lundi 24 décembre 2012

Moussa Balla Coulibaly, l’auteur du livre «Mali-la Nation trahie» : «Les élections sans le nord du Mali, c’est entériner la scission du pays» - maliweb.net

Moussa Balla Coulibaly, l’auteur du livre «Mali-la Nation trahie» : «Les élections sans le nord du Mali, c’est entériner la scission du pays» - maliweb.net
L’ex président du patronat, Moussa Balla Coulibaly a lancé officiellement son livre intitulé « Mali- la Nation Trahie», c’était le vendredi 21 décembre à la maison de la presse. L’occasion fut bonne pour lui de s’exprimer sur l’actualité du pays. Ainsi, il a laissé entendre que tenir les élections sans le nord du Mali, c’est entériner la scission du pays.
Moussa Balla Coulibaly
Pour apporter sa contribution à la bonne connaissance du Mali, l’administrateur chevronné, le septuagénaire, Moussa Balla Coulibaly a publié un ouvrage. Dans ledit ouvrage de 95 pages, il a passé au peigne fin les grands moments qu’à traversé le Mali colonial et post indépendance.
A lire l’auteur de la présente œuvre, les évènements que nous vivons sont les suites logiques de ceux de la 2éme République. Morceau choisis. «Lors de la guerre des frontières Mali- Burkina Faso (1974-1985), l’Armée du Burkina Faso qui se déplace en « Duruni », pick- up, Peugeot bâchée met en difficulté l’Armée malienne pourtant superbement équipée (terre, air). Dans sa fuite, le commandant de l’unité malienne n’a même pas eu l’idée de détruire le matériel qu’il abandonnait». Comme pour dire que la dernière débandade de notre armée est un héritage. Mais aller jusqu’à tenir les élections au sud sans le nord du pays, l’auteur refuse d’entrer cela. Pour lui cela est synonyme à l’acceptation de la partition du pays.
Parlant de l’éducation, même si elle s’est plus dégradée sous la 3ème République, la deuxième a péché. Car le manque d’autorité du pouvoir n’a pas permis de construire et d’approfondir la mise en place de l’école malienne réformée en 1962.
Rappelons qu’Agé de 79 ans, M. Coulibaly a occupé des fonctions dans l’administration malienne de 1959 à 1973, avant d’évoluer dans le secteur privé. Ce qui lui a valu d’être président du Patronat malien. C’est cette expérience qui lui a permis de réaliser cet ouvrage sur le Mali pré et post indépendance.
Oumar KONATE

Ansar Dine regrette la résolution de l’ONU portant déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali - maliweb.net

Ansar Dine regrette la résolution de l’ONU portant déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali - maliweb.net
ALGER – Le porte-parole du groupe armé Ansar Dine (nord du Mali), Mohamed Ahrib a regretté vendredi à Alger, l’adoption, la veille, par le Conseil de sécurité des Nations Unies une résolution autorisant « pour une période initiale d’un an » le déploiement de la Mission internationale de soutien au Mali sous conduite africaine (MISMA).
« Nous regrettons le feu vert donné pour une intervention militaire au Mali. Nous disons qu’il n’y a pas lieu de le faire », a déclaré M. Ahrib, en marge d’un point de presse organisé à l’issue de la signature d’une déclaration de partenariat entre Ansar Dine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).
Le porte-parole de Ansar Dine a qualifié cette résolution de « complot » monté par « la France et les Occidentaux qui n’ont pas comme objectif, a-t-il dit, de laisser le « Mali récupérer son intégrité ».
« Il y a un risque de déstabiliser des pays qui sont déjà fragiles tels que le Niger, la Mauritanie et surtout la Libye », a-t-il ajouté.
Selon le Conseil de sécurité la MISMA sera chargée, notamment, d’aider les autorités maliennes à reprendre les zones du nord du pays contrôlées par des groupes armés terroristes et extrémistes.
L’organe de décision de l’ONU autorise une force d’intervention africaine à prendre « toutes les mesures nécessaires », en conformité avec les lois internationales, afin de prendre le contrôle du nord du Mali.
M. Ahrib a insisté, dans ce contexte, sur la nécessité d’aller vers une solution politique, car, « la solution militaire, a-t-il expliqué, est contre d’abord notre communauté et notre religion ».
Par ailleurs, le porte-parole du groupe armée Ansar Dine a tenu à remercier les autorités algériennes pour leur volonté de trouver une solution politique au Mali.
Il a, dans ce cadre, rappelé avoir demander à tous les Maliens et à la communauté internationale d’engager une solution politique, réitérant, par la même, la « volonté » et l’ »engagement » d’Ansar Dine d’aller vers une solution « pacifique ».
« Nous sommes très optimistes et nous demandons aux autorités algériennes et la communauté internationale de nous accompagner dans la recherche de cette solution », a-t-il conclu.

samedi 22 décembre 2012

Déclaration commune Ansar Eddine-MNLA : S'abstenir de toute action déstabilisatrice dans la région qu’ils contrôlent

Déclaration commune Ansar Eddine-MNLA : S'abstenir de toute action déstabilisatrice dans la région qu’ils contrôlent

Le groupe Ansar Eddine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont convenu hier, d’un accord conjoint qu’ils ont signé, de mettre à contribution toutes les voies du dialogue en vue $du règlement de la crise malienne.
PUBLIE LE : 22-12-2012 | 0:00

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Ph. : Nesrine

 Le groupe Ansar Eddine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont convenu hier, d’un accord conjoint qu’ils ont signé, de mettre à contribution toutes les voies du dialogue en vue $du règlement de la crise malienne.

