jeudi 17 octobre 2013

Recrudescence de la violence au Nord du Mali : La solution - maliweb.net

Recrudescence de la violence au Nord du Mali : La solution - maliweb.net
violence au Nord du Mali : La solution


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Carte_maliLes grandes dates :
11 Septembre 2013 : Accrochage entre l’armée malienne et des bandits armés (rebelles du MNLA) dans la région de Mopti à la frontière mauritanienne.
16-18 Septembre 2013 : Réunion avec la direction des groupes armés à Koulouba : affirmation du principe du tout négociable sauf trois : séparation, indépendance et autonomie.


24 Septembre 2013 : Libération d’une trentaine d’ex combattants du MUJAO (ex alliés du MNLA) par le MNLA sous le contrôle de la MINUSMA et le CICR. (Source : Dépêches du MALI)
26 Septembre 2013 : Le Mali demande une action coordonnée avec ses partenaires régionaux contre le terrorisme.
26 Septembre 2013 : Retrait unilatéral des groupes armés du processus de la mise en œuvre de l’Accord préliminaire de Ouagadougou.
27 Septembre 2013 : La France appelle officiellement le Mali à mettre en œuvre les mesures de confiance  prévues à Ouagadougou. (Source : Dépêches du Mali)
28 Septembre 2013 : Attentat à l’explosif dans la région de Tombouctou par les islamistes d’AQMI (ex alliés du MNLA).
29-30 Septembre 2013 : Accrochage entre l’armée malienne et les rebelles du MNLA dans la région de Kidal.
02 Octobre 2013 : Libération de 23 détenus des groupes armés par le gouvernement malien.
02 Octobre 2013 : Un accord de principe de défense entre le Mali et la France.(Source : Dépêches du Mali)
05 Octobre 2013 : Retour des groupes armés dans le processus de réconciliation nationale.
7 Octobre 2013 : Bombardement de la région de Gao par les islamistes du MUJAO (ex alliés du MNLA).
08 Octobre 2013 : Destruction d’un pont secondaire entre Gao et Niamey par les islamistes du MUJAO.
09 Octobre 2013 : Menace des islamistes d’AQMI contre les pays de la sous-région.


Synthèse analytique :
Cette chronologie des évènements depuis la prestation de serment du nouveau Chef de l’Etat implique une alliance sécrète entre le MNLA et une partie des islamistes, en l’occurrence le MUJAO. Ce qui expliquerait la libération unilatérale par le MNLA de leurs combattants qui n’étaient pas en moins les ennemis de la République du Mali qui aurait pu les poursuivre pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Quand aux islamistes d’AQMI, ils ont eu écho de ce deal et voulu s’y inviter de force en démontrant leur capacité de rendement supérieure ou égale à celle du MUJAO, en portant un grand coup contre l’armée malienne bien avant ce dernier, le 28 Septembre.


Cette stratégie a été décidée après la rencontre de Koulouba où il est devenu clair pour les responsables du MNLA que la seule négociation avec le nouveau Président ne leur procurera jamais une autonomie. Il faudra lui donner un coup de pouce en s’alliant au diable s’il le faudra.
Pendant que l’ennemi fait des alliances, l’armée malienne reste solitaire dans ce combat, contrairement à tout ce qui se raconte, car elle n’a pas les mêmes objectifs essentiels que la plupart de ses partenaires : assurer l’intégrité territoriale et l’unité nationale au prix du sang. Ce qui explique par ailleurs ses  combats défensifs du 11 Septembre et du 30 Septembre.


Toutes ces attaques sporadiques profitent à qui dans ce processus de négociation ?
-         Au MNLA qui,au pire des cas ne perd rien à attendre, au mieuxtout à y gagner. Alors que ces attaques déstabilisent les stratégies d’action et de réconciliation nationale du nouveau gouvernement.



Tant que le nouveau pouvoir n’acceptera pas d’accorder le minimum vital que représente l’autonomie pour ce mouvement, ce qui relève de l’impossible, il y aura toujours des attaques pareilles à l’avenir. La libération des 23 détenus leur a déjà donné l’illusion que cette stratégie peut marcher.
Que doit faire le Président IBK pour sauver sa République ?
-         Une guerre ouverte : pas nécessairement.


-         Une guerre larvée offensive : Oui, tout en maintenant le dialogue ouvert jusqu’à ce que les rebelles soient épuisés. Il ne faut, en aucune manière, leur laisser l’initiative. Cela suppose une diplomatie agressive dans la sous-région pour les isoler ; ce que le gouvernement a tenté d’ébaucher le 26 septembre et c’est le même jour où les groupes armés s’étaient retirés du processus pacifique.Drôle de coïncidence, non ?
Il n’y a malheureusement pas une troisième option. Tant que le Président IBK demeurera intraitable sur sa conception de l’indivisibilité territoriale, ces hors-la-loi l’entraîneront dans cette voie de la tension. Il vaudrait mieux pour lui de prendre une longueur d’avance.


