jeudi 7 mars 2013

Edito : “Le jour où les langues se délieront“ - maliweb.net

Edito : “Le jour où les langues se délieront“ - maliweb.net
“Le jour où les langues se délieront“
Le où les Maliens entendront,
Le jour où les Maliens verront,
Le jour où les Maliens comprendront,
Le jour où les Maliens seront courageux,
Ce jour là, les langues se délieront et les Maliens parleront. Les fossoyeurs du Mali seront démasqués, ceux qui par leur faute font qu’aujourd’hui le Mali est divisé, vilipendé, meurtri et humilié. Le temps est le meilleur juge. Ce temps viendra à coup sûr et tous ceux qui par leur comportement et leur langage ont fait que notre patrie est aujourd’hui menacée dans son unité doivent rendre des comptes.
Ce jour là dis-je, les langues se délieront et les Maliens parleront. Ce jour là, des masques tomberont. Il sera su que le vrai ennemi du Mali, ce n’est pas seulement ce combattant du MUJAO venu de je ne sais où, que ce n’est pas seulement ce salafiste d’Ansaar Eddine se pavanant entre les dunes de sable, que ce n’est point seulement ce combattant du MNLA désarmé et sans identité mais que c’est aussi ce complice ou ces complices disséminés dans les quartiers de Bamako.
Quel paradoxe de voir, d’entendre le voleur crier au voleur. C’est de la face. Le complice, l’ennemi de la patrie, c’est cet autre qui drapé dans boubou blanc harangue contre les islamistes et pourtant il est un soutien camouflé de ceux-ci. Quelle honte !
L’ennemi du Mali encore, c’est cet autre qui par des propos incendiaires et mensongers sème la confusion parmi les Maliens. L’ennemi du Mali, c’est toi, toi qui insolemment détourne les dons destinés aux réfugiés de l’intérieur et de l’extérieur.
Cet autre est le vrai ennemi du Mali, lui qui appelle à l’inaction, à l’immobilisme, à la passivité et fait que les Soundiata, Kankou Moussa, Askia Mohamed, Sonni Ali Ber, Samory Touré et autres se retournent dans leur tombe.
Et, le pire ennemi, c’est ceux du dehors ou au-dedans qui font semblant de nous aider mais au fait, ils pactisent avec le Diable pour nous poignarder dans le dos. Le Mali notre beau pays est malade et exsangue. Levons les yeux vers le ciel et d’où nous viendra le secours. Le où les Maliens entendront,
Le jour où les Maliens verront,
Le jour où les Maliens comprendront,
Les masques tomberont, les démons de la division fuiront et l’union sacrée sera faite pour libérer notre beau pays qui est sur le chemin de l’être avec l’aide de nos vrais amis.
M.M. DEMBELE
SOURCE: du 5 mar 2013.

