vendredi 2 novembre 2012

Tinariwen, blues rock touareg

Le groupe venu du désert se produira sur la scène du Florida, jeudi 8 novembre. Dépaysement garanti.
La musique de Tinariwen fait la synthèse entre le blues, le rock et la musique traditionnelle touareg.

La musique de Tinariwen fait la synthèse entre le blues, le rock et la musique traditionnelle touareg. (photo archives isabelle louvier)

Se retrouver face à Tinariwen sur scène, c'est comme se retrouver face au désert ou remonter le Mississippi au cœur du Ténéré. Eux qui naguère luttaient par les armes pour la cause Touareg n'auront jamais porté si loin leur voix et leur combat que depuis qu'ils ont définitivement dégainé les guitares.
Il y a du vrai dans ce cliché du musicien soldat. Dans les années 80, Ibrahim, Abdallah, Hassan, « Japonais » et Kheddou commencent à jouer ensemble dans la région située entre les oasis de Tessalit, au Mali, et de Tamanrasset, en Algérie. Ils animent mariages, baptêmes ou

jeudi 1 novembre 2012

Le MNLA accuse l’armée malienne d’avoir tué 52 Touareg - maliweb.net

Le MNLA accuse l’armée malienne d’avoir tué 52 Touareg - maliweb.net

Plateforme du Mnla brocardée au parlement européen : Passe d’armes entre les Maliens de France et le MNLA avec Alfonsi - maliweb.net

Plateforme du Mnla brocardée au parlement européen : Passe d’armes entre les Maliens de France et le MNLA avec Alfonsi - maliweb.net
Une fois de plus le député européen François Alfonsi, un grand soutien extérieur des criminels, des narcotrafiquants et délinquants sexuels du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) a lamentablement échoué dans son plan diabolique de légitimation dudit mouvement. Non à toute négociation avec les criminels du MNLA ! Non à la plateforme politique du MNLA ! Non aux accointances malsaines entre le MNLA et le député européen François Alfonsi. Oui au MNLA devant la CPI ! Justice pour les victimes des crimes d’Aguelhok ! Justice pour les femmes et jeunes filles violées par les combattants du MNLA !

A droite, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, leader du mouvement Azawad (MNLA) avec des délégués du mouvement rebel touareg Ibrahim AG Mohamed Asseley à gauche et Hassane Ag Mehdy, au centre. (photo archive AFP)

Autant de cris de colère et de protestation amplifiés par les mégaphones devant le Parlement européen de Strasbourg avec des banderoles, pancartes, drapeaux du Mali et une motion de protestation de cinq pages à l’appui. C’était  le 23 octobre 2012 dans l’après-midi, dans un froid glacial malgré l’automne.
 La manifestation s’est déroulée à deux niveaux en même temps : le sit-in à l’extérieur devant le Parlement pendant qu’à l’intérieur une délégation est rentrée à l’intérieur du Parlement pour arracher la parole et apporter la contradiction à Alfonsi et à ses amis du MNLA. Faut-il préciser dès à présent que cette conférence n’a rien à voir avec les sessions du Parlement européen qui soutient d’ailleurs le Mali pour qu’il recouvre son intégrité territoriale. Mais il s’agit d’une conférence organisée par Alfonsi et deux autres députés de l’Europe Ecologie.
 En effet ce jour, le député européen François Alfonsi et ses collègues députés (Europe Ecologie (Verts/ALE) avaient invité les responsables du MNLA afin qu’ils viennent au Parlement européen pour présenter les propositions de leur « plateforme politique ». Il s’agit d’un document de 11 pages élaboré par le MNLA et présentant ses objectifs et sa vision pour une paix durable dans le Nord du Mali.
 Mais c’était sans compter avec la détermination et la combativité acharnée des Maliens de France qui ont quitté Paris par leurs propres moyens, après 488 km de trajet, pour venir mettre le pied dans le plat « MNLA-Alfonsi » au sein du Parlement européen à Strasbourg. L’opération a été un franc succès, car les Maliens de France ont réussi à faire entendre leur message à l’intérieur et à l’extérieur du Parlement pendant que le n°1 du MNLA Bilal Ag Chérif, et deux autres responsables du MNLA se mordaient le doigt au Burkina Faso chez leur copain Blaise Compaoré, faute de visa.
 Décidemment le temps et le régime ont changé en France. Après la pluie et le beau temps sous le régime Sarkozy, le sanguinaire MNLA sous François Hollande vivote en attendant le coup de grâce. Il ne reste plus pour le MNLA que d’appliquer l’adage « à défaut de la maman, on se contente de la grand-mère ». Ses chefs n’ayant plus voix au chapitre, le MNLA s’est contenté de leur délégation venue de Mauritanie avec à sa tête Hama Ag Mahmoud (ancien ministre de la Fonction publique sous Moussa Traoré, ancien secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali et ancien conseiller du président Alpha Oumar Konaré) et de leur perroquet en Europe, Moussa Assarid, celui-là même qui a été nourri par le biberon (au sens propre) du Mali et Zakyatou Walett Halatine, que le Mali a honorée et hissée au rang de ministre également sous le président Alpha Oumar Konaré.
 A l’ouverture de la conférence, le MNLA a présenté sa plateforme politique, un chapelet de mensonges qui ne tardera pas à être démontée par la députée Mme Nicole Kil-Nielsen et la délégation malienne dans la salle, Mme Coulibaly Ramata Maïga, Abdoul Karim Sylla, Alhassane Touré et Bakary Traoré.

Indépendance : « ensemble ou l’un à côté de l’autre »
 Par rapport à la question de « l’indépendance l’Azawad » que le MNLA a unilatéralement proclamée le 6 avril dernier, Hama Ag Mahmoud a affirmé que le MNLA ne peut renoncer à l’indépendance si la question avec qui négocier, n’est même pas traitée. « On renonce à des positions autour d’une table et contre d’autres propositions. Depuis avril jusqu’aujourd’hui, nous n’avons pas réussi à parler avec le Mali. Il n’y a que la communauté internationale qui s’agite. Nous aimerons bien nous mettre autour d’une table pour déballer chacun de son côté, ses positions. Pour le moment nous sommes les seuls à demander la négociation…. Vous savez au Mali, les Touaregs, les populations de cette région ont toujours vécu dans les empires et les royaumes noirs et dans l’histoire ils ne se sont jamais révoltés. Pourquoi ils se révoltent aujourd’hui ? Il faut se poser la question », a-t-il affirmé.
 Pour le compléter, le porte-parole du MNLA, Moussa Assarid a ajouté d’autres explications. « Nous, nous avons toujours demandé à exister et à être traités tels, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui veulent vivre dignement librement sur notre territoire. C’est ce que l’on a toujours demandé. Le fait d’arriver à la position de demander l’indépendance de l’Azawad, ça date de 2011-2012, vraiment tel que ça se présente aujourd’hui. Mais en cinquante ans nous n’avons pas eu une réponse qui puisse nous permettre d’avoir le respect de nos droits, voire nos droits les plus fondamentaux. Par rapport à cette question [d’indépendance de l’Azawad, Ndlr] on nous dit souvent que vous voulez créer un Etat tribal. Absolument pas ! Nous n’avons jamais dit que nous voulons créer un Etat touareg. Si les Touaregs du Niger, de l’Algérie, de la Libye et du Burkina Faso ont trouvé leur place dans ces Etats, tant mieux. Ceci leur évite des victimes collatérales. Donc nous, nous disons à nos frères qui vivent sur le territoire de l’Azawad, nous voulons que l’impunité, la criminalité s’arrêtent. Nous ne pouvons plus supporter la présence de narcoterroristes avec la complicité du l’Etat central… Le droit à l’autodétermination, c’est notre indépendance. Nous demandons aujourd’hui le droit à l’autodétermination qui n’a jamais été écouté. Par rapport à l’indépendance de l’Azawad, il faut que ceux qui nous proposent autre  chose que l’indépendance, nous disent  ce qu’ils protègent. En ce moment là, nous aurons deux choses : une feuille de route, un agenda et des garanties. En ce moment on verra, aujourd’hui ce qui est faisable, demain ce qui peut se faire, ensemble ou l’un à côté de l’autre », a-t-il ajouté.

