vendredi 9 août 2013

Portrait : le socialiste IBK au seuil du palais de Koulouba | Humanite

Portrait : le socialiste IBK au seuil du palais de Koulouba | Humanite
Mali, envoyée spéciale. Ibrahim Boubacar Keïta a longtemps cheminé dans l’ombre d’Alpha Oumar Konaré, élu président après la chute de la dictature en 1992.
Pur produit du sérail politique malien, Ibrahim Boubacar Keïta a su, à la faveur de la crise que traverse le pays, se poser en « homme de la situation » et susciter un véritable engouement populaire. Ce social-démocrate, qui a fait ses premières armes politiques à l’extrême gauche, dans l’ébullition anticolonialiste de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), a longtemps cheminé dans l’ombre d’Alpha Oumar Konaré, élu président après la chute de la dictature en 1992. D’abord conseiller diplomatique, puis ambassadeur en Côte d’Ivoire, IBK devient ministre des Affaires étrangères en 1993, puis chef du gouvernement de 1994 à 2000. C’est à ce poste qu’il se taille une réputation d’homme à poigne, en réprimant la contestation sociale et le mouvement étudiant, allant jusqu’à décréter une année blanche dans les établissements scolaires.
IBK, comme on le surnomme, est-il un dauphin contrarié ? En 2002, celui qui apparaissait jusque-là comme le successeur naturel de Konaré se voit refuser l’investiture du parti au pouvoir, l’Adema. Il fonde alors son parti, le Rassemblement pour le Mali, mais il est supplanté par le militaire Amadou Toumani Touré (ATT). En 2007, les ambitions d’IBK sont encore douchées. Il se fait alors discret, engage son parti dans une participation minimale au régime d’ATT, soigne ses rares interventions pour mettre en scène sa distance. Lorsque, le 22 mars 2012, un coup d’État militaire renverse ATT, il condamne, mais affiche sa « compréhension » à l’endroit d’une armée « humiliée ». « Nos soldats ont assisté impuissants à la conquête d’une partie du pays, faute de moyens pour combattre. Ils en ont ressenti une grande souffrance », nous confiait-il alors. Affable, habile jusqu’à l’ambiguïté, il a su ratisser large, en affichant des principes – « honneur », « dignité » – plutôt que des réponses politiques.
Ses adversaires pointent le soutien à peine voilé que lui apportent des figures du wahhabisme comme le président du Haut Conseil islamique, Mahmoud Dicko ? À soixante-huit ans, celui que l’on surnomme aussi « Ladji » depuis son pèlerinage à La Mecque se plaît à laisser dire sur sa réputation de bon vivant. Son concurrent, l’économiste Soumaïla Cissé, l’accuse d’être mauvais gestionnaire ? Ce littéraire répond que sa priorité est la « réconciliation ». « Je ramènerai la paix et la sécurité. Je renouerai le dialogue entre tous les fils de notre nation », promet-il, en cultivant des accents gaulliens. Cet homme du Sud, originaire du Mandé, « est un républicain qui refuse toute lecture ethnico-régionaliste des événements », assure un Touareg opposé à la partition du pays. L’altermondialiste Aminata Traoré, qui fut ministre de la Culture dans son gouvernement, se dit convaincue de « ses capacités d’écoute » et de son attachement à des valeurs de gauche.
Lors d’un récent séjour à Paris, IBK a demandé à un ami français de lui procurer la Chinoise, de Jean-Luc Godard. Le petit livre rouge n’est plus depuis longtemps sa bible, mais IBK reste un cinéphile averti.
R. M.

mardi 6 août 2013

TV5MONDE : actualites : Mali: manifestation de partisans de la rébellion touareg à Kidal

TV5MONDE : actualites : Mali: manifestation de partisans de la rébellion touareg à Kidal

Bamako (AFP) - 06.08.2013 11:31

Une centaine de partisans de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), ont manifesté mardi dans leur fief de Kidal (nord-est du Mali) pour exiger la libération de combattants du MNLA détenus à Bamako.
voir le zoom : Un homme touareg porte le drapeau de la rébellion touareg du MLNA, le 28 juillet 2013 à KidalUn homme touareg porte le drapeau de la rébellion touareg du MLNA, le 28 juillet 2013 à Kidal
afp.com - Kenzo Tribouillard
Une centaine de partisans de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), ont manifesté mardi dans leur fief de Kidal (nord-est du Mali) pour exiger la libération de combattants du MNLA détenus à Bamako.
afp.com - Kenzo Tribouillard
Une centaine de partisans de la rébellion touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), ont manifesté mardi dans leur fief de Kidal (nord-est du Mali) pour exiger la libération de combattants du MNLA détenus à Bamako, a appris l'AFP auprès de témoins.
"Nous marchons aujourd'hui pour demander que le Mali libère les combattants touareg du MNLA emprisonnés à Bamako. Les accords de Ouagadougou prévoient ces libérations", a déclaré à l'AFP, Moussa Ag Mohamed, un jeune habitant de Kidal.
L'accord de Ouagadougou signé le 18 juin entre le gouvernement malien de transition et la rébellion touareg a permis le cantonnement de combattants du MNLA dans la ville et le retour début juillet de soldats maliens à Kidal, occupée depuis février par les rebelles.
Il prévoit aussi des "mesures de confiance", dont la libération de personnes "détenues du fait du conflit".
Les manifestants ont également réclamé le départ de la ville des hommes du colonel El Hadj Ag Gamou, officier touareg de l'armée malienne. Lui et les soldats de son unité sont considérés comme "des traîtres" par le MNLA.
Parmi les manifestants, certains criaient "Vive l'Azawad!" (nom donné par les Touareg au nord du Mali) , d'autres scandaient "El Hadj Gamou, dehors" ou bien "Libérez nos prisonniers politiques", selon des témoins interrogés au téléphone depuis Bamako.
Le drapeau de l'Azawad était également visible parmi les manifestants, selon une source africaine de la mission de l'ONU au Mali (Minusma), présente à Kidal aux côtés de l'armée malienne et de soldats français de l'opération Serval.
Cette manifestation intervient à cinq jours du second tour de la présidentielle au Mali prévu dimanche. En dépit des craintes, le premier tour s'était tenu le 28 juillet sans incidents à Kidal comme dans le reste du territoire malien.
Mais le taux de participation y a été très faible (12%) contre 51,5% sur le plan national.

