mardi 28 août 2012

Malijet - Question des minorités touareg et arabe : L’Association Djoyoro Fa ouvre les débats

Malijet - Question des minorités touareg et arabe : L’Association Djoyoro Fa ouvre les débats
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Question des minorités touareg et arabe : L’Association Djoyoro Fa ouvre les débats
«La question des minorités touareg et arabe au Mali dans une perspective historique et géostratégique». Tel est le thème d’une conférence-débats animée au CICB le 25 août 2012 par Konimba Sidibé, président de l’Association Djoyoro Fa. C’était en présence de Younoussi Touré, 1er vice-président de l’Assemblée Nationale, le président du Haut Conseil des Collectivités locales, des membres du corps diplomatique accrédité au Mali, de ceux des associations et organisations politique, ainsi que des élus des régions Nord-Mali.
L’objectif  poursuivi par cette rencontre  est  de procéder à une analyse approfondie de la question sous ses différents angles, de manière à contribuer à une meilleure compréhension des causes  et des enjeux dans l’espace Saharo-sahélien, à la lumière des évolutions récentes qui ont précipité  la région dans une crise profonde. Au cœur des conflits d’influence, les régions Nord sont l’objet de revendications politiques par des groupes de Touareg depuis des décennies. L’espace  saharo- sahélien présente un intérêt géostratégique sur le plan des ressources naturelles et énergétiques qui  y sont nombreuses, et pour des pouvoirs en émergence, il est devenu une zone de trafic où s’exercent de nouvelles formes de domination contre  lesquelles les Etats actuels semblent bien démunis.  L’avenir de l’espace Saharo-sahélien est un enjeu tout autant que celui de l’Afrique de l’Ouest et des rapports avec l’Europe.
M. Sidibé a lancé un appel à la Communauté internationale afin qu’elle agisse en faveur du règlement de la crise de son pays. Evoquant la crise sécuritaire du nord du Mali, Konimba Sidibé a affirmé que sur le plan sociologique, la structuration interne des communautés touareg est l’un des facteurs de la rébellion. Et d’ajouter que l’option que l’Etat Malien a mise en place pour la lutte contre les rebelles, a favorisé la multiplicité des crises.
Quant aux aspects géostratégiques, il a souligné que les « enjeux sont colossaux et dépassent le Mali », ce qui fait que la  » crise devient mondiale ». « Nous avons constaté que nous avons une mauvaise connaissance sur les minorités Touareg et Arabe », a-t-il signalé.
L’Association Djoyoro Fa, créée en mai dernier, a pour objectif de «contribuer à la formulation d’une vision et un projet de société progressistes pour le Mali ; de soumettre la gestion publique à un contrôle citoyen efficace en influant sur les politiques publiques et en soumettant les dirigeants à une obligation de rendre compte».
Il s’agit aussi de contribuer à placer au cœur de la gestion des affaires publiques l’intérêt général, l’intégrité, l’honnêteté, le patriotisme, la compétence, le mérite et l’obligation de rendre compte.
Basile ESSO

Source: Le Katois

lundi 27 août 2012

Mali : les représentants en exil demandent un nouvel organe pour représenter les déplacés - maliweb.net

Mali : les représentants en exil demandent un nouvel organe pour représenter les déplacés - maliweb.net

Trois questions à Zeidanee Ag Sidalamine, porte-parole du Pacte national et de la Flamme de la paix : « Le MNLA sera bientôt dans les dispositions à revoir ses doléances à la baisse» - maliweb.net

Trois questions à Zeidanee Ag Sidalamine, porte-parole du Pacte national et de la Flamme de la paix : « Le MNLA sera bientôt dans les dispositions à revoir ses doléances à la baisse» - maliweb.net

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Zeidane Ag Sidalamine

Zeidane Ag Sidalamine  est le porte-parole du Pacte national et de la Flamme de la paix. Ancien membre d’un mouvement rebelle du nord du Mali, il mène actuellement une campagne de sensibilisation pour l’unité nationale. Le Prétoire l’a rencontré le 25 août dernier, lors de la conférence sur la question des minorités touaregs et arabes.

