dimanche 25 août 2013

Lettre ouverte du FDR au président de la Republique par interim - maliweb.net

Lettre ouverte du FDR au président de la Republique par interim - maliweb.net
interim


Les membres du FDR (photo archives)

Les membres du FDR (photo archives)
Monsieur le Président de la République par intérim,
Nous avons l’honneur de soumettre à votre appréciation les faits et constats ci-dessous:
  • Le 12 avril 2012, à la suite de la mobilisation du peuple, sous l’égide du FDR, et de la Communauté Internationale, vous avez prêté serment comme Président de la Transition consacrant dans les faits le retour à l’ordre constitutionnel;
  • Les partisans du Coup d’Etat opposés à toute forme de restauration de la légalité constitutionnelle ont entrepris diverses et multiples tentatives de renverser le pouvoir de Transition, notamment son Président ;
  • Le 21 mai 2012, c’est le summum de cette défiance qui s’est traduite par la lâche attaque physique du Président de la Transition ;
  • Les tentatives répétées d’organiser des « Concertations Nationales Souveraines » d’essence putschiste ont pollué l’atmosphère de juillet 2012 à janvier 2013;
  • Les manifestations des 9 et 10 janvier 2013 devaient culminer au renversement violent de la Transition…..Ce second putsch n’a échoué que grâce au FDR.

Face aux assauts répétés des auteurs et partisans du Coup d’Etat, le FDR a immuablement défendu le retour à l’ordre constitutionnel et la nécessaire et impérieuse soumission du pouvoir militaire au pouvoir politique civil.

Cependant,  nous regrettons que tout au long de ce combat, les actes posés par le 1er Magistrat que vous êtes, aient conforté les putschistes au détriment des défenseurs de la Démocratie et de la République.


Ainsi, contre toute attente, peu de temps après la tentative du Coup d’Etat du 10 janvier, vous avez pris la responsabilité devant l’histoire « d’introniser » le Capitaine à la présidence d’un comité chargé de la réforme de l’armée.




Au cours de sa cérémonie d’intronisation vous n’avez pas manqué d’annoncer qu’il sera porté au grade qui sied à une telle mission.

Au Conseil des Ministres du mercredi 14 août 2013, en violation flagrante de l’article 77 de la Loi n°055 du 16 décembre 2002 portant Statut Général des Militaires en République du Mali, vous avez indûment et illégalement élevé au grade Général d’armée l’auteur du coup d’Etat.




Au terme de l’article 77 de la Loi susvisée, il est expressément stipulé que « nul ne pourrait être Général s’il n’a suivi et terminé une formation dans un centre professionnel et technique. »

Au regard de cette disposition, votre acte de nomination ne se fonde sur aucun texte législatif ou réglementaire en vigueur au Mali.


L’avancement à titre exceptionnel auquel il est fait référence dans l’acte de nomination du Capitaine Sanogo au Grade de Général d’Armée trouve son support juridique dans la Loi 055 portant Statut Général des Militaires qui dispose en son article 45 : « les nominations et promotions peuvent être prononcées à titre exceptionnel pour récompenser les actes d’éclat et services exceptionnels sans considération de la durée minimum de service fixée pour l’accès au grade supérieur.»


Et de façon péremptoire, l’article 40 du même Statut tranche définitivement la question en disposant: “les promotions ont lieu de façon continue de grade à grade, à l’exception de la nomination des sous-officiers à un grade d’officier.”


En tout état de cause, il convient de préciser que l’esprit et la lettre de cette disposition légale se rapportent à un avancement d’un grade inférieur au grade immédiatement supérieur. En application de cet article, la nomination d’un Capitaine au Grade de Général est irrégulière et doit être frappée de nullité absolue.




Le FDR estime qu’en contrevenant de très bonne foi aux dispositions légales par voie réglementaire normale, votre gouvernement a, indiscutablement, en même temps, violé le sacro-saint principe juridique du parallélisme des formes et posé un acte de forfaiture suprême et inqualifiable.

Monsieur le Président, en plus de ce capitaine sans aucun mérite autre que celui d’avoir rabaissé son pays, vous élevez au grade de Général cet autre putschiste, spécialisé depuis peu dans la proclamation anticipée du candidat de son choix à l’élection présidentielle.


Monsieur le Président, au même moment, vous radiez de nos forces armées et de sécurité des patriotes dont le seul tort est d’avoir dénoncé la lâcheté de ceux que vous avez promus et de leur demander d’aller sur le front.


Le FDR estime qu’en l’état, ces décisions d’une gravité extrême pour la cohésion de notre vaillante armée font apparaitre votre gouvernement comme un démolisseur de grandes œuvres. En effet, comment comprendre qu’au moment où notre peuple éprouve l’ardent désir de se réconcilier, pour des raisons incompréhensibles de discipline vous renvoyez de l’armée cinq vaillants soldats pendant que des individus ayant commis vis-à-vis de leur Etat un crime imprescriptible se voient promus.


En tout état de cause, le FDR, fidèle à sa tradition démocratique et républicaine, se fera le devoir à cet effet de saisir le Tribunal Administratif en demande d’annulation du décret attribuant illégalement et indûment des droits au Capitaine Sanogo et au Colonel Moussa Sinko Coulibaly en violation flagrante de la législation en vigueur au Mali.




Monsieur le Président, bien que tout le monde soit pressé que cette Transition prenne fin – à cause de tous ces bruits de casseroles dont l’opinion est quotidiennement informée- nous craignons bien que sa fin ne soit tragique pour notre pays à cause de ces décisions inopportunes de ces derniers temps qui manquent, pour le moins, de sagesse.

 
En conséquence, nous en appelons à une vigilance accrue des Démocrates maliens, au sens de responsabilité du nouveau Président de la République et à la Communauté Internationale  pour une révision rapide de ces décisions qui ne font pas honneur à notre pays et ne manqueront pas, si elles ne sont abrogées, de plonger notre pays dans une période d’incertitude aux conséquences imprévisibles.


Le FDR quant à lui restera une sentinelle vigilante pour une démocratie apaisée et une république laïque !
Nous vous prions d’accepter, Monsieur le Président de la République par intérim, l’expression notre profonde considération.




Bamako, le 22 août 2013
LE PRESIDENT DU FDR

samedi 24 août 2013

Leader du MNLA-Sud : Général Amadou Haya Sanogo, «Guest Star» ! - maliweb.net

Leader du MNLA-Sud : Général Amadou Haya Sanogo, «Guest Star» ! - maliweb.net

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Auréolé de ses quatre étoiles de général de corps d’armée, président du Comité de réforme des forces armées et de sécurité du Mali, chef de la junte militaire, spécialiste de désobéissance des autorités d’une transition au motif que c’est suite à son débile coup d’Etat que ladite transition est survenue, Amadou Haya Sanogo, déjà alpagué dans cette même rubrique comme leader du Mnla-Sud,  est en passe de devenir son Guest Star. 
 
Capitaine_SanogoxxHé oui, soldat, revendiquant volontiers ce titre, le capitaine promu général se découvre de plus en plus comme celui qui aura mieux profité du Mali depuis le 22 mars 2012. Reste qu’en acceptant tous les honneurs au titre d’une réconciliation nationale à odeur de frustration militaire, Amadou Haya Sanogo, s’identifie à ces personnes sans scrupule qui saisissent toute opportunité pour se hisser là où leur mérite et autres compétences ne leur permettent pas.  Le général Sanogo constitue, peut-être à cet effet, un facteur de frustration militaire, en tout cas de tant de questionnements sur sa contribution à l’apaisement politico-militaire du pays et surtout de sa capacité à penser à autrui, à ses éléments en tant que chef militaire. Décidément, le titre Guest star des leaders du Mnla-Sud, équivalant au grade de général de corps d’armée,  ne se décrète pas, mais se mérite. Et le général Sanogo le mérite à tous points de vue. Jugez-en  vous-même !

Le tout nouveau général confirme, en tout cas, tout le bien qu’on pensait de lui. En ce sens qu’il fut un instructeur à ne pas imiter. Un capitaine qui ne cherche qu’à se sauver lui-même quand le bateau coule. À se méfier évidement. Enfin, un chef militaire stratège qui ne pense qu’à lui-même. À ne pas donc suivre. Et qu’il a droit au titre de Guest star des leaders du Mnla-Sud,  show man télé, s’il en est un, Malien de droit et de devoir comme le dit si bien son bienfaiteur, le Professeur président. Qui oublie d’ajouter que le désormais général Sanogo peut considérer le Mali comme une vache à lait intarissable, tant que lui Dioncounda préside aux destinées du Mali. Bien peut-être. Mais, pas pour longtemps. Délit de sale gueule d’un président qui prêche la réconciliation et pose en même temps des actes pouvant frustrer un corps d’armée déjà démobilisé et démotivé par une gestion clanique de 20 ans. Qui les qualifie d’actes minimes, facilitant la tâche à un président élu et légitime, contrairement à lui qui a été  nommé. Un roi sans royaume, ce Pr. président.