Engagée le 21 décembre 2012 sous l’égide de l’Algérie, une réflexion approfondie sur la situation sécuritaire et politique dans l’Azawad, et conscients des événements et par suite d’une gouvernance défaillante par le pouvoir central qui ont compromis la sécurité du Mali, son intégrité territoriale et son unité nationale, désireux de parvenir à une solution globale et définitive aux problèmes récurrents que rencontre la population de l’Azawad, les deux mouvements ont réitéré donc, hier, leur engagement en faveur du dialogue avec les autorités du Mali pour un règlement pacifique du conflit dans le cadre des principes islamiques en harmonie avec les valeurs authentiques du peuple de l’Azawad et dans le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de race, ou d’appartenance ethnique, ainsi que des règles universelles des droits de l’homme, de gouvernance et de l’État de droit.
 Les deux mouvements ont réitéré leur engagement à promouvoir la réconciliation, l’unification des rangs, leur rejet du terrorisme, de la criminalité organisée sous toutes ses formes et leur détermination à les combattre énergiquement.
 Les deux mouvements sont convenus de mettre en œuvre, chacun en ce qui le concerne,  les mesures prioritaires en s’abstenant de toute action susceptible d’engendrer des situations de confrontation dans les zones qui sont sous leur contrôle, en sécurisant les zones sous leur autorité, à travers la mise en place de forces de sécurité composées des éléments de leurs groupes respectifs, en agissant dans le sens de la libération de toute personne se trouvant en état de captivité ou d’otage dans les zones affectées, en collaborant pour assurer une assistance humanitaire d’urgence à la population dans le besoin, en contribuant à  réaliser la libre circulation des personnes et des biens et à la relance des activités politiques, sociales, éducatives, économiques et administratives, en appelant tous les Maliens à joindre leurs efforts à ceux des deux parties pour effacer toute déviance et défaillances de gouvernance qui ont conduit à porter atteinte à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale du pays, en conjuguant les efforts pour coordonner les positions et actions dans le cadre de toute démarche visant la recherche d’une solution pacifique et durable avec les autorités de transition maliennes, avec les garanties des parties concernées.
 Le signataire au nom du mouvement du MNLA,  Bey Dikname, a considéré le document qui a été signé d’important, et il a demandé aux autorités algériennes et au mouvement Ansar Eddine de consolider ce partenariat, de soutenir cette démarche.
 Le signataire au nom d’Ansar Eddine,  Mohamed Akharib, a déclaré que les deux mouvements ont engagé ce processus compte tenu du fait de la situation qui prévaut au Mali et par rapport à la communauté internationale qui parle d’intervention militaire. Il déclare dénoncer cette intervention, car elle ne constitue pas la solution. Il a exprimé sa volonté de voir privilégier la solution politique.
M. Bouraib

Déclaration commune Ansar Eddine-MNLA : S'abstenir de toute action déstabilisatrice dans la région qu’ils contrôlent

Déclaration commune Ansar Eddine-MNLA : S'abstenir de toute action déstabilisatrice dans la région qu’ils contrôlent

Le groupe Ansar Eddine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont convenu hier, d’un accord conjoint qu’ils ont signé, de mettre à contribution toutes les voies du dialogue en vue $du règlement de la crise malienne.
PUBLIE LE : 22-12-2012 | 0:00

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Ph. : Nesrine

 Le groupe Ansar Eddine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont convenu hier, d’un accord conjoint qu’ils ont signé, de mettre à contribution toutes les voies du dialogue en vue $du règlement de la crise malienne.

Engagée le 21 décembre 2012 sous l’égide de l’Algérie, une réflexion approfondie sur la situation sécuritaire et politique dans l’Azawad, et conscients des événements et par suite d’une gouvernance défaillante par le pouvoir central qui ont compromis la sécurité du Mali, son intégrité territoriale et son unité nationale, désireux de parvenir à une solution globale et définitive aux problèmes récurrents que rencontre la population de l’Azawad, les deux mouvements ont réitéré donc, hier, leur engagement en faveur du dialogue avec les autorités du Mali pour un règlement pacifique du conflit dans le cadre des principes islamiques en harmonie avec les valeurs authentiques du peuple de l’Azawad et dans le respect de toutes les libertés fondamentales sans distinction de race, ou d’appartenance ethnique, ainsi que des règles universelles des droits de l’homme, de gouvernance et de l’État de droit.
 Les deux mouvements ont réitéré leur engagement à promouvoir la réconciliation, l’unification des rangs, leur rejet du terrorisme, de la criminalité organisée sous toutes ses formes et leur détermination à les combattre énergiquement.
 Les deux mouvements sont convenus de mettre en œuvre, chacun en ce qui le concerne,  les mesures prioritaires en s’abstenant de toute action susceptible d’engendrer des situations de confrontation dans les zones qui sont sous leur contrôle, en sécurisant les zones sous leur autorité, à travers la mise en place de forces de sécurité composées des éléments de leurs groupes respectifs, en agissant dans le sens de la libération de toute personne se trouvant en état de captivité ou d’otage dans les zones affectées, en collaborant pour assurer une assistance humanitaire d’urgence à la population dans le besoin, en contribuant à  réaliser la libre circulation des personnes et des biens et à la relance des activités politiques, sociales, éducatives, économiques et administratives, en appelant tous les Maliens à joindre leurs efforts à ceux des deux parties pour effacer toute déviance et défaillances de gouvernance qui ont conduit à porter atteinte à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale du pays, en conjuguant les efforts pour coordonner les positions et actions dans le cadre de toute démarche visant la recherche d’une solution pacifique et durable avec les autorités de transition maliennes, avec les garanties des parties concernées.
 Le signataire au nom du mouvement du MNLA,  Bey Dikname, a considéré le document qui a été signé d’important, et il a demandé aux autorités algériennes et au mouvement Ansar Eddine de consolider ce partenariat, de soutenir cette démarche.
 Le signataire au nom d’Ansar Eddine,  Mohamed Akharib, a déclaré que les deux mouvements ont engagé ce processus compte tenu du fait de la situation qui prévaut au Mali et par rapport à la communauté internationale qui parle d’intervention militaire. Il déclare dénoncer cette intervention, car elle ne constitue pas la solution. Il a exprimé sa volonté de voir privilégier la solution politique.
M. Bouraib

Déclaration commune Ansar Eddine-MNLA : S'abstenir de toute action déstabilisatrice dans la région qu’ils contrôlent

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Document Exclusif (1) – Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao (COCASERG) : Autopsie et Vision sur la Rebellion au Nord du Mali - maliweb.net

Document Exclusif (1) – Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao (COCASERG) : Autopsie et Vision sur la Rebellion au Nord du Mali - maliweb.net
Document Exclusif (1) – Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao (COCASERG) : Autopsie et Vision sur la Rebellion au Nord du Mali

21 décembre 2012 Rubrique: Nord-Mali,Société
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Située seulement à 5 kilomètres de Gao, la Dune Rose, dite « Koïma Hondo » dans la langue Songhaï est peut-être le site touristique le plus populaire de Gao (photo: visitgaomali.com)

Le présent document que présente le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao (COCASERG) est une contribution à la sortie de crise née de la rébellion et une réflexion particulière des nordistes par rapport à son évolution dans le temps et son rebondissement en 2012.



