mardi 25 novembre 2014

MALI. L’enjeu de Kidal - 30 janvier 2013 - L'Obs

MALI. L’enjeu de Kidal - 30 janvier 2013 - L'Obs

C’est de cette région, où sont désormais les soldats français, que sont parties toutes les rébellions touarègues depuis près d’un demi-siècle.

L'armée française est arrivée aux portes de Kidal, dans la nuit de mardi à mercredi 30 janvier. (ISSOUF SANOGO / AFP)L'armée française est arrivée aux portes de Kidal, dans la nuit de mardi à mercredi 30 janvier. (ISSOUF SANOGO / AFP)
Contrairement à ce qui était annoncé, les Français sont à Kidal. Un avion s’est posé cette nuit avec des éléments militaires. Aucun élément de l’armée malienne ne les accompagnait. Cette surprise n’en est pas vraiment une. Kidal est un enjeu essentiel de cette guerre. Et pour plusieurs raisons.

C’est de cette région que sont parties toutes les rébellions touarègues depuis près d’un demi-siècle, au nom de revendications économiques et politiques. Sans rentrer dans l’historique complexe de ces insurrections et de leurs causes, disons que les hommes du désert estiment être à la fois désappropriés de leur royaume de sable - qui recèle tout de même des ressources minières et pétrolières - , et abandonnés par le pouvoir central à Bamako. Pas d’infrastructures, pas d’hôpitaux, pas de routes, pas de lycées.

Et un désert de dizaines de milliers de kilomètres carrés laissés aux mains des narcotrafiquants puis des Salafistes arabes étrangers d’Aqmi et du Mujao qui contrôlent eux aussi le passage de la drogue, la contrebande cigarettes, la traite des hommes et les prises d’otages...tout ce qui pourrit la vie et la sécurité dans cette région.

La clé du conflit

C’est de Kidal qu’est partie la dernière révolte en janvier 2012. Ici que vit Iyad Ag-Ghali, leader traditionnel des Ifoghfas et chef militaire touareg. Ansar Dine est né ici. Puis Iyad Ag-Ghali s’est lancé avec Aqmi dans une "aventure meurtrière", comme disent ses anciens compagnons qui l’ont abandonné pour former un nouveau mouvement, le MIA. Aujourd’hui, Tombouctou et Gao sont tombés, Aqmi est en fuite, Iyad aussi. Reste que Kidal est toujours la clé du conflit.

La ville est sous le contrôle du MNLA et du MIA. Le MNLA est un mouvement indépendantiste touareg qui a lancé la guerre contre l’armée malienne, puis s’est désintégré avant de quasiment disparaître, chassé par les troupes d’Ansar Dine. Kidal est surtout occupé par les hommes du MIA, en clair, les Touaregs de Kidal qui regroupent des chefs traditionnels, des commandants en armes avec leurs troupes et l’autorité spirituelle des Touaregs.

Qui sont-ils ? Exactement les mêmes... qui négociaient en novembre dernier au nom d’Ansar Dine à Ouagadougou pour essayer de trouver une solution politique et pacifique. Parmi eux, Alghabass Ag-Intallah, la noblesse de robe, fils du chef spirituel des touaregs ; Ag-Bibi, ex- numéro trois d’Ansar Dine, Ag-Aharib ex-porte-parole d’Ansar Dine et même Ag-Aoussa, le cerveau militaire de toutes les opérations. Tous ont quitté Ansar Dine, tous en veulent à Iyad pour sa dérive. Et Ag-Aoussa le militaire, surnommé "le tueur" a même promis à Iyad de "l’étrangler de ses propres mains" pour lui faire payer la "trahison de son peuple".

"Les Touaregs sont nos amis"

Que se passe-t-il aujourd’hui à Kidal ? Le MIA et le MNLA sont sur place et ils redoutaient et refusaient l’arrivée des troupes maliennes : "Vu leur haine des Touaregs et leur désir de vengeance après leurs défaites pendant près d’un an, si l’armée malienne entrait dans la ville, ce serait un carnage", dit un Touareg de Kidal.

Les Français ont vite compris la situation. Une ratonnade, voire des massacres à Kidal, aurait pourri toute solution d’avenir. "Les Touaregs sont nos amis", a rappelé avec force le ministre de la Défense français. Résultat : l’avion qui s’est posé cette nuit sur cet aéroport ne comprenait aucun militaire malien. Mieux, un appareil venu du Burkina-Faso est attendu à Kidal pour emporter une délégation MIA-MNLA vers Ouagadougou pour reprendre les négociations avec l’État malien.