Le Mali est vraiment l’éternel abonné aux exceptions, toujours incapable de réaliser deux exploits dans la surface des dix-huit mètres. Mais, en devenant général de corps d’armée par décret pris en Conseil des ministres, comme un attaché de ministre, pardon à eux, donc nommé, Amadou  Haya Sanogo, par sa capacité à ne rien refuser de ce que le pays lui offre,  comme primes ou récompenses de son acte du 22 mars 2012 et surtout, par sa fausse modestie, renforce le processus de sa chute libre dans l’estime du peuple malien, entamée depuis peu, du moins, de ceux pour qui il constituait une référence ; ceux-là mêmes qui lui vouaient respect et considération. Comme quoi, un leader du Mnla-Sud, même chef militaire, ne peut changer en posant un acte au profit de l’intérêt général.  Guest star des leaders du Mnla-Sud comme le général Sanogo, on mettra du temps à en trouver.

Habitués de cette rubrique, vous aviez compris, le général de corps d’armée est mieux que quiconque, en cette période où on cultive à souhait la réconciliation nationale, celui qui se sert du Mali, comme le fiston de cette vieille grand-mère qui vend des galettes à l’entrée tout juste à côté du Camp militaire de Kati. Un Camp militaire devenu alors l’épicentre du pouvoir politico-militaire au Mali depuis ce 22 mars 2012.  Ce jour-ci, un homme rencontre son destin, mais rate son entrée dans l’histoire du Mali.  Cet homme, un soldat, capitaine de son état, est chef d’une rébellion militaire. Laquelle composée de soldats non gradés, ont pris la mauvaise décision d’aller chercher un officier pour conduire leur acte. Mauvaise décision qui place le capitaine au-devant de la scène malienne et internationale. Mais, encore une mauvaise décision qui révèle au grand public un certain  Amadou Haya Sanogo. Les jeunes ont respecté là un engagement militaire qu’appréciera mal leur capitaine en le mettant au compte de ses qualités supposées d’officier militaire. Preuve, à une semaine d’existence publique, le capitaine endossa la peau d’un homme qui aura rêvé à de l’or la nuit et s’est réveillé le matin avec le métal précieux en main. Malheur alors à ceux qui trouvent que cet or vendu, doit mériter un partage commun. Malheur surtout à celui qui trouve que l’or de rêve est impur. Le voici avec son bâton mystique pour mieux impressionner. Le voici surtout dans ses actes au-delà des normes sur la route de son ambition nationale. Fondé qu’il est que son jour est alors arrivé ? Sauf que la route devant le mener à Koulouba, là où un président élu démocratiquement a été chassé, endroit de rêve doré de Sanogo depuis peu, n’est pas parallèle. Difficile surtout à atteindre, sauf par élection.

Et un coup d’Etat, même débile, n’est pas égal à une élection. Il n’y a surtout pas un passeport pour un titre présidentiel acceptable par tous. Le capitaine l’apprendra à ses dépens. Son rêve, truffé d’embûches, est difficilement réalisable. Et il le sait. Mais, acclamé par les opportunistes qui lui octroient un titre de sauveur national, il se doit de mériter cette réputation soudaine. Amadou Haya Sanogo confond alors chance et destinée. Même de façade, le Mali vit un régime démocratique. Contraint et sous pression internationale, le capitaine croit dur comme fer que le Mali est en marge de l’humanité entière, de l’évolution de la société planétaire. Souvenez-vous-en alors.

L’officier militaire refuse les opportunités pouvant conditionner son ambition, favoriser sa bonne entrée dans l’histoire du Mali. Bienvenue aux «Hayades», ces tirs meurtriers et déshonorants pour lui-même et pour  le Mali.

Premier «Hayade». Les présidents  de la Cédéao, dans une démarche de bon voisinage pour sortir le Mali du trou dans lequel le coup d’Etat l’enfonce, décident de considérer Sanogo comme un des leurs en venant prendre langue avec lui au Mali. Trop vraie, une telle démarche, pour être comprise par le capitaine au faîte de son pouvoir. À sa demande, ses fans d’alors transforment l’Aéroport en un bouclier humain, empêchant ainsi l’atterrissage de l’avion des représentants des présidents de la Cédéao. Un peu plus tard, une déclaration est faite par le capitaine. Elle  présente les excuses du Mali à la sous-région avec un projet de solution maliano-malienne à une crise qui s’emballe. Le Mali est en passe de devenir un «Sanogo-land». Un «Hayade» déshonorant pour lui et pour le Mali. Par cette opportunité manquée, le capitaine rate l’offre d’estime des présidents élus de la sous-région qui le considèrent, sans pourtant le lui signifier, comme un danger social. Le Mali inquiète.

Pourtant, la crise malienne sera accordée au violon de cette même sous-région, appuyée en cela par le reste de l’Afrique et la Communauté internationale.  Un Accord-cadre est signé un peu plus tard sous l’égide de la Cédéao. Avec une possibilité existentielle du capitaine à travers la désignation, par lui, d’un Premier ministre de pleins pouvoirs pour conduire une transition sous conduite d’un président intérimaire. L’Accord-cadre est relu par l’homme du Mali en ce moment-là,  à la violence et  à la désobéissance des autorités installées. Tout passe : scène de tapage du président par intérim, attaque du camp des commandos parachutistes, brutalités sur tous ceux qui se dressent sur son chemin, humiliation et détention arbitraire des responsables militaires et politiques. Le vocabulaire au Mali a désormais ses deux vocables : front anti-putschiste symbolisé par le Fdr et pro-putschiste porté par la Copam. Les activistes et autres opportunistes s’en mêlent. La rumeur a atteint un tel degré que la nuit, en se couchant au Mali, aucune personne  ne sait comment il va se réveiller le matin. Le  Mali n’inquiète plus. Il est dans le chaos total.

Tout soldat qu’il est, chantant à tout bout de champ que le Nord du Mali sous occupation, est sa priorité n°1, il se voit féliciter par les assaillants, au motif qu’il leur a facilité la tâche, car n’ayant posé aucun acte pour confronter leur progression. Les historiens auront plein d’amertumes un jour,  en contant aux enfants le règne de Sanogo au Mali.

Second «Hayade». Le capitaine Sanogo est au firmament de son pouvoir. Ses fan’s clubs et  gadgets de promotion sont visibles. L’homme fort de Kati, croit de plus en plus à son destin national. Sa vocation de sauver la Nation est prise au sérieux. Le Mali a son De Gaulle. Sanogaulle, comme dit l’autre. Ainsi, pour mener à bien son destin dans un environnement hostile, il choisit comme second pivot le Navigateur interplanétaire Cheick Modibo Diarra. Histoire de bien faire planer son destin. Erreur, car celui-ci se révèle indomptable et fait montre de son ambition pour le pays. Le capitaine regrette son choix. Il vient de comprendre que les honneurs du pouvoir ne s’accommodent pas avec une gestion associée. Il décide de sévir. Le Premier ministre CMD est forcé à démissionner. Ce second  tir «Hayade» est  parfaitement réussi, avec une force haineuse contre le Premier ministre démissionnaire. Comme à ses habitudes, Sanogaulle veut justifier son acte. CMD est traité de tous les noms d’oiseaux ; vit à résidence surveillée, considéré désormais par lui comme un danger social. Raison invoquée, il refusait de donner les moyens à l’armée. Une armée qu’il doit remercier.

Mais, le capitaine en humiliant un Premier ministre nommé par ses soins, aura beau s’expliquer, convainc peu sur son acte. Peu importe, pour lui, l’essentiel est de faire dégager un handicap sur le chemin de son destin en cours de réalisation au Mali. En parfait accord avec les politiques, il  entend maintenant composer avec eux pour ce faire. Les initiés lui prédisent une parfaite réussite. Mais, en sa défaveur.

Troisième «Hayade». Début de la bienfaisance du président Dioncounda en faveur du capitaine. Il est bombardé par celui-ci au poste pompeux comme président d’un Comité de réforme des forces armées et de sécurité du Mali. Celui qui aura brillé jusque-là par ses capacités à ne pas respecter l’ordre disciplinaire, élément fondamental de l’armée,  qui aura surtout affiché une volonté à désobéir l’autorité institutionnelle, doit réformer,  redonner une bonne image à une armée affaiblie, en lui dotant d’une capacité de réponse aux attaques des assaillants. Il bénéficie à ce titre d’un traitement exceptionnel conforme à son rang d’ancien chef d’Etat, quand bien même il ne l’a jamais été dans les faits. On  croit rêver. Mais, le comble est ailleurs. L’avantage accordé à lui encore là aussi par décret pris en Conseil des ministres, dépasse tout entendement. Le capitaine s’expliquera plus tard en disant qu’il n’a rien demandé. On objectera tout simplement qu’il n’a rien refusé, non plus. Et de surcroît, il n’a rien à demander à des gens qui lui doivent leur fauteuil d’homme public. Il est évident que si le 22 mars 2012 n’avait pas été, ceux qui lui ont accordé ce poste avec ses primes, n’auront pas existé. Or, au Mali, la tradition publique veut que l’on entretienne la poule qui pond des œufs.