- INTRODUCTION

1 – ETAT DES LIEUX EN 2012(Sécurité, Besoins sociaux de base)

2 – RAPPEL SUR LES REBELLIONS DE 1963 ET DE 1991

3 – LES CONCEPTS « AZAWAD »

4 – ASSOCIATION EN FAVEUR DU NORD

5 – REGIONS DU NORD : PRIORITE NATIONALE OU PAS ?

6 – SUGGESTIONS (Politiques, Négociations, Economiques)

-  CONCLUSION



Introduction

Le présent document que présente le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao(COCASERG) est une contribution à la sortie de crise née de la rébellion et une réflexion particulière des nordistes par rapport à son évolution dans le temps et son rebondissement en 2012.

Le Collectif n’a pas la prétention de détenir toute la vérité sur le phénomène « rébellion » , aussi, le Collectif invite les autorités avisées à une lecture approfondie du document pour finir définitivement avec cet état de nuisance dont se servent les populations touaregs et arabes pour des intentions mafieuses et sordides qui n’ont rien à voir avec le développement de nos région.

I. Etat des lieux en 2012

Cent jours après l’occupation effective des régions du Nord, des cadres sédentaires de la Région de Gao se sont organisés en collectif pour contribuer à la libération des zones occupées et au rétablissement de la paix, particulièrement dans la Région de Gao.

L’état des lieux se présente comme suit.

1) La Sécurité

Les populations vivent dans une psychose totale, du début des événements à nos jours, à travers systématiquement :

- Pillages,

- Viols,

- Vols,

- Assassinats

- Intimidations,

- Spoliations et tous autres actes criminels au nom de la charia.

La Région est ainsi sous le contrôle des groupes islamistes affiliés à AQMI.

2) Les Besoins sociaux de base: santé, eau potable, éducation, loisirs

La volonté manifeste de détruire Gao a amené les occupants à piller tous les systèmes sur lesquels repose l’essor socio-économique et culturel de la Région :

- Le Système d’eau potable et d’électricité

- La chaîne du système sanitaire

- Le système de l’éducation : ici le doute plane sur l’organisation des examens 2011/2012 et l’incertitude de la rentrée scolaire 2012- 2013.

L’inadéquation et la mauvaise application de la charia ont fait que la vie culturelle a été sérieusement malmenée. En effet, le Nord a connu un autodafé : destruction de monuments, d’édifices publics et privés d’une part, mariages forcés, amputations de membres (mains et pieds), lapidations, viols organisés maquillés en mariages, d’autre part.

A cet effet, le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao, confiant en un Mali UN et INDIVISIBLE, demande à bon droit, à l’Etat Malien, concepteur de la puissance publique, garant des droits, protecteur des citoyens et réparateur des préjudices de :

• créer un Cadre Régional de Suivi, composé de cadres et notables ayant une moralité évidente et représentatifs de tous les corps et cadres pour accompagner :

- tous projets, actions de développement,

- toutes structures étatiques, para étatiques, privées

- tous organismes de sphère nationale ou internationale d’assistance, de distribution de biens et services destinés à la Région;

• accorder aux agents de l’Etat en activité, tous statuts, corps et cadres confondus, au moins deux ans supplémentaires sur l’effectivité de leur vie professionnelle.

• Considérer l’année scolaire 2011/2012 année facultative pour les élèves et étudiants relevant du Nord.



II. Rappel sur les rébellions de 1963 et de 1991

C’est sur la base de l’échec de la constitution d’un Etat saharien devant comprendre une partie du Mali et de l’Algérie que la rébellion était née, et a connu le traitement qui a certainement laissé des amertumes.

Faisant suite à cette situation, la rébellion de 1990 a révélé un nouveau vocable azawad se manifestant par d’autres formes qualifiées de banditismes résiduels ayant évolué vers des illusions d’indépendance de l’Azawad avec des accords mal conçus qui, au lieu de résoudre ou solutionner les revendications posées par les rebelles, ont préféré les évacuer en mettant en place une stratégie de programmes ou de programmations qui, dans leur conception, s’avèrent démagogiques et inapplicables :

• Accords de Tamanrasset en 1991 et 1994

• Accords d’Alger en 1994 et 2006.

Le pacte national, en particulier, dans lequel sont condensées toutes les questions institutionnelles et de développement s’est avéré à la pratique difficile dans sa mise en application.

Le statut particulier, élément central du pacte national, a été conçu pour la paix et le développement des régions du nord du Mali ; mais dans son application, ses avantages, qu’ils soient matériels ou financiers, n’ont bénéficié qu’aux touareg et arabes.

Le constat amer est que les touaregs considèrent le pacte national en général, et le statut particulier comme leur propriété, une propriété qui exclut les autres composantes des régions Nord avec la bénédiction des gouvernements successifs.



III. Les concepts « Azawad »

Azawach, Azawa, Anchawadj, N’Jawa, azawad, veulent dire la même chose : plateau ou cuvette qui déverse. L’orthographe n’est rien d’autre qu’une différence linguistique, selon que le mot est prononcé par un targui, un songhaï, un peulh ou un arabe.

