vendredi 4 janvier 2013

Mali – La « plateforme politique » d’Ansar Dine remise au médiateur Compaoré - maliweb.net

Mali – La « plateforme politique » d’Ansar Dine remise au médiateur Compaoré - maliweb.net

Mali – La « plateforme politique » d’Ansar Dine remise au médiateur Compaoré

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Djibril Bassolé, ministre burkinabè des Affaires étrangères (c) et Algabass Ag Intalla , le chef de la délégation d’Ansar Dine (d), après la rencontre à Ouagadougou, le 6 novembre 2012.
« AU NOM D’ALLAH, LE TOUT MISERICORDIEUX, LE TRES MISERICORDIEUX » ANSAR EDDINE : PLATEFORME POLITIQUE Avant-propos : « Ceux qui, si nous leur donnons la puissance sur terre accomplissent la salat, acquittent la zakat, ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Cependant l’issue finale de toute chose appartient à Allah » sourate le Pèlerinage, verset 41.
Depuis que le colonisateur a octroyé son indépendance au Soudan français rebaptisé « Mali » pour la circonstance, l’Azawad a toujours été une zone grise habitée par des citoyens de seconde zone et dont le lancinant triste sort n’a jamais cessé d’être méprisé par les pouvoirs fascisants qui se sont succédé à Bamako. De nombreuses révoltes ont ainsi épisodiquement éclaté.
Elles ont été toutes mâtées impitoyablement dans le sang. Suite à la stupeur que la gestion barbare de ces insurrections à chaque fois provoqué, plusieurs accords ont été conclus sous la pression et l’égide de la communauté internationale pour tenter d’apporter une réponse adéquate à la question récurrente de l’Azawad mais, la mauvaise foi manifeste des autorités maliennes, n’a malheureusement pas permis d’aboutir encore à des avancées significatives sur le sujet.
Le régime récent d’ATT s’est montré le plus pernicieux de tous. En effet, fort des conseils perfides de certains de ses sbires généralement ressortissants du Nord, il a concocté un projet diabolique visant l’autodestruction totale de la société arabo-touarègue du Mali. Il a créé des rivalités à mort entre les grandes tribus, entre les Kel Tamacheq noirs et blancs, entre arabophones et berbérophones, entre arabes et kountas, etc. Ses séides attisaient continuellement la flamme de la discorde et distribuaient publiquement armes et argent aux camps qu’ils instrumentalisaient et ne manquaient aucune occasion pour précipiter la région dans le chaos.
Les groupes qui pensaient être dans ses grâces ne se doutaient pas que le plan machiavélique qu’ils contribuaient ainsi à mettre placidement en œuvre avait prévu de les occire eux aussi, à leur tour, le moment venu. Il était évident que pour prolonger abusivement son mandat, ATT avait sciemment décidé d’embraser le pays pour rendre impossible la tenue d’une quelconque consultation électorale.
Il croyait donc faire d’une pierre deux coups : compromettre l’organisation du scrutin présidentiel et éradiquer définitivement le « fléau » de l’irrédentisme touareg. C’est donc par légitime instinct de conservation que les populations du Nord se sont à nouveau soulevées à partir du 17 janvier 2012 pour combattre avec l’énergie du désespoir cet acharnement aux allures génocidaires. Et aujourd’hui, elles sont convaincues d’une chose : ne plus avoir aucun avenir dans le cadre de l’Etat unitaire du Mali, plus nombriliste que jamais.
C’est aussi dans la foulée de ces évènements qu’est née l’organisation Ansar Eddine pour qui l’observance stricte de la loi islamique sur tout le territoire de l’Azawad est un impératif non négociable. C’est pourquoi le Mali, pour une sortie durable de la crise, doit absolument opérer un choix non équivoque entre préserver son intégrité et vivre sa laïcité.
Sauver les deux à la fois est hors de question pour Ansar Eddine car l’islam interdit formellement à un pays musulman de s’organiser en dehors des règles qui en découle. La question de l’Azawad : Les populations – surtout nomades – de l’Azawad ont toujours végété dans le dénuement, l’exclusion, les brimades et les exactions de toutes sortes. La communauté internationale n’a cependant pas cessé de se montrer sensible à cette détresse et d’apporter une aide multiforme au gouvernement du Mali en vue de l’atténuer.
Malheureusement, cet élan de générosité n’a aucunement profité à ses destinataires désignés. Les fonds conséquents qu’il a mobilisés au fil des décennies ont, pour l’essentiel, servi plutôt à abonder les comptes numérotés des princes du jour qui trônent à Bamako. Le monde entier doit aujourd’hui prendre conscience de la vérité axiomatique suivante pour se faire une idée du désarroi chronique dans lequel croupissent les populations de l’Azawad : c’est dans les camps des réfugiés qu’elles ont connu les meilleures conditions de leur existence depuis 52 ans.
En effet, c’est là qu’elles ont mangé à leur faim, qu’elles ont eu accès à l’école, à l’eau potable, aux médicaments essentiels, à la sécurité, à un semblant de dignité… Incroyable mais vrai ! C’est dire que les réalités infernales de l’exil sont un luxe pour ces populations comparativement à l’affreux train de vie qui est leur lot quotidien dans leurs terroirs habituels. Depuis le retrait de la France coloniale de cette région, la méthode cynique des gouvernements de Bamako a consisté dans la propulsion de 02 ou 03 arabo-touaregs à des postes importants pour faire croire à l’opinion internationale que la communauté est bien intégrée.
Et généralement ces pantins jouent parfaitement leur rôle : ils enroulent autour de leurs têtes des chèches kilométriques pour rendre ostensible leur vénale « targuité » et ne manquent aucune tribune pour répéter à l’envi que leurs congénères, au lieu d’être rejetés, sont plutôt « les enfants gâtés de la République ». Pendant ce temps : – De pauvres bergers sont sommairement exécutés rien qu’à cause de leur appartenance ethnique ; – Des enfants meurent comme des mouches suite à des épidémies facilement évitables ; – Des mères trépassent en donnant la vie faute de maternités ; – Des familles entières ne survivent que grâce à la cueillette, au racolage, à la mendicité et à l’aide étrangère ; – L’eau infecte des mares et puisards fait des ravages irréparables, etc.
Pendant ce temps aussi : – Des touristes éberlués viennent tous les jours se délecter sadiquement de l’agonie d’un peuple en voie de disparition ; – Des chinois, australiens, européens, etc débarquent tous les matins avec une armada impressionnante de moyens pour prospecter les ressources naturelles de la région sans que ses malheureux autochtones en espèrent la moindre retombée parce que le pactole est resté entièrement à Bamako ; – Des administrateurs véreux et dépaysés exigent arrogamment de leurs usagers de ne s’adresser à eux qu’en langue « bambara », etc.
Bref, après plus d’un demi-siècle de citoyenneté théorique malienne, les communautés de l’Azawad n’ont connu que désolation, frustrations, injustice, répression aveugle et rejet systématique. Aujourd’hui, elles revendiquent irréversiblement leur droit inaliénable à prendre en main leur destinée manifestement en péril à tous égards. L’autonomie de l’Azawad, une revendication légitime : Vers la fin de l’occupation coloniale du Soudan français, les autorités métropolitaines ont perçu la nécessité d’en détacher la partie saharienne afin de mieux l’administrer en tenant plus compte de son excentricité et de ses nombreux particularismes.
Une loi a même été votée par l’Assemblée Nationale française en 1957 pour consacrer ce statut. Cependant, malgré une pétition dans ce sens adressée au Général De Gaule par plus de 300 notables du milieu, ce projet a été torpillé par une poignée de chefs de tribus trop inféodés au parti indépendantiste US-RDA. C’est la myopie politique de ces leaders qui est la principale cause de l’enlisement actuel de la question de l’Azawad. Certains ténors de cette impardonnable politique de l’autruche sont encore vivants et ont aujourd’hui admis leur erreur historique monumentale. Si c’était à refaire, ils auraient sûrement adopté une position diamétralement opposée…
L’Azawad couvre la portion du territoire de l’ex-soudan français, contrôlée par les touaregs et alliés, au moment de la pénétration coloniale. Il correspond approximativement aux trois provinces actuelles du Nord du Mali. L’histoire de cette région a toujours fait l’objet d’une littérature tronquée et fallacieuse de la part des chroniqueurs maliens. Ces derniers oublient impudemment une chose : tout comme l’Azawad, le Mali dans ses limites actuelles n’a jamais été avant la colonisation une entité politique homogène. Ceux qui ont proclamé l’indépendance du Soudan français ont donné à ce dernier le nom « Mali » en référence à un fabuleux Etat du moyen-âge (dont les frontières les plus fantaisistes n’ont jamais franchi la boucle du Niger), à l’instar de la Gold Coast qui a accédé à la souveraineté sous l’appellation « Ghana ».
Il y a donc lieu de se méfier de l’historiographie tendancieuse en vogue au Mali si on veut cerner objectivement la problématique de l’Azawad. Les épopées épicées, les panégyriques des griots, les chants des cantatrices, etc ne sauraient avoir la moindre valeur scientifique : légendes de Soundiata Keita né infirme et qui se lève subitement pour arracher tout un baobab, du serpent du Ouagadou-bida, de la disparition mystérieuse de Soumangrou Kanté, etc. C’est de ce genre d’histoires que les maliens ne cessent de s’enivrer pour se donner une gloire et une grandeur absolument imaginaires.
Pour rétablir la vérité des faits historiques, il importe d’éviter de se perdre dans les méandres d’un passé lointain et insondable, faute de tout support écrit. Il faut se contenter des temps modernes et faire, par exemple, parler les archives coloniales. Qui dominait effectivement l’espace que ses ressortissants appellent Azawad avant sa conquête par la France ? Que disent les récits des explorateurs, les notes des officiers et médecins de troupe, les rapports des premiers administrateurs et magistrats coloniaux ? Tout le reste n’est qu’affabulations et vue de l’esprit. L’honnêteté commande de se plier au verdict de l’histoire et en tirer toutes les conséquences de droit plutôt que de chercher obstinément à galvauder le passé par des écrits volontairement apocryphes.
