dimanche 9 février 2014

Concertations des Touareg du MNLA près des frontières algériennes - maliweb.net

Concertations des Touareg du MNLA près des frontières algériennes - maliweb.net

MNLA près des frontières algériennes



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MNLADes concertations entre cadres militaires et politiques du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) ont débuté hier près des frontières algériennes, avons-nous appris de source proche de ce mouvement. Il s’agit de concertations qui dureront plusieurs jours, selon notre source qui ajoute que des courants militaires veulent se démarquer du MNLA. Pour ces derniers, «le MNLA n’existe  qu’à travers des communiqués et son secrétaire a mis en péril les politiques intérieure et extérieure du MNLA».

Ces concertations qui évoquent des divergences importantes entre différents cadres du Mouvement national de libération de l’Azawad ont, rappelle-t-on, commencé au lendemain du massacre dont ont été victimes 35 Touareg assassinés à 80 kilomètres de Gao, au nord du Mali.



Avant-hier, pour rappel, 35 Touareg de retour du marché hebdomadaire de Tamkoutat, à bord de deux véhicules, ont été interceptés par des hommes armés. Ces derniers ont assassiné les 35 personnes, dont une femme et un enfant, brûlé l’un des deux véhicules et pris l’autre.



Des notables locaux ont accusé les Peuls d’être les auteurs de ce massacre. «Ce qui s’est passé près de Gao est plutôt un règlement de comptes entre Touareg du fleuve et  Peuls de cette même zone», selon cette source du MNLA.



Cependant, Moudet Ag Saci, cadre du Mouvement national de libération de l’Azawad, nous a déclaré, avant-hier, que «c’est un groupe allié au Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) qui a perpétré ce massacre».


«Le but de ce massacre est de semer la terreur et la peur chez la population locale. Cette tuerie a également pour but de semer le doute parmi les communautés et surtout de provoquer une guerre communautaire qui ne sert que les intérêts de cette organisation terroriste», a-t-il expliqué. Pour rappel, le MNLA a souvent engagé des affrontements avec le Mujao au nord du Mali.

M. Abi
Source: letempsdz.com

Pourparlers inclusifs : IBK entre l’enclume des groupes armés et le gros marteau du Conseil de sécurité - maliweb.net

Pourparlers inclusifs : IBK entre l’enclume des groupes armés et le gros marteau du Conseil de sécurité - maliweb.net

vendredi 7 février 2014

Pr Ali Nouhoum Diallo, ancien Président de l’AN du Mali : «Il faut que l’ONU arrête de nous mettre sur le même pied d’égalité que les rebelles». «L’ADEMA ne peut pas abandonner IBK et dire qu’il s’oppose à lui» - Mali Actualités : Infos du Mali en direct et en continu - maliactu.net

Pr Ali Nouhoum Diallo, ancien Président de l’AN du Mali : «Il faut que l’ONU arrête de nous mettre sur le même pied d’égalité que les rebelles». «L’ADEMA ne peut pas abandonner IBK et dire qu’il s’oppose à lui» - Mali Actualités : Infos du Mali en direct et en continu - maliactu.net

Dans une interview exclusive, le Pr Ali Nouhoum Diallo, ancien Président de l’Assemblée nationale du Mali, jette un regard critique sur le comportement des Nations Unies envers notre pays concernant le Mnla. Il évoque aussi les raisons pour lesquelles son parti, l’ADEMA/PASJ, a décidé de rejoindre la majorité présidentielle. Dans cette interview, Pr Ali Nouhoum Diallo se penche sur les premiers mois d’IBK au pouvoir et désapprouve le qualificatif de «grand républicain» que le Président de la République a accordé au général Moussa Traoré lors de son investiture au CICB. Lisez plutôt.

Pr. Aly  Nouhoun Diallo

Pr. Aly Nouhoun Diallo

Pourquoi votre parti a décidé de rejoindre la majorité présidentielle?

