réhabilitent Ansar Dine Mali Bamako

Malijet Otages français / Hollande et IBK réhabilitent Ansar Dine Mali BamakoHollande et IBK réhabilitent Ansar Dine
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Otages français  / Hollande et IBK réhabilitent Ansar Dine
Hamada Ag Hama, dit Abdelkrim le Targui ou Abdelkrim Taleb est le cousin d’Iyad Ag Ghaly qui a joué la pièce maîtresse dans la libération de otages français. Ce proche du leader de Ansar Dine et de la même tribu que lui, est le chef de la Katiba al-Ansar, la seule dirigée par un touareg, parmi les quatre Katibas d’Aqmi au Mali. Abdelkrim le Targui est en outre, l’Imam adjoint de la mosquée construite par Iyad Ag Ghaly à Kidal (selon les précisions apportées par le ministre Soumeylou Boubeye Maïga sur Rfi, le 30 Octobre).
Le fait d’être Touareg, cousin d’Iyad et chef de Katiba d’Aqmi a fait d’Abdelkrim le Targui un acteur privilégié de cette libération. Le correspondant de Rfi au Niger Moussa Kaka n’a-t-il pas indiqué que le conseiller spécial du président nigérien Mohamed Akotey était en contact avec un Touareg malien ? Moussa Kaka a parlé « des garanties politiques », de « sécurité » et d’autres assurances politiques pour Iyad Ag Ghaly.
Par ailleurs, Moussa Kaka a souligné le rôle important joué par Hamada Ag Bibi député d’Abeibara dans la libération des otages français.
En fin septembre, nous avons publié une information qui prend du relief aujourd’hui, à propos du retour des Jihadistes à Kidal. Nous écrivions : « Les Jihadistes sont de retour à Kidal … Avant d’y entrer en convoi, … les dimanche 22 et lundi 23 septembre, a eu lieu à Gharous Khayoum, à une quarantaine de km de Kidal une importante rencontre où tous les Commandants de Iyad Ag Ghali étaient présents : Ibrahim Ag Inawelan dit Ibrahim Bina (celui qui a organisé la lapidation d’un couple à Aguel Hoc le 29 juin 2013), Commandant Ayoub Ag Assarid, Commandant Malick Wanesnat, Inawalen Ag Ahmed (qui est de la douane). Ils seraient venus à bord d’une dizaine de véhicules bourrés de combattants … Ces Commandants seraient entrés à Kidal le 25 septembre, probablement à l’insu de l’Etat malien, et avec Algabass Ag Intalla à la tête du convoi. Un article de Libération.fr mettait Iyad Ag Ghali au centre des négociations. « Originaire de Kidal, chef-lieu de l’Adrar des Ifoghas, Iyad ag-Ghaly se cacherait dans sa région natale, protégé par les siens. Selon une source proche du dossier, cette figure de la galaxie touareg aurait pu récupérer la garde des otages. Au minimum, il aurait réussi à se placer au centre des tractations menées par la DGSE », selon Liberation.fr. En effet des sources indiquent la présence de Français à la rencontre de Gharous Khayoum. Etaient-ils de la DGSE ou des Forces Serval ? Le vide au nord du fait de la déliquescence de l’Etat crée les conditions d’un retour des Djihadistes purs et durs. On raconte que Iyad est dans la région », avait écrit Le Républicain.
Législatives et connexions jihadistes
A l’heure des législatives, Inawelen Ag Ahmed est aujourd’hui, le candidat du Rpm à la députation pour le cercle de Kidal. Et Hamada Ag Bibi le candidat à Abeibara
Mohamed Ag Intallah est le candidat du Rpm à Tin-Essako. Il est le président du Haut Conseil de l’Unité de l’Azawad et un des proches de Iyad Ag Ghaly, qui n’a jamais fait mystère de son projet de réhabiliter Iyad Ag Ghaly.
Dans la région de Kidal, et dans les quatre localités (Tessalit, Tinessako, Abeibara et Kidal), trois des quatre candidats Rpm sont des hommes de Iyad Ag Ghaly. Que peut-on en déduire à la lumière de la réhabilitation de Iyad par la France ?
Iyad qui est classé sur la liste noire des terroristes par les Etats Unis et qui fait l’objet de mandat d’arrêt international, est un homme clé dans la libération des otages français. Que déduire à la lumières des assurances et des garanties politiques demandées par Iyad ?
Parmi ces assurances, n’y a –t-il pas que le président du parti présidentiel mette sur la liste des législatives les principaux lieutenants de Iyad dans la région de Kidal ? Leur présence sur la liste du Rpm et les rôles qu’ils ont joué dans la libération des otages équivalent à une réhabilitation de Ansar Dine, au moment où son leader Iyad est sur la liste noire des Américains et qu’il fait l’objet de mandat d’arrêt international.
Les rançons
Selon la presse internationale, entre 20 et 25 millions d’euros ont été payés. Et c’est entre 13 et 16 millions lord de précédentes libérations. Bref, c’est entre 33 et 41 millions d’euros payés aux ravisseurs pour la libération des otages. Ce qui veut dire que Iyad Ag Ghaly, Hamada Ag Bibi, et toute la chaine d’Ansar Dine a été abondamment arrosée dans l’affaire des otages.
La France qui a mis des milliaires pour briser la colonne vertébrale de Ansar Dine et d’Aqmi, les alimentent à nouveau par le payement des rançons aux ravisseurs (émissaires d’Abou Zeid) et aux intermédiaires d’Ansar Dine.
B. Daou