Editorial : Le changement n’est pas malien - maliweb.net

Editorial : Le changement n’est pas malien - maliweb.net
Chassés du pouvoir après le discours de la Baule, les cadres de l’Union démocratique du peuple malien (Udpm), l’ex-parti unique fossoyeurs de notre économie nationale, sont revenus au galop vingt ans après reprendre les commandes comme si rien ne s’était passé. Un régime pourtant voué aux gémonies par tout un peuple en 1991 vient d’être remis sur selle et de la plus belle manière à la suite d’un coup d’Etat, qui en valait bien la peine. Qui l’aurait cru qu’après 20 ans, Tiénan Coulibaly serait nommé ministre de l’Economie et des Finances? Qui aurait cru que l’architecte de ce système tant décrié serait nommé Premier ministre dans un pays qui veut le changement ?
Impossible de changer de système de gouvernance avec ceux-là mêmes qui ont mis sous le boisseau notre économie. Comment en est-on arrivé là ? Le premier président démocratiquement élu en 1992 est un ancien ministre d’un des nombreux gouvernements du putschiste Moussa Traoré. Tous deux sont ressortissants de la première région (Kayes). Donc un changement de mode de gouvernance n’était pas possible avec Alpha Oumar Konaré. Dix ans plus tard, un militaire recruté dans l’armée par un ancien membre du Comité militaire de libération nationale (Cmln) est élu président en 2002.
La corruption est érigée en un système de gouvernance. Du coup son virus attaque l’Etat et le détruit. Des jeunes soldats de la première promotion du prytanée militaire de Kati en colère contre les pertes en vies humaines subies dans leurs rangs chassent le général ATT. Ils prennent le pouvoir et s’installent à Kati. Des politiciens mécontents crient à la confiscation de la démocratie et font appel à la communauté internationale qui met le Mali sous sa tutelle.
Depuis le 22 mars 2012, le Mali traverse une période des plus difficiles de son histoire. En bonne place des exigences de cette crise «le CHANGEMENT». Il n’est pas surprenant que certains «démocrates» qui se sont bougrement enrichis ne veulent pas entendre ce mot. Or dans le cas, qui nous concerne, le coup d’Etat signifie arrêt de régime. Si des interrogations sont à poser quant au pourquoi du refus du changement, les raisons sont simples à trouver.
Les vingt trois (23) ans du régime Moussa Traoré ont transformé le Soudanais ou l’homme malien tout court. Pendant ses vingt trois ans, il a bâillonné l’intelligentsia malienne. Les travailleurs ont connu les retards de salaires sans que la centrale syndicale ne lève le petit doigt. L’Union nationale des travailleurs du Mali (Untm) a même soutenu Moussa Traoré par le biais d’un des leurs qui était dans le gouvernement à liquider les Sociétés et Entreprises d’Etat à travers le Programme d’Ajustement Structurel (Pas).
Certains chefs de famille incapables de subvenir aux dépenses sortaient à 5 heures du matin pour ne revenir qu’à 19 h. Une crise sans pareille qui tend vers une guerre civile. Elle prend sa source depuis le 26 mars 1991. Conséquences ? On a vu pour la première fois au Mali, des femmes mères des enfants et chefs de famille.
Du point de vue de l’évolution qu’a subi notre société le général Moussa Traoré a une grande part de responsabilité dans sa déconfiture. Les membres du Cmln n’ont pas été de bons responsables pour les maliens d’aujourd’hui. Lors du jugement de la bande des trois (Tiékoro Bagayogo, Kissima Doukara et Karim Dembélé), certaines vérités sur la vie de la nation ont été assénées, entre autres les fonds publics trouvés au Trésor après le coup d’Etat du 19 novembre 1968. Ces fonds d’un montant de cent cinquante millions (150) de francs maliens destinés à l’organisation de la Coupe d’Afrique en 1969 auraient servis de magot au Cmln.
Selon Tiékoro Bagayogo et Kissima Doukara ces fonds ont été partagés entre les quatorze (14) membres. Un des membres influents du Cmln aurait volé dans le Palais à Koulouba, les bijoux en or de Mme Keita Mariam Traoré. Dès lors notre pays semblait mal parti, il se trouvait dans les mains de militaires kleptocrates.
La suite : la vie économique de notre grand pays est ponctuée de gigantesques détournements financiers sur lesquels la lumière est rarement faite. Ces militaires de connivence avec le Bureau exécutif central (Bec) Udpm (Union démocratique du Peuple Malien) ont mis le Mali sous leur coupe réglée qui aboutit à la dérive militaro-économique et socioculturelle.
Le régime du lieutenant Moussa est celui qui a avili notre société voire altérée toute la couche sociologique. On entend très souvent dire que le malien est issu d’un peuple pacifique. Derrière cette tranquillité se cacherait la peur, la honte et l’humiliation.
Les 23 ans de Moussa Traoré, les 10 ans d’Alpha Oumar Konaré et les 10 ans d’ATT ont été bénéfiques à certaines couches socio- économiques qui ont tiré les ficelles des finances publiques et du secteur commercial. Ces gens là se sont tapés un trésor de guerre et n’entendent pas se faire dévaluer par un quelconque processus de changement.
De 1968 à nos jours, ce sont les familles des présidents Moussa Traoré, Alpha Oumar Konaré, Amadou Toumani Touré, alliés et amis qui sont au pouvoir. En 1991, le changement tant prôné par le Congrès national d’initiative démocratique (Cnid) à travers le «Kokadjè» a été battu en brèche par l’Adema qui voulait l’émergence des anciens de l’Union démocratique du peuple malien dans l’arène politique.
Et à quelques encablures de la fin de leurs mandats les présidents sortants Alpha et ATT se disputaient pour la libération de Moussa Traoré en juin 2002.Pourquoi les maliens n’aiment pas le changement ? Plus la classe politique est corrompue, plus elle perd tout crédit auprès du peuple et plus le pays devient la proie des puissances extérieures.
Il y a un lien dialectique entre d’une part, le degré de corruption de la classe politique et ; d’autre part, le niveau du rejet de celle-ci par le peuple et ; enfin l’amplitude de la faiblesse diplomatique du pays. Ce qui se passe actuellement est le résultat de plusieurs décennies de mal gouvernance structurelle.
En effet, à partir de 1968, on a assisté à l’effondrement de quatre institutions fondamentales qui sont au cœur du devenir de toute nation. Il s’agit de la Famille, de l’Etat, de l’Ecole, de l’Armée. Elire un candidat de l’Adema ou de l’Urd serait le naufrage du bateau Mali.
Amy SANOGO
SOURCE: du 6 mar 2013.

