vendredi 17 octobre 2014

Réflexion sur la question touareg au Mali : « Il faut que nos frères des mouvements armés comprennent que l’heure doit être à un dialogue franc et honnête »

Réflexion sur la question touareg au Mali : « Il faut que nos frères des mouvements armés comprennent que l’heure doit être à un dialogue franc et honnête »



touaregs

Dans ce pamphlet, M. Kaman Ibrahima Sidibé, juriste de son état, rappelle les origines des différentes communautés vivant au Mali et singulièrement du nord Mali. Sans détour, cet homme averti, insiste sur les origines des Touaregs, leur histoire, leurs descendances, en appelant à la cohésion et au dialogue franc pour ramener une paix définitive et qu’une minorité qui n’a pas joué un rôle dans la Nation malienne, ne peut pas se donner le droit d’une quelconque autonomie.

L’occasion est propice pour ce patriote de se poser la question de savoir le rôle plusqu’ambigü de la France et de la Minusma à Kidal. lisez plutôt !

A l’entame du second round des négociations avec les groupes rebelles et

Le premier ministre en France : Moussa Ag Assarid du MNLA snobe Moussa Mara

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Moussa Ag Assarid du MNLA snobe Moussa Mara



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Le Premier ministre Moussa Mara : « La riposte du Mali sera à la hauteur de l’agression »
Le Premier ministre Moussa Mara
Le chef du gouvernement, Moussa Mara, voulait coûte que coûte rencontrer le représentant du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) en Europe Moussa Ag Assarid. L’intéressé a décliné son offre.

Pendant son récent séjour en France, le Premier ministre Moussa Mara a

Incident à In Tillit, région de Gao : La MINUSMA intervient pour assurer le retour au calme et appelle au respect du cessez-le-feu

Incident à In Tillit, région de Gao : La MINUSMA intervient pour assurer le retour au calme et appelle au respect du cessez-le-feu

Nouvelle preuve de l'insécurité au nord du MaliLa MINUSMA a été informée que des affrontements armés auraient opposé le 16 octobre le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et le Groupe d’Autodéfense Touareg Imad et Alliés (GATIA) à In Tillit, 120 km au sud-ouest de la ville de Gao.

La MINUSMA a réagi immédiatement en déployant un drone et

mercredi 15 octobre 2014

Le nord du Mali devient une véritable zone de non-droit : Deux véhicules de Handicap international enlevés près de Tombouctou et plusieurs employés portés disparus

Le nord du Mali devient une véritable zone de non-droit : Deux véhicules de Handicap international enlevés près de Tombouctou et plusieurs employés portés disparus



Des soldats du MNLA
Des soldats du MNLA (photo archives)
Les faits se sont produits le lundi dernier en début de soirée. En effet, deux véhicules de Handicap International, avec à leur bord plusieurs employés de cette organisation ont été enlevés à Dar Salam, localité proche de Tombouctou. A ce jour, il n’y a

Kidal respire le Mali » : Cri de cœur des populations de Kidal pour la République - See more at: http://maliactu.net/kidal-respire-le-mali-cri-de-coeur-des-populations-de-kidal-pour-la-republique/#sthash.lMxKfYmT.dpuf

« Kidal respire le Mali » : Cri de cœur des populations de Kidal pour la République


Ibk-kidal-0007
« Ces populations ne demandent que la sécurité, la paix, le développement dans un Mali un et indivisible. Il faut que la communauté internationale comprenne que sans le Mali, sans l’armée malienne, je le dis haut et fort, rien n’est possible dans cette zone. Pourquoi ? Parce que les populations ne pourront collaborer qu’avec l’armée malienne, parce que c’est seulement au sein de l’armée malienne que vous avez des Tamasheqs, des arabes, des sonrhaïs, des peuls, des soninkés…, toutes les ethnies du Mali ».

« Kidal respire le Mali », c’est le nom du nouveau film du

Tribune de Tiébilé Dramé : Quand le Mali se relèvera !

Tribune de Tiébilé Dramé : Quand le Mali se relèvera !

Quand le Mali se relèvera !