Mali 2013. « Vive la démocratie… ! » - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali 2013. « Vive la démocratie… ! » - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
lundi 5 août 2013

Le Mali est devenu un calendrier. Et il va falloir changer le nom des artères de Bamako. Rue du 22 mars (coup d’Etat contre Amadou Toumani Touré), boulevard du 11 janvier (intervention militaire française), avenue du 28 juillet (présidentielle)… A Kidal, il faudrait une allée du 18 juin (signature de l’accord de Ouagadougou). Les dates marquantes ne manquent pas tant l’histoire de la République du Mali au cours de la période 2012-2013 aura été mouvementée. Et surréelle.Il aura fallu un peu plus d’un an, un coup d’Etat militaire, l’occupation de plus de la moitié du territoire national par des groupes « terroristes », une intervention militaire étrangère, deux missions onusiennes et une flopée de « représentants spéciaux pour le Mali » avant que ce pays ne soit capable d’organiser, en quelques semaines, une élection présidentielle prévue… mi- 2012 et dont le premier tour s’est déroulé de manière remarquable, au sens littéral du terme. De quoi faire honte à ces pays d’Afrique qui connaissent des difficultés considérables pour tenir leur calendrier électoral (Togo, Guinée, Guinée Bissau…).
Incroyable. D’autant plus qu’on a frôlé le pire avec les déclarations intempestives, et provocatrices, du colonel Moussa Sinko Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale, qui avait cru voir dès les premiers résultats très partiels du premier tour qu’il n’y en aurait pas de second. Les militaires maliens, décidemment, ne sont pas plus doués en mathématique qu’en stratégie. Mais il est vrai que leur patron, le capitaine Amadou Haya Sanogo, n’a jamais été que prof d’anglais.
Election présidentielle, donc, le dimanche 28 juillet 2013. Sans accrocs majeurs. Même la participation a été au rendez-vous : plus de 51 %. Inédit au Mali, disent les commentateurs, pour une présidentielle. Les premières tendances annonceront qu’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) est en tête du scrutin. Ce qui ne pouvait surprendre : il en est le favori. Ses partisans vont mettre la pression dans la rue au cri de « takokélé ». Ce qui poussera le colonel Coulibaly à en rajouter : il proclamera quasi officiellement qu’il ne devrait pas y avoir de deuxième tour. C’est qu’IBK est le candidat le plus proche d’une junte qu’il a pris soin de ménager.
Coup de sang des autres candidats qui vont se mobiliser pour dénoncer l’ingérence du ministre dans le processus électoral et réclamer sa démission. Du même coup, voilà que ce matin, vendredi 2 août 2013, Coulibaly, sans honte et sans commentaire*, annonce enfin les résultats du premier tour : IBK devant Soumaïla Cissé, Dramane Dembélé, Modibo Sidibé. A eux quatre, ils représentent près de 75 % des voix. Soit seulement 25 % pour les 23 autres candidats ; des miettes pour chacun ! Cheick Modibo Diarra, premier ministre de la transition avant d’être dégagé en touche par Sanogo (cf. LDD Mali 055/Jeudi 13 décembre 2012), dépasse à peine les 2 % !
IBK est devant Cissé, avec vingt points d’avance (en gros 40 % des suffrages contre 20 %). Mais ne passe pas la barre des 50 %, ce qui est une bonne chose pour la démocratie malienne. Même si un président incontestable vaut mieux (dans la configuration qui est celle du Mali aujourd’hui) qu’un président contesté. Mais n’anticipons pas : si Cissé a d’ores et déjà évoqué un « bourrage des urnes » pour le premier tour, il faut désormais attendre le second pour que cela porte à conséquence. Nous aurons donc, le dimanche 11 août 2013 (une autre date pour une autre avenue) un second tour qui opposera IBK et Cissé. Rien d’exceptionnel. Ils sont l’un et l’autre des hommes politiques d’envergure et d’expérience. IBK est l’homme du Sud et Cissé l’homme du Nord. Mais, là encore, cela ne veut rien dire : leurs épouses sont dans la relation inverse.
Ce carré d’as pense détenir les clés de la « démocratie » malienne. Si le premier tour de la présidentielle était ouvert, le second l’est tout autant malgré l’avance d’IBK. Certains commentateurs imaginent un scénario à la sénégalaise ou à la guinéenne : une coalition contre le candidat en tête au premier tour. Sauf qu’IBK n’est pas Abdoulaye Wade (qui avait tripatouillé la Constitution pour tenter un mandat de plus) ni Cellou Dalein Diallo (victime du « Tout sauf les Peuls »). IBK a contre lui, en stricte mathématique électorale, d’être largement en tête. Aucun des autres candidats significatifs n’est en mesure d’être celui qui le « fera roi ». Dembélé fait moins de 10 % des voix et Sidibé moins de 5 %. Il faudrait un front « TSI » (« Tout sauf IBK ») pour retourner la tendance. Qui serait un démarquage du « Front du refus » (Front pour la sauvegarde de la démocratie et la République, le FDR, créé le 24 mars 2012) qui s’était coalisé contre la junte.