A cet effet, rebaptiser « la réconciliation nationale » en « dialogue national avec les groupes armés » s’avérerait plus qu’utile, ce sera un bon coup stratégique.
La résolution de cette crise sécuritaire s’annonce très rude, car le peuple malien veut une solution définitive. Et il a bien raison. Mais, la réussite de ce combat noble et salvateur va se résumer en un seul mot : prévoir !


D’un ami du Mali,
K. Alexander. Pour maliweb.net

lundi 14 octobre 2013

Hollande et le «cas» Kidal : Un mutisme inquiétant. Lobby Touareg : Plus fort que le lobby juif - maliweb.net

Hollande et le «cas» Kidal : Un mutisme inquiétant. Lobby Touareg : Plus fort que le lobby juif - maliweb.net

L’actualité en fin de semaine dernière, on le sait, a été marquée par la visite du président François Hollande dans notre pays. Visite hautement symbolique en ce sens qu’elle intervient trois semaines seulement après le début de l’intervention militaire française dans notre pays. François Hollande en état de grâce depuis quelques semaines sur la question malienne aura, sans doute, encore séduit plus d’un à travers cette visite. De Mopti en passant par Tombouctou, jusqu’à Bamako, le président français a été accueilli dans une liesse populaire. « Le sauveur », comme l’appellent désormais beaucoup de Maliens, a pu mesurer par lui-même toute la joie d’un peuple acquis plus que jamais à sa cause depuis le 11 janvier dernier, début de l’intervention militaire française dans notre pays).


A travers cette visite, François Hollande aura donné un signal fort de toute sa détermination aux côtés du Mali. Ce que nous ne cesserons d’ailleurs de saluer. N’empêche pour nous de soulever une question qui fâche à présent plus d’un malien : le « cas Kidal » dont le président Hollande n’a pas officiellement fait mention lors de son passage à Bamako. Du moins, sur la Place de l’indépendance. En effet, le public est resté quelque peu sur sa faim après le discours du président français.

Tout au long de son allocution, Hollande est resté « bouche bee », sinon muet à propos de la situation à Kidal. Le chef de l’Etat français n’a, à aucun moment, évoqué les raisons de l’absence des troupes maliennes dans la localité. Toutes choses qui font davantage se délier les langues. C’est certainement pourquoi François Hollande a été interpellé sur le sujet par le public qui, pour la plupart, brandissait des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : « Merci Hollande, mais non à l’autonomie du MNLA, ennemi du Mali » ou encore « on ne veut rien négocier avec le MNLA… », entre autres. Des phrases qui traduisent pertinemment le sentiment général que partagent bon nombre de Maliens. Mais hélas !

Tout est fait pour que le pouvoir à Bamako s’engage dans une logique de négociation avec les rebelles du MNLA. Les faits sont là et parlent d’eux-mêmes. : D’un coté, l’armée française qui entre à Kidal sans les troupes maliennes parce que le MNLA l’a voulu ainsi. De l’autre, l’Etat major français qui prend acte de cette décision. La seule absence des soldats maliens à Kidal suffit pour l’appréhender. Une chose est sûre, la piste de négociation que l’Elysée voudrait privilégier avec les rebelles du MNLA n’est pas de nature à rassurer les Maliens. En parlant justement du MNLA, on pense notamment à cette réaction du président nigérien.

Mahmadou Issouffi qui était l’invité, dimanche dernier, de l’émission « Internationale » sur RFI, estime que c’est même une erreur de la part de la France de considérer le MNLA comme étant représentatif de la communauté touarègue. Le chef de l’Etat nigérien ne digère pas le fait qu’une certaine opinion réduise les rebelles du MNLA à la communauté touarègue. Pour lui, ce groupe de rebelles venus en partie de la Libye n’est qu’un groupuscule qui ne représente que lui-même. A son avis, si négociation il doit y avoir avec eux, l’Elysée doit impérativement exiger leur désarmement. Seul gage de sécurité à son sens.

D’ailleurs à propos de l’absence des troupes maliennes à Kidal, le colonel Gamou, lors d’une interview donnée la semaine dernière sur RFI, n’a pas lui aussi mâché ses mots sur la question. Pour lui, c’est inconcevable, voire incompréhensible que l’armée malienne ne soit pas présente à Kidal qui, jusqu’à preuve de contraire, demeure à son entendement (et à l’entendement de tous les Maliens d’ailleurs) une région du Mali comme toutes les autres régions. En attendant, carton jaune à M. Hollande…


Amadou N’DJIM



Lobby Touareg : Plus fort que le lobby juif

Décidément tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles pour les Touaregs. Au moment où la communauté malienne est en grande majorité indignée du revers de la médaille française à Kidal, c’est l’ONU de BanKi Moom qui s’invite au festival touareg sur le desert.En effet, alors que les grands de ce monde rechignaient à envoyer des troupes au Mali pour l’aider dans sa guerre contre les terroristes, voici que subitement , comme par enchantement, Banki Room est pressé de se manifester en envisageant d’envoyer quelque 5000 casques bleus, plus que ce dont avait besoin le Mali pour se sortir de cette situation.