Surprise. Dans le même temps, alors que Bamako avait trainé des pieds en novembre dernier pour discuter avec les Touaregs et que le ressentiment est très vif envers les hommes du Nord, l’Assemblée nationale malienne vient de voter "à l’unanimité" une feuille de route qui prévoit des discussions avec "certains groupes armés", entendez, le MNLA et le MIA débarrassé d’Iyad Ag-Ghali. Nul doute que la France, en position de force, n’a pas hésité à tordre le bras de son allié malien pour lui expliquer que son intervention miracle n’avait pas pour but de donner à Bamako un blanc-seing pour casser du touareg.

Terre de désolation

Compliqué ? Non. En un mot, les mêmes hommes, des responsables Touaregs, des Maliens du Nord, qui cherchent toujours une "solution pacifique" à la crise, vont se retrouver au même endroit à la table des négociations pour reprendre une discussion qui n’aurait jamais du s’interrompre si Iyad Ag-Ghali, ex-rebelle devenu islamiste fou de charia et allié opportuniste d’Aqmi, n’avait pas fait l’erreur de sa vie et lancé tout son peuple dans une guerre suicidaire.

Tout est à refaire. Il est encore temps. C’est seulement avec les Touaregs, maîtres de leur désert, qu’on pourra retrouver la sécurité, la réconciliation nationale et un espoir d’avenir pacifique. Sans Iyad Ag-Ghali, sans le Mujao et sans Aqmi. Sans tous ceux qui profité d’un désert trop vide pour transformer la région en terre de Djihad, en terre de désolation, en royaume de la mort.

MALI. Le chaudron de Kidal - 3 novembre 2013 - L'Obs

MALI. Le chaudron de Kidal - 3 novembre 2013 - L'Obs

Les deux journalistes français de RFI tués dans cette ville du Nord-Mali n'ont pas fait d'erreur. Mais dans ce bled, ne règne que l'anarchie.

Un soldat français lors d'une patrouille à Kidal, le 27 juillet 2013. (Rebecca Blackwell/AP/SIPA)Un soldat français lors d'une patrouille à Kidal, le 27 juillet 2013. (Rebecca Blackwell/AP/SIPA)

 


Kidal est un bled, en plein désert, perdu à 1.500 kilomètres de Bamako. Et pourtant, tout commence toujours à Kidal, les soulèvements, la révolte, les grandes envolées des Touaregs en colère, la répression armée d’un état absent, le renversement des alliances, les débuts de solution et l’inévitable fracas des savants montages politiques. Tout achoppe à Kidal.

Nos deux confrères de RFI sont morts, enlevés devant le domicile d’un notable, responsable du MNLA, le mouvement national de libération de l’Azawad, un groupe né à Kidal, maître un temps de la ville avant d’en être chassé par les islamistes, un mouvement exilé et revenu à la faveur de l’opération Serval.

On ne sait pas pourquoi Ghislaine Dupont et Claude Verlon sont morts. Ils n’ont pas été "criblés de balles", mais assassinés de sang-froid, l’une de deux balles, l’autre de trois, à 12 kilomètres du centre-ville, de l’endroit où un petit commando les a pris. C’est une exécution. Ou un enlèvement qui a mal tourné. C’étaient des professionnels qui connaissaient parfaitement l’Afrique et la région. Ils n’ont pas fait d’erreur, n’ont pas exploré un coin risqué, pas voulu rencontrer des gens d’Aqmi. Ils étaient à Kidal, sortaient d’une maison connue, après un entretien classique et se déplaçaient en plein jour... inutile de chercher l’erreur.

La guerre a fait tout exploser

Sauf que Kidal est un chaudron. Avant, c’est à dire avant l’insurrection, la ville était sous l’autorité d’Iyad Ag Ghaly, un rebelle historique de la tribu des Ifoghas. Iyad, c’était la noblesse d’épée. À ses côtés, des dignitaires, des chefs de tribus, des hommes respectés et Algabass Ag Intallah, fils du grand Intallah, l’autorité spirituelle suprême des Touaregs, la noblesse de robe.

