mercredi 12 novembre 2014

MNLA : Bilal Ag Acherif empêche par les autorités mauritaniennes de tenir son meeting

MNLA : Bilal Ag Acherif empêche par les autorités mauritaniennes de tenir son meeting

Bilal Ag Acherif empêche par les autorités mauritaniennes de tenir son meeting

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 Le secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Bilal Ag Acherif
Le secrétaire général du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Bilal Ag Acherif
Décidément, les choses vont de mal en pis pour les leaders du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad). Après la chute de leur mentor, Blaise Compaoré, suite à sa tentative de modifier l’article 37 de la constitution, les leaders du MNLA ne savent plus à quel « Sein » se vouer.

Partis du Burkina Faso où ils sont devenus persona non grata, Bilal Ag Achérif, leader du MNLA, et ses camarades se sont rendus, la semaine dernière, à Nouakchott où il s’apprêtait à tenir un meeting. C’était mardi 04 novembre. Mal lui en a pris.

Informées, les autorités mauritaniennes ont vite fait de rappeler les leaders du MNLA à l’ordre : aucun groupe armé, qu’il soit arabe ou touareg, ne sera autorisé à mener ses activités politiques sur le sol mauritanien, ont-elles fait savoir aux leaders du MNLA. Avant de les inviter à débarrasser le plancher.

Longtemps considérée  comme une base arrière du MNLA et du MAA (Mouvement Arabe de l’Azawad), la Mauritanie entend garder des relations de bon voisinage avec le Mali. Surtout, après la signature du cessez-le feu entre le gouvernement malien et les groupes armés en mai dernier. Cessez-le feu obtenu à Kidal par le président mauritanien, Abdel Aziz.

Au lendemain de  l’investiture d’IBK, le Mali a signé plusieurs accords de coopération de sécurité avec son voisin mauritanien. Notamment, dans le domaine de la lutte contre l’insécurité dans la bande sahélo-saharienne, que les deux pays ont en partage.

C’est pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, que les autorités mauritaniennes ont intimé l’ordre à Bilal Ag Achérif et à ses camarades d’annuler leur meeting. Mais aussi, d’entreprendre sur leur sol toute action visant à porter atteinte à la sécurité ou à l’intégrité territoriale du Mali.

Les « cairotes » semblent être cuites pour ceux que tout le monde s’accordait à appeler, il y a peu,  les « enfants gâtés de l’Elysée ».

Oumar Babi

mardi 11 novembre 2014

Mouvement National de Libération de l'Azawad

Mouvement National de Libération de l'Azawad

Azawad-Mali : fausse route pour la paix !!! | Temoust.org

Azawad-Mali : fausse route pour la paix !!! | Temoust.org

Soumis par agellid le dim, 11/09/2014 - 21:41

Des négociations pour le retour à la paix entre le Mali et l’Azawad se déroulent à Alger depuis de longs mois sous les auspices du gouvernement algérien. Selon nos informations, un accord dit de paix serait sur le point d’être signé entre les mouvements politico-militaires de l’Azawad et le gouvernement malien. 
Nous serions naturellement très heureux qu’un accord qui reconnaîtrait la nécessité des procédures et des moyens politiques, humains, techniques et financiers, destinés à être mis en œuvre pour lutter efficacement contre les causes profondes qui provoquent depuis plus d’un demi-siècle des révoltes populaires à répétition, soit signé le plus rapidement possible. Hélas, nous devons admettre que le document proposé à la signature des parties prenantes est le plus mauvais « accord de paix » qui ait été jamais proposé aux mouvements de résistance de l’Azawad. Ce document ne satisfait même pas aux exigences de forme et n’apporte aucune réponse sérieuse aux graves problèmes très explicitement développés par les représentants des populations de l’Azawad. Il est même en net recul par rapport aux accords précédents.

La médiation internationale, riche d’une expérience de plus de deux décennies sur cette question, devrait pourtant pouvoir proposer autre chose que des petits arrangements de circonstance qui risquent de raviver les tensions et d’entamer définitivement la confiance des populations locales.
Le nom même de l’Azawad, qui désigne pourtant les trois régions du Nord (Kidal, Tombouctou et Gao), n’est pas accepté par cet « accord », qui mentionne de manière méprisante dans son préambule « les régions du nord Mali appelées par certains (sic) Azawad ». Au nom de quel principe ou de quel droit peut-on refuser aux populations locales de dénommer le territoire de leurs ancêtres, le berceau de leur histoire et leur lieu de vie, comme elles l’entendent ? On observe également que la spécificité historique, géographique, humaine et culturelle de l’Azawad n’est pas mentionnée, donc forcément pas reconnue. Un comble si l’on se réfère à l‘incroyable crispation que l’évocation du nom Azawad génère dans la tête de ceux qui nient farouchement son existence, faisant disparaitre comme par magie une réalité humaine très ancienne et bien palpable. C’est une forme de négationnisme qui ne saurait être accepté.

Egalement dans le préambule, il est indiqué que « la situation dans les régions du nord, marquées par une violence cyclique (sic) qui a causé des souffrances, exacerbé l’incompréhension et engendré une très grande pauvreté … », laissant ainsi entendre que les graves conséquences de cette crise incombent aux populations locales, ce qui est naturellement une falsification des réalités locales et des faits historiques, en faisant croire que les populations sont responsables de leur propre malheur. En revanche, la lourde responsabilité de l’Etat malien dans la marginalisation des territoires du nord et même leur abandon aux terroristes et aux narco-trafiquants, n’est nulle part évoquée.
Nous demandons que la communauté internationale, qui facilite l’élaboration de l’accord, soit beaucoup plus attentive à ce qui constitue les raisons de vivre des populations du Nord, en particulier leur exigence de dignité. Il faut reconnaitre aux populations de ces territoires d’avoir construit une manière de vivre au cours des temps, en toute autonomie, sans intervention d’aucune sorte et que c’est à partir de la prise en main brutale du monde extérieur dans leurs affaires que leurs conditions d’existence et leur liberté ont commencé à se dégrader.

Il est également important d’affirmer avec conviction que la satisfaction des revendications des populations de l’Azawad ne porterait en aucun cas préjudice aux populations du sud. Au contraire, celles-ci seraient tout autant bénéficiaires des exigences de justice, de démocratie, de liberté et de répartition équitable des richesses du pays. Par conséquent il est nécessaire de dénoncer et de combattre les idées de certains « nationalistes » maliens qui proclament de manière irresponsable que les droits accordés à l’un, le Nord, le seraient au détriment de l’autre, le Sud, ce qui est porteur du germe de la discorde et du malheur du pays.

Par ailleurs, le texte ne fait aucune référence aux souffrances des populations touarègues, pas plus qu’il n’y a l’ombre d’une analyse même sommaire sur les raisons qui les poussent à se révolter régulièrement depuis l’indépendance du Mali. Rien n’est mentionné non plus sur les anciens accords signés entre l’Azawad et le Mali ni pour quelles raisons ces accords passés n’ont pas été respectés par les gouvernements maliens.
Dans la partie la plus importante de ce projet d’accord de paix, qui concerne « le cadre institutionnel et la réorganisation territoriale », il n’y a aucun changement significatif par rapport à l’organisation administrative et institutionnelle actuelle. On se demande pourquoi il n’est plus question du statut politique pour l’Azawad ? Les mouvements de résistance de l’Azawad, en particulier le MNLA, ont accepté de renoncer au projet d’indépendance au profit d’un système fédéral. Pourquoi n’est-il plus question de cela ? Pourquoi le statut de large autonomie pour l’Azawad, seule solution susceptible de mettre un terme au conflit politique qui oppose l’Azawad à l’Etat malien n’est pas retenu ? Ce statut politique pour l’Azawad ne devrait souffrir d’aucune ambiguïté, car il constitue l’épine dorsale de la solution au conflit. Focaliser l’attention uniquement sur des considérations sécuritaires ou de développement constitue une diversion coupable qui risque d’hypothéquer toute possibilité d’accord durable.
Nous mettons fermement en garde toutes les parties prenantes contre tout rafistolage négocié ou imposé entre le Mali et l’Azawad qui aurait pour conséquence de ruiner les espoirs de paix et de radicaliser une partie des communautés. Ce qui se profile à Alger est dangereux pour l’ensemble de la sous-région et contient les germes d'une instabilité encore plus importante que celle que nous avons connue ces dernières années. Les méthodes qui ont échoué depuis plus de vingt ans ne sauraient être remises d’actualité, sauf si la communauté internationale souhaite entretenir un foyer d’instabilité ad vitam aeternam au cœur de la bande sahélo-saharienne. Les expériences du passé doivent impérativement servir de leçons à la médiation internationale pour construire des solutions réalistes et durables de sortie de ce conflit. Le Mali et l’Azawad ont besoin d’être sérieusement accompagnés dans la conception et la mise en œuvre d’une feuille de route qui leur permettra de cohabiter pacifiquement dans des frontières intangibles et respectueuses des intérêts de chaque partie.