Mais ce qui est grave, impensable et inconcevable, c’est que les irrédentistes pensent que le vocable Azawad répond à une  appartenance géographique et historique propre à leurs communautés (touareg, arabes), ce que l’on remet en cause pour la simple raison qu’ aucune référence écrite ou orale ne définit cette zone comme telle. La réalité est que c’est une zone de songhaï et arma à
 travers leurs règnes successifs.



IV. Associations en faveur des régions du Nord du MALI

Il existe plusieurs associations se réclamant du Nord et pour la défense du Nord, aussi bien dans les régions occupées qu’à l’extérieur, surtout à Bamako. Le COCASERG estime que ces associations séparément ne peuvent jouer aucun rôle positif pour ces régions ou pour leurs revendications et qu’au contraire, ces divisions ne feront que fragiliser leurs actions et les banaliser aux yeux des autorités nationales et de l’opinion internationale.

Pour être efficaces, le COCASERG demande qu’elles aient une direction commune et un discours commun pour être utiles à la cause qu’elles défendent : la libération du Nord et objectifs futurs.

Le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao estime par ailleurs, que les associations, à Gao même, sont d’obédiences diverses et de moralités différentes et se démarque de toute action apparentée à une collaboration suspecte.



V. Régions du Nord : priorité nationale ou pas ?

Constats

Des événements de janvier 2012 à ceux de mars et avril 2012 et jours suivants, la dignité de tout le Mali, et en particulier celle des populations du Nord, est bafouée.

Il ne s’agit pas d’être un analyste averti pour savoir que, depuis la rencontre d’Ouagadougou, théoriquement on œuvre pour la reconquête des régions du Nord, mais, en vérité, c’est la course aux postes politiques et administratifs. Pour le commun des maliens, il faut rappeler que les nouvelles autorités ont déclaré que leur seule priorité était la libération du Nordet l’organisation d’élections libres et démocratiques. Humblement, le Collectif s’incline devant cette volonté sauf que ni l’une ni l’autre ne constitue en réalité une priorité pour elles.

Pour les populations occupées, il ne saurait avoir de priorité que leur libération.

Le mali, membre des Nations Unies, des organisations régionale et sous régionales, doit bénéficier de tous les égards sans tomber dans des compromissions.



VI. Suggestions

A ce niveau, elles sont de plusieurs ordres.

1. Politiques

L’interprétation selon les rebelles de l’expression « statut particulier » est certainement la source de tous les événements qu’on a vécus de 1994 à nos jours.
 Cependant, un espace politique, économique, et socio culturel comme la Décentralisation peut être considéré comme le meilleur instrument permettant d’accéder aux aspirations de développement souhaité.

Alors, privilège doit être accordé à la Décentralisation et à un développement soutenu à l’intérieur du Mali.

- Que le Mali applique les textes et lois conformément à la Constitution pour que l’Etat soit respecté et renforcé dans la gestion des affaires politiques, administratives, économiques, sociales et culturelles.

- Que nulle part au Mali, il n’y ait création de zones franches favorisant le trafic d’armes, de cocaïne et de recommencement perpétuel de rébellion.

- Que le découpage territorial initié par l’ancien régime, au motif qu’il donnerait plus de représentativité aux régions du Nord du Mali dans les chambres d’élus, défie la réalité, quand on sait que les touareg et arabes représentent moins de 12% des populations des régions du Nord. Actuellement, sur les 18 députés du Nord, 11 sont touareg ou arabes ; et sur les 27 futurs élus à l’Assemblée Nationale, ils auront probablement le double du chiffre actuel.

2. Négociations

La situation aujourd’hui est faite de confusion pour les raisons suivantes : le MNLA qui est instigateur de cette situation de rébellion et de la mise à mal de l’unité nationale a amené dans son sillage des groupes islamistes identifiés comme tels, qui l’ont bouté finalement hors de son soit disant territoire en s’y installant et ayant comme credo ou leitmotiv l’application de la charia. Alors se pose cette
 double question : avec qui négocier ? Et quoi négocier?

Il reste entendu que l’unité nationale du Mali reste indiscutable tout comme le caractère républicain, laïc et démocratique de l’Etat.

3. Economiques

a) Constat

L’on a assisté, sans pour pouvoir réagir, au pillage systématique

- des stocks alimentaires

- des dons humanitaires

- des services techniques d’encadrement publics et privés

- des structures de finance et de micro finance

- des structures d’accueil et d’hébergement

- aux enlèvements de troupeaux, véhicules, motos et tous autres biens.

Cette situation a fragilisé le quotidien de la population sinon compromis son avenir.

Du point de vue climatique, l’hivernage s’est installé, mais inégalement reparti dans le temps et l’espace. Les pâturages sont  acceptables par endroits ; par contre, la production agricole connaîtra des problèmes sur le long du fleuve avec les ruptures des digues causées par la forte crue du fleuve. D’une façon générale, les paysans n’ont pas bénéficié d’intrants agricoles.

La survie des populations ne dépend que des produits d’origines frauduleuses, chose qui en réalité, ne saurait être un salut pour ces populations.

b) Propositions de solutions

Dans nos régions à vocation agro-pastorale, l’économie repose sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. Pour les développer, il faut des investissements dans la maîtrise totale de l’eau : exploitation des eaux souterraines et des eaux de surface pour les aménagements agricoles, pastoraux et d’eau potable.

La conception du développement dans le milieu targui se résume à un confort personnel et mondain.  Sinon, comment comprendre qu’un investissement de 1500 milliard dont 90% sur les zones nomades n’ait pas d’impact socio-économique visible sur les régions du Nord de 1992 à 2011.



Conclusion

Le COCASERG, victime et résistant, profondément blessé par la situation du Mali, ce Mali dont on a toujours été fier et dont on est fier, et encore fier demain, ne peut accepter

- la « désunité »

- la remise en cause de l’Etat républicain pour satisfaire des demandes rocambolesques qui ne servent qu’à des intérêts individuels et
 particuliers au lieu du développement auquel aspirent les populations.

La solution du problème trouve son début dans la Décentralisation avec un développement soutenu.