Le groupe des Verts n’a pas invité le MNLA
 Après ces deux exposés des membres du MNLA, M. Alfonsi qui distribuait la parole, a invité sa collègue Mme Nicole Kil-Niesen, également un député européen, vert Europe-Ecologie à prendre la parole. Elle a commencé son intervention par une mise au point de taille : « Une délégation était venue nous voir le 22 mai dernier. Invitée de la même manière par François Alfonsi. Cette fois-ci deux députés du groupe vert se sont joints, mais ce n’est pas une invitation du groupe des Verts. Le groupe Vert du Parlement européen n’était pas convaincu que cela soit une bonne initiative. Je tenais à vous le dire. La franchise me semble nécessaire ».
 La délégation du MNLA qui a vite oublié les crimes commis par leur organisation, jouant même à l’amnésie, a vite été interpellée par la députée Mme Nicole Kil-Niesen : « Le 22 mai quand vous étiez venus, [une délégation du MNLA au Parlement européen] nous avons échangé avec vous sur les questions de droits de l’Homme, parce que à l’époque il y avait toutes ces exactions dans le Nord du Mali, des viols des femmes, etc. A notre grande surprise, quatre jours après, le 26 mai 2012, vous avez annoncé la fusion avec Ançar Eddine, ce groupe touareg islamiste, allié à Aqmi. Ceci a été pour nous une grande surprise. Vous avez créé le Conseil transitoire de l’Etat islamique de l’Azawad, puis présenté votre plateforme. Je sais que depuis, il y a eu des désaccords au sein du MNLA, une rupture de certains d’entre vous avec Ançar Eddine, mais une branche du MNLA affirme vouloir garder le contact avec Ançar Eddine. Ançar Eddine, dont le leader, est l’ancien leader touareg du précédent mouvement de libération de l’Azawad qui depuis, était comme beaucoup de touaregs, mercenaires de Kadhafi ».
 Par rapport au contrôle du territoire, les responsables du MNLA, comme à l’accoutumée, ont prétendu maîtriser le terrain dans le Nord du Mali. Mme Nicole Kil-Niesen a donné davantage la preuve qu’elle n’est pas cette députée naïve. Sur le terrain, quand vous me dites, qu’actuellement vous contrôlez le terrain, il me semble que le MNLA a perdu Kidal, Tombouctou et fin juin, Gao qui est maintenant tenu par les salafistes du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest). Donc je m’interroge pour savoir ce que vous contrôle actuellement.

Crimes d’Aguelhok par le MNLA et ses alliés islamistes
 S’agissant des crimes d’Aguelhok, Mme Nicole Kil-Niesen a rafraîchi la mémoire des représentants du MNLA qui sont restés ébahis, écarquillant les yeux : « Au départ de toute cette affaire quand vous parler de l’armée malienne, je voudrai rappeler quand même, que quand vous avez crée le MNLA au mois d’octobre 2011 avec le MNA, qui est un mouvement politique, avec lequel ont fusionné tous ces mercenaires revenus de Libye ainsi que ceux que vous appelez « les intégrés », qui sont des déserteurs de l’armée malienne. Car dans l’armée malienne, il y avait un certain nombre d’officiers touaregs. Votre mouvement est d’ailleurs dirigé par Mohamed Ag Najim, ex-colonel libyen, à moins que ça ait changé depuis quelques temps. Donc dès le départ votre objectif a été la lutte armée. C’est clair, c’était des militaires, des mercenaires et avec des armes que ne possédaient pas d’ailleurs l’armée malienne. L’alliance qui a été opérée dans cette zone avec les groupes islamistes a mené une attaque conjointe contre les garnisons de l’armée malienne. D’autre part tout le monde sait que dans la ville de Tessalit à Aguelhok, le 24 janvier 2012, ce sont déroulés des faits absolument regrettables et que j’aimerai vous entendre dénoncer. Environ, car on ne sait pas exactement combien, entre 150 à 200 soldats maliens qui ont été arrêtés et ont été trouvés exécutés les mains liées dans le dos, soit par balles, soit par égorgement. Suite à cela, il y a eu les fameuses réactions à Bamako, soit de leurs épouses, leurs familles à Bamako qui ont entraîné des exactions, dans les quartiers où habitaient les Touaregs. Ce qui est tout à fait condamnable également, donc il y a toute une histoire à expliquer ».

« L’autodétermination »… le piège
 Concernant l’autodétermination également évoquée et réclamée par les responsables du MNLA, Mme Nicole Kil-Niesen dira que celle-ci exige des préalables qui ne sont pas encore réunies. D’ailleurs la tentative de fabrication d’un « Etat Azawad » par le MNLA a échoué ; l’alliance contre-nature avec Ançar Eddine en colmatant les brèches pour essayer de voir si leur manigance sécessionniste peut fonctionner avec semblant « Etat islamique de l’Azawad » a également échoué. Pour masquer leurs échecs cousus de fil blanc, les membres du MNLA se sont érigés en grammairiens et historiens exhumant les concepts des Etats colonisés des années 60 avec tout le jeu de mots qui va avec : de l’indépendance à l’autodétermination en passant par l’autonomie, une large autonomie, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les droits  fondamentaux de l’individu, respect de l’identité culturelle…
 Evidemment s’ils sont assis sur les articles du titre premier de la Constitution du 25 février 1992, ils seraient tentés de réclamer les droits de supers citoyens. Là sur ce point même Mme Nicole Kil-Niesen est rentré dans leur jeu de mot en optant pour une autonomie interne au détriment d’une autonomie externe : « Moi je suis favorable à une autodétermination interne. Je crois que vous [le MNLA, Ndlr] vous envisagez une autodétermination externe qui correspondrait à une sécession. Le droit international garantit le droit à l’autodétermination des peuples, mais également l’intégrité territoriale des Etats. Donc c’est beaucoup plus complexe que l’on ne peut l’imaginer. Je pense que l’application du droit à l’autodétermination auquel je suis tout à fait attachée, est certainement la meilleure manière de jouir de ses droits que de créer un Etat indépendant. Il y a un tas d’Etats qui ont proclamé  leur indépendance dans le monde, ce n’est pour autant que ça réglé les problèmes des peuples. Certains peuples choisissent la libre association, la fédération. Donc il y a plusieurs solutions. Mais il y a des conditions préalables à l’autodétermination et j’estime qu’elles ne sont pas encore réunies aujourd’hui. Les conditions préalables, c’est la stabilité de la zone, la sécurité pour les populations, la paix, le retour de tous les réfugiés, de tous les déplacés, il y a des procédures à mettre en place, il y a le recensement des populations. L’autodétermination est un processus qui s’oppose totalement à ce qui se passe actuellement [dans le Nord du Mali, Ndlr] c’est-à-dire la déclaration unilatérale par des groupes d’hommes surarmés. Je pense que là, on ne peut pas vous suivre » a-t-elle martelé.
 Aussi elle s’est exprimée en faveur d’une solution négociée avec les toutes les parties prenantes à la crise y compris les islamistes qui pourtant semblent avoir des filtres dans les oreilles qui ne laissent passer que le mot « charia » à leur façon : sur la base de simples dénonciations amputer les mains ou les pieds à vif, cravacher publiquement avec 100 coups contre fumer une clope ou lever le coude, lapider à mort contre un couple qui a un enfant sans avoir été marié. Des islamistes, ceux-là mêmes qui masquent leurs viols collectifs par des mariages forcés en CDD (contrat à durée déterminé). A ce niveau évidemment il y a lieu de faire écouter à Mme Nicole Kil-Niesen le sanglot des victimes de ces crimes abominables.