L’instabilité politique vient souvent de l’incapacité des Etats à imaginer des institutions capables de pratiquer une gouvernance adaptée aux réalités et aux aspirations de leurs populations. Une redéfinition des méthodes d’administration des Etats devient aujourd’hui un impératif vital pour les pays de la sous-région. Le respect des peuples et des équilibres de ces régions est une exigence stratégique afin de faire face aux nouveaux défis. Le glissement d’un sentiment national, qui a longtemps été le moteur de la résistance, vers une appartenance religieuse, qui transcende et domine les autres aspects identitaires, constitue un signe frappant de l’échec des systèmes politiques issus de la colonisation.

En tout état de cause, si cet accord devait demeurer en l’état, nous sommes convaincus, qu’il n’apporterait aucune évolution positive et serait largement rejeté par les populations de l’Azawad. Il discréditerait pour longtemps toutes les parties signataires et nous ramènerait directement à la case départ.
Nous appelons donc tout un chacun, y compris et en premier lieu l’Algérie, qui porte une lourde responsabilité morale en tant que facilitateur, de revoir ce document dans le sens d’une réelle prise en compte des aspirations des Azawadiens à prendre leur destin en main, tout en respectant les frontières internationales actuelles de l’Etat malien.

Paris, 9 novembre 2014

Abdoulahi ATTAYOUB
Président de Survie Touarègue-Temoust

Khalid ZERRARI
Président du Congrès Mondial Amazigh

lundi 10 novembre 2014

IBK rejette le projet d'accord algérien

IBK rejette le projet d'accord algérien

projet d’accord algérien

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Les pourparlers d'Alger entrent dans une phase plus activeDans notre livraison du 29 septembre 2014, nous publiions le projet de fédération présenté à Alger par les groupes armés et nous soulignions les chapitres attentoires à l’unité nationale et à l’intégrité du territoire malien.



Dans notre livraison du 13 octobre, nous révélions que les rebelles, sous la pression de l’Algérie, avaient abandonné leur projet fédéral. Et nous faisions les commentaires suivants: « …Le projet fédéral a suscité des interrogations dans la communauté internationale. La marche géante organisée par la société civile malienne dans la foulée a achevé de convaincre tout le monde que ni la fédération, ni l’indépendance ne seront acceptées par le peuple malien. De plus, la fédération suppose une modification de la Constitution malienne par voie de référendum: ce scrutin serait perdu d’avance même si IBK lui-même appelait à voter oui, ce qui relève de la fiction, le chef de l’Etat malien étant économiquement et politiquement trop fragile pour prendre un tel risque. C’est pourquoi le médiateur algérien a demandé une levée de séance dès que les groupes armés ont exposé leur projet fédéral. Profitant de cette pause, le médiateur a tenu un huis clos avec les représentants des groupes armés pour leur dire, en substance, ceci: « La résolution 2100 du Conseil de Sécutrité de l’ONU et l’Accord de Ouaga imposent le respect de l’intégrité territoriale du Mali. Or une fédération implique la division du Mali en deux entités: le Mali et l’Azawad.Ce schéma n’est acceptable ni par les Maliens ni par la communauté internationale, garante de tout accord. Nous vous mettons donc en demeure de retirer ce projet et d’envisager d’autres solutions qui préservent à la fois l’intégrité territoriale du Mali et vos intérêts propres ! ».

Les rebelles, notamment ceux du MNLA, n’avaient pas de plan B. Ils estimaient que la fédération était le moins qu’ils pouvaient obtenir, compte tenu des rapports de force. Mais le MNLA eut beau plaider le maintien du projet fédéral, l’Algérie resta intraitable. Le puissant voisin algérien alla jusqu’à menacer le MNLA de le faire tailler en pièces par les groupes jihadistes. Message bien compris par les indépendantistes touaregs qui consentirent finalement à mettre leurs velléités fédérales sous l’éteignoir.



Pourquoi l’Algérie défend-elle si âprement l’intégrité territoriale du Mali ? L’explication tient à trois choses:

- d’abord, elle veut donner des gages de bonne foi à IBK qui, à travers une lettre, a dit s’en remettre à elle;

- ensuite, elle remet le MNLA à sa juste place, l’essentiel des groupes armés (les jihadistes du HCUA et d’Ançar Dine) étant très liés à Alger qui offre le gîte et le couvert à Iyad Ag Ghali;

- Enfin, l’Algérie, après avoir rassuré le Mali et tenu en respect le MNLA, se donne les moyens d’imposer sa propre solution au problème du nord.



Ces constats ne rassurent pas certains connaisseurs du dossier. Ils estiment qu’Alger a le plus grand intérêt à maintenir la zone de Kidal ouverte aux trafics d’AQMI afin que ce groupe terroriste desserre son étau sur le sud algérien.L’entretien d’une insécurité résiduelle dans la région de Kidal n’empêchera pas l’Algérie d’y installer sa prédominance économique, notamment à travers l’exploitation des gisements de pétrole par la SONATRACH, le méga-groupe algérien. Bref, l’Algérie ne paraît défendre l’intégrité territoriale du Mali que pour mieux assurer ses propres intérêts géostratégiques. D’autant que le MNLA est une création franco-mauritanienne et que les groupes armés les plus puissants – HCUA, Ançar Dine – mangent dans la main algérienne.



En conséquence, dans l’hypothèse la plus probable, il sera instauré au nord du Mali une autonomie basée sur une grande liberté de manoeuvre des élus locaux, l’intégration des groupes armés dans l’armée nationale (même s’ils doivent rester au nord), et l’affectation de ressources financières et humaines considérables au développement du nord. Bien entendu, la solution de l’autonomie ne déplairait pas à la France qui a besoin de paix pour sécuriser ses sources d’approvisionnement en uranium (au Niger et, demain, à Kidal) et de maintenir, en collaboration avec l’Algérie, un dispositif anti-terroriste au nord du Mali ».





L’histoire nous donne raison



L’Algérie, comme nous le craignions, a soumis aux parties en conflit son propre projet d’accord. Le texte se garde bien d’utiliser les mots « fédération » et « autonomie » mais, sur le fond, les rebelles obtiennent plus que l’autonomie au nord. En témoignent les dispositions suivantes du projet:



1- Mise en place de collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel, bénéficiant d’un très large transfert de compétences et jouissant des pouvoirs juridiques, administratifs et financiers nécessaires. Dans ce cadre, la région sera dotée d’une Assemblée régionale élue au suffrage universel direct et élira à son tour son Président, qui est également le chef de l’Exécutif et de l’Administration de la région. Cet article ne définit pas les « très larges tranferts de compétences ». De plus, qui assurera la tutelle sur les décisions du gouverneur aux « très larges compétences »? Est-il imaginable d’exercer la tutelle depuis Bamako, avec les risques de paralysie administrative que cela entraîne ?



