dimanche 27 mai 2012
samedi 26 mai 2012
Mali : une ex-démocratie qui avance à reculons
AFRICATIMEMali : une ex-démocratie qui avance à reculons
- Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
(L'Observateur Paalga 25/05/2012)
Au regard de ce qui se passe en ce moment au Mali, on ne peut s’empêcher d'avoir la nostalgie de cette époque où on s’était pris à rêver que ce pays commençait à écrire son nom en lettres d’or dans le registre très fermé du gotha des pays africains s’étant résolument inscrits dans la dynamique difficile mais irréversible de la démocratisation, la vraie.
Le bilan, à l’heure actuelle, y est des plus catastrophiques : une rébellion des plus irrédentistes et des plus rancunières, qui se manifesta dans les toutes premières semaines de l’année 2012 ; dans la foulée, un coup d’Etat avec toutes ses mimiques simiesques, mené par un bouillant capitaine (tiens ! un de plus !) qui, depuis sa mainmise sur l’appareil d’Etat, souffle le chaud et le froid, multiplie les promesses publiques, qu’il s’efforce de renier en secret ; puis renaît l’espoir : ATT, le président renversé, est remplacé par Dioncounda Traoré, et un gouvernement formé ; la CEDEAO, qui joue au sapeur-pompier dans l’incendie malien, s’emmêle les pinceaux ; le président burkinabè, Blaise Compaoré, nommé médiateur par ses pairs, fait de son mieux ; mais visiblement, ce dossier malien s’avère plus corsé que les autres qu’il eut à traiter, dans d’autres pays membres de la CEDEAO.
On navigue de sommet en sommet, d’accord en accord, avec toujours la fort désagréable impression qu’à chaque nouvelle rencontre, on se trouve dans l’obligation de retourner à la case départ. La roublardise du capitaine putschiste y est pour quelque chose ; l’homme donne l’impression de retirer d’une main ce qu’il cède de l’autre ; et comme de partisans, il en a, de toute évidence, l’équation malienne se retrouve aujourd’hui à plusieurs inconnues ; et peut-être pour un long temps, car, enfin, la situation malienne à ce jour se présente ainsi : un chef d’Etat tabassé qui se voit dans l’obligation de recourir à l’ancien colon pour se faire soigner et qui, pour ce faire, doit céder les rênes d’un pouvoir encore mal assuré à son Premier ministre, qui a toutes les raisons de se sentir frileux ; et ce, au moment même où la CEDEAO sue sang et eau pour trouver une solution à la quadrature du cercle malien ; tandis que, sur place à Bamako, partisans de Sanogo et fervents d’ATT donnent tous les signes qu’ils sont prêts à en découdre d’un moment à l’autre.
Les grands gagnants de cet imbroglio politico-social malien demeurent, bien sûr, les groupuscules militaro-religieux qui se sont emparés des deux tiers du territoire malien : MNLA, Ansar ed Dine, Aqmi ainsi que leurs amis, obligés et affidés ; un temps, ils s’attendaient à une contre-offensive visant à récupérer le territoire que leur guerre éclair leur a permis d’occuper, pratiquement sans coup férir, mais, de toute évidence, elle ne viendra pas de si tôt. Alors, ils savourent leur victoire en espérant en engranger d’autres, tant il est vrai que la guéguerre qui divise Bamako à ce jour préfigure de beaux jours pour la rébellion au nord du pays.
Le Mali ne méritait pas ce cataclysme paralysant qui lui est tombé dessus et menace de le maintenir ankylosé pour longtemps encore. Pire, on ne voit poindre de nulle part la lueur qui permette d’affirmer que le début de la fin est pour bientôt ; à tel point qu’il n’est point saugrenu de se poser l’interrogation suivante : si le secours de la CEDEAO s’avère si inefficace, qu’est-ce qui, raisonnablement, empêche d’avoir recours à d’autres instances ? Elle est bien africaine, la maxime qui dit qu'«à défaut de sa mère, l’enfant tête sa grand-mère». Il s’agit ici d’une démocratie africaine fortement en péril qu’il faut forcément sauver du gouffre ; pour ce faire, il semble désormais évident que les pistes de solutions jusqu’à ce jour explorées ne sont pas les bonnes ; il faut alors opérer le nécessaire tour de barre… ne serait-ce que pour redorer le blason malien et sauver la démocratie en terre africaine.