Malijet La justice délivre un mandat d'amener contre le général Sanogo Mali Bamako

Malijet La justice délivre un mandat d'amener contre le général Sanogo Mali Bamako
La justice malienne a délivé 17 mandats d'amener contre des militaires dans le cadre de l'enquête sur les combats entre bérets verts pro-Sanogo et bérets rouges pro-ATT survenus le 30 avril 2012 à Bamako. L'ex-leader de la junte doit comparaître, jeudi après-midi, devant un juge d'instruction.
À la demande du juge d'instruction Yaya Karembe, 17 mandats d'amener ont été émis par la justice malienne à l'encontre de militaires impliqués dans les combats du 30 avril 2012 entre bérets rouges favorables à l'ex-capitaine Amadou Haya Sanogo, aujourd'hui général, et les bérets verts du camp parachutiste de Djicoroni, à Bamako, favorables à l'ancien président destitué le 22 mars 2012.
S'il incombait au président Ibrahim Boubacar Keïta de définir les conditions d'exécution de ce mandat, Sanogo et son secrétaire particulier devaient comparaître, mercredi après midi, devant le juge d'instruction. Qui décidera, à l'issue de cette comparution, de les inculper ou non. La CPI semble également s'intéresser de près au cas de l'ex-leader de la junte pour ces mêmes faits.


31/10/2013 à 17:24 Par Dorothée Thiénot, à Bamako
Source: Jeune Afrique

Kidal : Iyad Ag Ghaly est-il sauvé ? - maliweb.net

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Kidal : Iyad Ag Ghaly est-il sauvé ?