Nord-Mali : Un apprenti sorcier nommé MNLA - maliweb.net

Nord-Mali : Un apprenti sorcier nommé MNLA - maliweb.net
Le MNLA (Mouvement National pour la Libération de l’Azawad) aura véritablement joué à l’apprenti sorcier dans la grave crise que traverse le Mali depuis plus d’un an.
Les officiers du Mnla (photo L'Essor)
Les officiers du Mnla (photo L’Essor)
Il aura notamment servi de Cheval de Troie aux différents groupes armés qui avaient mis le Nord-Mali, soit les 2/3 du territoire national, en coupe réglée. A l’époque, habité uniquement par la haine de l’Etat central malien et l’esprit de vengeance à cause de ce que certains de ses éléments considéraient comme les exactions commises depuis le régime de Modibo Kéïta en 1963, obnubilé par son désir quasi-maladif de disposer d’un immense no man’s land, à défaut d’une hypothétique République de l’Azawad, où il pourrait se livrer, en toute tranquillité, à ses activités criminelles de prédilection – trafic de drogues, d’armes, de véhicules, de cigarettes et d’être humains – comme au bon vieux temps des razzias, le MNLA n’a pas hésité à nouer des alliances tactiques avec les jihadistes, notamment d’AQMI(Al Qaeda au Maghreb Islamique), du MUJAO et d’Ançar Dine qui est, au demeurant sortie de ses flancs.
En fait d’alliance, il s’agissait en réalité, d’un marché de dupes dans le Sahara malien, dont le MNLA sortira perdant. Faute d’avoir atteint son but final, le mouvement aura été comblé au-delà de ses espérances quant à son dessein funeste de nuire à la nation malienne. En effet, sur le plan sécuritaire, grâce notamment à l’entrée en scène de ses compères narco-jihadistes, tout le Septentrion sera conquis et occupé pendant presque une année. Les islamistes radicaux doublés de trafiquants de drogues y feront régner un ordre moyenâgeux, avec à a clé une application anti-islamique de la charia: mutilation des mains et des pieds, lapidation à mort, viols collectifs de femmes et de jeunes filles souvent mineures.
S’y ajouteront la destruction d’édifices publics, y compris les hôpitaux, le pillage des banques – le président de l’APBEF fait état d’un manque à gagner de 17,5 milliards de FCFA – engendré par la crise sécuritaire, au détriment du secteur bancaire du Mali. Il faut préciser que les éléments du MNLA se sont autant, sinon plus, illustrés dans ces crimes que leurs anciens alliés.
Après le coup d’Etat du 22 mars 2012, qui est l’une des conséquences de la crise globale, les partenaires techniques et financiers ont suspendu leur coopération avec le Mali, avec pour résultat la détérioration des finances publiques qui a failli amener l’Etat au bord de la cessation de paiement. Par ailleurs, de nombreux projets de développement, y compris dans le domaine des infrastructures routières, ont pris un coup d’arrêt, avec pour conséquences le chômage technique pour des milliers de chefs de familles et les drames sociaux subséquents.
Justement, sur le plan social, la crise a jeté sur les chemins escarpés de l’exode des centaines de milliers de paisibles citoyens et entrainé le déchirement du tissu social. Des citoyens, qui vivaient en bonne intelligence jusque-là, se regardent désormais en chiens de faïence, dans une atmosphère délétère de suspicion et de méfiance.
Dernier méfait du MNLA, et non le moindre, c’est la part active que ses éléments ont pris dans les tragiques événements de Aguelhok, qui se sont soldés par la mort d’une centaine de soldats désarmés – car ils étaient à court de munitions – froidement exécutés. Certaines des victimes, au nombre desquelles figuraient des éléments Touaregs de l’armée régulière, ont été égorgées ou éventrées.
Mais ceux par qui la crise malienne est survenue, les éléments du MNLA, n’ont pas tardé à comprendre qu’on ne trahit pas impunément sa patrie et à réaliser qu’au Mali, en dehors d’un Etat central fort, réunissant sous sa bannière toutes les composantes de la nation, point de salut, nulle part ailleurs. Inéluctablement, l’aventure du Nord-Mali enclenchée par les éléments du MNLA ne tardera pas, selon la loi des chocs en retour, à se transformer en une véritable descente aux enfers pour ses initiateurs. L’alliance tactique qu’ils avaient scellée avec les narco-jihadistes d’AQMI, d’Ançar Dine et du MUJAO a tôt fait de voler en éclats.
Le MUJAO deviendra même son ennemi juré. Dans un combat inégal, les éléments du MNLA seront boutés de la Cité des Askia, où ils avaient établi «leur gouvernement provisoire» au siège du Gouvernorat, par leurs ex-alliés de circonstance. A l’issue de combats rudes, le MNLA a perdu plus de 30 hommes, y compris un Colonel. Le Secrétaire général dudit mouvement fut blessé. Il sera évacué in-extremis sur Ouagadougou.
Les combats de Ménaka seront encore plus meurtriers. On peut même parler de massacre pour le MNLA, qui y laissera plus de 100 hommes. Ses ex-alliés étaient vraiment décidés à le chasser de tout le territoire national et ils ont prouvé qu’ils en avaient largement les moyens. Mettant ainsi à nu l’indigence militaire du Mouvement, dont les éléments apparaissaient ainsi comme des bandits de grand chemin.
Un malheur ne venant jamais, sur le plan diplomatique, la République de l’Azawad, qui n’existait que dans le cerveau malade des responsables du MNLA, n’a jamais été reconnue par un seul pays de la planète, encore moins par une instance internationale. Bien au contraire, le principe de la création d’un tel Etat a été clairement et vigoureusement condamné par la communauté internationale. De l’ONU à l’Union Européenne, en passant par l’Union Africaine et la CEDEAO, aucune institution ne voulait demeurer en reste dans ce concert de condamnations.
Rejeté de tous les côtés, combattu violemment par ses alliés d’hier – faut-il rappeler les opérations kamikaze entreprises contre lui à Kidal par le MUJAO? – réprouvé par la communauté internationale, le MNLA ne sait plus sur quel pied danser. A dire vrai, le MNLA n’a même plus de pied pour danser. Et les pitoyables rodomontades de l’un de ses innombrables porte-paroles, Moussa Ag Assarid, sur les antennes de certaines TV ressemblent plutôt à de l’auto-suggestion, pour se donner une contenance devant l’adversité. On en oublierait même certaines initiatives elles aussi contraires au MNLA, tant la pluie de malheurs qui tombe sur le mouvement est drue. L’une des dernières en date est cette pétition signée par des centaines, voire des milliers de Touaregs, qui désavouent le MNLA comme représentant légitime de leur communauté. On peut bien comprendre les signataires d’une telle pétition, car les méfaits des éléments du MNLA ne se limitent au seul Etat du Mali, ni aux communautés non Touareg. Les actions du MNLA pénalisent également la communauté qu’il est d’après lui en train de défendre, les Touaregs.
Non seulement elles influent négativement sur son image, mais il ne faut jamais oublier que, parmi les centaines de milliers d’habitants du Nord-Mali qui ont été contraints à l’exil ou au déplacement intérieur, il y a une bonne partie qui est constituée de Touaregs qui ont fui, entre autres, eux aussi les exactions des narco-jihadistes, ces narco-jihadistes auxquels le MNLA a servi de porte-avion.
Last but not least, sur la liste des 28 personnes suspectées de crimes de guerre, de crimes contre l’humanité ou de trafics de drogues, dressée par le Procureur général, les noms de certains responsables du MNLA occupent une place de choix.
Contrés de toutes parts, les éléments du MNLA, tels des chiens errants, n’hésitent plus à se livrer à ce qu’ils savent le mieux faire, le banditisme, en s’attaquant notamment à de paisibles commerçants arabes dans la localité d’Inhalit, dans la région de Kidal. Ce qui n’a pas manqué de dresser contre eux les représentants armés de cette communauté.
Leur dernière trouvaille? Tisser un partenariat avec la France, dans le cadre de l’Opération Serval, en se posant en alliés indispensables pour la partie française dans la recherche de ses otages, détenus par les narco-jihadistes, en surfant sur leur supposée connaissance du terrain. Mais il est à parier que les Français ne tarderont pas à se rendre compte de la supercherie et de l’inefficacité de leurs encombrants alliés de circonstance, car les massifs de l’Adrar ont beau porter le nom des Ifoghas, les plaisantins du MNLA ne tarderont à y démontrer leur inefficacité, comme ils l’ont jadis fait avec l’ancien Président Nicolas Sarkozy.
Yaya Sidibé
SOURCE: du 7 mar 2013.