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Tieblé Dramé - Tribune libre
Tieblé Dramé
Élu il y a un an avec une majorité confortable et fort d’une sympathie internationale sans précédent, le président Ibrahim Boubacar Keïta avait toutes les cartes en main pour résoudre la crise au Nord et conduire le Mali hors du gouffre où l’avaient plongé la rébellion déclenchée par le MNLA, le coup d’État du capitaine Sanogo et l’occupation jihadiste. Douze mois plus tard, ces cartes ont été perdues les unes après les autres.



Si le président avait engagé le dialogue inter malien dans les délais prescrits par l’accord de Ouagadougou (soixante jours après la formation du gouvernement), il se serait donné les moyens de négocier dans des conditions infiniment plus favorables.



Or, depuis la défaite de l’armée à Kidal, le 21 mai, le rapport de force sur le terrain nous est défavorable. En outre, la crédibilité extérieure du Mali a fondu comme beurre au soleil. Profitant de cette situation, les groupes du Nord mettent la barre si haut qu’ils donnent l’impression de vouloir sortir des balises posées à Ouagadougou en juin 2013 : respect de l’intégrité territoriale, unité nationale et laïcité de l’État.





Cependant, il est encore possible, dans le cadre du Mali actuel, d’apporter des réponses démocratiques appropriées aux questions que soulèvent les dirigeants des groupes du Nord.



La crise que traverse le Mali est profonde

Elle ne se limite pas à la seule question du Nord. Elle pose des problèmes de gouvernance qui concernent tout le pays. Et les réponses doivent, de ce fait, concerner le pays tout entier. Ne l’oublions pas. Le Mali s’est certes effondré du fait de la rébellion, de la présence des unités d’Aqmi au Timétrine et dans la forêt du Wagadou, du business de la drogue et des otages. Mais aussi à cause, entre autres, de la gangrène de la corruption, de la personnalisation du pouvoir, de la justice, du manque de vitalité et d’autonomie des partis politiques, de la société civile et des institutions républicaines.



C’est donc une approche et une thérapie globales qui s’imposent. De ce point de vue, les négociations d’Alger et leur issue souhaitée ne sauraient être qu’une étape du relèvement et de la refondation du Mali.



Il faut revoir de manière hardie la gouvernance pratiquée jusqu’ici. Les dérives et les difficultés qui ont émaillé la première année du quinquennat d’IBK montrent à l’évidence que le retour à la normalité constitutionnelle n’est pas suffisant pour panser les plaies dont souffre le pays.



Le Mali n’est pas devenu un pays normal

Cela, parce qu’on y a tenu, au forceps, une élection présidentielle en juillet et août 2013. D’importantes réformes institutionnelles s’imposent non seulement pour répondre aux demandes des groupes du Nord, mais aussi pour instaurer et consolider les règles de bonne gouvernance, pour réorganiser les relations entre l’État et le citoyen d’une part, entre l’État et les communautés d’autre part.



Un nouveau pacte national de paix et de bonne gouvernance devra être proposé aux communautés du Nord et à l’ensemble des forces vives de la nation, avec la ferme volonté d’installer une nouvelle ère de confiance et de cohésion entre toutes les composantes du Mali.



À cet égard, l’élection des gouverneurs de région (de toutes les régions du Mali) par des assemblées régionales (élues à la proportionnelle) sera une réponse démocratique pertinente aux préoccupations de libre administration exprimées par certains de nos compatriotes.



Dans le même esprit

Pour lutter contre la personnalisation du pouvoir et les dérives de type monarchique, l’élection présidentielle au suffrage universel devra être supprimée au profit d’une élection par le Parlement. Cette réforme permettra à la fois d’équilibrer les pouvoirs entre l’exécutif et le législatif et d’économiser les dizaines de milliards consacrés tous les cinq ans à ce scrutin. La fonction de Premier ministre disparaîtra. Les partis seront encouragés à se regrouper pour constituer des entités plus viables.





