dimanche 2 décembre 2012

Le Figaro - International : Nord du Mali : un chef touareg contre Aqmi

Le Figaro - International : Nord du Mali : un chef touareg contre Aqmi
Par Thierry Oberlé Publié Réactions (3)
<i>«Nous sommes venus pour écouter et nous faire entendre, pour partager des conseils utiles»,</i> commente Bilal Ag Chérif <i>(ici, à Ouagadougou le 16 novembre)</i>.
«Nous sommes venus pour écouter et nous faire entendre, pour partager des conseils utiles», commente Bilal Ag Chérif (ici, à Ouagadougou le 16 novembre).Crédits photo : AHMED OUOBA/AFP

Bilal Ag Chérif, le leader des rebelles laïcs à l'origine du soulèvement, a été reçu à Paris.

Marginalisés sur le plan militaire par les islamistes armés dans le nord du Mali, les Touaregs laïcs tentent de revenir dans le jeu diplomatique. Une délégation du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) dirigée par son secrétaire général Bilal Ag Chérif est depuis plusieurs jours à Paris pour une série d'entretiens au Quai d'Orsay pour promouvoir une issue politique à la crise dans le Sahel. «Nous sommes venus pour écouter et nous faire entendre, pour partager des conseils utiles», commente Bilal Ag Chérif. Le mouvement défend l'idée d'une solution négociée avec ceux qui dans le pays touareg refusent le terrorisme. «La force africaine qui sera chargée de lutter contre les groupes terroristes connaît mal le désert. Nous craignons qu'elles ne parviennent pas à venir à bout de sa mission et qu'elle commette des massacres contre les civils», avertit le chef du MNLA.

Renoncer à la violence et reconnaître l'intégrité territoriale du Mali

Son mouvement est à l'origine du soulèvement touareg de janvier contre Bamako. Très vite, les indépendantistes et leur force de frappe constituée de Touaregs libyens qui ont abandonné Kadhafi avec armes et bagages prennent le dessus sur l'armée malienne. Mais très vite aussi, ils sont débordés par les islamistes touaregs d'Ansar Dine, d'Aqmi et du Mujao. Le MNLA est chassé de son fief de Gao en mai. Bilal Ag Chérif est grièvement blessé à la tête. La semaine dernière, ses hommes ont tenté de reprendre le dessus. Sans succès. «Nous manquons de munitions et de matériel alors que nos ennemis disposent d'importantes capacités financières grâce aux rançons des prises d'otages et à la drogue», lance le chef du MNLA.
Bilal Ag Chérif se dit prêt à établir un dialogue avec Bamako «si les conditions sont réunies» mais n'est pas disposé «à tendre tous les jours la main». Il «souhaite» également un rapprochement avec les frères ennemis d'Ansar Dine si les islamistes «comprennent» qu'ils doivent couper les ponts avec al-Qaida et ses satellites. Les intéressés semblent vouloir se démarquer de leurs alliés terroristes mais leur évolution paraît fragile. Le Quai d'Orsay a ainsi précisé que «le dialogue ne peut être envisagé qu'avec les groupes qui renoncent à la violence et acceptent l'intégrité territoriale du Mali».
LIRE AUSSI:
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Mali: plusieurs partis contre des négociations avec le MNLA et Ansar Dine

Mali: plusieurs partis contre des négociations avec le MNLA et Ansar Dine
Plusieurs associations et partis politiques maliens se sont dits samedi contre toute négociation avec le groupe islamiste armé Ansar Dine et la rébellion touareg du MNLA, qui doivent entamer prochainement des discussions avec le pouvoir malien sous l'égide de la médiation burkinabè.

L'Alliance des démocrates patriotes pour la sortie de crise (ADPS), regroupant une vingtaine de partis et une dizaine d'associations et de mouvements, récuse également le président burkinabè Blaise Compaoré comme médiateur.

Elle refuse toute négociation avec le MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) et Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), affirme l'ADPS dans un manifeste pour la Nation publié à l'issue d'un forum à Bamako.

Selon la coalition, le MNLA et Ansar Dine ne sont pas représentatifs des Touareg du nord du Mali, et les Touareg eux-mêmes sont minoritaires au sein des populations du Nord.

