mardi 22 juillet 2014

Les dynamiques Touarègues et leurs évolutions (historique depuis vingt ans, et analyse, dans la perspective des négociations en cours à Ouagadougou )

Les dynamiques Touarègues et leurs évolutions (historique depuis vingt ans, et analyse, dans la perspective des négociations en cours à Ouagadougou )

Les dynamiques Touarègues et leurs évolutions (historique depuis vingt ans, et analyse, dans la perspective des négociations en cours à Ouagadougou )

touareg-mali-forumLe processus de négociation « sur le sort de Kidal », encore aux mains du Mouvement National de Libération de l’Azawad (Mnla) et du Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (Hcua) est entamé depuis ce samedi 08 juin, entre les différentes mouvements armés du Nord-Mali et l’émissaire du gouvernement Malien, sous les auspices du médiateur de la Cédéo, dans la crise malienne, le président Blaise Compaoré. Pour comprendre les enjeux en cours, il est important d’identifier les différentes dynamiques Touarègues, leurs rapports les unes aux autres dans une perspective historique depuis  la rébellion de 1990.

Les dynamiques Touarègues : ‘’Mnla’’, ‘’Ansar Eddine’’, ‘’Mujao’’ et Société Civile.

La plus grave erreur faite par les occidentaux, notamment les journalistes, c’est de présenter systématiquement les Touaregs comme une entité « unifiée et homogène ». En réalité ils ne le sont pas et ne cherchent pas à l’être. Chaque tribu touarègue a une histoire ancienne qui la distingue de l’autre. Et leur arrivée au Sahara correspond à des époques différentes comme les contextes historiques dans lesquels ces tribus se sont établies avec le temps pour constituer peu à peu « le semblant de culture commune » qui trompe la vigilance de l’observateur non averti « à la question Touarègue ». En définitive, chaque composante Touarègue a ses propres caractéristiques et ses intérêts.

Succinctement, puisque la question est très complexe, le nord du Mali, appelé également Azawad (l’Azawad originel est une cuvette de transhumance située au Nord de Tombouctou) est devisée en trois grandes régions.

Au nord-est, la région de Kidal, essentiellement peuplée par la tribu des Ifoghas. Récemment, il a été exotique d’entendre les gens parler de l’Adrar des Ifoghas, surtout avec un accent français. L’Adrar, signifie montagne. La  Confédération des Ifoghas est composée des Ifoghas eux-mêmes, des  Imghad, des Idnan, des Chamanamas (minoritaire) et d’autres tribus plus petites « inféodées » aux plus grandes.

Au  sud-est, la région de Gao et Menaka, essentiellement peuplée par la tribu Imouchar, également connue sous le nom de Iwillimiden. La confédération  Imouchar ou Iwillimiden est composée des Imouchar eux-mêmes, d’une grande partie des Chamanamas (en lien avec les Chamanamas des Ifoghas à Kidal), des Dossahaq et des Kel Essouk. Dans ce cas également, il y a une multitude d’autres petites fractions dépendantes de l’ensemble Imouchar et des sous ensembles cités.

Au sud-ouest, certainement la région la plus connue par les Portugais :Tombouctou. C’est avec un oeil sur l’or en provenance de Tombouctou, que les Portugais ont conquis Ceuta, au nord du Maroc, en 1415 (les célébrations du 600ème anniversaire ont déjà commencé).

La région de Tombouctou est essentiellement peuplée par les Kel Ansar, cette Confédération est composée des Kel Ansar proprement dit – famille d’origine Médinoise et Yéménite dont l’ancêtre Infa s’installe dans la région de Tombouctou au milieu du XVIème siècle – , d’une large majorité des Cheriffen et d’une grande partie  de berbérophones intégrés à la confédération Kel Ansar. Cette région est également complexe comme les deux précédentes, concernant les alliances, les fidélités et les relations de entre les différentes composantes de la grande confédération Kel Ansar.

Intégration de différentes tribus au sein de différents groupes rebelles

Mouvement National de libération de l’Azawad ( Mnla)

Pour parler du présent, nous devons d’abord revenir en 1990 et commencer par la création du Mouvement Populaire de Libération de l’Azawad (Mpla), un mouvement qui rassemble les Touaregs et les maures du Nord-Mali (groupes arabo-berbères), jusqu’au moment où les accords de Tamanrasset ont été signés le 6 janvier 1991. Au cours de ces négociations et sous la pression malienne et algérienne, le « L » de « Libération » a été retiré et le Mpla devient Mpa. Simultanément, le Front Islamique Arabe de l’Azawad (Fiaa) a été crée exclusivement pour faire partie des négociations en cours.

En 1991 le Front populaire de libération de l’Azawad (Fpla) a été crée sous prétexte que les combats internes au sein du Mpa, desserviront la cause touarègue. Le Fpla était principalement constitué par des membres appartenant à la tribu Chamanamas de Gao et Ménaka.

C’est en 1991 aussi que l’Armée Révolutionnaire de Libération de l’Azawad (Arla) a été créée par la tribu Imghad de Kidal, Gao et Tombouctou. Cette tribu était historiquement rattachée aux Ifoghas à Kidal, aux Kel Ansar à Tombouctou et aux Imouchar  à Gao et à Ménaka.

En 1992, deux nouveaux groupes émergent.  Le Front National de Libération de l’Azawad (Fnla) qui est composé de la tribu Idnan de Gao et Kidal, puis le Front Uni de libération de l’Azawad (Fula), ce dernier était constitué exclusivement des Kel Ansar de Tombouctou et des dissidents du Mpa et du Fpla issus d’autre factions Touarègues de cette région.
Il existait déjà quatre mouvements (Mpa, Fpla, Arla et Fiaa) qui négociaient avec l’Algérie. Par conséquent  le  Mouvement et Front Unifié de l’Azawad (Mfua) émerge, et signe le Pacte national du 11 Avril de la même année.

Le Fnla et le Fula n’intègrent pas le Mfua, parce qu’ils ont été crée après la signature du pacte, mais en 1994, ils furent acceptés au moment où l’ensemble du Mfua intègre l’administration malienne, les corps militaires et paramilitaires. Or, les périodes de paix étaient surtout propices afin d’intégrer ceux qui ont crée des ruptures au passé, particulièrement en  1996 où tous les mouvements ont cessé d’exister officiellement, sans que les tensions encore vivantes ne soient effacées de la mémoire.

Pour comprendre les dynamiques et les rapports des forces actuelles, il est important de revenir en 2011, quand la rébellion libyenne avançait depuis Benghazi vers Tripoli. Il était fondamental d’empêcher le bataillon du Colonel Mohamed Ag Nagim d’aller vers Tripoli pour aider Mouammar Kadhafi. Ce fut le plus important bataillon intégré dans le régiment basé à Benni Walid et commandé par Khamis Kadhafi, avec prés de 400 Touaregs issus principalement des deux tribus,  Idnan et Chamanamas, avec des éléments Ifoghas, munis de 160 véhicules et toutes sortes d’armement. C’était le moment où les Touaregs intégrés dans l’appareil militaire libyen ont rompu avec le régime, sous l’influence française. C’est peut-être le fait le plus important pour comprendre l’actuelle pression de la France pour « imposer » le Mnla comme une force « officielle » et « incontournable » avec laquelle il faut composer dans les négociations. La principale force militaire du Mnla réside dans ce groupe sorti à l’époque de Libye pour affaiblir Mouammar Kadhafi et dans le but de combattre Aqmi, plus tard, au Sahel. « Opération savamment préparée par les services de Nicolas Sarkozy, l’ancien président Français », disent les observateurs.

Un autre détail, allant dans le même sens : c’est le traitement différent réservé aux Touaregs du Niger, revenus aussi de Libye fin 2011. Ils ont été réintégrés rapidement aux systèmes Nigérien.

Le Mnla a été crée officiellement en octobre 2011,  sous forme d’évolution du Mouvement national de l’Azawad (Mna), association créée par des jeunes étudiants Touaregs, en 2010, les deux groupes (les « déserteurs » Libyens et les jeunes du Mna) font coalition avec des hommes d’Ibrahim Ag Bahanga, le dernier rebelle des années 2000, qui tenait encore tête à Bamako, avant de mourir dans un mystérieux accident de voiture, quelque temps avant le début des hostilités du Mnla en 2012.

Quand la rébellion a été lancée en janvier 2012, elle a ressuscité un certain espoir parmi les jeunes délaissés par Bamako, mais les adhésions était très faibles en comparaison à la rébellion de 1990. Le Mnla a été plus populaire à l’est du pays que dans la zone de Tombouctou. Après quelque temps les populations ont commencé à comprendre que le projet de ce mouvement n’était pas aussi clair qu’annoncé, surtout après avoir conclu une alliance stratégique avec Ansar Eddine, et après la déclaration de l’indépendance de l’Azawad, le 6 avril 2012. Les attaques faites par le Mnla dans toutes les villes, exceptée la première qui a eu lieu à Ménaka, le 17 janvier, étaient menées conjointement et en coordination avec Ansar Eddine et Aqmi, ces faits ont joué contre la réputation du mouvement dit « indépendantiste ». L’attaque la plus barbare, celle de Aguel’hoc, dans la région de Kidal, le 24 janvier, où près de cent soldats maliens ont été collectivement décapités, marqua longuement les esprits.