2- Mise en place d’une Zone de Développement des Régions du Nord du Mali, appelées par certains « Azawad », dotée d’un Conseil consultatif interrégional constitué des représentants des Assemblées régionales concernées et chargé exclusivement de la coordination des efforts visant à accélérer le développement socio-économique local et des questions connexes. Cette « Zone » marquera la discrimination entre les régions du Mali car il n’y a pas de « Zones » similaires au profit de Koulikoro ou de Kayes, régions aussi pauvres que celles du nord.



3- Deux ou plusieurs régions peuvent constituer des entités intégrées et mettre en place les instances requises pour mieux promouvoir leur développement économique et social. Cette disposition consacre le droit de sécéssion: ainsi, Gao, Tombouctou et Kidal pourraient « constituer des entités intégrées et mettre en place les instances », de leur choix, ce qui n’envie rien à un statut fédéral ou autonome.



4- II est reconnu aux régions, individuellement ou intégrées, le droit d’adopter la dénomination officielle de leur choix. Cet article légalise le mot séparatiste « Azawad ».



5- Les cercles et les communes sont dotés d’organes délibérants (Conseil de cercle et Conseil communal) élus au suffrage universel direct, dirigés par des bureaux ayant une fonction exécutive avec, à leur tête, un Président de cercle et un Maire élus. Entre le président de conseil et le maire, tous deux élus, qui va commander qui ?



6- II peut être procédé, conformément aux aspirations spécifiques des populations, à un redécoupage administratif des collectivités en tenant compte de facteurs liés à la viabilité économique, à la cohésion sociale et territoriale. Cet article accorde une prime à l’illégitimité; il consiste à tripatouiller le territoire de sorte que les rebelles rapprochent leurs fiefs et y exercent plus facilement leur domination.



7- II sera créé une Force de Sécurité intérieure (police territoriale) placée sous l’autorité des collectivités, dans le cadre de leurs pouvoirs de police.Les rebelles vont, sous couvert de « police territoriale », garder le contrôle effectif de la sécurité au nord.

7- Création d’un Sénat, représentant les collectivités et les notabilités traditionnelles et religieuses et constituant, avec l’Assemblée nationale, le Parlement du MaliUn quota de sénateurs pourrait être réservé aux notabilités traditionnelles régionales et aux femmes.Bref, les chefs tribaux du nord, habitués à vivre en rois sans travailler, deviennent sénateurs sans élection.



8- Le ratio habitants/député, actuellement de 60.000 habitants pour les régions du Nord, passera à 30.000. Pourquoi changer le ratio au nord et pas ailleurs ?



9-La représentation équitable des ressortissants du Nord dans les institutions et services du Mali (gouvernement, diplomatie, sociétés d’Etat, etc.): à cet égard, un nombre minimum de postes ministériels, y compris dans les secteurs de souveraineté, revendront à des personnalités issues du Nord, de même que certaines fonctions électives. Ainsi donc, le gouvernement et autres postes publics seront occupés, non sur la base du mérite, mais sur des bases ethniques alors que la discrimination ethnique et l’égalité de tous les citoyens devant sont d’ordre Constitutionnel !



10- Le statut des autorités traditionnelles est pris en compte dans les règles de protocole et de préséance.Il va donc falloir dérouler le tapis rouge et prévoir un passeport diplomatique pour le moindre chef de tribu touareg ou arabe!



11- La revalorisation du rôle des Cadis dans la distribution de la justice, notamment en ce qui concerne la médiation civile et pénale, de manière à tenir compte des spécificités culturelles et religieuses.Si les « cadis » (juges islamiques) doivent rendre la justice, que faire alors de la laïcité de l’Etat proclamée par la Constitution ?



12- Les régions sont compétentes dans les matières ci-après: plan et programme de développement économique, social et culturel; aménagement du territoire; création et gestion des équipements collectifs et services sociaux de base (éducation de base, formation professionnelle, santé, environnement, culture, infrastructures routières et de communication régionales, eau, énergie); agriculture, élevage, pêche, gestion forestière, transports, commerce, industries, artisanat, tourisme; budgets et comptes administratifs régionaux; organisation des activités de protection sociale; établissement et application d’impôts et de recettes propres sur la base de paramètres fixés par l’Etat; institution de redevances; acceptation ou refus de dons, subventions et legs; octroi de subventions; prises de participation; signature d’accords de coopération et de jumelage au niveau national et international; maintien de l’ordre et de la sécurité; protection civile. Si les régions arrachent toutes ces compétences, que reste-t-il à l’Etat ? Plus grave, en violation de la loi, qui donne au parlement le pouvoir exclusif de voter le budget d’Etat, les régions vont pouvoir créer leurs propres impôts et recettes!



13- Les délibérations des collectivités sont exécutoires dès leur publication et transmission au représentant de l’Etat. L’Etat ne pourra rien donc contre les décisions des régions et la tutelle sera de pure forme !



14- L’Etat, à travers son Représentant, exerce un contrôle de légalité (à posteriori) sur certains actes administratifs des collectivités (…) La liste des actes susceptibles d’un contrôle de légalité et les modalités d’exercice du contrôle sont définies par la loi. En principe, tout acte de l’autorité décentralisée (région) est soumise au contrôle de légalité du représentant de l’Etat afin d’éviter les dérives. L’article tend à limiter ce contrôle à certains actes pour que les régions se comportent comme des Etats fédérés.



15- Il est convenu une procédure de consultation préalable entre le pouvoir central et les régions sur: la réalisation des projets de développement décidés par l’Etat et les organismes publics ou privés concernant ces entités; les nominations des responsables des structures relevant de l’Etat et I’exploitation des ressources, notamment minières. L’Etat perd la liberté de nommer qui il veut dans les services régionaux. La notion de « concertation préalable » cache le droit de veto des régions contre toute nomination ou dépense qui ne leur plairait pas.



16- En plus de la fixation du taux des taxes, redevances et impôts locaux, chaque région jouit de la latitude de créer des impôts adaptés à sa structure économique et à ses objectifs de développement. Cet article viole la Constitution qui fait du budget d’Etat un acte parlementaire car c’est en tant qu’élus de la nation qu’ils autorisent, seuls, le prélèvement d’impôts.



17-Le gouvernement s’engage à mettre en place, d’ici à 2017, un mécanisme de transfert de 33% des recettes budgétaires de l’Etat aux collectivités, avec une attention particulière pour les régions du Nord. Cet article est injustifié car au nord vivent moins de 10% des Maliens.



18- L’Etat rétrocède aux collectivités un pourcentage des revenus issus de l’exploitation, sur leur territoire, de ressources naturelles, notamment minières.Il y aura là une mainmise des collectivités sur leurs resources locales alors qu’au même moment, elles demandent à l’Etat de leur allouer 33% de ses récettes!



19- déconcentrer le recrutement dans la fonction publique territoriale, dont 50% des effectifs seront réservés aux ressortissants du Nord. Cet article veut peupler le nord de fonctionnaires arabes et touaregs!



20- Le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) doit permettre, soit l’absorption des ex-combattants dans les corps de l’Etat, leur réintégration au sein des forces de défense et de sécurité, ou leur réinsertion dans la vie civile dans le cadre de projets de développement. Ainsi donc, ceux qui ont déserté l’armée, pris les armes contre le Mali, tué et violé vont réintégrer l’armée sans jugement!



21-Les forces redéployées (au nord) devront refléter un caractère national, se traduisant par une représentation de toutes les communautés.Elles devront inclure un nombre significatif de ressortissants du Nord, y compris dans le commandement, de façon à conforter le retour de la confiance et la sécurisation du Nord. Les rebelles ne se contentent pas de réintégrer l’armée; ils obtiennent aussi des commandements et une ethnicisation des forces armées !