On sait l’ambiguë proximité d’IBK avec elle tandis que Cissé, lui, en avait subi les outrages physiques. Mais le « Front du refus » n’est plus d’actualité dès lors que le paysage politique est en recomposition. L’ADEMA, qui a été au pouvoir au cours des deux décennies passées, est sûre de le perdre. Non sans vendre très cher sa peau. Sauf que si Dembélé semble basculer du côté d’IBK, l’ADEMA, le parti dont il était le candidat, resterait fidèle à son engagement au sein du « Front du refus ». Logique dès lors que la junte a mis à terre ATT dont l’action était soutenue par l’ADEMA.
L’essentiel est dans le taux de participation : plus de 51 %. C’était l’inconnue du scrutin et les commentateurs pensaient que la disqualification de la classe politique en 2012 allait conduire les électeurs à bouder les urnes. Plus encore, compte tenu de la précipitation avec laquelle tout cela avait été organisé et du nombre élevé de candidats (y compris ceux qui étaient susceptibles d’accéder à un second tour). La situation est décantée, la sécurité du premier tour laisse espérer que le second tour, lui aussi, se déroulera sans accrocs, les deux hommes encore en course sont bien connus des Maliens, même si la notoriété d’IBK est supérieure à celle de Cissé. Le second tour n’est pas un affrontement entre « appareils » politiques ; c’est celui de deux hommes qui ont, chacun, leur parcours et leur personnalité. Schématiquement, IBK est un « homme politique » dans la tradition africaine : un notable aux allures de notable ; tandis que Cissé serait l’archétype du « technocrate », reconnu comme une « élite » ouest-africaine dès lors qu’il s’est illustré, durablement, à la tête de la Commission de l’UEMOA. Si IBK peut, justement, compter sur ses connexions politiques « classiques » (il a présidé l’Assemblée nationale et son parti, le RPM, est membre de l’Internationale socialiste), Cissé appartient à un réseau d’influence ancré dans cette « modernité » qui a pour nom « mondialisation » et pour crédo « l’émergence ».
Politicien madré, IBK sait qu’il faut s’allier avec le diable quand on a le dos au mur. Pragmatisme politique au mieux ; opportunisme au pire. Il l’a prouvé avec la junte. Cissé, volontariste en économie, est plus dogmatique en politique ; à l’exemple d’un Alassane D. Ouattara en Côte d’Ivoire, sa flexibilité par rapport aux principes n’ira pas jusqu’compromis. A l’instar de ce dernier, les « ambiances délétères » de la nébuleuse politique l’insupportent : il ne comprend pas qu’on ne… comprenne pas que les lois de l’économie sont plus fortes que les lois de l’Histoire. Il reste huit jours avant le deuxième tour. L’occasion pour les deux hommes de préciser comment ils entendent mettre en œuvre l’accord de Ouagadougou qui est la feuille de route et un « programme minimum ». Mais aussi de prendre date avec les acteurs de la scène politique malienne, régionale et internationale (Ouaga, Abidjan sans oublier Paris, Bruxelles et New York). Quid des relations avec l’actuel gouvernement de transition et particulièrement l’homme qui l’a menée à son terme : Dioncounda Traoré ? Quid avec les militaires, notamment ceux de la junte ? Quid avec les groupuscules touareg ? Encore beaucoup d’inconnues ! Trop d’inconnues avant de pouvoir crier, au Mali : « Vive la démocratie ».
* Le colonel Moussa Sinko Coulibaly, ministre de l’Administration territoriale, ex-directeur de cabinet du capitaine Amadou Haya Sanogo lorsque celui-ci se prenait pour un chef d’Etat, a donné les scores de chacun des candidats sans établir de hiérarchie et sans annoncer qu’il y aurait un second tour et que les protagonistes en seraient IBK et Soumaïla Cissé.
Jean-Pierre BEJOT
LA Dépêche Diplomatique

vendredi 5 juillet 2013

Mali: entrée "pacifique" à Kidal de 150 soldats maliens - Le Nouvel Observateur

Mali: entrée "pacifique" à Kidal de 150 soldats maliens - Le Nouvel Observateur
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Quelque 150 soldats maliens sont entrés vendredi de manière "pacifique" dans la ville de Kidal (nord-est du Mali) jusqu'alors occupée par la rébellion touareg, a annoncé à l'AFP le porte-parole de l'armée malienne.
(c) Afp
Quelque 150 soldats maliens sont entrés vendredi de manière "pacifique" dans la ville de Kidal (nord-est du Mali) jusqu'alors occupée par la rébellion touareg, a annoncé à l'AFP le porte-parole de l'armée malienne. (c) Afp
Bamako (AFP) - Quelque 150 soldats maliens sont entrés vendredi de manière "pacifique" dans la ville de Kidal (nord-est du Mali) jusqu'alors occupée par la rébellion touareg, a annoncé à l'AFP le porte-parole de l'armée malienne.
"Notre armée est arrivée a Kidal. C'est une arrivée pacifique, coordonnée et tout se passe bien. Il y a plus de 150 éléments de l'armée" à Kidal, a déclaré le porte-parole, le lieutenant-colonel Souleymane Maiga