Les populations qui se battent aujourd’hui pour un Azawad musulman et libre tiennent à ce territoire plus qu’à la prunelle de leurs yeux. Elles l’ont intrépidement défendu toutes les fois qu’il a été agressé. L’envahisseur français peut en témoigner, lui qui a perdu de vaillants colonels et nombre de leurs hommes dans des batailles sanglantes contre les touaregs, lorsque vers la fin du 19ème siècle il a cru pouvoir l’occuper sans coup férir. C’est pourquoi, après la longue et douloureuse parenthèse qui s’est ouverte à partir de la colonisation, les populations de l’Azawad exigent que ce territoire pour lequel elles ont versé tant de sang leur soit enfin véritablement restitué.
Elles sont d’ores et déjà péremptoirement convaincues que si elles ne se démarquent pas à temps de l’Etat jacobin du Mali, elles s’acheminent inexorablement vers un déclin brutal. En plus de leur mal développement à corriger, elles ont des croyances religieuses fortes, une identité propre ainsi qu’une culture millénaire à préserver. Tout cela ne fait que péricliter sous leurs yeux. L’Etat du Mali est lui-même en faillite sur tous les plans. Il est miné par la corruption, le mensonge, la cleptomanie de ses élites, la lubricité de ses mœurs, etc.
Aussi, l’Azawad souhaite-t-il se mettre en marge de cette chienlit pour tenter de sauver sa société de la dérive et ce, par la mise en place sans plus tarder d’une gouvernance vertueuse, respectueuse de son histoire et de ses valeurs. Il faut se rappeler qu’il y a longtemps que Paul Valery a prévenu et démontré que les « civilisations sont mortelles » ; celle de l’Azawad est déjà moribonde et, au risque de la perdre, il urge de la soigner pendant qu’il est encore temps. Par ailleurs, il faut également rappeler que depuis l’indépendance du Mali et le déclenchement de la première insurrection dans l’Adrar des Iforas seulement trois années plus tard, tout aura été tenté pour que l’Azawad trouve véritablement sa place dans l’architecture sociopolitique et institutionnelle de cet Etat.
Au lieu de cela, des crimes abominables n’ont cessé d’être perpétrés contre les communautés arabo-touarègues sans qu’il soit possible pour elles d’espérer un jour que justice soit faite. Ce n’est qu’au début des années 1990, alertée par la cruauté avec laquelle l’Armée malienne a fait face à la résurgence du problème, que la communauté internationale a commencé timidement à se préoccuper de la question.
Et suite à cette légère implication une panoplie d’accords ont été signés mais qui sont malheureusement en grande partie restés lettre morte faute de réelle volonté politique de la part du gouvernement malien : accords de Tamarasset en 1991, Pacte National en 1992, Accords d’Alger en 2006, etc. Pourtant, la rébellion de 1990 a été incontestablement le détonateur de la révolution malienne de mars 1991 qui a renversé le régime dictatorial du Général Moussa Traoré.
Les Mouvements armés qui la portaient, malgré quelques dissidences dans leurs rangs hostiles à tout rapprochement avec Bamako, avaient joué franchement la carte de la préservation de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale du Mali.
Pendant que l’Armée malienne massacrait aveuglément des populations civiles innocentes uniquement à cause de la couleur de leur peau, ils ont accepté de participer à tous les grands chantiers de la reconstruction du pays. Leurs délégués ont pris part à la Conférence Nationale ainsi qu’au cycle de négociations (Mopti, Ségou, El Golea I, El Golea II, etc) qui a abouti à la signature du Pacte National dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle d’avril 1992. Sur le terrain aussi, les combattants des MFUA (Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad) ont œuvré farouchement, en tandem avec l’Armée malienne, à la pacification des zones demeurées en proie à des troubles résiduels.
Cependant, dès que la situation s’est stabilisée, le Gouvernement malien a rangé dans les tiroirs l’essentiel des engagements auxquels il a souscrit. Le Statut Particulier du Nord du Mali et la Commission d’enquêtes sur les atrocités commises pourtant expressément prévus dans le Pacte National ont été renvoyés aux calendes grecques, l’aide internationale – au lieu de prendre le chemin de l’Azawad – a servi à construire ce qu’il convient d’appeler « les gratte-ciel de la rébellion » après « les villas de la sécheresse » de 1973, les cadres et combattants issus des MFUA qui ont intégré l’Armée et l’Administration nationales ont toujours été traités en parias et regardés comme de dangereux corps étrangers à surveiller de près, des leaders fantoches sont bien souvent imposés aux populations par le biais d’élections truquées, les valeurs qui fondent l’identité des populations locales sont reniées et bafouées, une Justice aux ordres ne cessent d’accumuler spoliations et frustrations explosives, etc.
Aussi, au lieu de se retirer comme stipulé dans tous les accords susmentionnés, l’Armée n’a cessé surtout ces dernières années de s’y redéployer en multipliant ses effectifs et ses casernements. C’est tout le sens du Programme dit « PSPSDN » financé à coup de milliards par l’Union Européenne, cette même Union Européenne qui est encore aujourd’hui au chevet de l’Armée malienne en vue de renforcer ses capacités pour détruire ce qui reste de l’Azawad et de ses habitants.
Il ressort de tout cela que toutes les tentatives de greffer l’Azawad au reste du corps social malien se sont soldées par un rejet sans appel et qu’il est impérieux de lui accorder une autonomie à la mesure de ses attentes légitimes. Quid de Ansar Eddine ? Ansar Eddine (AE) est un mouvement politico-militaire composé de maliens majoritairement ressortissants de l’Azawad et qui prône une application conforme des commandements et préceptes islamiques.
Il compatit au sort de tous les musulmans du monde qui sont persécutés à cause de leur croyance religieuse ou qui consentent des sacrifices énormes pour fortifier et étendre la foi en Allah. Il privilégie la lutte politique pacifique pour aboutir à ses objectifs. Il condamne le terrorisme sous toutes ses formes et considère que le recours à la force doit toujours être un regrettable pis-aller.
C’est pourquoi, face à la duplicité belliqueuse du régime de Bamako, il n’a eu d’autre choix que d’engager des actions armées d’envergure pour libérer l’Azawad des forces d’occupation qui l’accablait. Par la grâce d’Allah, il a mené cette guerre aussi promptement et proprement que possible : les civils ont été méticuleusement épargnés et tous les militaires qui sont tombés l’ont été exclusivement au cours des violents affrontements qui sont malheureusement intervenus. De centaines de combattants ennemis ont été capturés.
Ils ont été dignement traités et rendus à leurs familles sans aucune condition ni contrepartie. Ainsi, le Mouvement AE dispose d’une Armée de moudjahidines aguerris, pétris des valeurs d’humanisme mais déterminés à défendre par le fer et le feu l’Azawad et sa religion contre toute nouvelle forme d’agression, d’où qu’elle vienne. Pour AE, le « vouloir vivre ensemble des populations du Nord et du sud du Mali » s’est avérée très difficile.
Il est grand temps de le reconnaitre et d’y mettre fin d’un commun accord. La perte totale de repères et le délitement sans précédent des valeurs actuellement perceptible au Sud, doublé du rejet dont font l’objet les minorités du Nord ont fini par persuader AE de la nécessité pour ces dernières de faire enfin « chambre à part ». Bamako et certaines grandes autres agglomérations du sud du Mali sont, en effet, par les temps qui courent devenus pires que les cités antiques de Sodome et Gomorrhe.
Le crime, le vice et la débauche y sont légion. L’argent du contribuable et des donateurs, lorsqu’il n’est pas crapuleusement détourné, ne sert plus pratiquement qu’à combattre le sida et d’autres maladies du même acabit. Les vrais musulmans sont martyrisés, les faux ne prient que de façade, ignorent leur zakat, déshéritent et maltraitent des orphelins…Les bars dits « chinois », hauts lieux de la prostitution et d’un alcoolisme débridé, prolifèrent sans que personne ne trouve à y redire. De dangereux malfrats, assurés d’avance de l’impunité, sèment mort et terreur. La toxicomanie et le trafic lucratif des stupéfiants gagnent la jeunesse et gangrènent les cercles politiques les plus en vue.
Tout se règle par l’affairisme, le népotisme et la prévarication. Les services de la Justice écrasent sans remords les faibles et magnifient sans vergogne les puissants. Sait-on seulement que c’était à Bamako que la première rencontre des homosexuels africains a eu lieu et que c’est là aussi qu’un réseau de production de films pornographiques mettant en scène des maliennes qui s’accouplent à des chiens avait été récemment mis à nu ? Sans commentaire ! Pour AE, l’Azawad déjà malheureusement affecté doit s’éloigner d’une telle décadence morale et une application assez rigoriste de la loi islamique sera pour lui la seule voie du salut. Aussi, il est hors de question de récuser les châtiments qu’Allah lui-même a prescrits dans le saint coran.
On peut rallonger les procédures ou différer tant que possible l’exécution des sentences prononcées mais sans jamais se hasarder à les remettre en cause. On sait, par exemple, que les lois de nombreux pays modernes prévoient la peine capitale pour réprimer certains crimes odieux. Cependant, les condamnés à ce supplice restent généralement dans le couloir de la mort jusqu’à la fin naturelle de leurs jours. De la même manière en droit musulman, de nombreux garde-fous existent pour que les prévenus soient mis à l’abri d’erreurs judiciaires fatales ou de punitions injustes. En effet, le prophète lui-même commande dans un hadith authentique d’épargner aux justiciables toute peine corporelle tant que le moindre doute subsiste sur la véracité des charges qui pèsent sur eux : « n’infligez aucun châtiment non basé sur des preuves irréfutables ».