La refondation de l’armée, la réforme de la justice, la réhabilitation du mérite dans l’administration, le contrôle et l’obligation de rendre compte, la politique de formation et d’emploi, la consolidation de la presse, l’émergence et le renforcement de la conscience citoyenne seront au cœur du nouveau pacte. Osons poser les jalons d’un nouveau départ pour le Mali, qui fera des pas de géant quand il se relèvera.

mardi 14 octobre 2014

«Aucun Algérien digne ne peut s’opposer à l’officialisation de tamazight» | Temoust.org

«Aucun Algérien digne ne peut s’opposer à l’officialisation de tamazight» | Temoust.org

Hend Sadi. Universitaire et écrivain spécialiste du mouvement berbère

par Samir Ghezlaoui - El WATAN (Algérie) 21/04/2013

Trente-trois ans après, quel souvenir gardez-vous du Printemps berbère ?

Le premier souvenir qui remonte à ma mémoire n’est pas celui des émeutes, des blessés qui gisaient par dizaines à même la cour de l’hôpital de Tizi Ouzou le 20 avril 1980, après l’assaut des forces de l’ordre, mais celui de l’explosion d’espoir des jours qui ont précédé cet assaut. Le foisonnement d’activités dans lesquelles chacun s’impliquait avec une générosité extraordinaire, étudiante ou étudiant, enseignant, ouvrier, femme de ménage, personnel de l’administration…, la formidable sensation de maîtriser son destin. La chape de plomb du parti unique qui sautait, la farouche volonté de vivre au grand jour son identité amazighe jusque-là interdite dans son propre pays. En un mot, le souvenir d’un Printemps berbère qui ne porte pas en son sein les germes d’un hiver. Un printemps qui dure.

- La génération de 1980 est fatiguée, comme disait le défunt Matoub, et pire, elle est dispersée et divisée. Que pensez-vous de cette situation qui complique l’aboutissement du combat identitaire amazigh ?

Cette génération n’a jamais été homogène politiquement. C’est peut-être cela qui a fait l’intérêt de ce mouvement. En 1980 déjà, il y avait beaucoup de tension, disons, pour aller vite, entre «pagsistes» et «berbéristes». Mais il y avait aussi les militants du PRS, du FUAA. Pour beaucoup, les berbéristes étaient regroupés sous le sigle FFS. Ces tensions ont failli faire éclater le séminaire de Yakouren, en août 1980. Puis au lendemain de 1980, les «berbéristes» ont repris leur autonomie d’action par rapport au FFS. Forte d’un soutien qui s’est rapidement propagé à l’ensemble de la population kabyle, la revendication amazighe, formulée avec beaucoup d’ouverture d’esprit, a fédéré ces différentes familles politiques. Une partie de l’élite politique, des personnalités de premier plan, à l’instar de Kateb Yacine, ont apporté un soutien total et sans équivoque au mouvement de 1980.
C’est après 1990, avec le multipartisme, que les divisions politiques ont pris le pas sur la revendication amazighe qui, progressivement, s’est trouvée reléguée au second plan. Mais le printemps 1980 reste un repère sans égal et l’ancrage que la revendication amazighe a considérablement gagné : il s’est d’abord étendu à toute la Kabylie puis a gagné du terrain dans d’autres espaces berbérophones, y compris en dehors de l’Algérie. Ce qui est important, aujourd’hui, c’est que ce problème n’est plus celui de la génération 1980, d’autres ont suivi et pris le relais.

- Parmi les occasions ratées dans ce sens, c’est la grève du cartable en 1994-1995 en Kabylie, menée par un MCB réunifié. Mais Ferhat Mehenni, alors porte-parole de l’aile Rcdiste, a fait marche arrière en appelant à reprendre les cours et en acceptant, plus tard, un compromis de création du HCA à la place de la revendication unique de ce mouvement, en l’occurrence l’officialisation du tamazight. Pouvez-vous éclaircir cet épisode ?