La guerre a fait tout exploser. Iyad Ag Ghaly, gagné par la folie islamiste et le démon du pouvoir, a lancé son peuple dans une folle aventure. On connaît la suite. La plus grande partie des chefs touaregs de Kidal l’ont vite abandonné pour créer un autre mouvement, le MIA. Trop tard. Le mal était fait. Les grandes familles, celles qui tenaient ensemble le corps des Touaregs et assuraient l’ordre ont été discréditées aux yeux du monde extérieur. Le MNLA a pris le relais, animé par d’autres chefs, plus jeunes, en équilibre entre la volonté de défendre la cause touarègue, le souci de prouver sa bonne volonté aux Français et son opposition résolue aux islamistes armés.

Mais Kidal fait partie du Mali et Bamako a réclamé avec force le retour de l’autorité de l’État. Une partie de l’armée, honnie des Touaregs, est revenue. Mais aussi l’armée française, basée à l’aéroport, en dehors de la ville. Et aussi la Minusma, la force africaine de l’ONU. Et aussi, avec le temps et la fin des grandes opérations militaires, les islamistes d’Aqmi qui cherchent à s’infiltrer, à déstabiliser la région et ont attaqué, il y a dix jours à peine, les soldats de la Minusma.

Assassiner deux journalistes désarmés, c'est lâchement facile

Cela fait beaucoup de monde et peu d’ordre. Et plus personne ne s’y retrouve. "Tu ne connais plus personne à Kidal", a dit Algabass Ag Intallah. Ce que confirme un anthropologue français : "Plus personne ne contrôle Kidal, c’est l’anarchie."

Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été victimes de ce chaos. Deux reporters enlevés et tués à deux pas des soldats de la Minusma, des forces françaises et des Touaregs du MNLA, le choc est énorme. D’abord parce que RFI, même et surtout en plein désert, est une voix écoutée et respectée. Et parce que leur assassinat révèle, peut-être plus fort encore qu’une énième voiture piégée ou un kamikaze, que rien n’est réglé à Kidal, donc chez les Touaregs.

Voilà des mois, des années, que les spécialistes répètent que le Nord-Mali restera explosif tant que le problème touareg ne fera pas l’objet d’un accord politique de toutes les parties. Aujourd’hui, Bamako tempête et exige, sans en avoir les moyens, le retour de l’autorité suprême de l’État. Le MNLA voudrait qu’on le reconnaisse de plein droit. Les soldats de la Minusma essaient d’assurer un semblant de sécurité. Et les militaires français savent qu’ils ne peuvent pas partir et sont condamnés à intervenir régulièrement pour empêcher les islamistes armés d’Aqmi, d’Iyad ou du Mujao de re-pousser leur corne dans le massif des Ifoghas.

Faire sauter une voiture piégée dans la ville, c’est relativement facile ; se faire sauter en criant "Allah Akbar" face à un barrage, c’est tragiquement facile ; assassiner deux journalistes désarmés, c’est lâchement facile. Kidal n’est qu’un bled perdu du Mali, un morceau de désert du bout du monde, la dernière étape avant les frontières de l’Algérie et de la Libye, mais c’est aussi le symbole de l’instabilité qui risque de s’installer durablement dans la région, un chaudron, alimenté par tous les vents mauvais.






Sur le web : Deux journalistes français auraient été tués dans le nord du Mali

Malijet Discussions d'Alger bloquées au statut fédéral: "Nous n'avons pas mandat à discuter d'une quelconque fédéralisation du Mali" déclare le ministre Diop Mali Bamako

Malijet Discussions d'Alger bloquées au statut fédéral: "Nous n'avons pas mandat à discuter d'une quelconque fédéralisation du Mali" déclare le ministre Diop Mali Bamako

lundi 24 novembre 2014

Mali : Vous avez dit rébellion touareg ? - Mali Actu

Mali : Vous avez dit rébellion touareg ? - Mali Actu

Mali : Vous avez dit rébellion touareg ?

mnlaAu Mali, rébellion rime avec groupe armé, indépendance et touareg. Les différentes « luttes armés » se confondent par leur dimension microscopique, tribale.

La rébellion (armée ou pas) s’assimile à une révolte, insurrection, etc. contre un ordre établi, coupable d’injustice envers des individus. Ces derniers s’insurgent dans le but de renverser les tenants cet ordre établi, ou tout simplement les sommer à mettre fin aux souffrances subies. Dans tous les cas, l’objectif demeurant toujours de faire cesser une action préjudiciable, tout en s’inscrivant dans la république.

