lundi 16 mars 2015

Mali: La rébellion Touareg en conclave pour débattre de l'accord d'Alger ):.

Mali: La rébellion Touareg en conclave pour débattre de l'accord d'Alger ):.

Mali: La rébellion
Touareg en conclave pour débattre de l'accord d'Alger






Une réunion de la
rébellion à dominante touareg du nord du Mali a débuté, mercredi 11 mars, à
Kidal, dans l'extrême nord-est du pays, pour se prononcer sur l'accord de paix
d'Alger déjà paraphé par le gouvernement. «Des diplomates de plusieurs pays
européens à Bamako envisagent de se rendre à Kidal si la situation le permet
pour encourager à la signature de l'accord», a affirmé une source diplomatique
malienne.
La pression, déjà forte sur les rebelles pour signer ce document,
s'est intensifiée à la suite de l'attentat meurtrier du 7 mars à Bamako,
revendiqué par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar
Belmokhtar. Il a été interprété par la communauté internationale et le
gouvernement malien comme une tentative de saboter la paix.
Entre 150 et 200
personnes venues de toute la région, notamment de Mauritanie, du Niger, de Libye
et d'Algérie, en grande majorité des Touareg et leurs alliés, participaient à
ces consultations, qui devraient durer plusieurs jours, a précisé un membre du
comité d'organisation. La réunion a débuté par une lecture et un résumé de
l'accord paraphé le 1er mars à Alger par les représentants du gouvernement
malien et des groupes armés qui le soutiennent, selon la même source. La
rébellion avait demandé un «délai raisonnable» pour consulter sa base après
avoir exigé en vain des amendements à ce document, fruit de huit mois de
négociations sous l'égide de l'Algérie. Lors d'une rencontre dans la nuit de
dimanche à lundi à Niamey avec des représentants de la rébellion, le
gouvernement nigérien et le chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), Mongi
Hamdi, ont échoué à les convaincre de signer, a indiqué un participant, figure
de l'ex-rébellion touareg au Niger.

Défaut de contacts directs

Les
rebelles ont dénoncé le fait que «durant tous les mois de discussions, ils n'ont
jamais rencontré le gouvernement du Mali pour un face-à-face, c'est l'ONU qui
menait les négociations», a précisé cette source. Ils ont déploré que ce
processus aboutisse à «leur soumettre un document vide qui ne tient pas compte
des desiderata de leur peuple», estimant que «même s'ils le paraphaient
+l'accord ne tiendra pas longtemps+», a-t-on ajouté. Le texte prévoit la
création d'Assemblées régionales dotées de pouvoirs importants, élues au
suffrage universel direct, mais, comme le souhaitait Bamako, ni autonomie ni
fédéralisme.
La rébellion comprend le Mouvement national de libération de
l'Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), la Coalition
des peuples de l'Azawad (CPA) et une branche du Mouvement arabe de l'Azawad
(MAA). L'accord vise à créer les conditions d'une paix durable dans le nord du
Mali, en proie à des affrontements sanglants depuis plus de deux ans, et qui a
connu une série de rébellions des Touareg depuis les premières années
d'indépendance du pays, en 1960.
Le nord du Mali était tombé au printemps
2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été
partiellement chassés par l'opération militaire Serval, lancée à l'initiative de
la France en janvier 2013, à laquelle a succédé en août 2014 l'opération
Barkhane, dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble de la région
sahélo-saharienne. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle de
Bamako.

vendredi 13 mars 2015

Mali : La rébellion à dominante touareg au pied du mur pour signer l'accord d'Alger