D’autre part, la résistance manifestée par les azawadiens de l’ouest, surtout ceux la tribu Kel Ansar de Tombouctou  contre l’agenda du Mnla, était directement liée au comportement de ces hommes qui disent appartenir à un mouvement laïque mais agisssant avec des extrémistes et qui détruisent toutes les infrastructures devant eux.

Autrement dit, le comportement du Mnla démontre un manque de vision d’avenir, aux yeux de beaucoup, ce qui était inacceptable pour ceux qui ont un patrimoine historique à préserver et à défendre, comme c’est le cas des habitants de Tombouctou.

Sur le plan tribal, il faut signaler des ruptures dans les relations entre les groupes, comme l’illustre les rapports entre deux colonels en mai-juin 2012 . Le Colonel Assalat Ag Habi, Chamanamas, qui n’acceptait pas les commandements du Colonel Mohamed Ag Nagim, Idnan et rejoint Ansar Eddine dirigé par Iyad Ag Ghaly, dont Ag Habi était un proche pendant que ce dernier était au Mnla, ce mouvement niait publiquement toute relation avec Ansar Eddine.

Il y a également des témoins qui mentionnent que certains membres du Mnla « coopèrent directement avec Aqmi», en dénonçant également d’autres adhérents qu’ils veulent éliminer du mouvement.

Aujourd’hui, pour beaucoup, le Mnla n’existe pas politiquement, il n’est pas transversal aux trois régions du nord. Et pour ces opinions, s’il existe un peu militairement, c’est parce qu’il est soutenu par les français, qui durant l’Opération Serval, ont reformé le groupe armé en lui donnant une nouvelle vie, après qu’il ait été défait par les salafistes dans ces différentes positions à Gao et Tombouctou, notamment. Le Mnla a été replacé à Kidal, fief d’Ansar Eddine, pour aider l’opération française dans sa traque contre les terroristes dans l’Adrar des Ifoghas.

Ansar Eddine

Dirigé par Iyad Ag Ghali, l’un des plus charismatique rebelle de 1990, il voit ses chances de diriger le Mnla bloquées, sous prétexte, – entre autres – , qu’il a été trop près de Bamako dernièrement. Le Président Toumani Touré (ATT) l’avait envoyé comme consul en Arabie Saoudite en 2008, où il a apparemment nouer ses premiers contacts avec Al- Qaeda. Le groupe Ansar Eddine a toutes les caractéristiques d’une branche d’Aqmi, qui devrait présenter l’islam d’une manière moins stricte que «  la nébuleuse», afin de gagner les cœurs de la population, ce qui indique également le choix de son nom. Les Ansars, étaient les habitants d’origine Yéménites établis à Médine, ils avaient secouru le prophète de l’Islam qui était rejeté par les siens à la Mecque. L’ouest de la région de l’Azawad, notamment Tombouctou est habitée par les Kel Ansar, descendants directs de ces compagnons du prophète. Ce qui ne fera d’ailleurs pas adhérer les Kel Ansar de Tombouctou à Ansar Eddine, bien au contraire, les membre de cette tribu rejetaient catégoriquement cette forme d’Islam qu’ils jugeaient incompatible avec le leur.

Sur le plan tribale, la base est Ifoghas avec d’autres sous ensembles de la région de Kidal.  Le taux d’adhésion à ce mouvement islamiste,  à part des cas occasionnels guidés par l’intérêt immédiat, avant l’intervention française, était considéré comme  le plus fort enrôlement, mais l’alliance établie par ce mouvement avec le Mnla l’a également affaibli.  La recomposition des relations de dépendance entre les tribus majoritaires et minoritaires se solde par une augmentation des effectifs au sein d’Ansar Eddine. Pour cette raison la tribu Chamanamas a rompue avec le Mnla et a rejoint Ansar Eddine, un moment où ce dernier apparaissait comme le maitre sur le terrain. De plus, les Chamanamas avaient du mal à accepter l’hégémonie de la tribu Idnan, au sein du Mouvement (Mnla).

Au début de l’opération Serval, menée par les français au nord du Mali, selon des logiques de survie ainsi que la possibilité de pouvoir revenir à la table de négociation d’une manière «  propre », Ansar Eddine s’est dispatché. Le Mouvement Islamique de l’Azawad (Mia), une dissidence de Ansar Eddine fait scission et se déploie à Kidal, « en renonçant » à la charia et en réclamant l’ouverture de dialogue avec Bamako.

Mujao: le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique Occidentale

Selon la même logique, le Mujao, composé en grande partie de l’ethnie Songhoï (une ethnie de sédentaire noires de Gao et de Tombouctou), y compris des maures aussi, des Peulhs, quelques Touaregs, des nigérians, des sahraouis ainsi que des mauritaniens (la principale force de ce groupe, c’est qu’il est composé notamment de trafiquants de drogue), ce mouvement est issu d’une scission d‘Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), il était crée pour conquérir les cœurs à Gao, le fief des Songhoï. Il y a des avis qui prétendent que le groupe a été crée après des confrontations internes au sein d’Aqmi, entre l’un de ses idéologues Abu Zeid (tué lors raids français dans le massif des Ifoghas) et Mokhtar Belmokhtar, celui qui a mené la prise d’otages qui a eu lieu à In Amenas, structure pétrolifère d’huile et de gaz, en Algérie. La dernière double attaque du Mujao au Niger, le 23 mai, contre la base militaire à Agadez et les installations d’Areva à Arlit avait comme nom de code « opération Abu Zeid » en hommage à ce «  martyr », l’opération a été également revendiquée par le groupe de Mokhtar Belmokhtar.

L’autre explication à propos de la création de ce groupe, réside dans son nombre considérable de mauritaniens. Ils y sont près de 200, et étaient souvent sous le contrôle des officiers algériens. Avec cette scission les mauritaniens peuvent finalement être dirigés par des mauritaniens.

Mouvement Arabe de l’Azawad (Maa)

Le Maa a surgit du « résidu » d’une milice arabe armée créée et propulsée par l’ancien président malien Amadou Toumani Touré, en 2009. Le Maa a été renforcé en 2012 par des éléments identifiés comme des trafiquants de drogue. Le groupe est suspecté de liaison avec le Mujao, dans le but de lutter contre le Mnla, notamment dans les villes, d’In Khalil et Anefis, dans la région de Kidal. Le Maa dit « représenter les Arabes du Nord-Mali ». Il a été récemment invité à rejoindre le processus de négociations avec le gouvernement malien, à Ouagadougou, sous l’égide du président burkinabé Blaise Compaoré.

Actualité et perspectives à venir !

Kidal : Enjeu électorale et souveraineté de l’état malien.

Avant l’accord signé, pour la formation « d’une commission commune des négociations », entre le Mnla et Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (Hcua), il y a quelques jours à Ouagadougou, sous l’égide du médiateur de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéo), dans la crise malienne, il y a un profond rapport des forces, entre les deux groupes Touaregs. Cette confrontation illustre la recomposition  de la confédération Touarègue de la région de Kidal, notamment vis-à-vis de ses sous-ensembles. Le Mnla est d’obédience Idnan , tandis que le Hcua a été récemment crée par le chef traditionnel des Ifoghas de la région. Les relations sont tendues entre les ces factions, ces derniers temps, même si les deux entités « se mettent d’accord » pour refuser, pour l’instant, la présence de l’armée et de l’administration malienne à Kidal.

Le Mnla avait procédé, début juin, à des arrestations « d’hommes de type noirs africains »,  à Kidal, avant d’en expulser une majorité vers Gao, tandis qu’une partie est restée au main de ce groupe qui les accusent « d’espionnage au service de Bamako ». C’est ce qui a déclenché, l’attaque de l’armée malienne, ce mercredi 05 juin, dans une la localité d’Anéfis, jusqu’alors tenue par le Mnla, qui a été repoussé vingt kilomètres plus à l’est, en direction de Kidal, située à une centaine de kilomètres d’Anéfis.

Si les deux groupes pourraient faire «  front commun », contre l’armée malienne si elle se décidait à lancer une offensive militaire pour reprendre Kidal, leurs frictions internes veulent exposer des lignes de conduites distinctes.
Le Hcua tente de rassembler et fédérer les différents mouvements et organisations, afin de garder l’hégémonie Ifoghas dans son territoire de Kidal. En gardant plus d’influence que le Mnla, le Hcua veut faire figure du principal interlocuteur dans les prochaines négociations. « Le pouvoir à Bamako a joue la carte Ifoghas » , selon un observateur qui connaît bien la région, « pour faciliter le retour de l’administration malienne à Kidal », dans la perspective les élections présidentielles prévues à partir du 28 juillet 2013. Ces scrutins sont réclamés par la Communauté Internationale, qui a déjà mobilisés 3.2 billions d’euros pour reconstruire le Mali, dont 125 million sont exclusivement destinés à l’organisation des élections.