22- Dans le contexte de la réforme des forces de défense et de sécurité, il sera procédé à la création d’une police territoriale placée sous l’autorité des collectivités locales, dans le cadre de leurs pouvoirs de police. L’Etat maintient ses propres forces de sécurité intérieure (garde, gendarmerie et police), lesquelles coordonneront leur action, en tant que de besoin, avec la police territoriale.C’est dire que la « police territoriale », d’essence rebelle, devient l’équivalent et l’interlocuteur de l’armée nationale, qui n’existera au nord que de nom!



23- Les parties reconnaissent le retard considérable accusé par les régions du Nord sur le reste du Mali en matière de développement; elles soulignent le rôle que les politiques conduites depuis l’indépendance, les crises successives et les contraintes démographiques, physiques et climatiques ont joué dans cette situation. L’Etat prend tous les torts et considère comme pauvre le nord seul alors que partout ailleurs, c’est la galère!



24-Le Mécanisme opérationnal de coordination des forces est présidé alternativement par le représentant du Chef de file de la Médiation, un officier de l’Armée malienne et un représentant des Mouvements armés. En clair, l’armée nationale devient un gâteau à partager entre les rebelles et l’Etat.



25- Maintien par les mouvements armés de leurs positions à la date du 17 mai 2014 au 23 mai 2014 et sécurisation des villes et autres localités par les forces en présence pendant une période ne devant pas excéder un an. Malgré la signature de l’Accord, les rebelles règneront donc en maîtres au nord 1 an.



  1. Mise en place, avec la participation des Mouvements, d’unités spéciales aux fins de lutter contre le terrorisme. Ces unités spéciales ne sont autres que des milices touarègues et arabes.


27- A l’issue de la période intérimaire et une fois le processus de DDRR achevé, tous les mouvements armés seront dissous. A contrario, les groupes armés le resteront tant qu’ils n’auront pas estimé avoir eu tout ce qu’ils exigent.



Le Mali rejette le projet

Ce projet algérien a suscité la joie des représentants maliens à Alger, notamment le ministre des Affaires Etrangères qui, tout sourire, a confié à la presse que c’était « une bonne base de discussion », soulignant que le texte ne parle ni de fédéralisme ni d’autonomie. Le ministre, qui ne sait peut-être pas lire entre les lignes et qui semble pressé de s’attribuer le mérite d’un accord, déchantera bien vite. En effet, mardi 4 novembre 2014, IBK a convoqué un conseil extraordinaire des ministres qui, après débats, a déclaré le projet algérien inadmissible. « C’est un projet fédéral qui ne dit pas son nom, nous confie une source; il exige aussi des réformes constitutionnelles et législatives que le peuple n’acceptera pas ». A l’issue du conseil, le chef de l’Etat a demandé à chaque ministre de présenter cette semaine une proposition de règlement de la crise du nord afin que l’on puisse choisir les meilleures options et présenter un projet cohérent au médiateur.



Tiékorobani

IBK rejette le projet d'accord algérien

IBK rejette le projet d'accord algérien

projet d’accord algérien

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Les pourparlers d'Alger entrent dans une phase plus activeDans notre livraison du 29 septembre 2014, nous publiions le projet de fédération présenté à Alger par les groupes armés et nous soulignions les chapitres attentoires à l’unité nationale et à l’intégrité du territoire malien.



Dans notre livraison du 13 octobre, nous révélions que les rebelles, sous la pression de l’Algérie, avaient abandonné leur projet fédéral. Et nous faisions les commentaires suivants: « …Le projet fédéral a suscité des interrogations dans la communauté internationale. La marche géante organisée par la société civile malienne dans la foulée a achevé de convaincre tout le monde que ni la fédération, ni l’indépendance ne seront acceptées par le peuple malien. De plus, la fédération suppose une modification de la Constitution malienne par voie de référendum: ce scrutin serait perdu d’avance même si IBK lui-même appelait à voter oui, ce qui relève de la fiction, le chef de l’Etat malien étant économiquement et politiquement trop fragile pour prendre un tel risque. C’est pourquoi le médiateur algérien a demandé une levée de séance dès que les groupes armés ont exposé leur projet fédéral. Profitant de cette pause, le médiateur a tenu un huis clos avec les représentants des groupes armés pour leur dire, en substance, ceci: « La résolution 2100 du Conseil de Sécutrité de l’ONU et l’Accord de Ouaga imposent le respect de l’intégrité territoriale du Mali. Or une fédération implique la division du Mali en deux entités: le Mali et l’Azawad.Ce schéma n’est acceptable ni par les Maliens ni par la communauté internationale, garante de tout accord. Nous vous mettons donc en demeure de retirer ce projet et d’envisager d’autres solutions qui préservent à la fois l’intégrité territoriale du Mali et vos intérêts propres ! ».

Les rebelles, notamment ceux du MNLA, n’avaient pas de plan B. Ils estimaient que la fédération était le moins qu’ils pouvaient obtenir, compte tenu des rapports de force. Mais le MNLA eut beau plaider le maintien du projet fédéral, l’Algérie resta intraitable. Le puissant voisin algérien alla jusqu’à menacer le MNLA de le faire tailler en pièces par les groupes jihadistes. Message bien compris par les indépendantistes touaregs qui consentirent finalement à mettre leurs velléités fédérales sous l’éteignoir.



Pourquoi l’Algérie défend-elle si âprement l’intégrité territoriale du Mali ? L’explication tient à trois choses:

- d’abord, elle veut donner des gages de bonne foi à IBK qui, à travers une lettre, a dit s’en remettre à elle;

- ensuite, elle remet le MNLA à sa juste place, l’essentiel des groupes armés (les jihadistes du HCUA et d’Ançar Dine) étant très liés à Alger qui offre le gîte et le couvert à Iyad Ag Ghali;

- Enfin, l’Algérie, après avoir rassuré le Mali et tenu en respect le MNLA, se donne les moyens d’imposer sa propre solution au problème du nord.



Ces constats ne rassurent pas certains connaisseurs du dossier. Ils estiment qu’Alger a le plus grand intérêt à maintenir la zone de Kidal ouverte aux trafics d’AQMI afin que ce groupe terroriste desserre son étau sur le sud algérien.L’entretien d’une insécurité résiduelle dans la région de Kidal n’empêchera pas l’Algérie d’y installer sa prédominance économique, notamment à travers l’exploitation des gisements de pétrole par la SONATRACH, le méga-groupe algérien. Bref, l’Algérie ne paraît défendre l’intégrité territoriale du Mali que pour mieux assurer ses propres intérêts géostratégiques. D’autant que le MNLA est une création franco-mauritanienne et que les groupes armés les plus puissants – HCUA, Ançar Dine – mangent dans la main algérienne.



En conséquence, dans l’hypothèse la plus probable, il sera instauré au nord du Mali une autonomie basée sur une grande liberté de manoeuvre des élus locaux, l’intégration des groupes armés dans l’armée nationale (même s’ils doivent rester au nord), et l’affectation de ressources financières et humaines considérables au développement du nord. Bien entendu, la solution de l’autonomie ne déplairait pas à la France qui a besoin de paix pour sécuriser ses sources d’approvisionnement en uranium (au Niger et, demain, à Kidal) et de maintenir, en collaboration avec l’Algérie, un dispositif anti-terroriste au nord du Mali ».





L’histoire nous donne raison



L’Algérie, comme nous le craignions, a soumis aux parties en conflit son propre projet d’accord. Le texte se garde bien d’utiliser les mots « fédération » et « autonomie » mais, sur le fond, les rebelles obtiennent plus que l’autonomie au nord. En témoignent les dispositions suivantes du projet:



1- Mise en place de collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel, bénéficiant d’un très large transfert de compétences et jouissant des pouvoirs juridiques, administratifs et financiers nécessaires. Dans ce cadre, la région sera dotée d’une Assemblée régionale élue au suffrage universel direct et élira à son tour son Président, qui est également le chef de l’Exécutif et de l’Administration de la région. Cet article ne définit pas les « très larges tranferts de compétences ». De plus, qui assurera la tutelle sur les décisions du gouverneur aux « très larges compétences »? Est-il imaginable d’exercer la tutelle depuis Bamako, avec les risques de paralysie administrative que cela entraîne ?



