vendredi 1 février 2013

Les Touaregs du Nord-Mali, possible clé de la guerre | Rue89

Les Touaregs du Nord-Mali, possible clé de la guerre | Rue89
erre Haski | Cofondateur Rue89

Un guide touareg, Mali (CAVALLI/SIPA)
Ils sont, de fait, au cœur de la crise malienne, mais on parle à peine d’eux : les Touaregs, le peuple de nomades installé dans l’immensité du désert saharien. Ils détiennent peut-être une des clés essentielles de cette guerre.
L’an dernier, lorsque la moitié nord du Mali – un territoire plus grand que la France – a fait sécession, c’est l’alliance entre plusieurs groupes radicaux islamistes et le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), les nationalistes touaregs, qui a changé le rapport de force.
Mais très vite, le MNLA s’est rendu compte qu’il avait conclu un marché de dupes avec les islamistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) et Ansar Dine, deux autres groupuscules intégristes. Le MNLA s’est retrouvé marginalisé, puis dépossédé de la victoire à laquelle il avait apporté un poids décisif et, surtout, un enracinement local.
Près d’un an plus tard, le MNLA n’est plus que l’ombre de lui-même, divisé entre une aile qui est restée avec les maîtres islamistes du nord, et ceux qui ont repris leur autonomie, dans un inconfortable « no man’s land » politique. Et une partie des Touaregs restent enrôlés au sein de la mouvance islamiste, en particulier Ansar Dine, dirigé par l’un d’eux.

Soutien conditionnel

Avec l’intervention française, le MNLA refait surface, et fait même une véritable offre de service aux Français, assortie d’une condition. Le 12 janvier, le mouvement déclarait sur son site :
« Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) attire l’attention de la communauté internationale sur le fait que l’intervention armée étrangère contre les groupes terroristes ne doit pas permettre à l’armée malienne de franchir la ligne de démarcation entre l’Azawad et le Mali avant le règlement politique du conflit qui nous oppose.
C’est dans ce cadre que le MNLA s’impliquera pour le succès des opérations de lutte contre le terrorisme et cela minimisera les risques des victimes civiles innocentes. »
En clair, nous sommes prêts à entrer en guerre contre nos alliés d’hier, à condition que cela ne serve pas à rétablir le statu quo ante, c’est-à-dire la mainmise de l’Etat, contrôlé par les ethnies sédentaires du sud, sur le nord et ses peuples nomades.
De fait, ce communiqué pose la question du règlement politique de la crise au-delà du fracas des armes. Avec deux questions-clé distinctes :
  • quel pouvoir à Bamako, où il n’y a qu’un président par intérim et pas de consensus ?
  • quel statut pour le nord, une autonomie véritable pour les Touaregs ou pas ?

Faire des rebelles des alliés

La France, qui connaît bien la complexité de l’histoire et du peuplement maliens, a tout intérêt à appuyer la promesse d’une autonomie véritable aux Touaregs par le pouvoir malien, quel qu’il soit. D’abord par souci de justice, pour que cessent des décennies de mépris pour les Touaregs et leur culture, qui se sont toujours sentis citoyens de seconde catégorie au Mali.
Mais aussi, par souci plus immédiat, plus pragmatique, pour faire des rebelles touaregs, ou ce qu’il en reste, des alliés dans la guerre au sol difficile qui s’est engagée.
Qui, mieux que les Touaregs, connaît le terrain, sait survivre et se battre dans cet implacable désert (autrefois sur l’itinéraire du Paris-Dakar...), et connaît l’ennemi de manière intime ?
Les contacts entre le MNLA et les Français ont toujours existé – certains ont même soupçonné les services français de les avoir encouragés et instrumentalisés à certains époques... Certains de ses dirigeants ont été dans l’armée ou l’administration maliennes et sont donc connus des Français.

Ennemi commun

La question d’une telle alliance entre les Français et les rebelles touaregs, logique d’un point de vue tactique dès lors que l’adversaire est devenu commun, se heurte néanmoins aux réflexes jacobins du pouvoir de Bamako – ou ce qu’il en reste.
Comment pourrait-il accepter de s’engager, comme le demande le MNLA dans son communiqué, à ce que l’armée nationale ne retourne pas au nord du fleuve Niger en cas de reconquête du territoire ?
Pour les Touaregs, cet ancien peuple aristocratique du désert, affaibli par les sécheresses, les guerres et les relations difficiles avec tous les pouvoirs, il y a néanmoins une chance historique de voir leur rêve réalisé sans passer par cette alliance empoisonnée avec les islamistes, que leurs dirigeants ont commis l’erreur de conclure l’an dernier.
La petite fenêtre d’opportunité ouverte par l’intervention française ne durera peut-être pas trop longtemps. Elle pourrait toutefois peser lourd dans l’issue de cette guerre incertaine.