Jean Claude Kongo
© Copyright L'Observateur Paalga
- Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet

Au regard de ce qui se passe en ce moment au Mali, on ne peut s’empêcher d'avoir la nostalgie de cette époque où on s’était pris à rêver que ce pays commençait à écrire son nom en lettres d’or dans le registre très fermé du gotha des pays africains s’étant résolument inscrits dans la dynamique difficile mais irréversible de la démocratisation, la vraie.
Le bilan, à l’heure actuelle, y est des plus catastrophiques : une rébellion des plus irrédentistes et des plus rancunières, qui se manifesta dans les toutes premières semaines de l’année 2012 ; dans la foulée, un coup d’Etat avec toutes ses mimiques simiesques, mené par un bouillant capitaine (tiens ! un de plus !) qui, depuis sa mainmise sur l’appareil d’Etat, souffle le chaud et le froid, multiplie les promesses publiques, qu’il s’efforce de renier en secret ; puis renaît l’espoir : ATT, le président renversé, est remplacé par Dioncounda Traoré, et un gouvernement formé ; la CEDEAO, qui joue au sapeur-pompier dans l’incendie malien, s’emmêle les pinceaux ; le président burkinabè, Blaise Compaoré, nommé médiateur par ses pairs, fait de son mieux ; mais visiblement, ce dossier malien s’avère plus corsé que les autres qu’il eut à traiter, dans d’autres pays membres de la CEDEAO.
On navigue de sommet en sommet, d’accord en accord, avec toujours la fort désagréable impression qu’à chaque nouvelle rencontre, on se trouve dans l’obligation de retourner à la case départ. La roublardise du capitaine putschiste y est pour quelque chose ; l’homme donne l’impression de retirer d’une main ce qu’il cède de l’autre ; et comme de partisans, il en a, de toute évidence, l’équation malienne se retrouve aujourd’hui à plusieurs inconnues ; et peut-être pour un long temps, car, enfin, la situation malienne à ce jour se présente ainsi : un chef d’Etat tabassé qui se voit dans l’obligation de recourir à l’ancien colon pour se faire soigner et qui, pour ce faire, doit céder les rênes d’un pouvoir encore mal assuré à son Premier ministre, qui a toutes les raisons de se sentir frileux ; et ce, au moment même où la CEDEAO sue sang et eau pour trouver une solution à la quadrature du cercle malien ; tandis que, sur place à Bamako, partisans de Sanogo et fervents d’ATT donnent tous les signes qu’ils sont prêts à en découdre d’un moment à l’autre.
Les grands gagnants de cet imbroglio politico-social malien demeurent, bien sûr, les groupuscules militaro-religieux qui se sont emparés des deux tiers du territoire malien : MNLA, Ansar ed Dine, Aqmi ainsi que leurs amis, obligés et affidés ; un temps, ils s’attendaient à une contre-offensive visant à récupérer le territoire que leur guerre éclair leur a permis d’occuper, pratiquement sans coup férir, mais, de toute évidence, elle ne viendra pas de si tôt. Alors, ils savourent leur victoire en espérant en engranger d’autres, tant il est vrai que la guéguerre qui divise Bamako à ce jour préfigure de beaux jours pour la rébellion au nord du pays.