Macky Sall :  » Il est inacceptable d’appeler des soldats européens pour régler nos problèmes » | Mali Actualités

Macky Sall :  » Il est inacceptable d’appeler des soldats européens pour régler nos problèmes » | Mali Actualités

Des représentants de l'Azawad sollicitent l'appui de l'Algérie pour leur statut - APS : Algérie Presse Service

Des représentants de l'Azawad sollicitent l'appui de l'Algérie pour leur statut - APS : Algérie Presse Service


ALGER - Des représentants de l’Azawad ont sollicité, jeudi à Alger, l’appui de l’Algérie dans leur démarche pour la définition de leurs statuts politique et juridique, après l’élection présidentielle au Mali, prévue le 28 juillet.

S’exprimant lors d’une rencontre organisée par le Réseau algérien des Amis du peuple malien, le vice-président du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), Mohamed Jiri Maiga, a souligné avec force le rôle "crucial" que jouerait l’Algérie dans les discussions sur l’avenir de l’Azawad après la présidentielle.

"Il faut faire intervenir l’Algérie pour une participation active et une assistance, afin de discuter le fond du problème de l’Azawad. Pour nous, l’Algérie est une puissance et elle a un rôle crucial à jouer dans les discussions sur le statut qui nous sera donné", a relevé M. Maiga.

Appelant à un "dialogue inclusif" pour aboutir à une "solution définitive" à la crise au Mali et rappelant l’engagement de l’Azawad pour le respect de l’intégrité territoriale et de l’unité de ce pays frontalier, l’orateur a insisté sur la contribution algérienne pour aboutir à un "accord définitif" sur les statuts politique et juridique de l’Azawad, et, par conséquent, éviter d’autres rebellions à l’avenir.

Pour étayer ses propos, M. Maiga a expliqué que "l’Algérie, sans s’ingérer dans les affaires internes du Mali, a été le témoin de tous les accords signés visant à garantir la paix, la sécurité et la stabilité au pays, notamment, au nord, et même des défaillances du pouvoir central de Bamako en terme d’application".

A cet égard, le chargé des relations extérieures du MNLA, Ibrahim Ag Mohamed Salah, a rappelé que "l’Algérie a été accusée d’être derrière la rébellion au nord du Mali par Bamako alors qu’elle a toujours oeuvré avec neutralité pour trouver des solutions définitives aux problèmes d’ordre administratif, politique, économique et sécuritaire de la région".

"Nous demandons à l’Algérie d’accorder une attention particulière et d’accompagner la politique et la démarche des Azawad pour avancer dans leur projet de société et dans les prochaines discussions sur la question, après l’installation des nouvelles autorités légitimes issues de la présidentielle du 28 juillet", a-t-il dit.

Déplorant que la situation d’instabilité dans la région en a fait un "terreau du terrorisme international, du crime organisé et du trafic de drogues", l’orateur a, par ailleurs, insisté que "la rébellion de l’Azawad n’était pas une rébellion touareg" mais "elle comportait toutes les composantes de la région".

A ce propos, le vice-président du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), Alghabass Ag Intalla, a précisé que "les touareg sont des hommes de paix et pas des va-t-en guerre", ajoutant qu’ils aspirent, eux aussi, au rétablissement de la paix et de la sécurité dans le nord du Mali et dans l’ensemble du pays.

Par ailleurs, les participants à cette rencontre ont appelé à créer des passerelles de communication entre les sociétés civiles de l’Algérie et du Mali pour contribuer, aux côtés des politiques, à la résolution de la crise et pour le retour des réfugiés maliens, internes et externes, à leurs villes natales.

La rencontre entre les représentants de la société civile algérienne et des délégations du MNLA et du HCUA intervient après la conférence de solidarité avec le peuple malien qui s’est tenue du 16 au 17 juin dernier à Alger, sans la participation de représentants de l’Azawad, selon les organisateurs

Le Mali sur les Champs - Les blogs du Diplo

Le Mali sur les Champs - Les blogs du Diplo
Le défilé militaire du 14 juillet, sur les Champs Elysées, à Paris, comportera en ouverture une « séquence malienne » – genre triomphe à la romaine, et légions auréolées de leur victoire – avec en tête un détachement des forces armées maliennes, suivi par des contingents africains intervenus au Mali, et des unités françaises de l’opération Serval. Le gouvernement français, qui manque de motifs de réjouissance, ne cesse de capitaliser sur la réussite de son opération dans les sables du Mali …
« Grand succès », se pavane Laurent Fabius, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU vient d’autoriser la création, à partir du 1er juillet, de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), que Paris considère comme sa seconde grande victoire.
Le ministre des affaires étrangères dressait mercredi dernier le bilan de l’opération française dans un des salons pesamment rococos du Quai d’Orsay, en compagnie de son collègue de la défense Jean-Yves Le Drian, devant une phalange de petits messieurs bien mis des cabinets : « La France peut être fière… La sécurité est assurée… L’intégrité territoriale du Mali est rétablie… Le drapeau national flotte partout… Un accord a été conclu avec les touaregs du MNLA… Des fonds ont été réunis pour relancer l’activité dans le pays… Une élection va avoir lieu… ».
Et de détailler :
- les huit millions de cartes d’identité électorale déjà imprimées – « par une firme française ! » – et en cours d’acheminement dans le pays, y compris au nord ;
- les vingt-cinq points de l’accord entre le gouvernement malien et le MNLA le 18 juin dernier, et déjà les premiers éléments militaires africains et maliens qui abordent Kidal ;
- les 3 milliards d’Euros de financement promis (dont 280 millions de la France à titre bilatéral, 580 de l’Union européenne – engagée dans la formation de plusieurs bataillons de l’armée malienne, etc.).