La guerre du Mali n’aura pas lieu | Rue89

La guerre du Mali n’aura pas lieu | Rue89

Au Mali, des voiles tombent : « C’est bon mon colonel, la ville est à vous ! » | Rue89

Au Mali, des voiles tombent : « C’est bon mon colonel, la ville est à vous ! » | Rue89
Zineb Dryef | Journaliste Rue89


Après Gao, où les habitants vivaient sous la loi de la police islamiste, c’est Tombouctou, bastion des islamistes, que les forces françaises et maliennes s’apprêtent à libérer. Ce lundi matin, ils avaient repris le contrôle des accès de la ville et de son aéroport.

« Retrouver le goût de la liberté »

Matthieu Mabin, envoyé spécial de France 24 au Mali et embarqué avec les forces spéciales françaises depuis quinze jours, raconte l’avancée aisée de l’armée française et malienne :
« Les soldats n’ont jusqu’à présent rencontré aucune résistance au sol de la part des rebelles islamistes. La bataille est totalement inégale. »
Il évoque également une libération « au sens littéral » :
« Quand nous traversons ces villes libérées, les habitants frôlent l’hystérie en voyant circuler les blindés de l’armée française et malienne. Ils sortent de leur maison pour brandir des drapeaux et crier “Mali”. Une libération au sens littéral.
Cette population retrouve le goût de la liberté après avoir vécu dans la terreur et sous la contrainte de la charia. Les témoignages sont terribles : ils parlent de sanctions des islamistes qui coupaient les mains des voleurs, des femmes contraintes de se voiler et des hommes à qui on coupait le bas de pantalon. »
Plusieurs reportages font état d’une libération extraordinaire, de scènes de liesse et de foule qui hurle « merci, merci ! ».

« La ville est à vous ! »

Les reporters de France 2 ont diffusé des images de l’armée malienne entrant dans la ville libérée de Gao, samedi 26 janvier.
Un soldat accueille le patron de l’armée malienne :
« - C’est bon mon colonel, la ville est à vous !
- Tout le monde avec moi, allez, on roule ! »
La foule en liesse, dans la rue, acclame l’armée et l’ancien maire revenu. Les images montrent un homme à la cigarette allumée (le tabac était interdit) et des femmes retirant leurs voiles.
La reconquête de Gao

« C’est difficile de trouver les mots »

« Je n’ai jamais rien vu de tel », écrit Lindsay Hilsum, reporter de la chaîne britannique Channel 4. Sur son blog, elle raconte, avec une certaine émotion, la joie des habitants de la ville :
« Un jeune homme en T-shirt noir grimpe sur notre pick-up – il crie “Liberté ! Liberté !” avant de redescendre et de disparaître dans la foule.
Il est difficile de trouver les mots pour décrire cette scène, difficile de trouver les mots pour raconter ce moment extraordinaire que je vis dans les rues de Gao cet après-midi. »

La menace des représailles

La liberté retrouvée des populations de ces villes ne doit pas faire oublier les menaces sérieuses qui planent sur le pays. Des milliers de réfugiés maliens continuent d’affluer en Algérie et en Mauritanie. Al-Jazeera a suivi ces déplacés.
Le reportage d’Al-Jazeera aux frontières maliennes
La question de la protection des civils a été posée par plusieurs ONG qui craignent des règlements de comptes violents entre les différents camps. Dans un communiqué réagissant à la libération de Gao, Human Rights Watch met en garde contre une évaluation uniquement militaire du succès de l’intervention française :
« Nous avons déjà constaté des représailles contre de prétendus collaborateurs [des groupes islamistes et du MNLA] et le départ en exil de milliers de personnes qui craignent pour leur vie [...]
Au bout du compte, l’intervention militaire devra être jugée sur la manière dont seront abordés les problèmes qui ont alimenté le conflit, notamment la mauvaise gouvernance, la corruption et l’impunité »

MALI. L’enjeu de Kidal - Le Nouvel Observateur

MALI. L’enjeu de Kidal - Le Nouvel Observateur
C’est de cette région, où sont désormais les soldats français, que sont parties toutes les rébellions touarègues depuis près d’un demi-siècle.
Abonnez-vous au
Nouvel Observateur
L'armée française est arrivée aux portes de Kidal, dans la nuit de mardi à mercredi 30 janvier. (ISSOUF SANOGO / AFP)
L'armée française est arrivée aux portes de Kidal, dans la nuit de mardi à mercredi 30 janvier. (ISSOUF SANOGO / AFP)
Sur le même sujet
Contrairement à ce qui était annoncé, les Français sont à Kidal. Un avion s’est posé cette nuit avec des éléments militaires. Aucun élément de l’armée malienne ne les accompagnait. Cette surprise n’en est pas vraiment une. Kidal est un enjeu essentiel de cette guerre. Et pour plusieurs raisons.
C’est de cette région que sont parties toutes les rébellions touarègues depuis près d’un demi-siècle, au nom de revendications économiques et politiques. Sans rentrer dans l’historique complexe de ces insurrections et de leurs causes, disons que les hommes du désert estiment être à la fois désappropriés de leur royaume de sable - qui recèle tout de même des ressources minières et pétrolières - , et abandonnés par le pouvoir central à Bamako. Pas d’infrastructures, pas d’hôpitaux, pas de routes, pas de lycées.
Et un désert de dizaines de milliers de kilomètres carrés laissés aux mains des narcotrafiquants puis des Salafistes arabes étrangers d’Aqmi et du Mujao qui contrôlent eux aussi le passage de la drogue, la contrebande cigarettes, la traite des hommes et les prises d’otages...tout ce qui pourrit la vie et la sécurité dans cette région.