Quatrième «Hayade». Celui du confort du capitaine Amadou Haya Sanogo qui, depuis de peu, est considéré par l’imagerie populaire comme faisant désormais parti du club des milliardaires. La barre des millions en sa possession ayant été déjà franchie, selon les mauvaises langues. Peu importe. Milliardaire ou millionnaire, c’est du pareil au même, car le capitaine est désormais perçu comme un homme riche. Le nombre de ses courtisans en témoigne, avec une générosité supposée, devenue sujet de discussion des Grins de Bamako. Elle divise, oppose et fait des heureux. Comme par exemple le cas de cette secrétaire dans une rédaction à Bamako, amie d’enfance de Mme Sanogo. D’une permission de dix jours, elle revient dans une voiture 4X4, neuve, dire à son patron de Directeur de publication qu’elle arrête le boulot. Sans indemnités. Imperturbable, décidé qu’il est,  depuis son installation médiatique à Koulouba dans son fauteuil de réformateur des forces armées et de sécurité du Mali, le capitaine s’attèle à sa mission de déformation militaire. Tout volontaire qu’il est, il lui manque de compétences réelles. On voit alors des capitaines superviser ou identifier le besoin de formation des généraux et autres colonels. Le projet de réforme des forces armées et de sécurité au Mali est bien parti. Pendant ce temps, la transition avance. Elle est en passe de réussir une de ses missions fondamentales. L’élection présidentielle prévue, aura lieu avec une forte participation citoyenne. Un nouveau président est élu.

Alors conscient que la fin de la transition marque le début du déclin de sa force dans un Mali, qui se trouve dans ce sale trou creusé par lui, le capitaine  Sanogo  passe à la vitesse supérieure. Son bienfaiteur est mis sous pression. Ce dernier finira par le nommer général de corps d’armée par un décret pris en Conseil des ministres. Impuissant et au nom de la réconciliation nationale, le peuple l’accepte comme tel. Lui qui justifiait son coup d’Etat, entre autres raisons, par le trop grand nombre de généraux non méritants, en devient un par décret. Comme toujours le président Dioncounda défend son nouveau général, en voyant dans sa promotion un acte majeur de réconciliation nationale. Acte jugé minime par le président intérimaire,  pouvant faciliter ainsi  la tâche du président élu. De quoi je me mêle ! Ce quatrième tir «Hayade» est tout simplement phénoménal.

En somme, les tirs «Hayades» nous poussent à dire qu’au nom de la réconciliation nationale, Amadou Haya Sanogo aura eu sa dose au Mali durant cette transition. Une forte dose qui lui vaut le titre de Guest star des leaders du Mnla-Sud. Ceux-là qui ont pour ambition de mettre ce pays à genoux, en se servant de leur intelligence et de leur position de force du jour. Félicitations mon général, grade mérité. Amplement mérité, vu les efforts. Et veuillez associer à nos félicitations, le Pr président. Comme lui, tout comme vous d’ailleurs et tous ceux qui aiment ce pays, personne n’a intérêt à remuer le couteau dans une plaie béante. Mais, nous sommes tous convaincus qu’aucune plaie ne se guérit jamais sur ses pues puantes.

Békaye DEMBELE

jeudi 22 août 2013

Mali : La plaie, le couteau…et ceux qui « remuent le couteau dans la plaie ». - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali : La plaie, le couteau…et ceux qui « remuent le couteau dans la plaie ». - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali : La plaie, le couteau…et ceux qui « remuent le couteau dans la plaie ».

mercredi 21 août 2013

Combien a-t-il de ces écharpes blanches dont il a fait son image de marque ? Dioncounda Traoré était à Ouagadougou le vendredi 16 août 2013, « écharpé » comme à son habitude, après avoir séjourné à Abuja (capitale de la Cédéao) et à Cotonou (capitale du Vaudou). Son DC-9 présidentiel était bourré de ministres et autres personnalités politiques (la chasse aux postes gouvernementaux est d’ores et déjà lancée) plus quelques valises pleines de Grand’croix de l’Ordre national du Mali.

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Goodluck Jonathan, président du Nigeria, co-médiateur dans la « crise malo-malienne », Thomas Boni Yayi, président du Bénin et président de l’UA pendant cette même crise, Blaise Compaoré, président du Faso, médiateur et, surtout, facilitateur, ont tous été élevés à cette dignité réservée aux seuls chefs d’Etat et assimilés. François Hollande, déjà, s’était vu ainsi récompensé à Paris le lundi 15 juillet 2013.
Jonathan sera réservé dans son commentaire : « Il est de notre devoir d’œuvrer à consolider la démocratie en Afrique ». Blaise en a profité pour rendre hommage « à toutes les personnalités de bonne volonté, d’Afrique et de la communauté internationale, qui ont accompagné, soutenu et facilité l’exécution de ma mission de médiation ». Yayi Boni, lui, comme à son habitude, a été enthousiaste : « Toute la communauté vous a appuyé parce que vous étiez un grand homme » a-t-il dit à l’attention de Traoré dont il a loué la « dextérité » et la capacité à « transcender » les événements.
Traoré est en fin de parcours. Il en profite pour compter ses amis et rappeler à tous qu’il a été l’homme qu’il fallait à la place qu’il fallait dès lors que le capitaine Amadou Haya Sanogo, « ancien chef de l’Etat » (a-t-il, à ce titre, été décoré de la Grand’croix de l’ordre national du Mali ?) et aujourd’hui général de corps d’armée, a été dégagé du pouvoir à Bamako (accord-cadre du 6 avril 2012 sur l’organisation de la transition) afin que la Constitution du 25 février 1992 soit restaurée et que Traoré puisse, en tant que président de l’Assemblée nationale, assurer l’intérim de la présidence de la République à compter du 12 avril 2012. Le président du Faso a d’ailleurs, dans son allocution, rappelé toutes les étapes qui ont permis d’aboutir à l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta le 11 août 2013. Histoire que le fol enthousiasme qui entoure cette présidentielle ne fasse pas oublier au Mali (et aux Maliens) d’où ils viennent.
Car les Maliens, voici peu, morts de trouille et appelant au secours l’ancienne puissance coloniale et réclamant la rescousse des armées de quelques pays voisins, sont redevenus ce peuple « sûr de lui et dominateur » qu’il a toujours pensé être quand il évoque son histoire glorieuse. Mais ancienne, même très ancienne, parfois même… mythique. Le problème touareg, la « guerre » du MNLA, le coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré, l’occupation des deux-tiers du territoire national par des groupes « terroristes » et « islamistes radicaux », les exactions des « Bérets verts », la « résistance » de Kidal…, tout cela est bien oublié aujourd’hui. Et Traoré, à l’occasion de son passage à Ouaga (bref passage, il n’a pas même pris le temps de se défaire de son écharpe), a demandé « aux journalistes, à la presse en général, et à la communauté internationale qui nous observent de comprendre cela et de ne pas chercher à remuer le couteau dans la plaie ». C’est donc qu’il y a une plaie et un couteau. Et quand le président par intérim nous demande de « comprendre cela », qu’évoque-t-il ?
La « plaie », c’est le coup d’Etat du 22 mars 2012. Et le « couteau » ce sont ces militaires qui ont conduit ce coup d’Etat, envisageant de s’installer définitivement au pouvoir et, n’y étant pas parvenus, ont entrepris de « gâter » les jours et les nuits de ceux qui avaient été choisis pour occuper la place, à commencer par Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra. Sans oublier la répression contre les « bérets rouges » considérés comme favorables à ATT, le « Front du refus » opposé à la junte, les médias qui ne veulent pas marcher au pas… « Le capitaine Sanogo et ses compagnons demeurent des Maliens à part entière, qui se sont trompés et qui l’ont regretté et ont demandé pardon » a dit Traoré à Ouaga, interrogé par la presse sur cette promotion TGV (ainsi que de certains des siens dont le signataire de l’accord préliminaire de Ouagadougou, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale, celui qui avait annoncé la probable victoire d’IBK dès le premier tour !).
Traoré, qui aime à boire le calice jusqu’à la lie (je rappelle que les sbires de Sanogo l’ont envoyé dans un hôpital militaire parisien pendant plusieurs mois), ajoute sans rire : « C’est un militaire malien, je ne vois pas pourquoi on se focalise sur la nomination du général Sanogo ». Effectivement. Sauf qu’être « un militaire malien » ce n’est pas une référence compte tenu de ce qui s’est passé au Mali depuis dix-huit mois. Et qu’en Afrique de l’Ouest (je dis bien en Afrique de l’Ouest) il est rare de passer directement du grade de capitaine à celui de général de corps d’armée avec pour seul fait d’armes d’avoir viré le président en place, bastonné (et le mot est faible) quelques leaders politiques et plus encore de journalistes (ATT est général d’armée, le grade au-dessus de celui de Sanogo ; on se demande d’ailleurs pourquoi Traoré s’est freiné dans la promotion de son protégé. A ma connaissance, le Mali n’a connu que deux généraux d’armée, ATT et Moussa Traoré, tous deux, d’ailleurs, virés du pouvoir par leur armée, autant dire qu’être « un militaire malien » ce n’est pas ce qui est le plus glorieux).
« C’est dans le cadre de la réconciliation du peuple malien avec lui-même que nous avons posé cet acte qui, somme toute, est un acte ordinaire. Les gens pensent que le capitaine Sanogo a fait un coup d’Etat et que ce qui est arrivé est une prime à la turpitude de l’armée malienne ». Quoi que dise Traoré sur cette grotesque affaire, c’est non seulement risible (« acte ordinaire ») mais à côté de la plaque. La seule question qui mérite d’être posée, en ce qui concerne cette promotion, est celle de savoir si l’actuel pouvoir (« la transition ») et le pouvoir à venir (celui d’IBK) est et sera entre les mains d’une clique militaire corrompue et parasitaire. Mais c’est une question subsidiaire qui ne mériterait même pas d’être posée si Traoré n’avait pas jugé bon d’être, à la veille de quitter le pouvoir, à la botte d’une clique qui lui a déjà… « botté le cul ».
La seule vraie question qui se pose est celle contenue dans l’accord préliminaire de Ouagadougou et que le président du Faso a résumé ainsi* : après l’organisation de la présidentielle, le nouveau pouvoir sera-t-il capable d’ouvrir « la voie à des pourparlers inclusifs visant l’établissement d’une paix définitive, la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, la réconciliation de la nation malienne avec elle-même, l’avènement et la consolidation d’une bonne gouvernance dans toutes ses composantes politique, économique, sociale et culturelle, vecteur de développement et de bien-être partagés ». Je rappelle, et c’est dans ce dossier la meilleure des choses, que le signataire, pour le Mali, de cet accord préliminaire n’est autre que le colonel Moussa Sinko Coulibaly. Il va lui falloir désormais assumer sa signature… !
Ne perdez pas Traoré et son écharpe blanche de vue. Dans quelques semaines, dans quelques mois, quand le nouveau pouvoir sera entré dans « le dur », il faudra lui poser la question de savoir si ses affirmations, à Ouaga, le vendredi 16 août 2013, sont toujours valables quand il s’agira de négocier avec le Nord. N’a-t-il pas déclaré : « Quand on n’est pas capable de pardonner, on n’est pas capable d’aller à la paix ».
* Discours de son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, président du Faso, médiateur de la crise malienne, à l’occasion de la cérémonie de signature de l’accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali. Ouagadougou, le 18 juin 2013.
Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique

Mali : La plaie, le couteau…et ceux qui « remuent le couteau dans la plaie ». - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali : La plaie, le couteau…et ceux qui « remuent le couteau dans la plaie ». - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali : La plaie, le couteau…et ceux qui « remuent le couteau dans la plaie ».

mercredi 21 août 2013

Combien a-t-il de ces écharpes blanches dont il a fait son image de marque ? Dioncounda Traoré était à Ouagadougou le vendredi 16 août 2013, « écharpé » comme à son habitude, après avoir séjourné à Abuja (capitale de la Cédéao) et à Cotonou (capitale du Vaudou). Son DC-9 présidentiel était bourré de ministres et autres personnalités politiques (la chasse aux postes gouvernementaux est d’ores et déjà lancée) plus quelques valises pleines de Grand’croix de l’Ordre national du Mali.

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Goodluck Jonathan, président du Nigeria, co-médiateur dans la « crise malo-malienne », Thomas Boni Yayi, président du Bénin et président de l’UA pendant cette même crise, Blaise Compaoré, président du Faso, médiateur et, surtout, facilitateur, ont tous été élevés à cette dignité réservée aux seuls chefs d’Etat et assimilés. François Hollande, déjà, s’était vu ainsi récompensé à Paris le lundi 15 juillet 2013.
Jonathan sera réservé dans son commentaire : « Il est de notre devoir d’œuvrer à consolider la démocratie en Afrique ». Blaise en a profité pour rendre hommage « à toutes les personnalités de bonne volonté, d’Afrique et de la communauté internationale, qui ont accompagné, soutenu et facilité l’exécution de ma mission de médiation ». Yayi Boni, lui, comme à son habitude, a été enthousiaste : « Toute la communauté vous a appuyé parce que vous étiez un grand homme » a-t-il dit à l’attention de Traoré dont il a loué la « dextérité » et la capacité à « transcender » les événements.
Traoré est en fin de parcours. Il en profite pour compter ses amis et rappeler à tous qu’il a été l’homme qu’il fallait à la place qu’il fallait dès lors que le capitaine Amadou Haya Sanogo, « ancien chef de l’Etat » (a-t-il, à ce titre, été décoré de la Grand’croix de l’ordre national du Mali ?) et aujourd’hui général de corps d’armée, a été dégagé du pouvoir à Bamako (accord-cadre du 6 avril 2012 sur l’organisation de la transition) afin que la Constitution du 25 février 1992 soit restaurée et que Traoré puisse, en tant que président de l’Assemblée nationale, assurer l’intérim de la présidence de la République à compter du 12 avril 2012. Le président du Faso a d’ailleurs, dans son allocution, rappelé toutes les étapes qui ont permis d’aboutir à l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta le 11 août 2013. Histoire que le fol enthousiasme qui entoure cette présidentielle ne fasse pas oublier au Mali (et aux Maliens) d’où ils viennent.
Car les Maliens, voici peu, morts de trouille et appelant au secours l’ancienne puissance coloniale et réclamant la rescousse des armées de quelques pays voisins, sont redevenus ce peuple « sûr de lui et dominateur » qu’il a toujours pensé être quand il évoque son histoire glorieuse. Mais ancienne, même très ancienne, parfois même… mythique. Le problème touareg, la « guerre » du MNLA, le coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré, l’occupation des deux-tiers du territoire national par des groupes « terroristes » et « islamistes radicaux », les exactions des « Bérets verts », la « résistance » de Kidal…, tout cela est bien oublié aujourd’hui. Et Traoré, à l’occasion de son passage à Ouaga (bref passage, il n’a pas même pris le temps de se défaire de son écharpe), a demandé « aux journalistes, à la presse en général, et à la communauté internationale qui nous observent de comprendre cela et de ne pas chercher à remuer le couteau dans la plaie ». C’est donc qu’il y a une plaie et un couteau. Et quand le président par intérim nous demande de « comprendre cela », qu’évoque-t-il ?
La « plaie », c’est le coup d’Etat du 22 mars 2012. Et le « couteau » ce sont ces militaires qui ont conduit ce coup d’Etat, envisageant de s’installer définitivement au pouvoir et, n’y étant pas parvenus, ont entrepris de « gâter » les jours et les nuits de ceux qui avaient été choisis pour occuper la place, à commencer par Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra. Sans oublier la répression contre les « bérets rouges » considérés comme favorables à ATT, le « Front du refus » opposé à la junte, les médias qui ne veulent pas marcher au pas… « Le capitaine Sanogo et ses compagnons demeurent des Maliens à part entière, qui se sont trompés et qui l’ont regretté et ont demandé pardon » a dit Traoré à Ouaga, interrogé par la presse sur cette promotion TGV (ainsi que de certains des siens dont le signataire de l’accord préliminaire de Ouagadougou, le colonel Moussa Sinko Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale, celui qui avait annoncé la probable victoire d’IBK dès le premier tour !).
Traoré, qui aime à boire le calice jusqu’à la lie (je rappelle que les sbires de Sanogo l’ont envoyé dans un hôpital militaire parisien pendant plusieurs mois), ajoute sans rire : « C’est un militaire malien, je ne vois pas pourquoi on se focalise sur la nomination du général Sanogo ». Effectivement. Sauf qu’être « un militaire malien » ce n’est pas une référence compte tenu de ce qui s’est passé au Mali depuis dix-huit mois. Et qu’en Afrique de l’Ouest (je dis bien en Afrique de l’Ouest) il est rare de passer directement du grade de capitaine à celui de général de corps d’armée avec pour seul fait d’armes d’avoir viré le président en place, bastonné (et le mot est faible) quelques leaders politiques et plus encore de journalistes (ATT est général d’armée, le grade au-dessus de celui de Sanogo ; on se demande d’ailleurs pourquoi Traoré s’est freiné dans la promotion de son protégé. A ma connaissance, le Mali n’a connu que deux généraux d’armée, ATT et Moussa Traoré, tous deux, d’ailleurs, virés du pouvoir par leur armée, autant dire qu’être « un militaire malien » ce n’est pas ce qui est le plus glorieux).
« C’est dans le cadre de la réconciliation du peuple malien avec lui-même que nous avons posé cet acte qui, somme toute, est un acte ordinaire. Les gens pensent que le capitaine Sanogo a fait un coup d’Etat et que ce qui est arrivé est une prime à la turpitude de l’armée malienne ». Quoi que dise Traoré sur cette grotesque affaire, c’est non seulement risible (« acte ordinaire ») mais à côté de la plaque. La seule question qui mérite d’être posée, en ce qui concerne cette promotion, est celle de savoir si l’actuel pouvoir (« la transition ») et le pouvoir à venir (celui d’IBK) est et sera entre les mains d’une clique militaire corrompue et parasitaire. Mais c’est une question subsidiaire qui ne mériterait même pas d’être posée si Traoré n’avait pas jugé bon d’être, à la veille de quitter le pouvoir, à la botte d’une clique qui lui a déjà… « botté le cul ».
La seule vraie question qui se pose est celle contenue dans l’accord préliminaire de Ouagadougou et que le président du Faso a résumé ainsi* : après l’organisation de la présidentielle, le nouveau pouvoir sera-t-il capable d’ouvrir « la voie à des pourparlers inclusifs visant l’établissement d’une paix définitive, la sécurité sur toute l’étendue du territoire national, la réconciliation de la nation malienne avec elle-même, l’avènement et la consolidation d’une bonne gouvernance dans toutes ses composantes politique, économique, sociale et culturelle, vecteur de développement et de bien-être partagés ». Je rappelle, et c’est dans ce dossier la meilleure des choses, que le signataire, pour le Mali, de cet accord préliminaire n’est autre que le colonel Moussa Sinko Coulibaly. Il va lui falloir désormais assumer sa signature… !
Ne perdez pas Traoré et son écharpe blanche de vue. Dans quelques semaines, dans quelques mois, quand le nouveau pouvoir sera entré dans « le dur », il faudra lui poser la question de savoir si ses affirmations, à Ouaga, le vendredi 16 août 2013, sont toujours valables quand il s’agira de négocier avec le Nord. N’a-t-il pas déclaré : « Quand on n’est pas capable de pardonner, on n’est pas capable d’aller à la paix ».
* Discours de son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, président du Faso, médiateur de la crise malienne, à l’occasion de la cérémonie de signature de l’accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali. Ouagadougou, le 18 juin 2013.
Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique

mercredi 21 août 2013

L’avenir politique au Mali : L’inédit et les inconnues - maliweb.net

L’avenir politique au Mali : L’inédit et les inconnues - maliweb.net
 
Le président  Ibrahim Boubacar Keïta
Le président Ibrahim Boubacar Keïta
Pour Ibrahim Boubacar Kéita, la forte légitimité populaire acquise crée des conditions particulières d’exercice du pouvoir