Mali : La rébellion à dominante touareg au pied du mur pour signer l'accord d'Alger

l'accord d'Alger

Sous pression internationale redoublée pour faire la paix, la rébellion à dominante touareg du nord du Mali a débuté, mercredi, dans son bastion de Kidal, une réunion cruciale pour arrêter sa position sur l'accord d'Alger, déjà paraphé par le gouvernement.
Entre 150 et 200 personnes venues de toute la région, notamment de Mauritanie, du Niger, de Libye et d'Algérie, en grande majorité des Touareg et leurs alliés, participaient à ces consultations de la Coordination des mouvements de l'Azawad (Cma), qui devraient durer plusieurs jours, a précisé un membre du comité d'organisation. La réunion de Kidal, à plus de 1.500 km au nord-est de Bamako, a commencé par une lecture et un résumé de l'accord paraphé, le 1er mars, à Alger, par les représentants du gouvernement malien et des groupes armés qui le soutiennent, selon la même source sous le couvert de l'anonymat. L'accord vise à créer les conditions d'une paix durable dans le nord du Mali, en proie à des affrontements sanglants depuis plus de deux ans, et qui a connu une série de rébellions des Touareg depuis les premières années d'indépendance du pays, en 1960.
"Des diplomates de plusieurs pays européens à Bamako envisagent de se rendre à Kidal si la situation le permet pour encourager à la signature de l'accord", a, de son côté, affirmé une source diplomatique malienne. La pression déjà forte sur les rebelles pour signer ce document s'est intensifiée à la suite de l'attentat anti-occidental du 7 mars, à Bamako, revendiqué par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, qui a fait cinq morts : trois Maliens, un Français et un Belge. "La France appelle toutes les parties à soutenir ce texte et cet accord", a déclaré, mercredi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, rappelant qu'il "reste à convaincre un certain nombre de groupes du Nord".
"C'est précisément au moment où la paix est à portée de main que les terroristes veulent la mettre à bas", a-t-il répété devant l'Assemblée nationale.
AFP

Que le MNLA se fasse donc hara-kiri !

maliweb.net - En un mot: Que le MNLA se fasse donc hara-kiri !

hara-kiri !

Decrease Font SizeIncrease Font SizeTaille PoliceImprimer
Dramane Alou Koné
Dramane Alou Koné
Comme on pouvait s’y attendre, le MNLA et ses alliés vont trahir leur engagement à respecter le futur accord même s’ils venaient à le signer. Comme pour préparer l’opinion nationale et internationale, ils ont commencé à inventer des prétextes. Le mensonge a beau courir, la vérité finira toujours par triompher !

Au-delà des manifestations orchestrées des gens de Kidal, ils ont annoncé dimanche dernier à Niamey au représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Mali, que « même s’ils le paraphaient ‘l’accord ne tiendra pas longtemps’ » puisqu’on leur a soumis « un document vide qui ne tient pas compte des desiderata de leur peuple ».

Ils critiquent tout le processus du fait que « durant tous les mois de discussions, ils n’ont jamais rencontré le gouvernement du Mali pour un face-à-face, c’est l’ONU qui menait les négociations ». Interrogé sur la portée d’une telle assise, le représentant du MNLA en Europe, Moussa Ag Assarid, dira qu’il continuerait de défendre la révolution azawadienne à distance.

En tout cas, la communauté internationale est désormais prévenue : on ne peut jamais compter sur ces gens et cela depuis toujours. A elle de prendre ses responsabilités puisque le MNLA et ses alliés restent soumis à l’influence d’Iyad et autres terroristes comme Najim venus de la Libye.

DAK

Accord d’Alger pour la paix au Mali : Les mouvements de l’Azawad vont- ils (...) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Accord d’Alger pour la paix au Mali : Les mouvements de l’Azawad vont- ils (...) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

jeudi 12 mars 2015



Près de deux semaines après son adoption, l’Accord d’Alger visant à instaurer la paix au Mali, attend toujours d’être signé par les mouvements de l’Azawad. Tous les regards sont tournés vers Kidal, où les membres de ces mouvements sont en train de se concerter pour prendre une décision sur la question.







RÈagissez ‡ cet article Réagissez




Accord d’Alger pour la paix au Mali : Les mouvements de l’Azawad vont- ils signer ?Signer ou ne pas signer. C’est la décision, à la fois simple et compliquée, que les mouvements de l’Azawad, dont le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), doivent prendre par rapport à l’accord d’Alger du 1er mars 2015, déjà paraphé par la partie gouvernementale. La décision paraît simple parce qu’apposer une signature ne prend pas plus de dix secondes. Elle est aussi compliquée car signer l’accord signifie, aux yeux des responsables des mouvements et bon nombre de membres de la communauté touarègue, renoncer purement et simplement à l’idée d’indépendance de leur territoire vis-à-vis de Bamako. Indépendance pour laquelle ils ont pris souvent les armes pour s’affranchir du pouvoir central.