Le Hcua permettra « l’union » des islamistes, des laïcs avec quelques trafiquants reconvertis, accolée à l’élite traditionnelle de Kidal capable de « blanchir » d’intégrer cette mixité devenue « fréquentable ». La preuve réside dans la dissolution récente du Mia, qui intègre la nouvelle institution, en faisant « oublier » que ces membres étaient « hier » au sein d’Ansar Eddine ceux qui faisaient appliquer la charia, durement au Nord-Mali.

L’agenda des élections bousculent les choses. L’état malien veut impérativement récupérer Kidal avant cette date butoir, pour recouvrer la totalité de l’intégrité territoriale et pour calmer les opinions de Bamako qui n’en finissent pas de scander « A quand l’armée malienne à Kidal ? »

Alors, Bamako a nommé un émissaire spécial pour négocier avec les groupes armés «  fréquentables ». Suite, à la signature du protocole de rapprochement entre ces groupes, à Ouagadougou, la première rencontre officielle, entre le représentant de Bamako : Tiébélé Dramé, et la commission de négociation des mouvements du nord, a lieu ce vendredi 07 juin. La rencontre est encadrée par Blaise Compaoré, le médiateur de la Cédéo. Les discussions déboucheront sur la signature d’un accord-cadre.

L’émissaire de Bamako veut dissuader  aussi bien le Mnla, le Hcua que le Maa, pour les faire renoncer à l’action armée et de permettre ainsi par la négociation, le retour de l’administration et de l’armée malienne à Kidal, la ténu des élection, ainsi que le déploiement des soldats de la Minusma : la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali, sans trop d’entraves.

Tombouctou : la marche de la Société Civile.

Dans les recommandations faites aux mouvement armés du nord – Mnla, Hcua, et Maa –  il y a lieu de se transformer en force politique pour compter. C’est ce qui est en phase d’advenir si les mouvements acceptent de cantonner en renonçant à l’option militaire. Un groupe qui porte des revendications, sans armes, peut être considéré comme un parti politique en gestation.

Sur ce point, dans les tendances actuelles, les Tombouctiens « sont en avance » sur les autres dynamiques Touarègues.

Les Kel Ansar, la principale confédération touarègue de la région de Tombouctou, non impliquée dans les mouvements armés s’organisent sous l’aspect de la société civile, pour peser dans le processus de réconciliation malienne et jouer un rôle dans la reconstruction du pays.

La composante sociale des Kel Ansar, est l’une des plus influentes parmi les grands ensembles Touaregs au Mali.

« La dynamique Kel Ansar » actuelle compte numériquement les plus importantes élites intellectuelles du monde Touareg. Leur « Organisation des Sociétés Civiles de l’Azawad », (Osca), active notamment auprès les réfugiés maliens en Mauritanie, penchera avec les acteurs du dossier malien – Gouvernement, Commission Dialogue et Réconciliation, Commission des mouvements armés, représentants des entités Touarègues de Gao et Ménaka, les Communautés sédentaires du Nord-Mali – une fois le nouveau président malien élu, sur le reconstruction du pays.

Car si Bamako négocie aujourd’hui avec le Mnla, le Hcua et le Maa, pour « reprendre Kidal » et pour organiser les élections dans un climat sécuritaire serein, les pourparlers se poursuivront avec le prochain président. Il sera notamment question des problèmes de fond : le statut politique et juridique du Nord-Mali, les projets de décentralisation et de développement de cette région.

« L’option de Tombouctou » plaide pour un fédéralisme « indispensable à tout le Mali», comme le dit Abdoullahi Ag Mohamed El Maouloud Ansari, fin connaisseur du Mali du nord au sud, qui avait présenté le projet : « Le Mali Fédéral », lors d’une réunion à l’Assemblée Nationale Française, le 16 Mai, organisée par le Centre pour le Dialogue Humanitaire, avec la Commission des Affaires étrangères de l’assemblée nationale, sous le thème « Quelle Nouvelle gouvernance pour le Mali ? »

En conclusion, dans une telle diversité ethnique, tribale, historique et culturelle au sein d’un Mali, si vaste, entre désert et savane, il est certainement plus judicieux d’opter pour l’option la moins pire, la plus durable, la plus consensuelle, pour refonder ce pays totalement désintégré.

Le scenario actuel est-il propice à cette solution ?
L’avenir nous le dira !

Une Contribution de

Intagrist El Ansari   & Raul Manuel Braga Pires

Intagrist El Ansari

Auteur Indépendant

Réalisateur / Reporter

Correspondant SAHEL / SAHARA

Afrique Nord-Ouest

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Le MNLA, le HCUA, le MAA : ces groupes armés qui défient le Mali

Le MNLA, le HCUA, le MAA : ces groupes armés qui défient le Mali

Le MNLA, le HCUA, le MAA : ces groupes armés qui défient le Mali

mnlaPendant que les discussions continuent à Alger entre le gouvernement malien et les groupes armés, gros plan sur les trois mouvements radicaux qui réclament l’exclusion des autres groupes armés des présentes négociations.

Les six mouvements politico-militaires présents à Alger ont tous en commun de s’être retirés de toute revendication religieuse et se sont engagés pour le dialogue avec Bamako dans le respect des engagements contenus dans l’accord de Ouagadougou. Cependant, le MNLA, le HCUA et le MAA se jugent seuls légitimes à engager des pourparlers avec Bamako.

Mais qui sont réellement ces groupes armés qui réclament le monopole du dialogue avec le pouvoir central ?

Le MNLA : mouvement touareg indépendantiste

Crée le 16 octobre 2011, de la fusion du MNA (Mouvement national de l’Azawad), une organisation pacifique et du MTNM (Mouvement touareg du Nord Mali), un groupe armé, le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) est le principal groupe armé ayant ouvert les hostilités de 2012 en s’attaquant, le 17 janvier 2012, aux garnisons de l’armée malienne dans les régions du nord.

C’est une rébellion qui avait pour seule revendication l’indépendance de l’« Azawad » (le nom qu’elle donne aux trois régions septentrionales du Mali), soit environ 65% du territoire malien. Elle se veut laïque mais le MNLA a connu de nombreuses mutations.

En mars 2012, à la faveur d’une instabilité politique dans le pays (coup d’Etat militaire contre le président ATT) , le MNLA, après avoir tissé une alliance avec des groupes terroristes (AQMI, MUJAO, Ansar Dine), s’empare de tout le nord du pays et y proclame, le 6 avril 2012, l’indépendance de l’« Azawad ». Cependant, cette déclaration d’indépendance est unanimement rejetée, le même jour, par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et toute la communauté internationale (y compris la France et les États-Unis).

En juin 2012, le MNLA met en place son « Comité transitoire de l’État de l’Azawad » (CTEA) qui sera présidé par Bilal Ag Acherif. Le colonel Mohamed Ag Najim, un touareg malien, ancien officier dans l’armée libyenne est à la tête de l’Etat-major de la rébellion.

Le 27 mai 2012, le MNLA et Ansar Dine fusionnent pour former un « Conseil transitoire de l’État islamique » mais cette alliance de circonstance sera de courte durée puisqu’en juin 2012 le MNLA perd totalement le contrôle de ses territoires conquis, chassé par ses alliés djihadistes. C’est alors qu’il s’inscrira dans une politique de dialogue avec le gouvernement malien tout en s’affichant, aux yeux de la communauté internationale comme la seule alternative face aux groupes islamistes qui occupaient le nord.

En 2013, le mouvement rebelle réussit à se réinstaller à Kidal avec la bénédiction de la France qui, en janvier de la même année, avait déclenché l’opération militaire « Serval » et chassé les islamistes des villes qu’ils occupaient.

En juin 2013, le MNLA, acceptera, sans déposer les armes, la cohabitation avec l’armée malienne, le retour de l’administration malienne et l’organisation des élections présidentielles et législatives sur les territoires sous son contrôle. C’était après la signature de l’accord de Ouagadougou dans lequel, le mouvement reconnait l’intégrité territoriale du Mali. Son combat sera, dès lors, axé sur l’obtention d’une « large autonomie » pour les régions du nord du Mali.

Le HCUA : l’héritier d’Ansar Dine

Né après l’intervention française au Mali, le HCUA  (Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad), est un mouvement ambigu qui rassemble des anciens du MNLA et d’Ansar Dine. Il a été créé le 2 mai 2013 sous le nom « Haut Conseil de l’Azawad » avant d’être rebaptisé le 19 mai Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad. Selon son fondateur, le HCUA « ne réclame pas l’indépendance », est « contre le terrorisme » et prône le dialogue. Ces propos sont à nuancer car, dans les faits, le HCUA apparait beaucoup moins pacifique et résolument autonomiste, voire indépendantiste du fait de sa proximité avec le MNLA.

