mardi 8 juillet 2014
lundi 7 juillet 2014
IBK va s’habituer à casser le jeûne du Ramadan en buvant le calice jusqu’à la lie (1/5) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
IBK va s’habituer à casser le jeûne du Ramadan en buvant le calice jusqu’à la lie (1/5) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
Rien de tel qu’une déroute politico-militaire, sous les regards de la « communauté internationale » et tout particulièrement de la Minusma des Nations unies, de « Serval », et finalement de tous les acteurs, proches ou lointains, de la « crise malienne », pour ramener sur terre un président de la République tout à la fois suffisant et insuffisant et une équipe gouvernementale coupée des réalités. Retour un peu rude ; violent même ; plus encore : humiliant.
Dès après l’offensive militaire ratée et la déroute des FAMa à la suite des événements du mercredi 21 mai 2014 (cf. LDD Mali 0142/Jeudi 22 mai 2014), Gérard Araud, ambassadeur de France auprès des Nations unies, sera sans compassion pour un président et un gouvernement qui ont failli : « Le [gouvernement] malien a pris ses responsabilités […] C’est une affaire malienne. C’est aux Maliens de résoudre les problèmes maliens qui ne datent pas d’hier ni même de 2012 ». L’opposition malienne, évoquant la « tragédie de Kidal », parlera de « l’humiliation de notre pays » mais n’obtiendra ni la démission du premier ministre, Moussa Mara, ni la dissolution de son gouvernement, ni le vote d’une motion de censure. Mais la belle unanimité résultant de la bonne tenue de la présidentielle 2013 et, dans une moindre mesure, de législatives sans passion, n’est plus ce qu’elle était. Non seulement au sein de la classe politique mais, plus encore, au sein de la communauté internationale.
Il y a tout juste un an, le mardi 18 juin 2013, était signé à Ouagadougou « l’accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali ». Son intitulé, à lui seul, était significatif : au-delà de l’élection présidentielle, il fallait engager des « pourparlers inclusifs ». Le colonel Moussa Sinko Coulibaly en avait été le signataire pour le compte du gouvernement d’union nationale de la République du Mali et par délégation du Ministre de la Défense et des Anciens combattants. Coulibaly était alors ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire.
N’étant pas reconduit dans le gouvernement formé par Moussa Mara, le colonel (promu entre temps général de brigade) est désormais le directeur général de l’Ecole de maintien de la paix Alioune-Blondin-Beye de Bamako (poste qu’il occupait avant les événements du 22-mars). Le ministre de la Défense et des Anciens combattants en poste en 2013, le général Yamoussa Camara, ne le sera plus dès l’accession d’IBK à la présidence de la République. Il a été remplacé par Soumeylou Boubèye Maïga qui, après « l’affaire de Kidal », aura la dignité de démissionner. Quant au général Camara, après avoir quitté le gouvernement et avoir été nommé chef d’état-major particulier du Président de la République, il s’est retrouvé placé sous mandat de dépôt.
Les autres signataires de l’accord de Ouagadougou ont été Bilal Ag Chérif (MNLA) et Alghabass Ag Intalla (HCUA), Blaise Compaoré (médiateur), Goodluck Ebele Jonathan (médiateur associé), tandis que les « témoins » étaient Pierre Buyoya (Union africaine), Bert Koenders (Nations unies), Yipéné Djibrill Bassolé (pas en tant que ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale mais de l’OCI) et Michel Reveyrand de Menthon (Union européenne). Au total, signataires et témoins de l’accord de Ouaga sont toujours présents ; sauf ceux qui ont signé au nom du gouvernement d’union nationale du Mali.
IBK a pu penser que l’accord de Ouaga ne l’engageait plus dès lors que ceux qui l’avaient signé avaient été passés à la trappe. Sauf que son accession au pouvoir résultait de la signature de cet accord et que, depuis, tous les acteurs de la « crise malienne » (qu’IBK a voulu, un temps, caractériser comme une « crise malo-malienne », autrement dit strictement interne) n’ont cessé de rappeler « la forte mobilisation de la communauté internationale » (pour reprendre les mots de Compaoré au soir du mardi 18 juin 2013) qui venait en renforcer l’impact.
Depuis son discours du Nouvel An (mercredi 31 décembre 2013), il apparaissait évident que, surfant sur sa victoire à la présidentielle avec un score sans équivoque, IBK entendait ne pas lire l’accord de Ouagadougou et, surtout, ne pas l’appliquer. Il va alors multiplier les contacts diplomatiques, notamment avec le Maroc et l’Algérie, pour exclure définitivement le Burkina Faso de la médiation. A tel point que Ouaga se cantonnera à un « accompagnement » de la médiation et se refusera, dès lors, à toute « initiative ». Sans pour autant rester inactif.
A Bamako, Oumar Tatam Ly, Premier ministre, va à son tour passer à trappe. Il sera remplacé par un quasi inconnu, Moussa Mara, jeune, sans expérience politique probante, candidat à la présidentielle 2013, leader d’un parti fantôme, et modeste ministre de l’Urbanisme et de la Politique de la ville dans le gouvernement de Tatam Ly. Il était probant que Tatam Ly, étant ce qu’il était et venant d’où il venait, n’entendait pas s’associer à la stratégie anti-Cédéao et « communauté internationale » d’IBK. Il était probant, aussi, que Moussa Mara était moins enclin que son prédécesseur à jouer le jeu de la médiation burkinabè (cf. LDD Mali 0132/Lundi 28 avril 2014). Dès lors, ce qui devait arriver est arrivé : une virée qui tourne mal à Kidal et une contre-offensive qui sera une débâcle totale. Tout cela dans un contexte fortement détérioré : « affaire de l’avion présidentiel » ; « affaire Tomi » ; « affaire des fraudes au bac »…
Avec un premier ministre qui perd vite son sang froid et ne sait pas toujours ce que parler veut dire. Tandis qu’IBK est pieds et poings liés dès lors qu’il a déjà changé de premier ministre et qu’il va devoir faire avec Moussa Mara pendant encore un certain temps. Seul atout du chef de l’Etat malien : il est en adéquation, pour la question du Nord-Mali, avec la population malienne, celle qui a voté massivement pour lui en 2013, qui ne veut pas entendre parler de négociation avec les assassins des soldats maliens à Aguelhok ; et, bien sûr, Bamako étant ce qu’elle est, se refuse à ce que les fêtes qu’aiment plus que tout les Bamakois soient gâchées par les états d’âme de quelques « enturbanés » du Nord-Mali ; autrement dit : venus d’une autre planète.
Sauf que ; sauf qu’IBK est en « présidence surveillée ». Parce que la situation qui prévaut au Mali n’est pas sans effets collatéraux dans toute l’Afrique de l’Ouest. Et encore convient-il de n’être pas, géographiquement, restrictif. Blaise Compaoré l’a dit à Malabo, lors du dernier sommet de l’Union africaine : « Ce qui se passe déjà au Nord du Nigeria, sur les côtes de la Somalie, la déstabilisation de la Centrafrique, le Nord de l’Afrique, tout cela constitue de graves préoccupations pour le continent, de graves menaces qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent prendre des proportions encore plus grandes, encore plus graves pour le continent : comprenez que ce doit être des sujets de préoccupations ». Et le dire à Malabo, qui a fait voici quelques années l’objet d’une attaque de mercenaires « internationaux » qui n’étaient pas des enfants de chœur, prenait un sens particulier. D’autant plus que l’île de Bioko, qui abrite la capitale de la Guinée équatoriale, est aussi au cœur du golfe de Guinée, objet d’attaques à répétition de pirates, même si les exactions de Boko Haram les ont quelque peu occultées ces derniers mois.
« Plusieurs dizaines de morts, une humiliation militaire, une crise politique, une confiance, déjà fragile, à reconstruire, et un profond sentiment de gâchis : un mois après la flambée de violence qui a embrasé la ville de Kidal, dans le Nord du Mali, le bilan de cet épisode dramatique est lourd pour le pays et son président, Ibrahim Boubacar Keïta ». C’est Charlotte Bozonnet qui l’écrivait dans Le Monde daté du mercredi 18 juin 2014, tout juste un an après la signature de l’accord de Ouagadougou. Et il n’est personne pour penser le contraire. Du coup, tout le monde est revenu en courant à Ouagadougou pour reprendre langue avec Compaoré qui s’était lassé d’être « le dindon de la farce » malienne.
Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique
IBK va s’habituer à casser le jeûne du Ramadan en buvant le calice jusqu’à la lie (1/5)
lundi 7 juillet 2014Rien de tel qu’une déroute politico-militaire, sous les regards de la « communauté internationale » et tout particulièrement de la Minusma des Nations unies, de « Serval », et finalement de tous les acteurs, proches ou lointains, de la « crise malienne », pour ramener sur terre un président de la République tout à la fois suffisant et insuffisant et une équipe gouvernementale coupée des réalités. Retour un peu rude ; violent même ; plus encore : humiliant.
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Il y a tout juste un an, le mardi 18 juin 2013, était signé à Ouagadougou « l’accord préliminaire à l’élection présidentielle et aux pourparlers inclusifs de paix au Mali ». Son intitulé, à lui seul, était significatif : au-delà de l’élection présidentielle, il fallait engager des « pourparlers inclusifs ». Le colonel Moussa Sinko Coulibaly en avait été le signataire pour le compte du gouvernement d’union nationale de la République du Mali et par délégation du Ministre de la Défense et des Anciens combattants. Coulibaly était alors ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire.
N’étant pas reconduit dans le gouvernement formé par Moussa Mara, le colonel (promu entre temps général de brigade) est désormais le directeur général de l’Ecole de maintien de la paix Alioune-Blondin-Beye de Bamako (poste qu’il occupait avant les événements du 22-mars). Le ministre de la Défense et des Anciens combattants en poste en 2013, le général Yamoussa Camara, ne le sera plus dès l’accession d’IBK à la présidence de la République. Il a été remplacé par Soumeylou Boubèye Maïga qui, après « l’affaire de Kidal », aura la dignité de démissionner. Quant au général Camara, après avoir quitté le gouvernement et avoir été nommé chef d’état-major particulier du Président de la République, il s’est retrouvé placé sous mandat de dépôt.
Les autres signataires de l’accord de Ouagadougou ont été Bilal Ag Chérif (MNLA) et Alghabass Ag Intalla (HCUA), Blaise Compaoré (médiateur), Goodluck Ebele Jonathan (médiateur associé), tandis que les « témoins » étaient Pierre Buyoya (Union africaine), Bert Koenders (Nations unies), Yipéné Djibrill Bassolé (pas en tant que ministre des Affaires étrangères et de la Coopération régionale mais de l’OCI) et Michel Reveyrand de Menthon (Union européenne). Au total, signataires et témoins de l’accord de Ouaga sont toujours présents ; sauf ceux qui ont signé au nom du gouvernement d’union nationale du Mali.
IBK a pu penser que l’accord de Ouaga ne l’engageait plus dès lors que ceux qui l’avaient signé avaient été passés à la trappe. Sauf que son accession au pouvoir résultait de la signature de cet accord et que, depuis, tous les acteurs de la « crise malienne » (qu’IBK a voulu, un temps, caractériser comme une « crise malo-malienne », autrement dit strictement interne) n’ont cessé de rappeler « la forte mobilisation de la communauté internationale » (pour reprendre les mots de Compaoré au soir du mardi 18 juin 2013) qui venait en renforcer l’impact.
Depuis son discours du Nouvel An (mercredi 31 décembre 2013), il apparaissait évident que, surfant sur sa victoire à la présidentielle avec un score sans équivoque, IBK entendait ne pas lire l’accord de Ouagadougou et, surtout, ne pas l’appliquer. Il va alors multiplier les contacts diplomatiques, notamment avec le Maroc et l’Algérie, pour exclure définitivement le Burkina Faso de la médiation. A tel point que Ouaga se cantonnera à un « accompagnement » de la médiation et se refusera, dès lors, à toute « initiative ». Sans pour autant rester inactif.
A Bamako, Oumar Tatam Ly, Premier ministre, va à son tour passer à trappe. Il sera remplacé par un quasi inconnu, Moussa Mara, jeune, sans expérience politique probante, candidat à la présidentielle 2013, leader d’un parti fantôme, et modeste ministre de l’Urbanisme et de la Politique de la ville dans le gouvernement de Tatam Ly. Il était probant que Tatam Ly, étant ce qu’il était et venant d’où il venait, n’entendait pas s’associer à la stratégie anti-Cédéao et « communauté internationale » d’IBK. Il était probant, aussi, que Moussa Mara était moins enclin que son prédécesseur à jouer le jeu de la médiation burkinabè (cf. LDD Mali 0132/Lundi 28 avril 2014). Dès lors, ce qui devait arriver est arrivé : une virée qui tourne mal à Kidal et une contre-offensive qui sera une débâcle totale. Tout cela dans un contexte fortement détérioré : « affaire de l’avion présidentiel » ; « affaire Tomi » ; « affaire des fraudes au bac »…
Avec un premier ministre qui perd vite son sang froid et ne sait pas toujours ce que parler veut dire. Tandis qu’IBK est pieds et poings liés dès lors qu’il a déjà changé de premier ministre et qu’il va devoir faire avec Moussa Mara pendant encore un certain temps. Seul atout du chef de l’Etat malien : il est en adéquation, pour la question du Nord-Mali, avec la population malienne, celle qui a voté massivement pour lui en 2013, qui ne veut pas entendre parler de négociation avec les assassins des soldats maliens à Aguelhok ; et, bien sûr, Bamako étant ce qu’elle est, se refuse à ce que les fêtes qu’aiment plus que tout les Bamakois soient gâchées par les états d’âme de quelques « enturbanés » du Nord-Mali ; autrement dit : venus d’une autre planète.
Sauf que ; sauf qu’IBK est en « présidence surveillée ». Parce que la situation qui prévaut au Mali n’est pas sans effets collatéraux dans toute l’Afrique de l’Ouest. Et encore convient-il de n’être pas, géographiquement, restrictif. Blaise Compaoré l’a dit à Malabo, lors du dernier sommet de l’Union africaine : « Ce qui se passe déjà au Nord du Nigeria, sur les côtes de la Somalie, la déstabilisation de la Centrafrique, le Nord de l’Afrique, tout cela constitue de graves préoccupations pour le continent, de graves menaces qui, si elles ne sont pas traitées, peuvent prendre des proportions encore plus grandes, encore plus graves pour le continent : comprenez que ce doit être des sujets de préoccupations ». Et le dire à Malabo, qui a fait voici quelques années l’objet d’une attaque de mercenaires « internationaux » qui n’étaient pas des enfants de chœur, prenait un sens particulier. D’autant plus que l’île de Bioko, qui abrite la capitale de la Guinée équatoriale, est aussi au cœur du golfe de Guinée, objet d’attaques à répétition de pirates, même si les exactions de Boko Haram les ont quelque peu occultées ces derniers mois.
« Plusieurs dizaines de morts, une humiliation militaire, une crise politique, une confiance, déjà fragile, à reconstruire, et un profond sentiment de gâchis : un mois après la flambée de violence qui a embrasé la ville de Kidal, dans le Nord du Mali, le bilan de cet épisode dramatique est lourd pour le pays et son président, Ibrahim Boubacar Keïta ». C’est Charlotte Bozonnet qui l’écrivait dans Le Monde daté du mercredi 18 juin 2014, tout juste un an après la signature de l’accord de Ouagadougou. Et il n’est personne pour penser le contraire. Du coup, tout le monde est revenu en courant à Ouagadougou pour reprendre langue avec Compaoré qui s’était lassé d’être « le dindon de la farce » malienne.
Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique
Aux origines de la crise du Nord-Mali : Comment Modibo Kéïta a endigué la première vague de la rébellion Touareg - maliweb.net
Aux origines de la crise du Nord-Mali : Comment Modibo Kéïta a endigué la première vague de la rébellion Touareg - maliweb.net
Comment Modibo Kéïta a endigué la première vague de la rébellion Touareg
Dans le discours historique que le Capitaine Diby Silas Diarra, alors Commandant du Cercle de Kidal, a prononcé, le 22 septembre 1964 dans la capitale des Ifoghas, à l’occasion du quatrième anniversaire de l’indépendance du Mali, transparait la stratégie qui a permis au premier président du jeune Etat malien, Modibo Kéïta, de juguler les premières manifestations de l’irrédentisme targui inspiré par les forces néocolonialistes. Nous vous proposons, in extenso et en exclusivité de la presse malienne, cet important discours à valeur documentaire. Nous l’avons extrait de l’ouvrage d’Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni intitulé « Debout sur les remparts, Sauvons le Mali ».