2- Mise en place d’une Zone de Développement des Régions du Nord du Mali, appelées par certains « Azawad », dotée d’un Conseil consultatif interrégional constitué des représentants des Assemblées régionales concernées et chargé exclusivement de la coordination des efforts visant à accélérer le développement socio-économique local et des questions connexes. Cette « Zone » marquera la discrimination entre les régions du Mali car il n’y a pas de « Zones » similaires au profit de Koulikoro ou de Kayes, régions aussi pauvres que celles du nord.



3- Deux ou plusieurs régions peuvent constituer des entités intégrées et mettre en place les instances requises pour mieux promouvoir leur développement économique et social. Cette disposition consacre le droit de sécéssion: ainsi, Gao, Tombouctou et Kidal pourraient « constituer des entités intégrées et mettre en place les instances », de leur choix, ce qui n’envie rien à un statut fédéral ou autonome.



4- II est reconnu aux régions, individuellement ou intégrées, le droit d’adopter la dénomination officielle de leur choix. Cet article légalise le mot séparatiste « Azawad ».



5- Les cercles et les communes sont dotés d’organes délibérants (Conseil de cercle et Conseil communal) élus au suffrage universel direct, dirigés par des bureaux ayant une fonction exécutive avec, à leur tête, un Président de cercle et un Maire élus. Entre le président de conseil et le maire, tous deux élus, qui va commander qui ?



6- II peut être procédé, conformément aux aspirations spécifiques des populations, à un redécoupage administratif des collectivités en tenant compte de facteurs liés à la viabilité économique, à la cohésion sociale et territoriale. Cet article accorde une prime à l’illégitimité; il consiste à tripatouiller le territoire de sorte que les rebelles rapprochent leurs fiefs et y exercent plus facilement leur domination.



7- II sera créé une Force de Sécurité intérieure (police territoriale) placée sous l’autorité des collectivités, dans le cadre de leurs pouvoirs de police.Les rebelles vont, sous couvert de « police territoriale », garder le contrôle effectif de la sécurité au nord.

7- Création d’un Sénat, représentant les collectivités et les notabilités traditionnelles et religieuses et constituant, avec l’Assemblée nationale, le Parlement du MaliUn quota de sénateurs pourrait être réservé aux notabilités traditionnelles régionales et aux femmes.Bref, les chefs tribaux du nord, habitués à vivre en rois sans travailler, deviennent sénateurs sans élection.



8- Le ratio habitants/député, actuellement de 60.000 habitants pour les régions du Nord, passera à 30.000. Pourquoi changer le ratio au nord et pas ailleurs ?



9-La représentation équitable des ressortissants du Nord dans les institutions et services du Mali (gouvernement, diplomatie, sociétés d’Etat, etc.): à cet égard, un nombre minimum de postes ministériels, y compris dans les secteurs de souveraineté, revendront à des personnalités issues du Nord, de même que certaines fonctions électives. Ainsi donc, le gouvernement et autres postes publics seront occupés, non sur la base du mérite, mais sur des bases ethniques alors que la discrimination ethnique et l’égalité de tous les citoyens devant sont d’ordre Constitutionnel !



10- Le statut des autorités traditionnelles est pris en compte dans les règles de protocole et de préséance.Il va donc falloir dérouler le tapis rouge et prévoir un passeport diplomatique pour le moindre chef de tribu touareg ou arabe!



11- La revalorisation du rôle des Cadis dans la distribution de la justice, notamment en ce qui concerne la médiation civile et pénale, de manière à tenir compte des spécificités culturelles et religieuses.Si les « cadis » (juges islamiques) doivent rendre la justice, que faire alors de la laïcité de l’Etat proclamée par la Constitution ?



12- Les régions sont compétentes dans les matières ci-après: plan et programme de développement économique, social et culturel; aménagement du territoire; création et gestion des équipements collectifs et services sociaux de base (éducation de base, formation professionnelle, santé, environnement, culture, infrastructures routières et de communication régionales, eau, énergie); agriculture, élevage, pêche, gestion forestière, transports, commerce, industries, artisanat, tourisme; budgets et comptes administratifs régionaux; organisation des activités de protection sociale; établissement et application d’impôts et de recettes propres sur la base de paramètres fixés par l’Etat; institution de redevances; acceptation ou refus de dons, subventions et legs; octroi de subventions; prises de participation; signature d’accords de coopération et de jumelage au niveau national et international; maintien de l’ordre et de la sécurité; protection civile. Si les régions arrachent toutes ces compétences, que reste-t-il à l’Etat ? Plus grave, en violation de la loi, qui donne au parlement le pouvoir exclusif de voter le budget d’Etat, les régions vont pouvoir créer leurs propres impôts et recettes!



13- Les délibérations des collectivités sont exécutoires dès leur publication et transmission au représentant de l’Etat. L’Etat ne pourra rien donc contre les décisions des régions et la tutelle sera de pure forme !



14- L’Etat, à travers son Représentant, exerce un contrôle de légalité (à posteriori) sur certains actes administratifs des collectivités (…) La liste des actes susceptibles d’un contrôle de légalité et les modalités d’exercice du contrôle sont définies par la loi. En principe, tout acte de l’autorité décentralisée (région) est soumise au contrôle de légalité du représentant de l’Etat afin d’éviter les dérives. L’article tend à limiter ce contrôle à certains actes pour que les régions se comportent comme des Etats fédérés.



15- Il est convenu une procédure de consultation préalable entre le pouvoir central et les régions sur: la réalisation des projets de développement décidés par l’Etat et les organismes publics ou privés concernant ces entités; les nominations des responsables des structures relevant de l’Etat et I’exploitation des ressources, notamment minières. L’Etat perd la liberté de nommer qui il veut dans les services régionaux. La notion de « concertation préalable » cache le droit de veto des régions contre toute nomination ou dépense qui ne leur plairait pas.



16- En plus de la fixation du taux des taxes, redevances et impôts locaux, chaque région jouit de la latitude de créer des impôts adaptés à sa structure économique et à ses objectifs de développement. Cet article viole la Constitution qui fait du budget d’Etat un acte parlementaire car c’est en tant qu’élus de la nation qu’ils autorisent, seuls, le prélèvement d’impôts.



17-Le gouvernement s’engage à mettre en place, d’ici à 2017, un mécanisme de transfert de 33% des recettes budgétaires de l’Etat aux collectivités, avec une attention particulière pour les régions du Nord. Cet article est injustifié car au nord vivent moins de 10% des Maliens.



18- L’Etat rétrocède aux collectivités un pourcentage des revenus issus de l’exploitation, sur leur territoire, de ressources naturelles, notamment minières.Il y aura là une mainmise des collectivités sur leurs resources locales alors qu’au même moment, elles demandent à l’Etat de leur allouer 33% de ses récettes!



19- déconcentrer le recrutement dans la fonction publique territoriale, dont 50% des effectifs seront réservés aux ressortissants du Nord. Cet article veut peupler le nord de fonctionnaires arabes et touaregs!



20- Le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) doit permettre, soit l’absorption des ex-combattants dans les corps de l’Etat, leur réintégration au sein des forces de défense et de sécurité, ou leur réinsertion dans la vie civile dans le cadre de projets de développement. Ainsi donc, ceux qui ont déserté l’armée, pris les armes contre le Mali, tué et violé vont réintégrer l’armée sans jugement!



21-Les forces redéployées (au nord) devront refléter un caractère national, se traduisant par une représentation de toutes les communautés.Elles devront inclure un nombre significatif de ressortissants du Nord, y compris dans le commandement, de façon à conforter le retour de la confiance et la sécurisation du Nord. Les rebelles ne se contentent pas de réintégrer l’armée; ils obtiennent aussi des commandements et une ethnicisation des forces armées !



