mardi 31 juillet 2012

Malijet - Cheick Madibo Diarra : la vérité d’un homme, la dignité d’une nation

Malijet - Cheick Madibo Diarra : la vérité d’un homme, la dignité d’une nation
«Tinyè ka fô, bèn ka sabati, baara ka kè», telle est la trame de l’action gouvernementale comme elle apparaît dans le plaidoyer du Premier ministre de transition, Cheikh Modibo DIARRA, samedi dernier, face aux journalistes de la presse nationale, privée comme publique

écrite comme orale, avec une diffusion synchronisée sur l’ORTM et Africable, 90 minutes durant, pour défendre son bilan à la tête du gouvernement depuis 100 jours à la date du 25 juillet dernier après sa nomination le 17 avril plus tôt. Tous les sujets y ont été abordés, sans fard ni détour, 90 minutes durant: le Nord, le gouvernement d’ouverture en gestation avec ou sans CMD lui-même, les libertés individuelles et collectives, la sécurité des personnes et de leurs biens, les acquis du gouvernement et les attentes du peuple, etc.
A tout seigneur, tout honneur: le dossier du Nord, avec toutes ses implications et complications, était au fronton des échanges entre le Premier ministre avec les journalistes. Ces derniers, comme on pouvait s’y attendre, se sont fait l’écho des critiques à ce sujet à l’encontre du gouvernement CMD: non assistance à populations en danger dans les zones occupées par les groupes armés non étatiques, du moins à hauteur de souhait; absence de stratégie de libération de ces régions, à savoir Kidal, Gao et Tombouctou; lenteur dans le déclenchement des hostilités pour bouter ces groupes terroristes et intégristes hors du Nord du pays; patriotisme débordant de jeunes volontaires face aux atermoiements supposés des soldats de métier; etc.
Les braises du Nord
Primo, s’est défendu Cheikh Modibo DIARRA, c’est le gouvernement, en dépité des apparences, qui a organisé les caravanes humanitaires en direction des zones occupées via le Haut conseil islamique du Mali, les organisations caritatives (comme la Croix rouge malienne) et autres associations de la société civile dédiées à la cause du Nord.
Le gouvernement, a-t-il promis, continuera à le faire au-delà même de ces aspects humanitaires pour faire face à son rôle régalien en matière de fourniture d’eau et d’électricité pour les grandes villes (Kidal, Gao et Tombouctou).
Secundo, CMD n’a pas usé de la langue de bois pour cracher ses quatre vérités sur la stratégie de reconquête ou de libération des zones occupées par les groupes rebelles, les islamistes radicaux et autres trafiquants en tous genres.
«Il faut être réaliste et dire la vérité aux Maliens pour ne pas les décevoir en créant de faux espoirs : ce n’est pas en un jour qu’on peut libérer le Nord», a-t-il martelé.
«Ce n’est pas en trois mois qu’on peut déloger des groupuscules intégristes qu’on a laissé s’incruster par complaisance depuis plus de 10 ans», a-t-il enfoncé le clou, en pointant du doigt l’incurie du régime précédent, ainsi que son absence de vision stratégique et le sens de l’anticipation qui lui faisait défaut.
C’est pourquoi, selon lui, il ne faut pas se faire d’illusion sur la question : «La libération du Nord va prendre du temps et demandera des sacrifices énormes et des efforts hardis, mais aussi une réelle convergence patriotique (au-delà du verbiage et du dénigrement systématique)».
Sinon, il ne voit pas d’inconvénient que les jeunes volontaires se joignent à l’armée régulière pour la même mission: libérer le Nord.
Mais, au préalable, a-t-il tempéré, il faut les former et les encadrer parce que les ennemis d’en face, pour la plupart des fanatiques religieux, sont très aguerris et ne sont pas des enfants de cœur.
Les armées les plus puissantes au monde (USA, France, Grande Bretagne, etc.) les affrontent en Irak et en Afghanistan, depuis plus de 10 ans, avec toutes les difficultés du monde, a-t-il rafraîchi la mémoire à ceux qui en avons plus courte pour envoyer les enfants et les soldats à la boucherie sans préparation aucune.
«Tout le monde a un gros cœur, mais il faut agir avec raison dans le cas qui nous concerne», a souligné CMD.
Il faut une préparation rigoureuse et minutieuse, a conseillé CMD, avant de déclencher les hostilités contre tous ces groupes qui écument le Nord du pays.
À ceux-ci, a-t-il promis, le Mali fera la guerre qui, a-t-il prévenu, sera longue et coûteuse.
En revanche, selon lui, le pays négociera avec ses propres fils pour trouver un terrain d’entente sur la gestion de l’État dans le cadre de la république, une et indivisible, et sa forme laïque.
Or, comme on le dit l’adage, l’argent, qui est le nerf de la guerre, est ce qui manque le plus au Mali que son gouvernement a hérité dans un état de décrépitude avancé.
Le gouvernement d’ouverture
Si, pour faire aboutir cette cause, il faut aller à un gouvernement d’union nationale, CMD dit y être favorable et n’y voit aucun inconvénient.
Mais, il a été catégorique: «Je ne démissionnerais pas pour faire plaisir à quelqu’un».