Le texte de l’accord d’Alger du 1er mars prévoit de larges pouvoirs pour les collectivités territoriales y compris l’Azawad certes, mais il ne mentionne nulle part ‘’autonomie’’, assimilable à l’indépendance. Et les responsables des mouvements craignent de décevoir leur base qui attendait mieux d’eux. Ces responsables doivent aussi faire face à la pression de la communauté internationale qui s’est même accentuée ces derniers jours avec l’attentat meurtrier (5 morts) du 7 mars à Bamako, revendiqué par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune. Coincés entre le marteau et l’enclume, Bilal Acherif, secrétaire général du MNLA et les autres doivent absolument faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre dans les discussions tendues ouvertes depuis mardi dans leur fief de Kidal. Mais, quelle que soit la décision qui en sortira, elle ne garantira pas-nous touchons du bois- la paix au Mali. Ce n’est pas la première fois qu’un accord sera signé par les Touareg maliens. Le Mali a connu, faut-il le rappeler, une série de rébellions des Touareg depuis ses premières années d’indépendance dans les années 1960 ; la dernière rébellion datant de 2012. A chaque fois, des accords ont été signés, ils n’ont jamais résolu durablement les problèmes. L’accord d’Alger du 1er mars va-t-il échapper, s’il venait convenait à être effectivement signé par les mouvements de l’Azawad, à ce constat ? Wait and see ?

Grégoire B. Bazié
Lefaso.net

S’ils ne signaient pas…

maliweb.net - S’ils ne signaient pas…

S’ils ne signaient pas…

Decrease Font SizeIncrease Font SizeTaille PoliceImprimer
Adam Thiam
Adam Thiam
Alger, Paris, Niamey, Addis Abeba, Niamey : pression infernale mais résistance à Kidal. Et si les réseaux sociaux et les milieux nordistes de la capitale savent de quoi ils parlent, alors le paraphe de l’accord d’Alger V n’est pas acquis ou ne sera pas aussi rapide que le souhaite la communauté internationale. La signature ne serait rien de vraiment étonnant pourtant. Ce serait même normal et logique vu l’insistance ambiante. Du reste, Kidal n’y perd pas aux yeux d’observateurs avisés pour lesquels la poire est coupée en deux : le Mali sauve aujourd’hui son intégrité mais demain, en plus de leviers de gouvernance plus commodes, l’Azawad aura eu sa référence historique. Celle que justement lui Bamako dénie. Et puis, tout le monde le sait, que la Cma signe tout de suite ne garantit pas immédiatement la paix. Une plus grande appropriation de l’accord étant nécessaire dans le reste du pays, le calendrier et les modes opératoires des innovations proposées devant être convenus et appliqués. Et la réconciliation nationale devant sortir quitter les petits séminaires théâtraux pour être une dynamique d’ensemble, voire une masse critique. Si la Cma ne signait pas ? C’est difficile à envisager tant la ficelle sera grosse. Mais au-delà du pied de nez aux armées d’experts qui prenant d’assaut Alger depuis huit mois, l’intransigeance des fédéralistes voudrait dire trois choses. Un, que cela ne leur fait ni chaud ni froid d’être assimilés à des terroristes comme les en menace le chef de la diplomatie malienne. Deux, qu’ils sont convaincus qu’une telle classification par Bamako ne sera pas forcément retenue par Alger, Paris ou New York et qu’elle sera donc sans conséquence militaire à moins que ce ne soit de l’armée malienne. Donc qu’il y a encore du temps. Trois, que malgré ses pressions et agacements, l’Azawad compte énormément pour les capitales qui comptent. S’ils Bilal Ag Shérif ne signait pas, que ferait donc Ibk ?