Le HCUA est l’affaire de la puissante famille régnante de la tribu des Ifoghas. Après sa création par Mohamed Ag Intalla, un ancien du MNLA, il sera très vite rejoint par son père l’Amenokal Intalla Ag Attaher, chef coutumier des Ifoghas qui quitte également le MNLA. La famille sera complète lorsque Alghabass Ag Intalla, l’autre fils, dissout son groupe, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA) pour rejoindre son frère et son père dans le HCUA.

Le MIA est un mouvement formé par les combattants d’Ansar Dine. En effet, après l’intervention française au Mali, un certain nombre de combattants d’Ansar Dine ont cherché une porte de sortie en se recyclant au sein d’un nouveau groupe qui dit rejeter le terrorisme. Ils se sont donc réunis au sein du MIA, un mouvement fondé par Alghabass Ag Intalla, membre fondateur du MNLA mais qui avait préféré suivre, dès le début, Iyad Ag Ghaly au sein d’Ansar Dine.
Depuis le 19 mai 2013, le HCUA est présidé par le vieux Intalla Ag Attaher. Son état-major est commandé par Cheikh Ag Aoussa, un ancien chef militaire du groupe terroriste Ansar Dine. Il a notamment commandé les forces d’Ansar Dine lors de la bataille d’Aguel’hoc pendant laquelle de graves crimes ont été commis sur les militaires maliens.

Par ailleurs, à l’issue des élections législatives, deux membres du HCUA ont été élus députés à l’Assemblée Nationale du Mali. Il s’agit de Mohamed Ag Intalla et Hamada Ag Bibi, tous du partis présidentiel RPM. Cependant, cela n’a en rien impacté sur l’orientation du groupe armé qui a continué à combattre l’armée malienne avec ses alliés du MNLA et du MAA. Lors des affrontements de mai dernier à Kidal, il avait fait plusieurs prisonniers au sein des forces armées maliennes de défense et de sécurité.

Le HCUA est toutefois signataire de l’accord de Ouagadougou. Alghabass Ag Intalla est même à la tête de la délégation de la coordination MNLA, MAA et HCUA, constituée pour les pourparlers de paix d’Alger.

Le MAA : un mouvement autonomiste arabe

Créé le 1er avril 2012, sous le nom de Front de libération nationale de l’Azawad (FNLA), au cours de l’occupation du nord du Mali par les groupes armés, l’organisation sera rebaptisée, fin 2012, MAA (Mouvement arabe de l’Azawad). Le mouvement, ayant pour principal objectif de défendre l’intérêt des populations arabes du nord du Mali, se dit opposé à l’indépendance de l’Azawad et à l’instauration de la charia mais réclame « une large autonomie pour le nord du Mali ».

Le MAA et le MNLA peinent à cohabiter dans la paix. Les deux mouvements se sont affrontés à plusieurs reprises. Les communautés arabes reprochent notamment au MNLA les exactions dont elles avaient été victimes à In-Khalil en janvier 2013, alors que les Touaregs contrôlaient la ville. Le MLNA accuse de son côté le MAA de s’être allié au MUJAO.

Ces tensions eurent raison du mouvement arabe qui connaitra une dissidence en son sein. C’est ainsi que l’autorité du secrétaire général du mouvement, Ahmed Ould Sidi Mohamed, sera contesté par Sidi Brahim Ould Sidati. C’est alors que le mouvement a été scindé en deux sans que le nom ne change ni pour l’un ni pour l’autre. La branche favorable au MNLA est conduite par Sidi Brahim Ould Sidati. Elle participe, au sein de la coordination des mouvements MNLA, HCUA, MAA, aux pourparlers de paix d’Alger.

Ces derniers jours, des combats violents ont encore opposé le MAA à la coalition MNLA-MAA, obligeant les partenaires du Mali, présents à Alger, de tenter une mini médiation, en parallèle aux négociations globales, pour obtenir la fin des violences.

Aliou Hasseye
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Dialogue inclusif inter-maliens d’Alger : La coalition Mnla-Hcua-Maa propose 9 mois de négociations Et rejette la Cpa, la Cm-Fpr et le Maa dissidence comme "partie prenante" du dialogue - maliweb.net

Dialogue inclusif inter-maliens d’Alger : La coalition Mnla-Hcua-Maa propose 9 mois de négociations Et rejette la Cpa, la Cm-Fpr et le Maa dissidence comme "partie prenante" du dialogue - maliweb.net
Dialogue inclusif inter-maliens d’Alger : La coalition Mnla-Hcua-Maa propose 9 mois de négociations Et rejette la Cpa, la Cm-Fpr et le Maa dissidence comme « partie prenante » du dialogue



21 juil 2014 à 07:29 AM Rubrique: Nord-Mali
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L’Algérie médiateur du dialogue inter-malien ?
Mahamadou Djeri Maiga, vice-président du MNLA et sa délégation sont à Alger pour discuter des accords de paix, le 16 juillet 2014.
AFP PHOTO/FAROUK BATICHE

Après la séance inaugurale du mercredi 16 juillet marquée par une sortie au vitriol du chef de délégation Mnla-Hcua-Maa, les journées du jeudi et du samedi ont connu des débats plutôt calmes qui ont permis d’avancer sur des points essentiels du calendrier des négociations. L’on retient globalement de ces deux journées de débat la proposition de la coalition Mnla-Hcua-Maa d’une période de négociations en 4 phases, d’une durée totale de 9 mois, qui auraient lieu “dans un pays neutre”. La première partie de ce processus serait un mois consacré à un accord sur les mesures de préparation aux discussions comme le respect du cessez-le-feu et la libération de prisonniers, toujours détenus dans le cadre de ce conflit depuis les accords de Ouagadougou.



LA JOURNÉE DU JEUDI 17 JUILLET

Les négociations entre groupes armés du nord du Mali et Bamako se sont poursuivies à huis clos, jeudi 17 juillet. Des discussions séparées ont été entreprises entre la coordination du Mnla-Hcua-Maa d’un côté et les groupes dissidents de l’autre. Malgré cette séparation, il y a eu quelques avancées.

Organisés à huis clos à la résidence El Mithak, à Alger, les débats avaient pour objectif que chaque partie présente ses propositions de feuille de route : dates et durée des discussions, thématiques des négociations, organisations des négociations, ou encore rôle des médiateurs. Dans la matinée, les autorités maliennes ont rencontré trois groupes armés, le Mnla, le Maa et le Hcua, accompagnés de représentants des pays de la région (Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) et des organisations internationales (Onu, Union africaine, Union européenne, Organisation de la conférence islamique).



LES PROPOSITIONS DU MNLA-HCUA-MAA.

Dans la matinée de jeudi, la coalition du Mouvement National de Libération de L’Azawad (Mnla), du Mouvement Arabe de l’Azawad (Maa) et du Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (Hcua) a présenté aux autorités maliennes et aux médiateurs de la communauté internationale, une proposition de feuille de route. Ils estiment, pour commencer, que les interlocuteurs doivent être ceux qui ont pris les armes, ceux qu’ils nomment belligérants. Pour eux, les groupes dissidents présents à Alger doivent choisir leur camp et donc se placer soit du côté des groupes du nord, soit du côté de Bamako.



Cette exigence signifie en fait qu’ils refusent de considérer les trois autres groupes du Nord invités par Alger comme des interlocuteurs dans ces négociations, car ces derniers n’ont pas combattu au début du conflit en 2012. C’est cet aspect qui avait déjà bloqué les discussions de mercredi.



Dans ce document, les groupes de l’Azawad proposent une période de négociations en 4 phases, d’une durée totale de 9 mois, qui auraient lieu “dans un pays neutre”. La première partie de ce processus serait un mois consacré à un accord sur les mesures de préparation aux discussions comme le respect du cessez-le-feu et la libération de prisonniers, toujours détenus dans le cadre de ce conflit depuis les accords de Ouagadougou.



Un autre point soulevé par ces groupes armés : le lieu des négociations et de la signature de l’accord de paix. Au Mali, mais pas à Bamako, estiment les groupes armés.



Enfin, le Mnla, le Hcua et le Maa estiment que les négociations doivent se dérouler en commission plénière et également sous forme de commission thématique.



Cette proposition de feuille de route a été saluée par les partenaires internationaux comme une initiative “précise et sérieuse”.



LES PROPOSITIONS DE LA CPA.

Dans l’après-midi de jeudi, la Coalition du Peuple pour l’Azawad (Cpa), une dissidence du Mnla, a fait ses propositions. C’est aux environs de 15h que les trois autres groupes armés, la Cpa, le Maa d’Ahmed Ould Sidi Mohamed, et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance, se sont rendus à Djenane El Mithak pour discuter avec les autorités maliennes et la communauté internationale. Selon nos informations, ces groupes demandent également le respect de préalables avant la tenue des négociations, comme la libération des prisonniers, la libre circulation des personnes et des biens ou encore la mise en place d’une enquête internationale, comme prévu par l’accord de Ouagadougou.