Le Prétoire : Vous venez de faire une communication sur les Touaregs et les Arabes du Mali. Comment définissez-vous la notion de minorité ethnique ?
Zeidane Ag Sida Lamine : Pour moi, la notion de minorité ne se définit pas par rapport à la couleur de la peau, elle se définit surtout par rapport à la langue et à la culture. Donc, les Touaregs et les Arabes peuvent être considérés comme des minorités d’origine malienne, ce qu’on appelle les minorités visibles. Mais à l’intérieur desdites minorités nationales, il n’y a pas seulement la couleur blanche, parce que les Touaregs de couleur noire existent, pareil chez les Arabes. A côté de ces deux minorités, vous pouvez aussi en trouver d’autres. Notamment la minorité Bwa, la minorité Dogon. Etre minoritaire au Mali, c’est par rapport à l’échelle, c’est affaire de lecture. C’est aussi une affaire de  complément, les Soninkés peuvent aussi se trouver minoritaires, comme les Malinkés.
Actuellement la libération du nord du Mali constitue une grande préoccupation. Selon vous, faut-il préconiser le dialogue ou intervenir militairement ?
Mon avis a été largement diffusé. Les deux options sont sur la table : l’option A, c’est le dialogue, les négociations. En cas d’échec de cette option, il va s’en dire que l’option B, c’est-à-dire l’option militaire, sera mise en œuvre. Quand les négociations échouent, l’option militaire est là. Mais pour le moment, le choix de la République du Mali, c’est le choix de faire la négociation avec les mouvements armés d’origine malienne. Le Nord n’est pas occupé seulement par des mouvements armés nationaux, il y a la présence d’autres forces, des narcotrafiquants et des salafistes qui viennent de plusieurs pays. Pour les mouvements salafistes, islamistes et intégristes, la notion de territoire n’existe pas. Eux, ils ne cherchent pas à diviser le pays, ils cherchent plutôt à développer et assurer l’expansion d’un islam salafiste, qui est différent de notre islam plus modéré, tolérant et consensuel.
Que représente l’Azawad pour vous et quel message avez-vous pour nos frères qui se sont rebellés?
Je pense qu’il ne faut pas avoir peur des concepts ou des appellations à caractère géographique. L’Azawad, pour moi, a la même dénomination et la même sémantique que le Khasso, que le Bélédougou, que le Mandé. C’est un terroir, qui peut être à la fois un terroir limité par une zone déterminée et qui peut par expansion devenir un terroir interrégional. Je pense que le MNLA sera bientôt  dans les dispositions à revoir ses doléances à la baisse. Il parlera beaucoup plus d’un partage de pouvoir, pas d’un partage de territoire ou de la partition du Mali. Et ce chemin est celui de l’espérance. A tous nos frères qui sont dans la rébellion, je leur dis qu’on ne quitte pas l’avenir pour l’aventure. L’avenir, c’est le Mali. Et l’aventure, c’est la rébellion, le narcotrafic et le salafisme.
Propos recueillis  par Rokia DIABATE

Assarid Ag Imbarcawane, député à l’Assemblée nationale : «Si la Suisse est honnête, elle doit s’expliquer…» - maliweb.net

Assarid Ag Imbarcawane, député à l’Assemblée nationale : «Si la Suisse est honnête, elle doit s’expliquer…» - maliweb.net
Nous nous sommes entretenus avec le député Assarid Ag Imbarcawane, à l’Assemblée, le vendredi. Il a demandé à la Suisse de s’expliquer sur le financement qu’elle accorde aux indépendantistes du MNLA, à travers la Division Sécurité Humaine.

Assarid-Ag-Imbarcawane
Depuis quelques jours, des voix s’élèvent aussi bien dans l’hexagone qu’au Mali pour critiquer les actions menées par la Suisse en faveur du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA). Rappelons que chez nous, au Mali, c’est à travers la Division Sécurité Humaine du Programme de politique de paix en Afrique de l’Ouest de la Suisse, pilotée par Carole Mottet, que le MNLA a acquis des financements pour des activités occultes (depuis que le projet d’Alghabass Ag Intallah était au stade de Réseau).
Pour l’honorable Assarid Ag Imbarcawane, «La population suisse doit prendre conscience que plusieurs actions menées en faveur des indépendantistes concourent à semer le trouble au Mali». A en croire Assarid Ag Imbarcawane, «la Suisse souffle le chaud et le froid au Mali depuis longtemps. Elle organise des séminaires sur la décentralisation au Sud et finance la rébellion au Nord».
Notons le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a participé à l’organisation et au financement d’une réunion politique des rebelles touaregs indépendantistes du MNLA, les 25, 26 et 27 juillet à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Cette rencontre devait permettre au bureau politique du MNLA de clarifier ses revendications en vue d’un règlement politique de la crise dans le nord du Mali. Cependant, comme l’atteste le communiqué de presse final du mouvement, publié sur son site, le débat portait également sur des enjeux de politique interne, avec l’adoption de «dispositions urgentes pour l’atteinte des objectifs du MNLA». Or, pour ceux qui suivent le MNLA depuis sa création, ils savent que le Mouvement revendique, comme objectif principal, «une partition territoriale» non reconnue internationalement et qu’une immense majorité des populations du septentrion malien ne veut pas. Le MNLA, dans le communiqué final de la réunion de Ouagadougou, dit avoir «tenu ces discussions afin d’y parvenir». D’où l’étonnement du député Assarid : «Ce n’est pas amical ce que la Suisse nous donne comme modèle de coopération. Elle ne doit pas s’ingérer dans nos affaires internes. Je suis surpris par l’implication politique de la Suisse dans ces réunions sans fondement. La Suisses est officiellement neutre. Mais, ce à quoi nous assistons actuellement équivaut à une caution politique». En plus de Ougadougou, le MNLA vient de tenir une importante réunion à Tunis avec toujours l’appui des Suisses, nous ont confirmé des sources concordantes. Dans la délégation, il y avait, entre autres, le Secrétaire général du MNLA, Bilal Ag Achérif et Carole Mottet, la Suisse. Elle a, d’ailleurs, fait l’aller et le retour avec ses amis.