Adam Thiam

Nord-Mali: les Azawadiens entre le marteau et l’enclume | FasoZine.com | quotidien burkinabè d'information

Nord-Mali: les Azawadiens entre le marteau et l’enclume | FasoZine.com | quotidien burkinabè d'information

les Azawadiens entre le marteau et l’enclume

11 mar 2015
Nord-Mali: les Azawadiens entre le marteau et l’enclume
C’est à une délicate équation à plusieurs inconnues que sont confrontés les mouvements touaregs regroupés au sein de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). A Kidal où ils ont choisi d’expliquer les tenants et les aboutissants de l’accord de paix entre eux et le gouvernement malien, peu de pistes permettent de d’affirmer qu’ils arriveront à convaincre leurs interlocuteurs ce jeudi. Ce qui les place dans un véritable dilemme par rapport à une communauté internationale visiblement lasse d’en être encore aux prises avec cette crise malienne.


Si le rassemblement de Kidal capote et que les populations optent pour le rejet du projet d’accord d’Alger, l’ONU, l’Union Africaine et leurs partenaires auraient donc consacré du temps et de l’énergie pour rien. Ce sera le retour à la case départ, voire à un raidissement des positions. Quand on sait que dans leur volonté d’obtenir, à tout prix, un statut d’autonomie pour la fameuse région de l’Azawad, certains groupes rebelles sont prêts à tout, on ne devrait pas être étonné d’en arriver à une telle issue.

En tout cas, les chances de l’acceptation des termes de l’accord, tels qu’ils sont formulés sont si minces que la tendance générale à pousser à la reconnaissance de la «spécificité du Nord-Mali» apparaît ainsi comme un piège qui risque de se refermer sur le processus de paix engagé bien avant les élections de 2014.

Sans accord, il faudrait bien reconnaître qu’on aura non seulement perdu du temps à négocier, mais également à n’avoir jamais le courage de résoudre autrement le problème qui divise les Azawadiens et les autres Maliens et qui a conduit à une crise apparemment insoluble. Malgré tout, il faut rester optimiste et espérer que la raison retournera habiter les uns et les autres afin que ce conflit soit résolu et que le Mali puisse penser maintenant à son développement.

Bark Biiga

jeudi 12 mars 2015

maliweb.net - L’accord d’Alger au révélateur d’observateurs électoraux : "La IVe République est inévitable", le président de l’Apem dixit

maliweb.net - L’accord d’Alger au révélateur d’observateurs électoraux : "La IVe République est inévitable", le président de l’Apem dixit

Le président du Réseau ONG d’Appui au processus électoral au Mali (Apem), Dramane Diarra, en conférence de presse mardi, s’est prononcé sur l’accord de paix paraphé à Alger le 1er mars par les autorités du Mali et des groupes armés. "Cet accord pourrait ouvrir inéluctablement le chantier de la IVe République au Mali", a-t-il jugé.

Pour sa toute première sortie à la presse depuis son arrivé à la tête de l’Apem le 15 janvier 2014 à la suite d’un contentieux qui l’opposait au président sortant, Ibrahim Sangho, le nouveau président de l’Apem, Dramane Diarra s’est prononcé sur l’accord d’Alger, paraphé le 1er mars entre les autorités du Mali et des groupes armés du Nord du pays.

Pour M. Diarra, cet accord donnera lieu à une révision constitutionnelle au Mali avec des dispositions qui prévoient la création d’une deuxième chambre du Parlement (Sénat), une nouvelle loi électorale, etc.

Rappelant l’article 3 de l’accord qui dit que : « Les institutions de l’Etat malien prendront les dispositions requises pour l’adoption des mesures règlementaires, législatives, voire constitutionnelles nécessaires à la mise en œuvre des disposition du présent accord, en consultation étroite avec les parties et le soutien du comité de suivi prévu par le présent accord », les dispositions de cet article, selon M. Diarra, renvoient clairement à la nécessité de relecture des textes encadrant le système électoral y compris la Constitution.