MNLA avec le sang sur les mains, quelle légitimité ?
 Par contre abordant la légitimité du MNLA, Mme Nicole Kil-Niesen et Mme Coulibaly Ramata Maïga qui s’est invitée dans le débat, ont scotché les responsables du MNLA dans l’hémicycle européen qui sont restés pantois ! D’abord la députée européenne a brocardé le tissu de mensonges compilés dans un document de 11 pages.
 « Votre plateforme, je l’ai déjà lue, je la connaissais. C’est bien, c’est un beau travail, bien écrit, un séminaire d’intellectuels. Très bien. Mais ce n’est pas çà que l’on attend actuellement. En ce moment c’est du sang et des larmes. Ce sont les souffrances des populations dont il est question. D’abord votre bilan, vous l’avez pas fait. Quel est votre bilan ? Les exactions, les alliances contre-natures avec les islamistes, Ançar Eddine, etc. Vous n’avez rien dit là-dessus. C’est ça le problème avec le MNLA en ce moment. C’est ça qui met en cause, la légitimité, la crédibilité de votre mouvement », a-t-elle dénoncé.
 Quant à l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, Mme Nicole Kil-Niesen lui a servi sa part dans une soupe fumante car elle a commencé à congeler dans le frigidaire, tellement que l’on en parle moins. « Je sais ce qu’a fait Nicolas Sarkozy. Il a refusé d’aider le président ATT [Amadou Toumani Touré, l’ancien président de la République du Mali, Ndlr] parce qu’il lui a fait du chantage, pour qu’il accepte de signer l’accord de réadmission des immigrés. Vu que ATT a dit que je ne signerai jamais l’accord de réadmission, eh bien Sarkozy lui a dit, débrouilles-toi, je ne t’aiderai pas à gérer la crise dans le Nord de ton pays. Ceci il faut bien le prendre en compte, le rôle de Sarkozy dans cette crise », a-t-elle rappelé.
 A propos faut-il rappeler aussi l’intervention de l’Otan sous mandat onusien où la France sous Sarkozy a joué le rôle de premier plan dans la chute du régime Kadhafi en octobre 2011 qui s’est soldée par le chaos et surtout le pillage des magasins d’armes de l’armée libyenne dont une partie de ces armes, via le trafic, s’est trouvée entre les mains des narcotrafiquants et narcoterroristes actuellement dans le Nord du Mali.

Passe d’armes entre maliens de l’extérieur et MNLA
 En répondant à Mme Nicole Kil-Niesen, les responsables du MNLA, Hama Ag Mahmoud et Moussa Assarid sont revenus à la charge pour tenter convaincre un auditoire qui en sait autant sur les crimes commis par le MNLA. Ils n’ont pas cessé de rabâcher la contre-vérité, que le MNLA est aujourd’hui le seul acteur crédible qui contrôle Tombouctou, Gao et Kidal et avec qui le dialogue doit être engagé pour chasser les terroristes. Au même moment Abdoul Karim Sylla et Mme Coulibaly Ramata Maïga membre du Collectif malien de France pour paix (CMFP) ont levé et gardé  la main levée pendant cinq bonnes minutes pour demander en vain la parole, pendant qu’Alhassane Touré et Bakary Traoré, s’activaient pour tout noter dans les détails.
 Et François Alfonsi clôture la conférence en ces termes : « Il est 16 h, on doit libérer la salle. Seuls les députés européens se sont exprimés. Je vous propose qu’on en reste là. Je m’en excuse et on se verra en aparté ». Ses propos, telle la goupille tirée d’une grenade, soit vous la balancer sur l’ennemi sinon vous payez les frais, la délégation malienne a donc laissé éclater sa colère dans la salle. Sinon c’était la crise cardiaque, a-t-on entendu.
 Mme Coulibaly Ramata Maïga, n’en pouvait plus, elle s’invite in extremis dans le débat avant que la séance soit levée : « M. Alfonsi, les trois personnes qui sont autour de vous au présidium et qui se sont exprimées pendant toute  la conférence, sont-ils des députés ? Non mais ce sont mes invités, répond M. Alfonsi. Mme Coulibaly enchaîne « Si c’est par démocratie, que vous êtes là, vous auriez dû nous inviter également pour un débat contradictoire au nom du Mali et au nom de la démocratie. Moi, je suis originaire du nord du Mali, je ne vois pas pour quelle raison, des gens [les membres du MNLA, Ndlr] viennent dire ici qu’il faut de l’autonomie pour le Nord du Mali. M. Alfonsi vous n’avez jamais encouragé les français à prendre les armes contre la France et pourquoi au nom de quoi vous encouragez les gens à prendre les armes contre les populations de Tombouctou, Gao et de Kidal. Aujourd’hui j’ai perdu des frères, des sœurs ». Madame vous n’avez pas la parole, seuls les députés doivent s’exprimer, insiste M. Alfonsi en passant la parole aux parlementaires et explique à nouveau : « J’ai invité une délégation du MNLA qui s’exprime sur la position du MNLA. On n’est pas là, à une table ronde sur la situation au Mali ». A ces propos, ce fut le tour d’Abdoul Karim Sylla de brûler la politesse « en légitime défense » par une phrase cinglante : « le fondement de toute maison, c’est son soubassement. S’il est mal fait, la maison s’écroulera ». La phrase sonna le glas d’une conférence à sens unique tel un monologue du MNLA.  Mme Coulibaly Ramata Maïga profite des dernières secondes pour poser la cerise sur le gâteau lorsque M. Hama Mahmoud affirme : « Aujourd’hui nous pensons que le seul acteur possible qui a la légitimité, la motivation, qui a la collaboration avec le peuple, qui veut la faire et qui est motivé, c’est le MNLA. C’est le MNLA seul qui peut lutter contre l’Aqmi et les trafiquants de drogue ».

Accointances « alfonsiennes » avec le MNLA
 La bergère répond au berger : « C’est le MNLA, affirme Mme Coulibaly haut et fort, à qui veut l’entendre, c’est le MNLA qui a permis au Mujao et à tous ces bandits de rentrer au Mali. Aujourd’hui, M. Alfonsi au Parlement européen, c’est une honte. C’est une honte pour l’Europe ! C’est une honte pour l’Union européenne que des rebelles soient là devant vous, qui ont tué des enfants au Mali, qui ont saccagé des hôpitaux, des écoles. M. Alfonsi, si vous êtes là en tant que député européen, c’est parce vous avez été élu démocratiquement. Ils n’ont qu’à aller au Mali et lutter démocratiquement au lieu de prendre les armes qui ont tué nos populations. C’est grâce à vous que ces bandits sont rentrés au Mali. Alors vous venez vous assoir ici en Europe pour dire qu’il n’y a pas de démocratie au Mali, qu’il n’y a pas ceci, qu’il n’y a pas cela. Vous, Zakyatou Walett Halatine [ministre de l’Artisanat et du Tourisme, sous le président Alpha Oumar Konaré, Ndlr] et Hama Ag Mahmoud [ministre de la Fonction publique sous Moussa Traoré, Ndlr] vous avez été ministres au Mali. Vous avez pillé les biens du Mali. Vous n’êtes pas juste M. Alfonsi. Vous aurez dû inviter aussi la société civile malienne », a-t-elle déploré et dénoncé.
 « Çà c’est de la démocratie ? Çà, ce n’est pas de la démocratie ? Arrêtez, çà c’est tout sauf la démocratie. Il fallait nous inviter aussi et nous permettre de parler. Pourquoi le MNLA seul s’exprime ? Pourquoi les autres ne s’exprimeraient pas ?  Tous ceux qui ont été racontés ici, ne sont que des balivernes. Rien que des mensonges. Le Mujao vous a botté les fesses à Gao et vous a fait sortir de Gao. Et vous venez dire ici que c’est le MNLA qui contrôle le terrain là-bas. Le MNLA, il est où ? Vous avez saccagé le Mali et vous venez parlez ici d’Azawad ? Dites-moi, où se trouve l’Azawad ? Aujourd’hui si le Mali est dans cet état là aujourd’hui, c’est à cause de vous. M. Alfonsi, vous n’êtes pas démocrate. Vous avez été élu pour être ici. Et aujourd’hui vous soutenez les rebelles. Des rebelles qui sont en train de piller le Mali, tuer la population. Voilà, le résultat il est là ! Le drame, c’est que nous avons des gens comme Alfonsi, qui invitent une partie mais pas l’autre. Je suis d’accord avec la démocratie. Mais, elle est où la démocratie ? Montrez-nous la démocratie. Il faut aussi la contradiction. Moi aussi je parle ! Emmener la police pour me faire sortir d’ici ! Je parle ! Parce que j’en ai gros sur le cœur ! Parce ce que ce qui se passe ici dans cet hémicycle est inadmissible ! Vous, [M. Alfonsi, Ndlr] vous êtes corse, pourquoi vous n’avez pas placé des bombes en Corse. Vous avez été élu pour être là. Et vous invitez les autres députés pour venir écouter des rebelles. A cause du MNLA aujourd’hui 200 000 enfants, tout une génération, ne va pas à l’école. Alors inviter nous. Moi je suis écœurée, parce que vous nous n’avez   pas invité. Si on était invité, on allait apporter la contradiction.
 Je vous remercie de m’avoir écouté. Je m’excuse de m’être emportée parce que je ne suis pas d’accord avec ce qui se passe ici. Il ne manquait que la musique du « Djandjo » pour notre Nyéléni du jour.
 Abdoul Karim Sylla fait la conclusion : « Il aurait invité les deux parties. Ces membres du MNLA, ils n’ont raconté que des mensonges. Il n’y a que des conneries ici ! Des mensonges ! Allons-y ».
 La conférence de 23 octobre 2012, tout comme celle du 22 mai 2012, s’est terminée dans un tohu-bohu en faveur des cris de protestation de Mme Coulibaly et de M. Sylla tandis que M. Traoré et Touré sont allés remettre en main propre la copie de la motion de protestation des Maliens de France, un document de cinq pages élaboré à cet effet pour les besoins de la cause. M. Alfonsi, au nom des Maliens de France, pourrions-nous, vous remettre en main propre une copie de notre motion ? demanda, M. Traoré. Oui, bien sûr, a répondu M. Alfonsi en prenant la copie. Mission accomplie au sein du Parlement, la délégation des Maliens de France a invité la presse à l’extérieur pour recueillir des témoignages. Malgré le froid, les manifestants sont restés, scandant des slogans anti-MNLA et anti-Alfonsi. Ici également à l’extérieur, le doyen des Maliens de Strasbourg Ibrahim Sall, de même que Ousmane Ndiaye ont mobilisé les Maliens Strasbourgeois auxquels se sont joints les Maliens de France de la région parisienne. M. Traoré a lu intégralement la motion avant que la manifestation prenne fin dans l’enthousiasme et avec le sentiment d’avoir accompli une mission jusqu’au bout.
 Bakary Traoré