Ave, grand facilitateur Retour à la table des matières

Avec le collègue de la défense, c’était un peu « Embrassons-nous, Folleville » : « Nos militaires ont été magnifiques … Nos deux maisons ont travaillé la main dans la main… », se félicite le maître du Quai. Le Drian, de son côté, en rajoute sur :
- la capacité des militaires français à traduire rapidement en opération les directives données par le pouvoir politique, et à « entrer en premier », avec un effet d’entraînement sur les Africains et les Européens (« C’est notre rôle d’initiateur, de facilitateur ») ;
- la chance de pouvoir disposer de forces aguerries, à la fois bien entraînées et courageuses (six morts, une trentaine de blessés), et d’une technologie avancée (« une armée moderne ») ;
- les « différentes familles de « terroristes » désorganisées, voire explosées », (avec notamment trois cent tonnes d’armes saisies), la seule véritable menace restant « la possibilité d’attentats-suicides » ;
- des effectifs militaires français (dont des forces « spéciales ») restant basés tout autour – à Ouagadougou (Burkina), N’Djamena (Tchad), Niamey (Niger) pour réagir en cas de besoin (mais le ministre refuse d’en préciser le niveau) ;
- le changement de mission et de patronyme pour l’opération qui succède à Serval au Mali : elle s’appellera « Désert », avec un effectif ramené à moins d’un millier d’hommes à la fin de l’année, et la mission d’une force d’action rapide articulée à la MINUSMA en cas de besoin (NDLR : selon le modèle « Licorne » en Côte d’Ivoire) ;
- le déploiement à partir du 1er juillet des casques bleus, dont le commandement a été confié au général major Jean-Bosco Kazura, un Rwandais ;
- la formation par la mission EUTM de l’Union européenne (NDLR : mais en fait assez largement française, là aussi) d’un premier bataillon de la nouvelle armée malienne, sur les quatre programmés.

Urgence et cohérence Retour à la table des matières

Les militaires eux-mêmes sont ravis. Le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, se félicitait – en marge du Salon aéronautique du Bourget, la semaine dernière – de ce que, sur le plan aérien, l’opération Serval ait été menée pour la première fois sous contrôle opérationnel entier de la France, à partir de son centre de commandement de Lyon, en coordination avec les moyens de sept pays alliés. Et qu’elle ait permis de mettre en œuvre en un temps record – « dans l’urgence et la cohérence » , a-t-il insisté – l’ensemble des savoir-faire de l’armée de l’air : frappes et appui de la chasse ; commandos ; parachutages ; prises d’assaut ; hélicoptères de combat ; transports de tous types, etc.
L’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées, entendu par la commission de défense de l’Assemblée nationale, le 22 mai dernier, avait dévoilé pour la première fois les directives issues des conseils restreints de défense du début janvier : « Stopper l’offensive vers Bamako et ainsi préserver l’existence d’un Etat malien ; détruire – ce qui signifie en langage militaire neutraliser 60 % des forces ennemies – et désorganiser la nébuleuse terroriste ; aider au rétablissement de l’intégrité et l’unité territoriales du Mali ; enfin, rechercher les otages, les nôtres en particulier. »

Dommages collatéraux Retour à la table des matières

Mission accomplie pour l’amiral, les militaires français ayant su, selon lui, relever une série de défis :
- Le temps, avec une offensive fulgurante, à une cadence extrêmement rapide : « Nous avons toujours conservé l’initiative sur l’adversaire ; nous avons pu reprendre leurs principaux points stratégiques avant la saison chaude, évitant ainsi l’enlisement que prédisaient certains ».
- L’espace : Bamako se trouve à quatre mille kilomètres de Paris ; le Mali est immense (la distance Bamako-Gao équivaut à un Paris-Brest, mais, sans voie ferrée ni autoroute et par plus de 40 degrés).
- Le climat : les combats de l’Adrar ont été livrés par une température de 45° ; chargé de trente kilos, chaque homme avait besoin de dix litres d’eau par jour ( soit 20 tonnes quotidiennes pour deux mille hommes, acheminées par deux avions C-130.) « Nos soldats ont tenu, non seulement parce qu’ils étaient bien entraînés, mais aussi parce que nous avons pu relever ce défi logistique ».
- Le tout avec des progrès notables dans l’intégration interarmées jusqu’à un niveau élémentaire (opérations combinées), un partage du renseignement « inter-agences » devenu plus fluide (« aussi bien entre les services français qu’avec les organismes des alliés »). Et un processus de ciblage plus efficace, avec « absence de dommages collatéraux » .

