mercredi 5 septembre 2012

Le Mali demande à la Cédéao d'intervenir pour libérer le Nord - Le Nouvel Observateur

Le Mali demande à la Cédéao d'intervenir pour libérer le Nord - Le Nouvel Observateur
Le Mali a officiellement demandé à la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) d'intervenir militairement pour aider à libérer le nord du pays, occupé depuis avril par des islamistes, a déclaré mardi le représentant spécial de la France pour le Sahel, Jean Felix-Paganon.
Le président ivoirien Alassane Ouattara, qui préside la Cédéao, "nous a informés que le président Dioncounda (Traoré) a formellement adressé une requête à la Cédéao pour apporter une contribution militaire pour la stabilisation du pays et surtout à la reconquête du Nord", a déclaré Jean Felix-Paganon à des journalistes, au Burkina Faso voisin.
"C'est un développement important dont nous avons examiné les développements possibles avec le président (du Burkina Faso Blaise) Compaoré", a-t-il ajouté.
Le diplomate français n'a pas fourni plus de détails sur la demande et n'a pas précisé quand elle avait été formulée.
La Cédéao a déclaré qu'elle était prête à envoyer quelque 3.000 soldats au Mali pour reprendre le contrôle du Nord.
Profitant de la confusion qui a suivi un coup d'Etat militaire le 22 mars, les islamistes se sont emparés du nord du Mali avec l'aide des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).
Ansar Dine, rejoint par d'autres groupes islamistes comme Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a ensuite évincé les insurgés touaregs et pris le contrôle de la moitié du territoire avec notamment Gao, Kidal et Tombouctou.
Mathieu Bonkoungou, Marine Pennetier pour le service français

Autant le dire… : Sincèrement, il faut nous épargner cette autre bagarre inutile au Mali - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Autant le dire… : Sincèrement, il faut nous épargner cette autre bagarre inutile au Mali - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
mardi 4 septembre 2012
Depuis le début de la crise au Mali, notre position a été assez claire. D’abord nous nous sommes à plusieurs reprises interrogés sur la nécessité d’accompagner le Mali dans la résolution de cette crise du moment où les Maliens eux-mêmes ne veulent pas d’un quelconque appui. Aussi, avons-nous, une fois de plus à plusieurs reprises souhaité que Blaise Compaoré qui a assez fait dans la résolution de crises dans la sous-région abandonne le dossier malien. Au regard de ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire où, n’eut été la sagesse venue d’où on ne sait, les deux pays se seraient rentrés dedans. Que n’avons-nous pas enduré dans cette crise comme critiques, injures, brimades, tueries, destruction de biens matériels, expulsions.
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Autant le dire… : Sincèrement, il faut nous épargner cette autre bagarre inutile au Mali Les Burkinabè de Côte d’Ivoire, tout comme ceux qui sont au pays en ont souffert. Voilà un calvaire que personne ne voudrait revivre ; Malheureusement, du côté du Mali où nous n’avons rien à voir, on commence à nous accuser de tout. Dernier morceau du 4 septembre 2012 sur le site abamako.com :
« Incroyable mais vrai : Le Burkina Faso soutient le MUJAO. Nous avions, dans une de nos parutions, émis des réserves sur la médiation de Blaise Compaoré dans la crise malienne, lorsqu’il a osé violer notre territoire aérien et faire évacuer un chef terroriste pour des soins au Burkina Faso. Aujourd’hui, le même Médiateur est soupçonné d’avoir autorisé que des camions chargés d’armes traversent le Burkina au profit du MUJAO. Car dans sa toute dernière parution, du 02 au 08 septembre 2012, Jeune Afrique évoque la démarche peu orthodoxe des autorités du Burkina Faso et de Djibril Bassolé qui est l’émissaire du Médiateur Blaise Compaoré dans la crise malienne. Lisez l’article !
Sahel : Qui livre des armes au MUJAO ?
Selon les services de renseignements français, des armes auraient récemment été livrées, via le Burkina, au Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), implanté dans la région de Tombouctou, au Mali. Du coup, les responsables français se montrent perplexes : comment des camions chargés d’armes pourraient-ils traverser le Burkina sans l’aval des autorités ? Par ailleurs, lors de son dernier séjour parisien, en août, Djibril Bassolé, le ministre burkinabè des Affaires étrangères, a proposé à l’Elysée et au Quai d’Orsay la médiation du Qatar dans la crise au Nord Mali. Un pays lui-même soupçonné de soutenir le MUJAO… Les Français lui ont opposé un refus poli, arguant du nombre déjà très important d’interlocuteurs dans cette crise.
La Rédaction ».
Voilà qui peut bien créer des tensions inutiles entre nos deux pays. Au fait, comment le Mali s’est-il débrouillé pour que les islamistes entrent même sur son territoire au point de conquérir les 2/3 du pays ? Des avions de terroristes transportant de la drogue et des armes ont atterri en son temps dans le Nord Mali alors qu’il y avait un pouvoir. Comment cela a-t-il pu arriver ? Ensuite, au Mali on nous accuse de violation de territoire qu’on ne contrôle même plus. Mieux, que nous entretenons les islamistes. Ce qui fait de notre pays une base arrière pour les ennemis du Mali. Du coup, nous devenons les ennemis du Mali. Ce n’est pas du tout beau et rassurant d’entendre ce genre de déclarations sur son pays.
Aussi, Djibril Bassolé et son patron de médiateur doivent nous donner des informations afin que nous soyons suffisamment confiants. Car, les conséquences de ce genre de déclarations n’affectent pas au plus haut niveau. Mais les populations souvent très innocentes à la base. A priori on peut croire que c’est de bonne foi et avec une conviction et un engagement désintéressés que nous apportons notre soutien et notre contribution à la résolution de la crise malienne. Car, comme dit quelqu’un le premier parent c’est le voisin.
Dabaoué Audrianne KANI
L’Express du Faso