Ces futurs casques bleus seront là , non pas pour aider le Mali ou être sous commandement de la Misma, mais simplement en maintien de la paix, pour protéger les Touaregs contre d’éventuelles exactions de l’armée malienne et pour sécuriser contre un retour éventuel des islamistes. Mais où donc étaient toutes ces bonnes volontés quand on égorgeait des militaires maliens avant de mettre les images terribles de leurs dépouilles sur l’internet ? Pas étonnant que de plus en plus de Maliens préfèrent Aqmi, Ansar Dine etc.…

Tout ce que vous voulez au MNLA, (…..) .Avec la présence de ces casques bleus, on se demande si ce n’est pas une façon de consacrer la partition du pays, dans la mesure où Kidal est visiblement interdite d’accès à l’armée malienne, et que , par conséquent, les forces onusiennes devraient servir de tampon , de forces d’interposition entre le » Mali » et ce qui reste du fameux Azawad imaginaire. La stratégie a été comprise dès le départ : demander plus, marchander et obtenir l’objectif visé. Hélas, on ne peut s’en prendre qu’à soi-meme.Encore un peu d’orgueil, vaillant armée!


I.V.

vendredi 11 octobre 2013

Destin de touareg égaré - maliweb.net

Destin de touareg égaré - maliweb.net

Destin de touareg égaré

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Soldats du MNLA à Kidal le 4 février 2013. REUTERS (photo archives)
Soldats du MNLA à Kidal le 4 février 2013.
REUTERS (photo archives)
Touareg égaré, tu mourras,
Pour l’Occident qui t’aide,
Au gré d’intérêts que tu plaides,
Sans avoir l’Azawad que tu voudras.
Toi qui as pris contre tes frères les armes,
Tu as fait couler du sang et des larmes.
Toi qui as violé tes sœurs,
Tu as ainsi brisé les cœurs.
Toi qui as détruit les mausolées,
Tu te nourris d’animaux volés.
Toi qui n’as jamais rien construit,
Tu as sur ton chemin tout détruit.
Toi qui n’as jamais connu la pelle,
Tu veux pourtant avoir la vie belle.
Toi qui ne connais pas le labour,
Tu veux que résonne pour toi le tambour.
Toi qui n’as jamais fait le mécanicien,
Ni le maçon ou le tôlier ou l’électricien,
Mais qui roule dans les véhicules somptueux,
Au milieu pour les autres des engins défectueux.
Toi qui ne connais pas la perche,
Mais qui profite de la pêche.
Toi qui repose sur les dons,
Emporté par ton esprit bidon,
Et qui veut vivre par les armes,
Après tant de vacarmes,
Tu mourras par les armes,
Laissant tes enfants en larmes.


Mamadou DABO

jeudi 10 octobre 2013

JournalDuMali.com: "Reconstruire la mosaïque": les populations du Nord veulent la réconciliation

JournalDuMali.com: "Reconstruire la mosaïque": les populations du Nord veulent la réconciliation
Par Célia d'ALMEIDA - 10/10/2013

Dans une étude dont les résultats ont été publiés ce 10 octobre, l'ONG Oxfam fait apparaitre les perspectives pour la réconciliation dans et entre les communautés du nord du Mali.

"La rupture est profonde mais pas irréparable ni irrémédiable". Ces quelques mots du Directeur pays d'Oxfam au Mali, Mohamed Lamine Coulibaly illustrent les résultats d'une enquête menée en Juin 2013 auprès de 2000 personnes à Gao, à Tombouctou, à Bamako et dans des camps de réfugiés maliens au Burkina Faso.

Le rapport présenté ce jeudi au Radisson de Bamako est l'oeuvre d'une équipe composée de représentants de OXFAM, Handicap International et WILDAF Mali. Ilaria Allegrozzi, responsable de la campagne pour les droits en situation de crise au Mali à Oxfam et co-auteure du rapport, explique le bien fondé de cette étude. "Nous avons pensé qu'il fallait donner la parole à ceux qui ont vécu la crise, qui en ont été victimes, directement ou indirectement. Ce rapport est fidèle à ce qui a été dit par les populations" rencontrées et interviewées sur les différents sites. Deux faits marquants au terme de ce travail de recherche: les populations veulent que la paix et la reconciliation soient effectives, mais elles désirent avant tout que justice soit rendue. "Sans jsutice, on ne peut pas parler de réconciliation, pas de recontruction du tissu social" peut-on lire dans le rapport.

    © Journaldumali.com Ilaria Allegrozzi, d'OXFAM,co-auteure du rapport
Plus jamais ça"

Le conflit qui a secoué le Mali de 2012 à 2013 a laissé de profondes séquelles dans le tissu social malien. Les relations entre individus et communautés qui entretenaient jadis des liens particuliers ont été tendues allant parfois jusqu'à des situations d'extrême violence, voire de haine. "Cette crise est un cauchemar pour moi, témoigne un habitant d'un village près de Tombouctou. Elle a tout bouleversé". Malgré ce sentiment général de "désastre", et la peur et la méfiance qui se sont installées, et toujours selon le rapport, on sent une volonté très forte de tourner la page. "Plus jamais ça, nous a-t-on dit. Partout", affirme le directeur Oxfam Mali.

