lundi 1 octobre 2012

AFRICATIME - Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet

Guêpier malien, la vengeance de Kadhafi

Une intervention des forces de la Cédéao encadrées par les Américains et les Français n’est pas chose aisée, d’autant plus qu’une partie des militaires maliens ex-putschistes est résolument hostile à l’idée.

Des combattants du Mujao dans le Nord du Mali, le 10 septembre 2012. Reuters
 Entre janvier et avril de cette année, la situation au Mali a brutalement basculé. Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), avec dans son sillage les islamistes d’Ansar Dine et du Mouvement pour l’unité et le djihad en Afrique de l’Ouest, une branche d’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), s’est emparé de tout le nord du pays à l’issue d’une campagne fulgurante, face, il est vrai, à l’opposition dérisoire des forces armées maliennes.
En mars, un coup d’Etat lancé par des officiers maliens achevait de saper les maigres capacités de défense du Sud. Puis, sous la pression de la Cédéao, les militaires ont laissé le pouvoir au gouvernement civil, qui s’est pour sa part engagé à mener «une guerre totale» contre l’insurrection touareg au nord.
Cet été, ce sont les rebelles qui se sont divisés à leur tour. Les divergences de vue entre les nationalistes touareg et les islamistes ont fini par dégénérer en conflit ouvert. Après de brefs combats et au prix de quelques dizaines de tués, le MNLA a été chassé de la ville de Gao à la fin du mois de juin. Début juillet, les islamistes prenaient Tombouctou.
En fait de «guerre totale», Bamako donne surtout des signes d’impuissance, appelant à l’aide les Nations unies dans l’espoir qu’une intervention internationale parvienne à rétablir la situation au nord. Beaucoup estiment que la partition de facto du Mali est désormais irréversible.

L'ombre du colonel Kadhafi

Dès le mois d’avril, l’appel à l’intervention étrangère était repris en écho dans les médias occidentaux. Le Washington Post considérait même que
«la France, qui avait pris la tête de l’intervention de l’OTAN en Libye et utilisé ses troupes pour défendre la démocratie en Côte d’Ivoire l’an dernier, semble prête à appuyer une intervention éventuelle, du mois sur le plan logistique. Paris et ses partenaires de l’Otan devraient s’estimer moralement tenus de rétablir l’ordre au Mali. L’Occident ne devrait pas permettre que son intervention en Libye entraîne la destruction de la démocratie et l’implantation du militantisme islamique dans un Etat voisin».
L’ombre du colonel Kadhafi est omniprésente dans le conflit malien. En effet, dans les mois qui ont suivi la chute et la mort du dictateur libyen, des milliers de combattants venus du Mali et du Sahel, pour la plupart des Touaregs dont beaucoup s’étaient battus aux côtés de Kadhafi, sont rentrés chez eux armés jusqu’aux dents. Avec un aplomb étonnant, le Washington Post va même jusqu’à s’en plaindre, lui qui était parmi les plus actifs quand il s’agissait d’appeler à l’intervention en Libye:
«Les Etats-Unis et leurs alliés de l’Otan ont pris un grand risque l’an dernier en Libye. Non en soutenant la rébellion contre le dictateur Mouammar Kadhafi, mais en ne faisant rien ou presque pour aider les rebelles victorieux dans le domaine de la sécurité après la guerre. […] Pendant ce temps, d’anciens combattants kadhafistes et des armes déferlent sur les pays voisins.»

La «cavalerie Toyota» des islamistes

Quoi qu’il en soit, et aussi grave soient-ils, les affrontements dans le nord du Mali restent un conflit de faible intensité. Les effectifs impliqués sont modestes. Le MNLA Mouvement National de Liberation de l'Azawad (Mouvement national de Libération de l’Azawad) aligne 3.000 hommes tout au plus, tandis que les diverses factions islamistes ne disposeraient que de quelques centaines de combattants (certaines sources évoquent cependant le chiffre de 6.000).
Cela ne veut pas dire que leur capacité de nuisance soit négligeable, et la crise dans la région pourrait fort bien s’éterniser, compte tenu de l’immensité de la région tenue par les rebelles. De petits groupes mobiles —la «cavalerie Toyota» a encore de beaux jours devant-elle— dotés de lance-roquettes et de lance-missiles sont difficiles à arrêter et à neutraliser.
En face, les forces armées maliennes, numériquement supérieures (au moins 7.000 soldats, sans compter les unités paramilitaires comme la gendarmerie), sont totalement dépassées. Equipées de matériel obsolète datant au mieux des années soixante-dix, elles ne peuvent compter que sur quelques hélicoptères de combat de type Mi-24 entretenus et armés par des mercenaires ukrainiens, lesquels seraient actuellement surtout occupés à tenter de réparer leurs engins vieillissants et mis à rude épreuve par les conditions climatiques locales.
Pour Bamako, l’espoir réside donc dans une intervention extérieure, à laquelle la Cédéao serait prête, semble-t-il. Les militaires maliens ne veulent apparemment pas en entendre parler, et ne réclament qu’un appui matériel. On évoque malgré tout la participation de quelque 3.300 hommes à cette opération éventuelle, essentiellement déployés par le Nigeria, le Sénégal et le Niger.

Paris songe à d'autres solutions

Quel serait le rôle de la France dans une telle intervention? Il se bornerait à assurer la logistique, maintient-on à Paris. Les Etats-Unis pourraient se charger du transport et lanceraient également des drones depuis leur base en Ethiopie, les Français s’occuperaient du soutien et du ravitaillement. Et de la formation d’unités spéciales africaines pour lutter plus particulièrement contre Aqmi. Les islamistes détenant des otages français, la France doit effectivement se montrer prudente.
On le voit, une intervention des forces de la Cédéao encadrées par les Américains et les Français n’est pas chose aisée, d’autant plus qu’une partie des militaires maliens ex-putschistes est résolument hostile à l’idée.
Nul doute qu’à Paris, on songe déjà à d’autres solutions, des solutions moins visibles, mais qui ont fait leurs preuves depuis le début de la décolonisation. Si de telles solutions sont à l’étude, voire déjà mises en œuvre, nous n’en saurons rien, nous autres simples mortels. Nous serons mis devant le fait accompli, une fois l’affaire réglée, si jamais elle se règle. Et l’on nous parlera même officiellement d’une solution «africaine».
Roman Rijka
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Libye - Les services secrets français ont-ils tué Kadhafi? | Slate Afrique