« Messieurs les Ministres;
Messieurs les députés
Camarades délégués Camarades,
La population de Kidal, nos militantes et militants de Tinza- Watène, de Tinkar à Tirikine, par ma voix, expriment leurs remerciements fraternels à notre parti et à son gouvernement pour la sollicitude et I’honneur particuliers dont nous sommes aujourd’hui les bénéficiaires en ce grand jour anniversaire de la libération du peuple malien.
Aux camarades délégués, tant à I’ échelon national que régional, à nos voisins qui ont voulu relever l’éclat denotre fête par leur présence, nous souhaitons la plus cordiale bienvenue et Ie meilleur séjour à Kidal.Camarades, nous n’allons pas vous affubler, en ce jour de fête, d’un sévère réquisitoire que mériterait bien Ie néocolonialisme et sa manifestation pratique que fut la rébellion de certains de nos compatriotes nomades qui se sont laissés prendre au piège de l’impérialisme international.
Nous nous efforcerons plutôt de vous faire Ie point de notre bilan, un an après l’explosion de la bombe àretardement que la France a léguée à la jeune République du Mali au lendemain du 22 septembre 1960.Camarades, la première cause de la rébellion, cause que la France connaissait, est son propre échec dansl’administration des populations et plus particulièrement celles de I’ Adrar des Ifoghas.
En effet, la France est partie de I’Adrar sans l’avoir jamais soumis après plus de soixante ans pendant lesquels elle s’est maintenue grâce à la structure féodale qu’elle y a développée et entretenue. La politique de division de la France dans cette région ne sera, d’ailleurs, pas seulement géographique, car les coloniaux développeront aussi dans les populations nomades, d’une part, les divisions de classes propres à la société féodale et, d’autre part, avec Ie plus grand esprit de méchanceté, ils sèmeront la haine raciale et les complexes religieux.
En un mot, c’est une société féodale, convaincue de la raison du plus fort, une société anarchique sansattaches et sans esprit de sédentarisation, une société de haine et de complexes que l’administration française a léguée à la République du Mali.
Alors que de I’ extérieur les nostalgiques du régime colonial, la clique des Clauzel, des apatrides maliens, des haineux, tiraient sur la goupille de la bombe de la sécession, de l’intérieur, des féodaux, des ambitieux jouaient aux marionnettes, violant la conscience des simples en esprit, les révoltant contre l’ordre légal souverainement établi par Ie peuple malien.
Ainsi, toute une population trompée, soumise au viol, au pillage, voire à la mort, à défaut d’information,d’éducation profonde, a fait sienne la cause de ceux-là mêmes qui la saignaient à blanc, suivant les conseilscontre toute logique, des colonialistes, eux qui ont fait leurs valises du Mali en plein jour malgré leurs canons et leurs réacteurs, ont réussi à faire croire au nomade qu’avec son fusil de traite, il pouvait venir à bout de I’Etatmalien et de son peuple que les mêmes prophètes connaissaient pourtant.
Notre victoire est une victoire logique, la victoire d’une cause juste sur une cause injuste, la victoire d’un peuple uni sur des agitateurs soldés et téléguidés de l’étranger. Sur Ie plan tactique, parce que notre cause était juste,nous avons réussi rapidement à désintoxiquer, d’une part, les masses et d’ autre part, à extirper de leur sein la gangrène semée dans l’Adrar par les ALLARD et les CLAUZEL, à la veille de notre indépendance. Gagnant ainsi la confiance des masses, nous coupions Ie poisson de l’eau, Ie rebelle de sa base de vie.
Dès lors, un combat inégal et fatal s’engage entre notre détachement, fraction d’une armée nationale, populaire et révolutionnaire, défendant la juste cause d’un peuple irréversiblement engagé et des bandes sans foi et sans vertus, obéissant aux ordres d’aventuriers sans patrie. Dès lors, nous avons compris qu’il fallait combiner l’action politico-civique et l’action choc ; il nous fallait détruire si nécessaire, beaucoup construire et toujours éduquer.
Vous comprendrez, camarades, pourquoi nous n’avons eu recours qu’à la valeur de 2 commandos maliens pour mater les rebelles et tout Ie reste de notre effectif employé à garder Ie contact des masses nomades.Comme nous l’avons toujours dit, l’explosion de la bombe héritée du régime colonial était plutôt salutaire pour l’application correcte de notre politique socialiste dans cette partie de notre pays. Le malheur qu’aurait pu être la rébellion a plutôt accéléré I’ édification de la nation malienne dans Ie grand Nord de notre patrie.
Notre plan Ie plus positif, à cet égard, est sans doute la lourde défaite du néocolonialisme aux abois qui pensaitremettre en cause l’option de notre peuple sinon retarder son application et la marche impétueuse en avant de la révolution malienne.
A l’issue de cette rébellion et fort de I’ éducation politique reçue, nous sommes convaincus que Ie Tamachèquene sera plus jamais Ie jouet d’apatrides de I’ espèce de (….)’ Nous sommes persuadés, comme l’a dit notre Secrétaire Général Ie Président Modibo KEITA, que là comme ailleurs en République du Mali, Ienéocolonialisme se cassera les dents contre la volonté du peuple malien.
Le Tamachèque d’hier, ignorant tout de l’Union Soudanaise RDA est aujourd’hui militant à part entière, après que l’occasion lui eut été donnée d’apprécier, à sa juste valeur, la politique fraternelle et de justice de notre parti. Nous donnons I’ assurance que Ie parti est désormais aussi fort à Kidal qu’à Bamako ou à Sikasso. .
Par ailleurs, notre administration a réussi ici ce que la France n’avait jamais pu réussir. Aujourd’hui, les impôts sont collectés, non par des goumiers ou des soldats en armes, mais par les responsables administratifs des fractions et tribus, ce qui traduit I’ adhésion sans restriction à la politique nationale de l’US RDA.
Voilà à peine trois mois, que l’année fiscale est ouverte en République du Mali et nous disons qu’a la fin de ce premier trimestre, la presque totalité des impôts de notre circonscription seront recouvrés sans armes et sansmenace. Sur Ie plan social, notre parti a fait plus de réalisations en quatre ans d’indépendance que la France après 60 ans de colonisation.
Kidal, dont Ie nom signifiait pénitencier et enfer, devient chaque jour davantage un pôle d’attraction et nousprofitons de l’occasion pour rendre hommage à nos camarades responsables politiques, à nos travailleurs, nosfemmes et nos jeunes, un vibrant hommage pour I’ effort énorme que chacun à son poste déploie pour quenotre circonscription et surtout notre chef-lieu ne soit plus Ie dépôt d’indésirables sociaux, mais Ie chantierd’honneur des bâtisseurs conscients et confiants dans les destinées de notre peuple.
Les opérations militaires ne nous ont jamais détournés ou distraits de l’action sociale.
C’est ainsi que deux importants magasins de la SMDR ont été édifiés à Kidal et Tessalit, une succursale de laSOMIEX fonctionne à Kidal dont l’ancienne infirmerie présente aujourd’hui l’aspect d’un grand dispensairemoderne avec sa dépendance chirurgicale.
L’action médicale intensive démarrée par notre ami Ie Docteur Djigui DIABATE sur lequel nos militants n’ontjamais tari d’éloges est inlassablement poursuivie par Ie chirurgien Mohamed SOUMARE de réputationnationale. Grâce à leur compréhension du problème, leur sens ‘de l’organisation, nos multiples postessanitaires, tant fixes qu’ambulants, ont marqué notre victoire de leur sceau indélébile.
Le Tamachèque, jadis hostile à la médecine moderne, vient facilement se confier au médecin de Kidal et se faittraiter en toute confiance. Tous nos postes sont aujourd’hui à la fois de petits dispensaires de brousse et des points de ravitaillement des populations en produits de première nécessité. Dans Ie cadre syndical, nostravailleurs sont parfaitement bien organisés et notre union, dirigée par une équipe jeune et dynamique n’a pasmanque d’apporter dans Ie plateau de la balance sa large contribution à notre réussite.