Cependant, le rapport fait état de "minorités non négligeales, issues de populations déplacées internes et surtout réfugiées",qui estiment "la séparation entre communautés plus appropriée pour la reconstruction du Mali". Le "premier défi" sera donc celui du dialogue, conclut l'étude qui invite en terme de recommandation, les autorités maliennes à écouter la voix des populations. Restaurer la communication entre les individus et les communautés, les faire "s'asseoir ensemble, se parler, se donner la main et regarder dans la même direction". Eviter d'utiliser la question ethnique, minimisée par les populations, à des fins politiques et promouvoir la justice pour tous, afin que le tissu social mis à mal puisse se reconctituer correctement, en tirant des leçons des reglements des conflits précédents.Autant de pistes évoquées par les populations interrogées qui aspirent à une normalisation rapide de leur situation sociale, économique et sécuritaire.

Le rapport "Reconstruire la mosaïque, perspectives pour les relations sociales au nord du Mali" a été lancé simultanément au Mali et au Burkina Faso. Il fera l'objet d'une large diffusion dans les régions ciblées et d'une mission de plaidoyer auprès de l'Union Africaine à Addis Abeba et des prinicpales capitales occidentales, partenaires de la reconstruction du Mali

dimanche 6 octobre 2013

L’Azawad : Histoire d’un pays imaginaire - maliweb.net

L’Azawad : Histoire d’un pays imaginaire - maliweb.net

L’Azawad : Histoire d’un pays imaginaire


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Un graffiti dans le centre de Kidal. Sur la droite, le drapeau de l'Azawad. | Sylvain Cherkaoui / COSMOS pour Le Monde (photo archives)
Un graffiti dans le centre de Kidal. Sur la droite, le drapeau de l’Azawad. | Sylvain Cherkaoui / COSMOS pour Le Monde (photo archives)
A peine l’indépendance nationale acquise en 1960, certaines composantes des populations du nord du Mali avaient pris les armes pour réclamer un territoire : l’Azawad.
Une rébellion vite réprimée et qui a attendu les années 1990 pour se manifester de nouveau.
Depuis, des morts et des blessés ont été enregistrés par millier pour une histoire méconnue de beaucoup. Souvent des mêmes acteurs de cette guerre fratricide.
Pour mieux apprécier le phénomène, un géographe chercheur au Centre Ahmed Baba de Tombouctou et un éminent historien de la ville des 333 Saints, nous a édifie sur ce que c’est que l’Azawad et comment certains de nos frères en sont venus aux armes pour une portion de terre où toute vie humaine est  impossible.
En effet, selon San Chirfi Alpha, géographe chercheur au Centre Ahmed Baba de Tombouctou, l’Azawad ou « terre de pâturage », existe bel et bien, mais seulement du point de vue géographique.
C’est une sorte de région naturelle, une bande désertique située au nord de Tombouctou entre Araouane et Taoudenit.
L’Azawak donc n’est qu’une composante du relief dans le nord du pays tout comme les falaises de Bandiagara ou les monts mandingues ou encore les collines de Koulikoro sur d’autres parties du territoire malien.
Aussi, parallèlement à l’azawad qui se limite à Araouane, commence une autre vallée sèche dénommée Azawad qui s’étend de Ménaka à Ansongo.
L’Azawad donc, selon le chercheur San Chirfi n’est qu’un élément du sahel où jadis, deux types d’activités étaient pratiquées : l’élevage autour des oasis et une agriculture insignifiante des nomades.
Quant à une population dite de l’Azawad, soutient le chercheur, elle n’existait et n’existe toujours pas dans la mesure où, 80% de ceux qui occupaient l’Azawad étaient des nomades, donc en constant mouvement.
Toutefois, explique pour sa part l’historien Abdourahamane Abdou Maïga, l’Azawad n’a jamais constitué historiquement un terroir, car ne constituant depuis toujours qu’une de zone de transit pour les caravanes commercialisant le sel gemme entre l’Algérie et Tombouctou.
D’ailleurs, ajoute l’historien, du point de vue concentration humaine, l’Azawad n’avait jamais été habité et ne l’est pas encore en dehors de ses limites Taoudenit et Araouane.
Quelle lutte pour quelle libération ?
Pourquoi donc, pour une zone désertique, inhabitable, des frères touaregs ont-ils pris les armes ?
L’histoire remonte selon Abdourahamane Abdou Maïga en l’an 1957, trois ans avant l’accession de notre pays à la souveraineté nationale, quand, désespéré, le colonisateur français tentait de créer l’organisation commune des Etats sahariens. C’est alors qu’un Cadi d’Arouane Mohamed Maouloud avait été coopté par le colon qui faisait bagages et qui avait alerté : « Bientôt le Soudan ira à l’indépendance. Si les touaregs ne luttaient pas, ils seront sous la domination noire. Il faut créer un Etat saharien entre l’Algérie et la Mauritanie ». C’est-à-dire un Etat dans l’Etat malien. Le colonisateur français venait de semer les prémices d’une division dans notre pays. Et ce sera, grâce aux efforts conjugués de plusieurs patriotes maliens notamment de Mahamane Alassane de Tombouctou que l’idée sécessionniste avait été combattue et le dessein de création d’un Etat saharien était tombé dans l’oubli.
Ce ne sera hélas pas pour longtemps car trois ans après l’accession de notre pays à l’indépendance, en 1963, des groupuscules touareg s’étaient organisés dans l’espoir de pouvoir créer un Etat à part entière dans un autre : le Mali. La rébellion naissance avait été systématiquement démantelée par la 1ère République conduite par Modibo Kéïta. Mais, après, explique l’historien Maïga, d’autres groupuscules, touaregs et arabes, aidés par certains Etats voisins, se sont réorganisés à partir de juin 1990 pour reprendre les armes.
Boubacar Sankaré