AE défend donc le retour aux sources authentiques de l’islam mais s’engage à rester collé à l’air du temps notamment dans la mise en œuvre de certaines dispositions de la législation pénale islamique. Encore une fois, pour AE, c’est seulement par une application stricte et raisonnable de la charia que l’Azawad peut sortir la tête haute de l’ornière. Lorsque le minuscule Etat de Zamfara au Nigéria a décidé à la fin des années 1990 de se soumettre à la loi islamique, l’amélioration du bien être de ses habitants ne s’est pas fait attendre. Avant, c’était la corruption endémique, la criminalité organisée, la fragilité extrême des institutions étatiques. En un rien de temps, le droit, la sécurité, le développement et la transparence ont repris le dessus.
Les investisseurs nationaux et étrangers se sont rués vers ce nouvel eldorado. De grands travaux ont pu y être très vite réalisés et le chômage y a grandement reculé. Ce territoire est rapidement devenu une vitrine du Nigéria et d’autres n’ont pas tardé à l’imiter. Par conséquent, AE ambitionne d’instaurer la charia sur toute l’étendue de l’Azawad. Contrairement aux informations mensongères généralement relayées par des médias occidentaux, les populations de cet espace la réclament également à cor et à cri. On ne peut, en effet, pas être musulman et fouler aux pieds les prescriptions coraniques. C’est seulement dans un tel cadre stable, apaisé et juste que la communauté internationale en général et la « ouma » islamique en particulier seront à même de l’aider à connaitre enfin des moments de prospérité et de rayonnement.
Il faut remarquer que c’est seulement depuis quelques mois qu’AE contrôle partiellement l’Azawad. Pourtant, les progrès en matière de sécurité, de stabilité et même de bien-être des populations sont déjà manifestement perceptibles. Les citoyens vaquent à leurs occupations sans aucune contrainte autre que celles qu’impose le respect des règles intangibles de leur religion. En dépit de l’état de guerre qui prévaut, les principaux services de base sont assurés à moindres coûts (eau, électricité, santé, etc.) et même le panier de la ménagère se porte mieux avec la baisse sensible des prix des produits de première nécessité consécutive à la suppression des taxes et autres prébendes qui en renchérissaient avant les coûts de revient. Les organisations humanitaires qui souhaitent assister les couches défavorisées ne rencontrent aucun obstacle pour cela.
Des couloirs sécurisés sont, chaque fois qu’elles en expriment le besoin, mis à leur disposition pour atteindre leurs cibles. Les campagnes agricoles se déroulent sans que les paysans ne soient écrasés par de lourdes redevances et les parcours pastoraux sont exploités par les éleveurs locaux ou transhumants sans qu’on ne déplore la moindre rixe entre eux. Tout cela réconforte fortement AE dans sa conviction inébranlable que l’Islam est paix, justice et développement et que sa pratique fidèle est la seule clé qui peut ouvrir des perspectives radieuses pour l’Azawad. La communauté internationale et les maliens ne doivent pas se laisser dérouter par les clichés et stéréotypes que l’Occident et ses réseaux tentaculaires ont un malin plaisir à véhiculer sur les valeurs musulmanes. Elle n’est pas un monstre qui ne sait qu’amputer, flageller ou tuer.
En quelques mois, elle a appréhendé des centaines de meurtriers, de coupeurs de route, de violeurs, de voleurs, de couples adultérins, de toxicomanes, d’alcooliques, etc. Tous ces faits délictueux ont toujours été traités au cas par cas professionnellement et avec discernement par des cadis compétents, probes et profondément humanistes. Ceux qui ont été élargis ne l’ont pas été parce qu’ils ont payé des dessous de table et les très rares cas qui ont été sévèrement sanctionnés l’ont été uniquement parce que la charia, à cause de la gravité de leurs fautes, n’a pas prévu la moindre échappatoire pour eux.
En tout état de cause, AE reste persuadé qu’une société sans foi et sans justice est condamnée à une déchéance certaine dans ce monde comme dans l’autre et que, exiger de vivre librement sa croyance religieuse, est pour tout musulman digne de ce nom à la fois un droit absolu et un devoir sacré. Le saint coran stipule en effet : « ô les croyants ! Entrez en plein dans l’Islam, et ne suivez point les pas du diable, car il est certes pour vous un ennemi déclaré » sourate la vache, verset 208.
Quel statut pour l’Azawad ? Les populations arabo-touarègues et alliés du Sahara central ont été écartelées par les découpages arbitraires de la colonisation entre plusieurs Etats modernes : Algérie, Mauritanie, Niger, Libye, Burkina Faso et Mali. Mais, c’est surtout dans ce dernier pays que leur intégration au reste majoritaire de l’ensemble national s’est soldée irrémédiablement par un échec patent. Dès 1963, des crises dramatiques à répétition ont surgi et dont l’ampleur est allée crescendo jusqu’aux derniers événements de 2012. Et tout laisse croire que ce choc ultime a été celui de la rupture.
Après quelques tragiques batailles, la soldatesque malienne a fui précipitamment l’Azawad et les fonctionnaires civils lui ont immédiatement emboité le pas dans une sorte de sauve-qui-peut frénétique. C’est plus le manque d’attachement à cette terre, qu’ils considèrent en fait comme étrangère, que la peur bleue de la mort qui a poussé ces bidasses à s’esquiver de la sorte.
Cette thèse a d’ailleurs été prouvée très vite puisque quelques jours après leur débandade, ils se sont engagés dans des combats fratricides féroces à l’occasion du putsch et du contre-putsch respectivement en mars et avril 2012. Il apparait ainsi clairement que les soldats maliens ne sont enfin plus prêts à mourir bêtement pour défendre ce « bled perdu » contre ses propres fils décidés plus que jamais à en découdre.
Ainsi, la quasi-totalité de l’Azawad est aujourd’hui contrôlée militairement par des moudjahidines locaux soucieux naturellement plus que quiconque de sa sécurité, de sa stabilité et de son plein épanouissement. L’objectif d’AE est donc d’ériger ce vaste territoire en Région Autonome viable, dynamique, compétitive et attrayante. Pour AE, une simple sécession est, pour le règlement définitif de la question de l’Azawad, la solution que ses propres ressortissants ne se sont à aucun moment lassés de revendiquer depuis leur phagocytose forcée dans le jeune Etat du Mali en 1960.
Après tout, le Soudan britannique a fini par se disloquer sous le poids de ses irréductibles contradictions, pourquoi pas le Soudan français ? Pour AE, le Mali et l’Azawad doivent « divorcer » par « consentement mutuel » afin d’épargner aux générations futures les traumatismes consécutifs aux effroyables scènes de ménage que leurs ainés issus de ce mariage putatif ont permanemment enduré. Cependant, devant l’intransigeance de la communauté internationale fermement hostile à toute partition du Mali et surtout face à l’insistance des médiateurs, AE propose – comme il est de coutume pour les couples en difficulté – d’aller d’abord à l’étape de la « séparation de corps » pour que chaque entité se refasse les idées et se réconcilie véritablement avec elle-même.
Mais avant toute chose, il faut que le caractère islamique de l’Etat du Mali soit proclamé solennellement dans la constitution. En effet, le peuple malien est musulman à plus de 95%, il ne saurait donc être aberrant de revendiquer un tel statut pour la forme de son gouvernement. Le Saint Coran stipule dans la sourate la consultation, verset : « Il vous a légiféré en matière de religion, ce qu’Il avait enjoint en Noé, ce que Nous t’avons révélé, ainsi que ce que Nous avons enjoint à Abraham, à Moïse et à Jésus : « Etablissez la religion ; et n’en faites pas un sujet de divisions » » .
Partant, il faut accorder à l’Azawad une large autonomie dans le cadre d’un Etat refondé du Mali se démarquant sans ambiguïté de la laïcité, moins interventionniste et plus respectueux des différences. Ainsi, l’Azawad mettra librement en place les institutions qui correspondent aux aspirations profondes de ses citoyens. Un Conseil largement représentatif déterminera souverainement le mode de gouvernance administrative et de distribution de la justice le plus approprié. Bien entendu, AE milite activement pour que les commandements et enseignements de l’islam soient l’unique référence de la constitution et des lois locales qui seront adoptées.
En attendant, la charia sera la norme fondamentale qui régira la vie politique, sociale, culturelle et économique ; les forces militaires d’AE assureront l’ordre, la sécurité et la défense de la région. Ses combattants feront office de sentinelles infatigables pour préserver les acquis et formeront le noyau dur de la future Armée Nationale de l’Azawad. Beaucoup d’expériences de ce genre ont déjà été explorées, souvent avec succès, sous la bannière de la communauté internationale, afin d’aider des minorités menacées d’extinction à s’exprimer décemment et à s’épanouir à l’intérieur des grands Etats qui les abritent.
Aussi, après avoir passé en revue les cas les plus saillants, la Région Autonome du Kurdistan irakien est, pour AE le modèle le plus proche de la construction politique qu’il préconise pour l’Azawad. Pour lui, conférer un tel statut à l’Azawad est la voie minimale acceptable pour sauver l’unité territoriale du Mali. Dès que cette autonomie sera officiellement reconnue, AE s’engage à faire tout ce qui est en son pouvoir pour que la paix, la stabilité, la sécurité et la justice règnent sur toute cette vaste enclave dont il aura désormais de jure la responsabilité à titre principal.
Aucun étranger, autorisé à fouler le sol de l’Azawad et respectueux de ses lois n’y sera plus inquiété, un cadre particulièrement propice à l’investissement sera créé et les criminels de grand chemin, barons du narcotrafic, qui écument cet espace depuis des lustres avec la complicité flagrante de l’Etat du Mali, seront pourchassés et traqués sans ménagement.
ANSAR EDDINE
ansaraddine.be