Nos chefs traditionnels, se comportant jadis en féodaux, se sont rapidement transformés en guides conscients,en chefs jaloux des intérêts de leurs administrés et à cet égard, nous nous devons de leur rendre un hommageparticulier pour ne s’être jamais laissés embobiner dans une aventure dont l’une des causes est l’ignorance, I’obscurantisme.
Pour en venir au parti, Ie fossé comblé est immense si I’ on se souvient que Ie Tamachèque moyen, il y a un an seulement, ignorait jusqu’au nom de notre pays qui se confondait très facilement avec celui du Secrétaire Général du Parti.
Aujourd’hui, nul n’ignore plus l’US RDA et ses principes fondamentaux, nul n’ignore plus que l’option socialiste signifie l’abolition de la féodalité et de l’exploitation d’un frère par un autre frère.
La milice féminine, la brigade de vigilance, Ies pionniers, que vous aurez I’ occasion de voir tout à I ‘heure, ne sont pas formés ici par conformisme, mais sont les authentiques gardiens des conquêtes de notre peuple.Vous retrouvez les mêmes institutions du parti aussi bien organisées à Aguel-Hoc qu’à Tessalit.
Leur formation a été des plus sérieuses et ce soir même vous aurez l’occasion d’assister au concours de tir quiopposera hommes et femmes.
Si Ie fonctionnement de nos comités de fraction avait été ralenti par la situation particulière, leur mise en activitén’est plus qu’une question d’organisation à laquelle nous nous attèlerons sans délai.
Quant à l’expérience faite par notre détachement de I’Armée nationale, populaire et révolutionnaire, elle est plus que concluante. Le soldat malien a cassé par nécessité mais n’a jamais cessé de construire et surtout de conquérir le cœur et la raison de nos compatriotes hier dressés contre I’ ordre national par les agents du néocolonialisme. L’action du doigt sur la détente du fusil ne peut plus être la seule mission du soldat nationaliste d’autant plus que cette action a été rendue nécessaire conformément aux objectifs d’une politique qu’il a Ie devoir de connaitre, d’appliquer pour mieux la défendre.
Maintenant que la raison a triomphé de la folie et de I’ aventure, I’ action du doigt sur la détente va céder sa place à l’action du soldat bâtisseur double d’éducateur, sans pour autant jamais atténuer notre extrême vigilance. Désormais, tout en veillant jalousement sur la paix et la tranquillité de nos masses, c’est à leur éducation profonde, à leur organisation que nous allons nous attaquer. Notre soldat, combattant d’hier, pourra dorénavant se doubler d’agriculteur pour enseigner, par exemple, aux nomades, la culture du dattier, du tabac etsurtout Ie jardinage dont les résultats sont si éclatants
En un mot, la mise en valeur et la sédentarisation du nomade est notre objectif n02 et notre succès est d’avance assuré par notre foi inébranlable.
A la place de la haine et des complexes néfastes, nous avons cultivé la fraternité et Ie pardon.
C’est cette générosité exceptionnelle de notre parti et de son gouvernement, qui justifie aujourd’hui la présence sur cette place, de plus de quarante rebelles pris les armes à la main et autant de leurs complices.
Nous somme persuadés que Ie message du Président Modibo KEITA qui leur est destiné ne sera jamais chargé de rigueur et encore moins de haine. Au contraire, tous les espoirs sont permis pour eux, de retrouvertrès bientôt leur place dans la société dans laquelle nous sommes persuadés qu’ils retrouveront des frères et des sœurs, à condition de se dépouiller de toutes les séquelles de banditisme, pour se souvenir constamment que la première loi de notre société est que seul le travail paie. Sur cette même place, vous voyez égalementplus de 50 enfants d’anciens rebelles que nous avons recueillis au cours des opérations militaires et qui ont étéscolarisés et entretenus par la cantine scolaire.
Nous sommes persuadés d’avance que demain, forts de l’ouverture d’esprit que nos enseignants sauront leur donner, ils désapprouveront Ie suivisme qui a conduit leurs pères dans une rébellion fratricide.
Camarades, nous ne retiendrons pas plus longtemps votre attention et nous souhaitons à tous de passer, pour deux raisons, une bonne fête; d’une part en souvenir du bris des chaînes coloniales par le peuple malien, le 22 septembre 1960 et, d’autre part, pour la défaite des néocolonialistes, la prise de conscience et la reconversion de nos frères hier poussés dans une aventure dont l’issue ne pouvait être que la victoire de notre peuple.
Vive le Mali un et indivisible !
Vive le socialisme et l’esprit fraternel du genre humain !
A bas l’impérialisme, le néocolonialisme et tous leurs suppôts !»
Au terme de son ouvrage, Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni d’écrire : « On peut constater en conclusion que les problèmes qu’affrontent les régions du Nord du Mali ne sauraient être réduits à une décentralisation administrative. Il s’agit de donner des réponses cohérentes à des questions aussi graves que la volonté de sécession de populations maliennes, de protection d’intérêts économiques et stratégiques vitaux, des risques éventuels d’unifications à bases raciales permettant à des puissances étrangères d’accaparer des portions de notre territoire national ».
Présenté par Yaya Sidibé
Comment Modibo Kéïta a endigué la première vague de la rébellion Touareg
Dans le discours historique que le Capitaine Diby Silas Diarra, alors Commandant du Cercle de Kidal, a prononcé, le 22 septembre 1964 dans la capitale des Ifoghas, à l’occasion du quatrième anniversaire de l’indépendance du Mali, transparait la stratégie qui a permis au premier président du jeune Etat malien, Modibo Kéïta, de juguler les premières manifestations de l’irrédentisme targui inspiré par les forces néocolonialistes. Nous vous proposons, in extenso et en exclusivité de la presse malienne, cet important discours à valeur documentaire. Nous l’avons extrait de l’ouvrage d’Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni intitulé « Debout sur les remparts, Sauvons le Mali ».
« Messieurs les Ministres;
Messieurs les députés
Camarades délégués Camarades,
La population de Kidal, nos militantes et militants de Tinza- Watène, de Tinkar à Tirikine, par ma voix, expriment leurs remerciements fraternels à notre parti et à son gouvernement pour la sollicitude et I’honneur particuliers dont nous sommes aujourd’hui les bénéficiaires en ce grand jour anniversaire de la libération du peuple malien.
Aux camarades délégués, tant à I’ échelon national que régional, à nos voisins qui ont voulu relever l’éclat denotre fête par leur présence, nous souhaitons la plus cordiale bienvenue et Ie meilleur séjour à Kidal.Camarades, nous n’allons pas vous affubler, en ce jour de fête, d’un sévère réquisitoire que mériterait bien Ie néocolonialisme et sa manifestation pratique que fut la rébellion de certains de nos compatriotes nomades qui se sont laissés prendre au piège de l’impérialisme international.
Nous nous efforcerons plutôt de vous faire Ie point de notre bilan, un an après l’explosion de la bombe àretardement que la France a léguée à la jeune République du Mali au lendemain du 22 septembre 1960.Camarades, la première cause de la rébellion, cause que la France connaissait, est son propre échec dansl’administration des populations et plus particulièrement celles de I’ Adrar des Ifoghas.
En effet, la France est partie de I’Adrar sans l’avoir jamais soumis après plus de soixante ans pendant lesquels elle s’est maintenue grâce à la structure féodale qu’elle y a développée et entretenue. La politique de division de la France dans cette région ne sera, d’ailleurs, pas seulement géographique, car les coloniaux développeront aussi dans les populations nomades, d’une part, les divisions de classes propres à la société féodale et, d’autre part, avec Ie plus grand esprit de méchanceté, ils sèmeront la haine raciale et les complexes religieux.
En un mot, c’est une société féodale, convaincue de la raison du plus fort, une société anarchique sansattaches et sans esprit de sédentarisation, une société de haine et de complexes que l’administration française a léguée à la République du Mali.