Les rebellions à la malienne ont des  caractéristiques bien différentes. Leur résurgence chronique est liée à une perception erronée.

Ce qu’on appelle « la rébellion touareg » a connu une mutation dans ses revendications.

À éclatement de la toute première rébellion, il s’agissait ni plus ni moins d’arracher une portion du territoire autrefois administré par le colon français et d’en faire une entité à part entière. A cette époque, il s’agissait plus de l’autodétermination que de l’argument, usité de nos jours, de délaissement du septentrion dans la politique de développement du Mali.

Paradoxalement, soit dit en passant, le « no mans land » qu’est devenu le grand nord de nos jours, dont se plaint les groupes armés, est une conséquence de l’insécurité instaurée et maintenue par ceux-ci depuis les premières heures du Mali indépendant.
Le facteur essentiel dans l’échec de la « rébellion » malienne est qu’elle se base sur un droit qui s’obtient difficilement par les armes. En effet, l’indépendance revendiquée jusqu’aujourd’hui n’a émané et n’émane toujours que d’un groupe d’individus qu’on ne saurait qualifiée de communauté représentative de l’entité revendiquée.

Encore plus handicapant, l’ethnie touareg qui se trouve injustement associée à cette lutte n’y est pas favorable dans l’intégralité des différentes tribus qui la composent.

Aujourd’hui, en plus du droit à l’autodétermination, les leaders « rebelles » justifient la nécessité de l’indépendance par le retard de développement que connaissent certaines localités septentrionales par rapport à d’autres du sud, et des exactions commises par l’armée nationale dans sa lutte contre les groupes indépendantistes.

Tous ces deux points résultent réciproquement de la faiblesse de l’Etat, née de la présence permanente des groupes armés séparatistes et de la mise en œuvre d’une fonction régalienne de l’Etat, la défense de la souveraineté nationale, quoique avec probablement des violations des droits humains autant inacceptables que celles commises par les groupes armés.

Une lutte orpheline

Les irrédentistes d’origine, en prenant les armes au nom de l’autodétermination, ont pêché. Leurs idéaux indépendantistes auraient pu trouver une plus grande audience s’ils avaient concentré les plus de 50 ans de forcing dans le développement d’une philosophie solide en direction des hommes et femmes qui peuplent la zone revendiquée.

Leurs héritiers ont doublement pêché en voulant légitimer la lutte armée sans au préalable travaillé une idéologie, non tribale. Aujourd’hui, il semble bien trop tard pour réussir encore une sécession au Mali, d’où la nécessité de l’abandon de la cause perdue.

La lutte menée par les séparatistes du Mali n’est pas une rébellion. Si elle l’avait été, elle aurait sans doute comptabilisé quelques acquis au bout de plus de 50 ans d’effort. La multitude des mouvements au sein du très restreint milieu sécessionniste prouve davantage que la cause n’est pas rassembleuse. Ces différents groupes sont, comme on les désigne d’ailleurs sous d’autres cieux, des mouvements armés nationalistes et non une rébellion.

La lutte armée pour l’indépendance au Mali n’est donc pas une rébellion car n’existant aucune injustice particulière envers le groupe « rebelle », aucune souffrance volontairement infligée par l’ordre établi. Les velléités sécessionnistes sont nées d’un simple désir à l’autodétermination d’un groupe d’individus qui s’est borné à perpétuer sa lutte que dans son cercle restreint.

Alors que le droit à l’autodétermination est reconnu à un peuple, un groupe issu de tribus d’une ethnie partiellement hostile à la lutte menée ne saurait représenter tout un peuple de plusieurs ethnies totalement opposées à la cause.

Aliou Hasseye
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Contre le document de synthèse des pourparlers d’Alger : Plus de 40 associations et organisations de la société civile dans la rue aujourd’hui

Contre le document de synthèse des pourparlers d’Alger : Plus de 40 associations et organisations de la société civile dans la rue aujourd’hui

Lettre ouverte portant sur des propositions de Dr Anasser Ag Rhissa suite à la synthèse de la médiation dans le cadre du Processus inter-Maliens inclusif d’Alger

Lettre ouverte portant sur des propositions de Dr Anasser Ag Rhissa suite à la synthèse de la médiation dans le cadre du Processus inter-Maliens inclusif d’Alger

propositions de Dr Anasser Ag Rhissa suite à la synthèse de la médiation dans le cadre du Processus inter-Maliens inclusif d’Alger