Mali : l’Algérie négocie un accord de paix avec les arabes de l’Azaouad - maliweb.net

Mali : l’Algérie négocie un accord de paix avec les arabes de l’Azaouad - maliweb.net

Mali : l’Algérie négocie un accord de paix avec les arabes de l’Azaouad

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Les gens de l’Azawad et la Mauritanie partagent une longue histoire commune, affirment les chercheurs
La diplomatie algérienne s’active sur la scène internationale et tente de dénouer la crise malienne. Et cette fois-ci, elle a engagé des négociations avec le Front Arabe pour la libération de l’Azaouad (FNLA). Les représentants de ce mouvement qui défend les droits et les intérêts des tribus arabes vivant au nord du Mali se trouvent en ce moment à Alger pour discuter d’un éventuel accord de paix qui évitera à la région de nouvelles violences.
« Nous sommes à Alger depuis une semaine, à l’invitation du gouvernement, pour de nouvelles négociations destinées à parvenir à un accord similaire à celui du 21 décembre entre Ansar al-Din et le MNLA, pour mettre un terme aux hostilités au Mali et tenter d’y renforcer la sécurité », a confirmé, vendredi, à ce sujet Mohamed Mouloud Ramadhan, le porte-parole du FNLA, dans une déclaration faite au correspondant à Nouakchott, Mauritanie, du site maghrébin Magharebia. Selon cette source, ce mouvement qui regroupe les Arabes du nord du Mali, cherche à garantir son « droit légitime en tant que mouvement local présent dans le nord du Mali renonçant à la violence, rejetant toute alliance avec des groupes terroristes locaux, et luttant contre le trafic de stupéfiants et le chaos ».
D’autre part, le porte-parole du FNLA a confirmé également le rejet par son groupe de toute intervention militaire étrangère dans le nord du Mali, du fait de ses conséquences négatives probables sur tous les pays de la région. »Si le monde a déjà décidé d’agir de la sorte, nous espérons que cela ne se fera qu’après d’intenses préparations et délibérations », a-t-il néanmoins assuré.
Il est à souligner qu’à travers ces nouvelles négociations, l’Algérie ambitionne d’isoler al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) au Nord du Mali. Elle espère également minimiser les retombées d’une intervention militaire dans le nord du Mali sur les pays voisins. Mais va-t-elle réellement atteindre cet objectif ? Seul l’avenir nous le dira…

algerie-focus.com

Ansar Dine veut l’autonomie du nord du Mali et y appliquer la loi islamique - maliweb.net