Alors que de I’ extérieur les nostalgiques du régime colonial, la clique des Clauzel, des apatrides maliens, des haineux, tiraient sur la goupille de la bombe de la sécession, de l’intérieur, des féodaux, des ambitieux jouaient aux marionnettes, violant la conscience des simples en esprit, les révoltant contre l’ordre légal souverainement établi par Ie peuple malien.
Ainsi, toute une population trompée, soumise au viol, au pillage, voire à la mort, à défaut d’information,d’éducation profonde, a fait sienne la cause de ceux-là mêmes qui la saignaient à blanc, suivant les conseilscontre toute logique, des colonialistes, eux qui ont fait leurs valises du Mali en plein jour malgré leurs canons et leurs réacteurs, ont réussi à faire croire au nomade qu’avec son fusil de traite, il pouvait venir à bout de I’Etatmalien et de son peuple que les mêmes prophètes connaissaient pourtant.
Notre victoire est une victoire logique, la victoire d’une cause juste sur une cause injuste, la victoire d’un peuple uni sur des agitateurs soldés et téléguidés de l’étranger. Sur Ie plan tactique, parce que notre cause était juste,nous avons réussi rapidement à désintoxiquer, d’une part, les masses et d’ autre part, à extirper de leur sein la gangrène semée dans l’Adrar par les ALLARD et les CLAUZEL, à la veille de notre indépendance. Gagnant ainsi la confiance des masses, nous coupions Ie poisson de l’eau, Ie rebelle de sa base de vie.
Dès lors, un combat inégal et fatal s’engage entre notre détachement, fraction d’une armée nationale, populaire et révolutionnaire, défendant la juste cause d’un peuple irréversiblement engagé et des bandes sans foi et sans vertus, obéissant aux ordres d’aventuriers sans patrie. Dès lors, nous avons compris qu’il fallait combiner l’action politico-civique et l’action choc ; il nous fallait détruire si nécessaire, beaucoup construire et toujours éduquer.
Vous comprendrez, camarades, pourquoi nous n’avons eu recours qu’à la valeur de 2 commandos maliens pour mater les rebelles et tout Ie reste de notre effectif employé à garder Ie contact des masses nomades.Comme nous l’avons toujours dit, l’explosion de la bombe héritée du régime colonial était plutôt salutaire pour l’application correcte de notre politique socialiste dans cette partie de notre pays. Le malheur qu’aurait pu être la rébellion a plutôt accéléré I’ édification de la nation malienne dans Ie grand Nord de notre patrie.
Notre plan Ie plus positif, à cet égard, est sans doute la lourde défaite du néocolonialisme aux abois qui pensaitremettre en cause l’option de notre peuple sinon retarder son application et la marche impétueuse en avant de la révolution malienne.
A l’issue de cette rébellion et fort de I’ éducation politique reçue, nous sommes convaincus que Ie Tamachèquene sera plus jamais Ie jouet d’apatrides de I’ espèce de (….)’ Nous sommes persuadés, comme l’a dit notre Secrétaire Général Ie Président Modibo KEITA, que là comme ailleurs en République du Mali, Ienéocolonialisme se cassera les dents contre la volonté du peuple malien.
Le Tamachèque d’hier, ignorant tout de l’Union Soudanaise RDA est aujourd’hui militant à part entière, après que l’occasion lui eut été donnée d’apprécier, à sa juste valeur, la politique fraternelle et de justice de notre parti. Nous donnons I’ assurance que Ie parti est désormais aussi fort à Kidal qu’à Bamako ou à Sikasso. .
Par ailleurs, notre administration a réussi ici ce que la France n’avait jamais pu réussir. Aujourd’hui, les impôts sont collectés, non par des goumiers ou des soldats en armes, mais par les responsables administratifs des fractions et tribus, ce qui traduit I’ adhésion sans restriction à la politique nationale de l’US RDA.
Voilà à peine trois mois, que l’année fiscale est ouverte en République du Mali et nous disons qu’a la fin de ce premier trimestre, la presque totalité des impôts de notre circonscription seront recouvrés sans armes et sansmenace. Sur Ie plan social, notre parti a fait plus de réalisations en quatre ans d’indépendance que la France après 60 ans de colonisation.
Kidal, dont Ie nom signifiait pénitencier et enfer, devient chaque jour davantage un pôle d’attraction et nousprofitons de l’occasion pour rendre hommage à nos camarades responsables politiques, à nos travailleurs, nosfemmes et nos jeunes, un vibrant hommage pour I’ effort énorme que chacun à son poste déploie pour quenotre circonscription et surtout notre chef-lieu ne soit plus Ie dépôt d’indésirables sociaux, mais Ie chantierd’honneur des bâtisseurs conscients et confiants dans les destinées de notre peuple.
Les opérations militaires ne nous ont jamais détournés ou distraits de l’action sociale.
C’est ainsi que deux importants magasins de la SMDR ont été édifiés à Kidal et Tessalit, une succursale de laSOMIEX fonctionne à Kidal dont l’ancienne infirmerie présente aujourd’hui l’aspect d’un grand dispensairemoderne avec sa dépendance chirurgicale.
L’action médicale intensive démarrée par notre ami Ie Docteur Djigui DIABATE sur lequel nos militants n’ontjamais tari d’éloges est inlassablement poursuivie par Ie chirurgien Mohamed SOUMARE de réputationnationale. Grâce à leur compréhension du problème, leur sens ‘de l’organisation, nos multiples postessanitaires, tant fixes qu’ambulants, ont marqué notre victoire de leur sceau indélébile.
Le Tamachèque, jadis hostile à la médecine moderne, vient facilement se confier au médecin de Kidal et se faittraiter en toute confiance. Tous nos postes sont aujourd’hui à la fois de petits dispensaires de brousse et des points de ravitaillement des populations en produits de première nécessité. Dans Ie cadre syndical, nostravailleurs sont parfaitement bien organisés et notre union, dirigée par une équipe jeune et dynamique n’a pasmanque d’apporter dans Ie plateau de la balance sa large contribution à notre réussite.
Nos chefs traditionnels, se comportant jadis en féodaux, se sont rapidement transformés en guides conscients,en chefs jaloux des intérêts de leurs administrés et à cet égard, nous nous devons de leur rendre un hommageparticulier pour ne s’être jamais laissés embobiner dans une aventure dont l’une des causes est l’ignorance, I’obscurantisme.
Pour en venir au parti, Ie fossé comblé est immense si I’ on se souvient que Ie Tamachèque moyen, il y a un an seulement, ignorait jusqu’au nom de notre pays qui se confondait très facilement avec celui du Secrétaire Général du Parti.
Aujourd’hui, nul n’ignore plus l’US RDA et ses principes fondamentaux, nul n’ignore plus que l’option socialiste signifie l’abolition de la féodalité et de l’exploitation d’un frère par un autre frère.
La milice féminine, la brigade de vigilance, Ies pionniers, que vous aurez I’ occasion de voir tout à I ‘heure, ne sont pas formés ici par conformisme, mais sont les authentiques gardiens des conquêtes de notre peuple.Vous retrouvez les mêmes institutions du parti aussi bien organisées à Aguel-Hoc qu’à Tessalit.
Leur formation a été des plus sérieuses et ce soir même vous aurez l’occasion d’assister au concours de tir quiopposera hommes et femmes.
Si Ie fonctionnement de nos comités de fraction avait été ralenti par la situation particulière, leur mise en activitén’est plus qu’une question d’organisation à laquelle nous nous attèlerons sans délai.
Quant à l’expérience faite par notre détachement de I’Armée nationale, populaire et révolutionnaire, elle est plus que concluante. Le soldat malien a cassé par nécessité mais n’a jamais cessé de construire et surtout de conquérir le cœur et la raison de nos compatriotes hier dressés contre I’ ordre national par les agents du néocolonialisme. L’action du doigt sur la détente du fusil ne peut plus être la seule mission du soldat nationaliste d’autant plus que cette action a été rendue nécessaire conformément aux objectifs d’une politique qu’il a Ie devoir de connaitre, d’appliquer pour mieux la défendre.