mardi 4 septembre 2012

Terrorisme, crise au Mali : pourquoi le Sahel est une région si sensible - le Plus

Terrorisme, crise au Mali : pourquoi le Sahel est une région si sensible - le Plus
Modifié le 04-09-2012 à 15h57
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LE PLUS. Le Sahel, longue bande de 4 millions de km2 comprenant notamment le Mali, le Niger et la Mauritanie, prend de plus en plus "l'allure d'une zone de non droit". Pour Mehdi Taje, spécialiste de cette région, les fondements de cette instabilité sont à chercher dans l'histoire coloniale.

Édité par Hélène Decommer   Auteur parrainé par Céline Lussato
Au Mali, des rebelles islamiques de la faction Ansar Dine, le 16 mai 2012 (Diakaridia Dembele/AP/SIPA) 
Au Mali, des rebelles islamiques de la faction Ansar Dine, le 16 mai 2012 (Diakaridia Dembele/AP/SIPA)

En tant que géopoliticien, je suis attaché à la rémanence historique, c’est-à-dire à la nécessité d’inscrire les événements sur le temps long de l’histoire afin de ne pas se laisser abuser par le poids du présent, du sensationnel et de la géopolitique spectacle véhiculée par certains médias.

Le Sahel, sous-administré et sous-défendu, est caractérisé par le développement de logiques de chaos : des espaces d’anomies émergent, risquant d’engendrer une déstabilisation durable de l’océan sahélien mais aussi, par effet induit, du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, d’où l’empressement manifesté par la CEDEAO de se saisir de la crise malienne.

L’heure est grave, la précarité stratégique de cet espace risquant de s’étendre et de s’installer sur la longue durée. La crise est complexe, à l’image d’une équation mathématique à plusieurs inconnues. Encore faut-il en saisir tous les aspects, prendre de la hauteur et ne pas se laisser abuser par le jeu des uns et des autres. En reprenant l’interjection du Sphinx à Œdipe : "Comprends ou tu es dévoré".

Les lignes de fracture du Sahel

L’espace sahélien tourmenté, véritable polygone de crises, est travaillé par des lignes de fractures inscrites dans le temps long de l’histoire et qui continuent à produire leurs effets, et par des éléments plus récents se surajoutant et amplifiant la vulnérabilité du champ.

Outre l’opposition centre-périphérie, l’impact du colonialisme et d’autres, la géographie même de l’espace désertique favorise la remise en question des frontières établies par les États, l’étatisation postcoloniale de l’espace ayant bouleversé les frontières ethniques et les modes de vie traditionnels, notamment la libre mobilité des hommes et des biens, caravanes, commerce, transhumance et nomadisme. Le télescopage entre l’autorité étatique et l’autorité traditionnelle des populations nomades Touaregs, Toubous, etc. participe de l’explication du système de conflits que révèle la crise malienne.