Souvenirs de « colo » Retour à la table des matières

En fait, il n’y a pas tant de raisons de pavoiser.
- Cette équipée malienne était surtout une vaste opération de police, ou de commando, pour défaire des maquis dispersés de quelques centaines d’hommes au total, avec un seul affrontement réel (dans le massif des Ifoghas, près de la frontière algérienne, en avril). C’est bien sûr – même compte tenu de l’éloignement, du climat, etc. – à la mesure des moyens et de capacités de l’armée française, forte de ses traditions africaines (souvenir de la « colo »), et aguerrie par ses dernières dix années de crapahutage en Afghanistan !
- Pour enlever le morceau, il a pourtant fallu compter sur les Européens (qui ont assuré un tiers du transport stratégique et tactique de fret), et sur les Américains (qui ont fourni la moitié des capacités de ravitaillement aérien, et une bonne part du renseignement). L’armée française a un déficit criant en matière d’hélicoptères de manœuvre, de drones, de transport tactique, etc.
- En fait, l’opération a mis en relief le relatif isolement de Paris, la défection de la plupart des ses partenaires européens [1] ayant renvoyé à l’habituel schéma de la France « gendarme de l’Afrique », même si on peut soutenir aussi qu’en prenant sur elle de conduire le « nettoyage » du nord du Mali, et en entraînant à sa suite les Etats africains de la région, puis l’ONU, la France a exécuté une tâche de salut public [2].
- Tout cela illustrant les limites de la « mutualisation » des capacités européennes, souvent présentée comme la solution pour pallier le manque de ressources des armées nationales, mais qui – l’opération au Mali vient encore de le prouver – ne peut concerner que des moyens non susceptibles d’être engagés dans des combats, afin d’éviter qu’il y ait des règles d’engagement contradictoires, de multiples chaînes de commandement qui rendraient l’action dangereuse, voire impossible.

Priorité aux civils Retour à la table des matières

En outre, alors que l’amiral Guillaud s’est félicité, devant la commission de défense le 22 mai dernier – comme il l’avait fait à propos de l’opération Harmattan de 2011 –, que « le processus décisionnel politico-militaire français ait été aussi réactif, grâce à une chaîne aussi courte que possible », gage de réussite d’une opération, la conduite de l’offensive au Mali a donné lieu en coulisse à une « gueguerre », cette fois entre Le Drian et « ses » militaires, qui prenaient trop leurs aises à son gré.
Jean-Dominique Merchet, dans son blog « Secret défense », rapporte que « lors du Mali, Jean-Yves Le Drian a ainsi appelé directement François Hollande pour lui demander que le général Puga, chef d’état-major particulier, cesse de donner des ordres directs au général Castres (sous-chef ops) par-dessus la tête du ministre et du Cema. C’est à partir de ce moment là que des réunions quotidiennes ont réuni les grands chefs dans le bureau du directeur de cabinet du ministre. Selon le vieux principe de Cicéron : “Cedant arma togae”, les armes cèdent à la toge – c’est-à-dire que les militaires obéissent aux civils ». En application de ce retour aux bons vieux principes, les directions des ressources humaines et des affaires internationales devraient échapper désormais à l’état-major général, et dépendre directement du ministre civil.
Pour les uns et les autres, en tout cas, la suite est évidente : « La sécurité de l’Europe se joue au Sahel », répète Le Drian. Maintenant, « il faut penser Sahel », renchérit Guillaud, pour qui « nous devons et pouvons faire prospérer la forte capacité d’influence que la France conserve en Afrique ». Tandis que Fabius, qui met l’accent sur la reconstruction du Mali et le renforcement de la sécurité chez ses voisins, assure qu’« après avoir contribué à remporter la guerre, la France doit gagner la paix ».
Tous pointent aujourd’hui le « danger libyen », et se prétendent « attentifs ». Mais, pour le coup, paraissent bien désarmés…

Notes

[1] Aucun pays européen n’a envoyé de troupes au sol.
[2] On en trouve un indice, par exemple, dans les propos du président sénégalais Macky Sall, qui vient de reçevoir Barack Obama à Dakar. Et qui ne cesse de déclarer sa flamme à Paris, après l’équipée malienne : « Je ne remercierai jamais assez la France pour son engagement en faveur du Mali… Grâce à Dieu et à cette intervention, cet appareil terroriste, qui devait déstabiliser toute la zone sahélienne, a été déréglé… Je récuse le terme « imposer » à propos de la tenue de l’élection présidentielle au Mali… », confiait-il au JDD, le 23 juin dernier. L’insistance mise par les dirigeants français, notamment MM. Hollande et Fabius, à exiger de l’exécutif transitoire malien qu’il organise une élection présidentielle le 28 juillet prochain, avait été considérée par certains comme une pression excessive, ramenant aux pratiques de la « Françafrique ».