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Iyad Ag Ghali, le leader du groupe islamiste armé Ansar Dine (g), le 7 août 2012 à Kidal (AFP)
Iyad Ag Ghali, le leader du groupe islamiste armé Ansar Dine (g), le 7 août 2012 à Kidal (AFP)
Iyad Ag Ghaly, il n’est pas seulement le fondateur et chef du mouvement terroriste Ançardine. Il est aussi et surtout celui qui a planifié et dirigé l’attaque de la horde de djihadistes contre la localité de Konna (Mopti), le 9 janvier 2013. Une attaque qui déclencha l’opération Serval. Finalité : la libération des régions nord du Mali. Depuis, Iyad a miraculeusement disparu. Le terroriste, dont l’organisation a été classée par les Américains parmi les organisations terroristes, vient de rebondir au devant de la scène avec la libération des otages français enlévés, en septembre 2010, au Niger. Iyad Ag Ghaly n’est pas un humanitaire, il ne dirige pas non plus une association de bienfaisance. C’est un criminel qui, pour se sauver, a négocié son propre sort, en même temps que la libération des otages. Alors, ce terroriste recherché par l’ensemble des forces de sécurité pourrait jouir d’une impunité totale et vaquer désormais à ses occupations entre Kidal, l’Algérie et la Libye. Avec, en guise de cerise sur le gâteau, un pactole d’euros qui lui garantit de beaux jours dans le désert saharien. Manœuvrier, Iyad l’a toujours été. Il a toujours su se tirer des situations difficiles avec une habilité déconcertante.
Les preuves.
En 1990, c’est lui qui déclencha la rébellion qui, finalement, avait touché presque toutes les régions du nord du Mali. Après des négociations menées en Algérie, en France et sur place au Mali, le gouvernement conclut un accord (en 1992) avec les Mouvements et fronts unifiés de l’Azawad (Mfua).
Iyad, au lieu d’intégrer l’armée, préféra monter « ses propres affaires ». Il aurait touché, à l’époque, un joli pactole de la part de l’Etat malien. Dès lors, Iyad prend goût à l’argent facile. Il noue de solides liens avec les réseaux terroristes et mafieux implantés un peu partout au nord du Mali et dans des pays voisins, notamment l’Algérie et le Niger.
Le négociateur et l’activiste
C’est alors que Iyad se forge un nouveau talent, celui de « négociateur » lors des prises d’otages.
A cet effet, il est intervenu dans plusieurs négociations concernant la libération d’otages dans le Sahel. En fait, la duplicité a toujours été le point fort de cet activiste. Qui a toujours su, en effet, manœuvrer entre l’Etat et les différents groupes terroristes, notamment Aqmi. Aussi, Iyad était le parrain de groupuscules terroristes qui jouaient souvent le rôle d’intermédiaires dans les rapts. En clair, ces groupuscules, à la solde de Iyad et d’autres chefs touaregs du nord, enlevaient les Occidentaux, puis les revendaient aux gros groupes que sont Aqmi et le Mujao. Il semble qu’au Sahel un otage occidental avait une valeur marchande de l’ordre de 10 millions de FCFA dans le Sahel.
En plus de la négociation, Iyad Ag Ghaly se livrait à d’autres activités obscures entre Kidal, Bamako et l’extérieur. Cependant, l’aventurieux et le chef de guerre qu’il était ne renonçait jamais à l’une de ses revendications premières : l’indépendance de l’Azawad.
En 2006, exactement le 23 mai, il tire les ficelles d’une insurrection dirigée par Ibrahim Ag Bahanga. Les deux hommes (Iyad et Bahanga) partagent en commun leur goût prononcé pour l’argent, surtout le gain facile.
A l’époque, les Ifoghas, pour justifier cette nouvelle rébellion (déclenchée à Kidal), accusaient les autorités de les marginaliser. Or, la réalité était toute autre. Iyad avait tenté de soumettre le président ATT à un chantage. En vain.
Cette nouvelle crise s’est finalement soldée par la signature de l’Accord d’Alger, le 04 juillet 2006.
Cerveau de l’attaque de Konna
Mais pour tenter de calmer Iyad et surtout l’éloigner du pays, ATT le nomme Agent consulaire à Djeddah. Pas pour longtemps. L’agitateur fut expulsé au terme d’une mission qui n’aura duré que quelques mois. Il était accusé par les Saoudiens de mener des activités subversives et de s’adonner à divers genres de trafics douteux.
Revenu au pays, Iyad Ag Ghaly reste à Bamako. Dans la capitale, il s’était construit un appartement de haut standing au quartier Kalaban Coura.
Le chef rebelle, entre temps, s’était complètement métamorphosé. Il verse dans la pratique de l’islam. Il devient adepte d’une secte religieuse et fréquente assidument certaines mosquées de la capitale. Le nouveau Iyad se révèle aux Maliens avec des barbes impressionnantes.
Il multiplie les contacts au nord du Mali, notamment à Kidal. Visiblement, Iyad attendait le moment propice pour passer à l’action.
Il n’attendra pas longtemps. Car, en octobre 2011, le retour massif de déserteurs libyens au nord du Mali constitue une aubaine pour le terroriste. Il rejoint ces libyens dans les massifs de l’Adrar. Au même moment, il organise la désertion des soldats touaregs (Ifoghas) intégrés dans l’armée malienne. Iyad sillonne les localités du nord et multiplie les contacts avec les chefs de tribus et les milieux islamistes. En fait, il tente de les sensibliser sur le contenu de son projet de création d’un « Etat islamique de l’Azawad ».
Pour la réalisation de ce projet, il savait qu’il pouvait compter sur les autres groupes terroristes notamment le Mnla, Aqmi et le Mujao. C’est alors que ces trois groupes s’associent à Ançardine à partir de janvier 2012, pour déclencher des attaques simultanées dans la partie septentrionale du Mali. L’horreur et la barbarie ont été perpétrées à Aguel Hoc, où des prisonniers de guerre avaient été désarmés, ligotés et égorgés. Cette attaque d’Aguel Hoc avait été revendiquée par le Mnla et Ançardine.
De janvier 2012 à janvier 2013, Iyad et ses accolytes ont mis le nord du Mali à feu et à sang.
Et le coup d’Etat perpetré à Bamako, en mars 2012, fut un coup de pouce salutaire pour la horde de terroristes. Cela, malgré ce qui avait été dit par les putschistes de Kati dont l’action avait précipité la chute des régions du nord. Et, conscient du vide sécuritaire né du coup d’Etat, Iyad avait l’intention de pousser le bouchon suffisamment trop loin …. D’où son idée d’attaquer Konna et de s’emparer de Bamako, où il devait proclamer une République islamique. La suite, on la connait. Aujourd’hui, l’on pense même que Iyad a été épargné par la France et couvert par elle dans sa retraite du massif de l’Adrar afin de pouvoir négocier avec lui ou via lui la libération de ses ressortissants détenus dans le nord du Mali.
Ce criminel de guerre, dont les partisans détenaient finalement les otages français, réussira-t-il une nouvelle fois à passer entre les mailles ? Sans doute.
CH Sylla