Le Mali ne méritait pas ce cataclysme paralysant qui lui est tombé dessus et menace de le maintenir ankylosé pour longtemps encore. Pire, on ne voit poindre de nulle part la lueur qui permette d’affirmer que le début de la fin est pour bientôt ; à tel point qu’il n’est point saugrenu de se poser l’interrogation suivante : si le secours de la CEDEAO s’avère si inefficace, qu’est-ce qui, raisonnablement, empêche d’avoir recours à d’autres instances ? Elle est bien africaine, la maxime qui dit qu'«à défaut de sa mère, l’enfant tête sa grand-mère». Il s’agit ici d’une démocratie africaine fortement en péril qu’il faut forcément sauver du gouffre ; pour ce faire, il semble désormais évident que les pistes de solutions jusqu’à ce jour explorées ne sont pas les bonnes ; il faut alors opérer le nécessaire tour de barre… ne serait-ce que pour redorer le blason malien et sauver la démocratie en terre africaine.
Jean Claude Kongo
© Copyright L'Observateur Paalga
MALI Verra-t-on le bout du tunnel
Sidwaya MALI Verra-t-on le bout du tunnel - Le Quotidien
Verra-t-on le bout du tunnel ?
22 mai 2012, par WebmasterLes vieux démons se sont véritablement emparés du Mali, à tel point que l’on s’interroge sur l’issue de la crise sociopolitique en cours dans ce pays. Avec l’agression du président intérimaire, Dioncounda Traoré, le lundi 21 mai 2012 dans son bureau, à Bamako, par des manifestants, le Mali a complètement perdu la face pour ne pas dire le Nord. On savait déjà les esprits instables, mais de là à imaginer un tel scénario, pas du tout. Remontés à bloc, les manifestants hostiles à la prolongation du mandat du président intérimaire pour une période d’un an, conformément à l’accord signé la veille, entre le Comité national de redressement de la démocratie et de la restauration de l’Etat (CNRDRE) et la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), s’en sont violement pris à Dioncounda Traoré. Débordée, dit-on, la garde présidentielle n’a pas pu prendre le dessus sur les manifestants qui ont molesté le président par intérim. Lequel a été transporté d’urgence à l’hôpital où il a reçu des soins, avant de regagner un lieu sécurisé. Quel gâchis pour la démocratie malienne en perte de vitesse depuis le coup d’Etat du 22 mars ! Comme il fallait s’y attendre, cette agression a suscité des condamnations de part et d’autre. « Le Mali ne mérite pas ça », a déclaré le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, sur les antennes de l’ORTM, la télévision publique. L’ex-junte a également diffusé un communiqué où elle prend largement ses distances avec les agresseurs. « Qu’on n’aime ou pas le personnage, déplore un diplomate à la retraite, s’en prendre physiquement au chef de l’État, fût-il intérimaire ou transitoire, c’est comme si des Maliens brûlaient leur drapeau ». Au sein de la CEDEAO, les médiateurs sont consternés. « L’agression du président Traoré donne une image désastreuse du Mali », a affirmé le chef de la diplomatie burkinabè, Djibrill Bassolé, sur les antennes d’une radio. Le ministre ivoirien de l’Intégration africaine, Adama Bictogo, qui a participé à toutes les négociations de sortie de crise, estime que pour sa part « les acteurs ont, eux-mêmes, rédigé un accord permettant le maintien de Dioncounda Traoré conformément à la décision des chefs d’Etat. On ne peut pas comprendre que le chef de l’Etat ait été agressé devant les forces de sécurité. C’est inacceptable ». Au-delà des condamnations, l’agression de Dioncounda Traoré suscite beaucoup d’interrogations. Comment des manifestants, même en surnombre, ont pu atteindre le bureau du président de la République ? Y a-t-il des commanditaires tapis dans l’ombre ? Rien que ces deux questions donnent à réfléchir sur l’attitude trouble supposée ou réelle de l’ex-junte. Impliqués à plus d’un titre dans la résolution de la crise, le capitaine Amadou Sanogo, désormais ex-chef d’Etat, et ses hommes ont incontestablement une part de responsabilité dans ce qui arrive au président intérimaire. En ce sens que la sécurité de Dioucounda Traoré leur incombe et que les manifestants se disent proches