Le Mali sur les Champs - Les blogs du Diplo

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Le défilé militaire du 14 juillet, sur les Champs Elysées, à Paris, comportera en ouverture une « séquence malienne » – genre triomphe à la romaine, et légions auréolées de leur victoire – avec en tête un détachement des forces armées maliennes, suivi par des contingents africains intervenus au Mali, et des unités françaises de l’opération Serval. Le gouvernement français, qui manque de motifs de réjouissance, ne cesse de capitaliser sur la réussite de son opération dans les sables du Mali …
« Grand succès », se pavane Laurent Fabius, alors que le Conseil de sécurité de l’ONU vient d’autoriser la création, à partir du 1er juillet, de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), que Paris considère comme sa seconde grande victoire.
Le ministre des affaires étrangères dressait mercredi dernier le bilan de l’opération française dans un des salons pesamment rococos du Quai d’Orsay, en compagnie de son collègue de la défense Jean-Yves Le Drian, devant une phalange de petits messieurs bien mis des cabinets : « La France peut être fière… La sécurité est assurée… L’intégrité territoriale du Mali est rétablie… Le drapeau national flotte partout… Un accord a été conclu avec les touaregs du MNLA… Des fonds ont été réunis pour relancer l’activité dans le pays… Une élection va avoir lieu… ».
Et de détailler :
- les huit millions de cartes d’identité électorale déjà imprimées – « par une firme française ! » – et en cours d’acheminement dans le pays, y compris au nord ;
- les vingt-cinq points de l’accord entre le gouvernement malien et le MNLA le 18 juin dernier, et déjà les premiers éléments militaires africains et maliens qui abordent Kidal ;
- les 3 milliards d’Euros de financement promis (dont 280 millions de la France à titre bilatéral, 580 de l’Union européenne – engagée dans la formation de plusieurs bataillons de l’armée malienne, etc.).

Ave, grand facilitateur Retour à la table des matières

Avec le collègue de la défense, c’était un peu « Embrassons-nous, Folleville » : « Nos militaires ont été magnifiques … Nos deux maisons ont travaillé la main dans la main… », se félicite le maître du Quai. Le Drian, de son côté, en rajoute sur :
- la capacité des militaires français à traduire rapidement en opération les directives données par le pouvoir politique, et à « entrer en premier », avec un effet d’entraînement sur les Africains et les Européens (« C’est notre rôle d’initiateur, de facilitateur ») ;
- la chance de pouvoir disposer de forces aguerries, à la fois bien entraînées et courageuses (six morts, une trentaine de blessés), et d’une technologie avancée (« une armée moderne ») ;
- les « différentes familles de « terroristes » désorganisées, voire explosées », (avec notamment trois cent tonnes d’armes saisies), la seule véritable menace restant « la possibilité d’attentats-suicides » ;
- des effectifs militaires français (dont des forces « spéciales ») restant basés tout autour – à Ouagadougou (Burkina), N’Djamena (Tchad), Niamey (Niger) pour réagir en cas de besoin (mais le ministre refuse d’en préciser le niveau) ;
- le changement de mission et de patronyme pour l’opération qui succède à Serval au Mali : elle s’appellera « Désert », avec un effectif ramené à moins d’un millier d’hommes à la fin de l’année, et la mission d’une force d’action rapide articulée à la MINUSMA en cas de besoin (NDLR : selon le modèle « Licorne » en Côte d’Ivoire) ;
- le déploiement à partir du 1er juillet des casques bleus, dont le commandement a été confié au général major Jean-Bosco Kazura, un Rwandais ;
- la formation par la mission EUTM de l’Union européenne (NDLR : mais en fait assez largement française, là aussi) d’un premier bataillon de la nouvelle armée malienne, sur les quatre programmés.

Urgence et cohérence Retour à la table des matières

Les militaires eux-mêmes sont ravis. Le général Denis Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, se félicitait – en marge du Salon aéronautique du Bourget, la semaine dernière – de ce que, sur le plan aérien, l’opération Serval ait été menée pour la première fois sous contrôle opérationnel entier de la France, à partir de son centre de commandement de Lyon, en coordination avec les moyens de sept pays alliés. Et qu’elle ait permis de mettre en œuvre en un temps record – « dans l’urgence et la cohérence » , a-t-il insisté – l’ensemble des savoir-faire de l’armée de l’air : frappes et appui de la chasse ; commandos ; parachutages ; prises d’assaut ; hélicoptères de combat ; transports de tous types, etc.
L’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées, entendu par la commission de défense de l’Assemblée nationale, le 22 mai dernier, avait dévoilé pour la première fois les directives issues des conseils restreints de défense du début janvier : « Stopper l’offensive vers Bamako et ainsi préserver l’existence d’un Etat malien ; détruire – ce qui signifie en langage militaire neutraliser 60 % des forces ennemies – et désorganiser la nébuleuse terroriste ; aider au rétablissement de l’intégrité et l’unité territoriales du Mali ; enfin, rechercher les otages, les nôtres en particulier. »

Dommages collatéraux Retour à la table des matières

Mission accomplie pour l’amiral, les militaires français ayant su, selon lui, relever une série de défis :
- Le temps, avec une offensive fulgurante, à une cadence extrêmement rapide : « Nous avons toujours conservé l’initiative sur l’adversaire ; nous avons pu reprendre leurs principaux points stratégiques avant la saison chaude, évitant ainsi l’enlisement que prédisaient certains ».
- L’espace : Bamako se trouve à quatre mille kilomètres de Paris ; le Mali est immense (la distance Bamako-Gao équivaut à un Paris-Brest, mais, sans voie ferrée ni autoroute et par plus de 40 degrés).
- Le climat : les combats de l’Adrar ont été livrés par une température de 45° ; chargé de trente kilos, chaque homme avait besoin de dix litres d’eau par jour ( soit 20 tonnes quotidiennes pour deux mille hommes, acheminées par deux avions C-130.) « Nos soldats ont tenu, non seulement parce qu’ils étaient bien entraînés, mais aussi parce que nous avons pu relever ce défi logistique ».
- Le tout avec des progrès notables dans l’intégration interarmées jusqu’à un niveau élémentaire (opérations combinées), un partage du renseignement « inter-agences » devenu plus fluide (« aussi bien entre les services français qu’avec les organismes des alliés »). Et un processus de ciblage plus efficace, avec « absence de dommages collatéraux » .