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Lettre ouverte au Président du Mali, aux Maliens, aux Partenaires et aux médias sur l’indivisibilité du Mali, leurs rôles, la réconciliation nationale, la paix et la sécurité durables au Mali
Dr ANASSER AG RHISSA
EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
Dr Anasser Ag Rhissa, Expert TIC et Gouvernance







Excellence Monsieur le Président de la République du Mali,

Excellence Mesdames et Messieurs les représentants des partenaires du Mali,

Excellences Messieurs les médiateurs pour la crise Malienne,

Excellences Messieurs les facilitateurs pour la crise Malienne,

Excellence Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale du Mali,

Excellence Monsieur le Premier Ministre du Mali,

Excellences Mesdames et Messieurs les Ministres,

Excellence Monsieur le Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale du Mali, chef de la délégation Malienne aux pourparlers inclusifs,

Excellence Monsieur le Haut représentant du Président Malien dans les pourparlers inclusifs inter-Maliens,

Excellence Monsieur le Ministre de la réconciliation nationale,

Excellence Monsieur le Ministre de la défense et des anciens combattants du Mali,

Excellence Monsieur le Ministre de la sécurité et de l’intérieur,

Excellence Monsieur le ministre de la communication, de l’économie numérique et de l’information du Mali,

Mesdames et Messieurs les participants aux groupes thématiques du processus d’Alger,

Mesdames et Messieurs les participants aux pourparlers inclusifs inter-Maliens,

Chers frères et sœurs Maliens,



Dans le cadre du processus d’Alger pour une paix durable au Mali, la synthèse réalisée par l’équipe de médiation internationale, ayant pour titre « Eléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali » est de bonne qualité mais on peut regretter le fait que le sentiment national soit exprimé ou ressorte de façon insuffisante.



Pour l’équité et pour favoriser la réconciliation nationale, il est important de ne pas oublier les autres régions et les autres communautés du Mali.



J’ai participé à l’atelier d’information et sensibilisation, organisé par le gouvernement Malien du 17 au 18 novembre 2014, sur les pourparlers inter-maliens inclusifs d’Alger précisément sur la synthèse de la médiation et le mémorandum du gouvernement et de la délégation Malienne en réponse à cette synthèse.



Félicitations au gouvernement pour l’organisation de cet atelier.



Placé sous la Présidence du Premier Ministre, Moussa Mara, cet atelier a regroupé un nombre très élevé de Maliens. Les Ministres des affaires étrangères et de la décentralisation y étaient présents ainsi que des anciens ministres, des membres de partis politiques, de la société civile, de l’assemblée nationale et des religieux.



Le Ministre des affaires étrangères, Abdoulaye Diop, Chef de la délégation Malienne aux pourparlers inclusifs d’Alger, a présenté le mémorandum du gouvernement et de la délégation Malienne en réponse à la synthèse de la médiation.



Le Ministre de la décentralisation et de la ville, Ousmane Sy, a piloté les débats en plénière.



Vous trouverez ci-dessous mes propositions en réponse à la synthèse de la médiation. J’ai proposé certaines d’entre elles comme contributions à l’atelier précédent dont les recommandations iront au gouvernement et à la médiation.



Mes propositions sont :



  1. Dans le préambule de la synthèse de la médiation, remplacer dérives à l’origine de la marginalisation d’une composante de notre peuple par dérives à l’origine de la crise.


  1. La nécessité de la promotion d’un développement durable, équitable et équilibré de l’ensemble des régions du Mali tenant compte de leurs potentialités respectives.


  1. Par soucis d’équité, il est plus judicieux de créer une agence nationale de développement communautaire mutualisant les ressources et pouvant les répartir adéquatement entre les différentes régions du Mali en les priorisant que de créer une zone de développement des seules régions du nord. Cette agence nationale travaillera en synergie avec les agences de développement qui seront installées dans toutes les régions.


  1. La nécessité de la participation (gouvernance participative), d’une bonne gouvernance du développement endogène local et la création des services adaptés au contexte dans le cadre de la régionalisation. La bonne gouvernance et une gestion au mérite doivent être promues. Ainsi, les quotas devront être éliminés.


  1. Il n’est pas nécessaire de créer des entités intégrées ou des régions intégrées car la mutualisation de ressources, l’expression des solidarités (inter-régions, inter générations) et le partenariat entre entités ou régions suffisent pour prendre en compte cet aspect. Une approche globale, intégrant tous les niveaux (local, régional, national, international), est indispensable pour cette mutualisation et la mise en œuvre des solidarités et des partenariats.