La clé du conflit

C’est de Kidal qu’est partie la dernière révolte en janvier 2012. Ici que vit Iyad Ag-Ghali, leader traditionnel des Ifoghfas et chef militaire touareg. Ansar Dine est né ici. Puis Iyad Ag-Ghali s’est lancé avec Aqmi dans une "aventure meurtrière", comme disent ses anciens compagnons qui l’ont abandonné pour former un nouveau mouvement, le MIA. Aujourd’hui, Tombouctou et Gao sont tombés, Aqmi est en fuite, Iyad aussi. Reste que Kidal est toujours la clé du conflit.
La ville est sous le contrôle du MNLA et du MIA. Le MNLA est un mouvement indépendantiste touareg qui a lancé la guerre contre l’armée malienne, puis s’est désintégré avant de quasiment disparaître, chassé par les troupes d’Ansar Dine. Kidal est surtout occupé par les hommes du MIA, en clair, les Touaregs de Kidal qui regroupent des chefs traditionnels, des commandants en armes avec leurs troupes et l’autorité spirituelle des Touaregs.
Qui sont-ils ? Exactement les mêmes... qui négociaient en novembre dernier au nom d’Ansar Dine à Ouagadougou pour essayer de trouver une solution politique et pacifique. Parmi eux, Alghabass Ag-Intallah, la noblesse de robe, fils du chef spirituel des touaregs ; Ag-Bibi, ex- numéro trois d’Ansar Dine, Ag-Aharib ex-porte-parole d’Ansar Dine et même Ag-Aoussa, le cerveau militaire de toutes les opérations. Tous ont quitté Ansar Dine, tous en veulent à Iyad pour sa dérive. Et Ag-Aoussa le militaire, surnommé "le tueur" a même promis à Iyad de "l’étrangler de ses propres mains" pour lui faire payer la "trahison de son peuple".

"Les Touaregs sont nos amis"

Que se passe-t-il aujourd’hui à Kidal ? Le MIA et le MNLA sont sur place et ils redoutaient et refusaient l’arrivée des troupes maliennes : "Vu leur haine des Touaregs et leur désir de vengeance après leurs défaites pendant près d’un an, si l’armée malienne entrait dans la ville, ce serait un carnage", dit un Touareg de Kidal.
Les Français ont vite compris la situation. Une ratonnade, voire des massacres à Kidal, aurait pourri toute solution d’avenir. "Les Touaregs sont nos amis", a rappelé avec force le ministre de la Défense français. Résultat : l’avion qui s’est posé cette nuit sur cet aéroport ne comprenait aucun militaire malien. Mieux, un appareil venu du Burkina-Faso est attendu à Kidal pour emporter une délégation MIA-MNLA vers Ouagadougou pour reprendre les négociations avec l’État malien.
Surprise. Dans le même temps, alors que Bamako avait trainé des pieds en novembre dernier pour discuter avec les Touaregs et que le ressentiment est très vif envers les hommes du Nord, l’Assemblée nationale malienne vient de voter "à l’unanimité" une feuille de route qui prévoit des discussions avec "certains groupes armés", entendez, le MNLA et le MIA débarrassé d’Iyad Ag-Ghali. Nul doute que la France, en position de force, n’a pas hésité à tordre le bras de son allié malien pour lui expliquer que son intervention miracle n’avait pas pour but de donner à Bamako un blanc-seing pour casser du touareg.

Terre de désolation

Compliqué ? Non. En un mot, les mêmes hommes, des responsables Touaregs, des Maliens du Nord, qui cherchent toujours une "solution pacifique" à la crise, vont se retrouver au même endroit à la table des négociations pour reprendre une discussion qui n’aurait jamais du s’interrompre si Iyad Ag-Ghali, ex-rebelle devenu islamiste fou de charia et allié opportuniste d’Aqmi, n’avait pas fait l’erreur de sa vie et lancé tout son peuple dans une guerre suicidaire.
Tout est à refaire. Il est encore temps. C’est seulement avec les Touaregs, maîtres de leur désert, qu’on pourra retrouver la sécurité, la réconciliation nationale et un espoir d’avenir pacifique. Sans Iyad Ag-Ghali, sans le Mujao et sans Aqmi. Sans tous ceux qui profité d’un désert trop vide pour transformer la région en terre de Djihad, en terre de désolation, en royaume de la mort.