Djeri Maïga : « Le problème de l’Azawad ne saurait être un problème de terrorisme et de développement, C’est un problème politique qu’il faut gérer. Les uns et les autres doivent le comprendre » - maliweb.net

Djeri Maïga : « Le problème de l’Azawad ne saurait être un problème de terrorisme et de développement, C’est un problème politique qu’il faut gérer. Les uns et les autres doivent le comprendre » - maliweb.net
C’est un problème politique qu’il faut gérer. Les uns et les autres doivent le comprendre »

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Djeri MaïgaLes rébellions touareg et arabe ont annoncé samedi soir qu’elles reprenaient les négociations de paix avec le gouvernement malien, portant notamment sur les territoires du Nord où vivent essentiellement ces communautés, neuf jours après les avoir suspendues unilatéralement.


L’annonce, effectuée par Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, le chargé des relations extérieures du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), au sortir d’une audience à Ouagadougou avec le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la crise malienne, relance le processus de paix, alors que des violences avaient repris dans le nord du Mali.

« Désireux de créer un climat de confiance réciproque pour la poursuite du processus de paix, réaffirmant notre attachement à l’esprit de l’accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali, (nous) déclarons la levée de la suspension de notre participation au sein des organes de l’accord », a lu M. Assaleh devant la presse.

Les rebelles ont indiqué avoir pris « acte des engagements récemment pris par les nouvelles autorités maliennes et la main tendue d’(…) Ibrahim Boubacar Keïta en vue d’une pleine et entière mise en oeuvre des mesures de confiance prévues par l’accord ».

Après dix-huit mois de crise politico-militaire, les mouvements rebelles touareg ont signé le 18 juin à Ouagadougou un accord avec Bamako visant à permettre l’organisation de la présidentielle du 28 juillet à Kidal, ville située au nord-est du Mali sous contrôle des groupes armés touareg, après l’intervention française qui a chassé du nord du Mali les groupes djihadistes alliés à Aqmi.

Après plusieurs mois de collaboration, qui avaient notamment permis l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta à la tête du Mali en août, les rebelles avaient suspendu les négociations avec Bamako le 26 septembre parce que les autorités maliennes ne respectaient pas leurs engagements, a expliqué samedi à l’AFP Mahamadou Djeri Maïga, le vice-président du MNLA.

« Depuis l’investiture du nouveau président, on a l’impression que pour le nouveau pouvoir la paix est retrouvée, que le terrain a été conquis et que donc il n’y a plus de problème. Mais la vérité est autre », a déclaré M. Maïga.

« L’accord (de Ouagadougou) n’est que préliminaire. C’est maintenant que les discussions sérieuses vont démarrer et c’est à travers ces discussions que nous saurons quel type de statut nous aurons pour l’Azawad », a-t-il poursuivi, dans un entretien avec l’AFP.

La question de l’autonomie des territoires du nord du Mali (nommés +Azawad+ par les touareg) est la principale pomme de discorde entre les deux parties. Voulue par les insurgés, elle se heurte à un refus inflexible de Bamako, pour qui l’intégrité territoriale du pays ne saurait être remise en cause.
La rupture des négociations avait provoqué une éruption de violence instantanée au Mali.

Dès le 27 septembre, deux militaires maliens étaient blessés dans un attentat à la grenade à Kidal (nord-est), où des échanges de tirs, parfois nourris, ont eu lieu entre soldats maliens et rebelles touaregs le 29 et le 30 septembre.

Le 28 septembre, un attentat suicide d’Aqmi à Tombouctou tuait deux civils et blessait six soldats, selon Bamako. Al-Qaïda au Maghreb islamique a chiffré à 16 le nombre de morts au sein des troupes maliennes.

Mercredi, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a répété qu’il gardait la main « tendue » vers les touareg, alors que vingt-trois prisonniers arrêtés « sur le théâtre des opérations » militaires dans le nord ont été libérés dans le cadre de l’accord de Ouagadougou.