Pr Ali Nouhoum Diallo: Merci de bien vouloir me donner l’occasion de dire ce que je pense de certains problèmes du Mali d’aujourd’hui. Il a été largement dit qu’après avoir géré le pays pendant 10 ans, avoir eu un candidat au second tour de l’élection présidentielle en 2002 et avoir été battu, le Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA/PASJ) devait aller à l’opposition. Autant en 2002 je comprenais qu’une partie de la classe politique et une partie de la société civile disent que la place de l’ADEMA/PASJ devrait être à l’opposition. Autant, aujourd’hui, je

Processus de paix dans le dossier Nord-Mali : Quand une diplomate suisse soutient le MNLA - Mali Actualités : Infos du Mali en direct et en continu - maliactu.net

Processus de paix dans le dossier Nord-Mali : Quand une diplomate suisse soutient le MNLA - Mali Actualités : Infos du Mali en direct et en continu - maliactu.net

Quand une diplomate suisse soutient le MNLA




Publié le 7 fév 2014 - 6:09
Djeri Mahmadou Maiga
Djeri Mahmadou Maiga (d), chef de la délégation MNLA, le 16 juin 2013 à Ouagadougou
© AFP

De sources bien informées, cette ancienne employée de l’Ambassade de la Suisse au Mali est hautement impliquée dans le pourrissement du dossier du Nord Mali. En accointance avec les responsables du MNLA, Carole Mottei, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, financerait ce groupe armé et manipulerait certains de ses éléments afin qu’ils obtiennent gain de cause dans leurs revendications séparatistes.

Mme Carole Mottéi a travaillé on ne sait en quelle qualité exactement au sein de la représentation diplomatique helvétique au Mali, sise à l’Hippodrome. A notre passage hier au niveau de cette ambassade pour avoir d’amples informations sur cette dame que certains maliens proches du dossier du Nord qualifient de « maman MNLA « , nous n’avons pas été reçus. Lorsque nous avons expliqué à l’entrée l’objet de notre visite, la dame à la réception est venue nous éconduire poliment : » Mme Carole Mottei a travaillé ici, mais elle n’y est plus. Elle est à la MINUSMA. C’est là que vous aurez les informations dont vous avez besoin « .





A la MINUSMA, il nous a été brièvement dit que « Maman MNLA « est partie en mission au Nord du Mali. Elle serait » consultante » de la MINUSMA. C’est certainement à ce titre qu’elle est intervenue le lundi dernier comme chargée du protocole pour faire entrer les représentants des mouvements armés dans la salle où ils ont échangé avec la délégation du Conseil de sécurité.

Il semble qu’à cette occasion, Mme Carole a suscité une dissidence au sein du Mouvement arabe de l’Azaouad (MAA) et tenté vainement de faire de même au sein de la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistances (CM-FPR). Bref, selon nos informations, cette dame ferait tout pour que les éventuelles discussions de paix entre l’Etat malien et les groupes armés échouent tant que l’autonomie de la prétendue région de l’Azawad ne serait pas acquise.

Certains acteurs clés du dossier du Nord-Mali n’hésitent pas affirmer que cette diplomate finance le MNLA. Elle intervient d’une manière ou d’une autre dans leur hébergement, leurs déplacements. Précision importante, elle serait une amie de l’ancien chargé des relations extérieures du mouvement indépendantiste, non moins ancien député, Mohamed Ibrahim Ag Assaleh. Mme Carole Mottei serait depuis plusieurs mois un des soutiens du MNLA à Bamako.

Il faut ajouter que sous l’impulsion d’un ancien député de Gao, des pressions avaient été exercées par le gouvernement malien pour que cette diplomate soit expulsée du Mali. Ce qui fut fait. Elle a alors fait… « un repli tactique ou stratégique » de quelques mois à Dakar. Mais on ne comprend pas ce qui s’est passé pour que Mme Mottéi revienne à Bamako pour poursuivre son travail de trouble-fête.

Il ne reste qu’au président de la République, qui, alors Premier ministre, n’avait pas hésité à renvoyer un diplomate occidental dans son pays, à instruire au gouvernement dé déclarer Mme Carole Mottéi persona non gratta au Mali.



Bruno D SEGBEDJI
Source: L’indépendant du 07 fév 2014

NEGOCIATIONS AVEC LES GROUPES REBELLES : Le nécessaire saut de la carpe ! - Mali Actualités : Infos du Mali en direct et en continu - maliactu.net

NEGOCIATIONS AVEC LES GROUPES REBELLES : Le nécessaire saut de la carpe ! - Mali Actualités : Infos du Mali en direct et en continu - maliactu.net

Attentats à Kidal et Tombouctou : Le Mnla menace, Aqmi tue…

L’Etat ne devrait plus tarder à prendre langue avec les groupes armés du Nord même s’il doit consentir des sacrifices qui ne sont pas de nature à affecter la souveraineté de notre pays. Plus le temps passe, plus la situation se corse et le camp d’en face pourrait en profiter de la plus belle des manières.