Plateforme du Mnla brocardée au parlement européen : Passe d’armes entre les Maliens de France et le MNLA avec Alfonsi - maliweb.net

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Une fois de plus le député européen François Alfonsi, un grand soutien extérieur des criminels, des narcotrafiquants et délinquants sexuels du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) a lamentablement échoué dans son plan diabolique de légitimation dudit mouvement. Non à toute négociation avec les criminels du MNLA ! Non à la plateforme politique du MNLA ! Non aux accointances malsaines entre le MNLA et le député européen François Alfonsi. Oui au MNLA devant la CPI ! Justice pour les victimes des crimes d’Aguelhok ! Justice pour les femmes et jeunes filles violées par les combattants du MNLA !

A droite, Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, leader du mouvement Azawad (MNLA) avec des délégués du mouvement rebel touareg Ibrahim AG Mohamed Asseley à gauche et Hassane Ag Mehdy, au centre. (photo archive AFP)

Autant de cris de colère et de protestation amplifiés par les mégaphones devant le Parlement européen de Strasbourg avec des banderoles, pancartes, drapeaux du Mali et une motion de protestation de cinq pages à l’appui. C’était  le 23 octobre 2012 dans l’après-midi, dans un froid glacial malgré l’automne.
 La manifestation s’est déroulée à deux niveaux en même temps : le sit-in à l’extérieur devant le Parlement pendant qu’à l’intérieur une délégation est rentrée à l’intérieur du Parlement pour arracher la parole et apporter la contradiction à Alfonsi et à ses amis du MNLA. Faut-il préciser dès à présent que cette conférence n’a rien à voir avec les sessions du Parlement européen qui soutient d’ailleurs le Mali pour qu’il recouvre son intégrité territoriale. Mais il s’agit d’une conférence organisée par Alfonsi et deux autres députés de l’Europe Ecologie.
 En effet ce jour, le député européen François Alfonsi et ses collègues députés (Europe Ecologie (Verts/ALE) avaient invité les responsables du MNLA afin qu’ils viennent au Parlement européen pour présenter les propositions de leur « plateforme politique ». Il s’agit d’un document de 11 pages élaboré par le MNLA et présentant ses objectifs et sa vision pour une paix durable dans le Nord du Mali.
 Mais c’était sans compter avec la détermination et la combativité acharnée des Maliens de France qui ont quitté Paris par leurs propres moyens, après 488 km de trajet, pour venir mettre le pied dans le plat « MNLA-Alfonsi » au sein du Parlement européen à Strasbourg. L’opération a été un franc succès, car les Maliens de France ont réussi à faire entendre leur message à l’intérieur et à l’extérieur du Parlement pendant que le n°1 du MNLA Bilal Ag Chérif, et deux autres responsables du MNLA se mordaient le doigt au Burkina Faso chez leur copain Blaise Compaoré, faute de visa.
 Décidemment le temps et le régime ont changé en France. Après la pluie et le beau temps sous le régime Sarkozy, le sanguinaire MNLA sous François Hollande vivote en attendant le coup de grâce. Il ne reste plus pour le MNLA que d’appliquer l’adage « à défaut de la maman, on se contente de la grand-mère ». Ses chefs n’ayant plus voix au chapitre, le MNLA s’est contenté de leur délégation venue de Mauritanie avec à sa tête Hama Ag Mahmoud (ancien ministre de la Fonction publique sous Moussa Traoré, ancien secrétaire général de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali et ancien conseiller du président Alpha Oumar Konaré) et de leur perroquet en Europe, Moussa Assarid, celui-là même qui a été nourri par le biberon (au sens propre) du Mali et Zakyatou Walett Halatine, que le Mali a honorée et hissée au rang de ministre également sous le président Alpha Oumar Konaré.
 A l’ouverture de la conférence, le MNLA a présenté sa plateforme politique, un chapelet de mensonges qui ne tardera pas à être démontée par la députée Mme Nicole Kil-Nielsen et la délégation malienne dans la salle, Mme Coulibaly Ramata Maïga, Abdoul Karim Sylla, Alhassane Touré et Bakary Traoré.

Indépendance : « ensemble ou l’un à côté de l’autre »
 Par rapport à la question de « l’indépendance l’Azawad » que le MNLA a unilatéralement proclamée le 6 avril dernier, Hama Ag Mahmoud a affirmé que le MNLA ne peut renoncer à l’indépendance si la question avec qui négocier, n’est même pas traitée. « On renonce à des positions autour d’une table et contre d’autres propositions. Depuis avril jusqu’aujourd’hui, nous n’avons pas réussi à parler avec le Mali. Il n’y a que la communauté internationale qui s’agite. Nous aimerons bien nous mettre autour d’une table pour déballer chacun de son côté, ses positions. Pour le moment nous sommes les seuls à demander la négociation…. Vous savez au Mali, les Touaregs, les populations de cette région ont toujours vécu dans les empires et les royaumes noirs et dans l’histoire ils ne se sont jamais révoltés. Pourquoi ils se révoltent aujourd’hui ? Il faut se poser la question », a-t-il affirmé.
 Pour le compléter, le porte-parole du MNLA, Moussa Assarid a ajouté d’autres explications. « Nous, nous avons toujours demandé à exister et à être traités tels, c’est-à-dire des hommes et des femmes qui veulent vivre dignement librement sur notre territoire. C’est ce que l’on a toujours demandé. Le fait d’arriver à la position de demander l’indépendance de l’Azawad, ça date de 2011-2012, vraiment tel que ça se présente aujourd’hui. Mais en cinquante ans nous n’avons pas eu une réponse qui puisse nous permettre d’avoir le respect de nos droits, voire nos droits les plus fondamentaux. Par rapport à cette question [d’indépendance de l’Azawad, Ndlr] on nous dit souvent que vous voulez créer un Etat tribal. Absolument pas ! Nous n’avons jamais dit que nous voulons créer un Etat touareg. Si les Touaregs du Niger, de l’Algérie, de la Libye et du Burkina Faso ont trouvé leur place dans ces Etats, tant mieux. Ceci leur évite des victimes collatérales. Donc nous, nous disons à nos frères qui vivent sur le territoire de l’Azawad, nous voulons que l’impunité, la criminalité s’arrêtent. Nous ne pouvons plus supporter la présence de narcoterroristes avec la complicité du l’Etat central… Le droit à l’autodétermination, c’est notre indépendance. Nous demandons aujourd’hui le droit à l’autodétermination qui n’a jamais été écouté. Par rapport à l’indépendance de l’Azawad, il faut que ceux qui nous proposent autre  chose que l’indépendance, nous disent  ce qu’ils protègent. En ce moment là, nous aurons deux choses : une feuille de route, un agenda et des garanties. En ce moment on verra, aujourd’hui ce qui est faisable, demain ce qui peut se faire, ensemble ou l’un à côté de l’autre », a-t-il ajouté.