« Le problème de l’Azawad ne saurait être un problème de terrorisme et de développement, a observé Mahamadou Djeri Maïga. C’est un problème politique qu’il faut gérer. Les uns et les autres doivent le comprendre. »
 
MNLA

Exclusif RFI/«Libération»: le projet du chef d'Aqmi pour le Mali - Documents Aqmi - RFI

Exclusif RFI/«Libération»: le projet du chef d'Aqmi pour le Mali - Documents Aqmi - RFI

mardi 1 octobre 2013

Mali : pourquoi les Touareg se rebellentMalijet Mali : pourquoi les Touareg se rebellent Mali Bamako

Malijet Mali : pourquoi les Touareg se rebellent Mali Bamako

Mali : pourquoi les Touareg se rebellent

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Mali : pourquoi les Touareg se rebellent
Dans "Je reviendrai à Tombouctou", le chef touareg Shindouk Ould Najim, forcé à l'exil en 2012, explique pourquoi rien n'est encore gagné au Mali.



Si le Mali a été propulsé sur le devant de la scène internationale en janvier 2013, à la faveur de l'opération Serval, le pays a peu à peu disparu des journaux hexagonaux à mesure que s'enchaînaient les succès de l'armée française. Les violences n'ont pourtant pas cessé. Le Nord, que la France a libéré au début de l'année, est de nouveau le théâtre de combats. Cette fois, ce ne sont plus les djihadistes mais des rebelles touareg indépendantistes qui affrontent les soldats maliens. Leur lutte est vieille comme le Mali, État qui a gagné son indépendance en 1960. 
Mais que sait-on exactement de ce pays d'Afrique de l'Ouest aux innombrables cultures ? Comment en est-on arrivé à cette guerre ? Shindouk Ould Najim, un chef touareg malien, témoigne des multiples facettes du Mali dans Je reviendrai à Tombouctou*. Né en 1961, au lendemain de l'indépendance du pays, ce chef touareg appartient aux Ould Najim, une tribu berbère de 1 500 membres originaire du sud du Maroc.

Spécificité nomade

Spécialisés dans le transport du sel à travers le Sahara, les Ould Najim ont été amenés à migrer dans la région de Tombouctou, où ils se sont intégrés, au fil du temps, aux tribus touareg locales (peuple berbère du Sahara). "Berbères, Arabes et Touareg. Nous sommes les trois à la fois", explique Shindoukh dans Je reviendrai de Tombouctou. "Les réalités africaines sont souvent compliquées." Enfant, Shindouk parcourt avec son père des milliers de kilomètres à travers les déserts du Maroc, du Mali, du Niger, de la Mauritanie, de l'Algérie et du Tchad, pour conduire les caravanes de dromadaires.
Shindouk Ould Najim/DR
Comme la majorité des habitants du Nord-Mali, qui ne constituent que 10 % de la population totale du pays (16 millions, NDLR), Shindouk Ould Najim est un nomade, aux traditions culturelles bien spécifiques. "Les sociétés nomades sont quasiment féodales, avec une hiérarchie sociale très stricte allant des nobles aux personnes de statut servile", explique Jean-Luc Peduzzi, spécialiste des questions de sécurité dans la bande sahélo-saharienne et coauteur du livre aux côtés de la chercheuse Laurence Aïda Ammour.

Discriminations

À l'inverse, les populations du Sud, en majorité noires, demeurent sédentaires. "Le Mali a démarré sur de mauvaises bases", souligne Shindouk, qui ne se dit "ni séparatiste, ni islamiste, mais malien". "Différences de race, de culture et de mode de vie, encore de nos jours, quand les Maliens du Sud parlent du Nord, on a souvent l'impression qu'ils parlent d'un autre pays", note-t-il. Habitant une zone désertique qui forme les deux tiers du pays, les Touareg estiment être marginalisés par l'administration centrale.
"Le premier gouvernement du Mali indépendant était un régime socialiste d'inspiration stalinienne", rappelle Jean-Luc Peduzzi, qui relaie dans le livre les paroles de Shindouk. "Il considérait les nomades comme un peuple primitif moyenâgeux, ennemi du progrès. Tout l'opposé de l'homo sovieticus, modèle lointain qui inspirait, à cette date, les dirigeants maliens." Shindouk raconte que les nouvelles autorités du Mali indépendant multiplient alors les mesures discriminatoires ayant pour but de "civiliser" ces populations. Interdiction d'entrer dans les villes à la nuit tombée, arrestations, amendes ou confiscation de marchandises, l'humiliation subie par les nomades était trop lourde.