Même s’il devrait le faire, à qui est-ce qu’il remettrait cette fameuse démission, s’est-il interrogé; puisqu’il dispose, a-t-il soutenu, des «pleins pouvoirs» suivant l’accord-cadre grâce auquel il a été nommé Premier ministre avec des missions bien précises: libérer le Nord et organiser des élections libres, transparentes et crédibles au terme de la transition en cours.
En tout cas, il dit être serein par rapport à la date-butoir fixée par la CEDEAO pour la formation de ce gouvernement d’ouverture: «Je n’ai aucune pression rapport à l’échéance du 31 juillet 2012».
comme quoi, la balle politique est dans le camp du président Dioncounda TRAORE rétabli par la CEDEAO dans ses «pleins pouvoirs constitutionnels».
On peut aimer son pays et l’aider en dehors du gouvernement, car, selon lui, «au lieu de critiquer de façon stérile, on peut accompagner le gouvernement avec des critiques constructives» auxquelles CMD s’est dit «ouvert et perméable».
Pour le reste, a-t-il ironisé, la caravane passe son chemin vers la rédemption du Mali. Peut-être, a-t-il expliqué, «on n’a pas la même lecture de l’union nationale».
De toutes les façons, il a prévenu: «Ceux qui veulent rentrer au gouvernement doivent faire preuve de compétence et de vertu et passer par une enquête de moralité».
«Si il faut prendre 20 ou 50 personnes, qu’on me les amène et on les met dans le gouvernement pour passer à autre chose», a-t-il de nouveau ironisé sur les critiques portant sur l’amateurisme ou l’inexpérience des membres de son équipe.
«Il n’y a jamais eu au Mali par le passé un gouvernement aussi comptent», a-t-il répondu sèchement à ces critiques, tout en dévoilant le sens du sacrifice de ses ministres qui, à ce jour, n’ont pas perçu un kopeck comme salaire.
Liberté et sécurité
Ces critiques sont encore plus virulentes en ce qui concerne les libertés individuelles et collectives, mais aussi la sécurité des personnes et de leurs biens, allusions directes aux entraves à la liberté de presse et aux agressions physiques et barbares dont sont victimes des hommes de média par des individus non encore identifiés.
Tout en rappelant les cas survenus sous les gouvernements précédents (Cheikh Oumar KONARE sous Alpha, Hamidou DIARRA dit Dragon sous ATT, etc.), CMD a tenu à marquer sa différence avec les suites judiciaires que son gouvernement entend donner à l’agression de MM. Adbramane KEITA (Aurore) et Saouti Labass HAIDARA (l’Indépendant).
«Il n’y a jamais eu au Mali, par le passé, d’enquête concernant l’agression de journaliste», a-t-il déclaré.
Dans tous cas, à qui profitent ces agressions, a-t-il interrogé, avant de répondre que ce n’est sans pas à son gouvernement.
En vérité, a-t-il dénoncé, tout est fabriqué pour tenter de prouver que Bamako vit dans une insécurité permanente, sans commune mesure avec ce qui se passe ailleurs, même si les uns et les autres sont convaincus du contraire en comparaison avec ce qui se passe à Lagos, Abidjan, Bouaké ou Johannesburg.
Quand les experts militaires de la CEDEAO sont venus à Bamako, s’est-il réjoui, ils se sont confiés à lui pour dire toute leur surprise agréable de voir le niveau de sécurité dans notre capitale en référence aux nouvelles alarmistes sur le sujet.
En ce qui concerne les élections, a-t-il promis, elles se feront sur la base d’un fichier électoral crédible et consensuel.
Mais, avant, il faut faire l’audit du fichier actuel, sans laquelle évaluation il est hasardeux d’avancer des dates sur quoi ce ce soit.
Idem pour la guerre: on ne peut pas dire quand est-ce qu’on va engager les hostilités et personne, sauf à être adepte de la démagogie, ne peut dire d’avance une guerre, de la nature de celle que le Mali affrontera au Nord, sera gagnée dans tel ou tel espace de temps.
Les acquis
Malgré ce contexte difficile dans lequel son gouvernement a été installé et qu’il travaille encore, il a engrangé des succès indéniables, selon lui: appui au monde rural, salaires, denrées de première nécessité, eau et électricité, etc.
«C’est la première fois dans l’histoire de notre pays que ce que nous faisons, nous le faisons avec nos propres moyens. C’est cela la souveraineté», a résumé CMD.
«Demain matin, moi aussi, je peux remplir les rue de Bamako; mais ça ne sert à rien», a-t-il conclu en réponse aux propos populistes sur la légitimité artificielle de ses détracteurs.
Par Seydina Oumar DIARRA-SOD

Mali : Le président Traoré limoge le Premier ministre Modibo Diarra

Mali : Le président Traoré limoge le Premier ministre Modibo Diarra
Le président intérimaire du Mali Dioncounda Traoré a de fait écarté le Premier ministre Ckeick Modibo Diarra dans la gestion de la transition en réduisant ses attributions et en créant de nouveaux organes pour gérer la crise dans le nord du pays occupé par les islamistes, dans un discours à la nation samedi.
Mali : Le président Traoré limoge le Premier ministre Modibo Diarra

Dioncounda Traoré a annoncé la mise en place d’un Haut conseil d’Etat (HCE) dirigé par le président intérimaire, la formation d’un gouvernement d’union nationale avec des consultations qu’il va lui-même mener et d’une commission aux négociations avec les islamistes qui contrôlent depuis quatre mois le nord du pays, dans ce discours retransmis sur la télévision publique malienne.