Libye - Les services secrets français ont-ils tué Kadhafi? | Slate Afrique
Une bombe médiatique vient de tomber au sujet de la mort de l’ex-guide Libyen, a indiqué Le Parisien. Dès le 29 septembre, le quotidien italien Il Corriere della Sera avait ainsi affirmé qu’«un agent français (était) derrière la mort de Kadhafi».
Les informations révélées par l’ancien Premier ministre du gouvernement de transition libyen et président du conseil exécutif du CNT (Conseil National de Transition) Mahmoud Jibril ont indiqué que le coup de feu à la tête qui avait tué le colonel Kadhafi aurait été directement tiré par un membre des services secrets français. «Un agent étranger était infiltré avec les brigades révolutionnaires pour tuer le colonel Kadhafi»a ainsi expliqué Mahmoud Jibril à la télévision égyptienne Dream TV.Le Corriere della Sera a ajouté que les milieux diplomatiques occidentaux à Tripoli avaient toujours eu vent de la présence d’agents étrangers au sein des brigades révolutionnaires, qui, à l’évidence, ne pouvaient être que français.
En effet, une source diplomatique européenne basée à Tripoli a affirmé au Corriere della Sera que «Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel et le plus rapidement possible».
Mouammar Kadhafi et son entourage avaient ainsi menacé de divulguer un secret pouvant nuire à l'ex-président français, concernant une importante somme d'argent que ce dernier aurait reçu de leurs mains pour financer sa campagne présidentielle de 2007.
Ces révélations interviennent quelques jours après le décès de celui qui se présentait jusqu’alors, comme le tueur de Mouammar Kadhafi: Omran ben Chaabane , 22 ans, détenu par les partisans de l’ex-guide libyen pendant 50 jours. Après avoir été relâché, il avait pu fuir à Paris où il était mort des suites des tortures qu'il avait subies.
Lu sur Le Parisien, Corriere dell Sera
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Le MNLA appelle au dialogue au Mali (Magharebia.com)

Le MNLA appelle au dialogue au Mali (Magharebia.com)
[AFP/Romaric Ollo Hein] Les islamistes qui occupent le nord du Mali pourraient bientôt être confrontés à une intervention militaire internationale.Les séparatistes touaregs se disent prêts à négocier une solution politique au conflit du Mali qui dure depuis des mois.
Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott – 30/09/12
[AFP/Romaric Ollo Hein] Les islamistes qui occupent le nord du Mali pourraient bientôt être confrontés à une intervention militaire internationale. [AFP/Romaric Ollo Hein] Les islamistes qui occupent le nord du Mali pourraient bientôt être confrontés à une intervention militaire internationale.

Le Premier ministre malien Cheikh Modibo Diarra a rejeté samedi 29 septembre les appels en faveur de discussions avec les islamistes armés qui contrôlent le nord du pays, a fait savoir l'AFP.
"L'heure n'est plus aux négociations", a déclaré Diarra au quotidien Le Monde, expliquant que la situation se détériorait "jour après jour, avec des amputations, des flagellations, des viols, [et] la destruction de sites" par les islamistes radicaux.
Le Premier ministre a également refusé de parler avec les séparatistes touaregs d'obédience laïque du Mouvement national pour la libération de l'Azaouad (MNLA). Le MNLA avait lancé le 22 septembre un appel au dialogue avec les autorités maliennes, se disant prêt à négocier une solution politique à ce conflit "dans l'intérêt des Azaouadis et du peuple malien".
Cet appel aux discussions avait été lancé alors que se poursuivent les préparatifs de mise en place d'une force d'intervention militaire dans le nord du Mali.
Le MNLA avait dirigé la rébellion contre le gouvernement malien avant d'être expulsé des principales villes de l'Azaouad par al-Qaida et ses alliés, notamment Ansar al-Din et le Mouvement pour l'unité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO).
Par ailleurs, le communiqué du MNLA ajoute que le groupe rejette catégoriquement les négociations entre le gouvernement malien et ce qu'il appelle des "groupes de contrebandiers et de terroristes", en référence aux groupes islamiques armés.
Le communiqué du MNLA poursuit en précisant que ces mouvements terroristes "ont un projet douteux et non affiché".
Le journaliste azaouadi Abou Bakr al-Ansari a expliqué que l'appel du MNLA à négocier avait été lancé après que son rôle dans cette crise eut commencé à s'estomper.
"Le MNLA est amer au vu du souhait du gouvernement malien d'avoir des négociations avec les terroristes à Tombouctou, Gao et Kidal au travers du Conseil islamique suprême ; cela signifie que le mouvement verra le tapis lui être retiré sous les pieds, alors qu'il a une vision de la situation basée sur la paix et la sécurité", a expliqué al-Ansari.
Il a poursuivi en expliquant que cette initiative du gouvernement malien pouvait s'expliquer par son rejet des revendications d'indépendance avancées par le MNLA.
L'appel à la négociation avec le gouvernement malien n'est pas nouveau, a déclaré à Magharebia Nina Walet Ntalo, ministre du MNLA et militante touareg.
"Mais il a été relancé aujourd'hui pour rappeler au monde que ce mouvement peut constituer une alternative à une autre entité dans l'Azaouad, et qu'il se considère comme le représentant légitime du peuple de cette région qui souffre aujourd'hui de son déplacement", a-t-elle ajouté.
"Le monde doit répondre aux aspirations des hommes, des femmes et des enfants du peuple azaouadi avant de déclencher une guerre, car ce peuple est la seule force capable de déterminer son avenir", a ajouté Ntalo.
Mais Anta Ghrist, journaliste spécialisé dans les affaires du Sahel, a expliqué à Magharebia que l'appel à la négociation avec le Mali lancé par le MNLA "ne peut rien apporter de nouveau, parce que les puissances africaines et occidentales se préparent à entrer en guerre contre les islamistes dans le nord".
"Toute éventuelle négociation avec le MNLA, qui ne dispose plus d'une forte présence sur le terrain après en avoir été chassé par les mouvements islamiques, ne signifie donc rien", a-t-il ajouté.
"Le peuple de l'Azaouad, représenté par des organisations de la société civile et par ses leaders traditionnels locaux, est celui sur lequel il faudrait désormais parier et écouter."