JournalDuMali.com: Nord Mali: Le Sadi contre « la gestion extra malienne de la guerre »

JournalDuMali.com: Nord Mali: Le Sadi contre « la gestion extra malienne de la guerre »
Par Moussa CAMARA/ CD - 05/03/2013

Le parti Sadi rompt le silence. Dans un communiqué qui nous est parvenu, le bureau politique livre son appréciation de la situation actuelle du pays. Morceaux choisis.

Dans une lettre datée du lundi 4 mars 2013, le bureau politique du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance(SADI) donne son point de vue sur la situation politique du Mali.

Sur la guerre au nord Mali, il s’insurge contre ce qu’il appelle la relégation de l’armée malienne par la France qui dirige la guerre dans notre pays. « Qui a donné à l’Armée française les« pleins pouvoirs » sur notre sol et délimiter ainsi la progression de notre armée sur son territoire ? », s’interroge avec indignation le bureau politique avant de proposer « que soit mise en place une Commission nationale chargée de coordonner cette guerre et de préparer la paix et la reconstruction politique, sociale et économique de notre pays. Cette Commission sera informée régulièrement sur le niveau d’avancement vers la reconquête nationale. Nous ne pouvons pas laisser des puissances étrangères, fussent-elles nos « libérateurs », planifier seules ou avec leurs «amis » séparatistes cette guerre qui se déroule sur notre territoire».

Non à l'état d'urgence

L’instauration de l’état d’urgence n’est pas du goût du parti et le fait savoir sans fard. « Le Parti SADI s’insurge contre l’imposition de l’état d’urgence comme moyen de museler ceux qui pensent autrement et de bloquer le débat politique contradictoire. Cet état d’urgence est une censure générale, qui selon ses concepteurs, permettra aux forces rétrogrades au pouvoir (ADEMA, le PDES, PARENA et l’URD) de s’approprier les médias d’état pour améliorer leur image et imposer leur vision de la crise malienne et de la guerre actuelle ». Et de renchérir : « Ils passent par ce moyen pour inonder les moyens de communication (radios, télévisions, journaux, sites internet) d’informations inexactes, de diffamations et de contre-vérités afin d’améliorer leur image ternie par leurs accointances, leur voracité financière et politique et leur soutien au régime défunt de Amadou Toumani Touré. Ils continuent à croire que le Peuple est dupe ».

Comme on pouvait s’y attendre, le parti n’a pas manqué de dénoncer l’arrestation de son secrétaire général, Oumar Mariko avant d’appeler le gouvernement malien à mettre les soldats au front dans les conditions idoines de combat.

Mali : la réconciliation n'est pas en vue

Mali : la réconciliation n'est pas en vue

La rébellion du MNLA demande une enquête de la CPI Accusant l’armée malienne de crimes - Liberté Algérie , Quotidien national d'information

La rébellion du MNLA demande une enquête de la CPI Accusant l’armée malienne de crimes - Liberté Algérie , Quotidien national d'information

Les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont annoncé hier qu'ils avaient demandé au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) d'ouvrir une enquête sur “les crimes qui auraient été commis par l'armée malienne”. “Les avocats du MNLA ont demandé au procureur de la CPI d'enquêter sur les crimes qui auraient été commis par l'armée malienne à l'encontre des membres des groupes ethniques peuls, touareg, arabes, et songhaïs dans les environs de Tombouctou, Douentza, Gao, Sévaré, Boni, et Konna”, a indiqué le mouvement dans un communiqué reçu à Paris. “Les soldats (maliens) se sont livrés à des actes de torture, des exécutions sommaires et des disparitions forcées” dans ces villes, a affirmé le MNLA.
Les rebelles touareg dénoncent aussi les “appels à la haine raciale relayés par les sites Internet maliens et la presse pro-gouvernementale”, citant notamment le journal l'Express de Bamako, qui avait publié le 4 février une liste de 31 membres de la direction du MNLA, qualifiés de “traîtres à abattre pour la république”.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), la Gambienne Fatou Bensouda, a mis en garde le 28 janvier le Mali en raison d'allégations concernant des exactions qui auraient été commises par son armée dans le cadre du conflit qui déchire ce pays et elle a demandé une enquête des autorités maliennes sur le sujet. Selon des organisations de défense des droits de l'Homme, des soldats maliens ont commis des exactions contre des personnes accusées d'avoir collaboré avec les islamistes armés, particulièrement au sein de communautés de Maliens à la peau claire, dont les Touareg et les Arabes.
Le procureur de la CPI avait annoncé le 16 janvier avoir ouvert une enquête sur des crimes de guerre présumés commis par divers “groupes armés” depuis janvier 2012 au Mali. Le Mali, qui avait ratifié le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, dès août 2000, avait déféré à la cour la situation sur son territoire “depuis le mois de janvier 2012”. La justice malienne a émis début février des mandats d'arrêt contre les chefs du MNLA, notamment accusés de “terrorisme” et de “sédition”. La rébellion touareg du MNLA avait lancé l'offensive dans le nord du Mali en janvier 2012, avant d'en être ensuite totalement évincée par ses anciens alliés islamistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Lors de cette offensive, des exactions avaient été commises, en particulier à Aguelhok, où une centaine de soldats et de civils maliens sont exécutés : certains sont égorgés, d'autres abattus d'une balle dans la tête. Bamako a alors accusé le MNLA et Aqmi, qui ont pris ensemble la localité le 26 janvier.
Le MNLA, qui contrôle en partie la ville de Kidal, dans l'extrême nord-est malien, où il affirme travailler avec l'armée française, a officiellement renoncé à sa revendication d'indépendance et se dit prêt à négocier avec Bamako.