Le HCE est destiné à compléter l’architecture institutionnelle du pays et l’adapter aux réalités socio-politiques. Il sera composé du président intérimaire qui sera assisté de deux vice-présidents dont l’un sera chargé des questions de défense et de sécurité et de la gestion de la crise dans le nord.

L’autre vice-président va représenter les composantes des forces vives du Mali, a dit M. Traoré.

Il a également annoncé un gouvernement d’union nationale pour la formation duquel les consultations seront menées par le président de la République lui-même et non par le Premier ministre Diarra, en poste depuis le 17 avril, et de plus en plus conteste par notamment un large front de partis politiques, syndicats et organisations de la société civile.

Un gouvernement d’union nationale est une exigence des voisins ouest-africains qui avaient donné aux autorités de transition le 31 juillet comme délai pour le former sous peine de sanctions.

Il doit avoir la légitimité suffisante pour pouvoir lancer, avec le soutien de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), une contre-offensive dans le nord du pays totalement occupé depuis quatre mois par les islamistes liés à Al-Qaïda au maghreb islamique (Aqmi).

La Cédéao se tient prête à envoyer une force régionale pour aider l’armée malienne à reconquérir le Nord mais attend un mandat de l’ONU et une aide extérieure.

Jusque là, le Conseil de sécurité s’est abstenu de donner un mandat à une telle force attendant plus de précisions sur ses contours et sa mission.

M. Traoré a aussi évoqué la mise en place d’une commission nationale aux négociations chargée d’engager des pourparlers de paix afin de rechercher par le dialogue des solutions négociées à la crise dans le nord.

Un conseil national de transition (CNT) ayant une compétence consultative et regroupant les représentants des partis politiques présents ou non à l’Assemblée nationale fait également partie des nouveaux organes annoncés par Dioncounda Traoré.

Le président intérimaire malien est rentré vendredi soir à Bamako après une convalescence de deux mois à Paris à la suite d’une agression le 21 mai dans le capitale malienne par une foule hostile.

Il a réaffirmé son entière confiance aux services de sécurité et à l’armée malienne pour assurer la sécurité malgré l’agression dont il a été victime et le coup d’Etat militaire du 22 mars contre le président Amadou Toumani Touré qui a précipité la chute du Nord aux mains des islamistes.

Les militaires ont accepté de remettre le pouvoir aux civils mais des hommes armés présumés proches de l’ex-junte militaire continuent de semer la terreur à Bamako.

M. Traoré a outre indiqué que ni le président, ni le Premier ministre, ni les ministres ne pourront se présenter à la prochaine élection présidentielle au terme de la transition.

Au Mali, le bras de fer politique est engagé, Presse étrangère

Au Mali, le bras de fer politique est engagé, Presse étrangère
Dans un discours à la nation prononcé dimanche soir, le président de transition Dioncounda Traoré a pris le pas sur le Premier ministre. S'il n'a en effet pas démis Cheick Modibo Diarra de ses fonctions, le président intérimaire a indiqué qu'il se chargerait lui-même de former le gouvernement d'union nationale, écartant de fait le Premier ministre en poste. « Cheick Modibo l'emportera-t-il sur Dioncounda ? » titre « Procès-Verbal ». Le Premier ministre, contesté par une large partie de la classe politique qui lui reproche « son inaction et son amateurisme », avait fait savoir 24 heures auparavant qu'il ne démissionnerait pas. « Selon lui le président n'a pas pouvoir de recevoir cette démission », écrit le journal. Sans compter que le président est fragilisé par sa « non-maîtrise de la force publique ». La junte militaire commandée par le capitaine Sanogo ne reconnaît son pouvoir que du bout des lèvres. Dans ces conditions, « comment croire que Dioncounda Traoré puisse l'emporter sur un Premier ministre qui tient ses pouvoirs davantage de la junte que du décret présidentiel qui l'a nommé, s'interroge « Procès-Verbal ». Les prochains jours nous édifieront sur l'issue du rapport de force qui s'engage. » Le gouvernement d'entente est pourtant une exigence des voisins ouest-africains. « Ce rapport de force à la tête de l'exécutif pourrait, une fois de plus, inciter la Cédéao [Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest] à s'immiscer dans les affaires maliennes puisqu'entre nous, Maliens, nous n'arrivons pas à régler nos litiges », conclut le journal. Le nouveau gouvernement doit en effet avoir « la légitimité suffisante » pour lancer, avec le soutien de la Cédéao, une contre-offensive dans le nord du Mali occupé par les islamistes liés à Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique). Alors que les responsables politiques s'inquiètent de l'émergence d'un « Sahelistan », d'après l'expression de Laurent Fabius, le président ivoirien Alassane Ouattara a indiqué que la Cédéao déposerait « prochainement » une nouvelle demande de résolution auprès du Conseil de sécurité de l'ONU, en vue d'une intervention qu'il estime « inévitable ».