Mali : fracture entre nord et sud - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

Mali : fracture entre nord et sud - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

Bien que libérée par les soldats de l’armée française, la tension est toujours vive au sein de la population du nord-Mali. L’heure est désormais aux règlements de compte. Les touaregs sont depuis quelques semaines victimes de la vengeance des populations et des éléments de l’armée malienne qui les accusent d’être liées aux groupes islamistes.

Œil pour œil dent pour dent. Comme le dit le dicton, la vengeance est un plat qui se mange froid. Actuellement il vaut mieux ne pas être touareg ou arabe dans le nord-Mali. Ces derniers sont victimes de violences et d’exactions commises par la population et des éléments de l’armée malienne qui les accusent d’avoir soutenu les islamistes. Alors que les « anciens bourreaux », qui voulaient imposer la charia ont fui, désormais la région fait les frais de « nouveaux bourreaux » animés par le désir de vengeance.
Selon cet humanitaire touareg, contacté par Afrik.com, qui a préféré gardé l’anonymat de peur des représailles, plusieurs centaines de Touareg fuient le nord-Mali pour se mettre à l’abri des exactions. D’après lui, « pas plus tard que trois jours, un commerçant touareg a été tabassé jusqu’à la mort par une partie des habitants de Gao ». Un chauffeur de bus touareg, pris à partie par les habitants de la ville, a « heureusement pu s’échapper à temps vers le Burkina Faso », précise le jeune homme.
Tombouctou n’est pas épargnée par cette tension. Actuellement, désordre et psychose règne dans la ville malienne symbolique. Tous ceux qui sont considérés comme étant des islamistes sont lynchés. Plusieurs centaines d’habitants, pour la plupart pauvres, ont pillé les magasins généralement tenus par selon elles, "des Arabes", "des Algériens", "des Mauritaniens", accusés d’avoir soutenu les ex-occupants du nord liés à Al-Qaïda.
Les pilleurs ont pris tous ce qu’ils trouvaient sur leur passage : télévisions, antennes satellites, nourriture, meubles, vaisselle... Certains, selon l’AFP, se battaient pour la possession d’objets, d’autres défonçaient les portes métalliques verrouillant les échoppes, dont certaines ont été intégralement vidées en quelques minutes.
L’avenir des Touaregs toujours en question
Des éléments de l’armée malienne aussi n’hésitent pas à s’en prendre directement à tous ceux dont ils estiment être liés aux islamistes. Touaregs et arabes sont en ligne de mire. Depuis plusieurs jours déjà, des ONG telles que la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) ou encore Human Right Watch les accusent d’exactions. Des dizaines de Touaregs auraient été exécutés. Des crimes qui auraient débuté le 10 janvier. Au moins 11 personnes auraient été tuées à Sévaré, au nord-est de Bamako, dans un camp militaire selon la FIDH. Des crimes auraient également été commis à Mopti et Nioro.
Les actes de représailles envers les Touaregs. C’est bien ce que craignait depuis le début Bamako et Paris. La fracture entre le nord et le sud du Mali s’est agrandie. La méfiance et l’incompréhension entre les deux parties du territoire s’est amplifiée. La libération du nord n’est qu’une étape parmi beaucoup d’autres, notent de multiples observateurs, estimant que "le plus dur reste à faire".
Le Mali n’est en effet pas au bout de ses peines. Comment réconcilier toutes les populations du pays issues de différentes ethnies ? C’est à cette question que vont devoir répondre les autorités à Bamako. Le temps presse. Et en attendant la chasse aux touaregs se poursuit. Dioncounda Traoré a d’ailleurs annoncé que des prochaines élections seront organisées au plus tard en juillet prochain pour stabiliser la situation du pays.
L’organisation du prochain scrutin ne sera pas l’unique préoccupation de Bamako. La question de l’indépendance de l’Azawad va aussi devoir être mise sur la table. Le mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), qui a affirmé lundi avoir pris le contrôle de la ville de Kidal, s’est dit prêt à négocier avec les autorités maliennes.
Les rebelles touaregs savent que leur avenir n’est pas encore assuré au Mali. Ils réclament toujours l’indépendance de l’Azawad. Une requête rejetée par Bamako et Paris qui défendent l’unité territoriale du Mali. Or, la place des touaregs dans le pays est l’une des pièces maîtresses d’une paix durable dans la région