Quant à la médiation, le Gouvernement malien et les experts internationaux (diplomates africains et occidentaux) penchent pour un collège de médiateurs impliquant l’Algérie, l’Union africaine, la Cedeao et l’Onu. Les groupes rebelles restent prudents. Mais après avoir lu les propositions de feuille de route des groupes armés, on constate une divergence importante entre les parties sur la définition de médiateur. Pour certains, c’est bien le rôle de l’Algérie qu’il va falloir préciser avant d’entamer les négociations.



LES PROPOSITIONS DU GOUVERNEMENT MALIEN.

Contrairement à ce que certains médias ont écrit comme quoi lors de la journée du jeudi, les représentants des autorités maliennes n’ont mis sur la table aucune proposition, le chef de la délégation du Mali, le Ministre Abdoulaye Diop, souligne qu’une feuille de route a été élaborée par le gouvernement. “Avant d’avancer dans les négociations, il est important que nous nous mettions d’accord sur le cadre des négociations. La feuille de route a été soumise à l’autre partie et nous sommes en train d’en discuter. C’est un document qui nous permet de nous mettre d’accord sur les grands principes qui vont présider le processus des pourparlers. Il nous permet aussi de se mettre d’accord sur les matières à discuter. Il s’agit des matières qui ont été définies par les Accords de Ouagadougou. La feuille de route nous permet également de nous mettre d’accord sur un calendrier dans le cadre du processus du dialogue. Ce sont des éléments clefs et nous avons pu avoir un échange clair avec nos frères. Chacun a pu apporter les différents amendements et les contributions qui ont été enregistrés par la facilitation. A ce niveau, je crois que nous faisons des progrès qui nous permettront de nous inscrire clairement dans le processus d’arriver à un accord rapidement”, a détaillé le Ministre Diop. “Le plus important est que nous avons commencé à nous parler. Il y a une large convergence de vues autour du calendrier, autour de la feuille de route”, a-t-il dit.



LA JOURNÉE DU SAMEDI 19 JUILLET

Après la pause du vendredi 18 juillet, les débats ont repris avant-hier samedi autour de la manière dont doit s’organiser le futur dialogue. Les groupes armés du nord du Mali, les représentants du gouvernement et les médiateurs doivent d’abord définir le cadre des discussions. Tout le monde espère pouvoir y parvenir avant la fin du mois de carême ou au plus tard au début du mois d’août. C’est dire que les négociations proprement dites n’ont pas encore commencé. Comme pour la journée de jeudi, chaque partie a fait un point sur les différentes propositions de feuilles de route présentées jeudi. Les observateurs s’attendent à ce que la question des “parties présentes” soit au centre des débats du projet de feuille du dialogue intermalien, étant donné que la coalition Mnla-Hcua-Maa conteste la présence des trois autres groupes (Cpa, Cm-Fpr, Maa dissidence) autour de la table de négociations.

Le fait notable de cette journée du samedi a été le changement apporté dans la délégation de la coalition Mnla-Hcua-Maa. En ce sens que celui qui était le chef de cette délégation, Mahamadou Djeri Maïga (vice-président du Mnla), a été débarqué et remplacé par Alghabass ag Intalla, secrétaire général du Hcua.

Selon nos informations, les propos au vitriol tenus par Mahamadou Djéri Maïga lors de la première journée, celle du mercredi 16 juillet, ont déplu aux autres membres de sa propre délégation, qui ont jugé la sortie comme un “dérapage”.



Rassemblés par Baba SANGARÉ

Dialogue inclusif inter-maliens d’Alger : La coalition Mnla-Hcua-Maa propose 9 mois de négociations Et rejette la Cpa, la Cm-Fpr et le Maa dissidence comme "partie prenante" du dialogue - maliweb.net

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21 juil 2014 à 07:29 AM Rubrique: Nord-Mali
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L’Algérie médiateur du dialogue inter-malien ?
Mahamadou Djeri Maiga, vice-président du MNLA et sa délégation sont à Alger pour discuter des accords de paix, le 16 juillet 2014.
AFP PHOTO/FAROUK BATICHE

Après la séance inaugurale du mercredi 16 juillet marquée par une sortie au vitriol du chef de délégation Mnla-Hcua-Maa, les journées du jeudi et du samedi ont connu des débats plutôt calmes qui ont permis d’avancer sur des points essentiels du calendrier des négociations. L’on retient globalement de ces deux journées de débat la proposition de la coalition Mnla-Hcua-Maa d’une période de négociations en 4 phases, d’une durée totale de 9 mois, qui auraient lieu “dans un pays neutre”. La première partie de ce processus serait un mois consacré à un accord sur les mesures de préparation aux discussions comme le respect du cessez-le-feu et la libération de prisonniers, toujours détenus dans le cadre de ce conflit depuis les accords de Ouagadougou.



LA JOURNÉE DU JEUDI 17 JUILLET

Les négociations entre groupes armés du nord du Mali et Bamako se sont poursuivies à huis clos, jeudi 17 juillet. Des discussions séparées ont été entreprises entre la coordination du Mnla-Hcua-Maa d’un côté et les groupes dissidents de l’autre. Malgré cette séparation, il y a eu quelques avancées.

Organisés à huis clos à la résidence El Mithak, à Alger, les débats avaient pour objectif que chaque partie présente ses propositions de feuille de route : dates et durée des discussions, thématiques des négociations, organisations des négociations, ou encore rôle des médiateurs. Dans la matinée, les autorités maliennes ont rencontré trois groupes armés, le Mnla, le Maa et le Hcua, accompagnés de représentants des pays de la région (Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) et des organisations internationales (Onu, Union africaine, Union européenne, Organisation de la conférence islamique).



LES PROPOSITIONS DU MNLA-HCUA-MAA.

Dans la matinée de jeudi, la coalition du Mouvement National de Libération de L’Azawad (Mnla), du Mouvement Arabe de l’Azawad (Maa) et du Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad (Hcua) a présenté aux autorités maliennes et aux médiateurs de la communauté internationale, une proposition de feuille de route. Ils estiment, pour commencer, que les interlocuteurs doivent être ceux qui ont pris les armes, ceux qu’ils nomment belligérants. Pour eux, les groupes dissidents présents à Alger doivent choisir leur camp et donc se placer soit du côté des groupes du nord, soit du côté de Bamako.



Cette exigence signifie en fait qu’ils refusent de considérer les trois autres groupes du Nord invités par Alger comme des interlocuteurs dans ces négociations, car ces derniers n’ont pas combattu au début du conflit en 2012. C’est cet aspect qui avait déjà bloqué les discussions de mercredi.



Dans ce document, les groupes de l’Azawad proposent une période de négociations en 4 phases, d’une durée totale de 9 mois, qui auraient lieu “dans un pays neutre”. La première partie de ce processus serait un mois consacré à un accord sur les mesures de préparation aux discussions comme le respect du cessez-le-feu et la libération de prisonniers, toujours détenus dans le cadre de ce conflit depuis les accords de Ouagadougou.



Un autre point soulevé par ces groupes armés : le lieu des négociations et de la signature de l’accord de paix. Au Mali, mais pas à Bamako, estiment les groupes armés.



Enfin, le Mnla, le Hcua et le Maa estiment que les négociations doivent se dérouler en commission plénière et également sous forme de commission thématique.



Cette proposition de feuille de route a été saluée par les partenaires internationaux comme une initiative “précise et sérieuse”.



LES PROPOSITIONS DE LA CPA.

Dans l’après-midi de jeudi, la Coalition du Peuple pour l’Azawad (Cpa), une dissidence du Mnla, a fait ses propositions. C’est aux environs de 15h que les trois autres groupes armés, la Cpa, le Maa d’Ahmed Ould Sidi Mohamed, et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance, se sont rendus à Djenane El Mithak pour discuter avec les autorités maliennes et la communauté internationale. Selon nos informations, ces groupes demandent également le respect de préalables avant la tenue des négociations, comme la libération des prisonniers, la libre circulation des personnes et des biens ou encore la mise en place d’une enquête internationale, comme prévu par l’accord de Ouagadougou.



Quant à la médiation, le Gouvernement malien et les experts internationaux (diplomates africains et occidentaux) penchent pour un collège de médiateurs impliquant l’Algérie, l’Union africaine, la Cedeao et l’Onu. Les groupes rebelles restent prudents. Mais après avoir lu les propositions de feuille de route des groupes armés, on constate une divergence importante entre les parties sur la définition de médiateur. Pour certains, c’est bien le rôle de l’Algérie qu’il va falloir préciser avant d’entamer les négociations.



LES PROPOSITIONS DU GOUVERNEMENT MALIEN.