La situation dans le Nord du Mali suscite de plus en plus des interrogations. Tout semble au point mort. A l’heure qu’il est, personne ne sait réellement de quoi

Situation invivable de Kidal: IBK monte sur ses grands chevaux - maliweb.net

Situation invivable de Kidal: IBK monte sur ses grands chevaux - maliweb.net

Nord-Mali | Nord-Mali : IBK se défie de Compaoré et mise sur Alger | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

Nord-Mali | Nord-Mali : IBK se défie de Compaoré et mise sur Alger | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

07/02/2014 à 15:25
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Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, le 5 novembre 2013.Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, le 5 novembre 2013.© AFP
Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta n'a pas confiance dans le médiateur burkinabè, Blaise Compaoré, pour régler la crise au nord de son pays. Il compte sur l'Algérie, mais la France doute de ce choix.
Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) ne fait pas confiance à Blaise Compaoré, pourtant mandaté par la Cedeao, pour régler la question du Nord-Mali. "Cela ne date pas d'hier, mais désormais, c'est clair. Entre les deux hommes, le courant ne passe pas. Et puis à Bamako, ils sont extrêmement remontés contre Blaise. Pour eux, il y a trop de connivence entre Ouaga et le MNLA [Mouvement national de libération de l'Azawad]", indique une source diplomatique occidentale.

Tous les espoirs d'IBK sont tournés aujourd'hui vers Alger, où doivent se rencontrer dans les prochains jours des délégations des groupes irrédentistes, lesquels, bien que très divisés, avaient déjà signé un accord mi-janvier dans la capitale algérienne (à l'exception du MNLA). Mais les services algériens ne connaissent pas bien les chefs du MNLA - ils sont plus proches du Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA) - et s'en méfient comme de la peste. "Pour Alger, indique un médiateur du Sahel, le MNLA est instrumentalisé par la France." Laquelle doute de la capacité de l'Algérie à faire la paix dans le Nord-Mali...


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Nord du Mali: au moins 30 Touareg tués dans des violences intercommunautaires

Nord du Mali: au moins 30 Touareg tués dans des violences intercommunautaires

Au moins trente Touareg ont été tués jeudi lors d'une expédition punitive lancée près de Gao (nord du Mali) par des hommes armés de la communauté peule, a appris vendredi l'AFP auprès d'un élu de la région et d'un ancien député touareg.

Jeudi à Tamkoutat (80 km au nord de Gao), des Peuls armés, dont certains circulaient à moto, ont tué au moins 30 civils touareg pour se venger de l'enlèvement d'un des leurs, a affirmé Oumar Maïga, un élu de la région de Gao.

L'information a été confirmée par Assarid Ag Imbarcaouane, ancien député de cette même région. Nos parents ont été tués froidement, au moins 30 sont morts, a-t-il déclaré.

Selon une source des services maliens de sécurité jointe dans le Nord depuis Bamako, les Touareg tués revenaient d'un marché à bord de deux véhicules qui ont été arrêtés par des Peuls armés, en représailles à l'enlèvement d'un Peul par des Touareg 24 heures plus tôt. Un des véhicules a été brûlé.

Une femme et un enfant figurent parmi les personnes tuées, et quelques blessés ont survécu, a ajouté cette source.

Outre des vols de bétail, les membres des communautés touareg et peule s'accusent mutuellement d'organiser des braquages dans les communes reculées du Nord.

Vendredi, un détachement de l'armée malienne est arrivé sur place pour renforcer la sécurité des populations, selon le ministère malien de la Défense.

Déjà tendues, les relations entre les Touareg minoritaires du nord du Mali et d'autres communautés de la région comme les Peuls et les Songhaïs, se sont encore dégradées depuis le lancement début 2012 d'une rébellion touareg, en alliance avec des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Cette rébellion a abouti à l'occupation du Nord pendant neuf mois par les groupes jihadistes: ils y ont commis de nombreuses exactions au nom d'une application stricte de la charia (loi islamique), marquée notamment par des lapidations et des amputations en public, ainsi que par la destruction de mausolées de saints musulmans et de milliers de manuscrits à Tombouctou (nord-ouest).

Une intervention armée internationale initiée par la France en janvier 2013 a mis fin à cette occupation, mais des éléments jihadistes continuent néanmoins d'y sévir à intervalles réguliers.