de l’ex-junte qu’ils estiment « mieux placée » pour gérer la transition. Et quand on sait que l’ex-junte n’est pas totalement en odeur de sainteté avec le président intérimaire (elle ne voulait pas son maintien pour la transition), l’on est conforté dans cette position. Que l’on se trompe ou pas sur la responsabilité de l’ex-junte dans cette affaire, le fond est que le Mali est dans une situation critique. Tout semble indiquer que les intérêts des Maliens, comme le disait un opposant burkinabè, ont été sacrifiés sur l’hôtel des ambitions politiques. Le retour à l’ordre constitutionnel était en passe d’être définitivement réglé, avant que la situation au Nord du Mali, partie détenue par des groupes armés, retienne l’attention des autorités. Hélas ! La situation a encore basculé. Certes, la CEDEAO a jusque là pesé de tout son poids, alliant dialogue et fermeté, mais le vécu est tout autre sur le terrain. Quand la médiation progresse, il y a toujours un volte-face à l’intérieur du pays. Et le dernier en date, l’agression du président intérimaire, est révélateur de ces pas en avant et en arrière qui n’augurent pas de lendemains meilleurs. Il est donc à craindre que la transition vole en éclats et que le processus se bloque. La CEDEAO n’est pas ou bout de ses peines, le Mali non plus !
Kader Patrick KARANTAOstkaderonline@yahoo.f
Le président par interim malien «tabassé» par des manifestants
Le président par interim malien «tabassé» par des manifestants
Publié le 21.05.2012, 19h25 | Mise à jour : 20h54
Le président intérimaire malien Dioncounda Traoré a été frappé et blessé lundi à son bureau de Koulouba, près de Bamako, par des manifestants en colère contre sa désignation comme chef de la transition, et hospitalisé mais sa vie n'est pas en danger, selon des sources concordantes. | AFP/Seyllou
Le président intérimaire malien Dioncounda Traoré a été «tabassé» par des manifestants. Il a été frappé et blessé lundi à son bureau de Koulouba, près de Bamako, par des manifestants en colère contre sa désignation comme chef de la transition après le coup d'Etat du 22 mars par des militaires menés par le capitaine Amadou Haya Sanogo qui avait renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT).
Il a pu sortir de l'hôpital après avoir subi des examens qui n'ont révélé aucune «lésion grave», a appris l'AFP de source médicale.
Il a pu sortir de l'hôpital après avoir subi des examens qui n'ont révélé aucune «lésion grave», a appris l'AFP de source médicale.
«Il a passé un scanner qui a révélé qu'il n'y a pas de lésion grave», a déclaré le médecin qui s'est occupé de l'examen. M. Traoré a ensuite quitté l'hôpital à bord d'une voiture vers un lieu «sécurisé», a-t-il précisé.
Il a été «tabassé et blessé» par les manifestants, «il a été transporté à l'hôpital», a déclaré auparavant Baye Coulibaly, reporter du quotidien gouvernemental «L'Essor» qui était présent au siège du Secrétariat général où travaille le président intérimaire, à côté du Palais présidentiel, saccagé et inoccupé depuis le coup d'Etat de la junte.
Une source au Secrétariat général a confirmé ces informations, de même qu'une source dans l'entourage du président par intérim. «Les manifestants, qui étaient très nombreux, ont déjoué les forces de sécurité, (...) ils l'ont trouvé dans son bureau, il a été frappé mais sa vie n'est pas en danger. Il a été conduit à l'hôpital», a expliqué la source au Secrétariat général. Son admission à l'hôpital a également été confirmée par une source médicale, qui n'a pas fourni de précisions sur son état de santé.
«Les manifestants ont débordé les forces de sécurité»
«Tous les locaux officiels à Koulouba, du Secrétariat général au ministère des Affaires étrangères ont été investis par les manifestants», a expliqué Baye Coulibaly. Selon un photographe de l'AFP présent sur les lieux, des centaines de manifestants ont réussi à s'approcher des bureaux du Secrétariat général et à en briser un portail, malgré la présence d'une centaine de membres de la Garde nationale. Ils ont ensuite réussi à pénétrer dans les bâtiments, ainsi que dans le Palais présidentiel.