Deuxième facteur, de nombreux conflits sahéliens trouvent leur origine dans la fracture Afrique blanche-Afrique noire, matérialisée par la traite d’abord islamo-arabe puis européo-coloniale, souvent renforcée par la complicité de populations noires (ethnies différentes et rivales). Lors de la décolonisation, les États regroupant administrativement des populations caractérisées par de lourds contentieux historiques, notamment les ethnies victimes de la traite, doivent assurer la cohabitation de tribus ayant participé activement au sein de l’ancien appareil négrier.

Second aspect de cette ligne de contact, la plupart des États situés entre les latitudes 10° Nord et 20° Nord sont caractérisés, dans leur architecture interne, par une fracture Nord-Sud qui traduit in fine, une opposition avant tout ethnique entre populations blanches, souvent arabisées, et populations noires. Au Mali, l’opposition fondamentale est avant tout celle des Blancs, Maures et Touaregs, et des ethnies africaines noires. La rébellion est nordiste et touareg. La fracture raciale Nord-Sud, ancrée dans l’histoire et à la base d’une profonde conscience ethnico-tribale, paraît difficilement conciliable avec le concept d’État-nation hérité de la décolonisation.

Les implications philosophiques de cette question sont lourdes de conséquences. Comment, en effet, envisager que les Touaregs, anciens dominants à l’égard des ethnies du Sud, puissent accepter la domination de ces mêmes ethnies, consacrées par le colonisateur puis par l’État malien après la décolonisation ? De véritables murs d’incompréhension, parfois de rancœur, se sont érigés dans le temps, minant le processus d’édification d’un véritable sentiment national, indispensable à l’émergence de l’État-nation.

Tant que cette problématique ne sera pas posée de manière claire, sans dérobade, il n’y aura guère de solution durable à la crise malienne. Rétablir la confiance entre les différents acteurs et l’apprentissage du vivre-ensemble apparaissent comme étant des priorités.

Restaurer les nations historiques du Sahel ?

Si nous poussons le raisonnement plus loin, l’exemple malien prouve que la balkanisation supplémentaire du Sahel est catastrophique si l’on tient compte de l’histoire ancienne, de la colonisation et de la décolonisation. Walvis Bay en Namibie (rétrocédée à la Namibie le 28 février 1994), l’Érythrée (27 avril 1993), le Soudan du Sud (9 juillet 2011) et maintenant l’Azawad reposent le principe de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation.

Il est temps de mieux méditer la réponse fondamentale, la restauration des nations historiques devant prévaloir sur les entités coloniales dressées artificiellement par les métropoles dans l’intérêt des calculs impériaux de l’époque. L’Afrique doit se réapproprier sa propre destinée. Il est temps de tourner la page coloniale et d’aller vers la régionalisation bien comprise et le respect des ensembles homogènes sur la base des grandes nations historiques ayant précédé le charcutage colonial.

Sans innover, sans admettre des formes plus souples de territorialité transcendant les lignes de fracture et les clivages du passé, le problème touareg et d’autres ne pourront pas être surmontés sur le long terme.

A ces facteurs historiques se juxtaposent de nouveaux facteurs déstabilisateurs : la défaillance politique et économique des États sahéliens, incapables d’assumer les attributs de la souveraineté sur l’ensemble de leur territoire et de s’ancrer à la modernité ; la spéculation islamiste par des forces obscures qui sont loin de toute foi religieuse, encore plus de l’islam ; les sécheresses et famines amenées à s’amplifier compte tenu des effets attendus du réchauffement climatique ; la pauvreté, la précarité économique et sociale et le manque de perspective d’avenir pour toute une jeunesse désœuvrée ; l’explosion démographique (en 2040, la population sahélienne devrait doubler pour atteindre 150 millions d’habitants) ; la montée en puissance des trafics en tous genres et notamment du trafic de drogue en provenance d’Amérique latine ; l’enracinement du crime organisé ; le terrorisme incarné essentiellement par AQMI ; le jeu trouble et complexe de l’Algérie ; les rivalités et tensions entre États sahéliens ; les ingérences des puissances extérieures instrumentalisant les facteurs de tensions afin de mieux contrôler les richesses avérées et potentielles (pétrole, gaz, uranium, fer, or, cuivre, étain, etc.), enfin les effets induits de la guerre en Libye.