Exil

Excédés par ces traitements, les Touareg de Kidal (ville de l'extrême Nord malien, NDLR) se soulèvent en 1963. La première rébellion touareg est née. Trois autres suivront, en 1991, en 2006 puis en 2012. Chaque fois, la révolte est durement réprimée par l'armée malienne. Shindouk parle même d'"épuration ethnique". "Il s'agissait plutôt d'une volonté de mater une communauté dissidente", tempère Jean-Luc Peduzzi. Des dizaines de milliers de "teints clairs" - c'est ainsi que les Maliens nomment les populations arabes et touareg du Nord - fuient en direction des pays voisins. Shindouk en fait partie. Pendant cinq ans (1991-1996), il n'a d'autre choix que de s'exiler dans des camps de réfugiés, en Mauritanie.
"Pour la première fois depuis l'indépendance, nous avions le sentiment d'être respectés", souligne-t-il. De retour à Tombouctou, Shindouk Ould Najim se lance dans le tourisme et crée son agence de voyage, Sahara Passion. "Avec le retour de la paix, j'ai commencé à organiser des visites de la ville, puis des circuits dans le désert, de plus en plus loin, à pied ou à dos de dromadaire", raconte-t-il. C'est à cette occasion qu'il rencontre Jean-Luc Peduzzi, alors attaché de sécurité intérieure à l'ambassade de France à Bamako, à qui il va faire découvrir les joyaux du désert malien. "Nous passions des heures, la nuit, dans le désert à contempler les étoiles", se souvient le commissaire. "C'est lui qui m'a donné le goût du désert, univers où j'ai beaucoup voyagé par la suite."

Abandon du Nord

En 2004, Shindouk rencontre Miranda, une Américaine de retour de Mauritanie où elle a appartenu aux Peace Corps, de jeunes volontaires envoyés par Washington en Afrique pour favoriser la paix et la fraternité en Afrique. Ils auront un fils, Najim. Et en dépit de la signature en 1992 du Pacte national de réconciliation avec le Nord, la condition des Touareg ne s'améliore pas. "Les populations de l'Azawad ont gardé l'impression d'avoir été négligées et traitées de façon injuste par le pouvoir central", explique Shindouk.
Abandonné par Bamako, le Nord-Mali développe une véritable économie parallèle. Traditionnel carrefour des routes commerciales transsahariennes, la région devient zone de tous les trafics. "L'État n'avait pas les moyens d'assurer sa souveraineté sur la région et a laissé tomber le Nord, qui est devenu, de facto, un véritable Far West", indique Jean-Luc Peduzzi. Tout d'abord théâtre de la contrebande de cigarettes, de voitures ou de migrants, le désert malien sert bientôt de zone de transit aux convois de cannabis et de cocaïne. À la fin des années 1990, la région voit débarquer le fléau djihadiste.

Arrivée d'al-Qaida

Poursuivi par le pouvoir algérien après dix années de guerre civile, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, successeur du GIA) trouve dans l'Azawad une zone de repli inespérée. En 2007, le GSPC s'affilie à al-Qaida et devient al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Cette fois, ce ne sont plus des cigarettes mais des otages occidentaux qui sont monnayés. Pour mieux s'implanter dans la région, les leaders du groupe terroriste n'hésitent pas à épouser des filles de chefs touareg. L'effet est dévastateur pour le tourisme. Les tour-opérateurs annulent leurs voyages dans la région. Le rallye Dakar, dont l'édition 2008 a été annulée, ne traversera plus l'Afrique.
L'opération militaire française en Libye, en mars 2011, va bouleverser l'équilibre de la région. À la chute de Muammar Kadhafi, les nombreux Touareg qui avaient intégré l'armée du Guide rentrent au pays avec armes et bagages. Fin 2011, plusieurs factions touareg créent le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), une formation laïque déterminée à établir un État indépendant au nord du Mali. Écarté de ce groupe, un autre leader touareg historique, Iyad Ag Ghali, inaugure son propre mouvement, Ansar Dine, avec comme élément fédérateur l'islamisme radical. L'homme est pourtant un ancien bassiste, "grand fêtard", qui s'est reconverti dans l'islam politique "autant par stratégie" que par "sens du terrain", estime Shindouk. 

Opportunisme

Contrairement à ses anciens camarades, Iyad Ag Ghali n'a pas de visée séparatiste, mais souhaite au contraire appliquer la charia dans l'ensemble du pays. Un but qui va permettre à Ansar Dine de bénéficier du soutien d'Aqmi. "N'oubliez jamais que les civilisations du désert sont celles de la survie", pointe Jean-Luc Peduzzi. "Les alliances se nouent et se dénouent vite, au gré des situations, avec beaucoup d'opportunisme." Bien qu'opposés dans leurs objectifs, les deux groupes touareg du MNLA et d'Ansar Dine vont combattre côte à côte début 2012. Le 24 janvier, les insurgés s'emparent de la localité d'Aguelhok. 
Des dizaines de jeunes militaires maliens sont froidement exécutés. Les images du massacre, diffusées sur Internet, choquent le pays. Informé de la chute imminente de Tombouctou, Shindouk décide en mars 2012 de fuir in extremis avec sa famille. "Sa maison étant surnommée à Tombouctou l'ambassade des Toubabs [Blancs], il n'avait d'autre choix que de partir", souligne Jean-Luc Peduzzi. Le guide malien réapparaîtra quelques jours plus tard, dans un e-mail. En pièce jointe du message, la photo du chef touareg en tenue traditionnelle, au beau milieu d'un paysage enneigé. Shindouk s'est réfugié au Canada, en Nouvelle-Écosse, chez sa belle-famille.
Shindouk Ould Najim/DR