Le groupe des Verts n’a pas invité le MNLA
 Après ces deux exposés des membres du MNLA, M. Alfonsi qui distribuait la parole, a invité sa collègue Mme Nicole Kil-Niesen, également un député européen, vert Europe-Ecologie à prendre la parole. Elle a commencé son intervention par une mise au point de taille : « Une délégation était venue nous voir le 22 mai dernier. Invitée de la même manière par François Alfonsi. Cette fois-ci deux députés du groupe vert se sont joints, mais ce n’est pas une invitation du groupe des Verts. Le groupe Vert du Parlement européen n’était pas convaincu que cela soit une bonne initiative. Je tenais à vous le dire. La franchise me semble nécessaire ».
 La délégation du MNLA qui a vite oublié les crimes commis par leur organisation, jouant même à l’amnésie, a vite été interpellée par la députée Mme Nicole Kil-Niesen : « Le 22 mai quand vous étiez venus, [une délégation du MNLA au Parlement européen] nous avons échangé avec vous sur les questions de droits de l’Homme, parce que à l’époque il y avait toutes ces exactions dans le Nord du Mali, des viols des femmes, etc. A notre grande surprise, quatre jours après, le 26 mai 2012, vous avez annoncé la fusion avec Ançar Eddine, ce groupe touareg islamiste, allié à Aqmi. Ceci a été pour nous une grande surprise. Vous avez créé le Conseil transitoire de l’Etat islamique de l’Azawad, puis présenté votre plateforme. Je sais que depuis, il y a eu des désaccords au sein du MNLA, une rupture de certains d’entre vous avec Ançar Eddine, mais une branche du MNLA affirme vouloir garder le contact avec Ançar Eddine. Ançar Eddine, dont le leader, est l’ancien leader touareg du précédent mouvement de libération de l’Azawad qui depuis, était comme beaucoup de touaregs, mercenaires de Kadhafi ».
 Par rapport au contrôle du territoire, les responsables du MNLA, comme à l’accoutumée, ont prétendu maîtriser le terrain dans le Nord du Mali. Mme Nicole Kil-Niesen a donné davantage la preuve qu’elle n’est pas cette députée naïve. Sur le terrain, quand vous me dites, qu’actuellement vous contrôlez le terrain, il me semble que le MNLA a perdu Kidal, Tombouctou et fin juin, Gao qui est maintenant tenu par les salafistes du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest). Donc je m’interroge pour savoir ce que vous contrôle actuellement.

Crimes d’Aguelhok par le MNLA et ses alliés islamistes
 S’agissant des crimes d’Aguelhok, Mme Nicole Kil-Niesen a rafraîchi la mémoire des représentants du MNLA qui sont restés ébahis, écarquillant les yeux : « Au départ de toute cette affaire quand vous parler de l’armée malienne, je voudrai rappeler quand même, que quand vous avez crée le MNLA au mois d’octobre 2011 avec le MNA, qui est un mouvement politique, avec lequel ont fusionné tous ces mercenaires revenus de Libye ainsi que ceux que vous appelez « les intégrés », qui sont des déserteurs de l’armée malienne. Car dans l’armée malienne, il y avait un certain nombre d’officiers touaregs. Votre mouvement est d’ailleurs dirigé par Mohamed Ag Najim, ex-colonel libyen, à moins que ça ait changé depuis quelques temps. Donc dès le départ votre objectif a été la lutte armée. C’est clair, c’était des militaires, des mercenaires et avec des armes que ne possédaient pas d’ailleurs l’armée malienne. L’alliance qui a été opérée dans cette zone avec les groupes islamistes a mené une attaque conjointe contre les garnisons de l’armée malienne. D’autre part tout le monde sait que dans la ville de Tessalit à Aguelhok, le 24 janvier 2012, ce sont déroulés des faits absolument regrettables et que j’aimerai vous entendre dénoncer. Environ, car on ne sait pas exactement combien, entre 150 à 200 soldats maliens qui ont été arrêtés et ont été trouvés exécutés les mains liées dans le dos, soit par balles, soit par égorgement. Suite à cela, il y a eu les fameuses réactions à Bamako, soit de leurs épouses, leurs familles à Bamako qui ont entraîné des exactions, dans les quartiers où habitaient les Touaregs. Ce qui est tout à fait condamnable également, donc il y a toute une histoire à expliquer ».

« L’autodétermination »… le piège
 Concernant l’autodétermination également évoquée et réclamée par les responsables du MNLA, Mme Nicole Kil-Niesen dira que celle-ci exige des préalables qui ne sont pas encore réunies. D’ailleurs la tentative de fabrication d’un « Etat Azawad » par le MNLA a échoué ; l’alliance contre-nature avec Ançar Eddine en colmatant les brèches pour essayer de voir si leur manigance sécessionniste peut fonctionner avec semblant « Etat islamique de l’Azawad » a également échoué. Pour masquer leurs échecs cousus de fil blanc, les membres du MNLA se sont érigés en grammairiens et historiens exhumant les concepts des Etats colonisés des années 60 avec tout le jeu de mots qui va avec : de l’indépendance à l’autodétermination en passant par l’autonomie, une large autonomie, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, les droits  fondamentaux de l’individu, respect de l’identité culturelle…
 Evidemment s’ils sont assis sur les articles du titre premier de la Constitution du 25 février 1992, ils seraient tentés de réclamer les droits de supers citoyens. Là sur ce point même Mme Nicole Kil-Niesen est rentré dans leur jeu de mot en optant pour une autonomie interne au détriment d’une autonomie externe : « Moi je suis favorable à une autodétermination interne. Je crois que vous [le MNLA, Ndlr] vous envisagez une autodétermination externe qui correspondrait à une sécession. Le droit international garantit le droit à l’autodétermination des peuples, mais également l’intégrité territoriale des Etats. Donc c’est beaucoup plus complexe que l’on ne peut l’imaginer. Je pense que l’application du droit à l’autodétermination auquel je suis tout à fait attachée, est certainement la meilleure manière de jouir de ses droits que de créer un Etat indépendant. Il y a un tas d’Etats qui ont proclamé  leur indépendance dans le monde, ce n’est pour autant que ça réglé les problèmes des peuples. Certains peuples choisissent la libre association, la fédération. Donc il y a plusieurs solutions. Mais il y a des conditions préalables à l’autodétermination et j’estime qu’elles ne sont pas encore réunies aujourd’hui. Les conditions préalables, c’est la stabilité de la zone, la sécurité pour les populations, la paix, le retour de tous les réfugiés, de tous les déplacés, il y a des procédures à mettre en place, il y a le recensement des populations. L’autodétermination est un processus qui s’oppose totalement à ce qui se passe actuellement [dans le Nord du Mali, Ndlr] c’est-à-dire la déclaration unilatérale par des groupes d’hommes surarmés. Je pense que là, on ne peut pas vous suivre » a-t-elle martelé.
 Aussi elle s’est exprimée en faveur d’une solution négociée avec les toutes les parties prenantes à la crise y compris les islamistes qui pourtant semblent avoir des filtres dans les oreilles qui ne laissent passer que le mot « charia » à leur façon : sur la base de simples dénonciations amputer les mains ou les pieds à vif, cravacher publiquement avec 100 coups contre fumer une clope ou lever le coude, lapider à mort contre un couple qui a un enfant sans avoir été marié. Des islamistes, ceux-là mêmes qui masquent leurs viols collectifs par des mariages forcés en CDD (contrat à durée déterminé). A ce niveau évidemment il y a lieu de faire écouter à Mme Nicole Kil-Niesen le sanglot des victimes de ces crimes abominables.