22- Dans le contexte de la réforme des forces de défense et de sécurité, il sera procédé à la création d’une police territoriale placée sous l’autorité des collectivités locales, dans le cadre de leurs pouvoirs de police. L’Etat maintient ses propres forces de sécurité intérieure (garde, gendarmerie et police), lesquelles coordonneront leur action, en tant que de besoin, avec la police territoriale.C’est dire que la « police territoriale », d’essence rebelle, devient l’équivalent et l’interlocuteur de l’armée nationale, qui n’existera au nord que de nom!



23- Les parties reconnaissent le retard considérable accusé par les régions du Nord sur le reste du Mali en matière de développement; elles soulignent le rôle que les politiques conduites depuis l’indépendance, les crises successives et les contraintes démographiques, physiques et climatiques ont joué dans cette situation. L’Etat prend tous les torts et considère comme pauvre le nord seul alors que partout ailleurs, c’est la galère!



24-Le Mécanisme opérationnal de coordination des forces est présidé alternativement par le représentant du Chef de file de la Médiation, un officier de l’Armée malienne et un représentant des Mouvements armés. En clair, l’armée nationale devient un gâteau à partager entre les rebelles et l’Etat.



25- Maintien par les mouvements armés de leurs positions à la date du 17 mai 2014 au 23 mai 2014 et sécurisation des villes et autres localités par les forces en présence pendant une période ne devant pas excéder un an. Malgré la signature de l’Accord, les rebelles règneront donc en maîtres au nord 1 an.



  1. Mise en place, avec la participation des Mouvements, d’unités spéciales aux fins de lutter contre le terrorisme. Ces unités spéciales ne sont autres que des milices touarègues et arabes.


27- A l’issue de la période intérimaire et une fois le processus de DDRR achevé, tous les mouvements armés seront dissous. A contrario, les groupes armés le resteront tant qu’ils n’auront pas estimé avoir eu tout ce qu’ils exigent.



Le Mali rejette le projet

Ce projet algérien a suscité la joie des représentants maliens à Alger, notamment le ministre des Affaires Etrangères qui, tout sourire, a confié à la presse que c’était « une bonne base de discussion », soulignant que le texte ne parle ni de fédéralisme ni d’autonomie. Le ministre, qui ne sait peut-être pas lire entre les lignes et qui semble pressé de s’attribuer le mérite d’un accord, déchantera bien vite. En effet, mardi 4 novembre 2014, IBK a convoqué un conseil extraordinaire des ministres qui, après débats, a déclaré le projet algérien inadmissible. « C’est un projet fédéral qui ne dit pas son nom, nous confie une source; il exige aussi des réformes constitutionnelles et législatives que le peuple n’acceptera pas ». A l’issue du conseil, le chef de l’Etat a demandé à chaque ministre de présenter cette semaine une proposition de règlement de la crise du nord afin que l’on puisse choisir les meilleures options et présenter un projet cohérent au médiateur.



Tiékorobani

IBK rejette le projet d'accord algérien

IBK rejette le projet d'accord algérien

projet d’accord algérien

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Les pourparlers d'Alger entrent dans une phase plus activeDans notre livraison du 29 septembre 2014, nous publiions le projet de fédération présenté à Alger par les groupes armés et nous soulignions les chapitres attentoires à l’unité nationale et à l’intégrité du territoire malien.



Dans notre livraison du 13 octobre, nous révélions que les rebelles, sous la pression de l’Algérie, avaient abandonné leur projet fédéral. Et nous faisions les commentaires suivants: « …Le projet fédéral a suscité des interrogations dans la communauté internationale. La marche géante organisée par la société civile malienne dans la foulée a achevé de convaincre tout le monde que ni la fédération, ni l’indépendance ne seront acceptées par le peuple malien. De plus, la fédération suppose une modification de la Constitution malienne par voie de référendum: ce scrutin serait perdu d’avance même si IBK lui-même appelait à voter oui, ce qui relève de la fiction, le chef de l’Etat malien étant économiquement et politiquement trop fragile pour prendre un tel risque. C’est pourquoi le médiateur algérien a demandé une levée de séance dès que les groupes armés ont exposé leur projet fédéral. Profitant de cette pause, le médiateur a tenu un huis clos avec les représentants des groupes armés pour leur dire, en substance, ceci: « La résolution 2100 du Conseil de Sécutrité de l’ONU et l’Accord de Ouaga imposent le respect de l’intégrité territoriale du Mali. Or une fédération implique la division du Mali en deux entités: le Mali et l’Azawad.Ce schéma n’est acceptable ni par les Maliens ni par la communauté internationale, garante de tout accord. Nous vous mettons donc en demeure de retirer ce projet et d’envisager d’autres solutions qui préservent à la fois l’intégrité territoriale du Mali et vos intérêts propres ! ».

Les rebelles, notamment ceux du MNLA, n’avaient pas de plan B. Ils estimaient que la fédération était le moins qu’ils pouvaient obtenir, compte tenu des rapports de force. Mais le MNLA eut beau plaider le maintien du projet fédéral, l’Algérie resta intraitable. Le puissant voisin algérien alla jusqu’à menacer le MNLA de le faire tailler en pièces par les groupes jihadistes. Message bien compris par les indépendantistes touaregs qui consentirent finalement à mettre leurs velléités fédérales sous l’éteignoir.



Pourquoi l’Algérie défend-elle si âprement l’intégrité territoriale du Mali ? L’explication tient à trois choses:

- d’abord, elle veut donner des gages de bonne foi à IBK qui, à travers une lettre, a dit s’en remettre à elle;

- ensuite, elle remet le MNLA à sa juste place, l’essentiel des groupes armés (les jihadistes du HCUA et d’Ançar Dine) étant très liés à Alger qui offre le gîte et le couvert à Iyad Ag Ghali;

- Enfin, l’Algérie, après avoir rassuré le Mali et tenu en respect le MNLA, se donne les moyens d’imposer sa propre solution au problème du nord.



Ces constats ne rassurent pas certains connaisseurs du dossier. Ils estiment qu’Alger a le plus grand intérêt à maintenir la zone de Kidal ouverte aux trafics d’AQMI afin que ce groupe terroriste desserre son étau sur le sud algérien.L’entretien d’une insécurité résiduelle dans la région de Kidal n’empêchera pas l’Algérie d’y installer sa prédominance économique, notamment à travers l’exploitation des gisements de pétrole par la SONATRACH, le méga-groupe algérien. Bref, l’Algérie ne paraît défendre l’intégrité territoriale du Mali que pour mieux assurer ses propres intérêts géostratégiques. D’autant que le MNLA est une création franco-mauritanienne et que les groupes armés les plus puissants – HCUA, Ançar Dine – mangent dans la main algérienne.



En conséquence, dans l’hypothèse la plus probable, il sera instauré au nord du Mali une autonomie basée sur une grande liberté de manoeuvre des élus locaux, l’intégration des groupes armés dans l’armée nationale (même s’ils doivent rester au nord), et l’affectation de ressources financières et humaines considérables au développement du nord. Bien entendu, la solution de l’autonomie ne déplairait pas à la France qui a besoin de paix pour sécuriser ses sources d’approvisionnement en uranium (au Niger et, demain, à Kidal) et de maintenir, en collaboration avec l’Algérie, un dispositif anti-terroriste au nord du Mali ».