ONU - Sahel : le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas pressenti au poste d'envoyé spécial de Ban Ki-moon | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

ONU - Sahel : le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas pressenti au poste d'envoyé spécial de Ban Ki-moon | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

01/10/2012 à 12h:25
Le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas possède un profil de médiateur et est musulman. Le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas possède un profil de médiateur et est musulman. © Jean-Christophe Verhaegen/AFP
L'ancien ministre des Affaires étrangères du Ghana, Mohame Ibn Chambas, semble tenir la corde pour le rôle d'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, pour la région du Sahel et la crise au Mali.
Le Ghanéen Mohamed Ibn Chambas sera-t-il l’envoyé spécial des Nations unies pour le Sahel ? L’actuel secrétaire général du groupe Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP) compte, en tout cas, des partisans au sein des autorités maliennes et ivoiriennes. Problème : il est aussi pressenti pour remplacer le patron de la Mission conjointe de maintien de la paix des Nations unies et de l'Union africaine au Darfour (Minuad), le Pr Ibrahim Gambari, qui part à la retraite.
Depuis l’annonce de la confirmation de la nomination d’un envoyé spécial pour le Sahel par Ban Ki-moon, le 26 septembre à New York, les supputations sur l’identité de cette personnalité vont bon train. Certains ont d’abord avancé le nom de Jean Ping, le président de la Commission de l’Union africaine, qui achève son mandat le 15 octobre et à qui le secrétaire général des Nations unies aimerait bien donner une mission.
D’autres ont pensé à l’Algérien Saïd Djinnit, le représentant spécial de Ban Ki-moon pour l'Afrique de l'Ouest, dont les attributions et le bureau à Dakar pourrait être renforcées. Mais le Niger et le Burkina Faso n’y sont pas favorables. On pense aussi à un ancien chef d’État au profil de médiateur, comme le Mozambicain Joaquim Chissano, ou à un dirigeant politique ayant eu une carrière militaire.
Divergences
« Ce ne sera pas facile d’obtenir un consensus du Mali et de ses voisins qui ont des divergences de vue sur le processus de sortie de crise », explique un diplomate ouest-africain. « Quoiqu’il en soit, l’envoyé spécial devra être un excellent négociateur et un fin connaisseur des populations arabes et touaregs de la région. Cela peut-être une personnalité nord-africaine ou ouest-africaine mais en aucun un européen ou un asiatique ».
Avocat de formation, Ibn Chambas a l’avantage de posséder ce profil de médiateur. Ancien ministre des Affaires étrangères de son pays, il a aussi présidé la Commission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et assuré des médiations dans les crises au Liberia et en Côte d’Ivoire. Il n’est pas « suspect » aux yeux des voisins du Mali. Son pays, le Ghana, n’a pas d’intérêt particulier au Sahel. Et en tant que musulman, il est aussi un bon connaisseur de l’Islam. Ce qui ne sera pas le moindre des atouts lorsqu’il faudra aller discuter avec les groupes islamistes.

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Le Canard révèle : c’est le QUATAR qui a financé le MNLA, ANCARDINE et le MUJAO au MALI | Mali Actualités

Le Canard révèle : c’est le QUATAR qui a financé le MNLA, ANCARDINE et le MUJAO au MALI | Mali Actualités
L’hebdomadaire satirique français Le Canard Enchaîné rapporte dans son édition du mercredi 6 juin que l’émir du Qatar a livré une aide financière aux mouvements armés qui ont pris le contrôle du Nord du Mali. Parmi ces groupes qui ont reçu les dollars qataris figurent le Mujao qui retient en otage 7 diplomates algériens depuis le 5 avril dernier.
Sous le titre « ‘Notre ami du Qatar’ finance les islamistes du Mali », le Canard Enchainé indique que la Direction du renseignement militaire (DRM), qui relève du chef d’état-major des armées françaises, a recueilli des renseignements selon lesquels « les insurgé du MNLA (indépendantistes et laïcs), les mouvements Ansar Dine, Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) et Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu une aide en dollars du Qatar. »
 Le journal satirique ne précise pas les montants de cette aide qatarie, pas plus que le mode de son attribution. Toutefois, il avance que les autorités françaises sont informées des agissements des Qataris dans cette partie du Nord du Mali.
 En clair : les émirs du Qatar financent des mouvements islamistes armés qui sèment la terreur  dans le Nord Mali.
 Le pétrole du Sahel
 Mais il y a mieux encore. Toujours selon le Canard, l’émirat du Qatar a des visées sur les richesses des sous-sols du Sahel. « Des négociations discrètes ont déjà débuté avec Total », le géant pétrolier français pour exploiter à l’avenir le pétrole dont regorge cette région de l’Afrique.
 Le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) et Ansar Dine qui ont reçu ces subsides ont pris le contrôle du Nord du Mali à la faveur d’un coup d’Etat qui a renversé le 22 mars 2012 le régime du président malien Amadou Toumani Touré.
 Pétaudière Bref, une vraie pétaudière qui risque de transformer le Sahel en un nouvel Afghanistan.
Selon le Canard Enchaîné, le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, « n’ignore aucune des mauvaises nouvelles arrivées d’Afrique subsaharienne. Et rien de l’implication de ‘notre ami du Qatar’, formule d’un officier de l’état-major, dans la ‘capture’ du Nord du Mali par plusieurs mouvements djihadistes.»
 « Au début de cette année, écrit encore l’hebdomadaire, plusieurs note de la DGSE ont alerté l’Elysée sur les activités internationales, si l’on ose dire, de l’émirat du Qatar. Et, sans vraiment insister, diplomatie oblige, sur le patron de cet Etat minuscule, le cheikh Hamad ben Kalifa al-thani, que Sarko a toujours traité en ami et en allié

Le coup d’Etat qui a tout foutu en l’air

 Le coup d’Etat qui a tout foutu en l’air(Liberté Togo 01/10/2012)
Il y a des coups d’Etat salvateurs et des coups d’Etat néfastes. Celui du 22 mars 2012 au Mali constitue, à n’en pas douter, un événement à classer dans la deuxième catégorie eu égard à ses nombreuses conséquences néfastes. La crise policière qui s’est invitée le mercredi passé dans les débats et qui a encore secoué Bamako est l’une des conséquences de l’intrusion malheureuse des militaires dans la vie politique malienne à quelques semaines de la présidentielle qui devait consacrer la consolidation de la démocratie et la succession de Toumani Touré par un président sorti démocratiquement des urnes.