Gao, le 12 Septembre 2012
 Signé: Le COCASERG

 Document exclusivement envoyé à maliweb.net pour publication.

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21 décembre 2012 Rubrique: Nord-Mali,Société
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Située seulement à 5 kilomètres de Gao, la Dune Rose, dite « Koïma Hondo » dans la langue Songhaï est peut-être le site touristique le plus populaire de Gao (photo: visitgaomali.com)

Le présent document que présente le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao (COCASERG) est une contribution à la sortie de crise née de la rébellion et une réflexion particulière des nordistes par rapport à son évolution dans le temps et son rebondissement en 2012.



- INTRODUCTION

1 – ETAT DES LIEUX EN 2012(Sécurité, Besoins sociaux de base)

2 – RAPPEL SUR LES REBELLIONS DE 1963 ET DE 1991

3 – LES CONCEPTS « AZAWAD »

4 – ASSOCIATION EN FAVEUR DU NORD

5 – REGIONS DU NORD : PRIORITE NATIONALE OU PAS ?

6 – SUGGESTIONS (Politiques, Négociations, Economiques)

-  CONCLUSION



Introduction

Le présent document que présente le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao(COCASERG) est une contribution à la sortie de crise née de la rébellion et une réflexion particulière des nordistes par rapport à son évolution dans le temps et son rebondissement en 2012.

Le Collectif n’a pas la prétention de détenir toute la vérité sur le phénomène « rébellion » , aussi, le Collectif invite les autorités avisées à une lecture approfondie du document pour finir définitivement avec cet état de nuisance dont se servent les populations touaregs et arabes pour des intentions mafieuses et sordides qui n’ont rien à voir avec le développement de nos région.

I. Etat des lieux en 2012

Cent jours après l’occupation effective des régions du Nord, des cadres sédentaires de la Région de Gao se sont organisés en collectif pour contribuer à la libération des zones occupées et au rétablissement de la paix, particulièrement dans la Région de Gao.

L’état des lieux se présente comme suit.

1) La Sécurité

Les populations vivent dans une psychose totale, du début des événements à nos jours, à travers systématiquement :

- Pillages,

- Viols,

- Vols,

- Assassinats

- Intimidations,

- Spoliations et tous autres actes criminels au nom de la charia.

La Région est ainsi sous le contrôle des groupes islamistes affiliés à AQMI.

2) Les Besoins sociaux de base: santé, eau potable, éducation, loisirs

La volonté manifeste de détruire Gao a amené les occupants à piller tous les systèmes sur lesquels repose l’essor socio-économique et culturel de la Région :

- Le Système d’eau potable et d’électricité

- La chaîne du système sanitaire

- Le système de l’éducation : ici le doute plane sur l’organisation des examens 2011/2012 et l’incertitude de la rentrée scolaire 2012- 2013.

L’inadéquation et la mauvaise application de la charia ont fait que la vie culturelle a été sérieusement malmenée. En effet, le Nord a connu un autodafé : destruction de monuments, d’édifices publics et privés d’une part, mariages forcés, amputations de membres (mains et pieds), lapidations, viols organisés maquillés en mariages, d’autre part.

A cet effet, le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao, confiant en un Mali UN et INDIVISIBLE, demande à bon droit, à l’Etat Malien, concepteur de la puissance publique, garant des droits, protecteur des citoyens et réparateur des préjudices de :

• créer un Cadre Régional de Suivi, composé de cadres et notables ayant une moralité évidente et représentatifs de tous les corps et cadres pour accompagner :

- tous projets, actions de développement,

- toutes structures étatiques, para étatiques, privées

- tous organismes de sphère nationale ou internationale d’assistance, de distribution de biens et services destinés à la Région;

• accorder aux agents de l’Etat en activité, tous statuts, corps et cadres confondus, au moins deux ans supplémentaires sur l’effectivité de leur vie professionnelle.

• Considérer l’année scolaire 2011/2012 année facultative pour les élèves et étudiants relevant du Nord.



II. Rappel sur les rébellions de 1963 et de 1991

C’est sur la base de l’échec de la constitution d’un Etat saharien devant comprendre une partie du Mali et de l’Algérie que la rébellion était née, et a connu le traitement qui a certainement laissé des amertumes.

Faisant suite à cette situation, la rébellion de 1990 a révélé un nouveau vocable azawad se manifestant par d’autres formes qualifiées de banditismes résiduels ayant évolué vers des illusions d’indépendance de l’Azawad avec des accords mal conçus qui, au lieu de résoudre ou solutionner les revendications posées par les rebelles, ont préféré les évacuer en mettant en place une stratégie de programmes ou de programmations qui, dans leur conception, s’avèrent démagogiques et inapplicables :

• Accords de Tamanrasset en 1991 et 1994

• Accords d’Alger en 1994 et 2006.

Le pacte national, en particulier, dans lequel sont condensées toutes les questions institutionnelles et de développement s’est avéré à la pratique difficile dans sa mise en application.

Le statut particulier, élément central du pacte national, a été conçu pour la paix et le développement des régions du nord du Mali ; mais dans son application, ses avantages, qu’ils soient matériels ou financiers, n’ont bénéficié qu’aux touareg et arabes.

Le constat amer est que les touaregs considèrent le pacte national en général, et le statut particulier comme leur propriété, une propriété qui exclut les autres composantes des régions Nord avec la bénédiction des gouvernements successifs.



III. Les concepts « Azawad »

Azawach, Azawa, Anchawadj, N’Jawa, azawad, veulent dire la même chose : plateau ou cuvette qui déverse. L’orthographe n’est rien d’autre qu’une différence linguistique, selon que le mot est prononcé par un targui, un songhaï, un peulh ou un arabe.

Mais ce qui est grave, impensable et inconcevable, c’est que les irrédentistes pensent que le vocable Azawad répond à une  appartenance géographique et historique propre à leurs communautés (touareg, arabes), ce que l’on remet en cause pour la simple raison qu’ aucune référence écrite ou orale ne définit cette zone comme telle. La réalité est que c’est une zone de songhaï et arma à
 travers leurs règnes successifs.