Mali : l’appel du MIA à Kidal - Le Nouvel Observateur

Mali : l’appel du MIA à Kidal - Le Nouvel Observateur
Le mouvement islamiste de l'Azawad lance, dans un communiqué publié ce mercredi, un appel à la communauté internationale.
Abonnez-vous au
Nouvel Observateur
Sur le même sujet
Le MIA, mouvement islamique de l’Azawad, sort de son silence et lance un appel à la communauté internationale. Le MIA est composé de la plus grande partie de l’Etat-major des touregs d’Ansar Dine. Le mouvement s’est coupé en deux après qu’Iyad Ag-Ghali, leur chef, s’est lancé, au nom de la charia et avec Aqmi, dans l’offensive sur Konna qui a abouti à l’intervention française et aux frappes aériennes qui ont permis de reprendre Tombouctou et Gao, ainsi que la plus grande partie du Nord-Mali.
Les touaregs de Kidal, en désaccord avec le discours et l’action de leur chef, ont récemment décidé de créer un nouveau mouvement, dirigé par Alghabass Ag-Intallah, personnage respecté et fils du chef spirituel de tous les Touaregs. Il se démarque résolument des salafistes d’Aqmi et du MUJAO, rejettent le terrorisme et les prises d’otages et se dit même prêt à lutter contre le terrorisme. Il prône une négociation pour trouver une solution politique et pacifique à la crise. Mais pose comme condition première que tout soit fait pour éviter que l’armée malienne entre dans Kidal, par peur des exactions et des combats qui en résulteraient.

"Les preuves de leurs engagements à coopérer avec la France"

Voici les principaux extraits du communiqué daté de ce mercredi 30 janvier et signé de la main de son leader, Alghabass Ag-Intallah.
- "Le Mouvement Islamique de l’Azawad lance un appel pressant à la communauté internationale et à la France pour que l’armée malienne et les forces de la CEDEAO ne pénètrent sur le territoire de l’Adrar des Ifoghas, région de Kidal avant qu’une solution politique ne soit trouvée..."
- "Nous rappelons que la résolution des Nations unies prévoit bien une solution politique à privilégier."
- "C’est à cette seule condition que le MIA est prêt(....) à apporter sa contribution pleine et entière dans la lutte contre le terrorisme mais aussi dans le règlement définitif de cette crise."
- "Le MIA comme le MNLA ont donné les preuves de leurs engagements à coopérer avec la France, puisque les Forces Françaises sont entrées à Kidal sans qu’aucun coup de feu ne soit tiré, c’est la preuve que Kidal n’est pas un sanctuaire pour terroristes."

Kidal ou la défaite de l'anticolonialisme de salon au Mali - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

Kidal ou la défaite de l'anticolonialisme de salon au Mali - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain
Jeudi 31 janvier 2013 / par Alexis Dieth

Au Mali, la déroute des narcotrafiquants assassins, camouflés sous le masque de l’islamisme politique, comporte une autre déroute qui vient d’être scellée à Kidal. La déroute des envahisseurs fascisants de l’islamisme politique signe celle des anticolonialistes de salon. Ceux qui s’étaient arrogé le monopole de la défense intellectuelle et idéologique de la souveraineté des peuples africains contre les agressions et les dominations étrangères n’y ont vu que du feu.