Face à cette complexité, méditons l’histoire ; elle nous livrera les clefs d’intelligibilité permettant de mieux surmonter les difficultés du présent. Si nous nous dérobons, si nous manquons de courage, elle nous écrasera !

lundi 3 septembre 2012

Le Mujao annonce l’exécution du diplomate algérien Tahar Touati : La tyrannie au Sahel - Actualité - El Watan

Le Mujao annonce l’exécution du diplomate algérien Tahar Touati : La tyrannie au Sahel - Actualité - El Watan

Le Mujao aurait mis à exécution sa menace en assassinant le vice-consul algérien, Tahar Touati. Selon son communiqué, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), cité par le site mauritanien, Sahara Media Agency, a annoncé, samedi soir, avoir exécuté le vice-consul d’Algérie à Gao, Tahar Touati, cinq mois après leur enlèvement avec d’autres fonctionnaires du consulat dont le consul à Gao au nord du Mali.

Jusqu’à hier soir, l’information n’est pas été confirmée officiellement. La mise à mort de l’otage algérien aurait été décidée en guise de «représailles» contre la position des autorités algériennes, a indiqué le communiqué qui porte la signature Abou Al Walid Sahraoui qui menacerait de «perpétrer des attentats sur le sol algérien». Difficile de vérifier la véracité de l’information. Le ministère des Affaires étrangères, jusqu’à hier soir, n’était pas en mesure de la confirmer ou de l’infirmer. «L’information fait actuellement l’objet de vérifications nécessaires pour s’assurer de son authentification», a indiqué le ministère, dans un communiqué, qui s’est dit surpris.
«Le communiqué annonçant l’exécution du fonctionnaire consulaire algérien ne peut par conséquent que susciter la surprise et justifier les démarches engagées en vue de confirmer la véracité de l’information diffusée samedi en fin de journée», a précisé le ministère de Affaires étrangères. Ce dernier a indiqué aux familles des fonctionnaires consulaires retenus en otages reçues par le secrétaire général du ministère, samedi matin, que «les contacts avec les ravisseurs n’étaient pas rompus». Alger est dans l’expectative. Relayée par les agences de presse et des sites spécialisés dans l’information sécuritaire, l’information faisant état de l’exécution du vice-consul algérien n’était pas encore confirmée. Un cafouillage médiatique entoure l’information. Selon le correspondant de l’agence américaine Associated Press à Bamako, qui cite le porte-parole du Mujao, Omar Ould Hamaha, le vice-consul algérien aurait été exécuté. «Le diplomate avait été exécuté. Il s’agissait de donner une leçon à l’Algérie», a déclaré le chef terroriste à AP.
Le site mauritanien Sahara Media Agency, qui avait donné en premier l’information samedi soir, a affirmé que le communiqué du Mujao a été remis à leur correspondant à Tombouctou samedi vers 18h. Son rédacteur en chef, Sidi Mohamed Younes, a indiqué au journal électronique, DNA, que «l’organisation, qui est basée à Gao, a remis à notre correspondant un communiqué d’une page rédigé en arabe. Auparavant, nous avions eu juste l’information faisant état de l’exécution de l’otage. Nous n’avons pas d’autres détails pour le moment sur cette exécution et attendons un document vidéo que nous pourrions diffuser sur notre site». Si l’information de la mise à mort du vice-consul venait à être confirmée, il resterait entre les mains des terroristes du Mujao trois autres otages algériens, dont le consul.