Touareg et Arabes du nord du Mali sont souvent assimilés par les autres communautés aux rebelles et aux islamistes armés, exacerbant ainsi les tensions.


(©AFP / 07 février 2014 14h20)  

Cherche-t-on à écarter l’Algérie ? - maliweb.net

Cherche-t-on à écarter l’Algérie ? - maliweb.net

Cherche-t-on à écarter l’Algérie ?

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L'Algérie semble être dépassée par les évènements au Sahel
L’Algérie semble être dépassée par les évènements au Sahel. PH/DR
Le dialogue entre Bamako et les rebelles toureg est l’otage du choix du médiateur : le président malien préfère voir Alger prendre le relais du Burkina Faso, par contre, les responsables de l’Azawad (MNLA) misent, eux, sur le Maroc.


Le dialogue entre le gouvernement malien et les rebelles touareg, prévu par l’accord de Ouagadougou du 18 juin 2013, a du mal à s’engager. Et pour cause, les deux parties n’arrivent toujours pas à s’entendre sur le choix d’un médiateur.
Alors que le président Ibrahim Boubacar Keïta semble préférer voir Alger prendre le relais du Burkina Faso, les responsables du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) misent clairement sur le Maroc, à défaut des «bons offices» de Blaise Compaoré. La direction du MNLA a d’ailleurs refusé, le 19 janvier dernier, de se rendre à Alger pour mener, avec d’autres groupes rebelles du nord du Mali, des discussions exploratoires ayant pour ordre du jour la relance du dialogue intermalien.





Mais parallèlement, les responsables du MNLA ont fait des pieds et mains pour être reçus en audience par Mohammed VI, le roi du Maroc, afin de solliciter son «accompagnement». Cette audience a fini par avoir lieu, vendredi dernier. Visiblement partisan du «tout, sauf l’Algérie», le MNLA a expliqué, dans son communiqué sanctionnant l’audience accordée par le souverain marocain à son secrétaire général, Bilal Ag Acherif, qu’il est décidé «à engager une diplomatie active auprès de tous les Etats soucieux de la paix et de la stabilité dans notre région en vue de dépasser les blocages et l’impasse dans lesquels le gouvernement du Mali est en train de mettre dangereusement le processus politique en cours».

Bref, aux yeux du MNLA, l’Algérie n’est pas le partenaire idéal pour réaliser ses «aspirations». Mais il n’est pas certain, aussi, que le Maroc ira jusqu’à se brouiller avec Bamako pour les seuls beaux yeux de la rébellion touareg, dont le poids sur le terrain a considérablement diminué.Les échos parvenant du nord du Mali montrent que le MNLA n’est pas la seule «partie» à ne pas aimer prendre l’avion pour Alger. Certains acteurs du Mouvement des Arabes de l’Azawad (MAA), de la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance (CMFPR) et du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), dont les représentants avaient pourtant admis le principe d’une médiation algérienne, ont dernièrement fait machine arrière. Des éléments du MAA et du HCUA ont même fini par dénoncer la rencontre d’Alger, arguant que ceux qui y étaient en leur nom ne les représentaient pas. Le porte-parole de la CMFPR, maître Harouna Toureh, qui avait fait le déplacement à Alger, sera d’ailleurs tout bonnement démis de ses fonctions.





Le plus étonnant, dans ce revirement, est que ce premier tour de table sur la crise malienne avait été organisé à la demande de Bamako et des groupes rebelles du nord du Mali. Pour quelle raison donc tous ces groupes rebelles veulent-ils évincer l’Algérie du règlement de la crise malienne ? Pour le moment, ni le MNLA, encore moins le MAA et le HCUA n’ont clairement motivé leur position de rejet. En l’état actuel des choses, la seule partie à tirer profil de la volte-face targuie est, bien entendu, le Maroc qui a longtemps cherché à jouer les bons samaritains dans la région.