L’histoire nous donne raison



L’Algérie, comme nous le craignions, a soumis aux parties en conflit son propre projet d’accord. Le texte se garde bien d’utiliser les mots « fédération » et « autonomie » mais, sur le fond, les rebelles obtiennent plus que l’autonomie au nord. En témoignent les dispositions suivantes du projet:



1- Mise en place de collectivités territoriales dotées d’organes élus au suffrage universel, bénéficiant d’un très large transfert de compétences et jouissant des pouvoirs juridiques, administratifs et financiers nécessaires. Dans ce cadre, la région sera dotée d’une Assemblée régionale élue au suffrage universel direct et élira à son tour son Président, qui est également le chef de l’Exécutif et de l’Administration de la région. Cet article ne définit pas les « très larges tranferts de compétences ». De plus, qui assurera la tutelle sur les décisions du gouverneur aux « très larges compétences »? Est-il imaginable d’exercer la tutelle depuis Bamako, avec les risques de paralysie administrative que cela entraîne ?



2- Mise en place d’une Zone de Développement des Régions du Nord du Mali, appelées par certains « Azawad », dotée d’un Conseil consultatif interrégional constitué des représentants des Assemblées régionales concernées et chargé exclusivement de la coordination des efforts visant à accélérer le développement socio-économique local et des questions connexes. Cette « Zone » marquera la discrimination entre les régions du Mali car il n’y a pas de « Zones » similaires au profit de Koulikoro ou de Kayes, régions aussi pauvres que celles du nord.



3- Deux ou plusieurs régions peuvent constituer des entités intégrées et mettre en place les instances requises pour mieux promouvoir leur développement économique et social. Cette disposition consacre le droit de sécéssion: ainsi, Gao, Tombouctou et Kidal pourraient « constituer des entités intégrées et mettre en place les instances », de leur choix, ce qui n’envie rien à un statut fédéral ou autonome.



4- II est reconnu aux régions, individuellement ou intégrées, le droit d’adopter la dénomination officielle de leur choix. Cet article légalise le mot séparatiste « Azawad ».



5- Les cercles et les communes sont dotés d’organes délibérants (Conseil de cercle et Conseil communal) élus au suffrage universel direct, dirigés par des bureaux ayant une fonction exécutive avec, à leur tête, un Président de cercle et un Maire élus. Entre le président de conseil et le maire, tous deux élus, qui va commander qui ?



6- II peut être procédé, conformément aux aspirations spécifiques des populations, à un redécoupage administratif des collectivités en tenant compte de facteurs liés à la viabilité économique, à la cohésion sociale et territoriale. Cet article accorde une prime à l’illégitimité; il consiste à tripatouiller le territoire de sorte que les rebelles rapprochent leurs fiefs et y exercent plus facilement leur domination.



7- II sera créé une Force de Sécurité intérieure (police territoriale) placée sous l’autorité des collectivités, dans le cadre de leurs pouvoirs de police.Les rebelles vont, sous couvert de « police territoriale », garder le contrôle effectif de la sécurité au nord.

7- Création d’un Sénat, représentant les collectivités et les notabilités traditionnelles et religieuses et constituant, avec l’Assemblée nationale, le Parlement du MaliUn quota de sénateurs pourrait être réservé aux notabilités traditionnelles régionales et aux femmes.Bref, les chefs tribaux du nord, habitués à vivre en rois sans travailler, deviennent sénateurs sans élection.



8- Le ratio habitants/député, actuellement de 60.000 habitants pour les régions du Nord, passera à 30.000. Pourquoi changer le ratio au nord et pas ailleurs ?



9-La représentation équitable des ressortissants du Nord dans les institutions et services du Mali (gouvernement, diplomatie, sociétés d’Etat, etc.): à cet égard, un nombre minimum de postes ministériels, y compris dans les secteurs de souveraineté, revendront à des personnalités issues du Nord, de même que certaines fonctions électives. Ainsi donc, le gouvernement et autres postes publics seront occupés, non sur la base du mérite, mais sur des bases ethniques alors que la discrimination ethnique et l’égalité de tous les citoyens devant sont d’ordre Constitutionnel !



10- Le statut des autorités traditionnelles est pris en compte dans les règles de protocole et de préséance.Il va donc falloir dérouler le tapis rouge et prévoir un passeport diplomatique pour le moindre chef de tribu touareg ou arabe!



11- La revalorisation du rôle des Cadis dans la distribution de la justice, notamment en ce qui concerne la médiation civile et pénale, de manière à tenir compte des spécificités culturelles et religieuses.Si les « cadis » (juges islamiques) doivent rendre la justice, que faire alors de la laïcité de l’Etat proclamée par la Constitution ?



12- Les régions sont compétentes dans les matières ci-après: plan et programme de développement économique, social et culturel; aménagement du territoire; création et gestion des équipements collectifs et services sociaux de base (éducation de base, formation professionnelle, santé, environnement, culture, infrastructures routières et de communication régionales, eau, énergie); agriculture, élevage, pêche, gestion forestière, transports, commerce, industries, artisanat, tourisme; budgets et comptes administratifs régionaux; organisation des activités de protection sociale; établissement et application d’impôts et de recettes propres sur la base de paramètres fixés par l’Etat; institution de redevances; acceptation ou refus de dons, subventions et legs; octroi de subventions; prises de participation; signature d’accords de coopération et de jumelage au niveau national et international; maintien de l’ordre et de la sécurité; protection civile. Si les régions arrachent toutes ces compétences, que reste-t-il à l’Etat ? Plus grave, en violation de la loi, qui donne au parlement le pouvoir exclusif de voter le budget d’Etat, les régions vont pouvoir créer leurs propres impôts et recettes!



13- Les délibérations des collectivités sont exécutoires dès leur publication et transmission au représentant de l’Etat. L’Etat ne pourra rien donc contre les décisions des régions et la tutelle sera de pure forme !



14- L’Etat, à travers son Représentant, exerce un contrôle de légalité (à posteriori) sur certains actes administratifs des collectivités (…) La liste des actes susceptibles d’un contrôle de légalité et les modalités d’exercice du contrôle sont définies par la loi. En principe, tout acte de l’autorité décentralisée (région) est soumise au contrôle de légalité du représentant de l’Etat afin d’éviter les dérives. L’article tend à limiter ce contrôle à certains actes pour que les régions se comportent comme des Etats fédérés.



15- Il est convenu une procédure de consultation préalable entre le pouvoir central et les régions sur: la réalisation des projets de développement décidés par l’Etat et les organismes publics ou privés concernant ces entités; les nominations des responsables des structures relevant de l’Etat et I’exploitation des ressources, notamment minières. L’Etat perd la liberté de nommer qui il veut dans les services régionaux. La notion de « concertation préalable » cache le droit de veto des régions contre toute nomination ou dépense qui ne leur plairait pas.



16- En plus de la fixation du taux des taxes, redevances et impôts locaux, chaque région jouit de la latitude de créer des impôts adaptés à sa structure économique et à ses objectifs de développement. Cet article viole la Constitution qui fait du budget d’Etat un acte parlementaire car c’est en tant qu’élus de la nation qu’ils autorisent, seuls, le prélèvement d’impôts.



17-Le gouvernement s’engage à mettre en place, d’ici à 2017, un mécanisme de transfert de 33% des recettes budgétaires de l’Etat aux collectivités, avec une attention particulière pour les régions du Nord. Cet article est injustifié car au nord vivent moins de 10% des Maliens.



18- L’Etat rétrocède aux collectivités un pourcentage des revenus issus de l’exploitation, sur leur territoire, de ressources naturelles, notamment minières.Il y aura là une mainmise des collectivités sur leurs resources locales alors qu’au même moment, elles demandent à l’Etat de leur allouer 33% de ses récettes!



19- déconcentrer le recrutement dans la fonction publique territoriale, dont 50% des effectifs seront réservés aux ressortissants du Nord. Cet article veut peupler le nord de fonctionnaires arabes et touaregs!



20- Le processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) doit permettre, soit l’absorption des ex-combattants dans les corps de l’Etat, leur réintégration au sein des forces de défense et de sécurité, ou leur réinsertion dans la vie civile dans le cadre de projets de développement. Ainsi donc, ceux qui ont déserté l’armée, pris les armes contre le Mali, tué et violé vont réintégrer l’armée sans jugement!