« La création d’une deuxième chambre du Parlement, l’ouverture du Haut conseil des collectivités aux représentants des notabilités traditionnelles, aux femmes et aux jeunes ainsi que l’augmentation du nombre des circonscriptions électorales, nécessiteront une révision constitutionnelle, des modifications législatives et règlementaires », a-t-il estimé.

Dans le même accord, il est prévu de « réviser la loi électorale de manière à assurer la tenue aux niveaux local, régional et national, au cours de la période intérimaire, d’élections en vue de la mise en place des organes prévus par le présent accord. Le gouvernement prendra toutes dispositions nécessaires pour faire adopter par l’Assemblée nationale, dans les 12 mois, une nouvelle loi électorale ».

Réagissant à ce paragraphe, le président de l’Apem dira qu’au-delà de simple influence du processus de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger sur le système électoral, cet accord pourrait ouvrir inéluctablement le chantier de la IVe République au Mali.

Toutefois, « le Réseau Apem envisage jouer, à nouveau, sa partition afin de garantir la participation en connaissance de cause de l’ensemble des composantes de la société malienne à ce vaste chantier politico-institutionnel, socio-économique et culturel, pour parer à l’impréparation, le manque d’information qui ne doivent pas régner en amont d’une telle entreprise pour notre pays ».

Maliki Diallo

maliweb.net - Moussa Ag Assarid, représentant du Mnla auprès de l’UE : «Un accord imposé qui ne respecte pas la volonté des Azawadiens n'est pas un accord»

maliweb.net - Moussa Ag Assarid, représentant du Mnla auprès de l’UE : «Un accord imposé qui ne respecte pas la volonté des Azawadiens n'est pas un accord»

«Un accord imposé qui ne respecte pas la volonté des Azawadiens n’est pas un accord»

Decrease Font SizeIncrease Font SizeTaille PoliceImprimer
Moussa ag Assarid : « Notre but, contrôler l’ensemble de notre territoire » au nord-Mali
Moussa AG Assarid
Le dimanche 1er mars, à Alger, la CMA a lu une «déclaration relative à la 5ème phase du processus d’Alger», dans laquelle elle «demande à la médiation internationale de lui accorder du temps pour partager le projet d’accord avec les populations de l’Azawad». Il nous donne des éclaircissements dans l’interview qui suit.

Le Reporter : Quelle méthode la CMA a-t-elle choisie pour partager le projet avec les populations ?

Moussa Ag Assarid : Ce qu’il faut savoir, c’est que chaque mouvement de la CMA a sa propre structure interne. Le Mnla, par exemple, a son Conseil consultatif, sa Coordination de femmes, son Union de jeunes, son Conseil révolutionnaire et son Conseil transitoire de l’Etat de l’Azawad qui est l’organe exécutif du mouvement, dont Bilal Ag Achérif est président, et Mahamadou Djéri Maïga, vice-président. Chaque mouvement de la CMA est organisé de façon assez similaire, même si les noms diffèrent. Donc, la CMA a prévu plusieurs consultations menées par les structures de ses différents mouvements, à savoir le Mnla, le Hcua, le Maa, la Cpa et la CMFPR2, présidée par Ibrahima Kantao. Ces structures rencontreront les leaders communautaires, les chefs de villages et de fractions, les représentants des chefferies traditionnelles, les associations de jeunes et celles de femmes.

La délégation de la CMA est rentrée d’Alger mardi 3 mars 2015, au soir. Il est prévu qu’elle fasse un compte-rendu dans plusieurs localités et dans les camps de réfugiés situés dans les pays limitrophes. Il y aura des rencontres élargies, c’est-à-dire des meetings d’information sur les grandes lignes du projet d’accord. Une rencontre des dirigeants de la CMA est prévue à Kidal le 10 mars prochain. Je ne sais pas encore si c’est lors de cette rencontre que la CMA prendra sa décision.

Ce que, vous, vous appelez l’Azawad couvre 3 régions, celles de Gao, Kidal et Tombouctou, sans oublier le cercle de Douentza, n’est ce pas ? Quelles populations vont être consultées ou informées ? Celles de ces 3 régions et celles de ce cercle ?