R. I./Agences

vendredi 1 mars 2013

L'armée française ne confirme pas la mort d'Abou Zeid

L'armée française ne confirme pas la mort d'Abou Zeid

CEDEAO: Deby déclare aux militaires maliens que leur place est au front - maliweb.net

CEDEAO: Deby déclare aux militaires maliens que leur place est au front - maliweb.net

Idriss Déby
Idriss Déby
Yamoussoukro, 27 fév (AIP) – Le chef de l’Etat tchadien, Idriss Deby Itno, invité spécial à la cérémonie d’ouverture de la 42ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), a interpellé les soldats maliens à être au front plutôt que de se mêler de politique.

« La place des soldats maliens est sur le terrain des hostilités dans le nord du Mali, auprès des troupes françaises et tchadiennes au lieu de se mêler de politique en dehors des champs de bataille », a martelé le Président du Tchad. Cependant, il a réaffirmé la détermination de son Etat à accompagner le Mali dans l’éradication du terrorisme dans la région sahélo-sahélienne.
Idriss Déby a suggéré l’envoi, par ailleurs, de troupes dans les zones libérées au Mali afin de consolider les acquis sur le front; la France devant se retirer bientôt, estimant que cela permettra de neutraliser le terrorisme et le narco trafic. « Je demande aux autorités dirigeantes, politiques et la société civile malienne de taire les divergences pour parer le péril en la demeure », a-t-il indiqué en outre.
« Le Tchad a perdu à ce jour 25 soldats et a eu une cinquantaine de blessés au front malien », a rappelé l’invité spécial de la 42ème session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement. M. Déby a plaidé pour une union totale autour des crises maliennes et Bissau-guinéenne, tout en insistant sur celle du Mali.
Outre le président tchadien, ses homologues du Burundi, de la Mauritanie, et le Premier ministre du royaume du Maroc étaient les invités de ce 42ème sommet ordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, indique-t-on.
(AIP)
zgrp/cmas
(AIP)
SOURCE

Mali : guerre invisible dans Kidal, coupée du monde - maliweb.net

Mali : guerre invisible dans Kidal, coupée du monde - maliweb.net

Mali : guerre invisible dans Kidal, coupée du monde

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Un graffiti dans le centre de Kidal. Sur la droite, le drapeau de l'Azawad. | Sylvain Cherkaoui / COSMOS pour Le Monde
Un graffiti dans le centre de Kidal. Sur la droite, le drapeau de l’Azawad. | Sylvain Cherkaoui / COSMOS pour Le Monde
Une belle et grande fleur de mort s’épanouit tout à coup dans la nuit de Kidal. D’abord une grande bulle de lueur dorée au ras du sol, puis une corolle orangesombre, qui monte dans l’obscurité. Quelque chose vient d’exploser. Malgré la proximité, le bruit de la détonation est étouffé, peut-être absorbé par les maisons aux murs de terre crue ou l’air chaud. D’abord, les rebelles touareg du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) qui se trouvent à quelques centaines de mètres en rient un peu : »C’est une bombe atomique, ou quoi ? » Puis ils comprennent qu’une nouvelle explosion vient de frapper Kidal, au nord du Mali, pratiquement coupée du monde mais devenue ville ouverte pour les attentats-suicides. Les hommes du MNLA qui tiennent le poste de contrôle à la sortie sud de Kidal viennent d’être touchés de plein fouet.
Il s’agit d’un nouvel attentat suicide, le second en ville, et le troisième dans la région, enregistré au cours des six derniers jours. Les hommes qui tenaient ce poste ont été fauchés à la fois par l’explosion, les éclats divers, et la projection dans leur direction du bloc moteur du véhicule pulvérisé. En ce début de soirée, ils étaient groupés, occupés à découper une chèvre tout juste égorgée pour le dîner, avant une nuit de veille. Un pick-up est arrivé depuis l’intérieur de Kidal. A une dizaine de mètres des gardes, le kamikaze a actionné le dispositif explosif. Selon une source informée de la sécurité du MNLA, il y avait du TNT dans le Land Cruiser, pas de l’explosif artisanal fabriqué à partir d’engrais.
La tombe commune pour les personnes tuées lors de l'explosion, le 27 février à Kidal. |
La tombe commune pour les personnes tuées lors de l’explosion, le 27 février à Kidal. |
Au petit matin, on enterre à la hâte, dans la même fosse commune, les dépouilles en lambeaux des six hommes du MNLA emportés par l’explosion, et celle du kamikaze. Seuls restent les noms des malheureux hachés par l’explosion, et de rares détails sur le kamikaze. « Il avait les cheveux longs », affirme en hésitant un responsable du MNLA sur place. Maigre indice. Mais cela signale que l’homme était probablement un « peau blanche », selon l’expression en vigueur dans la région. Touareg, ou arabe. Etranger ? Peut-être.