Le sort incertain des autres otages

Le Mujao, une organisation terroriste qui est apparue abruptement dans le sillage de la dégradation de la situation sécuritaire dans la région du Sahel, avait au départ exigé des autorités algériennes de payer une rançon de 15 millions d’euros pour obtenir la libération des sept otages. L’organisation terroriste avait libéré trois fonctionnaires retenant le consul et ses trois collaborateurs.
Entre-temps, les forces spéciales de l’armée algérienne avaient arrêté à Ghardaïa un des chefs d’AQMI, Abou Ishak El Soufi. Ainsi, le Mujao change d’attitude en abandonnant la rançon et aurait proposé aux autorités algériennes l’élargissement des terroristes en échange de la libération des diplomates. Alger aurait refusé ce chantage d’où l’ultimatum lancé par le groupe terroriste menaçant l’exécution des otages dans le cas où le gouvernement algérien ne se plie pas à leur revendication.
L’évolution dramatique de l’affaire des otages met Alger dans une situation difficile et le sort des trois otages encore entre les mains des terroristes demeure incertain. Opposées à toute forme de paiement de rançon ou d’élargissement des terroristes arrêtés pour obtenir la libération des diplomates, les autorités algériennes vont-elles revoir leur position ? Poussé par les puissances occidentales à participer à une éventuelle intervention militaire dans le Sahel, Alger refuse toute implication militaire en sol étranger, alors que des groupes extrémistes religieux s’emparent et contrôlent une bonne partie du nord du Mali. L’urgence de sauver la vie des trois diplomates encore en vie obligerait-elle Alger à revoir sa doctrine ? Pas si simple. L’Algérie dispose-t-elle d’une manœuvre pouvant éviter un sort tragique aux trois diplomates algériens encore entre les mains des ravisseurs ?
Autant d’interrogations que soulève ce bourbier sahélien qui devient un champ de bataille régionale dont les conséquences affecteront une bonne partie de l’Afrique. Pour nombre d’observateurs, le tragique conflit qui a embrasé pendant des années le Moyen-Orient est en train de se déplacer vers le Sahel. La coopération antiterroriste entre les pays directement concernés par cette dégradation sécuritaire dans le Sahel reste «dispersée» et butte sur des «désaccords». Les grandes puissances, les USA en première ligne, agissent dans la région pour que la situation ne leur échappe pas. L’objectif principal de l’Administration américaine, selon la spécialiste Laurence Aida Ammour, «reste celui de la sécurisation de ses ressources d’approvisionnement en hydrocarbures en Afrique du Nord et dans le golfe de Guinée et celui de s’assurer que le Sahara ne devienne une zone grise, sanctuaire permanent du terrorisme islamiste et du crime organisé». La dimension sécuritaire du conflit peut cacher une guerre autour du contrôle des richesses dont regorge la région.           

La liste des diplomates algériens exécutés rallongée :

A peine 32 ans, Tahar Touati, vice-consul à Gao (Mali), venait juste de débuter sa carrière dans la diplomatie de son pays. Il n’ira pas au bout de sa mission fraîchement entamée en 2010 et brutalement interrompue, il y a cinq mois, le 5 avril dernier, suite au rapt du personnel diplomatique du consulat général d’Algérie à Gao, au Nord-Mali.
Son exécution, avant-hier – le meurtre est revendiqué par ses ravisseurs du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, branche présumée d’Al Qaîda – allonge ainsi la liste des martyrs de la diplomatie algérienne.
En juillet 2005, deux diplomates algériens en poste en Irak, le président de la mission diplomatique algérienne, Ali Belaroussi, et l’attaché diplomatique, Azzedine Belkadi ont été exécutés par les terroristes du groupe Zarkaoui, Al Qaîda en Irak. 48 heures après sa mort, Tahar Touati demeure un illustre inconnu.
Les autorités algériennes se complaisent dans une posture attentiste et réservée, en témoigne la teneur du communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères dans lequel celui-ci se dit «surpris» par l’exécution et va «vérifier» les informations sur la mort de son fonctionnaire.
Le site web du ministère ne publie ni la biographie de Tahar Touati, encore moins ses états de service.
Silence radio. Les seules informations disponibles essaiment, elles, la Toile : le jeune diplomate algérien, marié, serait natif de Djelfa. Diplômé de l’université d’Alger, faculté des sciences politiques et de l’information, Tahar Touati rejoindra, à l’issue d’un concours d’embauche, le corps diplomatique algérien en 2010 comme attaché.
Le 3 mai 1982, l’avion transportant le ministre des Affaires étrangères, himself, Mohammed Sedik Benyahia et 15 hauts cadres de la diplomatie algérienne, était abattu d’un tir de missile, au-dessus de la frontière irano-turque. A l’époque déjà, la réaction algérienne était molle.   M. Az.

Hacen Ouali

Les islamistes conquièrent en douceur une ville du centre du Mali | The Observers

Les islamistes conquièrent en douceur une ville du centre du Mali | The Observers

Un véhicule militaire du Mujao dans une rue de Gao, dans le nord du Mali. Cette photo a été prise par un habitant en juin dernier. 
 
La prise de Douentza, dans le centre du Mali, par le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) fait craindre une progression des groupes islamistes vers le sud du pays. Notre Observateur explique que le Mujao est arrivé en ville sans combattre car les islamistes avaient préparé le terrain depuis des semaines.
  
Depuis samedi 1er septembre, les islamistes contrôlent, seuls, la ville de Douentza, située sur la ligne de démarcation entre le nord et le sud du Mali. Cette ville hébergeait depuis plusieurs semaines un camp d’entraînement de Ganda Iso ("Fils du terroir", en songhaï), une milice d’autodéfense formée de jeunes volontaires qui disaient vouloir "libérer le Nord" du joug islamiste. Ces combattants ont toutefois remis leurs armes aux hommes du Mujao sans opposer de résistance. Les islamistes se seraient ensuite installés aux entrées est et ouest de la ville.
  