Mali: le chaos règne, les islamistes tentent toujours d'imposer leur loi - RTBF Monde

Mali: le chaos règne, les islamistes tentent toujours d'imposer leur loi - RTBF Monde
  • Un enfant dort dans un camp de réfugiés à 185 km au Nord de OuagadougouUn enfant dort dans un camp de réfugiés à 185 km au Nord de Ouagadougou
  • Le groupe islamiste Ansar Dine affirme avoir exécuté par lapidation un couple jugé coupable de relations extra conjugales. Ce n'est pas le premier acte de torture de ce groupe qui veut instaurer la charia, la loi islamique, dans l'ensemble du Mali. Mais c'est à nouveau, comme avec la destruction des mausolées de Tombouctou, un signe alarmant de cette crise malienne toujours sans solution.
    Pénible ramadan pour les musulmans du nord du Mali: quand elles n'ont pas fui par milliers au sud du pays ou dans les pays voisins, les populations subissent la cherté de la vie et les menaces localisées des islamistes. Les imams eux -mêmes sont mis sous pression par les jihadistes. Un haut dignitaire musulman a quitté Bamako pour aller  rencontrer les groupes islamistes. Pourra-t-il les raisonner au nom de leur foi commune? On en doute.
    Dans le nord du Mali, ça et là, des groupes se sont rebellés, mais la population se sent abandonnée par Bamako, Bamako où le pouvoir central cherche à sortir de la longue crise qui a suivi le putsch militaire du 22 mars et la mise à l'écart de l'ancien président Amadou Toumani Touré.
    Amnesty International révèle, dans un rapport, que les putschistes ont torturé et infligé des sévices sexuels à des militaires faits prisonniers après une tentative de contre-coup d'Etat, le 30 avril.
    Sur le plan politique, la transition d'après le putsch peine à se mettre en place. Après deux mois passés en France pour s'y remettre de son agression par des sympathisants des putschistes, le président de transition, Dioncounda Traoré, vient  à peine de rentrer. Il s'est séparé du premier ministre et a créé de nouvelles institutions. Mais l'imbroglio politique persiste au Mali et sans solution à Bamako, il n'y aura pas de solution  à la crise dans le nord. L'ancienne puissance coloniale au Mali, la France, prend jeudi la présidence  du Conseil de Sécurité de l'Onu et, alors que 6 Français sont toujours otages dans cette région, la diplomatie française tentera d'accélérer le déploiement d'une force africaine de 3300 soldats.
    Françoise Nice

Crise malienne : la faillite des élites africaines ?

Crise malienne : la faillite des élites africaines ?
Cinq mois après le coup d’Etat militaire qui a déstabilisé le Mali, ce pays d’Afrique de l’Ouest jadis salué pour sa démocratie reste toujours sous le choc d’une partition de fait de son territoire et de l’incapacité de sa classe politique à sortir la nation de l’impasse, toutes choses qui ne sont que le reflet d’une « faillite » de l’élite dirigeante africaine, selon quelques intellectuels de la sous région réunis dans la capitale sénégalaise.


Le 22 mars 2012, alors que le président Amadou Toumani Touré était à quelques semaines d’achever son second et dernier mandat, des soldats décrits au début de leur mouvement comme des « mutins » décidaient de le renverser. Si ces militaires réussirent leur coup, ils allaient aussi placer le Mali dans l’impasse et « offrir » le nord du pays à des groupes islamistes armés qui, profitant de la situation de chaos institutionnel à Bamako, allaient en quelques jours étendre leur pouvoir dans l’essentiel du septentrion malien. Une autre crise ouest africaine venait d’être inscrite à l’agenda des diplomates.

Premier fautif, ce mirage d’une « démocratie exemplaire » qui colle au pays de puis la chute de Moussa Traoré. La chute de ce dernier en 1991, après avoir dirigé le pays d’une main de fer, allait en effet ouvrir les portes de la démocratie multipartite au Mali, qui pendant deux décennies croyait enfin avoir fini avec les démons des régimes autocratiques ou militaires.

Or, « le Mali était déjà en voie d’anéantissement du fait du manque d’un projet politique clair (…) en plus de la corruption, du népotisme qui gangrénaient notre système économique », soutient Aminata Dramane Traoré lors de cette rencontre organisée le 28 juillet 2012 à Dakar à l’initiative d’Enda-tiers Monde, une ONG basée à Dakar. La conférence se tenait avec comme mot d’ordre « Nous sommes tous Maliens ».

« Ce qui s’est passé au nord comme au sud, c’est l’échec d’un système, d’une démocratie cosmétique », poursuit cette militante altermondialiste, dans son analyse des causes politiques et économiques de la crise malienne.

Le romancier Sénégalais, Boubacar Boris Diop, ira lui chercher ses arguments dans le lancinant problème de « l’absence d’un discours africain sur l’Afrique ».

« Je pense que nous avons perdu la bataille de l’information, ce n’est pas une critique mais une autocritique », a martelé cet ancien journaliste selon qui les médias africains se contentent de répercuter ce que disent les médias occidentaux sur nos propres pays.