Les rezzous bruyants des mercenaires narcotrafiquants, financés par certains émirats pétroliers orientaux qui avaient jeté leur dévolu sur l’Etat malien afin d’y asseoir la base (al qaïda) d’un nouvel impérialisme confessionnel dans la sous-région, ont échappé aux soldats autoproclamés de l’anticolonialisme, occupés à tirer à l’aveuglette sur le néo-colonialisme français et sur l’impérialisme néolibéral. Prisonniers de leurs automatismes d’extraversion, ils ne se sont pas non plus aperçus que la rébellion Touareg, qui avait ouvert les portes de la cité aux envahisseurs étrangers de quelque bord qu’ils soient, provenait en grande partie de la déficience du système politique malien qui marginalisant une minorité importante et abandonnant une partie du pays à la déréliction sociale et économique, n’avait pas su répondre aux attentes des acteurs sociaux maliens.
Au Mali, et notamment à Kidal, cet anticolonialisme de slogan, cette logorrhée simplificatrice et réductrice qui déresponsabilise les élites politiques africaines en pérennisant et en entretenant les logiques d’extraversion, a été terrassée par une réalité qui en dénonce l’aveuglement et en dévoile l’imposture. A Kidal est en train de se rejouer une nième fois la partition séculaire de l’arbitrage étranger des anciennes puissances coloniales occidentales qui résulte de la démission des élites politiques africaines ; démission qui aménage aux Etats étrangers occidentaux et orientaux des opportunités d’intervention en or pour le service de leurs intérêts particuliers et transfrontaliers souverains. Au Mali, l’Etat français par son armée qui vient d’entrer à Kidal, fief des Touaregs, en tenant l’armée malienne à l’écart est devenu le médiateur étranger incontournable réclamé par les autonomistes du MNLA aussi bien que par les populations et l’Etat malien lui-même. Kidal légitime totalement l’intervention de l’Etat français auquel revient la tâche de mettre en chantier le devoir politique d’intégration des divers groupes sociaux du Mali en contraignant les élites à s’asseoir à la table de négociation pour opérer les compromis indispensables à l’unité politique !
En Côte d’Ivoire, la même logique de la division intérieure provoquée par la démission des élites et par la déficience du système politique que camouflait la diversion bruyante de la propagande anticolonialiste, avait entraîné le retour en force de l’ancienne puissance coloniale. Elle exerce, jusqu’à nos jours, avec les diverses instances afférentes de l’ONU, la tutelle d’une politique de réconciliation nationale qui peine à trouver une conclusion, en raison la mauvaise foi d’une des parties uniquement préoccupée de l’impunité de ses membres qui furent pourtant les architectes de la catastrophe. Kidal inflige un démenti cinglant à la propagande et au discours d’extraversion des anticolonialistes de salon. Le MNLA consent à la médiation et à la présence de la France tout en interdisant à l’armée malienne et aux forces de la Cédéao de pénétrer sur le territoire de l’Adrar des Ifoghas son fief. Il décide de pourchasser les narcotrafiquants djihadistes étrangers pour les rejeter hors du Mali. Les causes du problème malien sont donc strictement internes. L’intervention française ne peut donc pas être interprétée comme étant intrusion néo-colonialiste. C’est une intervention opportuniste favorisée par une scission intérieure malienne qui permet à la France d’intercéder militairement pour sauvegarder ses intérêts régionaux en prenant prétexte du danger terroriste attesté par l’agression effective de l’Etat laïque malien par des narcotrafiquants criminels venus de l’étranger et camouflés sous le masque de l’Islam !
Au Mali, les anticolonialistes de salon furent inaudibles lorsque, au-delà des conséquences perverses de la libéralisation de l’économie, les Maliens de l’intérieur dénonçaient une « démocratie coquille », dont la déficience du système politique et la corruption des équipes dirigeantes renforçaient le clivage social et rendaient impossible l’intégration sociale des minorités, générant ainsi la rébellion ! Ils répondirent par l’indifférence lorsque le Cheick Chérif Ousmane Madani Haïdara, défenseur d’un islam tolérant et afro-centré respectueux de la laïcité, dénonçait au Mali l’impérialisme fascisant de l’islam d’importation wahhabite de la charia. Ils ne s’émurent guère des lapidations des amputations, des exécutions et des égorgements et ne s’aperçurent guère de la résistance passive des populations qui voyaient en la présence d’Aqmi et de ses troupes celle d’une impitoyable force d’occupation étrangère dont le but était de prendre possession de l’Etat pour soumettre le peuple malien à un ordre politique et confessionnel étranger en détruisant l’islam soufi local et sa culture de la tolérance religieuse. Occupés à diffuser leurs pamphlets, après avoir observé un moment de silence incertain dont nous nous étions étonnés, les anticolonialistes de salon ne se sont pas aperçus que la souveraineté des Etats laïques africains et l’intégrité de leurs peuples étaient directement menacées par l’invasion de fanatiques étrangers moyenâgeux, porteurs d’une interprétation sectaire, intolérante et contestable de l’islam, qui ne reculaient pas devant le crime et le massacre à grande échelle pour imposer par la contrainte leur conception totalitaire de la religion musulmane au monde entier.
Ce manque sélectif de vigilance de la part des anticolonialistes de salon trahit en vérité leur complaisance et même leur complicité avec les systèmes endogènes et non occidentales de domination et d’oppression. En détournant l’attention nationale et internationale hors des raisons internes des dysfonctionnements des systèmes politiques locaux qui provoquent les crises africaines, le bruit de cet anticolonialisme fumeux et vide occulte les responsabilités des acteurs internes qui en sont les architectes et les maîtres d’œuvre. En désignant le bouc émissaire occidental, les anticolonialistes de salon gomment la complexité des problèmes locaux au moyen de leurs slogans réducteurs marqués au coin du ressentiment. Leur discours simplificateur opère ainsi comme une redoutable force d’inertie et de crétinisation publique qui bloque l’histoire en Afrique. Il entretient la logique de l’extraversion qui conduit à la répétition tragique de l’histoire : hier, la pénétration coloniale fut facilitée par les clivages et divisions engendrés par la traite esclavagiste interne qui continue, jusqu’à nos jours, à empêcher la mise en œuvre d’une politique d’intégration sociale en pérennisant la logique de la ségrégation dans les Etats multiethniques modernes d’Afrique sub-saharienne. Aujourd’hui, le retour en force de l’ancienne puissance coloniale, retour en lequel certains voient un néocolonialisme, est provoqué par la division sociale qui s’articule sur cette ségrégation systématique et institutionnalisée interne et inavouée, qui sévit dans la presque totalité des Etats d’Afrique sub-saharienne, et dont les origines remontent à la traite esclavagiste interne précoloniale.
Il est donc à espérer que l’imposture des anticolonialistes de salon, dévoilée au grand jour dans les savanes et dans le désert du Mali, signe son discrédit durable pour que s’éveille une opinion publique africaine critique que sa propagande s’évertue jour après jour à anesthésier. La modernité politique en Afrique appelle un raffermissement de la conscience politique des peuples et une critique démystificatrice des systèmes et des mécanismes endogènes d’oppression et de domination. Elle requiert une vigilance critique citoyenne envers les Pouvoirs qui doit permettre de donner un contenu à la démocratie pour qu’elle soit représentative et afin que l’exercice du pouvoir d’Etat serve à défendre l’intérêt général et à promouvoir le bien-être des populations. A défaut de ce retour critique à soi en Afrique, l’on risque de voir s’accentuer et se reproduire dans les décennies à venir l’anomie et la déréliction qui conduisent aux crises internes dont la solution appelle de gré ou de force l’intervention d’Etats étrangers agissant au service de leurs propres intérêts particuliers souverains.