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Ansar Dine veut l’autonomie du nord du Mali et y appliquer la loi islamique

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Ansar Dine, l’un des groupes islamistes armés occupant le nord du Mali, réclame une « large autonomie » pour cette région et exige de pouvoir y appliquer la loi islamique, selon sa « plateforme politique » remise au président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur régional.
OUAGADOUGOU – Ansar Dine, l’un des groupes islamistes armés occupant le nord du Mali, réclame une large autonomie pour cette région et exige de pouvoir y appliquer la loi islamique, selon sa plateforme politique remise au président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur régional.
Dans ce document remis le 1er janvier à M. Compaoré et que s’est procuré vendredi le correspondant de l’AFP à Ouagadougou, Ansar Dine, groupe surtout composé de Touareg maliens, affirme renoncer dans l’immédiat à une sécession du Nord mais réclame une large autonomie dans le cadre d’un Etat refondé du Mali se démarquant sans ambiguïté de la laïcité.
Avant toute chose, il faut que le caractère islamique de l’Etat du Mali soit proclamé solennellement dans la Constitution, indique ce texte de 17 pages, en invoquant le fait que le peuple malien est musulman à plus de 95%.
L’observance stricte de la loi islamique sur tout le territoire de l’Azawad (région nord du Mali, ndlr) est un impératif non négociable, souligne en outre le groupe. Il justifie les châtiments corporels mais promet de tenir compte de l’air du temps dans l’application de certaines dispositions de la charia (loi islamique).
Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) est l’un des groupes islamistes armés dominant le nord du Mali depuis juin, avec les jihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). Tous prônent l’application de la charia, au nom de laquelle ils commettent de nombreuses exactions.
Sous la pression du Burkina Faso et de l’Algérie, les deux pays médiateurs, Ansar Dine avait annoncé fin 2012 renoncer à appliquer la charia dans tout le Mali, mais seulement dans ses zones d’influence, et s’était dit disposé au dialogue avec Bamako.
Mais le chef du mouvement, Iyad Ag Ghaly, a annoncé jeudi que son groupe retirait son offre de cessation des hostilités, en accusant le pouvoir malien de ne pas être prêt au dialogue.
Le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution approuvant le déploiement d’une force armée internationale au Mali pour déloger les islamistes armés, sans préciser de calendrier. L’ONU a toutefois indiqué que ce déploiement était programmé par étapes et a appelé les autorités maliennes au dialogue avec les groupes armés rejetant le terrorisme et la partition du Mali.
(©AFP / 04 janvier 2013 17h55)

mercredi 2 janvier 2013

Les contradictions du président malien Il veut une guerre rapidement pour libérer le nord de son pays - Liberté Algérie , Quotidien national d'information

Les contradictions du président malien Il veut une guerre rapidement pour libérer le nord de son pays - Liberté Algérie , Quotidien national d'information

Il veut une guerre rapidement pour libérer le nord de son pays

Les contradictions du président malien

Par : Merzak Tigrine
Dans un discours à la nation prononcé lundi soir, le chef de l’Etat malien par intérim a affiché son impatience à mener une guerre pour libérer le nord de son pays, tout en reconnaissant que cela “requiert davantage de temps pour régler tous les détails techniques, stratégiques et politico-juridiques”.

Sur un ton d’empressement injustifié, le président intérimaire malien a affirmé lundi soir que son pays “n'attendra pas des mois” pour lancer “la guerre contre les terroristes”. D’emblée, il se contredira en déclarant que “la guerre légitime, légale, rapide et propre que nous voulons mener avec l'appui de la communauté internationale” contre les groupes occupant le nord du Mali “requiert davantage de temps pour régler tous les détails techniques, stratégiques et politico-juridiques”. En effet, comment peut-on vouloir une action rapide alors que les préparatifs de l’intervention militaire internationale viennent à peine d’être entamés.
Dionconda Traoré, qui s'exprimait à l'occasion de son message de vœux pour la nouvelle année, a tenté de justifier son impatience en expliquant : “Cependant, je puis vous assurer d'une chose : c'est que le Mali n'attendra pas des mois, comme certains semblent le préconiser. Nous n'attendrons pas que le cancer fasse des métastases dans tout le corps. La guerre contre les terroristes se fera plus tôt qu'on ne le pense et l'armée malienne y jouera les premiers rôles.” Poursuivant dans le même ordre d’idées, il a assuré que l'armée malienne “sera aux avant-postes et elle se prépare activement conformément à sa vocation à entreprendre dans un avenir proche la reconquête” des régions occupées. On ne peut que s’interroger sur cette assurance quant au rôle que peut tenir l’armée malienne dans l’intervention militaire internationale, alors qu’elle n’a pratiquement d’armée que le nom, pour preuve qu’elle a été balayée par les hordes rebelles et islamistes des villes du Nord-Mali en quelques jours seulement en mars dernier.
Dioncounda Traoré a cependant mis un peu d’eau dans son vin en ajoutant que “l'offre de dialogue” de Bamako faite aux Maliens ayant décidé de s'exprimer par les armes “reste intacte”. “Nous sommes prêts à engager un dialogue honnête et sincère dès que les préalables en seront réalisés. Je les engage à saisir cette opportunité et cette main tendue avant qu'il ne soit trop tard”, a-t-il affirmé.
Pour rappel, le 20 décembre dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU a donné son feu vert à l'envoi d'une force internationale pour chasser les islamistes du nord du pays, en fixant des conditions qui ne devraient pas rendre possible son déploiement avant des mois.
Aucun calendrier précis n'a toutefois été décidé pour ce déploiement, programmé par étapes, selon l'ONU, qui a également insisté sur la nécessité de dialoguer avec les groupes armés du Nord rejetant le terrorisme et la partition du pays.
En novembre, l'envoyé spécial de l'ONU au Sahel, Romano Prodi, avait jugé que tous les experts s'accordaient à dire qu'une action militaire dans le nord du Mali ne serait pas possible avant “septembre 2013”.
Ceci étant, la police malienne a interdit lundi soir, en raison de “risque d'attentats terroristes”, un rassemblement de jeunes à Bamako, qui voulaient manifester contre l'occupation du nord du Mali par des groupes armés, ont indiqué hier des organisateurs et de source policière. “La police est arrivée sur place pour nous demander d'annuler la manifestation à cause de risque d'attentats terroristes à Bamako”, a déclaré Bouba Fané, coordinateur d'une coalition d'associations de la jeunesse malienne.
Plusieurs centaines de jeunes étaient déjà réunis dans la nuit de lundi à mardi place de l'Indépendance à Bamako pour une cérémonie destinée à “avoir une pensée pour le nord du Mali”, lorsque les forces de sécurité ont demandé aux organisateurs d'interrompre la manifestation.

M T

Mali : islamisme ethnique ? - maliweb.net

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Mali : islamisme ethnique ?