« Si le putsch a eu un mérite c’est de souligner la nature et la profondeur des contradictions de la société malienne », analyse l’écrivain sénégalais pour qui le cas malien doit être un moment de questionnement du modèle démocratique africain.

« Quand on fait de la politique, je pense que c’est pour transformer les sociétés, ce que nous avons entendu aujourd’hui nous montre que nos hommes politiques n’ont pas ce besoin de transformation qui doit se faire à partir de nos substrats culturels d’abord, et de notre patrimoine », commente pour sa part Abdoul Aziz Kébé. Depuis le début de la crise malienne, cet islamologue sénégalais ne cesse, par médias interposés, de crier son indignation suite à la profanation et la destruction des tombes et de lieux de culte musulmans dans la ville malienne de Tombouctou, par les groupes islamistes armés qui y font régner leur loi.

Vifs et acerbes sur la critique, les intellectuels le sont moins lorsqu’il s’agit de se faire généreux sur les possibilités de sortie de crise pour le Mali, et ce en dépit des nombreuses interpellations en ce sens venues du public qui comptaient plusieurs figures de la classe politique et de la société civile sénégalaises, ainsi que plusieurs membres de la communauté malienne vivant au Sénégal.

Un aveu d’impuissance face à une crise qui a montré les limites objectives des pouvoirs africains, en dépit des discours volontaristes sur le panafricanisme ou l’intégration régionale.

« Tout ce que nous pouvons, c’est faire pression sur les décideurs », reconnait Aminata Dramane Traoré, qui comme la plupart des intervenants plaidera en faveur de « l’écoute » du peuple malien d’abord. Une démarche qui est tout le contraire de celle que préconise la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao, 15 pays), par ailleurs accusée de vouloir « imposer ses priorités, qui n’en sont pas ».

La Cedeao, lors de sa dernière rencontre sur le Mali a demandé aux autorités en charge de la transition de mettre en place un gouvernement d’union nationale avant le 31 juillet 2012, sous peine de sanctions contre les autorités de Bamako.

« La Cedeao doit rééquilibrer ses efforts de médiation pour ne pas aggraver les fractures déjà profondes de la société malienne », a pourtant recommandé l’ONG « International crisis group » (ICG) dans son dernier rapport sur la crise malienne daté de juillet 2012. Le même rapport évoquait le risque de « déstabilisation » de la sous-région en cas d’envoi des troupes étrangères.

Une position qui n’est pas loin de celle exprimée par les Etats-unis, mais qui suscite la suspicion chez nombre d’intellectuels africains.

Pendant ce temps, le nord du pays reste toujours sous le contrôle des islamistes armés de Ansar Din et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao), qui ont par les armes évincé les indépendantistes au discours plus laïc du Mouvement national de la libération de l’Azawad (MNLA). Au même moment, l’intervention militaire envisagée par la Cedeao pour libérer cette partie du pays et que l’on évoque depuis plusieurs mois, est toujours dans les limbes.

Le projet est soutenu par la France qui se dit prête à fournir une « aide logistique ». Dans un entretien avec le Journal du dimanche (JDD) le président en exercice de la Cedeao, le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, a fait savoir qu’une nouvelle demande de résolution, auprès de l’Organisation des nations unies, sera déposée par l’organe sous régional en faveur de l’intervention militaire.

Cependant la Côte d’Ivoire qui vient de sortir d’une crise violente n’enverra pas de troupes, tout comme le Sénégal, même si les deux pays soutiennent le principe d’une intervention militaire étrangère.

Reste à savoir ce que diront les Maliens eux-mêmes maintenant que leur président de la transition, Dioncounda Traoré, est de retour à Bamako après deux mois de convalescence passés en France, suite à une agression physique par des manifestants hostiles à sa présence à la tête de l’Etat.

« Je vous en donne l’assurance, dans très peu de temps, le Mali sera débarrassé de l’irrédentisme, du narcotrafic et du terrorisme religieux, de toutes les formes d’insécurité qui mettent en danger la paix des citoyens », a-t-il promis dans un discours à la nation, prononcé le dimanche 28 juillet 2012.

En perspective de la formation du gouvernement de transition, il a indiqué qu’il va mener lui-même les consultations, ce qui est vu, par certains analystes, comme un désaveu à l’endroit du Premier ministre Cheikh Modibo Diarra dont une partie de l’opinion réclame la démission depuis quelques temps.

Depuis la chute d’Amadou Toumani Touré, aujourd’hui exilé à Dakar, le Mali après le bref intermède de la junte militaire dirigée par le Amadou Haya Sanogo, le leader des putschistes, navigue toujours entre deux difficultés : l’opérationnalisation de l’intervention militaire pour reconquérir le Nord, et la mise en place d’un consensus autour de la transition.

lundi 30 juillet 2012

Cheick Modibo Diarra : L'astrophysicien tire des plans sur la comète

Cheick Modibo Diarra : L'astrophysicien tire des plans sur la comète


Le Premier ministre malien, Cheick Modibo Diarra
Après son chemin de croix, Bamako-Montparnasse, c'est un Dioncounda Traoré ingambe, en tout cas bon pied, bon œil, qui a regagné la capitale malienne le 27 juillet 2012 ; un président intérimaire qui était sur un nuage, ayant reçu les honneurs dus à son rang à son arrivée, après son golgotha du 21 mai 2012.


