Parler de l’autodétermination des touareg c’est soit méconnaître la réalité sur le terrain, soit suivre des calculs politiques qui n’ont rien à avoir avec des désirs d’autonomie. Il y a essentiellement trois obstacles à l’autodétermination.
Un graffiti dans le centre de Kidal. Sur la droite, le drapeau de l’Azawad. | Sylvain Cherkaoui / COSMOS pour Le Monde (photo archives)
LE DEUXIEME obstacle est le corollaire du premier. Si on prévoit l’autodétermination du touareg, au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, alors il faudra accorder ce droit à tous les peuples africains qui le demanderont. Et on aura, non pas 100, mais des milliers d’états en Afrique, car chaque ethnie cherchera son autonomie, il n’y a aucun doute là-dessus.
Le dernier obstacle enfin. Le nord du Sahel et le Sahara sont essentiellement habités par des nomades. Et ils ne sont pas tous touareg. Il y a aussi des maures, des peuls, des dogons. Sur le bord du fleuve Niger, c’est-à-dire les zones les plus habitées, les touareg sont même minoritaires.
Un dernier point qui n’est pas un obstacle mais qu’il faut prendre en considération, c’est que le MNLA n’a aucune légitimité populaire pour représenter les touaregs. Ce n’est pas parce qu’un groupe d’une dizaine ou d’une centaine de personnes ouvre un siège à Paris ou Londres, ou ailleurs, qu’il peut être considéré comme représentant d’un peuple. Si l’on accepte toute demande d’autonomie venant d’un groupe, juste parce qu’il est organisé, pourquoi ne pas l’accepter pour les corses, les basques ou les guadeloupéens, qui, eux aussi, ont des groupes organisés ?
KZB Ahmed
SOURCE: Le Débat du 7 juin 2013
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