Maintenant que la raison a triomphé de la folie et de I’ aventure, I’ action du doigt sur la détente va céder sa place à l’action du soldat bâtisseur double d’éducateur, sans pour autant jamais atténuer notre extrême vigilance. Désormais, tout en veillant jalousement sur la paix et la tranquillité de nos masses, c’est à leur éducation profonde, à leur organisation que nous allons nous attaquer. Notre soldat, combattant d’hier, pourra dorénavant se doubler d’agriculteur pour enseigner, par exemple, aux nomades, la culture du dattier, du tabac etsurtout Ie jardinage dont les résultats sont si éclatants
En un mot, la mise en valeur et la sédentarisation du nomade est notre objectif n02 et notre succès est d’avance assuré par notre foi inébranlable.
A la place de la haine et des complexes néfastes, nous avons cultivé la fraternité et Ie pardon.
C’est cette générosité exceptionnelle de notre parti et de son gouvernement, qui justifie aujourd’hui la présence sur cette place, de plus de quarante rebelles pris les armes à la main et autant de leurs complices.
Nous somme persuadés que Ie message du Président Modibo KEITA qui leur est destiné ne sera jamais chargé de rigueur et encore moins de haine. Au contraire, tous les espoirs sont permis pour eux, de retrouvertrès bientôt leur place dans la société dans laquelle nous sommes persuadés qu’ils retrouveront des frères et des sœurs, à condition de se dépouiller de toutes les séquelles de banditisme, pour se souvenir constamment que la première loi de notre société est que seul le travail paie. Sur cette même place, vous voyez égalementplus de 50 enfants d’anciens rebelles que nous avons recueillis au cours des opérations militaires et qui ont étéscolarisés et entretenus par la cantine scolaire.
Nous sommes persuadés d’avance que demain, forts de l’ouverture d’esprit que nos enseignants sauront leur donner, ils désapprouveront Ie suivisme qui a conduit leurs pères dans une rébellion fratricide.
Camarades, nous ne retiendrons pas plus longtemps votre attention et nous souhaitons à tous de passer, pour deux raisons, une bonne fête; d’une part en souvenir du bris des chaînes coloniales par le peuple malien, le 22 septembre 1960 et, d’autre part, pour la défaite des néocolonialistes, la prise de conscience et la reconversion de nos frères hier poussés dans une aventure dont l’issue ne pouvait être que la victoire de notre peuple.
Vive le Mali un et indivisible !
Vive le socialisme et l’esprit fraternel du genre humain !
A bas l’impérialisme, le néocolonialisme et tous leurs suppôts !»
Au terme de son ouvrage, Amadou Seydou Traoré dit Amadou Djicoroni d’écrire : « On peut constater en conclusion que les problèmes qu’affrontent les régions du Nord du Mali ne sauraient être réduits à une décentralisation administrative. Il s’agit de donner des réponses cohérentes à des questions aussi graves que la volonté de sécession de populations maliennes, de protection d’intérêts économiques et stratégiques vitaux, des risques éventuels d’unifications à bases raciales permettant à des puissances étrangères d’accaparer des portions de notre territoire national ».
Présenté par Yaya Sidibé
Paix et sécurité : Songhoï, Touareg et Arabe décident d’une alliance communautaire - maliweb.net
Paix et sécurité : Songhoï, Touareg et Arabe décident d’une alliance communautaire - maliweb.net
Les communautés Songhoï et alliés, Touareg-Imgahd et alliés, Arabe-Lamhar et alliés, le 3 juillet 2014, à Gao, ont décidé dans un « Protocole d’Alliance communautaire » de s’engager devant Allah dans l’intérêt suprême de leurs populations.
Il n’est jamais tard pour mieux faire. Il y a des années que le peuple malien dans sa grande majorité attendait une telle réaction de la part des différentes communautés du nord du Mali. Et ne voyant pas de signaux forts des différentes communautés du nord du Mali, certains ont allégrement franchi le pas pour accuser certaines communautés de complicité passive ou active. Mais aujourd’hui avec la signature du « Protocole d’alliance communautaire », nul ne devra douter de la volonté des communautés du nord à se battre pour le retour rapide de la paix. Le 3 juillet 2014, les communautés du nord ont décidé de prendre le taureau par les cornes pour un retour rapide de la paix et la sécurité. « Nous nous engageons devant Allah par le présent protocole dans l’intérêt suprême de nos populations à sceller une alliance en vue de créer la cohésion et l’entente sociale entre nos communautés et travailler à restaurer les liens séculaires qui ont toujours régi nos communautés depuis les temps anciens », indique le protocole d’Alliance communautaire. Avant de préciser qu’en tant que société civile, l’alliance s’engage à assurer une représentation adéquate pour la participation des communautés au dialogue inclusif inter-malien. Mieux, le protocole d’alliance a tenu à préciser qu’ « en cas de nécessité absolue, les signataires décident de s’investir dans la défense et la protection de leurs communautés et de leurs biens ». Par ce protocole d’alliance, les communautés ont aussi décidé de « s’investir par tous les moyens pour restaurer la paix dans leurs villes et campagnes et à l’exclusion de tout esprit de vengeance ». Il faut aussi retenir que les signataires du protocole d’alliance veulent « contribuer de manière efficiente à l’instauration d’un climat de sécurité viable et durable, ce en favorisant la mise à la disposition des autorités de toute personnes ou groupe de personnes recherchées ou suspectées de banditisme ou de terrorisme en vue de les traduire en justice ». Le protocole d’alliance communautaire signé le 3 juillet 2014, à Gao, l’a été, pour la communauté Songhoï, par Aly Badi Maïga, Président du cadre de concertation, pour la communauté Touareg Imghad et alliés, par Ajat Ag Loudag Dag, le Président de la coordination et pour la communauté arabe-Tamhar et alliés, par Hanoune Ould Ali, le Président de l’aile politique Arab-Tamhar.
Assane Koné
Les communautés Songhoï et alliés, Touareg-Imgahd et alliés, Arabe-Lamhar et alliés, le 3 juillet 2014, à Gao, ont décidé dans un « Protocole d’Alliance communautaire » de s’engager devant Allah dans l’intérêt suprême de leurs populations.
Il n’est jamais tard pour mieux faire. Il y a des années que le peuple malien dans sa grande majorité attendait une telle réaction de la part des différentes communautés du nord du Mali. Et ne voyant pas de signaux forts des différentes communautés du nord du Mali, certains ont allégrement franchi le pas pour accuser certaines communautés de complicité passive ou active. Mais aujourd’hui avec la signature du « Protocole d’alliance communautaire », nul ne devra douter de la volonté des communautés du nord à se battre pour le retour rapide de la paix. Le 3 juillet 2014, les communautés du nord ont décidé de prendre le taureau par les cornes pour un retour rapide de la paix et la sécurité. « Nous nous engageons devant Allah par le présent protocole dans l’intérêt suprême de nos populations à sceller une alliance en vue de créer la cohésion et l’entente sociale entre nos communautés et travailler à restaurer les liens séculaires qui ont toujours régi nos communautés depuis les temps anciens », indique le protocole d’Alliance communautaire. Avant de préciser qu’en tant que société civile, l’alliance s’engage à assurer une représentation adéquate pour la participation des communautés au dialogue inclusif inter-malien. Mieux, le protocole d’alliance a tenu à préciser qu’ « en cas de nécessité absolue, les signataires décident de s’investir dans la défense et la protection de leurs communautés et de leurs biens ». Par ce protocole d’alliance, les communautés ont aussi décidé de « s’investir par tous les moyens pour restaurer la paix dans leurs villes et campagnes et à l’exclusion de tout esprit de vengeance ». Il faut aussi retenir que les signataires du protocole d’alliance veulent « contribuer de manière efficiente à l’instauration d’un climat de sécurité viable et durable, ce en favorisant la mise à la disposition des autorités de toute personnes ou groupe de personnes recherchées ou suspectées de banditisme ou de terrorisme en vue de les traduire en justice ». Le protocole d’alliance communautaire signé le 3 juillet 2014, à Gao, l’a été, pour la communauté Songhoï, par Aly Badi Maïga, Président du cadre de concertation, pour la communauté Touareg Imghad et alliés, par Ajat Ag Loudag Dag, le Président de la coordination et pour la communauté arabe-Tamhar et alliés, par Hanoune Ould Ali, le Président de l’aile politique Arab-Tamhar.