DEPUIS LE 21 FÉVRIER, LES HOMMES TIRENT À VUE
Sur le lieu du drame, des éclats d’obus traînent par terre au milieu de munitions diverses. Ils faisaient partie de la charge explosive. « Du 106 mm », évalue unofficier tchadien venu constater les dégâts, et qui s’en retourne bien vite vers son camp, tout à côté, avant qu’un éventuel autre kamikaze ne tente sa chance au milieu des curieux qui affluent dans le plus grand désordre. Dans le même camp sont basées des forces françaises, invisibles. Le mur d’enceinte n’est qu’à quelques centaines de mètres. A Kidal, rien n’est jamais loin, et cette proximité pèse aussi comme une malédiction. « Ici, il faut se méfier de tout le monde », chuchote un responsable de la sécurité du MNLA.


Le pick-up du kamikaze, le 27 février à Kidal.
Le pick-up du kamikaze, le 27 février à Kidal.
Ce n’est pas depuis la brousse, à l’extérieur de Kidal, que le chauffeur kamikaze a lancé son véhicule pour exploser. Il y a une bonne raison tactique à cela : dès la tombée de la nuit, personne ne se hasarde à approcher d’un poste de garde depuis le premier attentat suicide, le 21 février, sachant que désormais, les hommes tirent à vue.
La voiture bourrée d’explosifs est donc venue de l’intérieur de la ville. Est-ce une raison pour croire, comme ce responsable de la sécurité du MNLA, présent sur les lieux, que « l’attentat a été préparé ici » ? En somme, que les anciens maîtres de la ville, d’Ansar Eddine ou Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) auraient toujours les moyens de frapper en s’organisant depuis la ville abandonnée par leurs hommes fin janvier ?


Sur le lieu de l'explosion.
Sur le lieu de l’explosion.
La préparation de la voiture suicide a pu avoir lieu aussi bien, techniquement, dans Kidal même ou dans l’une des zones contrôlées par les rebelles islamistes, qui sont visés par l’opération menée par l’armée française et ses alliés. Les deux hypothèses sont réalistes. Des candidats au martyre ont été formés pendant les neuf mois au cours desquels les groupes proches d’AQMI ont tenu les villes du Nord. Ces groupes sont désormais dans la nature, comme une bonne partie des combattants du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest), d’Ansar Eddine et des membres des katibas d’AQMI.
UNE VILLE PÉTRIE D’AMBIGUÏTÉ
Certains de ces rebelles sont localisés dans plusieurs zones du pays, dont la région de Taoudenni, dans la brousse entre Ansongo et Ménaka, ou encore dans les environs de Gao. Et même dans certaines régions proches de Tombouctou. Leurs forces seraient aussi concentrées tout particulièrement dans une zone cruciale au nord de Kidal, l’Adrar de Tigharghâr, où la plus importante opération militaire française depuis le déclenchement de « Serval » au Mali, le 11 janvier, est en cours avec l’aide de forces tchadiennes.


Un soldat du MNLA, le 26 février à Kidal.
Un soldat du MNLA, le 26 février à Kidal.
Les kamikazes pourraient donc, en somme, venir de presque partout, sachant qu’il n’est pas difficile de s’infiltrer dans Kidal. « La terre est vaste », soupire le responsable du MNLA. Et les mouvements rebelles islamistes comptent de nombreux soutiens dans une ville au statut pétri d’ambiguïté.
LES FORCES FRANÇAISES ET TCHADIENNES RETRANCHÉES
Depuis le 30 janvier, les forces françaises et tchadiennes se sont déployées à Kidal. Deux jours plus tôt, le MNLA y était entré. Depuis, un équilibre temporaire s’est instauré. Le MNLA patrouille en ville, a installé son administration et ses principaux responsables dans des bâtiments en ville, ainsi qu’au « camp 1″. Les forces françaises et tchadiennes sont au « camp 2″ et évitent de sortir en ville, restant retranchées derrière les hauts murs d’enceinte de leur camp. Tout les y pousse : la volonté de se démarquer du MNLA et la nécessité de se protéger d’attentats-suicides. Les contrôles effectués aux portes de la ville le sont par des soldats du MNLA.


Cette superposition de forces ne donne pas encore la grille de lecture de Kidal : que va devenir le MNLA et quels sont ses objectifs ? Combien de temps l’armée malienne, qui n’a pas dépassé la limite nord de Gao (400 kilomètres plus au sud), peut-elle renoncer à poursuivre la « reconquête du nord » promise par la France en se voyant interdite d’accès à une vaste partie de ce même nord ?

Des soldats du MNLA regardent un téléphone portable, le 27 février à Kidal. |
Des soldats du MNLA regardent un téléphone portable, le 27 février à Kidal. |
Dans son bureau aux murs bleutés, installé dans l’antenne de l’agence pour l’emploi locale, et où trône un drapeau de l’Azawad, la région pour laquelle les rebelles touareg réclament l’autonomie, ou un statut spécial, le chef du MNLA, président du Conseil transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTA), Bilal ag Cherif, tente de minimiser la portée des attentats-suicides. « Il ne s’agit que des derniers recours des terroristes », assure-t-il mercredi 27 février. Le chef du MNLA y voit la volonté de frapper les « forces convergentes pour imposer la paix » que sont « la France, le Tchad et le MNLA ». Il est clair que les auteurs des attentats des derniers jours, dont certains ont été revendiqués par le Mujao, visent ces trois cibles. Il est clair aussi que Kidal n’est pas une zone d’affrontement direct à ce stade des opérations militaires. Mais le passé est moins net en ce qui concerne la séparation entre « terroristes » et « forces de la paix ».