Coup d'État

C'est sans doute l'incapacité de l'armée malienne à venger le massacre d'Aguelhok et à contenir l'offensive rebelle qui va provoquer le coup d'État militaire du 22 mars 2012. La mutinerie d'une poignée de sous-officiers suffira à faire tomber le régime, mettant fin à dix ans de règne du président Amadou Toumani Touré. "Ils furent probablement les premiers étonnés du résultat obtenu", souligne Jean-Luc Peduzzi. À leur tête, le capitaine Amadou Sanogo, ancien professeur d'anglais au camp militaire de Kati. Mais ce coup de force va provoquer l'inverse de l'effet souhaité. 
Profitant de la confusion régnant à Bamako, les insurgés s'emparent coup sur coup des trois plus grandes villes du Nord : Kidal, Gao et Tombouctou. "Les groupes islamistes possèdent des combattants chevronnés, mais ils recrutent aussi localement", explique Jean-Luc Peduzzi. "Beaucoup de jeunes au chômage les ont rejoints, non pas par conviction, mais parce qu'on leur proposait 600 euros par mois." Seulement, l'entente de circonstance entre rebelles touareg et islamistes ne va pas durer.

Application de la charia

Aidés par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), une dissidence d'Aqmi, Ansar Dine chasse le MNLA du Nord. Régnant désormais en maîtres dans la région, les islamistes (Aqmi, Ansar Dine et le Mujao) sèment la terreur dans les villes conquises. Au nom de la charia, ils multiplient les mutilations d'habitants et détruisent les mausolées saints de Tombouctou, alors que le pays est caractérisé par son islam modéré. "Les terroristes ont martyrisé tout le Nord-Mali durant onze mois", insiste Shindouk. 320 000 Maliens sont déplacés. 180 000 se réfugient dans les pays voisins.
Six mois plus tard, les islamistes lancent l'offensive finale en direction du sud et de Bamako. Conscient de l'état de délabrement de ses troupes, le président malien intérimaire, Dioncounda Traoré, rédige alors une lettre d'urgence demandant l'aide de la France. "L'État malien aurait coulé complètement et le pays aurait été rayé de la carte si la France n'était pas intervenue", assure Shindouk. "L'instauration d'un califat djihadiste au Mali, frontalier avec sept autres pays, aurait constitué une véritable bombe à retardement en Afrique de l'Ouest", renchérit Jean-Luc Peduzzi. 

Succès français

Lancée le 11 janvier, cinq heures après l'appel à l'aide du président Traoré, l'opération française Serval, du nom de ce félin africain chassant par surprise, est un succès retentissant. En moins d'un mois, l'armée française, aidée de troupes tchadiennes, parvient à repousser la menace terroriste. Les djihadistes qui ne sont pas morts se replient dans le Sud libyen, devenu nouvelle zone de non-droit. Mais Bamako n'en a pas fini pour autant avec le Nord. 
Profitant du vide laissé par les islamistes, les rebelles touareg du MNLA, qui avaient pourtant été mis en échec par leurs ex-compagnons islamistes, reprennent la ville de Kidal. Ils refusent dès lors de rendre les armes avant d'avoir négocié avec le pouvoir le statut définitif de l'Azawad. Un accord de dernière minute sera finalement arraché en juin 2013. Le MNLA accepte pour sa part un désarmement partiel et le cantonnement de ses soldats. L'armée et l'administration maliennes pourront alors se déployer progressivement à Kidal. Le désarmement total ne devra intervenir, en revanche, qu'une fois signé un accord global et définitif de paix, après la présidentielle. 

Justice

Déjouant tous les pronostics, l'élection a pu se tenir dans tout le pays à l'été 2013 et a consacré Ibrahim Boubacar Keïta, un ancien Premier ministre. Or, le 26 septembre, le MNLA a annoncé à la surprise générale qu'il suspendait le dialogue avec Bamako, accusant le pouvoir de ne pas respecter sa parole, ce qui a précipité les derniers heurts. Quant à Shindouk, il garde les yeux rivés sur son pays natal, toujours réfugié à quelques milliers de kilomètres de là.
Pour lui, le Mali ne s'en sortira que s'il juge tous ceux qui se sont rendus coupables d'exactions dans le pays, qu'ils soient djihadistes, rebelles touareg ou soldats de l'armée régulière. "Sans justice, le pardon ne sera pas possible et il n'y aura pas de vraie réconciliation", insiste-t-il. Enfin, après une présidentielle réussie et les 3,25 milliards d'euros d'aide promis par la communauté internationale, le chef touareg milite pour l'instauration de nouvelles pratiques responsables intégrant la société civile dans la reconstruction du pays, au nord comme au sud du Mali.
Si les troubles que connaît le Mali ne lui permettent pas, pour l'heure, de rentrer, Shindouk Ould Najim sait qu'il reprendra bientôt la route du voyage. Il ne peut en être autrement : il reviendra à Tombouctou.
DR
(*) Je reviendrai à Tombouctou de Shindouk Ould Najim, Jean-Luc Peduzzi et Laurence Aïda Ammour (Ixelles éditions).
Par ARMIN AREFI
Source: Le Point.fr