Assane Koné
SOURCE: Le Républicain du 7 juil 2014.
vendredi 4 juillet 2014
Médiation dans la crise malienne : Le président burkinabé a-t-il réussi son forcing ? - maliweb.net
Médiation dans la crise malienne : Le président burkinabé a-t-il réussi son forcing ? - maliweb.net

Blaise Compaoré a bouclé le mardi, 1er juillet 2014, une visite de travail de deux jours au Mali. Ce déplacement avait surtout pour but de réchauffer les relations entre son pays et le Mali en le repositionnant dans le processus de réconciliation entre les autorités maliennes et les groupes armés terroristes. Le président burkinabé a-t-il réussi à vaincre la réticence du nouveau pouvoir de Bamako à son égard ? Fait-il toujours objet de défiance et de méfiance dans sa gestion précédente du dossier malien ?
Le président du Faso a séjourné au Mali mardi et lundi dans le cadre, officiellement, d’une visite de travail et d’amitié. Mais, c’était surtout l’occasion pour lui de prendre langue avec les nouvelles autorités maliennes et de reprendre pied dans la gestion de la crise sécuritaire que vit le Mali depuis le déclenchement de la rébellion touarègue, en janvier 2012, et du coup d’Etat militaire qui a renversé le président démocratiquement élu, Amadou Toumani Touré, deux mois plus tard. Ce putsch avait eu pour conséquence la rupture de la chaîne de commandement militaire, favorisant ainsi la prise et l’occupation des deux tiers du territoire national par des groupes armés terroristes (GAT), Mnla, Ansar Eddine, Mujao et Aqmi.
En mars 2012, la Cédéao, dont le Mali est Etat membre, s’est saisi du dossier malien et a chargé Blaise Compaoré, coutumier du fait, comme médiateur dans la crise multidimensionnelle. Ainsi, Ouagadougou, la capitale burkinabé, deviendra le théâtre de plusieurs rencontres entre le médiateur et les forces vives du Mali : la classe politique, la société civile, la junte représentant l’armée nationale, les groupes armés terroristes.
Retour à l’Accord de Ouaga
Les efforts du médiateur ont permis le retour au retour à un ordre constitutionnel presque normal : avec la signature d’un accord-cadre, en avril 2012, dans lequel les militaires s’engagent à rendre le pouvoir aux civils, avec la démission forcée du président ATT pourtant démocratiquement élu et dont le mandat n’était pas arrivé à terme, avec son exil au Sénégal, avec son remplacement à la tête de l’Etat par le président de l’Assemblée nationale chargé d’assurer son intérim, avec la nomination d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement de transition.
Mais, c’est surtout après la libération du nord de la présence des jihadistes par la force française Serval, qui a commencé son intervention le 11 janvier 2013, que Blaise Compaoré est parvenu à ouvrir le dialogue entre le gouvernement malien et les GAT touareg, Mnla, MIA puis Hcua, et arabes, MAA. Les autorités maliennes étaient représentées par Tiébilé Dramé, Conseiller spécial du président de la transition Dioncounda Traoré pour certaines questions du nord. Choix inspiré, car cet homme, par ailleurs président du parti Parena, ancien ministre en charge du Développement des régions du nord, ancien député élu à Nioro dans le Sahel occidental, est le haut responsable politique le plus au courant des questions de sécurité et de développement des zones arides et semi-arides. C’est grâce à lui que le Gouvernement malien et GAT touareg et arabes ont fini par s’asseoir autour de la même table, discuter et parvenir à la signature d’un accord préliminaire, en juin 2013, qui permettra la tenue des élections présidentielle et législatives sur toute l’étendue du territoire national.
Le document prévoyait en outre que les positions des différents belligérants restent en l’état et que les GAT soient cantonnés, leur désarmement ne devant intervenir qu’après des négociations inter-maliennes inclusives trois mois après l’élection d’un nouveau président de la République et la signature d’une accord de paix définitif. En plus des parties signataires, Gouvernement et GAT mais aussi les représentants d’organisations internationales, régionales et sous-régionales, le médiateur était également présent à la cérémonie de signature de l’Accord de Ouaga. Les uns et les autres se sont engagés à accompagner et soutenir le processus. Tout semblait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Mais, concrètement, à part la tenue effective des élections, le dossier ne connaîtra plus aucune avancée, malgré la mise en place d’un groupe de suivi de la mise en œuvre de l’Accord de Ouaga. Pour le citoyen lambda malien, le bouc émissaire est tout trouvé : Blaise Compaoré. Les nouvelles autorités, par calcul purement politicien, partagent largement l’opinion nationale selon laquelle le président burkinabé roulerait pour les GAT. Elles se montreront donc réticentes à coopérer véritablement pour la mise en œuvre de l’Accord malgré les critiques qui fusent de toutes parts pour fustiger leur manque de volonté.
En réalité, même si le nouveau pouvoir affirmait diplomatiquement son attachement à l’Accord de Ouaga, il était de plus en plus tenté par d’autres médiateurs, les offres de service se multipliant au fil du temps. En plus du Burkina Faso, la Mauritanie et l’Algérie. Mais, ces trois pays n’ont pas bonne presse au Mali, accusés d’accueillir, d’aider, de soutenir, de financer les GAT. De plus, régulièrement sollicitée par le Mali, l’Algérie n’est jamais parvenue à la signature d’un accord de paix durable entre le Mali et les rebelles touaregs et arabes. Outre ces trois pays, le Maroc et la Tunisie montrent leur disponibilité à aider le Mali dans la résolution de la crise sécuritaire, tandis que l’Egypte et le Qatar font miroiter la perspective d’excellentes relations économiques et de coopération militaire. Comme dans le jeu télévisé, «tout le monde veut prendre sa place» à Blaise Compaoré, sauf que dans ce dossier il est loin d’être un champion.
Gestion exclusive
Les choses auraient pu en rester là, au stade des tergiversations et de l’équilibrisme entre un médiateur officiellement investi par la Cédéao, un facilitateur qui s’impose, une Communauté internationale qui grogne et un pouvoir qui se fait désirer, mais laisse à désirer, si les événements de mai dernier n’étaient pas survenus. Le 17 mai, la visite du Premier ministre Moussa Mara va mal tourner à Kidal, mettra le feu aux poudres, le 21, changera la donne dans tout le nord : le Mali qui se rend compte qu’il ne peut réussir l’option militaire face à une fédération reconstituée de terroristes, la fragilité du cessez-le-feu obtenu par le président mauritanien, la nécessité de reprendre le dialogue sous la pression internationale, le risque de recrudescence de la violence avec la réoccupation de toutes les régions du nord cette fois par des terroristes qui ont des revendications politiques que l’Occident s’empressera de légitimer. À cause de tout cela, tout le monde est désormais unanime à clamer haut et fort, même si personne n’en est vraiment convaincu, que le retour à l’Accord de Ouaga est la seule issue à la reprise du dialogue. Une aubaine pour Blaise Compaoré qui en a bien besoin. Harcelé et malmené par ses adversaires politiques qui fustigent sa volonté de faire réviser la Constitution afin pour se représenter à la prochaine présidentielle de son pays, le président burkinabé a besoin de solides arguments pour légitimer son désir de maintien au pouvoir. Et pour cela, rien de mieux qu’un succès personnel dans la résolution de la crise malienne.
Cependant, même s’il revient dans la course, il sait qu’il n’a plus désormais l’exclusivité du dossier malien, car il y a l’Algérie qui se veut incontournable dans la gestion d’un dossier dans un Sahel auquel elle veut imposer son leadership, à qui la Cédéao et une partie de la Communauté internationale veulent confier le rôle de facilitateur dans une crise dont elle veut la gestion exclusive.
Abdel HAMY
Médiation dans la crise malienne : Le président burkinabé a-t-il réussi son forcing ?
Le président burkinabè, Blaise Comparoré, à Réo, le samedi 10 mai, au Burkina Faso.