Douentza avait d’abord été occupée par les rebelles touareg du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), avant que ces derniers ne soient mis en déroute par les islamistes, à la fin de juin, dans tout le nord du pays. Depuis, les hommes du Mujao affichaient leur présence dans la ville, sans toutefois la contrôler.
Contributeurs

"Ils nous ont expliqué qu’ils n’étaient pas là pour commettre des exactions, mais pour faire appliquer la charia"

Madi est enseignant à Douentza.
 
Les islamistes sont présents à Douentza depuis qu’ils occupent le nord du Mali. Ils venaient régulièrement pour vendre des aliments de base au marché, comme de la farine ou de l’huile, mais aussi du gasoil. À chaque fois, ils restaient deux ou trois jours en ville. Ils s’étaient même installés dans l’enceinte du lycée. Souvent, on en voyait prêcher auprès des jeunes dans la rue. Nous sentions tous que cela allait arriver.
 
Un incident récent a facilité la victoire des islamistes. Il y a une semaine, le chef de Ganda Iso a demandé à ses hommes de rallier les islamistes. La milice n’a pas apprécié et lui a confisqué son arme. En représailles, le chef a livré aux islamistes toutes les informations sur l’attirail dont disposait sa milice. Quand les islamistes sont arrivés dans plusieurs véhicules et très bien armés, les hommes de Ganda Iso n’ont eu d’autre option que de leur donner leurs armes. Les islamistes étaient bien renseignés, ce qui explique qu’il n’y a eu ni résistance, ni violence.
 
Puis les islamistes ont convoqué la population à une assemblée générale. Là, ils ont expliqué qu’ils n’étaient pas à Douentza pour commettre des exactions mais pour propager l’islam. Ils ont également affirmé qu’ils comptaient faire appliquer la charia comme à Gao et à Tombouctou.
 
Pour le moment, rien n’a changé en ville. Hier, c’était jour de grand marché et tout était normal. Et aujourd’hui, les habitants vaquent à leurs occupations.

Le Mujao affirme avoir tué un otage algérien au Nord-Mali

Le Mujao affirme avoir tué un otage algérien au Nord-Mali
LE MONDE | • Mis à jour le
Une capture d'écran d'une vidéo diffusée le 24 août par le Mujao dans laquelle un otage algérien lit un message suppliant Alger de céder aux demandes du groupe islamiste.
Une capture d'écran d'une vidéo diffusée le 24 août par le Mujao dans laquelle un otage algérien lit un message suppliant Alger de céder aux demandes du groupe islamiste. | AFP/-

Le Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), un groupe armé allié à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) présent dans le nord du Mali, a affirmé, dimanche 2 septembre, avoir exécuté l'un des diplomates algériens qu'il détient depuis cinq mois. Enlevé le 5 avril dans la ville de Gao avec six autres personnes du consulat algérien, Tahar Touati, vice-consul, aurait été tué samedi matin, à l'expiration du dernier ultimatum lancé par ses ravisseurs. Lundi ...

Mali : les islamistes progressent au Sud | Humanite

Mali : les islamistes progressent au Sud | Humanite
Les islamistes de Mujao ont pris le contrôle de la ville de Douentza, dans le centre du pays, obtenant sans combat le retrait de la milice qui tenait la localité, au nom du gouvernement de transition de Bamako.
Le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), dissident d’Aqmi, mais très présent au Nord-Mali, a annoncé avoir pris la ville de Douentza. Cela repousse vers le sud les limites de la zone aux mains des groupes islamistes, la ville étant située à 800 km au nord-est de Bamako. La ville se serait rendue pacifiquement : "Nos hommes sont venus désarmer tous ceux qui l'étaient", a déclaré le porte-parole du groupe islamiste, précisant que le but du Mujao n'était pas d'aller jusqu'à Bamako.
Un responsable de Douentza a confirmé à l’AFP que ses hommes avaient capitulé sans avoir combattu, tout en expliquant cette débâcle par des défections dans les rangs de la milice. La ville était repassée sous contrôle du gouvernement du Mali, les Touaregs, à l’origine de la rébellion, l’avaient brièvement dirigée en avril dernier. C’est une nouvelle preuve de la fragilité du gouvernement du Mali et du manque d’organisation de son armée.
Le Mujoa a également affirmé dans un communiqué avoir exécuté un otage, un des diplomates algériens.  Le vice-consul d'Algérie aurait exécuté samedi, après avoir été retenu otage depuis cinq mois après son enlèvement à Gao, avec six autres membres du corps diplomatique. Cette exécution ferait suite à l'expiration d'un ultimatum lancé à Alger, qui devait libérer plusieurs membres d'Aqmi en échange des otages. Le gouvernement algérien essaye de vérifier l’information.