D'après la source au Secrétariat général, «les manifestants ont débordé les forces de sécurité, qui protégeaient l'avant et les flancs des bâtiments, mais les manifestants sont venus par derrière». Aucune indication n'était immédiatement disponibles sur d'autres blessés lors de ces violences, qui surviennent au lendemain d'accords sur la transition après le coup d'Etat du 22 mars.
Ces accords, conclus par le capitaine Sanogo, les autorités intérimaires et l'Afrique de l'Ouest, prévoient notamment l'octroi du statut d'ex-président au capitaine Sanogo, et la désignation de Dioncounda Traoré comme chef de la transition pour un an à compter de mardi, date d'expiration des 40 jours d'intérim prévus par la Constitution.
Il a été «tabassé et blessé» par les manifestants, «il a été transporté à l'hôpital», a déclaré auparavant Baye Coulibaly, reporter du quotidien gouvernemental «L'Essor» qui était présent au siège du Secrétariat général où travaille le président intérimaire, à côté du Palais présidentiel, saccagé et inoccupé depuis le coup d'Etat de la junte.
Une source au Secrétariat général a confirmé ces informations, de même qu'une source dans l'entourage du président par intérim. «Les manifestants, qui étaient très nombreux, ont déjoué les forces de sécurité, (...) ils l'ont trouvé dans son bureau, il a été frappé mais sa vie n'est pas en danger. Il a été conduit à l'hôpital», a expliqué la source au Secrétariat général. Son admission à l'hôpital a également été confirmée par une source médicale, qui n'a pas fourni de précisions sur son état de santé.
«Les manifestants ont débordé les forces de sécurité»
«Tous les locaux officiels à Koulouba, du Secrétariat général au ministère des Affaires étrangères ont été investis par les manifestants», a expliqué Baye Coulibaly. Selon un photographe de l'AFP présent sur les lieux, des centaines de manifestants ont réussi à s'approcher des bureaux du Secrétariat général et à en briser un portail, malgré la présence d'une centaine de membres de la Garde nationale. Ils ont ensuite réussi à pénétrer dans les bâtiments, ainsi que dans le Palais présidentiel.
D'après la source au Secrétariat général, «les manifestants ont débordé les forces de sécurité, qui protégeaient l'avant et les flancs des bâtiments, mais les manifestants sont venus par derrière». Aucune indication n'était immédiatement disponibles sur d'autres blessés lors de ces violences, qui surviennent au lendemain d'accords sur la transition après le coup d'Etat du 22 mars.
Ces accords, conclus par le capitaine Sanogo, les autorités intérimaires et l'Afrique de l'Ouest, prévoient notamment l'octroi du statut d'ex-président au capitaine Sanogo, et la désignation de Dioncounda Traoré comme chef de la transition pour un an à compter de mardi, date d'expiration des 40 jours d'intérim prévus par la Constitution.
LeParisien.fr
Mali: vers la république de l’anarchie?
Mali: vers la république de l’anarchie?
Le Mali est en passe de se retrouver avec deux présidents, si les pro putsch mettent leur projet à exécution ce vendredi 25 mai. Ainsi, le pays aura atteint la quadrature du cercle, du fait de l’entêtement et de la soif du pouvoir du capitaine Amadou Haya Sanogo et des siens.
En dépit de tous les accords récents, les anarchiques de la République, regroupés au sein de la Coalition des organisations patriotiques du Mali (COPAM), qui avaient désigné le chef de la junte comme président de la transition, alors que la fonction avait déjà eu preneur en la personne de Dioncounda Traoré, ont décidé d’installer leur champion au palais présidentiel de Koulouba ce vendredi 25 mai. On comprend donc leur zèle à déloger le président par intérim de son palais qu’ils ont saccagé il y a quelques jours, avec la complicité des forces de l’ordre qui en assurait la sécurité. Dioncounda Traoré ayant été contraint de se rendre en France pour des soins, les pro putsch s’activent pour finir leur sale besogne.