Ansar Dine, qui prône l'application de la charia (loi islamique), est un des groupes jihadistes qui occupent depuis huit mois le nord du Mali avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

Tous ont pris le contrôle des vastes régions administratives du Nord (Kidal, Tombouctou et Gao) entre fin mars et début avril, à l'issue d'une offensive de près de trois mois menée avec le MNLA, qu'ils ont fini par évincer des principales villes en juin.

Médiateur dans la crise malienne pour la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), le président burkinabè Blaise Compaoré travaille à une solution négociée tandis que parallèlement se prépare une intervention armée africaine pour chasser les islamistes armés du nord du Mali.

Selon une source proche de la médiation, sous l'égide de M. Compaoré, le pouvoir malien, Ansar Dine et le MNLA devraient tenir leurs premières discussions la semaine prochaine à Ouagadougou.

Dans son Manifeste pour la Nation, l'ADPS récuse le président burkinabè comme médiateur, estimant qu'il applique une approche contraire aux intérêts du Mali. Son attitude partisane en faveur des rebelles et leurs complices terroristes, le disqualifie comme médiateur crédible dans le règlement de la crise au Nord, affirme la même source.

Le manifeste rejette aussi la plate-forme politique d'autonomie du MNLA, réclame l'organisation des élections avant la libération totale du nord du Mali et le retour de l'Administration et de l'armée malienne dans les régions occupées.

Nous devons compter d'abord sur nos propres forces, nous connaissons nos alliés, il faut leur faire appel pour libérer le pays, a dit devant la presse l'ex-Premier ministre malien Soumana Sako, président de l'ADPS.

Dans un rapport adressé le 28 novembre au Conseil de sécurité de l'ONU, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait mis en garde contre les risques d'une intervention militaire dans le nord du Mali, tout en relevant que la force militaire sera sans doute nécessaire à un moment donné.

Réagissant à ce rapport, le Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR), qui presse pour le déploiement d'une force africaine au Mali, a réitéré son appel pour l'intervention dans un communiqué transmis samedi à l'AFP.

Le FDR espère vivement que le rapport de M. Ban ouvrira la voie à l'adoption d'une nouvelle résolution autorisant l'usage de la force contre les groupes armés terroristes et rebelles qui continuent à bafouer la souveraineté et l'intégrité territoriale du Mali, affirme-t-il.

AFP

Mali : une délégation des rebelles touareg reçue par Paris

Mali : une délégation des rebelles touareg reçue par Paris
Une délégation de la rébellion touareg malienne du MNLA, conduite par son chef Bilal Ag Achérif, a été reçue jeudi après-midi à Paris par le représentant spécial de la France pour le Sahel Jean Félix-Paganon, a-t-on appris de sources concordantes.

Cette rencontre au ministère des Affaires étrangères s'est déroulée à la demande du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), avait précisé dans la matinée le porte-parole du Quai d'Orsay, Philippe Lalliot.

Elle survient alors que Paris est en pointe dans les préparatifs d'une force armée internationale - composée de soldats africains et soutenue par les Occidentaux - devant intervenir avec l'aval de l'ONU dans le nord du Mali pour en chasser les groupes armés islamistes.

Ces groupes, Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Ansar Dine et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) contrôlent totalement la partie nord du Mali depuis la fin juin, après en avoir chassé les touareg du MNLA.

Le MNLA s'est jusqu'ici opposé au déploiement d'une force internationale, assurant être en mesure de faire le travail lui-même, avec l'appui logistique des Occidentaux.

Selon des sources proches de la délégation touareg, l'entretien, qui a duré deux heures, avait pour objectif de faire un point de la situation dans le nord du Mali.

Nous avons dit que nous souhaitions que la France nous écoute et qu'elle facilite le retour à la paix, a déclaré à l'AFP un porte-parole du MNLA à Paris, Moussa Ag Assarid.

La France, de son côté, a rappelé son attachement à l'intégrité territoriale du Mali, a-t-il dit. Nous avons répondu que nous avions des revendications et étions prêts à discuter avec les autorités maliennes quand l'heure viendra, mais ni avant, ni ailleurs, a-t-il insisté.