Si les deux tendances du MCB (MCB/coordination nationale pro-RCD et MCB/commissions nationales pro-FFS) se sont présentées unies dans les négociations face au pouvoir en avril 1995, sur la base d’une plateforme publique, personnellement, je n’ai jamais su sur quelle base Ferhat Mehenni qui, à l’époque déjà, avait un pied à l’extérieur du RCD et un autre encore dedans, a rencontré le général Betchine, je crois, avait lancé à la télévision un appel à la reprise des cours qui ne fut pas entendu. En outre, la cohésion entre MCB/commissions nationales et MCB/coordination nationale a été de courte durée. C’est dans cette confusion et dans l’essoufflement du mouvement qu’est né le HCA, dont la création ne pouvait en aucun cas constituer une fin en soi. Par ailleurs, il était sans doute possible de trouver une forme de lutte, forte, mais qui ne sacrifie pas une année scolaire entière pour toute une génération. La gestion de cet épisode a en effet laissé un arrière-goût amer dans la population.

- Ce goût amer, justement, on le retrouve encore une fois avec le Printemps noir en 2001. La Kabylie a été martyrisée tout en confirmant son statut de bastion de la revendication identitaire berbère. Mais ce combat n’a jamais gagné du terrain dans les autres régions d’Algérie. Comment expliquez-vous cela ?

Le prix du sang versé par la jeunesse kabyle lors du Printemps noir et l’exceptionnelle mobilisation de la marche du 14 juin 2001 faussent souvent le regard porté sur cette période. Longtemps, ce mouvement est resté sans voix, avec pour toute expression une banderole noire pour marquer le deuil. Lorsqu’il a commencé à s’exprimer politiquement, à désigner des porte-parole, il avait déjà perdu beaucoup de son assise populaire. Le fondement de son discours était le rejet du FFS et du RCD qui se disputaient la Kabylie. Ce rejet est né de l’exaspération largement partagée devant les luttes aussi interminables que stériles opposant FFS et RCD. Cependant, ce rejet, qui ne pouvait constituer à lui seul un programme, laissait la porte grande ouverte à toutes sortes de manipulations. Avec le recul, on reste consternés par la vacuité et la pauvreté de la plateforme d’El Kseur, qui ne mentionne tamazight qu’au point 8. Naturellement, on peut regretter qu’une mobilisation d’une telle ampleur n’ait pas réussi à se donner des porte-voix à sa mesure. Au final, cette phase s’est soldée par une forte régression politique, dont les effets négatifs perdurent encore aujourd’hui. Une des raisons de l’absence d’audience de ce mouvement est, à mon sens, due à la faiblesse de son discours, la méfiance du reste du pays, largement travaillé par l’arabo-islamisme, vis-à-vis de tout ce qui émane de la Kabylie a fait le reste.

- Après ce retour explicatif dans le passé, revenons à un présent très pesant. Bientôt une nouvelle Constitution pour l’Algérie. Sera-t-elle la bonne pour officialiser enfin tamazight ?

Plus de cinquante ans après l’indépendance, qu’on en soit à se poser ce genre de question est honteux. Cette situation renseigne bien sur la volonté hégémonique de l’arabo-islamisme à régner sans partage sur l’ Algérie, comme sur tous les pays qu’il a conquis. Car sur le fond, quelle langue est plus légitime en Algérie que tamazight ? A-t-on besoin d’enquêtes approfondies pour répondre à cette question ? Aussi loin que l’on remonte dans le temps, c’est indiscutablement notre première langue nationale et officielle. Il n’y a pas une once du territoire national, pas un lieu, pas un village, pas une ville, qui ne possède un toponyme marqué au sceau de la langue amazighe. Combien de pierres gravées -sur les sépultures des plus humbles, comme sur les frontons des mausolées royaux- nous rappellent que si nos ancêtres ont souvent maîtrisé, à la perfection, les langues des occupants ils n’ont pas renoncé à la leur. Mais il faut se garder d’un leurre. Celui qui consiste à consacrer tamazight dans la Constitution comme langue officielle et l’exclure, de fait, du quotidien des Algériens. Les «quarante-sept élèves» qui suivent l’«enseignement de tamazight langue nationale» à Alger -20 ans après son lancement- informent clairement sur la volonté réelle du pouvoir en ce domaine ! Quand il s’était agi d’arabisation, à quel Algérien a-t-on demandé s’il voulait bien apprendre l’arabe ? Dans le cas de l’arabe, la règle n’est pas le libre-service : on se souvient d’Abdelkader Hadjar, alors président de la commission d’arabisation, proclamant en 1974 : «Je ferai de tout Algérien qui refuse de s’arabiser un étranger dans son propre pays.» Gageons que les Amazighs d’Algérie feront cette réponse de bon sens. Le régime doit savoir qu’en refusant d’intégrer pleinement tamazight comme langue officielle, il prend la responsabilité d’enterrer définitivement le modèle d’Etat-nation défendu par le mouvement national. L’Algérie de Ben M’hidi et de Abane n’a jamais eu pour vocation d’être une province vassale d’Arabie ni sur le plan identitaire ni sur le plan culturel.