 Exceptionnelle, mais contraignante. Enviable, et en même temps redoutable. Ainsi pourrait se caractériser la position acquise par Ibrahim Boubacar Kéita au moment d’entamer son parcours présidentiel. Il y a eu un côté exceptionnel (et donc enviable pour tout compétiteur politique) dans la manière dont la victoire du candidat du RPM s’est construite et surtout dans les contours qu’elle avait pris dès le premier tour de la présidentielle. L’arithmétique électorale ne produit pratiquement jamais de miracles. Lorsque l’offre proposée aux citoyens se décline en un peu moins d’une trentaine de candidatures, l’éparpillement des voix qui en résulte rend quasi impossible une victoire dès le premier tour.

En effet, bon nombre de petits et moyens candidats possèdent au moins un électorat de niche constitué de quelques milliers de suffrages rassemblés par l’affinité territoriale, la solidarité corporatiste, la sympathie personnelle ou encore la bonne implantation locale. Avec cette inévitable dispersion des votes, arriver en tête en collectant à peu près 30% des voix est déjà extrêmement méritoire, aller au-delà de cette performance relève de l’exploit. Rappelons qu’en 2002 placé dans une situation quasi similaire à celle du 28 juillet dernier, Amadou Toumani Touré avait réuni au premier tour 27,98% des suffrages exprimés (selon les chiffres du ministère chargé de l’Administration territoriale, la Cour constitutionnelle n’ayant pas publié de pourcentages), devançant Soumaïla Cissé (22,74%) et Ibrahim Boubacar Kéita (20,65%). Alpha Oumar Konaré avait pour sa part dépassé les 40% des voix (44,96%) en 1992, mais dans un contexte de moindre concurrence (neuf candidats au total).

 En outre, les deux prédécesseurs de IBK avaient bâti leurs victoires sur une mobilisation populaire très nettement inférieure. Cette précision est d’importance, car le nouveau président de la République a été le premier et le principal bénéficiaire d’un phénomène qui a pris de court observateurs et analystes : l’éveil de l’électorat malien. Il serait superflu de revenir une fois de plus sur tous les handicaps qu’a dû surmonter l’exécution du calendrier de la présidentielle, handicaps qui auraient pu amener un taux de participation dérisoire. Si ce scénario catastrophe ne s’est pas produit, c’est parce qu’une large majorité de nos compatriotes ont enfin choisi d’exprimer l’envie et la volonté de définir eux-mêmes leur devenir.

 Les ressorts de cette mobilisation inédite ont été depuis largement explicités par les votants dans différents micros-trottoirs et talk shows. On y décèle essentiellement la volonté de prévenir le retour des erreurs d’un proche passé, le refus de voir se renouveler une gouvernance contestable, l’exaspération devant l’immobilisme socio-économique imputé à la Transition, la hâte de renouer avec cette force d’avancer qui caractérisait notre pays, même dans les périodes les plus difficiles. Toutes ces motivations étaient cimentées par un ultime désir exprimé haut et clair, celui de se donner un dirigeant capable d’affronter un contexte extrêmement difficile et de s’atteler sans état d’âme à relever la foultitude de challenges.

Pourquoi la préférence populaire s’est-elle déportée de manière aussi massive sur Ibrahim Boubacar Kéita que tous s’accordaient certes à désigner comme favori, mais sans lui prédire un tel raz-de-marée ? Au Mali, la plupart des analystes cultivent le même défaut. Ils accordent une importance démesurée aux programmes des candidats qu’ils ne se lassent pas de décortiquer pour en pointer les faiblesses, en recenser les incohérences et plus rarement en souligner les originalités. Les médias et les politologues ont d’une certaine manière réussi à convaincre la frange « intellectuelle » de l’électorat et surtout les compétiteurs eux-mêmes de l’importance des cahiers de propositions. Au point que chaque consultation présidentielle s’accompagne d’une floraison de catalogues de bonnes intentions et de recueils d’intentions mirifiques.

Avare en certitudes - En fait, et à notre avis, l’essentiel est ailleurs. La présidentielle constitue par excellence, et selon une formule devenue célèbre, la rencontre d’un homme et d’un peuple. L’attention des citoyens se concentre beaucoup moins sur les promesses que sur l’aura du candidat. C’est à dire sur la capacité à trouver les mots et les formules propres à éveiller un écho dans les foules ; sur l’aptitude à saisir l’air du temps et donc à instaurer une forte empathie avec les auditoires ; sur la faculté à prendre sur soi l’anxiété des citoyens et à insuffler en échange à ces derniers une dose d’optimisme ; bref, sur le pouvoir de créer à chaque rencontre avec ses compatriotes un lien de confiance renouvelée.

 Dans une conjoncture normale, cet atout (qui relève plus de l’instinct que de la préparation) est indispensable. Dans un contexte aussi avare en certitudes que celui que nous traversons, il devient un facteur primordial. De tous les candidats à la présidentielle, Ibrahim Boubacar Kéita a été certainement celui qui a le plus fait preuve de chaleur humaine et qui a le mieux manié l’apostrophe de proximité. Sans doute parce que l’une et l’autre relèvent déjà de son comportement habituel. La démarche s’est révélée incontestablement payante et le candidat lui-même avait, il y a quelques semaines, souligné au micro de nos confrères de RFI l’impressionnante ferveur populaire qu’il sentait monter vers lui et qu’il n’avait pas rencontrée lors de ses précédentes campagnes.

La différence d’avec les autres concurrents s’est, à notre avis, faite rapidement et surtout définitivement sur le plan de la personnalité. Elle a été confortée par une série de messages courts avec comme idée de base la restitution de son honneur à notre pays ainsi que par le rappel opportun de la solide expérience aux affaires publiques et la réputation de probité de l’intéressé. Le triptyque personnalité-messages-personnage public, tel qu’il se présentait, avait tout pour, d’abord, séduire et, ensuite, convaincre de larges franges de l’électorat. Pour ceux que nous appellerons les « primo votants », c’est-à-dire les citoyens ressentant pour la première fois une impérieuse nécessité de se rendre aux urnes, le leader du RPM s’imposait quasi d’évidence comme l’homme de la situation et beaucoup se sont donc déplacés pour le lui signifier. Il est d’ailleurs remarquable à cet égard de constater que c’est dans les plus grands centres urbains – Bamako en tout premier lieu – habituellement réfractaires à l’accomplissement du devoir civique que le vainqueur de la présidentielle a réussi des mobilisations étonnantes et réalisé les scores parmi les plus impressionnants.

Un énorme privilège a donc échu au nouveau président de la République. Parvenir à s’attirer une adhésion populaire spontanée qui a surmonté les clivages entre les partis et les fidélités traditionnelles, bénéficier d’emblée et dans de telles proportions d’un vote utile est en effet un phénomène qui ne se produit que très rarement au premier tour d’une présidentielle où l’électeur se donne habituellement la liberté de voltiger vers des concurrents de moindre envergure avant de faire le choix de la raison au second tour. Quel usage fera Ibrahim Boubacar Kéita de l’impressionnant capital de confiance qui lui a été accordé ? La réponse peut paraître évidente, mais sa mise en œuvre ne s’avérera pas simple.

Il y a tout d’abord une vérité particulière à admettre. Le quasi plébiscite qui a donné une dimension atypique à la victoire de IBK créée aussi des conditions inédites d’exercice du pouvoir. S’appuyant sur une légitimité populaire qui a atteint un niveau inhabituel, le nouveau président se voit doté d’une autonomie de décision qu’il n’aurait pas eue si son élection avait été conditionnée à la conclusion d’alliances politiques contraignantes. Aujourd’hui, Ibrahim Boubacar Kéita est avant tout redevable à ces centaines de milliers de citoyens venus d’eux-mêmes lui exprimer leur confiance. Vis à vis de ces anonymes, il a désormais un devoir de gratitude et une obligation d’efficacité. C’est à leurs attentes qu’il doit en priorité prêter attention, surtout que les plus importantes de celles-ci n’ont aucun caractère corporatiste et ne peuvent être considérées comme des revendications irréalistes.