«Carole Mottet doit être mise à la porte» 
Le député malien est prêt à dénoncer cela partout où besoin se sentira : «On ne peut pas rester impassible à tout ce qui se trame par la Suisse sur notre territoire. Je suis prêt à dénoncer cela partout dans le monde. Je le ferai au plan national et international, comme je l’ai déjà fait au Parlement Européen. Je crois que si la Suisse est honnête, elle doit s’expliquer sur ce qui se passe au sein de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) à Bamako et surtout mettre à la porte la nommée Carole Mottet. Si la Suisse ne le fait pas, c’est que tout ce qui se passe est dicté par Berne. Parce que je ne peux pas comprendre qu’une femme, qui a son bureau au sein de la DDC, se mette à faire du n’importe quoi. Pire, elle n’a de compte à rendre à personne, même pas au DFAE (Département fédérale des affaires étrangères)». L’honorable Assarid va encore plus loin dans sa critique : «Je sais que les Suisses ont été les seuls en Europe à défendre la construction des minarets. L’Union Européenne a condamné ce referendum. Il est aussi avéré que la Suisse a fait recruter des centaines de combattants touaregs du Mali pour aider le CNT (Conseil national de transition) à combattre Khadaffi, en Libye. On sait aussi que c’est la Suisse est l’un des principaux acteurs dans le financement de ceux qui ont pris les armes contre le Mali, au Nord». Verdict du député : «Une telle coopération ne sert à rien au Mali». Assarid Ag Imbarcawane de demander à «notre diplomatie de bien s’informer sur les différentes activités de la Suisse au Mali et de faire la part des choses. Si le ministre des Affaires Etrangères ne se manifeste pas, je vais demander qu’on l’interpelle devant l’Assemblée nationale». Car, a-t-il ajouté, «nous, élus du Mali et surtout du Nord, n’accepteront plus que les Suisses continuent à se venger de la Mort de Berberat. Nous la regrettons comme nous regrettons la mort de plusieurs autres personnes dans ce conflit. Ce n’est pas le Mali qui a commandité ce meurtre». Il sied de rappeler que Jean-Claude Berberat, Chef de la Coopération suisse au Mali, a été assassiné le 4 octobre 1994, à Niafunké. Il avait 47 ans.
Ce que les Maliens doivent savoir est qu’en plus des Suisses, d’autres organismes internationaux ont contribué à mettre en place le MNLA. Il s’agit, notamment du PNUD. C’est un chapitre que nous ouvrirons dans nos prochaines parutions.
Le dernier point soulevé par Assarid Ag Imbarcawane concerne les négociations «en solo» que mènent plusieurs associations du Mali. Pour lui, ces actions doivent être «coordonnées par le gouvernement et le médiateur», car on a à faire «à des étrangers qui ne connaissent pas nos réalités».
A suivre.
Paul Mben

Radio: Emissions: Le Mali devant le choix entre la paix et la guerre dans le règlement de la crise: La Voix de la Russie

Radio: Emissions: Le Mali devant le choix entre la paix et la guerre dans le règlement de la crise: La Voix de la Russie
Voici notre rubrique hebdomadaire « Gros plan sur l'Afrique ». Son auteur Alexeï Grigoriev propose aujourd’hui à votre attention son sujet « Le Mali devant le choix entre la paix et la guerre dans le règlement de la crise » et traditionnellement – un bref aperçu « L’Afrique : les échos de la semaine ». Vous pouvez mailer à l’auteur de la rubrique à l’adresse yazon@ruvr.ru
La junte militaire a commis il y a cinq mois : le 22 mars un coup d’Etat au Mali ayant renversé le président élu par voie démocratique Amadou Tumani Toure, le gouvernement, suspendu la Constitution. L’accession des putschistes au pouvoir a entraîné un chaos politique sans précédent. Le pays s’est désintégré en deux parties des deux rives du fleuve Niger. Les Touaregs séparatistes du Mouvement national pour la libération d’Azavad (MNLA) ont profité du chaos s’étant emparé de la plupart des territoires du Nord. A y ajouter le regain d’activités des groupes « Аl-Qaida au Maghreb islamique » (AQMI), les commandos touaregs d’Ansar Dine и du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) regroupant les extrémistes des tribus arabes. Ces trois groupes ont d’abord dispersé le MNLA ayant établi ensuite le contrôle dans le Nord du Mali et imposé au reste des habitants la charia. Malgré la médiation de la Communauté économique de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les forces politiques dans le Sud du Mali n’ont pas réussi à s’entendre ce qui a transformé le Mali en un foyer d’instabilité dans le Sahel. La classe politique malienne a assuré à l’issue de cinq mois le consensus. Le président par intérim Dioncounda Traore a accepté lundi 20 août la nouvelle composition du gouvernement d’entente nationale proposée par le premier ministre Cheick Modibo Diarra. Le Conseil présidentiel supérieur composé du leader de l’Etat et de deux vice-présidents a été formé. Il est prévu d’instituer la Chambre publique des représentants des principaux partis politiques et des associations de la société civile. Il est décidé de former une délégation permanente pour les pourparlers avec les formations armées contrôlant le Nord du pays.
La délégation devra initier prochainement les pourparlers avec ces formations. Si ce processus n’évolue pas, il faudra se préparer aux opérations armées contre les groupes hostiles au nouveau gouvernement à Bamako dans le Nord du pays. Il faudra faire renaître les forces armées. C’est une tâche onéreuse et prolongée, le Trésor étant pratiquement vide et l’armée malienne loin d’être parmi les plus fortes dans la région étant inapte au combat et contrainte d’abandonner le Nord après les affrontements avec les groupes islamistes. « Néanmoins, a dit dans une interview à notre correspondant l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de Russie au Mali Alexeï Doumian, je pense que la formation d’un nouveau gouvernement traduit les démarches réelles vers le règlement de la crise au Mali ». Le CS de l’ONU, a ajouté l’ambassadeur russe, reprendra début septembre l’examen du problème malien, envisagera, notamment l’éventuel concours militaire avec la participation des forces armées de la CEDEAO pour faire renaître l’Etat malien et affranchir le Nord du pays des groupes islamistes armés.
Les chefs militaires des islamistes d'Ansar Dine, d’AQMI et de Mujao se sont montrés en réponse à la formation d’un nouveau gouvernement d’entente nationale à Bamako prêts à convoquer un Conseil militaire de ses représentants à Kidal, Gao et Tombouctou. La réunion est fixée à fin août et les leaders des groupes entendent envisager une stratégie conjointe de guerre contre l’armée malienne et les forces de la CEDEAO en cas des opérations armées dans la zone contrôlée par les islamistes. Simultanément les leaders d'Ansar Dine et du Mujao ont menacé de représailles les pays qui participeront à la force interventionniste et ceux qui la soutiendront. Bref, les islamistes n’entendent pas céder sans combat les positions dont ils se sont emparés aux nouvelles autorités à Bamako et à leurs alliés de la CEDEAO, ce qui menace de transformer le Sahel en un théâtre d’opérations armées d’envergure. Or, les autorités maliennes n’ont pas de choix. Le nouveau chef de la diplomatie malienne Tiéman Coulibaly a dit dans une interview téléphonique à notre collègue Marie-Pierre Olphand de RFI.