Tout à fait, sont concernées par ces consultations toutes les populations qui vivent dans ces régions et cercle, sans aucune distinction. La CMA se bat pour elles afin de leur permettre de vivre enfin librement et dignement chez elles. La CMA a des représentants un peu partout sur ce territoire de l’Azawad et dans les camps de réfugiés. Par exemple, le siège de la CMFPR2 est à Gao.

Mercredi 4 mars, il s’est écoulé seulement quelques jours depuis dimanche. En combien de temps la CMA pense-t-elle pouvoir procéder à toutes les consultations ?

C’est difficile à dire, car cela dépend des moyens, de la sécurité, des distances et de la logistique.

La CMA a-t-elle besoin d’autorisations ou d’un soutien sécuritaire pour parvenir à tout organiser ? En vous demandant cela, je pense aux forces internationales présentes qui vont être attentives à ce qui se passe.

Ces forces seront bien sûr sollicitées. Le 3 mars, lorsque la délégation de la CMA est rentrée, une surveillance sécuritaire et un car de la Minusma étaient présents, ensuite nos mouvements ont pris le relais. Oui, nous demanderons un soutien des forces internationales pour l’organisation des consultations.

À l’heure où nous nous parlons, la CMA a-t-elle déjà recueilli des réactions et des points de vue de la part des populations ?

Oui, car grâce à l’internet et au téléphone, le projet d’accord est disponible sur le terrain depuis dimanche. Il a déjà été traduit pour le rendre accessible à tous. Les échos que j’ai eus ne sont pas du tout favorables à ce document. Ceux qui l’ont lu considèrent qu’il ne prend pas en compte les aspirations des populations de l’Azawad. Il n’y a pas d’évolution significative par rapport à l’accord de Tamanrasset de 1991, au Pacte national de 1992 et à l’Accord d’Alger de 2006. Si on prend le seul exemple de l’élection du président de l’Assemblée régionale, le seul changement est qu’on passe du suffrage universel indirect au suffrage universel direct et qu’on lui confère des «pouvoirs importants». Ce sont des termes trop imprécis pour s’en satisfaire. Ce projet d’accord est flou. Il y a trop d’ambiguïtés. Il y a beaucoup d’exemples de ce type dans le projet. Si les députés ne votent pas, si la Constitution n’est pas changée, rien de nouveau ne sera possible. Nous connaissons bien le gouvernement du Mali. Même s’il avait la volonté politique d’un changement, je dis bien, s’il avait, il n’aurait pas les moyens de l’appliquer.

Au sortir de ces consultations que je vais qualifier de populaires, la CMA a deux réponses possibles. Soit «oui, on signe», soit «non, on ne signe pas». Dans ce dernier cas, la CMA va-t-elle faire une contre-proposition, c’est-à-dire soumettre un autre texte ?

Je ne peux pas répondre à cette question. Je ne peux pas parler avant la prise de décision qui suivra les consultations. Cependant, je précise que nous, le Mnla, avons des équipes d’experts que nous mettons dans le panier commun de la CMA. Je m’explique. Le Mnla a trois avocats qui travaillent avec nous depuis 2012, un avocat anglais au barreau de New York (USA), un avocat hollandais au barreau d’Amsterdam (Pays Bas) et un troisième, une avocate française du barreau de Paris (France). Nous avons d’autres experts qui nous accompagnent dans tout ce processus. C’est à la lumière de leurs conseils et de la volonté populaire des Azawadiens que la CMA prendra sa décision et déterminera sa stratégie future.

Quand vous parlez des Azawadiens, vous parlez bien de toutes les populations qui vivent au Nord du Mali ? Je veux dire toutes les communautés culturelles septentrionales, même les Songhoïs, les Peuls, les Bozos et les autres.

Tout à fait, la CMA ne fait pas de différence ethnique ou communautaire ou géographique entre les populations. Pour nous, chaque personne, quelle que soit son appartenance, mérite considération et dignité. Les droits doivent être respectés.

Ça signifie donc que tout le monde sera invité aux consultations et pourra donner son avis sur le projet d’accord, n’est-ce pas ?