Le Figaro - International : Le Mali face au défi de la réconciliation

Le Figaro - International : Le Mali face au défi de la réconciliation
Par David Baché Mis à jour | publié Réactions (26)
Des soldats tchadiens patrouillent jeudi dans les rues de Gao, ville désertée par les islamistes qui la tenaient.
Des soldats tchadiens patrouillent jeudi dans les rues de Gao, ville désertée par les islamistes qui la tenaient.Crédits photo : Jerome Delay/AP
Recommander

Le dialogue national souhaité par la France se heurte à deux questions : avec qui parler, et de quoi.

«Je suis optimiste. Nous allons trouver les ressorts nécessaires pour nous parler et trouver des compromis.» Ce membre du cabinet du président malien de transition, Dioncounda Traoré, l'assure: «La mise en place de la Commission nationale de réconciliation est dans les tuyaux. C'est pour bientôt.»
Après l'appel lancé mercredi par la France aux autorités maliennes, Dioncounda Traoré a affiché sa disponibilité pour le dialogue. En précisant que, de tous les groupes armés présents au nord du Mali, seul le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) peut être un interlocuteur légitime, «à condition qu'il renonce à toutes ses prétentions territoriales».
Les indépendantistes touaregs n'y étant pas prêts, le dialogue risque de tourner court. D'autant que, pour ce ­collaborateur du président malien, «les gens sont franchement remontés contre le MNLA. Je ne sais pas comment ils pourront leur pardonner.» Dans le sud du pays, l'idée est répandue que le MNLA est à l'origine de la crise, pour avoir pris les armes il y a un an.
Sur la mise en œuvre de la Commission de réconciliation tant attendue, la présidence ne donne «ni timing ni contours». Mais le dialogue national est «un préalable nécessaire pour savoir qui veut quoi», dit un officiel à Bamako.
Tiébilé Dramé, ancien ministre et président de la Coalition pour le Mali (organisation de la société civile qui a œuvré ces derniers mois pour promouvoir une solution négociée dans le Nord) revient de New York et de Paris où il a rencontré «beaucoup de monde» pour «préparer l'avenir». Selon lui, ce dialogue doit être le plus large possible: «Au-delà du MNLA, il faut parler avec l'ensemble des communautés du Nord. De leur place, du développement de ce territoire, des relations avec le sud du pays… Je vois une conférence nationale intermalienne, où les représentants de toutes les communautés discuteraient.» Une manière de respecter la société traditionnelle, sa hiérarchie et ses grandes familles. Une manière aussi de contourner les groupes les plus gênants.
Tiébilé Dramé, qui soutient les autorités de transition, se dit prêt à parler avec le MNLA - «s'il accepte de revenir dans la République», ce qui n'est pas le cas. Mais le collaborateur du président de transition préfère les relais traditionnels, «une façon de marginaliser, de contourner le MNLA».

L'enjeu de la décentralisation

Principale piste pour préparer la réconciliation nationale: la décentralisation, qui permet de donner davantage de pouvoir aux élus locaux. Un processus ébauché dès 1999: «Elle a permis aux populations de prendre leurs affaires en main, soutient Tiébilé Dramé, mais il faut chercher à l'approfondir.»
Il propose deux voies: «On peut aller jusqu'à l'élection de l'exécutif régional, c'est-à-dire des gouverneurs, si c'est ce que veulent les populations. Il y a surtout la question du transfert des ressources et des compétences, pour que les élus des régions aient de véritables pouvoirs.»
Cette forme de réponse aux ambitions indépendantistes touaregs ne fait déjà pas l'unanimité au sein des autorités politiques: «Personnellement, dit encore un cadre du ministère de la Communication, ancien de l'Administration territoriale, je ne pense pas que ce soit une question d'autonomie. La décentralisation ne peut pas régler les problèmes: il s'agit d'abord de pauvreté et d'un manque de ressources.» Et de conclure: «Les Touaregs ne se sont jamais adaptés.» La réconciliation nationale promet d'être un long processus.
LIRE AUSSI:
» VIDÉO - Au Mali, l'ONU envisage le déploiement de Casques bleus
» ÉDITION ABONNÉS - Au commencement étaient les Touaregs…
» ÉDITION ABONNÉS - Tribune: Au Mali, privilégier la restauration de l'État