Jeudi matin, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères avait rappelé que le dialogue que soutient la communauté internationale ne peut être envisagé qu'avec les groupes qui renoncent à la violence et acceptent l'intégrité territoriale du Mali.

L'établissement d'un dialogue entre les autorités de Bamako et les groupes non-terroristes du Nord Mali est urgent, au moment où le Conseil de Sécurité des Nations unies, à la demande de l'Union africaine, s'apprête à autoriser le déploiement d'une force africaine, avait-il ajouté.

Le MNLA et le groupe islamiste armé Ansar Dine ont fait vendredi une offre de dialogue à Bamako pour sortir de la crise.

La délégation du MNLA a réaffirmé que nous souhaitons discuter avec Bamako et contribuer à la lutte contre le terrorisme et le narco-trafic, a ajouté le porte-parole des Touareg.

En début de semaine, des combats ont opposé le MNLA au groupe jihadiste Mujao. Ces affrontements, qui ont fait des dizaines de morts, ont vu la défaite des rebelles touareg, chassés de la ville de Ménaka (nord-est), où ils s'étaient à nouveau installés depuis peu.

Jeudi, le Mujao, groupe allié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a revendiqué l'enlèvement d'un ressortissant français de 61 ans dans l'ouest du Mali, une zone où il n'intervient généralement pas.

Alors que le MNLA plaide désormais pour une autodétermination du nord du Mali, Ansar Dine a de son côté fait d'importantes concessions, annonçant notamment renoncer à imposer dans tout le Mali la charia (loi islamique) - que les islamistes armés appliquent avec une extrême rigueur-, sauf dans son fief du Kidal (nord-est).

VA CALMEMENT

VA CALMEMENTTout de même! 

"Va calmement au milieu du bruit et de la hâte.
Et souviens-toi quelle paix il peut y avoir dans le silence.
Autant que possible, et sans relâche, sois en bons termes avec tout le
monde.
Dis ta vérité calmement et clairement, et écoute les autres, même les
ennuyeux et les ignorants ; eux aussi ont leur histoire.
Évite les personnes agressives et violentes ; elles ne sont que vexations
pour l'esprit.
Si tu te compares à autrui, tu pourrais devenir vaniteux ou amer, car il y
aura toujours plus petit ou plus grand que toi.
Réjouis-toi aussi bien de tes projets que de tes oeuvres.
Accorde un intérêt sincère à ton travail, même s'il est humble, c'est un
bagage précieux dans les courants changeants de la vie.
Sois prudent dans tes affaires, car le monde est plein de malhonnêteté ;
mais que ceci ne t'aveugle pas envers la Vertu qui existe.
Beaucoup de gens aspirent à des idéaux élevés et partout on parle

d'héroïsme. SOIS TOI-MEME.
Surtout, ni ne feins l'affection, ni ne sois cynique envers l'amour; car
face à toute la stérilité et au désenchantement, il est aussi éternel que l'herbe des prés.
Prends aimablement le conseil des ans tout en délaissant gracieusement les choses de la jeunesse.
Amasse la force de l'esprit afin de te protéger de l'infortune soudaine ; mais ne te trouble pas avec des chimères ; la peur naît souvent de la fatigue et de la solitude.
Au-delà d'une discipline saine, sois gentil avec toi-même ; tu es un enfant de l'Univers, au même titre que les étoiles et les arbres.
Tu as une raison d'être, et même si cela ne te semble pas clair, sans aucun doute l'Univers se déploie comme il se doit.
Ainsi, SOIS EN PAIX AVEC DIEU, quelle que soit la conception que tu as de lui, et quels que soient ton labeur et tes aspirations, dans la confusion bruyante de la vie, SOIS EN PAIX AVEC TON AME.
Malgré toutes ses prétentions, ses peines et ses rêves irréalisés, c'est quand même un monde magnifique.
Fais attention... ASPIRE Â ETRE HEUREUX."parchemin trouvé en 1692 dans une église de Baltimore

samedi 1 décembre 2012

Ban Ki-moon conforte la position de l’Algérie - International - El Watan

Ban Ki-moon conforte la position de l’Algérie - International - El Watan
Dans son rapport sur le Mali, il privilégie le dialogue politique
Ban Ki-moon conforte la position de l’Algérie


le 01.12.12 | 10h00 Réagissez

 | © D. R.
Le président Abdelaziz Bouteflika et le secrétaire...