IV. Associations en faveur des régions du Nord du MALI

Il existe plusieurs associations se réclamant du Nord et pour la défense du Nord, aussi bien dans les régions occupées qu’à l’extérieur, surtout à Bamako. Le COCASERG estime que ces associations séparément ne peuvent jouer aucun rôle positif pour ces régions ou pour leurs revendications et qu’au contraire, ces divisions ne feront que fragiliser leurs actions et les banaliser aux yeux des autorités nationales et de l’opinion internationale.

Pour être efficaces, le COCASERG demande qu’elles aient une direction commune et un discours commun pour être utiles à la cause qu’elles défendent : la libération du Nord et objectifs futurs.

Le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao estime par ailleurs, que les associations, à Gao même, sont d’obédiences diverses et de moralités différentes et se démarque de toute action apparentée à une collaboration suspecte.



V. Régions du Nord : priorité nationale ou pas ?

Constats

Des événements de janvier 2012 à ceux de mars et avril 2012 et jours suivants, la dignité de tout le Mali, et en particulier celle des populations du Nord, est bafouée.

Il ne s’agit pas d’être un analyste averti pour savoir que, depuis la rencontre d’Ouagadougou, théoriquement on œuvre pour la reconquête des régions du Nord, mais, en vérité, c’est la course aux postes politiques et administratifs. Pour le commun des maliens, il faut rappeler que les nouvelles autorités ont déclaré que leur seule priorité était la libération du Nordet l’organisation d’élections libres et démocratiques. Humblement, le Collectif s’incline devant cette volonté sauf que ni l’une ni l’autre ne constitue en réalité une priorité pour elles.

Pour les populations occupées, il ne saurait avoir de priorité que leur libération.

Le mali, membre des Nations Unies, des organisations régionale et sous régionales, doit bénéficier de tous les égards sans tomber dans des compromissions.



VI. Suggestions

A ce niveau, elles sont de plusieurs ordres.

1. Politiques

L’interprétation selon les rebelles de l’expression « statut particulier » est certainement la source de tous les événements qu’on a vécus de 1994 à nos jours.
 Cependant, un espace politique, économique, et socio culturel comme la Décentralisation peut être considéré comme le meilleur instrument permettant d’accéder aux aspirations de développement souhaité.

Alors, privilège doit être accordé à la Décentralisation et à un développement soutenu à l’intérieur du Mali.

- Que le Mali applique les textes et lois conformément à la Constitution pour que l’Etat soit respecté et renforcé dans la gestion des affaires politiques, administratives, économiques, sociales et culturelles.

- Que nulle part au Mali, il n’y ait création de zones franches favorisant le trafic d’armes, de cocaïne et de recommencement perpétuel de rébellion.

- Que le découpage territorial initié par l’ancien régime, au motif qu’il donnerait plus de représentativité aux régions du Nord du Mali dans les chambres d’élus, défie la réalité, quand on sait que les touareg et arabes représentent moins de 12% des populations des régions du Nord. Actuellement, sur les 18 députés du Nord, 11 sont touareg ou arabes ; et sur les 27 futurs élus à l’Assemblée Nationale, ils auront probablement le double du chiffre actuel.

2. Négociations

La situation aujourd’hui est faite de confusion pour les raisons suivantes : le MNLA qui est instigateur de cette situation de rébellion et de la mise à mal de l’unité nationale a amené dans son sillage des groupes islamistes identifiés comme tels, qui l’ont bouté finalement hors de son soit disant territoire en s’y installant et ayant comme credo ou leitmotiv l’application de la charia. Alors se pose cette
 double question : avec qui négocier ? Et quoi négocier?

Il reste entendu que l’unité nationale du Mali reste indiscutable tout comme le caractère républicain, laïc et démocratique de l’Etat.

3. Economiques

a) Constat

L’on a assisté, sans pour pouvoir réagir, au pillage systématique

- des stocks alimentaires

- des dons humanitaires

- des services techniques d’encadrement publics et privés

- des structures de finance et de micro finance

- des structures d’accueil et d’hébergement

- aux enlèvements de troupeaux, véhicules, motos et tous autres biens.

Cette situation a fragilisé le quotidien de la population sinon compromis son avenir.

Du point de vue climatique, l’hivernage s’est installé, mais inégalement reparti dans le temps et l’espace. Les pâturages sont  acceptables par endroits ; par contre, la production agricole connaîtra des problèmes sur le long du fleuve avec les ruptures des digues causées par la forte crue du fleuve. D’une façon générale, les paysans n’ont pas bénéficié d’intrants agricoles.

La survie des populations ne dépend que des produits d’origines frauduleuses, chose qui en réalité, ne saurait être un salut pour ces populations.

b) Propositions de solutions

Dans nos régions à vocation agro-pastorale, l’économie repose sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. Pour les développer, il faut des investissements dans la maîtrise totale de l’eau : exploitation des eaux souterraines et des eaux de surface pour les aménagements agricoles, pastoraux et d’eau potable.

La conception du développement dans le milieu targui se résume à un confort personnel et mondain.  Sinon, comment comprendre qu’un investissement de 1500 milliard dont 90% sur les zones nomades n’ait pas d’impact socio-économique visible sur les régions du Nord de 1992 à 2011.



Conclusion

Le COCASERG, victime et résistant, profondément blessé par la situation du Mali, ce Mali dont on a toujours été fier et dont on est fier, et encore fier demain, ne peut accepter

- la « désunité »

- la remise en cause de l’Etat républicain pour satisfaire des demandes rocambolesques qui ne servent qu’à des intérêts individuels et
 particuliers au lieu du développement auquel aspirent les populations.

La solution du problème trouve son début dans la Décentralisation avec un développement soutenu.



Gao, le 12 Septembre 2012
 Signé: Le COCASERG

 Document exclusivement envoyé à maliweb.net pour publication.