  1. La protection civile doit rester exclusivement une compétence nationale.


  1. Remplacer les termes police territoriale par police municipale.


  1. Faire attention que la police municipale et la police d’Etat n’aient pas de conflits de rôles.


  1. Instaurer des contrôles pour éviter la transformation de la police municipale en milice.


  1. La nécessité de concevoir et implanter une plateforme globale résiliente de bonne gouvernance de la défense stratégique et de sécurité durable au Mali en liaison avec les travaux qui se font au niveau de la zone sahel sur les mêmes thématiques.


  1. Lancer un audit des projets dans toutes les régions du Mali sur les quarante dernières années.


  1. Comme support à la CVJR (Commission Vérité, Justice et Réconciliation), contribuer à la réconciliation entre acteurs à travers le travail et des projets communautaires.


  1. Afin de réparer et indemniser les victimes, lancer une commission d’enquêtes sur ce qui s’est passé les quarante dernières années.


  1. Pour la bonne gouvernance juridique en liaison avec les travaux de la CVJR, je propose la création de trois plateformes TIC :
– Plateforme e-justice équitable et impartiale pour la bonne gouvernance juridique participative en liaison avec les travaux de la commission (CVJR (commission vérité, justice et reconciliation) pour une justice citoyenne équitable et impartiale,
– Plateforme e-citoyen pour le contrôle citoyen,
– Plateforme e-juge pour le contrôle de la responsabilité d’un juge et de la conformité de l’application des lois.



  1. Pendant la période transitoire, lancer des projets communautaires en utilisant le fonds d’affectation spéciale qui sera mis à disposition avec l’aide des partenaires.


  1. Prévoir un mécanisme de suivi-évaluation et un audit de chaque projet différents de ceux de la médiation.


  1. La nécessité d’un observateur indépendant devant changer tous les semestres.


  1. Lancer un appel pour cultiver le vivre ensemble partout au Mali afin de récolter la réconciliation nationale, la sécurité et la paix durables dans l’unité. Promouvoir un réseau d’initiatives pour le vivre ensemble et la réconciliation nationale.


  1. Lancer des séminaires de réconciliation nationale et régionalisation dans toutes les régions du Mali.


  1. Après l’accord définitif de paix, organiser un forum pour un aménagement idoine du territoire avec une structuration adaptée en collectivités territoriales dans le cadre de la régionalisation et de la décentralisation poussée.


Répartition de mes propositions entre les titres du document de la synthèse de la médiation



Vous trouverez ci-dessous mes propositions réparties entre les différents titres du document de synthèse de la médiation « Eléments pour un accord pour la paix et la réconciliation au Mali ».



  1. PREAMBULE


A la place de :

… la reconnaissance des dérives à l’origine de la marginalisation d’une composante de notre peuple.

Je mettrai :

… la reconnaissance des dérives à l’origine de la crise.

  1. Titre I : PRINCIPES ET ENGAGEMENTS GENERAUX


A la place du principe 4 :

Promotion d’un développement équilibré de l’ensemble des régions du Mali tenant compte de leurs potentialités respectives.

Je mettrai :

Promotion d’un développement durable, équitable et équilibré de l’ensemble des régions du Mali tenant compte de leurs potentialités respectives.

  1. Titre II : QUESTIONS POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES


  1. Niveau local /régional


- J’éliminerai : la zone de développement des régions du nord.



- J’ajouterai : la nécessité de la participation (gouvernance participative), d’une bonne gouvernance du développement endogène et la création des services adaptés au contexte dans le cadre de la régionalisation.



  1. Niveau national


- Par soucis d’équité, la création d’une agence nationale de développement communautaire mutualisant les ressources et pouvant les répartir adéquatement entre les différentes régions du Mali en les priorisant que de créer une zone de développement des seules régions du nord. Cette agence sera dotée d’un conseil consultatif interrégional constitué de représentants des assemblées régionales et chargé exclusivement de la coordination et de la mutualisation des efforts visant à accélérer le développement socio-économique du pays, des financements des investissements d’intérêt général et d’autres questions connexes.



Cette agence nationale travaillera en synergie avec les agences de développement qui seront installées dans toutes les régions.