«Sanogo sera installé à Koulouba ce vendredi». A eux seuls, ces propos de Oumar Mariko, membre actif de la COPAM, née au lendemain du coup d'Etat, résument la détermination des «patriotes» de braver les mesures de la Cédéao et de la communauté internationale qui, elles, reconnaissent Dioncounda Traoré comme président. Dans l’entendement de la COPAM, le Capitaine Sanogo devrait donc prendre en mains les destinées du Mali, en lieu et place de Dioncounda Traoré, choisi par le CNRDRE et les médiateurs de la CEDEAO. Dans la foulée, les auteurs du deuxième coup d’Etat que connaît le Mali après celui du 22 mars dernier ont également décidé de la mise en place d’un Conseil national de transition pour le changement (CNTC), composé de civils et de militaires, qui devra remplacer l’Assemblée nationale, et donc voter les lois et tenir tous les rôles assignés aux députés. Last but not the least, les «amis de la junte» comptent composer un nouveau gouvernement, avec un nouveau Premier ministre, pour une transition d’une durée de deux ans. Toutes ces décisions, vont, paradoxalement contre celles prises par le capitaine Sanogo qui, en principe, devrait désormais jouir du statut d’ancien chef de l’Etat, avec tous les avantages y liés. A moins qu’il soit devenu l’otage des «patriotes» ou des autres militaires de Kati, qui n’entendent plus lâcher le pouvoir, le capitaine joue donc jeu double et conduit inexorablement le Mali vers le chaos. Nous ne demandons qu’à être contredits par l’avenir.
Jeudi, 24 Mai 2012 19:06 Aminata Bélemviré (avec MY)

En dépit de tous les accords récents, les anarchiques de la République, regroupés au sein de la Coalition des organisations patriotiques du Mali (COPAM), qui avaient désigné le chef de la junte comme président de la transition, alors que la fonction avait déjà eu preneur en la personne de Dioncounda Traoré, ont décidé d’installer leur champion au palais présidentiel de Koulouba ce vendredi 25 mai. On comprend donc leur zèle à déloger le président par intérim de son palais qu’ils ont saccagé il y a quelques jours, avec la complicité des forces de l’ordre qui en assurait la sécurité. Dioncounda Traoré ayant été contraint de se rendre en France pour des soins, les pro putsch s’activent pour finir leur sale besogne.
«Sanogo sera installé à Koulouba ce vendredi». A eux seuls, ces propos de Oumar Mariko, membre actif de la COPAM, née au lendemain du coup d'Etat, résument la détermination des «patriotes» de braver les mesures de la Cédéao et de la communauté internationale qui, elles, reconnaissent Dioncounda Traoré comme président. Dans l’entendement de la COPAM, le Capitaine Sanogo devrait donc prendre en mains les destinées du Mali, en lieu et place de Dioncounda Traoré, choisi par le CNRDRE et les médiateurs de la CEDEAO. Dans la foulée, les auteurs du deuxième coup d’Etat que connaît le Mali après celui du 22 mars dernier ont également décidé de la mise en place d’un Conseil national de transition pour le changement (CNTC), composé de civils et de militaires, qui devra remplacer l’Assemblée nationale, et donc voter les lois et tenir tous les rôles assignés aux députés. Last but not the least, les «amis de la junte» comptent composer un nouveau gouvernement, avec un nouveau Premier ministre, pour une transition d’une durée de deux ans. Toutes ces décisions, vont, paradoxalement contre celles prises par le capitaine Sanogo qui, en principe, devrait désormais jouir du statut d’ancien chef de l’Etat, avec tous les avantages y liés. A moins qu’il soit devenu l’otage des «patriotes» ou des autres militaires de Kati, qui n’entendent plus lâcher le pouvoir, le capitaine joue donc jeu double et conduit inexorablement le Mali vers le chaos. Nous ne demandons qu’à être contredits par l’avenir.
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