Pragmatique qu’il est, le roi Mohammed VI saisira certainement la perche que vient de lui tendre le MNLA – qui veut absolument en faire un parrain du dialogue intermalien – pour d’abord renforcer son influence en Afrique de l’Ouest et tenter, ensuite, d’imposer son armée dans l’architecture sécuritaire du Sahel, une région avec laquelle le Maroc n’a aucun continuum géographique. Mais nous n’en sommes pas encore là. Le statu quo qui caractérise actuellement la crise malienne pourrait convaincre aussi les uns et les autres de s’en remettre, in fine, à l’ONU. Mais dans tous les cas, il est très difficile d’imaginer que l’avenir du Sahel puisse se décider sans l’Algérie. Et cela, tout le monde le sait. A commencer par le MNLA.
Zine Cherfaoui
Source: elwatan.com

jeudi 6 février 2014

Mali : IBK ne veut toujours pas comprendre qu’il n’est qu’en « présidence surveillée » (1/3) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali : IBK ne veut toujours pas comprendre qu’il n’est qu’en « présidence surveillée » (1/3) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Il peut bien aller et venir. Participer aux sommets internationaux. Rencontrer les uns et les autres. Serrer des mains. Recevoir des émissaires. Il lui faut se rendre à l’évidence : il est en « présidence surveillée ». Cinq mois après avoir prêté serment (c’était le 4 septembre 2013), le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) n’aura déçu que ceux qui avaient des illusions. La rupture, ce n’est pas lui.







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Mali : IBK ne veut toujours pas comprendre qu’il n’est qu’en « présidence surveillée » (1/3)La réconciliation, ce n’est pas lui. La droiture, ce n’est pas lui non plus. A la limite (je dis bien à la limite), ce ne serait pas dramatique. Il est quantité de chefs d’Etat en Afrique et ailleurs dans le monde (et c’est même une caractéristique de la fonction) qui manquent cruellement de sens commun. Ils pensent que la fonction se limite au titre et que c’est un acquis qui n’oblige a rien d’autre qu’à vivre selon le protocole.

IBK, promu président de la République du Mali par la grâce de l’opération « Serval » et confirmé dans la fonction par une élection présidentielle sans surprises, a donc tiré un trait, dès lors qu’il était installé à Koulouba, sur la réalité de la situation malienne. Une réalité contenue dans l’accord signé à Ouagadougou le mardi 18 juin 2013. Dont IBK n’était pas signataire mais qui l’engage clairement et absolument puisque c’est cet accord, signé par tous les acteurs de la « crise malo-malienne » et les représentants de la « communauté internationale » partie prenante dans sa résolution, qui a permis l’organisation de la présidentielle du 28 juillet /11 août 2013.

Or, chacun savait que IBK voulait ardemment accéder à cette fonction mais n’entendait pas, pour autant, se soumettre aux contraintes internes (les groupes armés installés au Nord-Mali) et aux contraintes externes (la Cédéao et la « communauté internationale » à commencer par la France) qui lui avaient permis de conquérir le pouvoir. Illusion : il pensait chausser tranquillement les mocassins de grande marque de son prédécesseur, Amadou Toumani Touré (ATT), afin de parcourir le Mali, l’Afrique et le monde avec l’étiquette de président de la République. Or, il y a dans sa chaussure présidentielle un caillou dont il aura bien du mal à se défaire et qui va l’obliger à claudiquer, et peut être même à chuter, s’il ne se résout pas à l’ôter.

L’Afrique adore organiser des sommets auxquels les chefs d’Etat des pays membres se rendent en délégation fournies qui les obligent à louer des avions ou à en emprunter. IBK s’est rendu au dernier sommet de l’UA*, à Addis Abeba (24-31 juillet 2014), dans un aéronef prêté par le roi du Maroc, Mohammed VI, qui dispute le parrainage du Mali à son « frère ennemi », l’Algérie. Et pendant ce temps-là, l’opération « Serval » et la Minusma s’efforcent de remettre de l’ordre dans le Nord-Mali tandis que l’UE s’est attelée à donner une capacité défensive (à défaut d’être offensive) à l’armée nationale malienne. Ce qui n’empêche pas IBK de penser qu’il est un chef d’Etat souverain dans un pays souverain.

Appelé à prononcer la motion de remerciements à la fin de la conférence de l’UA (la première à laquelle il participait en tant que chef d’Etat), IBK s’est montré redevable à l’Afrique (particulièrement au Tchad et à la Cédéao) et à la « communauté internationale » (particulièrement non pas à la France – qu’il n’évoque pas – mais à François Hollande qu’il appelle d’ailleurs tout simplement François) de pouvoir être là où il est après le « calvaire » et la « descente aux enfers » du Mali. Pour autant, c’est le silence radio complet sur l’évolution de la situation dans le pays et ses perspectives.