Le chemin a été long, très long, qui a conduit l’Onu à se saisir enfin la semaine dernière, du dossier malien dans le cadre de la 67ème Assemblée générale des Nations unies, après toute une série de rebondissements assez malheureux dans la crise malienne. En débit de la grande lenteur et des multiples divergences, les autorités du Mali ont fini par s’entendre et saisir la CEDEAO de la requête autorisant le déploiement des troupes de l’organisation sous régionale.

Aujourd’hui, on peut se poser à juste titre la question de savoir si le coup d’Etat survenu dans la nuit du 21 au 22 mars 2012 et qui a contraint ATT à signer sa démission sans avoir eu l’opportunité de passer librement la main à un successeur sorti des urnes valait la peine, vu qu’il a fait plus de torts que de bien à ce pays dont la démocratie était dans un processus de consolidation. Depuis la mi-janvier 2012, le Mouvement national de libération de l’Azaouad (MNLA) a déclenché une nouvelle insurrection qui a abouti à la prise de quelques villes et villages comme la ville stratégique de Tinzawaténé, Ménaka, Aguelhok, Léré, etc.

Au lendemain de la destitution du président ATT, ce coup d’Etat précipite la désorganisation de l’armée malienne avec la fuite ou l’assassinat de plusieurs militaires maliens des zones occupées. Successivement Kidal, Tombouctou et Gao, trois villes importantes de l’Azaouad, tomberont aux mains de la rébellion. Le MNLA proclamera le 6 avril l’indépendance de la région demeurée d’actualité jusqu’en ce mois de septembre où la CEDEAO et l’UA transmettront à l’ONU la demande du Mali en vue d’un soutien logistique, financier et en renseignement pour l’aider à se libérer des ses envahisseurs.

Entre-temps, le MNLA enregistrera l’arrivée en soutien de quelques autres groupes organisés que sont Ansar Dine avec qui il signera le 26 mai un accord de fusion. Bien vite, cet accord sera dévoyé par le fait que le groupe Ansar Dine tient à la pratique de la charia, contrairement au MNLA qui tient à la laïcité. Il y aura l’arrivée de Mujao et des membres d’Aqmi. Tous ces éléments vont occuper les 2/3 du territoire et ce sera le début d’un long calvaire pour les populations du Nord-Mali.

Ce calvaire sera caractérisé par des exodes massifs de populations vers les pays voisins comme le Niger, la Mauritanie, l’Algérie et d’autres vers le Sud, notamment Bamako et sans grands moyens de survie. Egalement par des souffrances morales, psychologiques, physiques, financières et matérielles. Les centres de santé manqueront de médicaments et de tout, faute de ravitaillement. Combien de Maliens ont pu perdre leur vie dans cette situation en voulant donner la vie ou par maladie ? Dieu seul sait.

A cela, il faut ajouter l’application de la loi islamique qu’est la charia avec des amputations de mains et/ou de pieds pour accusation de vol, sans oublier des cas de simple présomption. Le nord-Mali avec l’imposition de l’islam pur et dur mettra très mal à l’aise les populations restées sur place faute de mieux et n’ayant pas d’autres choix que de subir. Parmi les désagréments il y a le refus de jouer de la musique moderne, l’exigence de port de voile intégral pour les femmes, .. Bref, il s’agit d’un recul de plusieurs années par rapport au progrès de l’humanité.

Il faut ajouter à tout cela, ce qui paraît de loin le plus scandaleux : la destruction des sites historiques datant de plusieurs siècles dans la ville dite des 333 saints (Tombouctou) et à Gao et qui, même reconstruits à l’identique perdront leur symbole et toute leur originalité. Ces sites sont classés par l’UNESCO dans le patrimoine universel.

Suite à la lourde chape de plomb qui pèse sur le pays plusieurs semaines après le coup d’Etat militaire mené par le Capitaine Haya Amadou Sanogo, une tentative de renversement de la situation a eu lieu le 30 avril 2012 et qui fut réprimée par les hommes de la junte avec des cas d’exécutions sommaires et de disparitions de plusieurs hommes de la garde présidentielle (les bérets rouges). Suivra l’agression contre le professeur Dioncounda Traoré dans son bureau le 21 mai 2012. Ce qui le conduira pour un séjour de plusieurs semaines en France. Ce long séjour en France aura davantage contribué à retarder la recherche d’une solution durable à la crise dans le nord du Mali.

Alors que la communauté internationale était à l’œuvre pour la mise sur pied de la mission de la Cédéao au Mali (Micéma) et qu’au Mali, les dirigeants planchaient sur le cas malien, voilà que le mercredi dernier, une crise qui est une conséquence elle aussi du dernier coup d’Etat perpétré au Mali par le Capitaine Sanogo, éclate entre policiers. Cette crise est liée à de récentes nominations au sein de la police nationale, nominations qui ont fait beaucoup de mécontents. Et c’est pour manifester leur mécontentement que certains se sont servis de leurs armes.

Ces nominations intervenues lors de l’anniversaire de l’indépendance le 22 septembre avaient pour but de récompenser les éléments du syndicat de la police qui ont participé au coup d’Etat de mars. Des sergents-chefs sont devenus des commissaires de police, des sergents stagiaires et même des chauffeurs sont montés au grade d’inspecteur. Pourtant, le statut de la police exige que pour devenir commissaire de police, il faut être titulaire d’une maîtrise. Ceci, juste pour montrer comment l’approximation et l’esprit de facilité empêchent le progrès dans nos différents pays africains.