21-Les forces redéployées (au nord) devront refléter un caractère national, se traduisant par une représentation de toutes les communautés.Elles devront inclure un nombre significatif de ressortissants du Nord, y compris dans le commandement, de façon à conforter le retour de la confiance et la sécurisation du Nord. Les rebelles ne se contentent pas de réintégrer l’armée; ils obtiennent aussi des commandements et une ethnicisation des forces armées !



22- Dans le contexte de la réforme des forces de défense et de sécurité, il sera procédé à la création d’une police territoriale placée sous l’autorité des collectivités locales, dans le cadre de leurs pouvoirs de police. L’Etat maintient ses propres forces de sécurité intérieure (garde, gendarmerie et police), lesquelles coordonneront leur action, en tant que de besoin, avec la police territoriale.C’est dire que la « police territoriale », d’essence rebelle, devient l’équivalent et l’interlocuteur de l’armée nationale, qui n’existera au nord que de nom!



23- Les parties reconnaissent le retard considérable accusé par les régions du Nord sur le reste du Mali en matière de développement; elles soulignent le rôle que les politiques conduites depuis l’indépendance, les crises successives et les contraintes démographiques, physiques et climatiques ont joué dans cette situation. L’Etat prend tous les torts et considère comme pauvre le nord seul alors que partout ailleurs, c’est la galère!



24-Le Mécanisme opérationnal de coordination des forces est présidé alternativement par le représentant du Chef de file de la Médiation, un officier de l’Armée malienne et un représentant des Mouvements armés. En clair, l’armée nationale devient un gâteau à partager entre les rebelles et l’Etat.



25- Maintien par les mouvements armés de leurs positions à la date du 17 mai 2014 au 23 mai 2014 et sécurisation des villes et autres localités par les forces en présence pendant une période ne devant pas excéder un an. Malgré la signature de l’Accord, les rebelles règneront donc en maîtres au nord 1 an.



  1. Mise en place, avec la participation des Mouvements, d’unités spéciales aux fins de lutter contre le terrorisme. Ces unités spéciales ne sont autres que des milices touarègues et arabes.


27- A l’issue de la période intérimaire et une fois le processus de DDRR achevé, tous les mouvements armés seront dissous. A contrario, les groupes armés le resteront tant qu’ils n’auront pas estimé avoir eu tout ce qu’ils exigent.



Le Mali rejette le projet

Ce projet algérien a suscité la joie des représentants maliens à Alger, notamment le ministre des Affaires Etrangères qui, tout sourire, a confié à la presse que c’était « une bonne base de discussion », soulignant que le texte ne parle ni de fédéralisme ni d’autonomie. Le ministre, qui ne sait peut-être pas lire entre les lignes et qui semble pressé de s’attribuer le mérite d’un accord, déchantera bien vite. En effet, mardi 4 novembre 2014, IBK a convoqué un conseil extraordinaire des ministres qui, après débats, a déclaré le projet algérien inadmissible. « C’est un projet fédéral qui ne dit pas son nom, nous confie une source; il exige aussi des réformes constitutionnelles et législatives que le peuple n’acceptera pas ». A l’issue du conseil, le chef de l’Etat a demandé à chaque ministre de présenter cette semaine une proposition de règlement de la crise du nord afin que l’on puisse choisir les meilleures options et présenter un projet cohérent au médiateur.



Tiékorobani

jeudi 6 novembre 2014

Mali : Blaise Compaoré, soutien de taille de la rébellion, selon André Bourgeot

Mali : Blaise Compaoré, soutien de taille de la rébellion, selon André Bourgeot

Blaise Compaoré, soutien de taille de la rébellion, selon André Bourgeot





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Blaise - procès

Le président burkinabè et médiateur dans la crise malienne, Blaise Compaoré.
Voici qui donne raison à ceux qui disent du président burkinabé déchu, Blaise Compaoré, qu’il est l’instigateur des crises pour lesquelles il avait été  appelé à être médiateur.



L’anthropologue français et directeur de recherche au Cnrs, André Bourgeot a révélé mardi dernier sur France Culture, que Blaise « Compaoré  a soutenu d’une manière assez claire les rebelles du mouvement de libération de l’Azawad ». Ceci de deux manières. Primo, selon M. André Bourgeot, l’ex chef d’Etat burkinabé a   « hébergé » dans des conditions « luxueuses »,  les cadres du Mnla dans la capitale burkinabè à Ouagadougou. Secundo, le chercheur apparemment dans le secret des dieux affirme que Compaoré  a dépêché un avion personnel dans le nord  du Mali pour exfiltrer Bilal Ag Acherif, le secrétaire général du Mnla, gravement blessé dans des affrontements opposants les forces armées maliennes aux rebelles.

La Rédaction

mardi 4 novembre 2014

Fin de règne de Blaise Comparé : Les leaders du MNLA s’enfuient

Fin de règne de Blaise Comparé : Les leaders du MNLA s’enfuient

Fin de règne de Blaise Comparé : Les leaders du MNLA s’enfuient

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Nouvelle preuve de l'insécurité au nord du MaliLa révolution du peuple burkinabé n’a pas seulement chassé du pouvoir Blaise Compaoré, elle a bouleversé les habitudes des responsables du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) protégés par le régime déchu. Depuis quelques jours, ils sont en débandade dans la nature, faute de protecteur.



Sale temps pour les leaders du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) basés à Ouagoudougou au Burkina Faso ! A quelques heures de la chute de leur protecteur sinon leur logeur Blaise Compaoré, ils ont quitté en rangs dispersés le pays. Ceux qui n’ont pu le faire, se sont fondus dans les camps de réfugiés maliens dans le Pays des hommes intègres.

Selon nos sources, cette débande de Bilal Ag Achérif et ses camarades qui ont élu domicile à Ouaga après avoir été chassés par les jihadistes dans le Nord s’explique par la tension qui prévaut dans ce pays, notamment des informations qui ont fait état de l’identification de lieux de résidence de certains membres du MNLA dans la capitale burkinabé par des ressortissants maliens.

Une autre source fait cas de la présence massive de jeunes originaires du Mali qui se sont rendus dans la foulée de la contestation dans un hôtel habituellement fréquenté par des responsables du mouvement séparatiste.

En réalité, nos investigations ont permis de connaître l’itinéraire d’un certain nombre de leaders du MNLA qui ont par ailleurs abandonné la capitale Burkina soit quelques jours avant que la situation ne s’empire. Il nous est revenu que c’est sur conseil des autorités burkinabés de l’époque qu’ils sont sortis du pays.

Trois jours avant le début des manifestations contre Blaise Compaoré, le chef du MNLA, Bilal Ag Achérif a été vu dans un hôtel de la capitale nigérienne. Idem pour Jimmy le Rebelle qui a fait une escale à Niamey et serait logé par un ancien rebelle touareg nigérien qui occupe des hautes fonctions dans ce pays.

Le très agité Mahamadou Djéry Maïga, lui avait déjà préparé le terrain depuis quelques mois, il a déposé ses valises au Ghana mais ne bénéficie pas d’une couverture officielle. Mais son arrivée dans ce pays a créé une vive tension au sein de la communauté malienne dont une bonne partie est originaire du Nord du Mali. Certains voulaient tout sauf ce qu’ils considèrent comme un  traître pour avoir accepté de collaborer avec le MNLA au détriment de la cause du mouvement sédentaire Gandakoy. Aux dernières nouvelles, certains d’entre les responsables du MNLA ont regagné le nord du Mali, notamment Kidal, tandis qu’un autre groupe a pris la direction de la Mauritanie ou le climat semble être favorable.

Il faut rappeler que la capitale du Faso a été jusqu’ici une sorte de base arrière politique des responsables du MNLA, ils y sont logés et entretenus aux frais de l’Etat burkinabé.

Alpha Mahamane Cissé