Ces attentes – partagées en réalité par tout le peuple malien – portent essentiellement sur ce qui a le plus manqué au cours de ces dernières années : un Etat fort, intransigeant dans la défense de la souveraineté du pays, immuable dans ses engagements et impartial dans ses relations avec les citoyens ; une gouvernance rigoureuse qui rétablirait l’orthodoxie dans le fonctionnement de l’Administration et moraliserait la vie publique ; une réelle écoute des autorités à l’égard des plus fragiles et des plus démunis ; ainsi qu’une volonté permanente de porter remède à la détresse et à la précarité, tout particulièrement lorsque celles-ci frappent les jeunes. Depuis des semaines spécialistes et éditorialistes se relaient pour lister les urgences à traiter, urgences qui se chevauchent très souvent et s’enchevêtrent la plupart du temps.

Un appel d’air encore plus fort - De fait, pour Ibrahim Boubacar Kéita, le challenge a changé d’objet, mais pas de nature : il s’était forgé un style de candidat, il lui faut à présent dégager une manière d’agir présidentielle. Une manière facilement déchiffrable pour le citoyen moyen, marquée par l’impératif de la constance et dominée par la volonté de s’écarter du routinier, du formel et de l’incantatoire. A cet égard, certains procédés passés ne représentent pas tout à fait le meilleur chemin à suivre. Ibrahim Boubacar Kéita, lors de sa campagne, en avait beaucoup appelé à l’unité et à la cohésion nationales pour extraire notre pays des difficultés dans lesquelles celui-ci est plongé. Mais cet appel ne présage pas automatiquement la formation d’un gouvernement d’union nationale dans lequel figureraient les forces politiques qui ont rallié le futur vainqueur au deuxième tour. Primo, parce que l’apport des alliés n’a pas été, de toute évidence, décisif dans la victoire finale.

 En effet au second tour, malgré la baisse du taux de participation et la quasi absence de campagne, IBK a pratiquement doublé le nombre des suffrages acquis le 28 juillet, allant bien au-delà de ce que lui aurait amené le respect des consignes de vote données par ses nouveaux appuis. Sa performance est donc liée avant tout à l’accentuation de l’adhésion populaire du premier tour qui a suscité un appel d’air encore plus fort en sa faveur. Deuxième argument qui plaide en défaveur d’un Exécutif monté sur la base de rapprochements politiques, ce serait l’effet négatif produit sur une opinion publique nationale qui garde encore en mémoire et en prévention les attelages improbables générés par la pratique du consensus sous la précédente législature. En réalité, plus que d’un assemblage d’étiquettes qui dégagerait surtout l’image d’un unanimisme de circonstance, le nouveau président a besoin d’une équipe de combat, d’un gouvernement de mission.

 Certes, cette dernière dénomination a déjà servi dans notre pays et ailleurs. Mais elle conserve sa pertinence, car adaptée à une période de remise à plat résolue. La conjoncture générale qu’affronte le président de la République, les pesanteurs que ce dernier devra larguer, la variété des attentes pour lesquelles il lui faudra trouver un début de réponse et la nécessité de rassurer très vite nos compatriotes imposent à IBK deux contraintes : limiter les erreurs de casting en ce qui concerne les compétences à placer dans l’équipe gouvernementale et disposer d’un Exécutif cultivant aussi bien l’abnégation que l’initiative. C’est à une rude tâche que s’est attelé le chef de l’Etat. Il lui faut certainement résister dans un premier temps à la fétichisation du principe des « nouveaux visages », principe qui dans un passé récent a produit d’énormes déconvenues.

 Il lui faut ensuite ne pas se tromper sur la capacité d’encaissement des futurs entrants. Dans la période qui vient, les maroquins apporteront surtout des casse-têtes et de la pression au quotidien, puisqu’il s’agira tout à la fois de répondre aux espoirs des citoyens et de remobiliser l’administration d’Etat. Cette dernière est, en effet, plongée dans une semi léthargie depuis à peu près fin 2011. Elle s’était figée dans l’attentisme en attendant les résultats des consultations prévues en 2012, puis a été dépouillée et réduite à sa plus simple expression lors des événements de mars 2012 et ne s’est guère rassurée lors des mouvements opérés par la Transition. Le premier gouvernement d’IBK, qui portera l’écrasante responsabilité de mettre en œuvre le renouveau, sera en outre soumis à une veille citoyenne sourcilleuse. Inaugurée par l’élection présidentielle, cette veille représentera certainement une des spécificités du quinquennat.

Par la libre volonté de citoyens - Elle ne s’assimile cependant pas à un désir de voir tout s’améliorer tout de suite. Nos compatriotes, nous le répétons, savent très bien d’où ils viennent, à quoi ils ont échappé et à quel point est ardu le chemin vers la reconstitution. Ils sont donc sans illusion sur le poids des sacrifices qui demandent encore à être consentis. Par contre, ils se montreront intraitables sur un partage équitable des efforts à fournir. Et ils seront sans indulgence en cas de défaillance des hommes et des femmes mis en situation de responsabilité.

Il est donc important de neutraliser autant que possible l’éventualité d’une forte déception populaire face à l’absence d’avancées significatives. Car cette déception déclencherait une explosion de revendications corporatistes brandies avec hargne et déraison. Ce serait le retour des temps que nous avons connus lorsque le citoyen ayant perdu confiance en l’Etat choisissait de se sauver seul en faisant délibérément fi de l’état du pays. La désillusion est à éviter absolument, car elle mettrait à mal la foi en la destinée de notre pays, cette foi qui plus que tout autre facteur a fait tenir le Mali debout.

Avec l’entrée en fonction de Ibrahim Boubacar Kéita, la démocratie malienne, si vilipendée il y a quelques mois et aujourd’hui revivifiée, repart dans un nouveau cycle. Elle fait apprécier sa vitalité tout simplement parce que (et pour paraphraser Winston Churchill) elle est pour nous Maliens le pire système à l’exclusion de tous les autres. Elle s’était sclérosée au fil des années en se perdant notamment dans les méandres d’un consensus déstructurant au sein duquel les partis politiques s’étaient abandonnés à la facilité, et la société civile à la léthargie. Elle avait, au cours de la double décennie passée, laissé l’enthousiasme premier de la Révolution de mars se diluer dans les compromissions et les calculs de l’exercice du pouvoir. Elle avait cédé à la vanité de se croire exemplaire alors que se multipliaient les manifestations de sa déliquescence et que montait la défiance populaire.

Mais elle est restée malgré tout suffisamment vivace pour renaitre de manière inopinée et impressionnante lors de l’élection présidentielle. L’ampleur de la mobilisation populaire et le score exceptionnel réalisé par le nouveau président nous font entamer une séquence nouvelle. Nous y entrons non pas sous une règle édictée par des bienfaiteurs extérieurs. Mais par la libre volonté de citoyens maliens qui ont donné une réponse sans équivoque quant à la manière de rebâtir l’avenir. La responsabilité est donc entièrement nôtre. C’est pourquoi l’échec nous est interdit. De cela, Ibrahim Boubacar Kéita en a plus que tout autre conscience. Pour définir le rôle qui est désormais le sien, il serait intéressant de se reporter à des propos aujourd’hui prémonitoires qu’il avait tenus le 30 juin 2001 à l’Assemblée constitutive du RPM. « Nous ne sommes pas ici par souci de nous-mêmes, disait-il. Croyons nous aux hommes providentiels ? Certainement pas. Mais au rôle que des hommes peuvent jouer dans des contextes particuliers, à des moments précis de l’histoire ».

Dans la même allocution, celui qui a désormais en charge les destinées du Mali, lançait une affirmation qui pèse de tout son poids à l’heure actuelle. « Sans confiance, prévenait-il, rien n’est possible de durable, de soutenable ». Aujourd’hui, le lien de confiance souhaité est établi. Et le contexte est on ne peut plus particulier. Le rôle du président s’annonce, lui, exceptionnel et redoutable.