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Le secrétaire général de l’ONU ne semble pas tellement convaincu de la fiabilité de la stratégie militaire proposée par la Cédéao pour chasser les terroristes du nord du Mali.

 Très attendu, le rapport sur la crise malienne adressé mercredi soir par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, au Conseil de sécurité, reprend en grande partie les craintes de l’Algérie concernant les risques qu’il y aurait à mener, dans la précipitation, une opération militaire au Nord-Mali. Fervent partisan de l’intervention, le président en exercice de l’Union africaine, le Béninois Thomas Boni Yayi, s’est d’ailleurs distingué par une déclaration dépitée devant la tonalite de ce document.

A l’instar des autorités algériennes, Ban Ki-moon soutient, en effet, que le dialogue politique inclusif pour réconcilier les Maliens entre eux doit être une priorité, reconnaissant ainsi le caractère avant tout politique de la crise malienne. «Je suis tout à fait conscient que si une intervention militaire dans le Nord n’est pas bien conçue et exécutée, elle pourrait aggraver une situation humanitaire déjà extrêmement fragile et entraîner aussi de graves violations des droits de l’homme», écrit le secrétaire général de l’ONU, ajoutant qu’«elle pourrait aussi risquer de ruiner toute chance d’une solution politique négociée à cette crise, qui reste le meilleur espoir d’assurer la stabilité à long terme au Mali».

S’il apparaît donc ne pas partager du tout l’empressement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à aller «guerroyer» dans l’Azawad, Ban Ki-moon ne semble également pas tellement convaincu de la fiabilité de la stratégie militaire proposée par cette organisation régionale pour chasser les terroristes du nord du Mali.
 Du moins, celle-ci pèche, selon lui, par le fait qu’elle ne répond pas à d’innombrables questions «fondamentales» concernant particulièrement «la manière dont la force sera dirigée, entretenue, entraînée, équipée et financée». Mais avant cela, M. Ban insiste surtout sur le fait qu’avant toute opération militaire «l’accent doit être mis sur un dialogue politique».
En clair, l’ONU invite non seulement la Cédéao à revoir sa copie, mais également à ne pas trop compter sur l’aide de la communauté internationale pour financer sa guerre. Une intervention militaire pourrait s’avérer effectivement très coûteuse (500 millions de dollars pour une opération de six mois).

L’ONU ne financera pas la guerre

Elle suggère, en outre, que l’ONU ne s’impliquera sur le terrain qu’après la fin de l’intervention militaire dans le cadre d’une opération de stabilisation. Cela si toutefois intervention militaire il y a. Dans tous les cas, le rapport de Ban Ki-moon soulève tellement de questions que le débat sera probablement très vif au Conseil de sécurité lorsque ses membres auront à se prononcer sur le dossier de la crise malienne.

En attendant, le constat dressé par le secrétaire général de l’ONU rassure quelque peu les autorités algériennes qui n’ont cessé, ces dernières semaines, d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les lourds dommages collatéraux que pourrait entraîner une intervention militaire hâtive au nord du Mali. «Nos analyses se trouvent confortées par le rapport du SG de l’ONU. Nous y retrouvons certaines appréhensions et certaines mises en garde qui ont été formulées à partir d’Alger. Il s’agit, par exemple, des risques de dégâts collatéraux sur le plan humanitaire et de violations prévisibles des droits de l’homme», soutient un diplomate algérien. L’important surtout, ajoutera notre source, est que M. Ban Ki-moon ait souligné «la primauté au dialogue politique inclusif pour réconcilier les Maliens entre eux car il s’agit d’une condition sine qua non pour une stabilisation durable du pays».

La Cédéao invitée à revoir sa copie

Ce rapport, mentionne encore notre source diplomatique, est intéressant en ce sens également qu’il intègre la position de l’Algérie sur l’option militaire. Celle-ci ne doit intervenir, préconise le même diplomate algérien, «qu’en dernier recours après épuisement des voies du dialogue et à condition qu’elle soit bien conçue et bien préparée pour ne cibler que les terroristes et ceux avec lesquels le dialogue est impossible».