Or, le passé du Mali chacun le connaît : la « guerre » déclarée par le MNLA à Bamako ; le coup d’Etat militaire contre ATT ; la médiation de la Cédéao menée par le Burkina Faso afin de ramener le pays dans une norme constitutionnelle acceptable ; l’intervention militaire française avec le soutien des Tchadiens ; la négociation à Ouagadougou avec les différents acteurs de la crise ; les élections présidentielle et législatives, etc. Ce qui nous intéresse aujourd’hui, c’est le devenir de ce pays. Et l’observation de sa capacité à « gérer la crise ».

Malheureusement, le sentiment qui domine est que IBK fait comme si la crise était derrière lui et que son élection à la présidence avait, d’un coup de gomme, fait disparaître les causes internes et externes qui avaient provoqué le chaos. Mais IBK peut bien cacher sous un buvard les « pâtés » de l’histoire récente malienne, ils remontent, inexorablement, à la surface.

Dans son dernier rapport trimestriel, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s’est dit « vivement préoccupé par les conditions de sécurité précaires qui règnent dans le Nord du Mali et notamment par la recrudescence des attaques terroristes ». Il a noté l’absence de fonctionnaires, y compris de responsables de services techniques essentiels, les insuffisances en matière de policiers, de gendarmerie et de garde nationale, le manque de tribunaux, de prisons, de bureaux, de logements, les insuffisances de l’administration pénitentiaire, etc.

Et, du même coup, il a « engagé le gouvernement malien à mettre en place un cadre de concertation associant l’ONU et la communauté internationale, conformément aux dispositions de la résolution 2100 (2013) du Conseil de sécurité et de l’accord préliminaire [signé à Ouagadougou le 18 juin 2013] pour accompagner le processus ouvert de pourparlers et de négociations avec les parties signataires de l’accord ».

Chacun sait que c’est là que le bât blesse. Elu massivement à la présidence, disposant d’une majorité aux ordres à l’Assemblée nationale présidée par une personnalité (si tant est que le mot ait un sens pour l’occasion) atone, avec un chef de gouvernement dont on se demande de quel gouvernement il est le chef, IBK entend prendre le large. Et, du même coup, il va chercher ailleurs que dans la nébuleuse des acteurs de la gestion de la crise (ONU, Cédéao, France, etc.) des soutiens à sa vision strictement malienne de la résolution de la crise. Principale étape : Alger. Sa diplomatie a été en retrait sur le dossier malien dès que l’armée française est intervenue dans le Nord-Mali, ce qu’Alger voulait éviter.

Les Algériens n’entendent pas voir Paris se balader sur sa frontière Sud et mettre le nez dans leurs trafics locaux, y compris avec des groupes « terroristes » en réserve. Et puis, il y a eu « l’affaire In Amenas », douloureuse pour la bureaucratie algérienne dont l’existence est liée à la rente pétrolière et gazière. Bamako joue la carte algérienne pour dégager en touche la médiation menée par la Cédéao via Ouagadougou. Jugée trop en connexion avec le MNLA et Paris. IBK était d’ailleurs à Alger le jour où devait se signer le nouvel accord de défense franco-malien. Reporté du coup à une date ultérieure. Face à l’imminence de cet accord, Alger avait « mis les petits plats dans les grands ». Mais sans parvenir à rassembler tous les protagonistes de la crise. En d’autres temps, les Algériens ont joué la carte des dissensions au sein des groupes armés ; aujourd’hui, les « exclus » du jeu diplomatique algérien n’entendent plus jouer la carte de l’inclusion.

Alger peine ainsi à imposer sa médiation alors que Mohammed VI s’efforce, lui, de mettre la main sur le Mali, le grand voisin du Sud de son « frère ennemi » algérien. Le roi du Maroc y a passé une semaine, en septembre 2013, lors de la prestation de serment de IBK ; cette proximité entre Rabat et Bamako irrite Alger. Pour contrebalancer l’influence marocaine, les Algériens ne peuvent pas se couper de la médiation burkinabè ; il leur faut « ménager la chèvre et le chou » et « ne pas lâcher la proie pour l’ombre ». On ne s’étonne donc pas de voir le très habile ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibrill Y. Bassolé, séjourner à Alger quand il le faut.

* Ibrahim Boubacar Keïta s’est déplacé à Addis Abeba avec son épouse, Aminata Maïga Keïta, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, le ministre du Développement rural, Bokary Téréta, et plusieurs membres de son cabinet.

Jean-Pierre BEJOT
LA Dépêche Diplomatique