mercredi 30 octobre 2013

Iyad Ag Ghali, homme-clé de la libération des otages ? - maliweb.net

Iyad Ag Ghali, homme-clé de la libération des otages ? - maliweb.net
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Iyad Ag Ghali, dans Kidal, nord du Mali, 7 august, 2012.
Iyad Ag Ghali, dans Kidal, nord du Mali, 7 august, 2012.
Le chef rebelle islamiste, qui a combattu la France au Mali mais qui est également proche d’un responsable de l’une des filiales d’Areva, aurait joué un rôle majeur dans la libération des otages français au Sahel.

Source: itele.fr

Otages d’Arlit: les dessous d'une libération

Otages d’Arlit: les dessous d'une libération
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Le président nigérien, Mahamadou Issoufou (au centre), Laurent Fabius (à droite) et Jean-Yves Le Drian, aux côtés des quatre ex-otages français, mardi 29 octobre à Niamey. [CREDIT]ECPAD/REUTERS
Le président nigérien, Mahamadou Issoufou (au centre), Laurent Fabius (à droite) et Jean-Yves Le Drian, aux côtés des quatre ex-otages français, mardi 29 octobre à Niamey. | ECPAD/REUTERS

Pour mettre un terme aux trois ans de détention des quatre derniers otages français d'Arlit, Pierre Legrand, Daniel Larribe, Thierry Dol et Marc Féret, il aura fallu une opération de récupération de huit jours, le versement d'une rançon et des mois de négociations. Les quatre hommes ont recouvré la liberté, mardi 29 octobre.