Et toujours à propos de la force qui sera envoyée en cas de nécessité à combattre les terroristes, le document transmis par Ban Ki-moon au Conseil de sécurité reprend les «propres interrogations» des autorités algériennes sur un certain nombre de questions cruciales «comme la détermination de la chaîne de commandement puisqu’à l’évidence il y aura deux commandements (malien et Cédéao) qu’il va falloir coordonner, l’équipement en matériel militaire, la génération des forces et surtout le financement puisque l’ONU appelle à des contributions volontaires, du moins pour la phase initiale de l’intervention».

S’appuyant sur des avis d’experts, l’envoyé spécial de l’ONU au Sahel, Romano Prodi, avait jugé lui aussi le 20 novembre dernier qu’une action militaire dans le nord du Mali ne serait pas possible avant «septembre 2013». Lors d’une conférence de presse animée à Rabat, M. Prodi avait néanmoins insisté sur l’idée que sa «(…) mission c’est de faire tout pour la paix et éviter la guerre». Et comme l’Algérie, il a plaidé pour la «recherche d’une solution politique au Mali et dans le Sahel».

De telles remarques devraient normalement contraindre le Conseil de sécurité de l’ONU – qui doit se prononcer durant ce mois de décembre sur le dossier malien en se fondant précisément sur le rapport de M. Ban – à ne plus parler d’intervention militaire au nord du Mali.

En revanche, il devrait contraindre Bamako et plus globalement la Cédéao à privilégier davantage la voie du dialogue.
 Tout au moins, les partisans d’une intervention militaire doivent être invités à ne plus faire d’amalgame entre les Touareg «qui posent des revendications politiques légitimes» et qui ne demandent qu’à négocier et les terroristes d’AQMI ou du Mujao.
 C’est là effectivement un SMIG politique que tout le monde se doit de respecter.
 
Zine Cherfaoui

Ban Ki-moon conforte la position de l’Algérie - International - El Watan

Ban Ki-moon conforte la position de l’Algérie - International - El Watan
Dans son rapport sur le Mali, il privilégie le dialogue politique
Ban Ki-moon conforte la position de l’Algérie


le 01.12.12 | 10h00 Réagissez

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Le président Abdelaziz Bouteflika et le secrétaire...


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Le secrétaire général de l’ONU ne semble pas tellement convaincu de la fiabilité de la stratégie militaire proposée par la Cédéao pour chasser les terroristes du nord du Mali.

 Très attendu, le rapport sur la crise malienne adressé mercredi soir par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, au Conseil de sécurité, reprend en grande partie les craintes de l’Algérie concernant les risques qu’il y aurait à mener, dans la précipitation, une opération militaire au Nord-Mali. Fervent partisan de l’intervention, le président en exercice de l’Union africaine, le Béninois Thomas Boni Yayi, s’est d’ailleurs distingué par une déclaration dépitée devant la tonalite de ce document.

A l’instar des autorités algériennes, Ban Ki-moon soutient, en effet, que le dialogue politique inclusif pour réconcilier les Maliens entre eux doit être une priorité, reconnaissant ainsi le caractère avant tout politique de la crise malienne. «Je suis tout à fait conscient que si une intervention militaire dans le Nord n’est pas bien conçue et exécutée, elle pourrait aggraver une situation humanitaire déjà extrêmement fragile et entraîner aussi de graves violations des droits de l’homme», écrit le secrétaire général de l’ONU, ajoutant qu’«elle pourrait aussi risquer de ruiner toute chance d’une solution politique négociée à cette crise, qui reste le meilleur espoir d’assurer la stabilité à long terme au Mali».

S’il apparaît donc ne pas partager du tout l’empressement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) à aller «guerroyer» dans l’Azawad, Ban Ki-moon ne semble également pas tellement convaincu de la fiabilité de la stratégie militaire proposée par cette organisation régionale pour chasser les terroristes du nord du Mali.
 Du moins, celle-ci pèche, selon lui, par le fait qu’elle ne répond pas à d’innombrables questions «fondamentales» concernant particulièrement «la manière dont la force sera dirigée, entretenue, entraînée, équipée et financée». Mais avant cela, M. Ban insiste surtout sur le fait qu’avant toute opération militaire «l’accent doit être mis sur un dialogue politique».
En clair, l’ONU invite non seulement la Cédéao à revoir sa copie, mais également à ne pas trop compter sur l’aide de la communauté internationale pour financer sa guerre. Une intervention militaire pourrait s’avérer effectivement très coûteuse (500 millions de dollars pour une opération de six mois).