« HASARD »
La ville avait d’abord été prise en mars 2012 par les forces conjointes du MNLA et d’Ansar Eddine, le mouvement d’Iyad ag Ghali, ouvrant la voie à la présence de certains des alliés de ce dernier, qui allaient se révéler si encombrants par la suite : les chefs d’AQMI, qui s’étaient fondus dans le décor en profitant des avancées du MNLA dans le premier temps des conquêtes du nord du Mali, avant de prendregraduellement le contrôle de ces mêmes villes.
Pour la conquête de Kidal, par exemple, le MNLA a attaqué par le Nord, Ansar Eddine et ses alliés par le Sud. Puis, une fois en ville, les tensions ont commencé. Le MNLA a été repoussé par des forces supérieures en nombre, en organisation et en moyens.


Le même scénario s’est joué à Gao et Tombouctou, tombées dans la foulée de Kidal. Partout, le MNLA s’est fait finalement chasser. Aujourd’hui, il réfute avoir été associé à ces groupes que la France traque dans les massifs montagneux du Mali. « On attaquait Gao, le Mujao et Ansar Edine ont attaqué le même jour. C’était l’effet du hasard », affirme, un peu embarrassé, Bilal ag Cherif.


Mais l’opération Serval a aussi eu un effet mécanique sur l’autre mouvement rebelle à forte identité touareg, recrutant plus particulièrement parmi les Ifoghas, Ansar Eddine. Iyad ag Ghali est en fuite, mais une grande partie de ses combattants seraient passés du côté du MNLA lorsque certains responsables politiques de son mouvement, emmenés par Alghabas ag Intallah, ont créé une scission, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), dont on aperçoit quelques combattants en ville.
Bilal ag Cherif, président du Comité transitoire du MLNA.
Bilal ag Cherif, président du Comité transitoire du MLNA.
Bilal ag Cherif, le chef de la rébellion touareg désormais alliée de la France, assure que « 70 % de leur jeunesse (combattants d’Ansar Eddine) ont désormais intégré le MNLA ». « Le MIA n’existe pas » tranche, assez sèchement, Bilal ag Cherif, qui souhaite voir le MNLA reconnu comme une force participante, pas seulement « dans la clandestinité », mais avec un appui sérieux alors que le MNLA manque de tout, à commencer par le carburant.


« COINCÉS »
Qui, de la France, ou du MNLA, tente d’utiliser l’autre ? La question arrache unsourire à Sidi Mohammed ag Saghid, responsable de la sécurité du MNLA : « La France est coincée, et elle nous a coincés. » La particularité de cette situation tient aussi à l’absence d’un acteur de la guerre au Mali : l’armée malienne. Les forces nationales n’ont pas dépassé une certaine ligne au-delà de Gao, Tombouctou, et Ménaka. Un responsable influent du MNLA avertit : « S’ils essaient de venir ici, on leur tire dessus. »
LE MONDE | 28.02.2013 à 11h17Par Jean-Philippe Rémy – Kidal (Mali) Envoyé spécial

Dans les roches de l'Adrar de Tigharghâr, une bataille cruciale est engagée

Dans les roches de l'Adrar de Tigharghâr, une bataille cruciale est engagée
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Le cadavre d'un djihadiste, le 23 février à Gao.
Le cadavre d'un djihadiste, le 23 février à Gao. | AP/STR

Ceux qui ont eu l'occasion de s'y rendre s'accordent sur un point : l'Adrar de Tigharghâr semble avoir été spécialement créé par le dieu des rébellions pour abriter des combattants en guerre contre des forces conventionnelles. Dans le massif rocheux, il coule une eau abondante, qui fait pousser une végétation épaisse, des avantages déjà précieux dans cette région de soif et d'aridité où boire et se cacher sont une affaire de vie ou de mort.

De plus, des rochers y ont judicieusement été creusés par la nature pour fournir de nombreux abris. Historiquement, l'Adrar de Tigharghâr a été un lieu de refuge pour les rébellions touareg combattant l'armée malienne ou la puissance coloniale, la France. Aujourd'hui, c'est dans ce massif que se livre une phase cruciale de l'opération militaire française en cours contre les rebelles islamistes alliés d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).
RÉORGANISATION PARTIELLE DES REBELLES
La première partie de l'intervention française au Mali avait été un défi de logistique et de vitesse, une opération de mouvement de plusieurs semaines pour bousculer les alliés d'AQMI à travers le pays, jusqu'au fleuve Niger et aux villes principales qui se trouvent sur ses berges, de Tombouctou à Gao. Les combats dans cette période ont été marginaux. Les rebelles évitaient l'affrontement, abandonnant les villes après avoir subi des frappes aériennes. Une partie des hommes du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest), d'Ansar Eddine (mouvement qui a éclaté depuis) et de certains de leurs alliés d'AQMI se sont donc dispersés dans plusieurs zones du nord Mali, passant pour certains dans les pays voisins, tout en s'efforçant d'échapper à la surveillance aérienne.
Ils sont parvenus à se réorganiser partiellement, parvenant à monter des attaques à Gao et des attentats-suicides dans plusieurs villes, à partir de poches à l'intérieur du pays, où ils jouent des difficultés et de l'étendue du terrain pour se rendre insaisissables.
ÉCHAPPER AUX DÉTECTIONS THERMIQUES
Comment combattre efficacement des groupuscules en mouvement presque permanent, camouflés dans le paysage, évitant de communiquer autrement que par messagers, de se regrouper pour servir de cible ou de faire chauffer trop de moteurs à la fois pour échapper aux détections thermiques ? Ces tactiques pesaient jusqu'à présent sur le futur de l'opération française Serval, menacée de dilution à l'échelle d'un territoire plus vaste que l'Hexagone. Mais l'Adrar de Tigharghâr a peut-être servi de capitale informelle à cette armée des ombres islamistes. C'est là que se joue la seconde phase, cruciale, de la guerre au Mali, menée par des troupes françaises et tchadiennes, avec l'aide de certains Touareg.
Des soldats maliens observent des armes saisies sur des djihadistes, le 24 février à Gao.
Des soldats maliens observent des armes saisies sur des djihadistes, le 24 février à Gao. | AP/STR