- Malgré ce qu’on peut penser et jusqu’à preuve du contraire, aucune formation politique algérienne, même parmi les plus réticentes, ne s’oppose clairement à cette officialisation. Ne faut-il donc pas faire front commun pour la passer par voie parlementaire ?

Cette question dépasse en effet le cadre partisan. Aucun Algérien digne de ce nom ne peut s’opposer aujourd’hui à l’officialisation de la langue amazighe sur la terre amazighe, sans s’assumer comme un renégat.
La dynamique en faveur de l’amazighité dépasse nos frontières : il n’y a qu’à voir ce qui se passe autour de nous, en Libye, au Maroc, dans l’Azawad et même en Tunisie, où des voix se font entendre pour revendiquer leur amazighité… Même l’ONU a tout récemment interpellé le gouvernement algérien, par le biais de son Comité de lutte contre les discriminations, sur la question de l’inscription dans la Constitution de la langue amazighe comme langue officielle. Quant aux parlementaires, ils voteront ou ne voteront pas selon les instructions qu’ils recevront de ceux qui les ont désignés…

AZAWAD-MALI : Principe de réalité !

Temoust.org | Site d'information touarègue

AZAWAD-MALI : Principe de réalité !

Décidément, l’Etat malien peine à trouver ses marques et à se hisser à la hauteur de ses responsabilités à l’égard des populations placés sous sa protection et de la communauté internationale.
L’initiative du Premier ministre, Moussa Mara, de se rendre à Kidal, malgré les avis exprimés sur l’opportunité de cette visite, relevait d’un manque total de sens politique. Il faut dire que le Président de la République malienne en personne déclarait auparavant qu’il ne négocierait pas, alors que le MNLA (Mouvement Nationale de Libération de l’Azawad), le HCUA (Haut conseil pour l'unité de l'Azawad) et le MAA (Mouvement arabe de l'Azawad attendaient depuis des mois que le nouveau gouvernement se décide enfin à reprendre le cours de ces négociations comme le prévoient les accords de Ouagadougou de juin 2013. Il s’agit de la seule voie possible pour décider de manière durable de l’avenir des rapports entre le Mali et l’Azawad.
26 mai - 22:16

Pourparlers d'Alger: entre compromis et compromissions...

JournalDuMali.com: Pourparlers d'Alger: entre compromis et compromissions...

entre compromis et compromissions...

Par Mokthar DIOP - 13/10/2014

Chercheur émérite du CNRS, André Bourgeot s’est entretenu avec notre reporter sur les négociations d’Alger et la militarisation de la bande saharo-saharienne.

Journaldumali.com : Les coups d’éclat des djihadistes se multiplient. Alors, sur qui peut compter le Mali pour pacifier le nord voire reprendre la main dans son septentrion ?
André Bourgeot: Je me demande aujourd’hui quelle est la marge de manœuvre possible des autorités politiques maliennes dans un contexte international où il y a des pressions très fortes car il existe des connivences entre la communauté internationale et certains mouvements touaregs bien que tous les mouvements ne soient pas touareg. Quelle est donc la marge de manœuvre des autorités politiques maliennes par rapport aux puissances occidentales notamment la France et par rapport à la dominante religieuse malienne puisque cette dimension religieuse existe car on l’a vu lors de la marche réussie de la société civile avec en première ligne les leaders religieux qui ont pris la parole et ont tenu des propos très intéressants. Monsieur Haidara et monsieur Dicko ont un élan populaire énorme or nous sommes dans un Etat laïc. Les religieux restent des religieux et leur aura montre qu’il y a un vide politique dans les partis politiques maliens.