samedi 25 août 2012

Malijet - Nouvelles du Sahel : Iyad Ag Aghaly est-il en sursis ?

Malijet - Nouvelles du Sahel : Iyad Ag Aghaly est-il en sursis ?
C’est ce qui se dit ça et là et par des sources bien informées. Il semblerait que l’homme aurait des « ennuis » avec les gars du GSPC Algérien. C’est la raison pour laquelle il se terre à Kidal et sort rarement de là.


Le salut ou le danger ?

Sur les débris d’un MNLA, s’érige aujourd’hui à Gao, le MUJAO vainqueur de la bataille du 27 juin dernier qui délivra la cité des Askia de bandits armés, pilleurs, voleurs de la cité et du vandalisme de tous genres. Allah Akbar, devient un slogan à chaque ronronnement des Toyota du monument islamiste claironné comme rédemption là-bas, là où le souvenir du 31 mars se calle  comme une page obscure de l’histoire du Mali : la débâcle sans précédent de l’armée et l’abandon par l’état des populations ramenées à la servitude et l’humiliation. Catégories signées MNLA dont le sort aujourd’hui germe la justice immanente. Celle qui sanction après avoir tranché. Gao retrouve vie depuis le 30 juin lorsque la défaite du MNLA s’est rendue effective dans le Nord Mali. La démonstration de technique de combat en plein jour avec l’appui des jeunes et des femmes de la ville le jour de l’effondrement a fini de mettre en place une sympathie pour le MUJAO au point que son intégrisme idéologique connait le pardon et l’adhésion ; la révérence et l’admiration ; la renaissance et le salut. Où en-es-t-on avec les mesures liées à la Charia que proclament ces nouveaux prosélytes d’un islam du 7ème siècle ? Où en es-t-on du dialogue entre hommes de Dieux de Gao et ces redoutables islamistes venus des quatre vents- pour la seule foi, ont-ils trouvé une terre de rencontre ? La chose est de taille : d’un côté, la reconnaissance pour avoir balayé un MNLA produit de l’inconscience de l’état depuis vingt ans et les calculs, fouets d’une France écoulée, de l’autre, la présence menaçante d’un nouvel ordre du monde depuis Gao au Mali. L’épicentre du terroriste se réinstalle là. Au Mali, le maillon faible depuis ATT et Alpha Oumar Konaré.

Mahmoud Alpha Maïga, envoyé spécial à Gao

Malijet - Nord Mali : « le chien aboie, la caravane passe »

Malijet - Nord Mali : « le chien aboie, la caravane passe »
Nord Mali : « le chien aboie, la caravane passe »
Par Sidwaya - Date: 24 Aout 201217 réactions   Article lu 1049 fois (actualisé toutes les 30mn)



Taille de la police:

Que faire pour ramener les islamistes qui règnent, en maître absolu, dans le Nord Mali, à la raison ? En tout cas, pour ce qui se laisse voir, rien ne semble les inquiéter. « Le chien aboie et la caravane » du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), allié d’Aqmi et les autres groupes islamistes tel Ansar dine, passe, en toute tranquillité et impunité ! Il leur arrive de rentrer en hibernation, se faire oublier par moment, en travaillant au rapprochement avec la population. Mais quand ça les prend, il ampute une main par-ci, donnent des coups de fouets par là… La dernière prouesse en date, c’est l’interdiction aux radios de leur zone « d’occupation » de diffuser de la musique qu’ils qualifient de profane.
Et « Ces fous de Dieu » n’ont pas du tout l’air de rigoler sur la question. Ils sont au sérieux et ne sont pas prêts de pardonner aux contrevenants. Leurs propos rapporter par des médias internationaux en disent long : « Nous, les moudjahidines de Gao, de Tombouctou et de Kidal, nous refusons désormais la diffusion de toute musique occidentale sur les radios en terre d’islam », a déclaré à Oussama Ould Abdel Kader, un des porte-parole du MUJAO. Le fameux porte parole précise que l’’interdiction prend effet « à partir d’aujourd’hui (mercredi 22 août 2012).
Nous avons déjà parlé à des gens qui ont des radios. Nous ne voulons plus de musique du Satan. Il faut à la place les versets du Coran. La musique de l’Occident est la musique du Satan ». Avant de terminer que « La charia demande ça. Il faut faire ce que Dieu demande. On va appliquer la sanction de Dieu contre les contrevenants de la mesure visant une dizaine de radios privées ». Comme on le voit, les islamistes ne se montrent point préoccupés par ce qui se trame à Bamako, capitale malienne. Ainsi, les questions de gouvernements d’union nationale, de l’organisation de journées nationale de concertation, de libération du Nord, ne les ébranlent absolument pas.
Ils n’en ont que faire. Au contraire, ils posent des actes qui montrent qu’ils sont les maîtres des lieux et qu’ils ne craignent personne. En effet, plus les jours passent, plus les islamistes imposent petit-à-petit leurs lois dans le Nord Mali, sans qu’il n’y ait de contre pouvoir réel pour s’y opposer, sauf quelques plaintes des défenseurs des droits de l’homme, des organisations internationales et sous régionales. Bamako même étant, pour le moment, imbriquer dans des contradictions internes, doublée de fierté nationale aveuglante. Au regard de cette situation, le MUJAO et ses acolytes n’ont-ils pas raison d’agir à leur guise ?
A vrai dire, jusqu’à présent, aucune force ou organisation bien organisée ne semble imposante pour amener ces islamistes à revoir leur copie. Les maliens de Bamako affirment fermement leur refus que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) intervienne militairement au Mali. A l’intérieur de la CEDEAO, elle-même, certains sont pour le dialogue et la concertation pour une sortie de crise au Mali (le Burkina Faso), d’autre sont pour une intervention.
Dans cette situation de tergiversation, le président nigérian Goodluck Jonathan vient de lancer à Dakar, au Sénégal, qu’une intervention militaire de l’Afrique de l’Ouest au Mali n’est pas à exclure, si les négociations en cours venaient à échouer. De façon claire, il a prévenue : « Je pense qu’à travers les négociations, nous serons en mesure de résoudre cette crise. Nous n’avons pas forcément besoin d’une intervention militaire (…) mais si cela échoue, nous n’avons pas d’autre choix ». Ces propos vont-ils susciter un changement de direction chez les islamistes qui ont, pour le moment, les coudées franches pour agir comme ils le souhaitent ? Wait and see !


Source: Sidwaya

Malijet - Nord Mali : « le chien aboie, la caravane passe »

Malijet - Nord Mali : « le chien aboie, la caravane passe »
Nord Mali : « le chien aboie, la caravane passe »
Par Sidwaya - Date: 24 Aout 201217 réactions   Article lu 1049 fois (actualisé toutes les 30mn)



Taille de la police:

Que faire pour ramener les islamistes qui règnent, en maître absolu, dans le Nord Mali, à la raison ? En tout cas, pour ce qui se laisse voir, rien ne semble les inquiéter. « Le chien aboie et la caravane » du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), allié d’Aqmi et les autres groupes islamistes tel Ansar dine, passe, en toute tranquillité et impunité ! Il leur arrive de rentrer en hibernation, se faire oublier par moment, en travaillant au rapprochement avec la population. Mais quand ça les prend, il ampute une main par-ci, donnent des coups de fouets par là… La dernière prouesse en date, c’est l’interdiction aux radios de leur zone « d’occupation » de diffuser de la musique qu’ils qualifient de profane.
Et « Ces fous de Dieu » n’ont pas du tout l’air de rigoler sur la question. Ils sont au sérieux et ne sont pas prêts de pardonner aux contrevenants. Leurs propos rapporter par des médias internationaux en disent long : « Nous, les moudjahidines de Gao, de Tombouctou et de Kidal, nous refusons désormais la diffusion de toute musique occidentale sur les radios en terre d’islam », a déclaré à Oussama Ould Abdel Kader, un des porte-parole du MUJAO. Le fameux porte parole précise que l’’interdiction prend effet « à partir d’aujourd’hui (mercredi 22 août 2012).
Nous avons déjà parlé à des gens qui ont des radios. Nous ne voulons plus de musique du Satan. Il faut à la place les versets du Coran. La musique de l’Occident est la musique du Satan ». Avant de terminer que « La charia demande ça. Il faut faire ce que Dieu demande. On va appliquer la sanction de Dieu contre les contrevenants de la mesure visant une dizaine de radios privées ». Comme on le voit, les islamistes ne se montrent point préoccupés par ce qui se trame à Bamako, capitale malienne. Ainsi, les questions de gouvernements d’union nationale, de l’organisation de journées nationale de concertation, de libération du Nord, ne les ébranlent absolument pas.
Ils n’en ont que faire. Au contraire, ils posent des actes qui montrent qu’ils sont les maîtres des lieux et qu’ils ne craignent personne. En effet, plus les jours passent, plus les islamistes imposent petit-à-petit leurs lois dans le Nord Mali, sans qu’il n’y ait de contre pouvoir réel pour s’y opposer, sauf quelques plaintes des défenseurs des droits de l’homme, des organisations internationales et sous régionales. Bamako même étant, pour le moment, imbriquer dans des contradictions internes, doublée de fierté nationale aveuglante. Au regard de cette situation, le MUJAO et ses acolytes n’ont-ils pas raison d’agir à leur guise ?
A vrai dire, jusqu’à présent, aucune force ou organisation bien organisée ne semble imposante pour amener ces islamistes à revoir leur copie. Les maliens de Bamako affirment fermement leur refus que la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) intervienne militairement au Mali. A l’intérieur de la CEDEAO, elle-même, certains sont pour le dialogue et la concertation pour une sortie de crise au Mali (le Burkina Faso), d’autre sont pour une intervention.
Dans cette situation de tergiversation, le président nigérian Goodluck Jonathan vient de lancer à Dakar, au Sénégal, qu’une intervention militaire de l’Afrique de l’Ouest au Mali n’est pas à exclure, si les négociations en cours venaient à échouer. De façon claire, il a prévenue : « Je pense qu’à travers les négociations, nous serons en mesure de résoudre cette crise. Nous n’avons pas forcément besoin d’une intervention militaire (…) mais si cela échoue, nous n’avons pas d’autre choix ». Ces propos vont-ils susciter un changement de direction chez les islamistes qui ont, pour le moment, les coudées franches pour agir comme ils le souhaitent ? Wait and see !