G. DRABO

vendredi 9 août 2013

AFP: Au Mali, le putschiste Sanogo a tout intérêt à voter IBK contre Cissé

AFP: Au Mali, le putschiste Sanogo a tout intérêt à voter IBK contre Cissé
De Stéphane BARBIER (AFP)–Il y a 23 heures
Bamako — Le capitaine Amadou Sanogo et les co-auteurs du putsch de mars 2012 ayant déstabilisé le Mali ont tout à craindre d'une victoire à la présidentielle de Soumaïla Cissé, qu'ils avaient arrêté, et devraient lui préférer son rival Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), selon des analystes.
Soumaïla Cissé, qui affrontera dimanche au second tour de la présidentielle Ibrahim Boubacar Keïta, a été un des plus farouches opposants au coup d'Etat militaire du 22 mars 2012 ayant renversé le président Amadou Toumani Touré (ATT), appelant les Maliens "à se tenir debout" face aux putschistes.
Economiste chevronné de 63 ans, ancien ministre des Finances, il a participé à la création d'une large coalition anti-putsch, le Front pour la défense de la démocratie et la République (FDR), et a été brutalement arrêté parmi d'autres par les hommes armés du capitaine Sanogo dont il réclame aujourd'hui qu'il soit mis à l'écart de la scène politique.
Selon Gilles Yabi, analyste à International Crisis Group (ICG), Ibrahim Boubacar Keïta, cacique de la vie politique malienne de 68 ans, "est sans doute celui qui peut apparaître comme capable d'offrir certaines garanties au capitaine Sanogo et à l'ancienne junte".
"Contrairement à Soumaïla Cissé, Modibo Sidibé (ex-Premier ministre qui a aussi été arrêté par la junte en 2012 et a appelé à voter Cissé au second tour, ndlr) et à d'autres, IBK était celui qui avait pris ses distances avec le régime ATT depuis quelques années, et le putsch ne l'a donc pas menacé", ajoute-t-il.
"Sanogo pense certainement que ceux des candidats qui ont été personnellement agressés et maltraités aux premières heures du coup ne sont pas près d'oublier cet épisode et pourraient être tentés de prendre leur revanche s'ils arrivaient au pouvoir", note Gilles Yabi, poursuivant: "Les meneurs de la junte ont beaucoup à craindre d'éventuelles poursuites judiciaires et sont, sans doute, d'abord soucieux de leur protection, donc de leur impunité, au lendemain des élections".
Ibrahim Boubacar Keïta avait rejoint le FDR mais l'avait rapidement quitté, restant très discret sur un putsch qu'il a "condamné par principe", selon Souleymane Drabo, directeur de publication de L'Essor, un des plus grands quotidiens maliens, mais dont il pensait qu'il "n'était pas totalement injustifié" et avait "des côtés positifs".
"Sanogo n'est pas un épouvantail"
Bien qu'issu du sérail, IBK, ancien Premier ministre dans les années 1990 et ex-président de l'Assemblée nationale pendant le premier mandat d'Amadou Toumani Touré de 2002 à 2007, a récemment déclaré à des journalistes à Paris que "l'Etat malien est devenu une source d'enrichissement pour une élite, sans souci d'efficacité de l'action publique, sur le dos des populations".
Un discours ne pouvant que plaire au capitaine Sanogo qui avait justifié son coup d'Etat par l'incapacité d'un Etat corrompu à lutter contre la montée des périls en tous genres dans le nord du Mali, groupes jihadistes et criminels, rébellion touareg.
D'ailleurs, IBK dit ne pas craindre l'influence de Sanogo, promu en 2012 par le régime malien de transition à la tête d'une structure chargée de réformer une armée alors totalement démoralisée par sa débâcle dans le Nord face aux rebelles touareg et aux groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda qui ont occupé cette région pendant près d'un an avant d'en être chassés par une intervention armée internationale initiée par la France.
"Sanogo n'est pas un épouvantail. Dans mon bateau, il n'y aura pas deux capitaines" après la présidentielle, affirme l'ancien Premier ministre.
Même si les putschistes de mars 2012 "sont inquiets pour l'avenir", ne sachant pas "ce que le nouveau pouvoir va leur réserver, ils ont l'impression qu'avec IBK, ils ont des chances d'être ménagés ou bien d'être recasés", estime Souleymane Drabo.
Selon Gilles Yabi, il ne faut cependant "pas réduire l'analyse des rapports entre IBK et les militaires à une éventuelle préférence de Sanogo pour lui".
Homme à poigne qui n'a pas hésité à réprimer des étudiants et des grévistes pendant qu'il était Premier ministre, IBK "semble bénéficier aussi, par rapport à ses rivaux, de l'estime ou du respect de militaires qui n'étaient pas associés à la junte et qui en ont même été victimes", estime l'analyste d'ICG

Portrait : le socialiste IBK au seuil du palais de Koulouba | Humanite

Portrait : le socialiste IBK au seuil du palais de Koulouba | Humanite
Mali, envoyée spéciale. Ibrahim Boubacar Keïta a longtemps cheminé dans l’ombre d’Alpha Oumar Konaré, élu président après la chute de la dictature en 1992.
Pur produit du sérail politique malien, Ibrahim Boubacar Keïta a su, à la faveur de la crise que traverse le pays, se poser en « homme de la situation » et susciter un véritable engouement populaire. Ce social-démocrate, qui a fait ses premières armes politiques à l’extrême gauche, dans l’ébullition anticolonialiste de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), a longtemps cheminé dans l’ombre d’Alpha Oumar Konaré, élu président après la chute de la dictature en 1992. D’abord conseiller diplomatique, puis ambassadeur en Côte d’Ivoire, IBK devient ministre des Affaires étrangères en 1993, puis chef du gouvernement de 1994 à 2000. C’est à ce poste qu’il se taille une réputation d’homme à poigne, en réprimant la contestation sociale et le mouvement étudiant, allant jusqu’à décréter une année blanche dans les établissements scolaires.
IBK, comme on le surnomme, est-il un dauphin contrarié ? En 2002, celui qui apparaissait jusque-là comme le successeur naturel de Konaré se voit refuser l’investiture du parti au pouvoir, l’Adema. Il fonde alors son parti, le Rassemblement pour le Mali, mais il est supplanté par le militaire Amadou Toumani Touré (ATT). En 2007, les ambitions d’IBK sont encore douchées. Il se fait alors discret, engage son parti dans une participation minimale au régime d’ATT, soigne ses rares interventions pour mettre en scène sa distance. Lorsque, le 22 mars 2012, un coup d’État militaire renverse ATT, il condamne, mais affiche sa « compréhension » à l’endroit d’une armée « humiliée ». « Nos soldats ont assisté impuissants à la conquête d’une partie du pays, faute de moyens pour combattre. Ils en ont ressenti une grande souffrance », nous confiait-il alors. Affable, habile jusqu’à l’ambiguïté, il a su ratisser large, en affichant des principes – « honneur », « dignité » – plutôt que des réponses politiques.
Ses adversaires pointent le soutien à peine voilé que lui apportent des figures du wahhabisme comme le président du Haut Conseil islamique, Mahmoud Dicko ? À soixante-huit ans, celui que l’on surnomme aussi « Ladji » depuis son pèlerinage à La Mecque se plaît à laisser dire sur sa réputation de bon vivant. Son concurrent, l’économiste Soumaïla Cissé, l’accuse d’être mauvais gestionnaire ? Ce littéraire répond que sa priorité est la « réconciliation ». « Je ramènerai la paix et la sécurité. Je renouerai le dialogue entre tous les fils de notre nation », promet-il, en cultivant des accents gaulliens. Cet homme du Sud, originaire du Mandé, « est un républicain qui refuse toute lecture ethnico-régionaliste des événements », assure un Touareg opposé à la partition du pays. L’altermondialiste Aminata Traoré, qui fut ministre de la Culture dans son gouvernement, se dit convaincue de « ses capacités d’écoute » et de son attachement à des valeurs de gauche.
Lors d’un récent séjour à Paris, IBK a demandé à un ami français de lui procurer la Chinoise, de Jean-Luc Godard. Le petit livre rouge n’est plus depuis longtemps sa bible, mais IBK reste un cinéphile averti.
R. M.

mardi 6 août 2013

TV5MONDE : actualites : Mali: manifestation de partisans de la rébellion touareg à Kidal

TV5MONDE : actualites : Mali: manifestation de partisans de la rébellion touareg à Kidal

Bamako (AFP) - 06.08.2013 11:31

Une centaine de partisans de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), ont manifesté mardi dans leur fief de Kidal (nord-est du Mali) pour exiger la libération de combattants du MNLA détenus à Bamako.
voir le zoom : Un homme touareg porte le drapeau de la rébellion touareg du MLNA, le 28 juillet 2013 à KidalUn homme touareg porte le drapeau de la rébellion touareg du MLNA, le 28 juillet 2013 à Kidal
afp.com - Kenzo Tribouillard
Une centaine de partisans de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), ont manifesté mardi dans leur fief de Kidal (nord-est du Mali) pour exiger la libération de combattants du MNLA détenus à Bamako.
afp.com - Kenzo Tribouillard
Une centaine de partisans de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), ont manifesté mardi dans leur fief de Kidal (nord-est du Mali) pour exiger la libération de combattants du MNLA détenus à Bamako, a appris l'AFP auprès de témoins.
"Nous marchons aujourd'hui pour demander que le Mali libère les combattants touareg du MNLA emprisonnés à Bamako. Les accords de Ouagadougou prévoient ces libérations", a déclaré à l'AFP, Moussa Ag Mohamed, un jeune habitant de Kidal.
L'accord de Ouagadougou signé le 18 juin entre le gouvernement malien de transition et la rébellion touareg a permis le cantonnement de combattants du MNLA dans la ville et le retour début juillet de soldats maliens à Kidal, occupée depuis février par les rebelles.
Il prévoit aussi des "mesures de confiance", dont la libération de personnes "détenues du fait du conflit".
Les manifestants ont également réclamé le départ de la ville des hommes du colonel El Hadj Ag Gamou, officier touareg de l'armée malienne. Lui et les soldats de son unité sont considérés comme "des traîtres" par le MNLA.
Parmi les manifestants, certains criaient "Vive l'Azawad!" (nom donné par les Touareg au nord du Mali) , d'autres scandaient "El Hadj Gamou, dehors" ou bien "Libérez nos prisonniers politiques", selon des témoins interrogés au téléphone depuis Bamako.
Le drapeau de l'Azawad était également visible parmi les manifestants, selon une source africaine de la mission de l'ONU au Mali (Minusma), présente à Kidal aux côtés de l'armée malienne et de soldats français de l'opération Serval.
Cette manifestation intervient à cinq jours du second tour de la présidentielle au Mali prévu dimanche. En dépit des craintes, le premier tour s'était tenu le 28 juillet sans incidents à Kidal comme dans le reste du territoire malien.
Mais le taux de participation y a été très faible (12%) contre 51,5% sur le plan national.