Dimanche, 29 Juillet 2012 21:10

En effet, le ban et l'arrière-ban du Tout-Etat étaient à l'aéroport pour accueillir l'enfant prodigue, celui sur qui repose le destin du Mali, puisqu'il doit former un gouvernement inclusif avant le 31 juillet et desserrer l'étau djiadiste qui étreint le septentrion du pays.
L'événement dans ce Mali crisé aurait dû donc être ce retour de Dioncounda Traoré, mais finalement, il a été éclipsé par la sortie du Premier ministre, Cheick Modibo Diarra (CMD).
Ce dernier lui aura volé la vedette par une prestation télévisuelle sur ses 100 jours à la Primature. Un point de presse-bilan dont il aurait dû décaler la diffusion, car il a éclipsé celui du chef de l'Etat, qui a déroulé, lui, son espèce de programme hier 29 juillet sur le tube cathodique. D'ailleurs, ce coup de com. de CMD n'a pas convaincu grand monde, sauf ceux qui sont déjà convertis. Même le micro-trottoir effectué à cet effet ne trompe personne.
En tout cas, cette sortie premier-ministérielle a d'abord ôté d'un doute l'opinion : Cheick Modibo Diarra ne rendra pas le tablier. Ceux qui se posaient la question sur cette éventualité sont donc désormais fixés. Le Front antiputsch et ses alliés en ont pour leurs frais.
"Je ne démissionnerai pas pour deux raisons : d'abord, je ne le peux pas, car l'accord-cadre dit clairement que si je dois le faire, je sois présenter ma lettre au président intérimaire, lequel ne peut pas accepter cette démission... Ensuite, ce pays m'a tout donné, si bien que tant que je resterai debout, je ne démissionnera pas", a martelé CMD.
Il a, sur le plan formel, raison, car l'une des faiblesses insignes de l'Accord-cadre du 6 avril est d'avoir stipulé que le chef du gouvernement à les pleins pouvoirs pour agir ; autrement dit, CMD est un vice-président, qui ne dit pas son nom et d'ailleurs c'est lui qui assurait l'intérim de l'intérimaire Dioncounda.
La léthargie institutionnelle est toujours palpable au Mali, et même si l'on convient avec CMD que le pays "fonctionne pour la première fois sans l'aide internationale", les lignes n'ont pas véritablement bougé.
Pour ce qui est de la reconquête du Nord, CMD a parfaitement raison également d'affirmer que les "islamistes et Touaregs sont incrustés au Nord depuis plus de dix ans et que ce n'est pas en 3 mois qu'on peut les déloger".
Sans doute, mais jamais auparavant, depuis les sempiternels abcès nordistes, des villes telles Kidal, Gao et Tombouctou n'avaient vécu sous une atmosphère aussi mortifère.
CMD est oublieux de cet aphorisme increvable : le peuple demande toujours l'impossible à son gouvernement. Et dans le cas d'espèce, la réunification du Mali est un impératif catégorique.
In fine, ce bilan des 100 jours de l'enfant de Nioro Sahel à la Primature aura eu plutôt l'heur d'agacer certains partis politiques, qui ont reçu quelques fléchettes à cette occasion, mais surtout, il aura relancé la polémique sur ce bicephalisme exécutif poussif.
Le miraculé du 21 mai, lui, a répété mutatis mutandis ce qu'il avait déjà déclaré à l'aéroport, à savoir qu'il pardonne à ceux qui ont voulu lui enlever la vie, mais a réitéré deux priorités : la formation d'un gouvernement d'Union nationale (raillé d'ailleurs par le PM, 24 heures auparavant) en principe au plus tard ce 31 juillet, un dead line qui n'est pas canonique ;  et bouter du Nord  les occupants autonomistes et intégristes.
C'est en homme d'Etat posé que le président intérimaire s'est adressé à son peuple, lequel reste circonspect, attendant comme saint Thomas de voir avant de croire si ce retour est réellement synonyme d'éloignement du Mali du gouffre, dont il s'est rapproché dangereusement.
Pour le moment, on en est loin car de nombreuses actions parasitent ou paralysent la lisibilité gouvernementale, telle la présence du capitaine Amadou Sanogo à l'aéroport pour accueillir Dioncounda Traoré. Compte tenu des supputations à son égard, il aurait dû se faire discret ce jour-là.
C'est l'évidence même, ce retour au bercail ne sera pas de tout repos pour Dioncounda Traoré.

La Rédaction

Paris exclut d'envoyer des troupes au sol au Mali - Le Nouvel Observateur

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Libye : quand Bouteflika raccrochait au nez de Kadhafi en fuite | Rue89

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Otages du MNLA : près des 80 militaires en danger de mort | MaliActu

Otages du MNLA : près des 80 militaires en danger de mort | MaliActu

Privé de nourriture depuis quelques jours, ce contingent militaire, anciennement en poste à Tessalit, lutte à présent pour sa survie et nourrit le sentiment d’un oubli ou abandon total de la part de nos autorités et même de l’opinion.