Source: Sidwaya

Malijet - Maliens des régions Nord du Mali / Le piège de l’exil

Malijet - Maliens des régions Nord du Mali / Le piège de l’exil
Sept mois après le début des hostilités au nord du Mali, la situation se trouve incontestablement dans l’impasse. Les populations continuent d’être les victimes impuissantes des exactions et des brimades de toute nature, les plus inhumaines. Il est grand temps pour nos compatriotes partis en exil et restés sur place de prendre leur destin en main. Car, tout porte à croire que dans l’immédiat la restauration de l’intégrité du territoire malien par l’Etat malien devient une rhétorique incantatoire.

La semaine dernière, plusieurs déplacés, certainement las de répéter cette volonté de « rentrer chez eux », se sont embarqués à bord des cars en partance vers leurs régions au nord du Mali, pour y passer la fête de fin de ramadan. Ils entendaient rejoindre, les uns leur famille restée sur place, les autres leurs villages ou quartiers qui leur manquent tant.
Aussi, depuis quelques temps nos compatriotes déplacés ne ratent aucune occasion télévisée pour exprimer leur profond désir de retourner assez rapidement dans leur maison et reprendre une vie normale. Seule la restauration de l’intégrité territoriale constitue à leurs yeux la fin de leur calvaire.
Il est indéniable que les mises en scène des cérémonies de remise de dons, qui font l’objet de lots de reportages télévisés, commencent à indigner et scandaliser de façon déconcertante plus d’un patriote. Il faut se rendre à l’évidence que le folklore prend le dessus sur la spontanéité de la générosité désintéressée. D’autant plus que la solidarité nationale du peuple malien et de ses amis étrangers, qui entendent s’exprimer à travers l’octroi à nos compatriotes déplacés de plusieurs millions de FCFA, des milliers de sacs de riz et de farine, des milliers de litres d’huile et des moustiquaires imprégnés,  etc., s’apparente pour nos compatriotes déplacés, à d’évidentes velléités de se donner bonne conscience. Tout simplement, notre passivité face à cette crise si humiliante est flagrante, d’autant plus qu’il y a aucune lueur d’espoir pour en sortir.

Ainsi tous les acteurs, sur lesquels les espoirs du peuple malien sont fondés, s’inscrivent dans des jeux logiques qui n’aboutiront jamais à la reconquête imminente des 2/3 de notre territoire national.

<!--[if !supportLists]-->-            <!--[endif]-->Le gouvernement malien est complètement impuissant, face au refus des militaires de retourner au front pour combattre l’ennemi occupant, régnant en maître absolu dans les régions nord du Mali. L’armée, auteur d’un coup d’Etat le 22 mars 2012, entend profiter des juteux fruits de sa nouvelle position. Elle installe son propre système en lieu et place de l’ancien. En désormais faiseur de roi, elle ne se voit pas imposer un ordre par des politiques, qu’elle a réussi à diviser pour les soumettre à ses desiderata par la force des baïonnettes. Les militaires maliens ne sont pas prêts d’aller faire la guerre au nord,  prétextant selon la météo : le manque de moyens matériels, le blocage des armes dans les ports ; et plus récemment en devenant les ardents défenseurs de la négociation préalable, que l’on croyait être l’apanage des seuls politiques et de la société civile. Nos plus hautes autorités seront toujours à la merci des forces militaires.

Pendant ces tergiversations et cet imbroglio des rôles, le nord peut toujours attendre !



<!--[if !supportLists]-->-            <!--[endif]-->La classe politique, qui n’est pas à une humiliation près, vient de prouver que seule l’entrée au gouvernement d’union nationale est salutaire. En effet, en réaction à un des communiqués les plus déshonorants de l’histoire de la Présidence de la république du Mali, tous les acteurs mobilisés depuis le putsch militaire du 22 mars 2012 viennent de se mettre en effervescence pour prétendre à un maroquin gouvernemental. Y compris ceux qui ont émis de réserves, tous espèrent obtenir quelque broutille dans le partage de gâteau qui vient de commencer ; portefeuille ministériel ou autres missions sous la transition, chacun veut sa part, peu importe les compromissions et le temps que peuvent durer les querelles de clochers pour le maintien de tel ou tel au poste juteux.