«Libérez des fonctionnaires innocents !» - Actualité - El Watan

«Libérez des fonctionnaires innocents !» - Actualité - El Watan

L’expiration, hier, du dernier ultimatum du Mujao a accentué l’inquiétude des familles des diplomates algériens enlevés le 5 avril dernier à Gao, au nord du Mali, par le Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao).

La famille d’un des quatre diplomates algériens toujours détenus au Mali a réagi hier en appelant à leur libération. «Je prie les ravisseurs de les libérer, ce sont de simples employés innocents», déclaré à El Watan, au téléphone, l’épouse de l’un des quatre diplomates otages, Guessas Mourad, originaire de Tazmalt (Béjaïa). «Nous souffrons depuis 5 mois. Ma petite fille de deux ans et demi brûle de revoir son papa. Je lance un appel aux ravisseurs pour qu’ils les libèrent», ajoute, inquiète, Mme Guessas qui avait dû quitter la résidence à Gao et fuir le Mali en compagnie de sa petite fille, le jour de l’enlèvement.
«Le père et la mère sont sous le choc. Ils sont comme sur des braises en train d’attendre le retour de leur enfant depuis son enlèvement le 5 avril. Il a une petite fille de deux ans et demi qui demande chaque jour après son père», écrit la famille Guessas Mourad dans une lettre ouverte, dont une copie adressée à El Watan. «Nous lançons un appel aussi au président Abdelaziz Bouteflika pour œuvrer à la libération des enfants de son pays kidnappés au Mali qui étaient en train d’accomplir leur devoir jusqu’au dernier moment», conclut la famille Guessas.
Ce double appel intervient après celui de la famille de Taher Tawati, le diplomate apparu dans une récente vidéo et que le Mujao menace d’exécuter.
En contact avec la cellule de crise installée par le ministère des Affaires étrangères, les familles des quatre diplomates – dont les trois autres sont originaires d’Oran, de Boumerdès et de Djelfa – toujours otages au Mali ne cachent pas leur crainte après la dernière menace proférée par le Mujao d’exécuter un des diplomates, si l’Algérie ne donne pas une suite favorable à leurs exigences, dont la libération du président de la commission judiciaire d’AQMI, Necib Tayeb, arrêté à Ghardaïa. «On n’en peut plus», avoue, sous le poids de l’insoutenable attente, Mme Guessas. 
Kamel Medjdoub

MALI – Avancée des extrémistes islamiques en direction du sud alors que des prédicateurs radicaux font leur apparition à Bamako | Chrétienté Info

MALI – Avancée des extrémistes islamiques en direction du sud alors que des prédicateurs radicaux font leur apparition à Bamako | Chrétienté Info

MALI – Avancée des extrémistes islamiques en direction du sud alors que des prédicateurs radicaux font leur apparition à Bamako

Agenzia Fides , le 3 septembre 2012 à 14:42  
Bamako (Agence Fides) – « L’occupation de la ville de Douentza préoccupe fortement les autorités de Bamako » déclare à l’Agence Fides le Père Edmond Dembele, Secrétaire de la Conférence épiscopale du Mali. La ville de Douentza est tombée entre les mains du Mouvement pour l’Unité et la Djihad en Afrique occidentale (MUJAO), l’un des mouvements islamiques qui occupent le nord du Mali, qui l’a soustraite au contrôle d’une milice locale. « La prise de Douentza de la part du MUJAO est importante parce qu’il s’agit de la première ville que l’on rencontre sur la route en direction du nord après Mopti. Jusqu’ici, elle se trouvait dans une zone tampon entre les zones contrôlées par les islamistes et celles se trouvant sous le contrôle des forces régulières » explique le prêtre. « L’autre nouvelle qui agite le Mali est l’assassinat de l’un des membres du Consulat algérien à Gao, ville se trouvant depuis des semaines entre les mains des extrémistes. La nouvelle n’a pas encore été confirmée officiellement mais elle semble vraie » déclare le Père Dembele. « Face à ces événements, on se demande quelle pourra être la réaction du gouvernement malien. Voici quelques jours, en parlant avec un journaliste qui avait été frappé à Goa par des hommes du MUJAO, le Premier Ministre avait déclaré que l’armée se prépare à reconquérir le nord mais il n’est pas possible de savoir quand et comment cela aura lieu ». L’initiative semble actuellement être entre les mains des extrémistes islamiques. « Pour le moment, une avancée militaire des groupes armés qui contrôlent le nord en direction de Bamako ne semble pas possible mais, sur le plan idéologique et sur celui de la propagande, il existe des signaux inquiétants. Dans certaines mosquées de Bamako par exemple, ont fait leur apparition des prédicateurs extrémistes qui ont mené des comices que la population n’a cependant pas apprécié pour l’instant » déclare le Père Dembele. Les populations en fuite du chaos du nord affrontent enfin les fortes pluies qui ont frappé le Mali, provoquant des inondations dans certaines zones. « Les pluies aggravent une situation déjà compromise par la crise alimentaire en ce qu’elles favorisent la diffusion du choléra. Sur le plan des infections, les conditions les plus préoccupantes se trouvent dans le nord, même si des foyers de choléra sont signalés dans le sud. La situation humanitaire demeure donc préoccupante » conclut le Père Dembele. (L. M.) (Agence Fides 03/09/2012)