MNLA : oui à l'armée française, non à l'armée malienne - Monde - Le Télégramme

MNLA : oui à l'armée française, non à l'armée malienne - Monde - Le Télégramme
Mossa Ag Attaher est porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) - la rebellion touareg. Il fait le point depuis Ouagadougou (BurkinaFaso) où il est installé.


Le MNLA se relance-t-il ?
Nous avions décidé une longue période de silence. La France a décidé d'aider l'armée malienne à revenir sur l'Azawad. Les terroristes ont été chassés de leurs positions avancées dans le sud. Mais à la suite de la libération des villes, l'armée malienne a commis de nombreuses exactions à Mopti et Gao envers les populations touareg, peul... Nous ne pouvions l'accepter. L'état-major du MNLA a décidé de reprendre le contrôle de villes pas encore libérées, dont Kidal, pour protéger les populations contre l'armée malienne.

Il y a eu des combats ?
Les islamistes sont partis vers le nord avant notre arrivée, sans combat.

L'armée française a été bien reçue à Kidal ?
Elle a été reçue par une population en liesse levant des drapeaux français, du MNLA et de l'Azawad. Les militaires français ont été reçus par les représentants du MNLA. Mais nous n'accepterons jamais que l'armée malienne vienne sur notre territoire. Et nous comptons sur la présence française pour la protection des Touareg, Maures et Peuls victimes d'exactio
ns.


Où est actuellement l'armée malienne ?
Dans le secteur de Gao. Toute tentative d'avancer vers le nord sera considérée de notre part comme une déclaration de guerre.

Pensez-vous les discussions possibles avec Bamako ?
Pour la première fois, un président malien (par intérim) vient de reconnaître que le MNLA était le seul mouvement politique avec lequel il pouvait y avoir des négociations. Il est temps que le Mali admette qu'une solution politique passe par une reconnaissance de l'Azawad.

Vos revendications n'ont pas changé ?
Le MNLA a évolué comme le contexte politique. C'est un mouvement démocratique qui n'a pas une vision extrémiste du monde. Nos revendications sont toujours réactualisées. Nous irons à la négociation avec Bamako sur la base de l'autodétermination.

Ne craignez-vous pas un retour des islamistes ?
La lutte contre les groupes terroristes est loin d'être terminée. Une coordination d'action entre le MNLA et la France doit être mise en place.

VIDEO. Mali : l'armée malienne pénètre dans le fief touareg de Kidal

VIDEO. Mali : l'armée malienne pénètre dans le fief touareg de Kidal
Publié le 31.01.2013, 22h03 | Mise à jour : 22h47
Comme ici à Tombouctou, des premiers éléments de l'armée malienne ont investi les rues de Kidal malgré l'opposition des Touaregs.

Comme ici à Tombouctou, des premiers éléments de l'armée malienne ont investi les rues de Kidal malgré l'opposition des Touaregs.
| AFP/ Fred Dufour

Zoom 1/2
Des militaires maliens sont arrivés jeudi à Kidal ,à 1500 km de la capitale Bamako, ville contrôlée par deux groupes et où des soldats français ont pris le contrôle de l'aéroport, a affirmé à Bamako le porte-parole de l'armée malienne, le colonel Souleymane Maïga. «Il s'agit d'une petite unité de reconnaissance qui est partie préparer le terrain au reste de la troupe», a déclaré à la presse le colonel Maïga.

Le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, islamistes dissidents) et le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rebelles autonomistes touaregs), qui contrôlent en partie Kidal, avaient pourtant demandé la veille que les soldats maliens et ouest-africains ne pénètrent pas dans la ville et sa région, avant qu'une «solution politique» ne soit trouvée avec Bamako.

L'armée française voudrait négocier une solution à long terme

Après Gao et Tombouctou, reprises en quelques jours du 26 au 29 janvier, Kidal est la dernière grande ville du Nord encore aux mains des groupes armés. Mais cette fois, la privilégie la négociation, évoquant une «situation particulière».

Longtemps tenue par le groupe islamiste Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Kidal venait de passer sous le contrôle du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA, dissident d'Ansar Dine) et du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg) quand les Français ont pris possession de l'aéroport dans la nuit de mardi à mercredi.



VIDEO. Au Mali, on espère la pacification et le retour des touristes

LeParisien.fr