Un vide dans les partis politiques maliens, qu’est-ce-à dire ?
La classe politique malienne est un peu dans une situation de déficience. On ne la sent pas porter le combat aux côtés du pouvoir en place. Il appartiendrait cette fois-ci à la société civile laïque de prendre des initiatives autres que celles des religieux. Je ne condamne pas les religieux mais j’observe que le politique dans le contexte actuel est entre les mains des religieux qui ont un écho populaire favorable qui permet de mobiliser contre ce qui se passe au nord.

Irez-vous jusqu’à dire que le président IBK paye sa proximité avec la Chine et la Russie face à la France qui s’interroge sur la contrepartie ?
Les accords signés avec la Chine et les nouvelles relations de coopération avec la Russie sont postérieurs à Barkane donc on peut se poser la question de savoir si le Président n’établit pas de nouveaux équilibres par rapport aux puissances occidentales pour avoir une marge de manœuvre plus grande face à ces interlocuteurs traditionnels.

A supposer que le président ait livré le sous-sol malien à la Chine et à la Russie, cela plairait-il à la France ?
J’écarte cette hypothèse et si d’aventure elle était pertinente ce serait inacceptable. Je prends l’exemple du Niger entre la prospection et l’exploitation du pétrole dans la région d’Aggadem. Niamey a promis un contrat d’exploitation à la société américaine EXXON contre le développement de la région ce que EXXON a refusé. Les chinois du CNPC arrivent dans ce contexte et le même langage leur ait tenu alors ils répondent par « vous voulez une raffinerie et un bon réseau routier, pas de problème nous les réaliserons ». Effectivement, la raffinerie est faite entre Maradi et Zinder et le réseau routier a vu le jour. Tout ceci répond aux intérêts nationaux du Niger et aux possibilités de transformation de matières premières dans un processus d’industrialisation. La Chine est perçue comme un pays compétiteur dangereux par les puissances occidentales car elle grignote des parts de marché et intéresse de plus en plus les gouvernements Africains. C’est une donnée conflictuelle qui pose le problème du contrôle des richesses extractives, c’est clair.

Revenons aux accords d’Alger. Un accord définitif et durable est-il envisageable ?
Non, dans les circonstances actuelles, un accord de paix définitif et durable est impossible. Les rapports de force politique actuellement sont plutôt favorables aux belligérants opposés qui sont ultra minoritaires d’où le problème. Le Mnla ne représente que lui-même. La majorité des sociétés touareg ne souscrit pas aux objectifs, aux méthodes et aux pratiques du Mnla. On le voit bien. Si vous prenez le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad, il n’y a que la famille de la chefferie et ceci ne représente pas l’ensemble des sociétés Touareg et à fortiori tout le septentrion malien. Donc si à l’issue de ces négociations, il y a des compromis voire des compromissions, les populations du nord ne se laisseront pas faire et continueront à se mobiliser.

A coups sûr, les populations du nord ne se laisseront pas faire ?
Absolument, l’élément nouveau est qu’il y a un suivi populaire dans les conditions de déroulement des négociations d’Alger qui sont loin d’être transparentes car les autorités maliennes ne sont pas claires, on ignore leur position. Il ne faut pas oublier que durant l’occupation par les djihadistes, il y a eu une résistance populaire à Gao avec Nous pas Bouger, les Patriotes, les Patrouilleurs qui ont entretenu des relations ambigües avec le Mujao mais qui ont permis une expression populaire pour éviter une dérive trop grande. Ce qui a fédéré ces populations du nord c’est le fait que le Mnla lors de son intervention à Tombouctou et à Gao a commis des actes contestables et critiquables. Le Mnla a fédéré l’ensemble de ces populations contre lui et cette alliance va perdurer. Si l’on ne prend pas en compte l’opinion de ces populations et de toutes les populations maliennes, je crains fort que ça aille dans le sens de l’affrontement.