Dans un premier temps, la priorité sera donnée au développement des régions du nord et une stratégie spécifique y sera appliquée.



Cette stratégie spécifique de développement sera élaborée conjointement par les parties avec l’appui des partenaires internationaux et financée par un fonds pour le développement durable. Une conférence d’appel de fonds sera organisée après la signature de l’accord.



  • - La bonne gouvernance et une gestion au mérite doivent être promues. Ainsi, les quotas devront être éliminés.
DANS FINANCEMENT ET MOYENS, AU DERNIER TIRET :



Des conventions-programmes Régions-Etat seront conclues via l’agence nationale de développement communautaire mutualisé, en vue de la mise en place des programmes d’investissements pluriannuels structurants et de la réglementation des obligations de l’Etat en matière de développement économique et social.



  1. Interactions entre les niveaux


Une approche globale, intégrant tous les niveaux (local, régional, national, international), est indispensable pour la mutualisation des ressources et la mise en œuvre des solidarités (inter-régions et intergénérationnelle) et des partenariats.



On rapproche les citoyens et les communautés des différentes régions à travers ces solidarités, cette mutualisation et ces partenariats.



Ainsi, il n’est pas nécessaire de créer des entités intégrées ou des régions intégrées sauf si ces entités ou régions le décident à travers un vote démocratique.



  1. Titre III : QUESTIONS DE SECURITE ET DE DEFENSE


La protection civile doit rester exclusivement une compétence nationale.



Je remplacerai les termes police territoriale par police municipale.



Faire attention que la police municipale et la police d’Etat n’aient pas de conflits de rôles.



Instaurer des contrôles pour éviter la transformation de la police municipale en milice.



J’ajouterai à la fin de ce paragraphe.



La nécessité de concevoir et implanter une plateforme globale résiliente de bonne gouvernance de la défense stratégique et de sécurité durable au Mali en liaison avec les travaux qui se font au niveau de la zone sahel sur les mêmes thématiques.



  1. Titre IV : Développement socio-économique et culturel des régions du nord


A travers l’agence nationale de développement communautaire mutualisé, dans un premier temps la priorité sera donnée aux régions du Nord du Mali à travers un plan spécial pour leur développement.

Remplacer azawad par nord du Mali.



Lancer un audit des projets dans toutes les régions du Mali sur les quarante dernières années.



Prévoir un mécanisme de suivi-évaluation et un audit de chaque projet différents de ceux de la médiation.



  1. Titre V : Réconciliation, justice et questions humanitaires


Comme support à la CVJR (Commission Vérité, Justice et Réconciliation), contribuer à la réconciliation entre acteurs à travers le travail et des projets communautaires.



Afin de réparer et indemniser les victimes, lancer une commission d’enquêtes sur ce qui s’est passé les quarante dernières années.



Lancer un appel pour cultiver le vivre ensemble partout au Mali afin de récolter la réconciliation nationale, la sécurité et la paix durables dans l’unité. Promouvoir un réseau d’initiatives pour le vivre ensemble et la réconciliation nationale.



Lancer des séminaires de réconciliation nationale et régionalisation dans toutes les régions du Mali.



Compte-tenu des défis (réconciliation nationale, bonne gouvernance, lutte contre la corruption, …) auxquels est confronté le Mali, une justice impartiale et équitable est indispensable afin de garantir la non impunité, la réconciliation nationale et le support d’un développement durable et équitable.

La question clé est de disposer d’une justice impartiale, contre l’impunité, garantissant la transparence et capable de juger chaque cas en prenant en compte tout le contexte lié à ce cas.

Une telle justice sera gage de la réconciliation entre les acteurs pour le support de la bonne gouvernance et d’un développement durable et équitable, sans exclusion ni discrimination, respectant les acteurs et garantissant à chacun un emploi décent avec une juste rémunération.



Dans le domaine juridique, les TIC peuvent être d’un ultime secours pour contribuer à moderniser la justice et pour assurer une bonne gouvernance juridique à travers, entre autres, la maîtrise du processus juridique, la conformité de l’application des lois, la participation et le contrôle citoyen.

Pour la bonne gouvernance juridique en liaison avec les travaux de la CVJR, je propose la création de trois plateformes TIC :



– Plateforme e-justice équitable et impartiale pour la bonne gouvernance juridique participative en liaison avec les travaux de la commission vérité, justice et réconciliation pour une justice citoyenne équitable et impartiale,



– Plateforme e-citoyen pour le contrôle citoyen,



– Plateforme e-juge pour le contrôle de la responsabilité d’un juge et de la conformité de l’application des lois.