MNLA avec le sang sur les mains, quelle légitimité ?
 Par contre abordant la légitimité du MNLA, Mme Nicole Kil-Niesen et Mme Coulibaly Ramata Maïga qui s’est invitée dans le débat, ont scotché les responsables du MNLA dans l’hémicycle européen qui sont restés pantois ! D’abord la députée européenne a brocardé le tissu de mensonges compilés dans un document de 11 pages.
 « Votre plateforme, je l’ai déjà lue, je la connaissais. C’est bien, c’est un beau travail, bien écrit, un séminaire d’intellectuels. Très bien. Mais ce n’est pas çà que l’on attend actuellement. En ce moment c’est du sang et des larmes. Ce sont les souffrances des populations dont il est question. D’abord votre bilan, vous l’avez pas fait. Quel est votre bilan ? Les exactions, les alliances contre-natures avec les islamistes, Ançar Eddine, etc. Vous n’avez rien dit là-dessus. C’est ça le problème avec le MNLA en ce moment. C’est ça qui met en cause, la légitimité, la crédibilité de votre mouvement », a-t-elle dénoncé.
 Quant à l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy, Mme Nicole Kil-Niesen lui a servi sa part dans une soupe fumante car elle a commencé à congeler dans le frigidaire, tellement que l’on en parle moins. « Je sais ce qu’a fait Nicolas Sarkozy. Il a refusé d’aider le président ATT [Amadou Toumani Touré, l’ancien président de la République du Mali, Ndlr] parce qu’il lui a fait du chantage, pour qu’il accepte de signer l’accord de réadmission des immigrés. Vu que ATT a dit que je ne signerai jamais l’accord de réadmission, eh bien Sarkozy lui a dit, débrouilles-toi, je ne t’aiderai pas à gérer la crise dans le Nord de ton pays. Ceci il faut bien le prendre en compte, le rôle de Sarkozy dans cette crise », a-t-elle rappelé.
 A propos faut-il rappeler aussi l’intervention de l’Otan sous mandat onusien où la France sous Sarkozy a joué le rôle de premier plan dans la chute du régime Kadhafi en octobre 2011 qui s’est soldée par le chaos et surtout le pillage des magasins d’armes de l’armée libyenne dont une partie de ces armes, via le trafic, s’est trouvée entre les mains des narcotrafiquants et narcoterroristes actuellement dans le Nord du Mali.

Passe d’armes entre maliens de l’extérieur et MNLA
 En répondant à Mme Nicole Kil-Niesen, les responsables du MNLA, Hama Ag Mahmoud et Moussa Assarid sont revenus à la charge pour tenter convaincre un auditoire qui en sait autant sur les crimes commis par le MNLA. Ils n’ont pas cessé de rabâcher la contre-vérité, que le MNLA est aujourd’hui le seul acteur crédible qui contrôle Tombouctou, Gao et Kidal et avec qui le dialogue doit être engagé pour chasser les terroristes. Au même moment Abdoul Karim Sylla et Mme Coulibaly Ramata Maïga membre du Collectif malien de France pour paix (CMFP) ont levé et gardé  la main levée pendant cinq bonnes minutes pour demander en vain la parole, pendant qu’Alhassane Touré et Bakary Traoré, s’activaient pour tout noter dans les détails.
 Et François Alfonsi clôture la conférence en ces termes : « Il est 16 h, on doit libérer la salle. Seuls les députés européens se sont exprimés. Je vous propose qu’on en reste là. Je m’en excuse et on se verra en aparté ». Ses propos, telle la goupille tirée d’une grenade, soit vous la balancer sur l’ennemi sinon vous payez les frais, la délégation malienne a donc laissé éclater sa colère dans la salle. Sinon c’était la crise cardiaque, a-t-on entendu.
 Mme Coulibaly Ramata Maïga, n’en pouvait plus, elle s’invite in extremis dans le débat avant que la séance soit levée : « M. Alfonsi, les trois personnes qui sont autour de vous au présidium et qui se sont exprimées pendant toute  la conférence, sont-ils des députés ? Non mais ce sont mes invités, répond M. Alfonsi. Mme Coulibaly enchaîne « Si c’est par démocratie, que vous êtes là, vous auriez dû nous inviter également pour un débat contradictoire au nom du Mali et au nom de la démocratie. Moi, je suis originaire du nord du Mali, je ne vois pas pour quelle raison, des gens [les membres du MNLA, Ndlr] viennent dire ici qu’il faut de l’autonomie pour le Nord du Mali. M. Alfonsi vous n’avez jamais encouragé les français à prendre les armes contre la France et pourquoi au nom de quoi vous encouragez les gens à prendre les armes contre les populations de Tombouctou, Gao et de Kidal. Aujourd’hui j’ai perdu des frères, des sœurs ». Madame vous n’avez pas la parole, seuls les députés doivent s’exprimer, insiste M. Alfonsi en passant la parole aux parlementaires et explique à nouveau : « J’ai invité une délégation du MNLA qui s’exprime sur la position du MNLA. On n’est pas là, à une table ronde sur la situation au Mali ». A ces propos, ce fut le tour d’Abdoul Karim Sylla de brûler la politesse « en légitime défense » par une phrase cinglante : « le fondement de toute maison, c’est son soubassement. S’il est mal fait, la maison s’écroulera ». La phrase sonna le glas d’une conférence à sens unique tel un monologue du MNLA.  Mme Coulibaly Ramata Maïga profite des dernières secondes pour poser la cerise sur le gâteau lorsque M. Hama Mahmoud affirme : « Aujourd’hui nous pensons que le seul acteur possible qui a la légitimité, la motivation, qui a la collaboration avec le peuple, qui veut la faire et qui est motivé, c’est le MNLA. C’est le MNLA seul qui peut lutter contre l’Aqmi et les trafiquants de drogue ».

Accointances « alfonsiennes » avec le MNLA
 La bergère répond au berger : « C’est le MNLA, affirme Mme Coulibaly haut et fort, à qui veut l’entendre, c’est le MNLA qui a permis au Mujao et à tous ces bandits de rentrer au Mali. Aujourd’hui, M. Alfonsi au Parlement européen, c’est une honte. C’est une honte pour l’Europe ! C’est une honte pour l’Union européenne que des rebelles soient là devant vous, qui ont tué des enfants au Mali, qui ont saccagé des hôpitaux, des écoles. M. Alfonsi, si vous êtes là en tant que député européen, c’est parce vous avez été élu démocratiquement. Ils n’ont qu’à aller au Mali et lutter démocratiquement au lieu de prendre les armes qui ont tué nos populations. C’est grâce à vous que ces bandits sont rentrés au Mali. Alors vous venez vous assoir ici en Europe pour dire qu’il n’y a pas de démocratie au Mali, qu’il n’y a pas ceci, qu’il n’y a pas cela. Vous, Zakyatou Walett Halatine [ministre de l’Artisanat et du Tourisme, sous le président Alpha Oumar Konaré, Ndlr] et Hama Ag Mahmoud [ministre de la Fonction publique sous Moussa Traoré, Ndlr] vous avez été ministres au Mali. Vous avez pillé les biens du Mali. Vous n’êtes pas juste M. Alfonsi. Vous aurez dû inviter aussi la société civile malienne », a-t-elle déploré et dénoncé.
 « Çà c’est de la démocratie ? Çà, ce n’est pas de la démocratie ? Arrêtez, çà c’est tout sauf la démocratie. Il fallait nous inviter aussi et nous permettre de parler. Pourquoi le MNLA seul s’exprime ? Pourquoi les autres ne s’exprimeraient pas ?  Tous ceux qui ont été racontés ici, ne sont que des balivernes. Rien que des mensonges. Le Mujao vous a botté les fesses à Gao et vous a fait sortir de Gao. Et vous venez dire ici que c’est le MNLA qui contrôle le terrain là-bas. Le MNLA, il est où ? Vous avez saccagé le Mali et vous venez parlez ici d’Azawad ? Dites-moi, où se trouve l’Azawad ? Aujourd’hui si le Mali est dans cet état là aujourd’hui, c’est à cause de vous. M. Alfonsi, vous n’êtes pas démocrate. Vous avez été élu pour être ici. Et aujourd’hui vous soutenez les rebelles. Des rebelles qui sont en train de piller le Mali, tuer la population. Voilà, le résultat il est là ! Le drame, c’est que nous avons des gens comme Alfonsi, qui invitent une partie mais pas l’autre. Je suis d’accord avec la démocratie. Mais, elle est où la démocratie ? Montrez-nous la démocratie. Il faut aussi la contradiction. Moi aussi je parle ! Emmener la police pour me faire sortir d’ici ! Je parle ! Parce que j’en ai gros sur le cœur ! Parce ce que ce qui se passe ici dans cet hémicycle est inadmissible ! Vous, [M. Alfonsi, Ndlr] vous êtes corse, pourquoi vous n’avez pas placé des bombes en Corse. Vous avez été élu pour être là. Et vous invitez les autres députés pour venir écouter des rebelles. A cause du MNLA aujourd’hui 200 000 enfants, tout une génération, ne va pas à l’école. Alors inviter nous. Moi je suis écœurée, parce que vous nous n’avez   pas invité. Si on était invité, on allait apporter la contradiction.
 Je vous remercie de m’avoir écouté. Je m’excuse de m’être emportée parce que je ne suis pas d’accord avec ce qui se passe ici. Il ne manquait que la musique du « Djandjo » pour notre Nyéléni du jour.
 Abdoul Karim Sylla fait la conclusion : « Il aurait invité les deux parties. Ces membres du MNLA, ils n’ont raconté que des mensonges. Il n’y a que des conneries ici ! Des mensonges ! Allons-y ».
 La conférence de 23 octobre 2012, tout comme celle du 22 mai 2012, s’est terminée dans un tohu-bohu en faveur des cris de protestation de Mme Coulibaly et de M. Sylla tandis que M. Traoré et Touré sont allés remettre en main propre la copie de la motion de protestation des Maliens de France, un document de cinq pages élaboré à cet effet pour les besoins de la cause. M. Alfonsi, au nom des Maliens de France, pourrions-nous, vous remettre en main propre une copie de notre motion ? demanda, M. Traoré. Oui, bien sûr, a répondu M. Alfonsi en prenant la copie. Mission accomplie au sein du Parlement, la délégation des Maliens de France a invité la presse à l’extérieur pour recueillir des témoignages. Malgré le froid, les manifestants sont restés, scandant des slogans anti-MNLA et anti-Alfonsi. Ici également à l’extérieur, le doyen des Maliens de Strasbourg Ibrahim Sall, de même que Ousmane Ndiaye ont mobilisé les Maliens Strasbourgeois auxquels se sont joints les Maliens de France de la région parisienne. M. Traoré a lu intégralement la motion avant que la manifestation prenne fin dans l’enthousiasme et avec le sentiment d’avoir accompli une mission jusqu’au bout.
 Bakary Traoré