L’ONU ne financera pas la guerre

Elle suggère, en outre, que l’ONU ne s’impliquera sur le terrain qu’après la fin de l’intervention militaire dans le cadre d’une opération de stabilisation. Cela si toutefois intervention militaire il y a. Dans tous les cas, le rapport de Ban Ki-moon soulève tellement de questions que le débat sera probablement très vif au Conseil de sécurité lorsque ses membres auront à se prononcer sur le dossier de la crise malienne.

En attendant, le constat dressé par le secrétaire général de l’ONU rassure quelque peu les autorités algériennes qui n’ont cessé, ces dernières semaines, d’attirer l’attention de la communauté internationale sur les lourds dommages collatéraux que pourrait entraîner une intervention militaire hâtive au nord du Mali. «Nos analyses se trouvent confortées par le rapport du SG de l’ONU. Nous y retrouvons certaines appréhensions et certaines mises en garde qui ont été formulées à partir d’Alger. Il s’agit, par exemple, des risques de dégâts collatéraux sur le plan humanitaire et de violations prévisibles des droits de l’homme», soutient un diplomate algérien. L’important surtout, ajoutera notre source, est que M. Ban Ki-moon ait souligné «la primauté au dialogue politique inclusif pour réconcilier les Maliens entre eux car il s’agit d’une condition sine qua non pour une stabilisation durable du pays».

La Cédéao invitée à revoir sa copie

Ce rapport, mentionne encore notre source diplomatique, est intéressant en ce sens également qu’il intègre la position de l’Algérie sur l’option militaire. Celle-ci ne doit intervenir, préconise le même diplomate algérien, «qu’en dernier recours après épuisement des voies du dialogue et à condition qu’elle soit bien conçue et bien préparée pour ne cibler que les terroristes et ceux avec lesquels le dialogue est impossible».

Et toujours à propos de la force qui sera envoyée en cas de nécessité à combattre les terroristes, le document transmis par Ban Ki-moon au Conseil de sécurité reprend les «propres interrogations» des autorités algériennes sur un certain nombre de questions cruciales «comme la détermination de la chaîne de commandement puisqu’à l’évidence il y aura deux commandements (malien et Cédéao) qu’il va falloir coordonner, l’équipement en matériel militaire, la génération des forces et surtout le financement puisque l’ONU appelle à des contributions volontaires, du moins pour la phase initiale de l’intervention».

S’appuyant sur des avis d’experts, l’envoyé spécial de l’ONU au Sahel, Romano Prodi, avait jugé lui aussi le 20 novembre dernier qu’une action militaire dans le nord du Mali ne serait pas possible avant «septembre 2013». Lors d’une conférence de presse animée à Rabat, M. Prodi avait néanmoins insisté sur l’idée que sa «(…) mission c’est de faire tout pour la paix et éviter la guerre». Et comme l’Algérie, il a plaidé pour la «recherche d’une solution politique au Mali et dans le Sahel».

De telles remarques devraient normalement contraindre le Conseil de sécurité de l’ONU – qui doit se prononcer durant ce mois de décembre sur le dossier malien en se fondant précisément sur le rapport de M. Ban – à ne plus parler d’intervention militaire au nord du Mali.

En revanche, il devrait contraindre Bamako et plus globalement la Cédéao à privilégier davantage la voie du dialogue.
 Tout au moins, les partisans d’une intervention militaire doivent être invités à ne plus faire d’amalgame entre les Touareg «qui posent des revendications politiques légitimes» et qui ne demandent qu’à négocier et les terroristes d’AQMI ou du Mujao.
 C’est là effectivement un SMIG politique que tout le monde se doit de respecter.
 