Les populations déplacées devraient se contenter de l’aide humanitaire,  synonyme de ressentiments et de souffrances assez exprimés par les bénéficiaires.



<!--[if !supportLists]-->-            <!--[endif]-->La CEDEAO, bras opérationnel de la communauté internationale attend un pactole de plusieurs millions de dollars de la part de l’ONU et de l’UE pour prendre part à l’opération de reconquête et de sécurisation des régions nord du Mali, sous réserve de l’accord des autorités maliennes. Les bailleurs de cette manne financière traînent les pieds, car chaque fois que ces fonds étaient diligentés, il s’est avéré que le pays destinataire était solvable : en Irak, en Libye, le pétrole assure le retour sur investissement. Ce qui est loin d’être le cas du Mali.

En d’autres termes, n’ayant rien à se mettre sous la dent, les pays du Conseil de sécurité ne se bousculent pas pour donner le feu vert aux forces en attente de la CEDEAO.
D’autant plus que les partenaires du Mali ne seront guère rassurés par le gouvernement dit d’union nationale nommé lundi soir, qui laisse la part belle aux putschistes et marque le retour en force de l’armée au pouvoir à tous les postes stratégiques du pays.

Pour ce qui est de l’accord de l’Etat malien, il ne faut pas oublier que les « fiers » descendants de Da  Monzon et de Soundiata, militaires comme civils, pourtant incapables d’empêcher quelques illuminés à faire la pluie et le beau temps sur les 2/3 de leur territoire, s’opposent à toute  présence des forces étrangères pour la libération des régions nord du Mali. A ce sujet, les militaires maliens viennent, d’ailleurs, d’effectuer un nouveau « repli stratégique » la semaine dernière, lors de la réunion des chefs d’Etat major de la CEDEAO à Bamako, qui compromet tout déploiement imminent des forces ouest africaine.

Les déplacés devront prendre leur mal en patience.
Le plus désespérant pour nos compatriotes déplacés est que beaucoup de stratèges freinent les ardeurs pour la solution militaire, arguant que la reconquête par les armes serait très difficile et complexe. Quant à l’option de la négociation elle n’est pas des plus prometteuses avec des illuminés en pleine logique métaphysique.

Depuis bientôt 5 mois, rien ne permet d’attester le retour très prochain des exilés intérieurs comme extérieurs dans leur foyers, qu’ils ont quittés en même temps que l’armée malienne lors de ses multiples « replis stratégiques ». Les pressantes interpellations pour une solution rapide à la crise territoriale constamment distillées, ainsi que des scènes de retour intempestif au bercail pour la fête de ramadan sont autant de signes de déception qui stigmatisent l’immobilisme actuel, de l’Etat malien surtout.

Que faire donc ? Les populations des régions nord n’ont plus le choix, elles doivent compter d’abord sur leurs propres forces.
Dans la situation actuelle des régions nord du Mali et au vu des données socio politiques et militaires dans le reste du pays, seule une résistance populaire permettra aux populations de défendre leur terrain et leur mode de vie.

La constitution d’une force de protestation interne  devient un impératif pour venir à bout de la domination des hordes obscurantistes et leur éclaireur du MNLA, principal responsable de cette situation délétère que vivent nos compatriotes.
En d’autres termes, les exilés intérieurs et extérieurs des régions de Gao, Kidal et Tombouctou doivent se résoudre à retourner chez eux, pour organiser la riposte quotidienne aux assaillants.

A l’instar des palestiniens retournés sur leur terre, après avoir vécu les pires humiliations lors de l’exil imposé par l’ennemi israélien, il faudrait que nos compatriotes rejoignent ceux des leurs qui montrent la voie déjà.

Le Hamas et l’OLP n’ont réussi à imposer des solutions vers la création d’une Autorité palestinienne, qu’à travers plusieurs formes de luttes menées depuis le territoire qu’ils revendiquent. Et cette résistance interne ne manque pas d’efficacité car elle coûte très cher, sur tous les plans, à l’occupant israélien.
Un autre exemple est cet historique train pour Petrograd que Lénine et ses camarades empruntèrent pour se rendre en Russie tsariste, où se trouvait le principal foyer de leur lutte. Effectué dans des conditions controversées certes, ce retour sur le terrain aboutît à la révolution de 1917, qui changea considérablement le cours de l’Histoire.
On peut multiplier à souhait les exemples à travers le monde et dans l’Histoire, pour démontrer que rien ne résiste à la détermination et au courage d’un peuple qui veut se libérer du joug de ses envahisseurs.
Les tergiversations de l’Etat malien ainsi que les multiples diversions de l’armée et des forces vives du sud, qui ne semblent pas décidées à bouter dehors l’horrible occupant, prouvent à suffisance que nos compatriotes déplacés ne peuvent compter que sur leurs propres forces pour mener la lutte de libération de leur territoire.
Cette lutte doit se mener essentiellement sous des formes non violentes, mais fermes et médiatisées constamment : comités de vigilance ; manifestations périodiques ; protestations contre toute velléité de contrôler les affaires publiques ; refus d’application des sanctions arbitraires ; solidarité et secours aux victimes ; sécurisation des services et biens publics ; désobéissance civile ; etc.