Nos soldats qui sont au nombre de 80 personnes, dont le commandant de régiment, Ousmane SANGARE, et quatre autres officiers de différents grades, après avoir reçu de la hiérarchie militaire l’ordre d’un « Repli tactique », se dirigeaient vers le Niger lorsqu’ils ont été fait otages du Mouvement populaire de l’Azawad (MNLA).
Après leur capture, en février dernier, ils ont été conduits dans une zone frontalière avec l’Algérie.
Mais depuis ce moment, jusqu’à maintenant, soit 5 mois, aucune démarche n’a été entreprise pour leur libération.
Selon l’un des otages qui a pu joindre discrètement des membres de sa famille, il y a quelques jours, aux premières heures de leur captivité, le MNLA s’occupait de leur alimentation en leur fournissant du pain algérien, un peu d’eau et de sucre.
Le même soldat indique cependant que depuis quelques jours, leurs ravisseurs n’arrivent plus à leur donner cette ration quotidienne.
Et d’indiquer que par conséquent, ils n’attendent plus désormais que l’heure de la mort. Ce, d’autant plus que le MNLA dit à qui veut l’entendre qu’il n’est en rien responsable de leur triste sort ; mais que ce sont les autorités qui n’ont rien entrepris pour leur libération.
Les familles de ces militaires ne sont pas restées les bras croisées pendant tout ce temps. Elles sont au four et au charbon pour obtenir leur libération. C’est dans ce sens qu’elles ont demandé des audiences en vain avec les plus hautes autorités du pays. Les organisations islamiques et certaines personnalités approchées leur ont opposé des problèmes de mandat et de moyens logistiques. De façon très élégante, tous ont décliné l’offre d’intervention pour libérer ces militaires.
La seule lueur d’espoir, selon un membre des familles des militaires otages, réside dans une hypothétique action de la Croix rouge opérant dans la zone du Niger.
En effet, nous indique cette source au comble de l’angoisse, la Croix rouge, qui a été interpellée sur le sort de ces militaires, a promis de leur venir en aide, mais après avoir fini de s’occuper de ceux qui sont en zone nigérienne.
Combien de temps cela prendra-t-il ?
Nul ne saurait le dire dans la mesure où les besoins de ce côté sont extrêmement importants.
L’inquiétude est d’autant plus grande chez les familles des militaires entre les mains du MNLA que les personnes qui ont été faites otages par le mouvement Ançardine de Iyad bien après eux ont été rendues à la liberté. D’où cette interrogation persistante : leurs parents ont-ils été sacrifiés par l’État ?
Elles s’interrogent d’autant plus que ni les pouvoirs publics, ni l’opinion ne parle un tant soit peu de ces militaires qui sont otages du MNLA.
Il faut dire que depuis la libération de dizaines de soldats, sous l’égide du Hait conseil islamique du Mali, les consciences semblent apaisées; le sentiment le plus généralement partagé étant que les otages sont de retour. Dès lors, nul ne s’est préoccupé de ce contingent de 80 militaires de la base de Tessalit. Sait-on seulement leur existence en tant qu’otages du MNLA pour s’en préoccuper ? Rien ne le prouve au sein de l’opinion publique. Par contre, l’on peut douter d’une volonté manifeste des autorités de faire l’impasse sur ces otages militaires dont le sort les embarrasse à plus d’un titre.
Pourtant, il urge, 5 mois après la capture de nos soldats et surtout après la débâcle militaire du MNLA, de tout mettre en œuvre pour que ces militaires, dont le sort pourrait aller s’empirant, puissent recouvrer la liberté. Et pour cause, le MNLA, qui a été défait et contraint à l’exil par endroit, ne dispose plus des ressources nécessaires pour prendre en charge des prisonniers ; mais aussi, pour manifester une certaine inflexibilité quand il s’agira de mener des négociations.
Il appartient donc aux autorités, aux organisations humanitaires de saisir la balle au rebond pour la gestion de ce dossier.
Par Bertin DAKOUO
Source : Info matin

Les états-majors politiques et militaire du MNLA se réunissent en session extraordinaire à Ouagadoudou | MaliActu

Les états-majors politiques et militaire du MNLA se réunissent en session extraordinaire à Ouagadoudou | MaliActu

Les 23 et 24 juillet, une rencontre des états-majors politique et militaire du MNLA a eu lieu à Ouagadougou. Cette rencontre s’est déroulée à l’initiative du MNLA en présence de médiateurs burkinabés et de facilitateurs suisses. Il a été question lors de cette rencontre de l’évaluation de la situation dans l’Azawad et de la réorganisation du MNLA dans la lutte contre l’invasion islamiste de leur territoire.