Zine Cherfaoui

Le crépuscule des putschistes : Les religieux en sauveur ! | Mali Actualités

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Paris veut une résolution sur le Mali d'ici au 20 décembre - Le Point

Paris veut une résolution sur le Mali d'ici au 20 décembre - Le Point
La France souhaite que le Conseil de sécurité de l'Onu adopte d'ici au 20 décembre une résolution autorisant l'intervention d'une force militaire internationale au Nord-Mali, a déclaré vendredi le ministère des Affaires étrangères.

"On a l'intention d'avancer assez vite pour coller au calendrier qui a été fixé par le président de la République qui est l'adoption d'une nouvelle résolution au Conseil de sécurité avant la fin de l'année", a précisé le porte-parole du Quai d'Orsay, Philippe Lalliot, lors d'un point de presse.

"C'est une résolution qui pourrait être votée entre le 10 et le 20 décembre", a-t-il ajouté.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a recommandé du bout des lèvres mercredi que le Conseil de sécurité autorise le déploiement d'une "opération militaire offensive" de l'Union africaine pour combattre les islamistes dans le nord du Mali, sans proposer que l'Onu en assure le financement.

L'Onu distingue les missions de maintien de la paix, qui consistent à surveiller un cessez-le-feu existant, et les missions d'imposition de la paix comme celle que prépare l'Union africaine et qui autorisent l'usage de la force létale dans des situations de combat.

La dernière mission d'imposition de la paix approuvée par le Conseil de sécurité concernait la Somalie au début des années 1990, lors de laquelle 18 soldats américains ont été tués, ce qui a conduit les Etats-Unis à retirer leurs troupes de combat de toutes les opérations de paix sous commandement onusien.

Le nord désertique du Mali est tombé ces derniers mois aux mains de la rébellion touareg et de plusieurs groupes islamistes, profitant de la confusion consécutive au coup d'Etat militaire de mars dernier à Bamako.

L'émissaire des Nations unies pour le Sahel, l'ancien président du Conseil italien Romano Prodi, a exclu la semaine dernière lors d'une visite au Maroc toute intervention militaire d'une force internationale au Mali avant l'été prochain.

John Irish, édité par Sophie Louet

Mali - la rébellion touareg du MNLA chassée de son dernier bastion dans le nord

Mali - la rébellion touareg du MNLA chassée de son dernier bastion dans le nord

La rébellion touareg a été chassée mardi de Menaka, leur dernier bastion au nord-Mali, par leurs anciens alliés les islamistes du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), selon le mouvement islamiste.
Les touaregs se sont retirés de leurs positions mardi après de violents combats, a déclaré le porte-parole du MUJAO, Oumar Ould Hamaha. Il a affirmé que la ville de Menaka est désormais contrôlée par les islamistes. Des résidents de cette ville ont également confirmé par téléphone cette information tout en ajoutant que la rébellion touareg se trouve à quelques kilomètres de la ville.
"Je n'ai pas un bilan exact des victimes, mais plus de 100 combattants ont été tués," a ajouté M. Menaha. Les islamistes traquent Mohamed Najim, un responsable militaire des rebelles touaregs.
Mais la rébellion touareg ne va pas baisser les bras, selon le porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), Moussa Ag Assarid, contacté par l'agence Associated Press.
M. Ag Assarid a accusé les islamistes du MUJAO de bénéficier du soutien d'Al-Qaïda au Maghreb islamiste (AQMI). "Quand les membres du MUJAO (...) sont arrivés ce matin, nous avions des informations sur le nombre de véhicules et leur capacité militaire. Nous nous sommes retirés de l'autre côté de la ville pour attendre des renforts", a-t-il déclaré.
Des habitants de Menaka ont fui les attaques des combattants islamistes. Certains ont traversé la frontière avec le Niger et d'autres se sont dirigés vers le désert voisin, selon Bajan Ag Hamatou Menaka, un membre de l'Assemblée nationale du Mali.
Les rebelles touaregs ont progressivement été chassés d'une partie du Nord-Mali par ces mêmes islamistes qui les avaient accompagnés lors de l'offensive dans le nord du pays. Cette dernière avait été favorisée par la déstabilisation du pays consécutive à un coup d'Etat à Bamako fin mars.
Sipa