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Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Eddine. © AFP
Dans le Nord-Mali, islamistes et jihadistes se réorganisent sur des bases clairement ethniques. Une façon pour le Touareg Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Eddine, d’accroître sa mainmise.
Touaregs… Ansar al-Charia, pour les Maures et les Bérabiches… Bientôt un groupe armé composé de Songhaïs et de Peuls… Dans le Nord-Mali, islamistes et jihadistes se réorganisent sur des bases clairement ethniques. Une source sécuritaire malienne ne doute pas un instant que le Touareg Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Eddine, soit à la manoeuvre : « Maintenir l’unité d’un groupe comprenant des Maures, des Bérabiches et des Touaregs était trop compliqué.
Il a préféré les séparer et rester le chef qui coordonne les actions sur le terrain. » Mais, pour lui, c’est aussi une façon d’accroître son poids à la table des négociations amorcées à Ouagadougou avec les autorités maliennes et d’affaiblir Al-Qaïda au Maghreb islamique. « S’ils n’ont plus d’appuis locaux, ils seront obligés de songer à des solutions de rechange », ajoute notre source. La fuite, peut-être ?
02/01/2013 à 09h:08 / Par Jeune Afrique
SOURCE: du 2 jan 2013.

Mali 2012 : L’année du chaos - maliweb.net

Mali 2012 : L’année du chaos - maliweb.net

Mali 2012 : L’année du chaos

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Le Mali a connu une année 2012 terrible. Le pays est confronté à une double crise : les mouvements islamistes ont profité de la rébellion touarègue pour prendre le contrôle du nord du pays, et un coup d’Etat militaire a renversé le président Amadou Toumani Touré.
Tout commence le 17 janvier 2012 avec l’attaque de la garnison la garnison de Ménaka, une ville située à 1 200 kms au nord de Bamako, dans le nord du Mali, par des rebelles touaregs. Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) déclenche la plus grave crise qu’a connue ce pays. En deux mois, toutes les localités du Nord vont tomber successivement aux mains de groupes armés.
Pour ce faire, les rebelles touaregs du MNLA ont fait ponctuellement alliance avec des groupuscules issus de la mouvance islamiste, qui veulent imposer une charia (loi islamique) moyenâgeuse empruntée aux talibans afgho-pakistanais, notamment Ansar Dine, al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ou encore le Mouvement pour l’unicité et le djihad (MUJAO).
Fin février, sur les ondes de RFI, le président Amadou Toumani Touré explique que son pays est une victime collatérale des effets de la guerre en Libye : « Avec la défaite de la Jamahiriya [libyenne, ndlr], ce n’est plus des armes qui viennent, c’est des hommes. C’est des milliers d’hommes qui sont venus, des armées organisées. »

Le chaos s’installe en mars

L’impuissance du président et de son armée à vaincre la vague qui déferle sur le Nord va entrainer une réaction de la troupe. Dans la nuit du 21 au 22 mars, le capitaine Sanogo fait annoncer par un lieutenant, à la radio nationale, la mise en place d’un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDR). Le porte-parole de la junte malienne explique en substance que le CNRDR a décidé de mettre fin au régime incompétent et désavoué du président Amadou Toumani Touré… Dès lors, le chaos s’installe au Mali.
La junte ordonne à l’armée de se replier du Nord. Gao et Kidal sont aux mains des groupes armés. Le pays est coupé en deux…. Le 6 avril, par la voix de son secrétaire général, Bilal Ag Chérif, le comité exécutif du MNLA proclame l’indépendance de l’Azawad, la région touarègue du Nord. « C’est un grand moment aujourd’hui pour le peuple de l’Azawad, affirme Mossa Ag Atthaer, actuel coordinateur de l’action diplomatique du MNLA en Europe, qui rend hommage au passage « aux combattants tombés sur le champ d’honneur et aux populations de l’Azawad durant toutes ces années de marche (en quête) de la liberté et l’indépendance,»

Crise politique au Sud et instauration de la charia au Nord

Au sud, une autre crise a commencé : une crise politique. Sous pression dela Communautééconomique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Amadou Toumani Touré est contraint à « démissionner officiellement » le 8 avril, ouvrant la voie à un intérim constitutionnel. Le président par intérim, Dioncounda Traoré, nomme, le 17 avril, Cheikh Modibo Diarra Premier ministre. Une lutte oppose dès lors les trois piliers du pouvoir. Le président, le Premier ministre et le chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo, qui ne veut pas être écarté. Un facteur de blocage que certains pensent levé après la démission forcée de Cheikh Modibo Diarra, le 11 décembre dernier.
Pendant ce temps, au Nord, dans les villes contrôlées par Ansar Dine, le Mujao et Aqmi, une charia (loi islamique) excessive et dangereuse s’instaure, qui conduit à la destruction de dizaines de mausolées dans la ville sainte de Tombouctou. « Je vous assure que ce matin, pour la première fois, je n’ai pas pu retenir mes larmes, déplore à l’époque le député de Tombouctou, El Adji Baba Haïdara. Parce que le premier mausolée qu’ils ont rasé, c’est celui de l’imam Sidi Makhmoud. Ce monument est entretenu depuis sa mort en 1548 par les Tombouctiens. »
A Gao et Tombouctou, l’ordre imposé par les extrémistes islamistes se traduit aussi par des amputations qui soulèvent l’indignation générale : « Ils ont fait amener les gars. (…) Ils ont coupé la main droite. Le gars crie. Il crie, il crie… », raconte un habitant de Tombouctou sur nos ondes.

La région sahélienne en danger

La mobilisation internationale peine à agir. Entre les conflits d’intérêts au sein du pouvoir malien, les réticences de certains pays voisins, les atermoiements des grandes puissances, le monde tarde à réagir. Le 20 décembre dernier, l’ONU autorise l’envoi d’une force internationale. Quand sera-t-elle effective ? Est-ce la solution ? Comment restaurer la stabilité dans l’espace sahélien ? Les Maliens ont le sentiment que ces questions restent encore sans réponse.
« La communauté internationale a une responsabilité qu’elle ne peut pas esquiver, surtout que le Mali n’est qu’un point de départ, explique le journaliste Adam Thiam. C’est toute la région sahélienne qui est en danger. Et on ne s’en sortira pas seulement en écrasant Aqmi. Il faut un plan Marshall pour la sécurité globale au Sahel. Et ce plan, ce n’est pas pour les beaux yeux de la communauté touarègue ou de la communauté arabe… »
La crise au Mali est devenue une crise internationale, touchant l’ensemble des pays du Sahel. Le Mali, Etat fragile, mettra du temps à en sortir. Cela se fera au prix d’un effort national et international qui exige autre chose que les luttes de pouvoir parfois mesquines que les dirigeants ont offertes aux populations durant cette année 2012.

Tombouctou à nouveau martyrisée par des bandits armés

(MFI / 01.01.2013) Les bandes armées qui contrôlent Tombouctou ont recommencé à détruire, ce 23 décembre, des mausolées de la fameuse Cité des « 333 saints », pourtant inscrite au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco. La population, impuissante, voit les richesses de son histoire disparaître ainsi peu à peu. Ce qui inquiète ses habitants, c’est le fait que les voyous armés qui occupent leur ville cherchent désormais les derniers mausolées de la ville de Tombouctou à l’intérieur des maisons et donc des lieux privés. Ils procèdent quartier par quartier, ruelle par ruelle, maison par maison. Le top-départ de cette vaste opération aurait été donné par le chef local d’al-Qaïda et par celui de l’Ansar Dine, les deux groupes qui contrôlent les lieux. A la mi-journée, trois mausolées étaient déjà détruits. Des témoins racontent que dans le quartier de Djingareyber, au centre-ville, une dizaine de ces bandits armés ont surgi. Moyenne d’âge : 15 ans. A coups de burin, de pioche, ils ont accompli au pas de course leur « divine » besogne aux cris de : « Dieu est grand ! ». Non sans avoir tiré deux coups de feu en l’air, histoire de dissuader la population de riposter. Fin de l’opération. L’équipée s’est ensuite dirigée vers un autre quartier de Tombouctou – avec la même rage de détruire ces mausolées qu’on leur a désigné comme symboles de blasphème.