Mali 2013. « Vive la démocratie… ! » - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali 2013. « Vive la démocratie… ! » - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
lundi 5 août 2013

Le Mali est devenu un calendrier. Et il va falloir changer le nom des artères de Bamako. Rue du 22 mars (coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré), boulevard du 11 janvier (intervention militaire française), avenue du 28 juillet (présidentielle)… A Kidal, il faudrait une allée du 18 juin (signature de l’accord de Ouagadougou). Les dates marquantes ne manquent pas tant l’histoire de la République du Mali au cours de la période 2012-2013 aura été mouvementée. Et surréelle.Il aura fallu un peu plus d’un an, un coup d’Etat militaire, l’occupation de plus de la moitié du territoire national par des groupes « terroristes », une intervention militaire étrangère, deux missions onusiennes et une flopée de « représentants spéciaux pour le Mali » avant que ce pays ne soit capable d’organiser, en quelques semaines, une élection présidentielle prévue… mi- 2012 et dont le premier tour s’est déroulé de manière remarquable, au sens littéral du terme. De quoi faire honte à ces pays d’Afrique qui connaissent des difficultés considérables pour tenir leur calendrier électoral (Togo, Guinée, Guinée Bissau…).
Incroyable. D’autant plus qu’on a frôlé le pire avec les déclarations intempestives, et provocatrices, du colonel Moussa Sinko Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale, qui avait cru voir dès les premiers résultats très partiels du premier tour qu’il n’y en aurait pas de second. Les militaires maliens, décidemment, ne sont pas plus doués en mathématique qu’en stratégie. Mais il est vrai que leur patron, le capitaine Amadou Haya Sanogo, n’a jamais été que prof d’anglais.
Election présidentielle, donc, le dimanche 28 juillet 2013. Sans accrocs majeurs. Même la participation a été au rendez-vous : plus de 51 %. Inédit au Mali, disent les commentateurs, pour une présidentielle. Les premières tendances annonceront qu’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) est en tête du scrutin. Ce qui ne pouvait surprendre : il en est le favori. Ses partisans vont mettre la pression dans la rue au cri de « takokélé ». Ce qui poussera le colonel Coulibaly à en rajouter : il proclamera quasi officiellement qu’il ne devrait pas y avoir de deuxième tour. C’est qu’IBK est le candidat le plus proche d’une junte qu’il a pris soin de ménager.
Coup de sang des autres candidats qui vont se mobiliser pour dénoncer l’ingérence du ministre dans le processus électoral et réclamer sa démission. Du même coup, voilà que ce matin, vendredi 2 août 2013, Coulibaly, sans honte et sans commentaire*, annonce enfin les résultats du premier tour : IBK devant Soumaïla Cissé, Dramane Dembélé, Modibo Sidibé. A eux quatre, ils représentent près de 75 % des voix. Soit seulement 25 % pour les 23 autres candidats ; des miettes pour chacun ! Cheick Modibo Diarra, premier ministre de la transition avant d’être dégagé en touche par Sanogo (cf. LDD Mali 055/Jeudi 13 décembre 2012), dépasse à peine les 2 % !
IBK est devant Cissé, avec vingt points d’avance (en gros 40 % des suffrages contre 20 %). Mais ne passe pas la barre des 50 %, ce qui est une bonne chose pour la démocratie malienne. Même si un président incontestable vaut mieux (dans la configuration qui est celle du Mali aujourd’hui) qu’un président contesté. Mais n’anticipons pas : si Cissé a d’ores et déjà évoqué un « bourrage des urnes » pour le premier tour, il faut désormais attendre le second pour que cela porte à conséquence. Nous aurons donc, le dimanche 11 août 2013 (une autre date pour une autre avenue) un second tour qui opposera IBK et Cissé. Rien d’exceptionnel. Ils sont l’un et l’autre des hommes politiques d’envergure et d’expérience. IBK est l’homme du Sud et Cissé l’homme du Nord. Mais, là encore, cela ne veut rien dire : leurs épouses sont dans la relation inverse.
Ce carré d’as pense détenir les clés de la « démocratie » malienne. Si le premier tour de la présidentielle était ouvert, le second l’est tout autant malgré l’avance d’IBK. Certains commentateurs imaginent un scénario à la sénégalaise ou à la guinéenne : une coalition contre le candidat en tête au premier tour. Sauf qu’IBK n’est pas Abdoulaye Wade (qui avait tripatouillé la Constitution pour tenter un mandat de plus) ni Cellou Dalein Diallo (victime du « Tout sauf les Peuls »). IBK a contre lui, en stricte mathématique électorale, d’être largement en tête. Aucun des autres candidats significatifs n’est en mesure d’être celui qui le « fera roi ». Dembélé fait moins de 10 % des voix et Sidibé moins de 5 %. Il faudrait un front « TSI » (« Tout sauf IBK ») pour retourner la tendance. Qui serait un démarquage du « Front du refus » (Front pour la sauvegarde de la démocratie et la République, le FDR, créé le 24 mars 2012) qui s’était coalisé contre la junte.
On sait l’ambiguë proximité d’IBK avec elle tandis que Cissé, lui, en avait subi les outrages physiques. Mais le « Front du refus » n’est plus d’actualité dès lors que le paysage politique est en recomposition. L’ADEMA, qui a été au pouvoir au cours des deux décennies passées, est sûre de le perdre. Non sans vendre très cher sa peau. Sauf que si Dembélé semble basculer du côté d’IBK, l’ADEMA, le parti dont il était le candidat, resterait fidèle à son engagement au sein du « Front du refus ». Logique dès lors que la junte a mis à terre ATT dont l’action était soutenue par l’ADEMA.
L’essentiel est dans le taux de participation : plus de 51 %. C’était l’inconnue du scrutin et les commentateurs pensaient que la disqualification de la classe politique en 2012 allait conduire les électeurs à bouder les urnes. Plus encore, compte tenu de la précipitation avec laquelle tout cela avait été organisé et du nombre élevé de candidats (y compris ceux qui étaient susceptibles d’accéder à un second tour). La situation est décantée, la sécurité du premier tour laisse espérer que le second tour, lui aussi, se déroulera sans accrocs, les deux hommes encore en course sont bien connus des Maliens, même si la notoriété d’IBK est supérieure à celle de Cissé. Le second tour n’est pas un affrontement entre « appareils » politiques ; c’est celui de deux hommes qui ont, chacun, leur parcours et leur personnalité. Schématiquement, IBK est un « homme politique » dans la tradition africaine : un notable aux allures de notable ; tandis que Cissé serait l’archétype du « technocrate », reconnu comme une « élite » ouest-africaine dès lors qu’il s’est illustré, durablement, à la tête de la Commission de l’UEMOA. Si IBK peut, justement, compter sur ses connexions politiques « classiques » (il a présidé l’Assemblée nationale et son parti, le RPM, est membre de l’Internationale socialiste), Cissé appartient à un réseau d’influence ancré dans cette « modernité » qui a pour nom « mondialisation » et pour crédo « l’émergence ».
Politicien madré, IBK sait qu’il faut s’allier avec le diable quand on a le dos au mur. Pragmatisme politique au mieux ; opportunisme au pire. Il l’a prouvé avec la junte. Cissé, volontariste en économie, est plus dogmatique en politique ; à l’exemple d’un Alassane D. Ouattara en Côte d’Ivoire, sa flexibilité par rapport aux principes n’ira pas jusqu’compromis. A l’instar de ce dernier, les « ambiances délétères » de la nébuleuse politique l’insupportent : il ne comprend pas qu’on ne… comprenne pas que les lois de l’économie sont plus fortes que les lois de l’Histoire. Il reste huit jours avant le deuxième tour. L’occasion pour les deux hommes de préciser comment ils entendent mettre en œuvre l’accord de Ouagadougou qui est la feuille de route et un « programme minimum ». Mais aussi de prendre date avec les acteurs de la scène politique malienne, régionale et internationale (Ouaga, Abidjan sans oublier Paris, Bruxelles et New York). Quid des relations avec l’actuel gouvernement de transition et particulièrement l’homme qui l’a menée à son terme : Dioncounda Traoré ? Quid avec les militaires, notamment ceux de la junte ? Quid avec les groupuscules touareg ? Encore beaucoup d’inconnues ! Trop d’inconnues avant de pouvoir crier, au Mali : « Vive la démocratie ».
* Le colonel Moussa Sinko Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale, ex-directeur de cabinet du capitaine Amadou Haya Sanogo lorsque celui-ci se prenait pour un chef d’Etat, a donné les scores de chacun des candidats sans établir de hiérarchie et sans annoncer qu’il y aurait un second tour et que les protagonistes en seraient IBK et Soumaïla Cissé.
Jean-Pierre BEJOT
LA Dépêche Diplomatique