Pour Bilal ag Cherif, le chef de la rébellion touareg du MNLA, (Mouvement national de libération de l'Azawad), associée discrètement à l'alliance franco-tchadienne qui mène les combats dans le massif : "Il y a de nombreuses zones où se trouve AQMI, jusqu'à l'ouest de Tombouctou, mais Tigharghâr, c'est leur point d'ancrage. C'est là que se trouve le gros de leurs forces, humaines comme matérielles. Le combat en cours y est d'une importance capitale."
PLATEFORME POUR DES OPÉRATIONS KAMIKAZES
Des combattants semblent avoir trouvé refuge dans le massif, où avaient été constitués des stocks de munitions, de vivres et de carburant en prévision d'une longue période de guerre de harcèlement. La zone, considérée comme inexpugnable, aurait pu constituer une parfaite plateforme de lancement pour des opérations kamikazes ou des attaques éclairs dans le nord du pays. Les forces françaises y sont désormais en opération avec des moyens terrestres et aériens au sujet desquels il n'existe pratiquement aucune information. Pour faire nombre et bloquer les issues du massif, les alliés tchadiens sont là en renfort. Aucun soldat malien n'a été associé à l'opération.
Un notable d'Aguelhok, de passage à Kidal, témoigne de l'importance des opérations en cours : "Il y a les troupes françaises et tchadiennes au sol, mais aussi beaucoup de frappes de Tigre ". Il explique que les forces tchadiennes sont entrées par deux axes différents dans le massif, pour prendre en tenaille les groupes rebelles. La taille de la zone où ces derniers opèrent aurait ainsi été diminuée par deux au cours des deux dernières semaines. "Les opérations, maintenant, c'est à peu près dans une zone de trente kilomètres sur trente", assure un responsable au sein des organes de sécurité du MNLA, très impliqué dans ce dossier. Selon le notable d'Aguelhoc, deux camps d'entraînement du Mujao ont été touchés par des frappes aériennes récemment. Plusieurs dizaines de recrues des environs de Gao y ont été tuées.
Le corps d'un djihadiste présumé, le 23 février à Gao.
Le corps d'un djihadiste présumé, le 23 février à Gao. | AP/STR

Dans les combats des derniers jours, les forces tchadiennes ont été au premier rang. Eux qui aiment tant les charges héroïques pied au plancher en milieu découvert, qu'ils appellent "la guerre au Sahara", menée à bord de leurs pick-up chargés jusqu'à la gueule de guerriers, de fûts d'essence et de munitions, tirant au RPG à bout portant sur l'ennemi, les voici dans un milieu qui s'est transformé en piège le 22 février. Sidi Mohammed ag Saghid, dit "Trois Trois", chef de la sécurité du MNLA, explique : "Les Tchadiens avançaient avec une grosse colonne de 200 véhicules environ. Ils sont tombés dans une embuscade et la colonne a été coupée en deux. Mais ensuite, ils ont lancé leur propre attaque et ils ont durement frappé les islamistes".
Dans l'Adrar de Tighargâr, le renseignement joue un rôle clef. Les frappes aériennes françaises visent des dépôts, des abris ou des camps grâce à des informations précises recueillies au sol. Il y a quelques jours, un jeune garçon d'Aguelhok, la ville la plus proche, qui posait des dispositifs de pointage pour les frappes aériennes françaises, a été surpris par les rebelles islamistes et exécuté, selon le responsable de l'administration locale qui dit sa crainte en entendant les détonations sourdes dans le massif voisin, tout en reconnaissant que les tirs "s'éloignent". Tigharghâr est-il en train de constituer une nasse rocheuse, finalement, où serait enfermé le plus gros des forces rebelles islamistes ? Aucun témoin extérieur n'a pu approcher de la zone pour s'en rendre compte. Cette bataille cruciale se livre loin des regards.
EXFLITRATION
On ne peut donc qu'ébaucher l'hypothèse qu'un tri est en train de s'effectuer entre les mieux organisés des combattants, capables de se faufiler vers l'extérieur, et les recrues moins affûtées. Une source locale bien informée, qui vient de passer quelques jours en brousse dans les abords de l'Adrar, témoigne : "La nuit, on entend des petits groupes de trois à cinq pick-up qui avancent, tous feux éteints, pour sortir des rochers et prendre la direction de l'Algérie ou de Taoudenni".
Il existe des zones rebelles près de Gao, près d'Ansongo. Mais pour les forces qui quittent Tighargâr, c'est vers les zones arides du nord, où la chaleur qui monte de jour en jour rendra bientôt la vie et les opérations militaires particulièrement difficiles, qu'il est possible à des combattants isolés de s'exfiltrer. Cela revient pour eux à gagner des zones encore plus lointaines pour survivre. Cela ne règle pas le cas d'autres poches rebelles au Mali, mais cela pourrait casser une partie de l'architecture de la guérilla au nord Mali.