MFI / RFI

Tiéman Coulibaly : « Il faudrait que certains ambassadeurs arrêtent de solliciter le capitaine Sanogo… » - maliweb.net

Tiéman Coulibaly : « Il faudrait que certains ambassadeurs arrêtent de solliciter le capitaine Sanogo… » - maliweb.net

Tiéman Coulibaly : « Il faudrait que certains ambassadeurs arrêtent de solliciter le capitaine Sanogo… »

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Le ministre malien des Affaires étrangères, Tiéman Coulibaly, le 17 septembre 2012 à Abidjan © AFP
Après son retour de New York où il a assisté au vote de la résolution 2085 de l’Onu qui autorise un déploiement d’une force africaine au Mali, le ministre des Affaires étrangères du nouveau gouvernement malien, Tieman Coulibaly, revient, pour Jeune Afrique, sur les négociations en cours avec les groupes armés qui contrôlent le nord du Mali et sur la préparation de la future intervention militaire.
Jeune Afrique : L’Onu a donné son feu vert à un déploiement militaire dans le Nord-Mali, le 21 décembre. Pouvez-vous nous préciser la date approximative de son lancement ?
Tieman Coulibaly : Je n’avancerai pas une date précise, car une opération militaire de cette nature comporte un certain nombre d’éléments confidentiels. Mais, ce qui est sûr, c’est que cette opération aura bien lieu. Le Mali atteindra ses objectifs qui sont la libération du Nord et la préservation du caractère républicain et laïc de notre État.
Jusque-là, l’Algérie voisine était hostile à une intervention militaire au Nord-Mali. Comment expliquer qu’elle n’était pas opposée pendant le vote de la résolution de l’ONU qui autorise l’envoie des troupes au Mali ?
L’ambassadeur de l’Algérie à l’Onu était la première personne à venir me féliciter juste après l’adoption de la résolution. Il a réitéré le soutien de l’Algérie au Mali. Nous n’avons pas connaissance d’un refus officiel de l’Algérie de participer à une intervention militaire au Nord-Mali. Pour nous, l’Algérie fait partie du dispositif de défense de notre pays contre les terroristes.
Le Premier ministre a déclaré vouloir une intervention le plus rapidement possible, mais un semestre sera-t-il suffisant pour réunir les fonds et pour former les soldats ?
Nos militaires sont déjà formés à l’art militaire. Il y a certes du recyclage à faire et une remise en état du matériel à assurer. Mais cela ne prend pas longtemps. Nous avons des populations qui vivent sous occupation et des refugiés qui attendent de retourner chez eux. Cette situation ne peut plus durer longtemps.
Vous avez annoncé la création d’un fonds spécial pour aider le Mali. Qui est susceptible de le financer ? Quand sera-t-il opérationnel ?
L’Onu dispose déjà des moyens au niveau de son département « Paix et Sécurité ». Il y a également le fonds de l’Union européenne pour la mission de formation des militaires maliens, dont le chef, le général français François Lecointre, vient d’être nommé. Et, courant janvier, nous allons organiser une conférence des donateurs. Immédiatement après cette conférence, ce fonds sera prêt à être utilisé.
La communauté internationale réclame la tenue de l’élection présidentielle avant le mois d’avril prochain. Est-ce qu’un scrutin peut vraiment se tenir au Mali avant que l’administration ait pu se redéployer au Nord ?
Il n’est pas acceptable de tenir des élections sans nos compatriotes résidants dans les trois régions du Nord. Nous préparons les élections de manière à ce que, dès que le Nord sera libéré des terroristes, nous puissions déclencher le processus électoral.
Si le Mali et la communauté internationale avaient des divergences sur les modalités d’intervention, est-ce l’armée malienne lancera une offensive toute seule ?
L’armée malienne est libre d’agir sur son territoire. La résolution (2085 du Conseil de sécurité de l’Onu, ndlr) n’est pas un frein pour elle. Au fur et à mesure de sa montée en puissance en termes de capacités opérationnelles, nous aviserons. Mais dans tous les cas, nous souhaitons que tout ce qui se passe au Mali s’inscrive dans le cadre de la légalité internationale.
Le capitaine Amadou Sanogo continue de s’impliquer dans la politique du pays. Cela ne complique-t-il pas les relations entre le Mali et ses partenaires ?
Pas du tout ! Ceux qui dénoncent les incursions ou les immixtions de l’armée dans les affaires politiques sont les premiers à solliciter la hiérarchie militaire sur des sujets politiques. Il faudrait que certains ambassadeurs (des pays occidentaux, ndlr) arrêtent de solliciter le capitaine Sanogo pour parler de politique. Ce sont les mêmes qui passent leur temps à l’appeler au téléphone et qui vont ensuite se plaindre que le capitaine Sanogo se mêle de ce qui ne le regarde pas.
Ansar Eddine et MNLA, les groupes avec lesquels vous envisagez le dialogue, veulent sécuriser les villes avec leurs combattants. Est-ce que le Mali est prêt à accepter cette position ?
Il n’en est évidemment pas question ! Seule l’armée malienne a le mandat de sécuriser les villes et les populations maliennes. Elle seule a le monopole de la force légitime.
Le groupe Ansar Eddine exige l’application de la charia (loi islamique) dans le Nord, notamment dans son fief à Kidal. Les autorités pourraient-elles accepter, dans la négociation, l’application de la charia dans certains endroits du Mali ?
Kidal est une région du Mali et elle fonctionnera selon les lois et les principes de la Constitution du Mali. Ansar Eddine ne représente pas la population de Kidal. Il ne peut pas décréter la charia ou une autre loi qui n’est pas conforme aux lois maliennes. Tant que Kidal restera au Mali, il en sera ainsi.
Propos recueillis par Baba Ahmed, à Bamako (@Babahmed1) / jeuneafrique.com
SOURCE: du 31 déc 2012.