Les 23 et 24 juillet, une rencontre des états-majors politique et militaire du MNLA a eu lieu à Ouagadougou. Cette rencontre s’est déroulée à l’initiative du MNLA en présence de médiateurs burkinabés et de facilitateurs suisses.
Le Burkina, tout comme la Mauritanie, sont connus pour être pleinement engagés dans la résolution de la crise dans l’Azawad (Nord-Mali). C’est donc en accord avec son rôle dans la résolution de la crise dans la région de l’Azawad que le Burkina a été partie prenante de cette rencontre.
La Suisse, quant à elle est engagée depuis plus de cinq ans auprès des Touaregs de l’Azawad dans le cadre de la lutte contre l’insécurité et les narcotrafics qui sévissent dans les territoires touaregs. La Suisse a été et demeure le principal partenaire des réseaux des plaidoyers pour la paix et la sécurité ainsi que la lutte contre les narcotrafics dans ce qui était le Nord-Mali. Par conséquent, dans cette rencontre, ils inscrivent leur rôle de facilitateur dans la continuité de leurs actions menées sur le terrain depuis des années.
La rencontre en question a eu pour objectif l’évaluation de la situation du pays après l’invasion islamiste de l’Azawad qui met en péril l’indépendance de la jeune république de l’Azawad. C’est la lecture que fait le MNLA de la nouvelle donne djihadiste qui a brusquement fait apparition sur le terrain en s’attaquant aux populations civiles et aux positions du MNLA.
En effet, selon les propos recueillis auprès de Mossa Ag Attaher, qui a participé à la rencontre de Ouagadougou, « le MNLA, s’interroge sur le fait que ce soit immédiatement après la la libération du territoire par les unités du MNLA et la proclamation de l’indépendance de l’Azawad, que les Djihadistes de tous bords, restés jusque-là en dehors du conflit, sont brusquement sortis de l’ombre et se sont manifestés par des actes d’hostilité envers la population, le MNLA et le patrimoine historique et culturel de l’Azawad ».
Selon notre interlocuteur,« Ce sont là des faits d’autant plus suspects que ces djihadistes avaient très largement l’opportunité de se manifester bien avant la libération de l’Azawad ». Et effectivement, auparavant, les actions des islamistes de la région se limitaient à la pratique de leurs activité de kidnapping d’étrangers et de trafic de dogue, au vu et au su des autorités maliennes qui n’ont jamais rien fait pour les en empêcher, comme cela a été dénoncé et rapporté de nombreuses fois, y compris dans la presse malienne.
Pour le MNLA, la question est donc « Pourquoi, ce n’est que maintenant, c’est à dire après la proclamation d’indépendance, que ces divers groupes islamistes se donnent à des actions d’hostilité spectaculaires envers les populations azawadiennes et le MNLA ? »
Mossa Ag Attaher a également fait état du fait que « la situation politique et militaire du MNLA suite à ces derniers développements était la question centrale de cette rencontre et que les discussions et les débats ont essentiellement portés sur les moyens à mettre en œuvre pour venir à bout de cette nouvelle guerre imposé à l’Azawad, via une coalition de groupes islamistes regroupant Ansar Dine, le Mujao et AQMI, tous armés et financés par des puissances occultes ».
Le chargé de communication du MNLA a par ailleurs expliqué que « l’armée de libération de l’Azawad ne peut pas mener à elle seule une guerre contre l’ensemble des mouvements djihadistes qui sévissent dans le Sahel ». Il a également rappelé que « les pays du Champs, avec en son sein la puissante Armée algérienne, n’ont pas réussi à venir à bout des activités de terrorisme et de banditisme des groupes islamistes dans le Sahel. Comment alors le MNLA, qui a mis toutes ses forces dans l’affrontement avec l’armée malienne pourrait en venir à bout seul ».
Il y a là, effectivement, une question de cohérence élémentaire qui se pose, ou alors il faudrait se poser de sérieuses questions sur la nature exacte des échecs des pays du champs dans la lutte contre le terrorisme islamiste et le banditisme dans le Sahel.
Concernant les positions actuelles du MNLA et ce qu’il envisage de faire pour se sortir du guet-apens islamiste dans lequel se trouve le mouvement révolutionnaire, notre interlocuteur a tenu à préciser que « le MNLA avait pour l’instant quitté les villes mais qu’il n’a ni abandonné, ni fuit ses responsabilités, loin de là. ». « Le MNLA se retrouve dans l’obligation de revoir sa stratégie, car nous ne sommes pas habitués au combat déloyal des islamistes. Nous ne connaissons pas la guerre par population interposée et, de toute façon, nous la refusons. Notre armée est une armée régulière qui refuse de prendre en otage son propre peuple. La donne Djihadiste est nouvelle pour nous. Il nous faut donc revoir nos stratégie de combat » dira-t-il. Enfin, rajoutera-t-il, « Bien sur, nous envisageons une contre offensive mais nous ne communiquerons pas sur cette question. Il reviendra à l’état-major militaire du MNLA de communiquer sur la question et il ne le souhaite pas pour l’instant ».
Le chargé de communication du MNLA a conclu sur les aspects de réorganisation et d’orientation politiques « et sur les aspects politiques. Une réorganisation des taches et des responsabilité au sein du MNLA a été mise en place au cours de la réunion de Ouagadougou. Aussi, un certain nombre de clarifications, sur des éléments qui ont pu prêter à confusion, seront très prochainement rendues publiques. ».
Le MNLA semble avoir repris son panache après la mauvaise surprise islamiste. Il se réorganise et se redéfinit aussi bien sur le plan politique que militaire en vue de reprendre le contrôle sur le territoire qu’il a libéré.
Source : http://www.temoust.org