Tout le monde est invité à s’exprimer. Nous le ferons en fonction de nos moyens et de nos possibilités. La CMA fera tout pour consulter l’ensemble des populations de l’Azawad qui pourront se déplacer, étant donné la situation sécuritaire et la logistique. Au sein des différents mouvements de la CMA, toutes les communautés sont représentées. Les suggestions de tous seront prises en compte.

La CMA prendra-t-elle en compte le pourcentage de personnes qui auront pu assister, donc s’exprimer lors de ces consultations, par rapport au nombre total d’habitants, afin de pouvoir dire qu’elle prend une décision conforme à l’opinion d’une véritable majorité d’habitants ?

Dans le seul intérêt général des populations de l’Azawad, nous ferons tout ce que nous pourrons, pour mener des consultations populaires de qualité et de quantité. La CMA prendra une décision conforme à la volonté populaire et à la hauteur du conflit.

Abdoulaye Diop, le MAE du Mali et Pierre Buyoya, le représentant de l’Union africaine ont tous deux déclaré qu’ils comptaient sur la CMA pour adhérer au projet d’accord. Qu’en dites-vous aujourd’hui ?

Ils savent tous les deux ce qu’il y a dans le projet et ils savent ce que nous nous sommes dit, les yeux dans les yeux. Ils savent que ce que nous avons proposé n’a pas été pris en compte dans le projet. Nous écouterons le peuple. Nous continuerons à nous battre pour le peuple. Nous n’en sommes plus à échanger les souffrances du peuple contre des postes à Bamako. Nous avons dépassé ce stade-là.

Je vous laisse conclure, Moussa Ag Assarid.

Ceux qui souffrent depuis 50 ans, méritent que cela prenne fin grâce à des propositions pragmatiques qui leur donneront l’opportunité d’être acteurs de leur destin. La volonté populaire mérite d’être enfin respectée. Les populations doivent pouvoir choisir ce qui est bien pour elles. C’est le propre de la démocratie.

Je tiens à ajouter que, dans le projet, il est dit que l’Azawad est une réalité humaine, socio-culturelle, mémorielle et symbolique. Or, nous tenons à ce qu’il y ait une reconnaissance politique et juridique de l’Azawad, car c’est cela qui est important.

Pour résoudre ce conflit d’un demi-siècle, il faut une audace, des engagements précis et des responsabilités courageuses au bénéfice des populations concernées dont les intérêts doivent êtres au-dessus de toute autre considération. Un accord imposé qui ne respecte pas la volonté des Azawadiens, n’est pas un accord. Les accords précédents le prouvent à suffisance. La CMA est résolument engagée dans la recherche de la paix, mais une vraie paix, basée sur un vrai contrat social, réaliste et mutuellement accepté.



Françoise WASSERVOGEL (propos recueillis le mercredi 4 mars 2015)

Mali: réunion de la rébellion touareg prévue mercredi sur l'accord d'Alger

Mali: réunion de la rébellion touareg prévue mercredi sur l'accord d'Alger



Publication: Mis à jour:
MNLA

Une réunion de la rébellion à dominante touareg du nord du Mali est prévue mercredi à Kidal, dans le nord-est du pays,
pour se prononcer sur l'accord de paix d'Alger déjà paraphé par le gouvernement, a affirmé mardi à l'AFP un délégué devant y participer.

La pression internationale déjà forte sur les rebelles pour signer ce document s'est intensifiée à la suite de l'attentat meurtrier de Bamako le 7 mars, revendiqué par le groupe jihadiste Al-Mourabitoune de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar et interprété par l'ONU et Bamako comme une tentative de saboter la paix au Mali.

La réunion de la Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), initialement prévue mardi "a été reportée. Si tout va bien, elle aura lieu mercredi", a expliqué ce délégué, Mohamed Ag Ayoub, membre du collectif de la jeunesse de Kidal, faisant état de "problèmes d'organisation".


Lors de la réunion, dont la durée n'a pas été précisée, les rebelles diront s'ils acceptent ou rejettent l'"accord de paix et de réconciliation" établi au terme de huit mois de négociations à Alger, a-t-il indiqué.