Mali : un Etat perd le Nord - Temoust.org

Mali : un Etat perd le Nord - Temoust.org

amnesty international
mercredi 31 octobre 2012

Le coup d’État contre le régime d’Amadou Toumani Touré, le 22 mars dernier, a précipité la partition de fait du pays, le Nord-Mali passant sous contrôle de mouvements touaregs et islamistes. Sept mois plus tard, Bamako continue d’afficher ses dissensions, tandis que la charia est imposée dans la région septentrionale. Enquête.

Le coup d’État contre le régime d’Amadou Toumani Touré, le 22 mars dernier, a précipité la partition de fait du pays, le Nord-Mali passant sous contrôle de mouvements touaregs et islamistes. Sept mois plus tard, Bamako continue d’afficher ses dissensions, tandis que la charia est imposée dans la région septentrionale. Enquête
« Le dimanche à Bamako, c’est le jour des mariages ! » En début d’année, la chanson d’Amadou et Mariam était allègrement reprise en cœur par les Maliens. Aujourd’hui, le repos dominical donne plutôt lieu à un concert de lamentations. Pêle-mêle, les récriminations visent d’abord l’ancien président malien Amadou Toumani Touré (ATT) : « Sous une façade avenante de démocrate, il truquait les élections, couvrait le trafic de cocaïne et fermait les yeux sur l’implantation d’Al Qaïda ». Mais les critiques n’épargnent pas ses successeurs.
Certes, la troupe et les officiers subalternes rangés derrière le capitaine Sanogo jouissent d’une certaine popularité pour avoir donné un coup de pied dans la fourmilière de la corruption. Mais les exactions de la junte militaire et les actes de torture pratiqués contre les « bérets rouges », garde rapprochée d’ATT, leur ont aliéné bien des soutiens ; d’autant que la junte semble plus préoccupée d’assurer son impunité judiciaire que de mettre un terme au sentiment d’humiliation nationale lié à la perte des trois régions de Kidal, Gao et Tombouctou.
« Face à la rébellion, ce fut une débandade militaire, rappelle Alain Antil, responsable du programme Afrique subsaharienne à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Au point qu’il a fallu organiser un pont aérien pour rapatrier les soldats fuyards réfugiés dans les pays voisins… » Les autorités civiles de transition ne sont guère mieux considérées. Le président par intérim, Dioncounda Traoré, et le Premier ministre, Cheick Modibo Diarra, continuent de jouer chacun leur partition. Comme si l’avenir du pays n’était pas en jeu.
Sous le drapeau noir des djihadistes
Pendant ce temps, au Nord – un territoire vaste comme la France et la Belgique réunies – les populations vivent sous la férule d’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et de deux groupes armés affidés, Ansar Dine et le Mujao. Au départ, la rébellion avait bien été lancée par les Touaregs, las d’être traités en citoyens de seconde zone par les dirigeants de Bamako. Ils font figure de cocus de l’histoire. Leur Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a été marginalisé par ses alliés de circonstance, les islamistes, qui ont ramassé la mise. À l’occasion, Aqmi a fait montre d’une habileté certaine.
D’une part, elle a rallié à sa cause une fraction des Touaregs, les disciples d’Iyad Ag Ghali, ancien leader de la rébellion de 1990, à présent « réincarné  » en chef fondamentaliste à la tête d’Ansar Dine.
D’autre part, Aqmi a su, au fil des années, s’intégrer dans l’environnement sahélien. « C’est ainsi, comme le révèle le chercheur marocain, Djallil Lounnas, que Mokhtar Belmokhtar, à la tête d’une des phalanges d’Aqmi, à l’instar d’autres émirs de l’organisation, a épousé une fille de la tribu des Brabiches (de la région de Tombouctou) nouant de ce fait des attaches familiales avec des tribus locales.  » (1).
Cette infiltration réussie sert – outre le maintien des trafics et du business des otages – un projet radical : la constitution d’un sanctuaire islamiste au cœur du Sahel qui doit, selon les recommandations du chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel, « imposer graduellement la charia ». On assiste à cette mise en place, comme si les islamistes testaient la résistance des habitants du Nord. Fermeture des bars et radios diffusant de la musique ; interdiction de fumer en public, mais il reste possible de se procurer du tabac sous le nom de code « paracétamol  » ! ; voile intégral imposé aux femmes ; destruction de mausolées dédiés aux saints soufis ; des amputations de voleurs présumés et une lapidation à mort d’un couple adultère par des groupes armés. « Nous vivons un calvaire », témoignent en catimini des jeunes femmes cloîtrées à Gao.
Bruits de bottes et vent de sable
Le spectre de l’installation d’un « Sahélistan » dans le Nord-Mali, capable de déstabiliser les pays voisins, a suscité des réactions. À Paris, les ministres des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et de la Défense, Jean-Yves Le Drian, ont jugé une intervention militaire contre Aqmi, « inévitable ». Ce volontarisme se heurte à quelques solides pesanteurs. Combien de mois pour remettre à niveau l’armée malienne, fer de lance supposé de la reconquête ? Quels pays de la sous-région sont prêts à envoyer des contingents appuyer l’opération ? Surtout, de redoutés effets collatéraux inquiètent : afflux prévisible de volontaires djihadistes, du Nigeria à l’Égypte, appelés en renfort ; affrontements avec des unités aguerries au combat dans le désert.
Les messages de prudence émanent tant de Washington – insistant sur une «  bonne préparation  » de l’action militaire – que des Nations unies, qui hésitent à cautionner l’entreprise. Quant à l’Algérie, acteur incontournable, elle prône une « solution politique » en poursuivant les discussions avec les islamistes. « Les deux options sont complémentaires, analyse le chercheur Alain Antil. Brandir la menace d’une intervention militaire peut permettre de négocier en position de force ».
Reste qu’on cherche toujours à Bamako, l’homme providentiel capable de porter un projet de reconstruction du pays, celui qui – comme au Niger voisin – dessinerait un Pacte national en mesure d’intégrer les populations marginalisées du Nord, les Touaregs en particulier. Un projet qui ferait pièce aux visées obscurantistes d’Al Qaïda et consorts. En attendant, le scénario de l’enlisement demeure le plus probable.
Yves Hardy
(1) Tiré de « Al Qaïda et la crise malienne », revue Sécurité globale, été 2012, Éditions Choiseul.
 Trois questions à Gaëtan Mootoo, chercheur d’Amnesty International, de retour de mission au Mali en septembre 2012 .
Quelle atmosphère régnait à Bamako lors de votre visite ?
La capitale malienne ne donnait pas l’impression d’un pays assiégé. Dans la journée, les Bamakois vaquaient à leurs occupations, et le soir, le trafic automobile était faible, tout comme la fréquentation des bars et restaurants. Le temps semblait suspendu aux incertitudes politiques. Personne ne pouvait dire qui détenait la réalité du pouvoir entre les autorités civiles de transition et l’ex-junte militaire du capitaine Sanogo, toujours très présente sur la scène politique.
Les témoignages que vous avez recueillis sur la situation dans le Nord ne laissent pas d’inquiéter…
En effet, les violations des droits humains sont croissantes. En mai, nous dénoncions les violences sexuelles faites aux femmes, des homicides délibérés et arbitraires ou encore l’embrigadement d’enfants-soldats. Ces dérives persistent, mais on déplore en plus des harcèlements quotidiens dans le but d’imposer de nouvelles mœurs.
Quels sont les éléments marquants par rapport à vos précédentes missions ?
Les châtiments corporels des groupes islamistes. Depuis juillet dernier, nous avons recensé plusieurs cas de flagellations, d’amputations, et une lapidation à mort. Nous citons le cas emblématique d’Alhader Ag Almahmoud, 30 ans, éleveur tamasheq, accusé d’avoir volé du bétail. Il a été amputé de la main droite à Ansongo, après un procès expéditif dirigé par le chef local du Mujao, l’un des groupes islamistes. Bien que le propriétaire du bétail volé ait déclaré que les bêtes avaient été retrouvées, la sanction a été exécutée. Cela donne une idée du climat d’intimidation qui prévaut dans le Nord.
 Propos recueillis par Y.H .