Est-ce un faux fuyant que de dire que le problème du nord n’est pas un problème Malien mais plutôt international ?
On ne peut pas contester le fait qu’il y ait des ramifications sur l’ensemble des espaces mais cela ne veut pas dire pour autant qu’il y ait des liens organiques entre les différentes organisations auto proclamées d’autant qu’on note des spécificités dans l’espace saharo-sahélien. Par exemple, nous avons été en France un certain nombre de personnes à dénoncer l’intervention militaire franco-britannique en Libye parce qu’en plus d’avoir des conséquences larges, elle a libéré les forces djihadistes et les forces tribales. La Libye n’a plus d’existence étatique. Elle est dirigée par des groupes salafistes et tribaux qui étaient bâillonnés à l’époque de Kadhafi. A l’issue de cette intervention, que voit-on ? Le Mali est déstabilisé à partir du nord et devient un espace géostratégique dont les conséquences sont régionales : on a vu ce qui s’est passé en Algérie, au Niger et en Mauritanie et tout ceci engendre une militarisation de l’espace saharo-sahélien par les militaires français. François Hollande l’a dit sans ambages « la transformation de Serval en Barkane va durer », en langage diplomatique cela signifie que Barkane va durer entrer entre six mois et dix ans. Il n’y a aucune opacité donc les forces internationales créent les conditions de subordination des armées nationales aux forces internationales. Le problème c’est qu’elle est la volonté de l’Etat malien à restaurer à la fois l’autorité de l’Etat et de l’armée ? Là, je rebondis sur la coopération avec la Russie. Est-ce que la Russie va permettre à l’armée malienne de se relever puisque cette armée est malade depuis le coup d’état de Sanogo. Comment restructurez cette armée…

Vous mettez sous le coude tout ce que la France a fait en termes de formation des Fama ?
Moi, je ne veux pas qu’on nous prenne pour des pingouins. Vous avez eu en 2003 un programme de formation initié par les américains pour la formation des militaires nationaux avec un budget moyen. Ce programme a été révisé et transformé en TSTCIE 2006-2007 avec un budget triplé avec les mêmes objectifs de former les militaires maliens, nigériens et mauritaniens à la lutte contre le terrorisme. Vous avez vu ce que cette formation a donné ! Aqmi s’installe partout or les objectifs de Barkane sont les mêmes à la différence que Barkane est circonscrit aux anciennes colonies françaises de l’Afrique de l’ouest, Mauritanie, Niger, Tchad et Mali. Finalement il y a un problème avec les militaires maliens. On recommence toujours les mêmes choses avec les militaires maliens. Il ne faut pas perdre la mémoire historique des choses et on ne peut pas appréhender ces problèmes en dehors de la volonté de domination de ces pays sur l’Afrique qui est devenue un pays à forts enjeux au plan économique. Les spécialistes disent que le taux de croissance en Afrique est de deux chiffres. On parle de croissance et non de développement. La croissance bénéficie à qui ? On retombe sur le problème des capacités d’autonomie politique et économique des pays concernés. Est-ce qu’ils en ont les moyens ou sont –ils dans une marge de manœuvre réduite ?

Dernière question plutôt personnelle. Vous n’avez pas peur de vous promener dans la sous-région ?
Je précise la chose suivante : depuis 2009, le ministère des affaires étrangères a classé cette zone rouge et je respecte les consignes autrement dit depuis 2009 je ne quitte pas Bamako et je ne me rends plus dans ce septentrion malien que j’affectionne car le nord représente toute ma jeunesse. Affectivement, je suis blessé. On ne pourra plus retrouver les mêmes ambiances dans ces zones, c’est fini. C’est dramatique. Comment va-t-on sortir de cette situation ? Il faudra un travail politique de fond mais cette volonté politique existe-t-elle ? J’ai mal de voir le Mali dans cette situation. Idem pour le Niger et sa base américaine à Agadez ainsi que les drones américains. Toute cette militarisation de la zone saharo-saharienne me désole

Malijet Pourparlers inter –Malien d’Alger: Les intérêts de la France, le vrai enjeu ! Mali Bamako

Malijet Pourparlers inter –Malien d’Alger: Les intérêts de la France, le vrai enjeu ! Mali Bamako

Les intérêts de la France, le vrai enjeu !