Souvenirs de « colo » Retour à la table des matières

En fait, il n’y a pas tant de raisons de pavoiser.
- Cette équipée malienne était surtout une vaste opération de police, ou de commando, pour défaire des maquis dispersés de quelques centaines d’hommes au total, avec un seul affrontement réel (dans le massif des Ifoghas, près de la frontière algérienne, en avril). C’est bien sûr – même compte tenu de l’éloignement, du climat, etc. – à la mesure des moyens et de capacités de l’armée française, forte de ses traditions africaines (souvenir de la « colo »), et aguerrie par ses dernières dix années de crapahutage en Afghanistan !
- Pour enlever le morceau, il a pourtant fallu compter sur les Européens (qui ont assuré un tiers du transport stratégique et tactique de fret), et sur les Américains (qui ont fourni la moitié des capacités de ravitaillement aérien, et une bonne part du renseignement). L’armée française a un déficit criant en matière d’hélicoptères de manœuvre, de drones, de transport tactique, etc.
- En fait, l’opération a mis en relief le relatif isolement de Paris, la défection de la plupart des ses partenaires européens [1] ayant renvoyé à l’habituel schéma de la France « gendarme de l’Afrique », même si on peut soutenir aussi qu’en prenant sur elle de conduire le « nettoyage » du nord du Mali, et en entraînant à sa suite les Etats africains de la région, puis l’ONU, la France a exécuté une tâche de salut public [2].
- Tout cela illustrant les limites de la « mutualisation » des capacités européennes, souvent présentée comme la solution pour pallier le manque de ressources des armées nationales, mais qui – l’opération au Mali vient encore de le prouver – ne peut concerner que des moyens non susceptibles d’être engagés dans des combats, afin d’éviter qu’il y ait des règles d’engagement contradictoires, de multiples chaînes de commandement qui rendraient l’action dangereuse, voire impossible.

Priorité aux civils Retour à la table des matières

En outre, alors que l’amiral Guillaud s’est félicité, devant la commission de défense le 22 mai dernier – comme il l’avait fait à propos de l’opération Harmattan de 2011 –, que « le processus décisionnel politico-militaire français ait été aussi réactif, grâce à une chaîne aussi courte que possible », gage de réussite d’une opération, la conduite de l’offensive au Mali a donné lieu en coulisse à une « gueguerre », cette fois entre Le Drian et « ses » militaires, qui prenaient trop leurs aises à son gré.
Jean-Dominique Merchet, dans son blog « Secret défense », rapporte que « lors du Mali, Jean-Yves Le Drian a ainsi appelé directement François Hollande pour lui demander que le général Puga, chef d’état-major particulier, cesse de donner des ordres directs au général Castres (sous-chef ops) par-dessus la tête du ministre et du Cema. C’est à partir de ce moment là que des réunions quotidiennes ont réuni les grands chefs dans le bureau du directeur de cabinet du ministre. Selon le vieux principe de Cicéron : “Cedant arma togae”, les armes cèdent à la toge – c’est-à-dire que les militaires obéissent aux civils ». En application de ce retour aux bons vieux principes, les directions des ressources humaines et des affaires internationales devraient échapper désormais à l’état-major général, et dépendre directement du ministre civil.
Pour les uns et les autres, en tout cas, la suite est évidente : « La sécurité de l’Europe se joue au Sahel », répète Le Drian. Maintenant, « il faut penser Sahel », renchérit Guillaud, pour qui « nous devons et pouvons faire prospérer la forte capacité d’influence que la France conserve en Afrique ». Tandis que Fabius, qui met l’accent sur la reconstruction du Mali et le renforcement de la sécurité chez ses voisins, assure qu’« après avoir contribué à remporter la guerre, la France doit gagner la paix ».
Tous pointent aujourd’hui le « danger libyen », et se prétendent « attentifs ». Mais, pour le coup, paraissent bien désarmés…

Notes

[1] Aucun pays européen n’a envoyé de troupes au sol.
[2] On en trouve un indice, par exemple, dans les propos du président sénégalais Macky Sall, qui vient de reçevoir Barack Obama à Dakar. Et qui ne cesse de déclarer sa flamme à Paris, après l’équipée malienne : « Je ne remercierai jamais assez la France pour son engagement en faveur du Mali… Grâce à Dieu et à cette intervention, cet appareil terroriste, qui devait déstabiliser toute la zone sahélienne, a été déréglé… Je récuse le terme « imposer » à propos de la tenue de l’élection présidentielle au Mali… », confiait-il au JDD, le 23 juin dernier. L’insistance mise par les dirigeants français, notamment MM. Hollande et Fabius, à exiger de l’exécutif transitoire malien qu’il organise une élection présidentielle le 28 juillet prochain, avait été considérée par certains comme une pression excessive, ramenant aux pratiques de la « Françafrique ».