  1. Titre VI : PERIODE INTERIMAIRE


A la fin du chapitre proposé par la médiation, ajouter :



Lancer des projets communautaires en utilisant le fonds d’affectation spéciale qui sera mis à disposition avec l’aide des partenaires.



Prévoir un mécanisme de suivi-évaluation et un audit de chaque projet différents de ceux de la médiation.



La nécessité d’un observateur indépendant devant changer tous les semestres.



Conclusion



Il faut signaler qu’il est difficile d’avoir un document consensuel répondant aux souhaits des toutes les parties prenantes mais l’effort doit être fait par les uns et les autres pour aboutir à un tel document sans mettre en péril l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la souveraineté de l’Etat ainsi que sa forme républicaine et laïque.



La promotion d’un développement durable équitable et équilibré doit être réalisée au profit de toutes les régions du Mali ainsi que l’intégration équitable des communautés dans les régions et dans le pays tout entier.



La bonne gouvernance et une gestion au mérite doivent être promues. Ainsi, les quotas devront être éliminés.



Contact



Dr ANASSER AG RHISSA

EXPERT TIC ET GOUVERNANCE

E-mail : Webanassane@yahoo.com

TEL (00223) 78 73 14 61

jeudi 13 novembre 2014

États-Unis : Que reste-t-il d’Obama ? - Politis

États-Unis : Que reste-t-il d’Obama ? - Politis

Le Président américain devra terminer son mandat avec une majorité républicaine au Congrès. Un terrible échec personnel. Correspondance à New York, Alexis Buisson.


Barack Obama s’est retrouvé malgré lui, mercredi 5 novembre, dans un rôle qu’il connaît, mais qu’il n’apprécie guère. Au lendemain des élections législatives de mi-mandat, qui ont donné au Parti républicain le contrôle du Congrès, après avoir conquis la majorité au Sénat, le Président américain a rappelé lors (...)

mercredi 12 novembre 2014

MNLA : Bilal Ag Acherif empêche par les autorités mauritaniennes de tenir son meeting

MNLA : Bilal Ag Acherif empêche par les autorités mauritaniennes de tenir son meeting

Bilal Ag Acherif empêche par les autorités mauritaniennes de tenir son meeting

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 Le secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Bilal Ag Acherif
Le secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Bilal Ag Acherif
Décidément, les choses vont de mal en pis pour les leaders du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad). Après la chute de leur mentor, Blaise Compaoré, suite à sa tentative de modifier l’article 37 de la constitution, les leaders du MNLA ne savent plus à quel « Sein » se vouer.

Partis du Burkina Faso où ils sont devenus persona non grata, Bilal Ag Achérif, leader du MNLA, et ses camarades se sont rendus, la semaine dernière, à Nouakchott où il s’apprêtait à tenir un meeting. C’était mardi 04 novembre. Mal lui en a pris.

Informées, les autorités mauritaniennes ont vite fait de rappeler les leaders du MNLA à l’ordre : aucun groupe armé, qu’il soit arabe ou touareg, ne sera autorisé à mener ses activités politiques sur le sol mauritanien, ont-elles fait savoir aux leaders du MNLA. Avant de les inviter à débarrasser le plancher.

Longtemps considérée  comme une base arrière du MNLA et du MAA (Mouvement Arabe de l’Azawad), la Mauritanie entend garder des relations de bon voisinage avec le Mali. Surtout, après la signature du cessez-le feu entre le gouvernement malien et les groupes armés en mai dernier. Cessez-le feu obtenu à Kidal par le président mauritanien, Abdel Aziz.

Au lendemain de  l’investiture d’IBK, le Mali a signé plusieurs accords de coopération de sécurité avec son voisin mauritanien. Notamment, dans le domaine de la lutte contre l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne, que les deux pays ont en partage.

C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, que les autorités mauritaniennes ont intimé l’ordre à Bilal Ag Achérif et à ses camarades d’annuler leur meeting. Mais aussi, d’entreprendre sur leur sol toute action visant à porter atteinte à la sécurité ou à l’intégrité territoriale du Mali.

Les « cairotes » semblent être cuites pour ceux que tout le monde s’accordait à appeler, il y a peu,  les « enfants gâtés de l’Elysée ».

Oumar Babi