Le mali en 2012 – ATT : l’auteur du désastre sociopolitique - maliweb.net

Le mali en 2012 – ATT : l’auteur du désastre sociopolitique - maliweb.net

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L’ancien Président du Mali, le Général Amadou Toumani Touré dit ATT
Politiquement parlant, l’année 2012 aura été celle du fiasco en raison de la non-tenue à échéance des élections présidentielle et législatives, mais surtout de la crise politique et sécuritaire qui sévit.
Les hommes politiques maliens et l’ensemble de la classe politique ont failli à leur devoir. C’est le constat amer, voire le bilan que l’on peut dresser sur le plan politique de l’année 2012. Et tout le mal est parti de l’idée du général Amadou Toumani Touré qui voulait un 3e mandat non autorisé par la Constitution. Fin 2011 : le Mali est encore à l’abri de la catastrophe telle nous la vivons présentement.
Après avoir échoué dans toutes ses tentatives de se faire réélire, le président Amadou Toumani Touré décide enfin à organiser des élections présidentielles en 2012 et à la date échue. A chacune de ses sorties publiques, il ne manquait pas de souligner et dire à ceux qui veulent l’entendre que« le nouveau président de la République sera investi le 8 juin 2012 à midi !«
En prélude aux élections, la plupart des partis politiques qui entendaient briguer la magistrature suprême avaient fini de désigner leur candidat à l’élection présidentielle. Tour à tour Soumaïla Cissé, Ibrahim Boubacar Kéita, Moussa Mara, Me Moutaga Tall, Modibo Sidibé, Soumana Sako, Cheick Modibo Diarra, la liste n’est pas exhaustive sont investis par leurs partis politiques de concerts avec les associations et clubs de soutiens qui avaient pignon sur rue. A telle enseigne que ces composantes de la société civile se substituaient carrément aux partis politiques.
D’octobre 2011 à janvier 2012 les partis politiques étaient presque en campagne électorale. Pendant ce temps, le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales dirigé alors par le général Kafougouna Koné tentait, de concert avec les partis politiques, dans de rencontres, appelées « cadre de concertation avec les partis politiques et les institutions« ,de rattraper le temps perdu dans la confection d’un fichier électoral fiable suivant lequel se tiendront les élections.
La racine du mal
Le président de la République ATT, en effet, dans ses manœuvres de se faire réélire, avait fini par gripper l’administration. Le Recensement administratif à vocation d’état-civil (Ravec), un projet lancé depuis 2009 pour doter le Malien de données biométriques fiables et infalsifiables et sur lequel tous les espoirs étaient tournés pour en tirer une liste électorale incontestable a été un échec retentissant.
L’échec de ce projet a mis dos-à-dos l’administration et les partis politiques. Le déclenchement de l’envahissement puis de l’occupation des régions du Nord du Mali début janvier à mars 2012 va rendre davantage les relations tendues entre le MATCL et les partis politiques. Désormais il y a, d’un côté des partis politiques qui ne veulent pas aller aux élections avant la libération totale des régions du Nord et de l’autre côté des partis politiques qui souhaitent l’organisation des élections. Sur le fichier électoral, la division est aussi palpable.
Etant donné que les élections ne pourront pas se tenir dans les délais constitutionnels avec un fichier issu du Ravec, le fichier issu du Race est sollicité, mais celui-ci est rejeté par certaines formations politiques au motif qu’il s’agit là d’une « astuce« de l’Adéma/PASJ qui serait la grande gagnante si les élections venaient à se tenir sur la base de ce fichier là fut-il « amélioré« comme le voulaient des « centristes« .
Tout compte fait, aucun compromis ne sera trouvé entre la classe politique et l’administration afin que les élections se tiennent suivant les délais constitutionnels, c’est-à-dire le 29 avril 2012 pour le 1er tour et le 11 mai 2012 pour le second tour et comme point final, l’investiture du président élu le 8 juin 2012. Cela n’a pas été le cas d’où 2012 restera une année de fiasco sur le plan politique. La crise politique connaîtra son paroxysme le 22 mars 2012.
Des militaires mutins investissent le centre ville de la capitale Bamako, occupent plus tard des points et services stratégiques comme l’ORTM, l’aéroport, et dans la nuit le palais présidentiel chassant du coup son locataire, le président de la République, le général Amadou Toumani Touré.
Les activités des partis seront momentanément suspendues avec la décision des putschistes de suspendre les institutions de la République. De mars 2012 à avril 2012, ce fut une traversée du désert pour les formations politiques quant bien même elles parvenaient par-ci par-là à emmètre des communiqués condamnant le coup d’Etat.
Certains chefs de partis ont dû s’exiler alors que d’autres ont été fortement malmenés par les militaires pro-putschistes. Les formations politiques ne doivent leur rétablissement qu’à la pression de la communauté internationale de voir le Mali sur une voie qui respecte sa constitution et les droits de l’Homme.
Denis Koné

Mali: Ansar Dine remet sa « plateforme politique » au médiateur Compaoré - maliweb.net

Mali: Ansar Dine remet sa « plateforme politique » au médiateur Compaoré - maliweb.net

Mali: Ansar Dine remet sa « plateforme politique » au médiateur Compaoré



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Une délégation de rebelles touareg du MNLA lors d’une réunion au Burkina Faso, le 16 novembre 2012 © AFP
Ansar Dine, l’un des groupes islamistes armés occupant le nord du Mali, a remis mardi une « plateforme politique » au président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur régional dans la crise malienne, a-t-on appris de source proche de la présidence.
« Une délégation d’Ansar Dine est venue aujourd’hui (mardi) remettre une plateforme politique au médiateur », a indiqué à l’AFP cette source.
Le contenu de ce document d’une trentaine de pages n’a pas été révélé, pas plus que la composition de la délégation, qui a quitté le jour même le Burkina Faso.
Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) est l’un des groupes islamistes armés dominant le nord du Mali depuis juin, avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).
Ce mouvement, surtout composé de Touareg maliens, est engagé dans des discussions depuis plusieurs mois avec le président Compaoré, médiateur pour la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), ainsi qu’avec l’Algérie, l’autre pays médiateur.
Sous l’influence de ces deux pays, Ansar Dine a officiellement renoncé à imposer la charia (loi islamique) dans tout le Mali, mais a exigé de pouvoir continuer à le faire dans les zones sous son influence dans le Nord malien, et s’est dit prêt à négocier avec Bamako.
Le 20 décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté une résolution approuvant le déploiement d’une force armée internationale au Mali pour déloger les islamistes armés. Aucun calendrier précis n’a toutefois été décidé pour ce déploiement, programmé par étapes selon les Nations unies, qui ont aussi appelé au dialogue avec les groupes armés rejetant le terrorisme et la partition du pays.

Le chanteur Touareg Intidaw enlevé par le groupe d'Ansar Dine | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Le chanteur Touareg Intidaw enlevé par le groupe d'Ansar Dine | Tamurt.info - Votre lien avec la Kabylie

Le chanteur Touareg Intidaw enlevé par le groupe d’Ansar Dine

Izem Irath pour Tamurt.info

Abdallah ag Lamida dit Intidaw, a rejoint la rébellion Touareg depuis le déclenchement de la guerre entre le Mali et l’Azawad. Il est devenu le symbole de lutte pour la liberté des Touareg.
31/12/2012 - 18:59 mis a jour le 31/12/2012 - 18:58 par Izem Irath


Le groupe terroriste d’Ansar Dine a encore sévit. Il a arrêté l’un des chanteurs Touareg les plus célèbres, à savoir Abdallah ag Lamida dit " Intidaw ".
Selon des sources concordantes, il a été arrêté dans sa ville natale de Tessalit. La raison de cette arrestation, qui en a surpris plus d’un, n’est autre, selon certains combattants d’Azawad, que de faire taire ce vocaliste engagé. D’autres informations font état de sa libération.
Ansar Dine, comme tous les chefs terroristes-islamistes, a une dent contre tout ce qui lié à la culture. Il ne rate aucune occasion pour réprimer le peuple Amazigh Touareg. Ses membres reprochent à Intidwa de chanter la beauté et la grandeur de la culture Tamashek. Ils espèrent le faire taire. Une vieille pratique que tous les mouvements extrémistes et terroristes utilisent. Les terroristes intimident Intidaw dans l’espoir de le faire renoncer à son combat.
Abdallah ag Lamida dit Intidaw, a rejoint la rébellion Touareg depuis le déclenchement de la guerre entre le Mali et l’Azawad. Il est devenu le symbole de lutte pour la liberté des Touareg. Sa notoriété a fait de lui le chanteur le plus connu est le plus écouté par la population Toaureg. Intidaw porte toujours dans son cœur le combat identitaire.
A travers ses chansons, il a réussit à motiver plusieurs militants et autres activistes d’Azawad. Les chanteurs et les artistes étaient et sont toujours les portes voix des peuples Amazigh en Afrique du nord. Le chanteur Intidaw fait rappeler le chantre de l’Amazighité, le Kabyle Matoub Lounès.
Matoub n’avait pas cessé de chanter en dépit de sa séquestration pendant 15 jours dans les maquis de la Kabylie en 1995 par les combattants du GIA. Au contraire, il a continué son combat pour la liberté des Amazigh jusqu’à son assassinat en 1998.
Izem Irath