Par ce petit tour d’horizon, nous avons tenu à profiter de la réunion qui vient d’avoir lieu à New-York sur le Mali alors que les populations commençaient par perdre tout espoir, pour relever les graves implications d’un coup d’Etat qui s’est avéré totalement inutile dans un pays profondément engagé dans un processus démocratique salué par tous. Il n’y a pas de démocratie à 100% parfaite. Faute d’accepter ce qui avait cours au Mali, voilà où l’improvisation des gens qui croient qu’il suffit d’avoir des armes pour tout régler, a conduit le Mali d’Alpha Omar Konaré et d’Ahmadou Toumani Touré.

Alain SIMOUBA


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Mali: Au bord du gouffre et de la partition

Mali: Au bord du gouffre et de la partition

L’armée malienne ayant exécuté avec célérité un «repli stratégique», qui semble avoir été le fondement de sa doctrine militaire (ailleurs on appelle cela la «fuite devant l’ennemi»), il n’a pas fallu plus de trois jours pour que le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) occupe les trois grandes villes du Nord du Mali: Kidal vendredi; Gao samedi; Tombouctou dimanche.
Victoire d’autant plus rapide qu’à Bamako les militaires qui composent la junte (qui par ailleurs ne sont pas des guerriers, ni même des combattants, tout juste des bureaucrates) étaient occupés à négocier leur reddition avec le représentant du médiateur, Djibrill Y. Bassolé, ministre burkinabè des Affaires étrangères et de la Coopération régionale.
Ajoutons que la victoire du MNLA a été facilitée par la défection des chefs militaires d’origine touarègue qui ont rejoint les rangs de la «rébellion»; qui, dans le même temps, affirme s’être transformée en «révolution».
Portons à l’actif du MNLA qu’ayant déclaré la «guerre» à Bamako le 17 janvier 2012, elle l’a gagnée le 1er avril 2012. Au passage, Amadou Toumani Touré (ATT), au pouvoir depuis dix ans, est tombé le 22 mars 2012. Chute brutale et sans gloire. Tandis que la junte qui a pris le pouvoir ce jour-là, condamnée d’emblée par la «communauté africaine» et la «communauté internationale», a dû mettre le genou à terre le dimanche 1er avril 2012. Ce minable coup d’Etat était motivé, nous disaient ses protagonistes, par le manque de moyens donnés à l’armée pour aller combattre la «rébellion». Résultat: les villes du Nord du Mali sont tombées comme des fruits mûrs dans le jardin des Touareg: l’Azawad! Autant dire que le capitaine Amadou Haya Sanogo, qui se voulait «l’homme fort» du Mali, a eu tout faux: politiquement, diplomatiquement et militairement. Un maillon faible ; pire encore qu’ATT!
L’attention des commentateurs était focalisée, ces derniers jours, sur Bamako ; or, tout se passait dans le Nord du pays, sans que l’on sache vraiment qui y faisait quoi, comment et pourquoi. Et on ne le sait toujours pas. Pas plus qu’on ne sait ce qu’est devenu ATT depuis ses déclarations à l’AFP et à RFI voici quelques jours. A Bamako, ce ne sera pas exactement un retour à la case départ. Mais on peut envisager, dans les plus brefs délais, un retour des bidasses dans des casernes qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Ailleurs, c’est un nouveau chapitre de l’histoire du Mali qui est en train de s’écrire: en tamachek! Le MNLA nous explique qu’en prenant le contrôle des trois cités du Nord du Mali, pardon de l’Azawad, sa «lutte de libération» a atteint ses «objectifs militaires». Il lui reste à atteindre ses «objectifs politiques». Dont on ne sait rien.
Le MNLA évoque «l’indépendance» de l’Azawad, une «autodétermination» des populations, affirme se «démarquer totalement des groupes islamistes» qui lui ont permis de conquérir notamment Kidal, met en cause la «complicité de l’Etat malien» dans le développement de ces mêmes groupes, soulignant cependant qu’Ansar Dine est dirigé par un Touareg, réfute la connexion passée entre l’état-major du MNLA et le régime de Kadhafi… Le général (cinq étoiles) Douglas Mac Arthur, héros de la Première et de la Deuxième guerre mondiales, figure incontournable de la connexion militaro-diplomatique US, disait que «la chance est la faculté de saisir les bonnes occasions». C’est ce que vient d’illustrer la blitzkrieg menée par le MNLA qui n’aura pas trouvé meilleur allié que le capitaine Sanogo! A tel point qu’on pourrait penser qu’il y avait complicité.