Il s’agit donc d’un choix stratégique, qui peut se fonder sur les rares, mais hautement significatifs, succès remportés, dans quelques localités par les populations à mains nues, qui ont signifié vigoureusement leur refus d’obtempérer à certaines décisions des assaillants, jugées arbitraires.
Ces actions de résistance devraient être soutenues et renforcées désormais, grâce au retour massif de tous les compatriotes déplacés à l’intérieur comme à l’extérieur.

Tous devraient comprendre que l’exil actuel est un piège et que seule la résistance interne méthodique et organisée permettra de mettre fin à leur calvaire et à la crise territoriale de notre pays, ce vieux Mali.

Mamoudou, PARIS

Source: Lerepublicainmali

Malijet - Depuis Bamako : Pensées d’un frère du Nord

Malijet - Depuis Bamako : Pensées d’un frère du Nord
Je ne rêve plus… Je n’espère plus…mon pays va si mal ! J’aurais voulu dire, après l’annonce du nouveau gouvernement : « enfin le règne de la paix et de la raison se profile à l’horizon » ! J’aurais voulu voir des hommes et des femmes valables, honnêtes et déterminés occuper les nouveaux postes. J’aurais voulu avoir laissé, derrière moi, le temps des doutes et des magouilles, pour avoir la vision d’un Mali dépouillé, net, patriote et capable. Au lieu de cela, je ne peux faire que le triste constat d’un accouchement difficile, donnant naissance à un être rachitique, symbole étriqué de notre société civile et de nos sensibilités politiques qui se retrouvent, bien minoritaires et mal représentées, au sein d’une équipe de « nous pas bouger » qui sort par la porte et revient par la fenêtre.


Comment peut-on nous mener en bateau de la sorte? Nous, les citoyens lambda du Nord et du Sud, toute la classe politique et toute la société civile. Ce gouvernement est totalement phagocyté par la bande de copains de CMD qui, dans un semblant de nettoyage des grands ministres CEDEAOINS, Touré et Sow, les fait revenir, déguisés en Conseillers très spéciaux, avec rang de ministres. Sommes-nous devenus si stupides qu’on peut nous faire avaler n’importe quelle couleuvre ? Notre Président par intérim, n’a-t-il pas le pouvoir nécessaire pour mettre un frein à la gourmandise de l’homme de la Nasa? Et côté Kati - pourtant on dit que c’est eux qui tirent les ficelles de ce théâtre de marionnettes qu’est devenue la scène politique - c’est l’approbation silencieuse et l’abandon des promesses faites au peuple malien lors du coup d’Etat… 4 ministères pour nos vaillants soldats ! Mais sont-ils encore vaillants ? Faudra-il encore attendre de longs mois avant notre libération?

Au Sud, les salafistes s’activent…s’infiltrent dans les mosquées…demandent même la démission du directeur de l’ORTM. Religion et politique s’entremêlent dangereusement.

Mon pays que vas-tu devenir ?
Nos frères du Nord se sentent abandonnés entre les mains de ces Fous de Dieu qui veulent changer nos us et coutumes et dévier notre pratique religieuse vers l’extrémisme, la barbarie et l’intolérance.
Que la fête a été triste, dans certaines villes où ces vautours planent sur nos populations ! A Bamba, les ordres étaient clairs ! Pas de va-et-vient pour saluer les amis, les voisins, les parents. Peut-on imaginer une des grandes fêtes maliennes comme Aïd el Fitr ou Aïd el Khebir sans ces groupes joyeux d’enfants qui viennent vous chantonner san bè sanbè au sud ou kay yeessi au nord, vêtus de leurs meilleures parures, insouciants et heureux comme des mange-mil avant la moisson. Plus de jeux dans les rues, plus de rires et de cris d’enfants… quelle tristesse !

Mon pays va si mal !… Pourra-t-on un jour retrouver notre joie de vivre ? Pourrai-je revenir, sans la peur au ventre, dans mon village du Gourma? Y amener ma femme et mes enfants? Pourrai-je m’asseoir, à nouveau, le soir au pied de la dune et entendre le son aigu du violon chanter les louanges de mes ancêtres? Pourrai-je revoir mes cousines, aux sourires éclatants et aux yeux ombrés de khôl, onduler gracieusement au son de la musique de Takamba? Et quand pourrai-je prier, dans la sérénité de l’aube, sur le sable blanc du bord du fleuve?

Je n’ose pas penser un seul instant que je devrais un jour faire mes bagages et partir en exil, dans un pays lointain d’où, les blessures des miens et le malheur de mon pays feraient saigner mon cœur à chaque instant.
Mon souhait, le souhait de tous les maliens du Nord et du Sud, qui portent notre patrie dans leur âme est de pouvoir regarder vers l’avenir et voir cette lueur d’espoir qui pour le moment tarde á s’allumer.

Que ces hommes qui tiennent les rênes du pays ne s’égarent pas dans les chemins sinueux de la cupidité et de la gourmandise politique et qu’ils nous conduisent enfin vers le salut de notre patrie, vers sa libération entière et totale et la dignité retrouvée.
Alors, je reviendrai chez moi…dans mon Gourma natal.
Mahamane Sidibé