Contrairement à ce que certains médias ont écrit comme quoi lors de la journée du jeudi, les représentants des autorités maliennes n’ont mis sur la table aucune proposition, le chef de la délégation du Mali, le Ministre Abdoulaye Diop, souligne qu’une feuille de route a été élaborée par le gouvernement. “Avant d’avancer dans les négociations, il est important que nous nous mettions d’accord sur le cadre des négociations. La feuille de route a été soumise à l’autre partie et nous sommes en train d’en discuter. C’est un document qui nous permet de nous mettre d’accord sur les grands principes qui vont présider le processus des pourparlers. Il nous permet aussi de se mettre d’accord sur les matières à discuter. Il s’agit des matières qui ont été définies par les Accords de Ouagadougou. La feuille de route nous permet également de nous mettre d’accord sur un calendrier dans le cadre du processus du dialogue. Ce sont des éléments clefs et nous avons pu avoir un échange clair avec nos frères. Chacun a pu apporter les différents amendements et les contributions qui ont été enregistrés par la facilitation. A ce niveau, je crois que nous faisons des progrès qui nous permettront de nous inscrire clairement dans le processus d’arriver à un accord rapidement”, a détaillé le Ministre Diop. “Le plus important est que nous avons commencé à nous parler. Il y a une large convergence de vues autour du calendrier, autour de la feuille de route”, a-t-il dit.



LA JOURNÉE DU SAMEDI 19 JUILLET

Après la pause du vendredi 18 juillet, les débats ont repris avant-hier samedi autour de la manière dont doit s’organiser le futur dialogue. Les groupes armés du nord du Mali, les représentants du gouvernement et les médiateurs doivent d’abord définir le cadre des discussions. Tout le monde espère pouvoir y parvenir avant la fin du mois de carême ou au plus tard au début du mois d’août. C’est dire que les négociations proprement dites n’ont pas encore commencé. Comme pour la journée de jeudi, chaque partie a fait un point sur les différentes propositions de feuilles de route présentées jeudi. Les observateurs s’attendent à ce que la question des “parties présentes” soit au centre des débats du projet de feuille du dialogue intermalien, étant donné que la coalition Mnla-Hcua-Maa conteste la présence des trois autres groupes (Cpa, Cm-Fpr, Maa dissidence) autour de la table de négociations.

Le fait notable de cette journée du samedi a été le changement apporté dans la délégation de la coalition Mnla-Hcua-Maa. En ce sens que celui qui était le chef de cette délégation, Mahamadou Djeri Maïga (vice-président du Mnla), a été débarqué et remplacé par Alghabass ag Intalla, secrétaire général du Hcua.

Selon nos informations, les propos au vitriol tenus par Mahamadou Djéri Maïga lors de la première journée, celle du mercredi 16 juillet, ont déplu aux autres membres de sa propre délégation, qui ont jugé la sortie comme un “dérapage”.



Rassemblés par Baba SANGARÉ

vendredi 18 juillet 2014

Ag Ghaly de retour à Kidal : Riche de ses exploits et de 20 millions d’euros de rançons - maliweb.net

Ag Ghaly de retour à Kidal : Riche de ses exploits et de 20 millions d’euros de rançons - maliweb.net

Ag Ghaly de retour à Kidal : Riche de ses exploits et de 20 millions d’euros de rançons

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Iyad Ag Ghali,
Iyad Ag Ghali,
Si les malheurs du Mali font le bonheur du Mnla qui brandit sa chimère l’Azawad pour éblouir la France de Hollande et d’autres suppôts complices qui ont plein d’idées derrière la tête, le retour d’Iyad Ag Ghaly à Kidal est entrain de donner des cauchemars aux leaders du mouvement qui savent qu’ils ne supportent pas la comparaison avec Ancardine en terme de popularité. Mais ce qui les inquiète encore plus, c’est le nouveau deal qu’il a signé avec la France qui lui permet, avec armes et bagages, ce retour en pays conquis. Il ne peut être qu’à leur détriment.



En effet, Iyad est de nouveau une alternative crédible et il apparaît aux yeux des jeunes Ifoghas comme un héros, un mythe vivant, contrairement au Mnla qui, n’ayant pas une assise populaire, règne par la terreur et le chantage sur les communautés touarègues et autres. On peut même affirmer que le Mnla est secrètement vomi par les foules qu’il rassemble de force pour manifester ou dont il se sert lâchement comme chair à canon. Oui, le Mouvement National de Libération de l’Azawad a fait et continue de faire le malheur des communautés du nord du Mali et de tous les Maliens dignes de ce nom qui ont a cœur le destin de leur patrie. Iyad Ag Aly qui a fait son retour dans la région, pour instaurer la charia pendant le mois de carême, comme un interlocuteur plus raisonnable et fiable, en ce sens qu’il n’a pas de prétention à balkaniser de force la mère-patrie.



Pourquoi la France et Hollande lui font-ils confiance à nouveau, si tant est que cette confiance ait jamais été démentie ? Pourtant « le chef terroriste », comme on aimait l’appeler il n’y a guère, avait vu sa tête mise à prix par l’Amérique d’Obama. C’est parce qu’Iyad est précieux aux yeux de Hollande, sachant quel rôle il a joué dans la libération de plusieurs otages français dans le septentrion. Ce n’est pas le cas du Mnla spécialisé dans la duplicité, le mensonge et les promesses sans lendemain qui a longtemps leurré François Hollande et à son ministre de la Défense Le Drian, en leur faisant croire qu’il avait toutes les cartes en main pour une solution définitive à la question des otages français et pour gagner la guerre contre le Mali. Autant de raisons qui font qu’ Iyad redevient incontournable dans le dénouement la crise du Nord-Mali.



Il nest pas étonnant qu’après le départ de l’armée malienne de Kidal suite à la déroute qui a suivi les événements du 17 au 21 mai 2014, qu’Iyad Ag Ghaly ait fait un retour remarqué dans la ville à la tête d’une colonne de véhicules 4×4 lourdement armés. 60 ans, Iyad, figure historique et emblématique de la rébellion touareg est celui qui a déclenché dans la nuit du 28 juin 1990 à Ménaka la rébellion à la tête du Mouvement Populaire pour la Libération de l’Azawad, le MPLA créé en 1988, le front historique de la rébellion touarègue au Mali. La France fait preuve non pas de faiblesse, mais de connivence avec ce chef islamiste dont les crimes furent assimilés par le ministre français Yves Le Drian à des « actes de bravoure » !



De retour à Kidal où est revenu riche de butins et auréolé de gloire, accompagné de ses bras droits et fidèles compagnons chargés de sa sécurité personnelle de Malick Ag Wanasnate et Moustapha Ag Warakoul, deux seigneurs de guerre, il a voulu faire un test en essayant d’instaurer la charia pendant le mois de carême. Mais il s’est heurté au refus, dit-on, des oulémas. Il ne renonce pas pour autant à imposer une charia plus adoucie. Ce retour triomphal sur la scène de ses exploits a donc été possible grâce à la France qui refuse de le traiter en terroriste. Iyad, allié naturel de François Hollande et des forces françaises dans l’imbroglio du Nord était depuis longtemps identifié, localisé à Tinzaouten, une commune algérienne proche de la frontière malienne par les français depuis la déroute des jihadistes à Konan en 2013. Son mouvement insurrectionnel, après son éclipse, s’était transformé en HCUA, Haut Conseil pour l’Unité de l’Azawad. C’était une stratégie pour donner à sa formation une nouvelle virginité, la rendre fréquentable et pour revenir plus fort, plus tôt que prévu dans les négociations inter maliennes. La bienveillance de la France a donc donné un répit salutaire à Iyad impliqué et jamais inquiété dans le massacre des soldats maliens faits prisonniers à Aguel Hoc, pour le remettre finalement en selle le dimanche dernier, date de son retour effectif à Kidal, une ville incontournable dans la crise du Nord, de laquelle tout part et tout revient . C’est une belle récompense pour lui, pour avoir fait libérer le 29 octobre 2013, par son cousin Abelkrim, chef touareg d’une katiba d’Aqmi les 4otages français enlevés par Abou Zeid à Arlit, au Niger. En la circonstance, Iyad AG Ghali avait décroché le jackpot : 20 millions d’euros de rançon. Plus que les ravisseurs d’Aqmi, il a été le grand gagnant de cette transaction, puisqu’il a obtenu des autorités françaises et du président François Hollande qu’on abandonne toutes les poursuites judiciaires contre lui et ses proches et qu’on le laisse tranquille pour agir à sa guise à Kidal et dans le septentrion.



Sans doute pour les autorités françaises, le MNLA n’est plus un allié fiable, car il a suffisamment dans la crise du Nord fait la preuve de sa versatilité et de son inconstance en de multiples occasions. Elles savent que le MNLA seul ne peut pas tenir Kidal qui lui échappera inéluctablement avec le retour de tout ce que le sahel et le Sahara comptent de groupes islamistes. Alors qu’Iyad tête de proue indiscutable et chef historique de la rébellion touarègue, d’une famille aristocratique, les Ifoghas, est une valeur solide, établie dans la région, un véritable héros aux yeux de la jeunesse touarègue qui s’identifie à lui. C’est quelqu’un sur qui la France sait désormais pouvoir compter les yeux fermés, pour des intérêts réciproques. Son deal avec la France lui permet de redistribuer les cartes.