Apparemment en bonne santé, ils ont été accueillis à Niamey, la capitale du Niger, par les ministres français de la défense et des affaires étrangères, Jean-Yves le Drian et Laurent Fabius.
Lire aussi le récit de leur détention : Les otages français enlevés au Niger ont été libérés
Les dix-huit hommes, des Français et des touaregs, qui les ont récupérés à l'extrême nord-ouest du Mali, près des frontières mauritanienne et algérienne, ont quitté, le 21 octobre, la petite ville de Kidal, au coeur du Sahel, à bord de plusieurs véhicules. Ils ont laissé derrière eux tous leurs outils de communications.
« PLUS D'UNE VINGTAINE DE MILLIONS D'EUROS »
Totalement coupés du monde, ils veulent éviter d'être traqués par les grandes oreilles américaines mais également françaises et protéger les ravisseurs de tirs de drones dès que les otages seront entre leurs mains. Pour l'aller comme pour le retour, le convoi évite les voies directes. On ne saura s'ils ont réussi leur mission qu'à leur retour à Kidal. Le plan initial prévoit un retour entre les vendredi 25 et dimanche 27 au soir.
Le trajet dans l'extrême nord désertique du Mali promet d'être tendu. Le 20 octobre, l'armée française a lancé une vaste opération de ratissage, bien plus au sud. Au nord, la zone grouille de petits groupes djihadistes incontrôlables. Selon une source française connaissant les détails de cette opération, des membres de la DGSE ont remis aux membres du convoi, la veille de leur départ de Kidal, la « contrepartie » à la libération des otages, « plus d'une vingtaine de millions d'euros ».
Il a été convenu à l'avance que les ravisseurs devaient d'abord regrouper les quatre otages qui avaient été séparés au mois de juillet. Puis de les laisser, seuls, deux ou trois jours, dans un endroit sécurisé avec de l'eau et de la nourriture. A un autre endroit, les preneurs d'otages devaient ensuite échanger l'argent contre les coordonnées GPS permettant de localiser les quatre Français. Le convoi est revenu à Kidal le mardi 29 octobre d'où les ex-otages s'envolent pour Niamey.
LUTTES ENTRE DES RÉSEAUX FRANCO-FRANÇAIS
C'est l'épilogue de six mois de tractations ponctuées de négociations parallèles, de luttes entre des réseaux franco-français et d'une volte-face du président Hollande.
Cette issue heureuse trouve son origine au mois de décembre 2012. L'Elysée ordonne alors à Erard Corbin de Mangoux, le directeur de la DGSE, de « débrancher » un négociateur français qui tient alors encore le haut du pavé après avoir fait libérer, en février 2011, les trois premiers otages d'Arlit. Jean-Marc Gadoullet, ex-DGSE reconverti dans la sécurité au Niger et au Mali, met en avant ses contacts avec le groupe de ravisseurs dirigé par l'émir Abou Zeid. Mais l'absence de résultats et le déficit croissant de confiance signent sa mise hors jeu.
Le conseil restreint de défense, à l'Elysée, le 29 décembre 2012, lui accorde un répit jusqu'au 10 janvier, la veille du lancement de l'opération militaire française « Serval » contre les groupes djihadistes au Mali qui va tout geler.
LE MINISTÈRE DE LA DÉFENSE PREND LA MAIN
Il faut attendre le mois de mai pour que des négociations soient relancées. L'opération Serval a baissé en intensité, la France compte un nouveau directeur de la DGSE, le diplomate Bernard Bajolet. Jean-Marc Gadoullet est officiellement écarté du dispositif, tout comme les entreprises qui employaient les otages.
Le ministère de la défense prend la main et promeut la solution présentée par le président de la société de sécurité Amarante, Pierre-Antoine Lorenzi, un ancien des cabinets ministériels socialistes, proche de Cédric Lewandowski, le directeur de cabinet de Jean-Yves Le Drian.