Document Exclusif (1) – Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao (COCASERG) : Autopsie et Vision sur la Rebellion au Nord du Mali - maliweb.net

Document Exclusif (1) – Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao (COCASERG) : Autopsie et Vision sur la Rebellion au Nord du Mali - maliweb.net
Document Exclusif (1) – Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao (COCASERG) : Autopsie et Vision sur la Rebellion au Nord du Mali

21 décembre 2012 Rubrique: Nord-Mali,Société
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Située seulement à 5 kilomètres de Gao, la Dune Rose, dite « Koïma Hondo » dans la langue Songhaï est peut-être le site touristique le plus populaire de Gao (photo: visitgaomali.com)

Le présent document que présente le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao (COCASERG) est une contribution à la sortie de crise née de la rébellion et une réflexion particulière des nordistes par rapport à son évolution dans le temps et son rebondissement en 2012.



- INTRODUCTION

1 – ETAT DES LIEUX EN 2012(Sécurité, Besoins sociaux de base)

2 – RAPPEL SUR LES REBELLIONS DE 1963 ET DE 1991

3 – LES CONCEPTS « AZAWAD »

4 – ASSOCIATION EN FAVEUR DU NORD

5 – REGIONS DU NORD : PRIORITE NATIONALE OU PAS ?

6 – SUGGESTIONS (Politiques, Négociations, Economiques)

-  CONCLUSION



Introduction

Le présent document que présente le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao(COCASERG) est une contribution à la sortie de crise née de la rébellion et une réflexion particulière des nordistes par rapport à son évolution dans le temps et son rebondissement en 2012.

Le Collectif n’a pas la prétention de détenir toute la vérité sur le phénomène « rébellion » , aussi, le Collectif invite les autorités avisées à une lecture approfondie du document pour finir définitivement avec cet état de nuisance dont se servent les populations touaregs et arabes pour des intentions mafieuses et sordides qui n’ont rien à voir avec le développement de nos région.

I. Etat des lieux en 2012

Cent jours après l’occupation effective des régions du Nord, des cadres sédentaires de la Région de Gao se sont organisés en collectif pour contribuer à la libération des zones occupées et au rétablissement de la paix, particulièrement dans la Région de Gao.

L’état des lieux se présente comme suit.

1) La Sécurité

Les populations vivent dans une psychose totale, du début des événements à nos jours, à travers systématiquement :

- Pillages,

- Viols,

- Vols,

- Assassinats

- Intimidations,

- Spoliations et tous autres actes criminels au nom de la charia.

La Région est ainsi sous le contrôle des groupes islamistes affiliés à AQMI.

2) Les Besoins sociaux de base: santé, eau potable, éducation, loisirs

La volonté manifeste de détruire Gao a amené les occupants à piller tous les systèmes sur lesquels repose l’essor socio-économique et culturel de la Région :

- Le Système d’eau potable et d’électricité

- La chaîne du système sanitaire

- Le système de l’éducation : ici le doute plane sur l’organisation des examens 2011/2012 et l’incertitude de la rentrée scolaire 2012- 2013.

L’inadéquation et la mauvaise application de la charia ont fait que la vie culturelle a été sérieusement malmenée. En effet, le Nord a connu un autodafé : destruction de monuments, d’édifices publics et privés d’une part, mariages forcés, amputations de membres (mains et pieds), lapidations, viols organisés maquillés en mariages, d’autre part.

A cet effet, le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao, confiant en un Mali UN et INDIVISIBLE, demande à bon droit, à l’Etat Malien, concepteur de la puissance publique, garant des droits, protecteur des citoyens et réparateur des préjudices de :

• créer un Cadre Régional de Suivi, composé de cadres et notables ayant une moralité évidente et représentatifs de tous les corps et cadres pour accompagner :

- tous projets, actions de développement,

- toutes structures étatiques, para étatiques, privées

- tous organismes de sphère nationale ou internationale d’assistance, de distribution de biens et services destinés à la Région;

• accorder aux agents de l’Etat en activité, tous statuts, corps et cadres confondus, au moins deux ans supplémentaires sur l’effectivité de leur vie professionnelle.

• Considérer l’année scolaire 2011/2012 année facultative pour les élèves et étudiants relevant du Nord.



II. Rappel sur les rébellions de 1963 et de 1991

C’est sur la base de l’échec de la constitution d’un Etat saharien devant comprendre une partie du Mali et de l’Algérie que la rébellion était née, et a connu le traitement qui a certainement laissé des amertumes.

Faisant suite à cette situation, la rébellion de 1990 a révélé un nouveau vocable azawad se manifestant par d’autres formes qualifiées de banditismes résiduels ayant évolué vers des illusions d’indépendance de l’Azawad avec des accords mal conçus qui, au lieu de résoudre ou solutionner les revendications posées par les rebelles, ont préféré les évacuer en mettant en place une stratégie de programmes ou de programmations qui, dans leur conception, s’avèrent démagogiques et inapplicables :

• Accords de Tamanrasset en 1991 et 1994

• Accords d’Alger en 1994 et 2006.

Le pacte national, en particulier, dans lequel sont condensées toutes les questions institutionnelles et de développement s’est avéré à la pratique difficile dans sa mise en application.

Le statut particulier, élément central du pacte national, a été conçu pour la paix et le développement des régions du nord du Mali ; mais dans son application, ses avantages, qu’ils soient matériels ou financiers, n’ont bénéficié qu’aux touareg et arabes.

Le constat amer est que les touaregs considèrent le pacte national en général, et le statut particulier comme leur propriété, une propriété qui exclut les autres composantes des régions Nord avec la bénédiction des gouvernements successifs.



III. Les concepts « Azawad »

Azawach, Azawa, Anchawadj, N’Jawa, azawad, veulent dire la même chose : plateau ou cuvette qui déverse. L’orthographe n’est rien d’autre qu’une différence linguistique, selon que le mot est prononcé par un targui, un songhaï, un peulh ou un arabe.

Mais ce qui est grave, impensable et inconcevable, c’est que les irrédentistes pensent que le vocable Azawad répond à une  appartenance géographique et historique propre à leurs communautés (touareg, arabes), ce que l’on remet en cause pour la simple raison qu’ aucune référence écrite ou orale ne définit cette zone comme telle. La réalité est que c’est une zone de songhaï et arma à
 travers leurs règnes successifs.