Profanations : "la même école de pensée est à l'œuvre au Mali et en Libye" - Temoust.org

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le monde
mardi 28 août 2012
Samedi 25 août, des salafistes ont démoli à la pelleteuse une partie du mausolée d’Al-Chaab Al-Dahmani, à Tripoli, alors que des témoins indiquaient qu’un autre mausolée, celui du Cheikh Ahmed Al-Zarrouk, avait été détruit à Misrata. La veille, les intégristes avaient fait exploser, à Zliten (160 km à l’est de Tripoli) le plus grand mausolée du pays, celui du cheikh Abdessalem Al-Asmar, un théologien soufi du XVIe siècle. Des actes qui rappellent les destructions des mausolées en terre de Tombouctou dans le nord du Mali. Spécialiste de l’islam et professeur à l’Institut universitaire européen de Florence, Olivier Roy revient sur ce qui se joue actuellement en Libye.
Que visent les islamistes à travers ces destructions ?
Les intégristes salafistes ont une conception fondamentaliste de l’islam qui interdit de marquer les tombes et d’en faire des lieux de pèlerinage. Or, en Libye, le culte des saints est une très vieille tradition du soufisme, courant majoritaire dans le pays. Les soufis ont l’habitude d’honorer leurs leaders spirituels en se recueillant sur leurs tombeaux. En détruisant ces mausolées, les salafistes se positionnent comme les défenseurs d’un islam rigoriste. Pour eux, les soufis ne sont pas de bons musulmans, et détruire ces tombes est nécessaire pour les faire revenir vers le "vrai" islam. Ces destructions sont une pure provocation car ce n’est, bien évidemment, pas par ces moyens qu’ils y arriveront. Cela risque plutôt de se retourner contre eux, en les excluant de l’union nationale en vigueur dans le pays depuis la chute de Kadhafi.
Quels sont les points communs et les différences avec la situation au Mali ?
Il y a beaucoup de points communs. C’est exactement la même école de pensée qui est à l’œuvre. L’islam traditionnel, implanté depuis des siècles, est d’un coup vivement critiqué et directement visé par des éléments radicaux venus de l’extérieur. La seule différence entre le Mali et la Libye, c’est le jeu politique local dans lequel s’inscrivent ces attaques. Dans le cas de la Libye, les populations locales et le pouvoir politique – qui a condamné les faits – peuvent s’unir pour isoler les salafistes. La situation est plus critique à Tombouctou, où la population est prise au piège. Le pouvoir politique, chassé du nord du pays, est impuissant, le mouvement d’indépendance touareg a été balayé, laissant le champs libre aux intégristes.
Lire  : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/07/03/mali-pour-les-integristes-venerer-un-saint-c-est-porter-atteinte-a-l-unicite-de-dieu_1728525_3212.html
La situation échappe-t-elle au pouvoir libyen ?
Au niveau intérieur, ces attaques prouvent effectivement que l’armée n’est pas encore assez solide et équipée pour rétablir la sécurité et empêcher de telles attaques. En revanche, la démission du ministre de l’intérieur, accusé de laxisme, est plutôt une bonne nouvelle pour la démocratie. Faouzi Abdel A’al a reconnu sa responsabilité et celle des forces de sécurité, ce qui est un signe encourageant de maturité politique.