Ce « plan B » passe par le Niger. M. Lorenzi travaille avec Mohamed Akotey, homme de confiance du président nigérien, Mahamadou Issoufou. Il est également président du conseil d'administration d'Imouraren SA, la filiale Niger d'Areva et neveu de Mano Dayak, un ex-chef rebelle touareg. Intermédiaire privilégié des groupes djihadistes de la région sahélienne, Mohamed Akotey avait le contact avec Abou Zeid jusqu'à la mort de ce dernier, en février, dans des affrontements pendant l'intervention française. Il a conservé le lien avec les lieutenants d'Abou Zeid.
AU MOIS DE MAI, JEAN-YVES LE DRIAN SE REND À NIAMEY
Mohamed Akotey dirigera le convoi qui récupérera les otages. Mais avant cela, il mène les pourparlers avec Choureb, le successeur d'Abou Zeid à la tête de la Katiba qui retient les Français. Selon un membre des services de renseignement français au Mali, il a aussi le contact avec Mokhtar Belmokhtar, l'un des chefs redoutés d'AQMI. Les relations avec les ravisseurs ne sont pas aisées. Les Français ont tué leur chef mais ils veulent être payés.
Au cours du mois de mai, Jean-Yves le Drian se rend à Niamey (il y retournera discrètement au moins deux fois) pour valider l'option Lorenzi-Akotey auprès du président Issoufou. François Hollande donne son feu vert. Mais, à partir de juin, le directeur de la DGSE, entame également ses négociations avec l'Etat nigérien.
Deux voies s'opposent sur des questions de personnes mais aussi sur des points de doctrine. Selon une source au sein du ministère de la défense, M. Bajolet, fidèle à la ligne fixée par le chef de l'Etat début 2013, défend une ligne de discussions sans versement de rançon pour la libération d'otages.
L'ARGENT A ÉTÉ PRÉLEVÉ SUR LES FONDS SECRETS
D'après plusieurs intervenants, la situation se tend fin juin entre le président nigérien et la DGSE. Visiblement contrarié par la volonté de M. Bajolet de contrôler le processus engagé, M. Issoufou décide de mettre ses moyens aériens au service du duo Lorenzi-Akotey pour poursuivre les négociations financières avec les ravisseurs.
Lorsque la partie nigérienne estime que la négociation est ficelée, le président Issoufou appelle son homologue français et lui présente les termes d'un accord. On peut les sortir mais il faut payer, dit-il en substance. François Hollande donne son accord, contredisant ses déclarations devant les familles des otages d'Arlit en janvier auxquelles il assurait que la France ne paierait plus.
Il reviendra au secrétaire général de l'Elysée, Pierre-René Lemas, de prévenir le directeur de la DGSE de la solution retenue. Selon nos informations, l'argent a été prélevé sur les fonds secrets alloués aux services de renseignement. La somme a été acheminée par la DGSE jusqu'à Kidal puis remise à Mohamed Akotey et aux hommes d'Amarante. Les services français apportent la logistique (voitures, armes, hélicoptères, avion). Amarante fournit les contacts locaux.
L'ELYSÉE A DÉMENTI TOUT VERSEMENT DE RANÇON
La gestion du dossier d'Arlit n'a pas été exempte de sous-entendus. Le ministère de la défense – qui regrette, en privé, que le nouveau patron de la DGSE privilégie sa relation avec l'Elysée plutôt qu'avec son ministère de tutelle – a soutenu sans faille le duo Lorenzi-Akotey. Pour sa part, le président nigérien a rappelé, lors d'un entretien avec M. Hollande, que son aide pourrait lui valoir, en retour, un coup de pouce dans ses négociations avec Areva. L'entreprise publique française refuse en effet les termes financiers proposés par Niamey pour renouveler sa concession d'exploitation d'uranium avant la fin de l'année.
Sollicité par Le Monde, MM. Bajolet et Lewandowski ont refusé de s'exprimer sur cette affaire. L'Elysée a démenti tout versement de rançon