IV. Associations en faveur des régions du Nord du MALI

Il existe plusieurs associations se réclamant du Nord et pour la défense du Nord, aussi bien dans les régions occupées qu’à l’extérieur, surtout à Bamako. Le COCASERG estime que ces associations séparément ne peuvent jouer aucun rôle positif pour ces régions ou pour leurs revendications et qu’au contraire, ces divisions ne feront que fragiliser leurs actions et les banaliser aux yeux des autorités nationales et de l’opinion internationale.

Pour être efficaces, le COCASERG demande qu’elles aient une direction commune et un discours commun pour être utiles à la cause qu’elles défendent : la libération du Nord et objectifs futurs.

Le Collectif des Cadres Sédentaires de la Région de Gao estime par ailleurs, que les associations, à Gao même, sont d’obédiences diverses et de moralités différentes et se démarque de toute action apparentée à une collaboration suspecte.



V. Régions du Nord : priorité nationale ou pas ?

Constats

Des événements de janvier 2012 à ceux de mars et avril 2012 et jours suivants, la dignité de tout le Mali, et en particulier celle des populations du Nord, est bafouée.

Il ne s’agit pas d’être un analyste averti pour savoir que, depuis la rencontre d’Ouagadougou, théoriquement on œuvre pour la reconquête des régions du Nord, mais, en vérité, c’est la course aux postes politiques et administratifs. Pour le commun des maliens, il faut rappeler que les nouvelles autorités ont déclaré que leur seule priorité était la libération du Nordet l’organisation d’élections libres et démocratiques. Humblement, le Collectif s’incline devant cette volonté sauf que ni l’une ni l’autre ne constitue en réalité une priorité pour elles.

Pour les populations occupées, il ne saurait avoir de priorité que leur libération.

Le mali, membre des Nations Unies, des organisations régionale et sous régionales, doit bénéficier de tous les égards sans tomber dans des compromissions.



VI. Suggestions

A ce niveau, elles sont de plusieurs ordres.

1. Politiques

L’interprétation selon les rebelles de l’expression « statut particulier » est certainement la source de tous les événements qu’on a vécus de 1994 à nos jours.
 Cependant, un espace politique, économique, et socio culturel comme la Décentralisation peut être considéré comme le meilleur instrument permettant d’accéder aux aspirations de développement souhaité.

Alors, privilège doit être accordé à la Décentralisation et à un développement soutenu à l’intérieur du Mali.

- Que le Mali applique les textes et lois conformément à la Constitution pour que l’Etat soit respecté et renforcé dans la gestion des affaires politiques, administratives, économiques, sociales et culturelles.

- Que nulle part au Mali, il n’y ait création de zones franches favorisant le trafic d’armes, de cocaïne et de recommencement perpétuel de rébellion.

- Que le découpage territorial initié par l’ancien régime, au motif qu’il donnerait plus de représentativité aux régions du Nord du Mali dans les chambres d’élus, défie la réalité, quand on sait que les touareg et arabes représentent moins de 12% des populations des régions du Nord. Actuellement, sur les 18 députés du Nord, 11 sont touareg ou arabes ; et sur les 27 futurs élus à l’Assemblée Nationale, ils auront probablement le double du chiffre actuel.

2. Négociations

La situation aujourd’hui est faite de confusion pour les raisons suivantes : le MNLA qui est instigateur de cette situation de rébellion et de la mise à mal de l’unité nationale a amené dans son sillage des groupes islamistes identifiés comme tels, qui l’ont bouté finalement hors de son soit disant territoire en s’y installant et ayant comme credo ou leitmotiv l’application de la charia. Alors se pose cette
 double question : avec qui négocier ? Et quoi négocier?

Il reste entendu que l’unité nationale du Mali reste indiscutable tout comme le caractère républicain, laïc et démocratique de l’Etat.

3. Economiques

a) Constat

L’on a assisté, sans pour pouvoir réagir, au pillage systématique

- des stocks alimentaires

- des dons humanitaires

- des services techniques d’encadrement publics et privés

- des structures de finance et de micro finance

- des structures d’accueil et d’hébergement

- aux enlèvements de troupeaux, véhicules, motos et tous autres biens.

Cette situation a fragilisé le quotidien de la population sinon compromis son avenir.

Du point de vue climatique, l’hivernage s’est installé, mais inégalement reparti dans le temps et l’espace. Les pâturages sont  acceptables par endroits ; par contre, la production agricole connaîtra des problèmes sur le long du fleuve avec les ruptures des digues causées par la forte crue du fleuve. D’une façon générale, les paysans n’ont pas bénéficié d’intrants agricoles.

La survie des populations ne dépend que des produits d’origines frauduleuses, chose qui en réalité, ne saurait être un salut pour ces populations.

b) Propositions de solutions

Dans nos régions à vocation agro-pastorale, l’économie repose sur l’agriculture, l’élevage et la pêche. Pour les développer, il faut des investissements dans la maîtrise totale de l’eau : exploitation des eaux souterraines et des eaux de surface pour les aménagements agricoles, pastoraux et d’eau potable.

La conception du développement dans le milieu targui se résume à un confort personnel et mondain.  Sinon, comment comprendre qu’un investissement de 1500 milliard dont 90% sur les zones nomades n’ait pas d’impact socio-économique visible sur les régions du Nord de 1992 à 2011.



Conclusion

Le COCASERG, victime et résistant, profondément blessé par la situation du Mali, ce Mali dont on a toujours été fier et dont on est fier, et encore fier demain, ne peut accepter

- la « désunité »

- la remise en cause de l’Etat républicain pour satisfaire des demandes rocambolesques qui ne servent qu’à des intérêts individuels et
 particuliers au lieu du développement auquel aspirent les populations.

La solution du problème trouve son début dans la Décentralisation avec un développement soutenu.



Gao, le 12 Septembre 2012
 Signé: Le COCASERG

 Document exclusivement envoyé à maliweb.net pour publication.

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