Ce n’est pas la première fois depuis les indépendances qu’un pays est coupé en deux par une rébellion. Soudan, Ethiopie, Somalie, Tchad, Côte d’Ivoire… Mais c’est la première fois qu’une «rébellion touarègue» occupe un terrain significatif tandis que la capitale est en proie à un coup d’Etat. C’est une nouveauté que les rebelles eux-mêmes doivent prendre en compte. D’ailleurs, ils n’ont eu de cesse, depuis la chute d’ATT, d’affirmer qu’ils se refusaient à négocier avec un gouvernement qui ne soit pas reconnu par le peuple malien et les communautés africaine et «internationale». Aujourd’hui, ils n’entendent pas, disent-ils, pousser leur avantage au-delà des «frontières» de l’Azawad. On peut s’en étonner.
Quelle est la viabilité économique et sociale de l’Azawad, territoire enclavé dans un pays enclavé, sans ressources naturelles avérées, sans infrastructures, sans équipements et qui sera en proie à l’hostilité de ses voisins, toujours préoccupés par la «volatilité» des Touareg? L’Azawad serait-il le territoire des seuls Touareg maliens ou aussi celui des Touareg nigériens qui, eux, revendiquent l’Aïr et l’Azaough? Pourquoi vouloir se fixer des frontières quand, depuis toujours, le fondement culturel de ce peuple est justement d’être sans frontières, de la Mauritanie au Soudan? Avec le MNLA et cette revendication d’un Azawad indépendant, nous sommes, apparemment, bien loin du mode de production politique habituel des Touareg, plus soucieux de sauvegarder leur indépendance et leur souveraineté que de les figer dans le cadre étroit d’un territoire géographiquement défini.
Alors, si cette revendication territoriale ne tient pas la route, quelle est la finalité de la «guerre» menée par le MNLA? C’est Abdoul Karim Saidou, doctorant en science politique à l’Université de Ouaga II, qui, dans un remarquable article publié dans le quotidien privé burkinabè Le Pays (mercredi 15 février 2012), plus d’un mois avant la chute d’ATT, apporte la réponse. «La logique ici est simple, il s’agit de saisir des fenêtres d’opportunité politique pour engager un bras de fer militaire avec l’Etat avec pour finalité d’obtenir une promotion politique […] Ce que visent les rebelles du MNLA n’est pas l’indépendance en tant que telle, au contraire, ils cherchent à créer un rapport de force politique qui leur permette de négocier une réinsertion dorée». La puissance coloniale française (et notamment son armée) a toujours été fascinée par les Touareg (il faut relire à ce sujet «L’Atlantide», roman écrit en 1919, au lendemain de la Première guerre mondiale, par Pierre Benoit) dont les méharistes ont constitué le fer de lance du maintien de l’ordre (colonial) contre les peuples «noirs» dans la zone sahélo-saharienne. Quand le général De Gaulle a envisagé l’indépendance de l’Algérie, il a souhaité maintenir sa souveraineté sur le Sahara.
Pour des raisons militaires (essais de la bombe atomique) et économiques (le pétrole et le gaz sahariens que Paris ne voulait pas voir devenir algériens). Pour cela, il avait un outil à son service: l’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS) qui entendait «fédérer» la zone sahélo-saharienne des futures ex-possessions françaises (Soudan français, Algérie, Niger). C’était donner à penser aux Touareg qu’ils pourraient exercer leur pouvoir sur une zone sinon indépendante, au moins autonome, avec l’aimable complicité de l’armée française, seul acteur présent sur ce terrain désolé.
La suite de l’histoire rappelle celle des Bété de Côte d’Ivoire. Le comportement aristocratique de peuples guerriers les ayant exclus du jeu colonial, les indépendances venues, ils se retrouveront marginalisés par les nouvelles administrations («bété» signifiait «manœuvre» à Abidjan) et vont développer un fort ressentiment à l’égard de la capitale, le pouvoir politique, économique et social tombant dans l’escarcelle de populations moins enclines à affirmer leur spécificité culturelle. Pour combler ce gap, les Touareg vont recourir à la rébellion. Dont Saidou* nous dit qu’elle est «processus de réinsertion de ses chefs», une «voie inversée», «une nouvelle filière dans la production des élites». Au Mali, nous en sommes là aujourd’hui !
* La réflexion de Saidou va plus loin que l’analyse historique. Il nous dit que, du même coup, dans les pays à population touarègue, «l’Etat est toujours contraint de sacrifier sa souveraineté sur l’autel de la paix du fait de la faiblesse de sa capacité régulatrice. Mais, en même temps qu’il lâche du lest pour sauvegarder son unité, il perd progressivement sur le registre de la diffusion des valeurs républicaines. Pire, sa prétention au monopole de la violence sur son territoire en sort anéantie. Comment sortir de ce dilemme?». Bonne question qui se pose aujourd’hui avec acuité au Mali.
Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique

L’humiliation qui affranchit : Merci «président normal Hollande» - maliweb.net

L’humiliation qui affranchit : Merci «président normal Hollande» - maliweb.net
Comme plusieurs de mes compatriotes, la veille de la commémoration du 52ème anniversaire de l’Indépendance du Mali, je suis, par naïveté ou par patriotisme émotionnel, allé au lit avec un réel sentiment d’espoir et de sérénité. Certes, le Mali vit le moment le plus sombre de son histoire avec son lot de privations de liberté, d’humiliation et de tristesse, mais, par sa clarté, sa forme presque parfaite, son engagement, sa détermination, son invite à l’unité, le discours du Président Dioncounda en a rassuré plus d’un. Impossible de ne pas entrevoir l’avenir avec confiance et espoir après avoir écouté ce discours de très grande facture. Pour la première fois j’ai senti la stature de Président de la République chez le Pr. Dioncounda.
François Hollande
Et puis vint la lettre du Président qui contredit le Président….une terrible douche froide.
Le lendemain, le soir de la commémoration du 52ème anniversaire de la fête de l’indépendance, j’entends sur une radio étrangère l’envoi d’une lettre d’acceptation du Q.G. des forces de la CEDEAO à Bamako par le Professeur Dioncounda au Président Ouattara; tout le contraire de ce qu’il dît à son peuple la veille en prenant le monde à témoin; une nième humiliation me disais-je. L’euphorie née du discours de la veille fut de courte durée; ce ne fut en réalité qu’un discours, un simple discours écrit en très bon français servi à des populations en majorité analphabètes, des «moutons» traités comme tels. En réalité nos autorités nous prennent pour des «moutons» à qui on peut raconter ce que l’on veut le soir et tout le contraire le lendemain. Tant pis pour le «mouton» qui a décidé de réfléchir, de choisir la manière dont il veut qu’on le fasse paître ou qui veut sélectionner son berger. Il doit en même temps commencer sa traversée du désert.
M. le Professeur, qui vous a appelé juste après votre discours?
C’est quoi cette épée de Damoclès sur votre tête, sur nos têtes?
Qui tient cette épée de Damoclès au-dessus de votre tête, de la tête des maliens?
Qui est l’ennemi du Mali qui a été à l’origine de votre virement à 180° en l’espace de 24h et par écrit? Je ne veux toujours pas croire que ce fut de votre propre chef, M. le Président; il doit y avoir une main invisible qui en veut au Mali.
Il faut parler à votre peuple, car des fois et même toujours, le peuple est la seule entité capable de sortir ses dirigeants de la nasse, même si c’est un peuple de «moutons».
Il faut juste qu’il sache, il faut qu’il comprenne. Le peuple a tous les droits. Son propos est toujours légitime.
Si les deux textes sont exclusivement les vôtres, avec votre décision souveraine, sans aucune pression, alors je serais tenté de dire avec nombre de vos compatriotes: A quel Dioncounda se fier ?
Au DIONCOUNDA de la lettre qui s’oppose au déploiement des forces à Bamako adressée à la CEDEAO le…….. ?
Au DIONCOUNDA du formidable discours à la nation à la veille du 52ème anniversaire de l’Indépendance du Mali?
Au DIONCOUNDA mandant de la lettre remise par le ministre de la Défense au Président Ouattara ?
Ou bien au Dioncounda de la prochaine lettre ou du prochain discours ?
Autant d’incohérences qui desservent la cause du Mali en situation de crise parce qu’elles discréditent son chef et renforcent le moral des troupes ennemies.
Si vous recevez vos ordres d’ailleurs que du Mali, d’autres personnes que du peuple malien à travers son parlement, alors vous êtes entrain de trahir le Mali, M. Le Président, .parce que:
Un Président ne se justifie pas, il décrète. Un Président ne se dédit pas, il réaffirme.
Un Président ne commente pas ses décisions, il les assume.
Un Président ne tâtonne pas, il a des certitudes
Enfin un Président ne reçoit jamais d’ordres, il en donne toujours
Grande fut ma surprise quand, après recherches, recoupements, confidences et analyses, je me rendis à l’évidence que nous étions tous manipulés, le Président de la République Dioncounda en premier, puis la junte, la COPAM et le MP22. Qu’en-est-il du P.M Cheikh Modibo Diarra et du FDR? J’attends d’avoir des précisions de leur part.
En réalité tous ceux qui s’opposaient à l’envoi immédiat des forces de la Cedeao roulaient pour COMPAORE qui cherchait à retarder l’échéance pour une réconciliation des différentes factions qui occupent le Nord du Mali et une consolidation de leur pouvoir fanatico-terroristo-nationaliste. Sa stratégie était difficile à déjouer en ce qu’il s’appuyait sur ce qui est le mieux partagé et le plus cher chez les maliens, pour les enfoncer dans la crise, à savoir le nationalisme, le patriotisme et la fierté. C’est la technique utilisée en judo qui consiste pour un combattant de s’appuyer su la force de son adversaire plus lourd que lui jusqu’à le pousser à la faute fatale.
C’est l’agenda international de la France qui a imposé au Président François Hollande l’exigence de clarification de la crise malienne et des lenteurs notées dans la médiation de la CEDEAO. En effet, pour son premier discours à l’ONU en tant que Président de la République de la France, le Président Hollande était tenu d’avoir des positions claires et fermes pour toutes les questions internationales d’actualité brûlante, dont le Mali.
Excellence Monsieur Le Président Dioncounda, l’occasion vous est donnée de vous affranchir définitivement de la tutelle du Capitaine Compaoré. Saisissez-la pour le bien du Mali.
C’est Dieu Qui Veut Sauver le Mali!
Aliou Badara Diarra

Les USA tiennent à la présidentielle avant la libération du nord : Les raisons d’un choix - maliweb.net

Les USA tiennent à la présidentielle avant la libération du nord : Les raisons d’un choix - maliweb.net
Alors que les autorités maliennes attendent des forces internationales pour aider l’armée nationale à bouter hors de nos frontières les islamistes d’Ançar Eddine installés au Nord du pays depuis six mois, les Etats unis d’Amérique soutiennent la tenue d’élection présidentielle. Le vendredi 28 septembre 2012, la proposition a fait l’objet d’un échange entre la presse et des responsables de l’ambassade américaine à Bamako. 
L’ambassadrice des USA au Mali
A l’opposé de la France et beaucoup de pays africains, les Etats unis d’Amérique proposent, comme solution de sortie de crise, la tenue de l’élection présidentielle avant une intervention militaire aux fins de libérer le Nord du Mali. Le vendredi 28 septembre, Leanne Cannon, Attaché culturelle de l’ambassade et certains de ses collaborateurs, ont rencontré la presse pour soutenir la position officielle de leur pays sur la question du Nord Mali. Cette question a été débattue au conseil de sécurité de l’ONU la semaine dernière.
Pour les Etats unis, la tenue de l’élection présidentielle doit précéder toute intervention militaire au Nord du Mali. Et pour cause.
A en croire Leanne Cannon, le vieux Continent exige l’élection d’un président démocratiquement élu au Mali et qui sera le seul interlocuteur, le seul responsable. Ils estiment que le pouvoir au Mali est détenu par plusieurs responsables. Lesquels ont souvent du mal  à accorder leurs violons pour défendre une cause commune au moment opportun. Une manière pour eux de fustiger la présence de l’ex junte dans l’arène politique du pays.
Pour les Etats unis, on ne doit pas attendre la libération du nord dont la durée n’est pas déterminée pour entamer l’organisation des élections. En clair le pays de Barack Obama veut éviter une transition marathon qui risque de conduire le pays au chaos comme cela a été constaté dans d’autres pays voisins. Pour éviter cela, ils tiennent à un déclenchement prochain du processus électoral indépendant de celui de la libération du Nord. Ils tiennent que le premier ne soit aucunement lié au second.
Parlant de leur partenariat avec le Mali, Leanne Cannon et ses collaborateurs affirment que la suspension de la coopération américaine avec un pays est automatique chaque fois qu’un coup d’Etat y est perpétré.  Le Mali ne fait pas exception à cette règle.
Le Millenium challenge et d’autres formes de coopérations américaines ont été rompus suite au coup d’Etat du 22 mars. Cependant affirme, Moussa Doumbia, chargé de Communication et de Relations publiques de l’USAID au Mali, les Etats unis restent présents au Mali dans le cadre de l’assistance humanitaire. A l’en croire, plus de 92 millions de dollars sont investis dans ce domaine depuis les évènements de mars. Les déplacés du Nord et d’autres habitants de la région de Kayes ont apprécié à juste valeur ces gestes humanitaires de la part des Etats unis à travers l’USAID.
Les Etats unis sont prêts à soutenir le Mali pour la tenue très prochaine de l’élection de son nouveau président de la République. Ils espèrent l’appui de nombreux autres pays pour cette élection.
D’ores et déjà ils disent être optimistes quant à la participation des personnes déplacées à cette consultation électorale.
Markatié Daou