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Pourparlers inter –Malien  d’Alger: Les intérêts de la France, le vrai enjeu !
Cela, fait plusieurs mois que Bamako et les groupes armés n’arrivent pas à accorder leur violon. Aucun des parties ne voulant des accords de Ouagadougou comme base des pourparlers de paix. Les deux parties avaient engagées une véritable course contre la montre pour pouvoir se faire entendre auprès de la communauté Internationale. Si le MNLA avait préféré se tourner vers les chancelleries occidentales où elle jouit d’un soutien certain, Bamako a préféré prendre langue avec des pays arabes comme l’Algérie, le Qatar et dans une certaine mesure le Maroc pour disqualifier le mouvement séparatiste.
Il a fallu attendre l’affrontement meurtrier de Kidal pour que les parties acceptent de discuter. La troisième phase des discussions est prévue pour le 15 octobre prochain. Mais, il ne faut cependant pas se voiler la face la France détient entre ses mains la clef de la solution.
Pour nombre d’observateurs avertis ces pourparlers ne sont qu’une simple perte de temps. Le Mali doit plutôt prendre langue directement avec la France qui est le principal acteur de ce conflit. A César ce qui est à César, au Christ ce qui est à lui et à la France la reconnaissante éternelle du peuple souverain du Mali, qui doit lui doit l’unification de leur pays après de longs mois d’occupation. Mais, cette aide incommensurable ne peut nous en dormir au point d’ignorer son soutien au MNLA et ses complices de HCUA et du MAA, aile rebelle. Le ministre Français de la défense, Jean Yves Le Drian ne s’est pas embarrassé à dire sans détour que « les touaregs sont nos amis ». Mieux Alain Juppé l’ancien locataire de l’hôtel de Brienne avait déclaré sur les ondes de la RFI : « le MNLA a remporté d’importants succès militaires sur le terrain qu’il faille en tenir compte... ». Selon lui, il revenait au Mali d’accepter les négociations le couteau sous la gorge en 2012. Des déclarations qu’un spécialiste de l’Institut des Recherches International et Stratégiques (IRIS) n’a pas besoin de scruter pour dire que Paris est de mèche avec le mouvement indépendantiste.
Dans certains milieux Bamakois on ne se gêne plus à pousser les gouvernants à discuter carte sur table avec la France et lui donner satisfaction à ses revendications économiques sur les conditions d’exploitation des ressources minières qui gisant dans le sol de cette partie du territoire national. L’histoire a démontré qu’en ce 21nieme siècle, les grandes puissances préfèrent sous –traiter avec des mouvements d’oppositions locales pour obtenir ce qu’ils veulent. C’est la clé de la solution car la France s’est fâchée quand le président Amadou Toumani Touré a confié en son temps l’exploration des riches gisements de pétrole de Taoudéni aux sociétés ENI(Italie), Baraka (Australie) et la SONATRACH (Algérie). La France qui n’a pas digéré cet affront a fait d’ATT, un infréquentable. Cette solution corrobore avec la déclaration de l’ancien président de la RDC feu Laurent Desiré Kabila qui avait refusé de rencontrer la délégation du Rassemblement Congolais pour la Démocratie(RCD) conduite par Bizima Kara mais plutôt les vrais acteurs du conflit le président Rwandais Paul Kagamé et celui de l’Ouganda Youweri Musseveni qui avaient des visées sur les richesses du Congo Démocratique. Comme l’a dit le Français André Bourgeois le MNLA a déjà perdu la face car le monde entier a découvert sa félonie. Mieux, le Français a souligné qu’en rencontrant le MNLA et la MINUSMA, sans l’armée Malienne « BARKHANE » a prouvé qu’à Kidal le MNLA reste le seul maitre à bord. Enfin, des rumeurs circulent comme quoi la France serait entrain de former le MNLA pour faire face à un éventuel retour des Djihadistes qu’elle ne s’y trompe pas derrière les groupe armés il y a le turban qui cache le visage du sinistre Iyad AG Agaly.
Badou S. Koba

Source: Tjikan