Le 1er mars, des représentants du gouvernement malien et des groupes armés qui le soutiennent ont paraphé le document, mais la CMA avait demandé un "délai raisonnable" pour consulter sa base après avoir exigé en vain des amendements.
La CMA comprend le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), la Coalition des peuples de l'Azawad (CPA) et une branche du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA).

Lundi, le gouvernement malien et la communauté internationale, dont la France, ont pressé les rebelles de signer l'accord de paix afin d'isoler définitivement les jihadistes.
L'attentat de Bamako, qui a fait cinq morts, trois Maliens, un Belge et un Français, a visé un bar-restaurant très fréquenté par les expatriés; Selon une source officielle malienne ayant requis l'anonymat, il "a été planifié par de véritables terroristes organisés. Une dizaine de terroristes sont recherchés", dont un binational russo-malien.


Le groupe Al-Mourabitoune a affirmé avoir voulu venger un de ses chefs tué par l'armée française en décembre dans le nord du Mali, mais surtout le prophète de l'islam "insulté et moqué par l'Occident mécréant".

Le nord du Mali était tombé au printemps 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ils en ont été partiellement chassés par l'opération militaire Serval, lancée à l'initiative de la France en janvier 2013, à laquelle a succédé en août 2014 l'opération Barkhane, dont le rayon d'action s'étend à l'ensemble de la région sahélo-saharienne. Mais des zones entières échappent toujours au contrôle de Bamako.

mercredi 11 mars 2015

Les Touareg maliens sous forte pression pour signer l’accord de paix d’Alger: Toute l'actualité sur liberte-algerie.com

Les Touareg maliens sous forte pression pour signer l’accord de paix d’Alger: Toute l'actualité sur liberte-algerie.com

La rébellion targuie au nord du Mali est sous forte pression internationale, y compris de l'ONU, pour parapher d'ici à la fin du mois un accord pour la paix, comme l'a déjà fait le gouvernement malien le 1er mars à Alger, afin d’isoler les terroristes qui ont revendiqué l'attentat de Bamako. La France, qui a lié cet attentat et les tirs contre l'ONU à Kidal (nord-est), dimanche, qui ont tué un Casque bleu tchadien et deux enfants, aux pourparlers de paix, a, en effet, exhorté la rébellion à parapher l'accord entériné le 1er mars à Alger par le camp gouvernemental. “Au moment même où nous sommes à quelques mètres de la paix, des forces qui lui sont hostiles essaient d'intervenir pour casser cette perspective”, a déploré le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en visite au Maroc. Il faisait écho au ministre malien de la Communication, Choguel Maïga, qui a mis en demeure les rebelles de signer afin de pouvoir “faire la différence entre la mauvaise graine et la bonne”. “Tant qu'une partie de nos frères n'adhéreront pas à l'accord, tout ce qui se passera pourra être interprété. Certains diront que ce sont eux”, a insisté le ministre. En visite au Niger voisin, le chef de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), Mongi Hamdi, a également estimé qu'il n'existait “d'autre choix, d'autre option que de s'inscrire dans la logique de paix, dans la logique de cet accord”.
Une logique qui s’impose surtout au regard de l’accointance du crime organisé avec le terrorisme pour faire échouer le processus de paix engagé dans le Nord malien, comme l’a déclaré, lundi, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, selon lequel, les violences qui ont ensanglanté le Mali ce week-end étaient une “attaque claire contre la paix”, dénonçant une alliance “objective” entre “groupes terroristes” et “narcotrafiquants” pour faire dérailler le processus entre Bamako et les rebelles du Nord.
Dans une première réaction publique, le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui s’est voulu rassurant, a indiqué, quant à lui, dimanche soir, que les auteurs de l'attentat “ont échoué et échoueront” à instiller la terreur. Des sources officielles maliennes ont indiqué, dans ce sillage, que les investigations sur le premier attentat à frapper des Occidentaux dans la capitale malienne ont permis d'identifier une dizaine de suspects.

A. R