Pourquoi le Mali est tombé bas ? Comment le pays se relèvera : La leçon de sanogo et l’antidote du nouveau Mali - maliweb.net

Pourquoi le Mali est tombé bas ? Comment le pays se relèvera : La leçon de sanogo et l’antidote du nouveau Mali - maliweb.net
e Mali, pays de démocratie exemplaire, cité dans le monde entier comme une référence en Afrique où des élections se tiennent régulièrement a donc son côté sombre, presque invisible pour certains, jusqu’à ce que les événements récents, ponctués par un coup d’état militaire viennent nous le rappeler de plein fouet !
Le Captaine Sanogo
 Le Mali, victime de contre pouvoir
Dans toute démocratie, il ya un pouvoir et un contre pouvoir, mais celui issu de la constitution du 25 Mars 1992 ne nous a pas préservé de ce coup bas, toujours fumant à l’heure actuelle. C’est un signal qui montre qu’il nous faut une constitution tenant compte des principes d’équilibre entre les différentes lignes du pouvoir, à savoir l’exécutif, le législatif et le judiciaire .Ce principe d’équilibre, sainement appliqué a le don de rappeler à l’ordre le plus strict, le ou les tenants d’un de ses pouvoir, en s’illustrant de manière plus radicale juridiquement. L’un des fondements de ce dispositif constitutionnel servant de contre feux entre les institutions suprêmes de la république est, ce que les constitutionalistes avisés appellent la procédure « d’impeachment ». Cette procédure qui est rarement appliquée dans les pays ou elle a ses fondements, est une pratique qui permet au pouvoir législatif de destituer le Président de la République de ses fonctions en cas de faute grave ou de haute trahison. L’avantage de cette disposition est d’empêcher les coups d’état qui sont moralement dégradants pour l’image d’un pays. Dans le cas du Mali, on sait tous que le Chef d’Etat fait figure de chef suprême des armées et garant de l’intégrité territoriale du pays, et a aussi le pouvoir de dissoudre l’Assemblée Nationale, donc le pouvoir législatif. Et si ce chef suprême en la personne du président ATT commet une faute grave, mettant en péril l’intégrité du territoire national, comme le fait d’ouvrir nos frontières à des troupes étrangères, équipées d’armes sophistiquées que même notre armées nationale ne possède dans ses arsenaux, cela ne constitue-t- il pas un motif de destitution ? Et quelle institution a le pouvoir de jouer ce rôle dans ce pays ?
 La leçon de Sanogo
Alors, la vaillante armée nationale de notre pays a pris ses responsabilités en profitant de ce vide constitutionnel. En la matière, le Capitaine Sanogo et ses hommes rappellent aux maliens que tout pays qui se veut démocratiquement avancé ne doit permettre une concentration exclusive du pouvoir entre les mains d’une seule personne, fut-il élu démocratiquement, car le vrai pouvoir appartient au peuple souverain. Des garde-fous constitutionnels doivent nous protéger des bévues d’un seul individu ! La prestance avec laquelle nos politiciens locaux veulent coûte que coûte voir se dérouler les élections dans les délais prescrits dépasse à notre avis une réelle volonté de triomphe démocratique, elle cache en réalité un égoïsme surdimensionné, une atteinte d’ambition personnelle, une avidité incommensurable et un patriotisme dévoyé. Sinon, toute bonne conscience n’ignore pas que les préalables pour une élection apaisée et démocratiquement réussie dépendent de la stabilité et de la paix qui doivent forcement régner sur l’étendue du territoire national. Ce qui n’est pas le cas actuellement chez nous où nous subissons depuis le mois de Janvier une agression étrangère qui montre sa férocité de jour en jour. Si nos hommes politiques sont un peu tant soucieux du sort du pays, pourquoi ne prennent-ils pas des armes pour monter au front et libérer le pays de ses occupants. Les réactions de condamnations de la communauté internationales sont compréhensibles, parce que l’acte posé par les soldats mutins est une entorse aux principes républicains et aux notions régaliennes de démocratie, mais on ne peut faire d’omelettes sans casser les œufs. Le Mali est agressé par une cohorte étrangère. L’ONU a un devoir moral de l’assister dans ce conflit en y envoyant des troupes afin de réduire à néant la gangrène ou le repousser à tout jamais. Et quand les conditions de sécurité et de stabilité propice à l’organisation d’élection libre et transparente seront réunies, elles auront évidemment lieu et cette mission sera accomplie par notre vaillante armée, qui pourra se retirer sans peine dans ses casernes.
L’antidote du Mali nouveau
Enfin au Capitaine Sanogo, l’homme fort du pays et à tous ceux qui sont attachés à la paix et au développement harmonieux de notre pays et qui sont sincèrement confiants à l’avenir de notre Mali, nous leurs suggérons de lancer la réflexion sur un nouvel état fédéral en prévision de l’adoption d’une constitution ou du moins d’un profond remaniement de l’actuelle. Car le fédéralisme a la particularité de permettre à toutes les régions de s’autogérer avec un gouvernement élu, ce qui exclut toute velléité séparatiste, puisque donnant plus d’autonomie dans leur fonctionnement, d’associer la participation directe des populations dans les processus de prise de décision et d’alléger les charges du Chef de l’Etat dans les affaires courantes du pays dont les plus en vue seront de veiller à l’unité et l’intégrité du territoire du pays, d’inclure chez les citoyens les notions des valeurs républicaines, de jouer le libre arbitre entre les vecteurs composants la nation Malienne, de peser de toute son influence à l’épanouissement économique et au développement des régions en particulier et du Mali en général, et enfin de piloter la politique étrangère de notre pays avec tact et diplomatie, mettant l’intérêt du Mali au dessus de tout dans les instances internationales. Ces mesures citées plus hauts sont en quelques sortes l’antidote qui va préserver notre pays des tourments qui ont jalonné sa longue histoire, aujourd’hui faite d’incertitude. A ce titre, nous éviterons de nous trompés sur le règlement de cette crise au risque de nous retrouver à l’eternel recommencement, toujours à la case départ.
Habib Barro