Oumar Coulibaly

IBK sera-t-il favorable à un « accord » à Alger en 2014 après avoir subi celui de 1992 et avoir été hostile à celui de 2006 ? (2/2) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

IBK sera-t-il favorable à un « accord » à Alger en 2014 après avoir subi celui de 1992 et avoir été hostile à celui de 2006 ? (2/2) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

IBK sera-t-il favorable à un « accord » à Alger en 2014 après avoir subi celui de 1992 et avoir été hostile à celui de 2006 ? (2/2)

jeudi 17 juillet 2014



Ibrahim Boubacar Keïta était premier ministre du Mali au lendemain de la signature du Pacte national le 11 avril 1992. C’est lui qui va avoir en charge sa mise en œuvre. Rappelons que le Pacte définissait « un nouveau découpage administratif du Nord du Mali, fondé sur des Assemblées locales, régionales et inter-régionales ». Il prévoyait notamment « l’intégration des anciens combattants des MFUA dans les différents corps de l’armée et de la sécurité ainsi que celle des cadres de la fonction publique, la création de patrouilles mixtes pour assurer la sécurité, un programme de rapatriement des réfugiés, une aide au développement du Nord, une commission indépendante d’enquête… ».







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IBK sera-t-il favorable à un « accord » à Alger en 2014 après avoir subi celui de 1992 et avoir été hostile à celui de 2006 ? (2/2) La mise en œuvre du Pacte national sera assurée par un Commissariat du Nord* créé le 5 juin 1992 et des Collèges transitoires d’arrondissements (CTA) seront institués pour « préfigurer les collectivités locales en attendant leurs créations effectives ». A la suite de la cérémonie de la Flamme de la paix à Tombouctou (et la dissolution du MFUA), le 27 mars 1996, un Programme d’appui à la réinsertion des ex-combattants du Nord-Mali (Parem) sera mis en place. Le Parem visait la réinsertion socio-économique de 9.509 ex-combattants (ou considérés comme tels) via le financement de 866 projets individuels ou collectifs pour un coût total de 8,76 millions de dollars (dont 1,17 million de dollars pour les primes de démobilisation lors du cantonnement).

Mamadou Traoré, conseiller diplomatique d’Amadou Toumani Touré de 2004 à 2010 avant d’être ambassadeur à Washington, était en poste à Ouagadougou alors qu’ATT vivait ses derniers jours à Koulouba (il a présenté les copies figurées de ses lettres de créance à Djibrill Y. Bassolé le vendredi 24 février 2012 !). Ce n’est pas un diplomate de carrière ; mais un parfait connaisseur de la situation au Nord-Mali à laquelle il a consacré de nombreux écrits. Dans son « Mémorandum sur la gestion du Nord-Mali de 1992 à 2012 », il a écrit : « De 1992 à 2002, soit vingt ans, la gestion de la question du Nord a toujours été en haut de l’agenda des gouvernements successifs de la République du Mali malgré ses difficultés : le vide laissé par le départ de l’Armée nationale du Nord du territoire comme le demandait le Pacte national a été comblé par divers trafics qui sont allés croissants […] ; les partenaires au développement, sensés soutenir la paix en finançant des projets de développement n’honorent pas toujours leurs promesses ; le calendrier de la décentralisation ne peut être tenu en raison d’un problème de ressources humaines, de capacité générale et d’inertie de l’administration ; la gestion des intégrés sans concours ni formation préalable ». Il ajoutait : « La surprise a cependant été totale quand, le 23 mai 2006, une nouvelle rébellion éclata […] Le motif évoqué était de voir le retrait de l’armée de la région de Kidal et revoir la gestion des intégrés ».

Cette nouvelle rébellion va ramener Alger dans la médiation. Le 4 juillet 2006 sera signé « l’accord d’Alger pour la restauration de la paix, de la sécurité et du développement » entre le gouvernement malien et l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement (ADC). Au sujet duquel Traoré a écrit : « L’accord d’Alger, parce que négocié dans la confidentialité, a été rejeté comme le Pacte national par une partie de la population et a fait l’objet d’un recours auprès de la Cour constitutionnelle, par un parti politique, parce que non conforme à la Constitution ».

Ibrahim Boubacar Keïta sera en pointe dans son opposition à l’accord d’Alger. Ayant perdu, début 2000, son job de premier ministre et de président de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adema), le parti présidentiel, il avait créé, fin 2001, le Rassemblement pour le Mali (RPM). Mais il n’arrivera qu’en troisième position lors de la présidentielle de 2002, derrière ATT, « candidat indépendant », et Soumaïla Cissé, celui de l’Adéma. Au deuxième tour, il soutiendra ATT et le RPM deviendra le deuxième parti à l’Assemblée nationale dont IBK prendra la présidence. Le 28 janvier 2007, IBK sera investi par le RPM comme candidat à la présidentielle du 29 avril 2007. Un an auparavant, le 23 mai 2006, la rébellion avait attaqué les camps de l’armée nationale à Kidal et Menaka ; le 4 juillet 2006 sera signé l’accord d’Alger.

Interrogé par Cherif Ouazani (Jeune Afrique du 18 février 2007) sur son « hostilité aux accords d’Alger », IBK répondra : « Notre rejet des accords d’Alger a été un moment pénible pour nous, car il a été interprété comme une volonté de casser du Touareg, et le RPM a été assimilé à un parti va-t-en guerre. Ce qui n’est évidemment pas le cas. En fait, nous voulions signifier à l’Etat qu’il devait assumer ses fonctions régaliennes. Nous n’avons pas compris qu’une simple mutinerie au sein des forces armées se transforme en crise d’Etat au point d’impliquer une puissance amie dans la recherche d’une solution ». Des propos qui trouvent un écho tout particulier à la suite des événements de 2012 et 2014 au Mali. Il ajoutait alors : « Le contenu de ces accords pose deux autres problèmes : ils ne garantissent aucunement la paix, d’une part ; d’autre part, ils exposent la communauté touarègue à une stigmatisation, voire à une marginalisation. Les problèmes du Nord sont bien réels, et le déficit de développement y est criant. En aucun cas les accords d’Alger ne constituent une réponse adéquate »**.

Du Pacte national (11 avril 1992) à l’Accord d’Alger (4 juillet 2006), la rébellion des Touareg et la médiation d’Alger auront donc été un fil rouge dans la vie politique d’IBK qu’il soit premier ministre ou président de l’Assemblée nationale. C’est d’ailleurs cette même rébellion des Touareg qui a été une opportunité lui permettant, en 2013, d’accéder à une présidence de la République qu’il guignait depuis longtemps mais qu’il n’avait jamais pu conquérir. Trop de commentateurs ont oublié cette permanence des rébellions touareg dans l’histoire du Mali et, du même coup, dans l’histoire politique d’IBK. Lui, ne l’a pas oublié.

Il l’a rappelé dans son premier discours de Nouvel An prononcé le 31 décembre 2013 (cf. LDD Mali 0120/Mercredi 8 janvier 2014) : « Je ne veux que la paix. Rien que la paix, dans toutes les régions du Mali, dans toutes les communes du Mali qui doivent prendre le contrôle de leur développement dans un Etat qui ne sera plus jacobin, centralisateur, mais distributeur et régulateur. C’est la décentralisation, accompagnée d’une réelle dévolution de certaines compétences et ressources jadis aux mains de l’Etat, et impliquant une nouvelle forme de gouvernance territoriale, qui constitue la réponse à la demande d’une autre forme d’Etat tel qu’observable ailleurs ». Et d’ajouter aussitôt : « Le Mali est dans cette réforme depuis 1992. Il la continuera. Et je m’engage à la porter à son seuil d’irréversibilité ».

Cette « décentralisation » initiée en 1992, à laquelle IBK fait référence, résulte bien sûr du Pacte national dont la signature, le 11 avril 1992, avait permis au Mali, a écrit l’ambassadeur Traoré, de « tourner le dos, pour toujours, à la philosophie de réduction des rébellions touareg comme moyen de sécuriser le Nord, pour une large autonomie de ces régions dans le cadre d’une politique très poussée de décentralisation et de développement ». Il ajoutait : « Toutes les collectivités territoriales, dans le cadre des lois et règlements de la République du Mali, jouissent d’une très large autonomie. A elles de les exploiter ».

* Le Commissariat au Nord sera transformé en Autorité pour le développement intégré du Nord-Mali (ADIN) puis en Agence pour le développement intégré du Nord-Mali.

** Au sujet de ces accords d’Alger, Mamadou Traoré a écrit dans son « Mémorandum » : « L’Algérie se retirera de l’accord d’Alger suite à l’affaire Pierre Camatte suscitant dans l’opinion nationale des interrogations sur la relation entre cette nouvelle rébellion et la lutte contre les éléments du GSPC algérien ayant trouvé refuge au Nord du Mali ».

Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique

4 juillet 2006 : le jour où l’Algérie divisait définitivement le Mali

4 juillet 2006 : le jour où l’Algérie divisait définitivement le Mali

le jour où l’Algérie divisait définitivement le Mali

Bouteflika, président algérien
Bouteflika, président algérien

Il y a huit ans ( le 4 juillet 2006), les Maliens signaient, à travers le ministre de l’Administration territoriale de l’époque, le général Kanfougouna Koné et les représentants du regroupement qu’on appelait « Alliance du 23 mai », les Accords dits d’Alger. Un document qui avait fait l’objet d’une contestation incroyable, jusqu’à la présidence de l’Assemblée nationale. Dont le président était un certain…. Ibrahim Boubacar Kéïta.

A l’époque, la Libye venait d’ouvrir un consulat à Kidal et Moammar Kadhafi avait fait le tour du Mali, de la manière dont on sait, avec tout le boucan qui lui sied, abandonnant même souvent son hôte ATT dans certaines villes, telles que Tombouctou. On doutait déjà que quelque chose allait se passer au Nord avec ces agissements de Kadhafi et que l’Algérie n’allait jamais accepter que ce pays s’installe dans une zone qu’il considère comme son pré-carré, à savoir le Nord-Mali.
Les choses se passèrent exactement comme on le craignait. Quelques mois après, la crise éclata à Kidal. Des hommes armés attaquèrent, en plein jour, le camp militaire de Kidal avec son lot de morts, d’humiliation. Après quelques mois de tension, l’Algérie vint (encore une fois) à la rescousse, comme médiateur et éteignit le feu qu’il avait allumé, à travers la signature d’un accord par lequel le Mali retirait ses militaires de la plupart des postes frontaliers dans le septentrion et consacrait l’abandon de toutes ces zones par notre pays, donc sa partition de fait en ces termes :
- « Poursuite du processus de délocalisation des casernes militaires dans les zones urbaines conformément aux dispositions du Pacte National ;
- Retour, sous l’égide du facilitateur, de toutes les armes et munitions ainsi que de tous autres matériels enlevés depuis les attaques du 23 mai 2006 de Kidal, Ménaka et Tessalit selon les modalités arrêtées dans le présent accord ;
- Création en dehors des zones urbaines de Kidal d’unités spéciales de sécurité, rattachées au commandement de la zone militaire et composées essentiellement d’éléments issus des régions nomades, dans les proportions assurant l’exécution efficace des missions des Unités Spéciales de Sécurité
- L’acte de création de ces unités déterminera leur nombre, leur tableau d’effectif et de dotation, leur implantation et leurs caractéristiques… »
Ces passages du texte étaient clairs. Le Mali acceptait, à travers ledit document, de n’avoir des militaires que dans les grandes villes et la création d’unités spéciales, composées essentiellement d’éléments issus des régions nomades, donc d’anciens rebelles soutenus par l’Algérie. Et comme nous l’évoquions dans notre précédente parution, ce sont ces unités qui faisaient l’affaire de l’Algérie. Car, le pays de Bouteflika profitait de ces groupes pour contrôler le Nord du pays et se tenait au courant de tout ce qui s’y passait. Pire, ils avaient et ont aussi des unités qui travaillent de concert.
Mieux, pour prouver que la zone de Kidal était une zone spéciale et que des faveurs devaient être accordées à cette ville au détriment des autres zones, il a été décidé dans le même document une « reconduction pour une durée de dix (10) ans du régime préférentiel fiscal défini par le Pacte National pour les régions du Nord du Mali, en vue d’attirer et d’encourager l’investissement.
On insiste aujourd’hui, du côté des rebelles et de leur soutien, l’Algérie, sur les engagements pris par l’Etat et on oublie des dispositions telles que : « Le retour, sous l’égide du facilitateur, de toutes les armes et munitions ainsi que de tous autres matériels enlevés depuis les attaques du 23 mai 2006 de Kidal, Ménaka et Tessalit selon les modalités arrêtées dans le présent accord ».
Pourquoi l’Algérie, la Communauté internationale n’a jamais exigé à ce que les rebelles rendent toutes les armes volées dans les camps militaires lors des attaques du 23 mai.
Pour ce qui concerne la protection des rebelles, le passage qui y est consacré frise à la limite le ridicule et n’a rien à envier aux mesures ségrégationnistes qu’on voit sous d’autres cieux. Il parle de « Gestion avec discernement des officiers, sous-officiers et hommes de rang qui ont quitté leurs unités d’origine pendant les événements du 23 mai 2006, en les intégrant si besoin dans les unités spéciales de sécurité, en mettant à contribution la structure de leurs situations administratives, financières et de carrière, ainsi que leur participation aux opérations de maintien de la paix ».
On se demande encore aujourd’hui comment le Mali a pu signer un tel document, qui prouve à suffisance que l’intérêt de ceux qui se battent contre lui aujourd’hui n’est que financier. Sinon, pourquoi insister sur les opérations de maintien de la paix ? On le sait, ce sont ces missions qui paient bien. Et les militaires se battent pour y participer.
Ce n’est pas tout, on parle aussi de la « Création d’un fonds de développement et de réinsertion socio-économique des populations civiles, notamment les jeunes touchés par les événements du 23 mai 2006 sans exclusion de tous les autres jeunes de la région de Kidal, sous le contrôle du conseil régional provisoire de coordination et de suivi. Le conseil sera en outre largement consulté sur le choix du gestionnaire de ce fonds »
De bout en bout, ces accords d’Alger nous démontrent la vraie face de ceux à qui on a à faire, à savoir des individus intéressés simplement par l’argent, le gain facile. Et qui ont trouvé en l’Algérie un complice idéal et en le Mali un Etat faible, avec des autorités pas suffisamment inquiets de l’avenir du pays et des conséquences de leurs actes.
 

Parce que finalement, tout ça a abouti à quoi ? Des personnes se sont enrichies, le pays a été divisé et elle peine encore à sortir de la crise. Malheureusement, on n’est pas loin de signer un document similaire. Un accord qui pourrait consacrer la division du Mali définitivement. Dieu nous en garde !
 Makan Koné
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Mali : Le MNLA refuse que ceux qui n’ont pas combattu participent aux négociations

Mali : Le MNLA refuse que ceux qui n’ont pas combattu participent aux négociations

Mali : Le MNLA refuse que ceux qui n’ont pas combattu participent aux négociations

mnla mohamed djeri maigaLes groupes armés du nord du Mali ont poursuivi hier leurs discussions avec les autorités de Bamako.

Organisés à huis clos à la résidence El Mithak, à Alger, les débats avaient pour objectif que chaque partie présente ses propositions de feuille de route : dates et durée des discussions, thématiques des négociations, organisations des négociations, ou encore rôle des médiateurs. Dans la matinée, les autorités maliennes ont rencontré trois groupes armés, le MNLA, le MAA et le HCUA, accompagnés de représentants des pays de la région (Niger, Burkina Faso, Mauritanie, Tchad) et des organisations internationales (ONU, Union africaine, Union européenne, Organisation de la conférence islamique).

Les trois groupes armés ont présenté une proposition de feuille de route. Ils estiment, pour commencer, que les interlocuteurs doivent être ceux qui ont pris les armes, ceux qu’ils nomment belligérants : «Il convient de définir ce que  la communauté internationale et chacune des parties entendent par ce concept (de dialogue inclusif) en relation avec un conflit armé opposant un Etat et des mouvements de libération, en opposition avec n’importe quel autre type de conflit, social, par exemple.» Cette exigence signifie en fait qu’ils refusent de considérer les trois autres groupes du Nord invités par Alger comme des interlocuteurs dans ces négociations, car ces derniers n’ont pas combattu au début du conflit en 2012. C’est cet aspect qui avait déjà bloqué les discussions de mercredi.

9 mois

Dans ce document, les groupes de l’Azawad proposent une période de négociations en 4 phases, d’une durée totale de 9 mois, qui auraient lieu «dans un pays neutre». La première partie de ce processus serait un mois consacré à un accord sur les mesures de préparation aux discussions comme le respect du cessez-le-feu et la libération de prisonniers, toujours détenus dans le cadre de ce conflit depuis les accords de Ouagadougou.

Enfin, le MNLA, le HCUA et le MAA estiment que les négociations doivent se dérouler en commission plénière et également sous forme de commission thématique. Si, face à eux, les diplomates de la région présentent également leurs propositions, dont la participation aux négociations des 6 groupes armés, Bamako n’a en revanche pas fait part de son projet de feuille de route, un projet qui existe pourtant. «On ne comprend pas ce que veulent les autorités maliennes», s’interroge un diplomate.

A 15h, c’est au tour des trois autres groupes armés – la CPA, le MAA d’Ahmed Ould Sidi Mohamed, et la Coordination des mouvements et forces patriotiques de résistance – de se rendre à Djenane El Mithak pour discuter avec les autorités maliennes et la communauté internationale.

Selon nos informations, ces groupes demandent également le respect de préalables avant la tenue des négociations, comme la libération des prisonniers, la libre circulation des personnes et des biens ou encore la mise en place d’une enquête internationale, comme prévu par l’accord de Ouagadougou.

Leïla Beratto

El Watan
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