Ançar Eddine et le poids de son leader - Actualité - El Watan

Ançar Eddine et le poids de son leader - Actualité - El Watan
le 01.11.12 | 10h00 Réagissez

«Malheur à la nation où la tribu agit en Etat» (J. K. Jibran)

 Mouvement armé issu de la rébellion touareg et encadré par ceux-là mêmes qui étaient à l’origine des premières révoltes, particulièrement celle de 1990 menée par le MPLA, à sa tête Iyad Ag Ghali, Ançar Eddine, composé de Maliens, prône l’application de la charia et s’oppose à toute partition du Mali que revendique l’autre mouvement armé également malien et dont il est issu, le MNLA. 

Résultat d’une radicalisation des différents soulèvements des populations du Nord-Mali, le MNLA n’est que l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement (ADC), dirigé par Ibrahim Ag Bahanga qui rejeta l’«Accord de paix, de sécurité et de développement de la région de Kidal», signé sous l’égide de l’Algérie en juillet 2006. Cette Alliance changera de sigle dès la mort soudaine du chef, en 2011, et devient le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). L’opposition de Iyad Ag Ghali à toute idée séparatiste l’emmena à se démarquer de cette alliance en créant son propre mouvement Ançar Eddine, à travers lequel il cherche à imposer par les armes un islamisme radical.
 La rupture ne sera jamais définitive, les deux mouvements se rallieront au mois de mai, réconciliation qui, certes, ne dura qu’un mois, mais les canaux de dialogue resteront opérationnels à travers les chefs traditionnels.

Appuyé par AQMI, Ançar Eddine contrôle les grandes villes du Nord-Mali où il impose l’application de la charia, y compris le port du voile, la lapidation des adultères et la mutilation des voleurs.
 Par ailleurs, Ançar Eddine serait responsable de la profanation de tombes de saints à Tombouctou. A Gao, le groupe aurait interdit les jeux vidéo, la musique et autres moyens de distraction. Les portes de la mosquée de Sidi Yahya qui, selon la légende, ne devaient jamais être ouvertes furent brisées par des membres d’Ançar Eddine, considérant que le respect du site était une forme d’idolâtrie.
 Face à la réaction internationale, le chef d’Ançar Eddine apporta son soutien à la médiation de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) menée par le président burkinabé, Blaise Compaoré : «On est contents. On soutient, on accepte la médiation du président Compaoré. C’est ce qu’on a confirmé tout de suite au ministre», a-t-il déclaré, après son entretien avec le chef de la diplomatie burkinabé, Djibrill Bassolé.
 L’internationalisation de la crise malienne et l’autorisation accordée par l’ONU à une intervention militaire devrait tenir compte de cet homme charismatique et des rapports et liens des tribus touareg réparties sur les territoires de six pays (Algérie, Libye, Mali, Niger, Mauritanie et le Burkina Faso) et des besoins de développement économique. Car une intervention militaire telle qu’elle se dessine ne peut se conclure par une paix définitive. Dès lors que les groupes maliens, MNLA et Ançar Eddine qui, s’il est convaincu de son projet, pourrait déposer les armes pour se convertir en parti islamiste dans l’opposition, acceptent de se mettre à la table des négociations, le problème reste malo-malien. Leur déclarer la guerre pourrait revêtir un autre caractère qui pourrait entraîner la sous-région vers l’inconnu, sauf si là est la carte du nouvel ordre international. Les pays du champ, qui doivent monter en puissance dans la lutte contre les sous-traitants AQMI et le Mujao, doivent, pour plus d’efficacité, conjuguer leurs efforts pour ramener à la raison Iyad Ag Ghali et le MNLA.
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Iyad Ag Ghali est le fils d’un éleveur nomade, issu des Kel Afella, tribu noble de l’Adrar des Ifoghas, établie dans la région de Kidal. Dans les années 1980 et suite à l’aggravation de la situation au nord du Mali par la sècheresse, Iyad Ag Ghali s’exile en Libye, comme tant d’autres de ses compatriotes, où il s’engage dans la Légion islamique. Rentré au Mali, il prend, en 1990, la tête de la rébellion touareg. Négociateur des accords de paix de 1992, il devient conseiller auprès de la présidence malienne. En 2003, Iyad Ag Ghali sert d’intermédiaire dans la libération d’otages occidentaux détenus par AQMI. En 2007, le président malien, en son temps, Amadou Toumani Touré, nomme Iyad Ag Ghali consul à Djeddah (Arabie Saoudite) où il séjourna pendant trois ans. Le mouvement Ançar Eddine pèse moins par sa puissance que par l’aura de son leader et par l’appui d’AQMI. 
 Mohamed Khalfaoui

Crise malienne : les Touaregs sur le pied de guerre | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

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01/11/2012 à 08h:59 Par Jeune Afrique













Des combattants du MNLA.© AFP

Évincée de Gao, Tombouctou et Kidal, la rébellion touarègue se  prépare-t-elle à offensive contre Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) ?

Au terme de longues semaines de concertation au sein du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), les partisans de la guerre semblent l'avoir emporté. Mohamed Ag Najim a été promu ministre de la Défense du Conseil transitoire de l'État de l'Azawad (CTEA), laissant son poste de chef d'état-major à un déserteur de l'armée malienne, Adghaïmar Ag Alhousseïni, ancien commandant de la garde nationale de Tombouctou. Son adjoint, le colonel Machkanani, est lui un ancien de la rébellion des années 1990. Et un héros de la jeunesse touarègue. Reste l'inconnue Iyad Ag Ghali, le chef d'Ansar Eddine. Si Alger tente discrètement de le convaincre de se désolidariser des jihadistes, les Ifoghas, sa tribu, se montrent beaucoup plus pressants. Intalla Ag Attaher, le vieil aménokal, n'y serait pas allé par quatre chemins avec son fils spirituel : « Tu te décides maintenant, ou on te considère à l'avenir comme un ennemi. »

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Mali, la marche vers la guerre de reconquête

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Hillary Clinton a-t-elle eu le quitus de Bouteflika ? Intervention militaire au nord du Mali - Liberté Algérie , Quotidien national d'information

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Mali : les islamistes s’attaquent au monument de l’indépendance - LeJournaldesArts.fr - 30 octobre 2012

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