RFI/ Yaya Boudani
RFI/ Yaya Boudani
Le président du Faso a séjourné au Mali mardi et lundi dans le cadre, officiellement, d’une visite de travail et d’amitié. Mais, c’était surtout l’occasion pour lui de prendre langue avec les nouvelles autorités maliennes et de reprendre pied dans la gestion de la crise sécuritaire que vit le Mali depuis le déclenchement de la rébellion touarègue, en janvier 2012, et du coup d’Etat militaire qui a renversé le président démocratiquement élu, Amadou Toumani Touré, deux mois plus tard. Ce putsch avait eu pour conséquence la rupture de la chaîne de commandement militaire, favorisant ainsi la prise et l’occupation des deux tiers du territoire national par des groupes armés terroristes (GAT), Mnla, Ansar Eddine, Mujao et Aqmi.
En mars 2012, la Cédéao, dont le Mali est Etat membre, s’est saisi du dossier malien et a chargé Blaise Compaoré, coutumier du fait, comme médiateur dans la crise multidimensionnelle. Ainsi, Ouagadougou, la capitale burkinabé, deviendra le théâtre de plusieurs rencontres entre le médiateur et les forces vives du Mali : la classe politique, la société civile, la junte représentant l’armée nationale, les groupes armés terroristes.
Retour à l’Accord de Ouaga
Les efforts du médiateur ont permis le retour au retour à un ordre constitutionnel presque normal : avec la signature d’un accord-cadre, en avril 2012, dans lequel les militaires s’engagent à rendre le pouvoir aux civils, avec la démission forcée du président ATT pourtant démocratiquement élu et dont le mandat n’était pas arrivé à terme, avec son exil au Sénégal, avec son remplacement à la tête de l’Etat par le président de l’Assemblée nationale chargé d’assurer son intérim, avec la nomination d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement de transition.
Mais, c’est surtout après la libération du nord de la présence des jihadistes par la force française Serval, qui a commencé son intervention le 11 janvier 2013, que Blaise Compaoré est parvenu à ouvrir le dialogue entre le gouvernement malien et les GAT touareg, Mnla, MIA puis Hcua, et arabes, MAA. Les autorités maliennes étaient représentées par Tiébilé Dramé, Conseiller spécial du président de la transition Dioncounda Traoré pour certaines questions du nord. Choix inspiré, car cet homme, par ailleurs président du parti Parena, ancien ministre en charge du Développement des régions du nord, ancien député élu à Nioro dans le Sahel occidental, est le haut responsable politique le plus au courant des questions de sécurité et de développement des zones arides et semi-arides. C’est grâce à lui que le Gouvernement malien et GAT touareg et arabes ont fini par s’asseoir autour de la même table, discuter et parvenir à la signature d’un accord préliminaire, en juin 2013, qui permettra la tenue des élections présidentielle et législatives sur toute l’étendue du territoire national.
Le document prévoyait en outre que les positions des différents belligérants restent en l’état et que les GAT soient cantonnés, leur désarmement ne devant intervenir qu’après des négociations inter-maliennes inclusives trois mois après l’élection d’un nouveau président de la République et la signature d’une accord de paix définitif. En plus des parties signataires, Gouvernement et GAT mais aussi les représentants d’organisations internationales, régionales et sous-régionales, le médiateur était également présent à la cérémonie de signature de l’Accord de Ouaga. Les uns et les autres se sont engagés à accompagner et soutenir le processus. Tout semblait donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Mais, concrètement, à part la tenue effective des élections, le dossier ne connaîtra plus aucune avancée, malgré la mise en place d’un groupe de suivi de la mise en œuvre de l’Accord de Ouaga. Pour le citoyen lambda malien, le bouc émissaire est tout trouvé : Blaise Compaoré. Les nouvelles autorités, par calcul purement politicien, partagent largement l’opinion nationale selon laquelle le président burkinabé roulerait pour les GAT. Elles se montreront donc réticentes à coopérer véritablement pour la mise en œuvre de l’Accord malgré les critiques qui fusent de toutes parts pour fustiger leur manque de volonté.
En réalité, même si le nouveau pouvoir affirmait diplomatiquement son attachement à l’Accord de Ouaga, il était de plus en plus tenté par d’autres médiateurs, les offres de service se multipliant au fil du temps. En plus du Burkina Faso, la Mauritanie et l’Algérie. Mais, ces trois pays n’ont pas bonne presse au Mali, accusés d’accueillir, d’aider, de soutenir, de financer les GAT. De plus, régulièrement sollicitée par le Mali, l’Algérie n’est jamais parvenue à la signature d’un accord de paix durable entre le Mali et les rebelles touaregs et arabes. Outre ces trois pays, le Maroc et la Tunisie montrent leur disponibilité à aider le Mali dans la résolution de la crise sécuritaire, tandis que l’Egypte et le Qatar font miroiter la perspective d’excellentes relations économiques et de coopération militaire. Comme dans le jeu télévisé, «tout le monde veut prendre sa place» à Blaise Compaoré, sauf que dans ce dossier il est loin d’être un champion.
Gestion exclusive
Les choses auraient pu en rester là, au stade des tergiversations et de l’équilibrisme entre un médiateur officiellement investi par la Cédéao, un facilitateur qui s’impose, une Communauté internationale qui grogne et un pouvoir qui se fait désirer, mais laisse à désirer, si les événements de mai dernier n’étaient pas survenus. Le 17 mai, la visite du Premier ministre Moussa Mara va mal tourner à Kidal, mettra le feu aux poudres, le 21, changera la donne dans tout le nord : le Mali qui se rend compte qu’il ne peut réussir l’option militaire face à une fédération reconstituée de terroristes, la fragilité du cessez-le-feu obtenu par le président mauritanien, la nécessité de reprendre le dialogue sous la pression internationale, le risque de recrudescence de la violence avec la réoccupation de toutes les régions du nord cette fois par des terroristes qui ont des revendications politiques que l’Occident s’empressera de légitimer. À cause de tout cela, tout le monde est désormais unanime à clamer haut et fort, même si personne n’en est vraiment convaincu, que le retour à l’Accord de Ouaga est la seule issue à la reprise du dialogue. Une aubaine pour Blaise Compaoré qui en a bien besoin. Harcelé et malmené par ses adversaires politiques qui fustigent sa volonté de faire réviser la Constitution afin pour se représenter à la prochaine présidentielle de son pays, le président burkinabé a besoin de solides arguments pour légitimer son désir de maintien au pouvoir. Et pour cela, rien de mieux qu’un succès personnel dans la résolution de la crise malienne.
Cependant, même s’il revient dans la course, il sait qu’il n’a plus désormais l’exclusivité du dossier malien, car il y a l’Algérie qui se veut incontournable dans la gestion d’un dossier dans un Sahel auquel elle veut imposer son leadership, à qui la Cédéao et une partie de la Communauté internationale veulent confier le rôle de facilitateur dans une crise dont elle veut la gestion exclusive.
Abdel HAMY
SOURCE: Le Katois du 3 juil 2014.
Enquête-Mali : Les raisons profondes d’un blocage - maliweb.net
Enquête-Mali : Les raisons profondes d’un blocage - maliweb.net
Les raisons profondes d’un blocage
En plus de sa marge de manœuvre de plus en plus réduite, le Président Ibrahim Boubacar Keïta se retrouve de part et d’autre, attendu de pieds fermes. Pour la paix au Mali, IBK n’est pas le seul responsable du retard. Il s’agit là, d’un colossal conflit d’intérêt entre la France et l’Algérie qui, depuis janvier dernier, est devenu pour kankéléntigui, un véritable casse-tête.
Visiblement, « faire en sorte que le processus entamé l’an dernier à Ouagadougou reparte, » est l’unique issue prônée par la majorité des pays et organisations internationales réunis autour du Mali depuis l’avènement de la crise. Parmi ceux-là, la France se retrouve en tête. Avec elle, l’ONU, l’Union européenne et d’autres puissances s’intéressant peu à la crise malienne.
Et comme la France qui a fourni beaucoup d’efforts, s’est érigée depuis l’opération serval en acteur clé pour une sortie définitive de la crise, elle ne veut voir devant elle, ni autre pays ou entité vouloir la substituer. Ce qui est malgré tout, l’approche des Algériens venus tardivement sur la scène, et dont le but ne se résume pas au fond, à écarter Paris mais, à éviter un accord de défense en vue d’être signé avec les Maliens.
En fait, historiquement, l’Algérie tient son sud (nord du Mali) comme son arrière-cour (un déversoir de ses enfants gâtés.) Autrement, puisque c’est de là qu’ont pris apogée toutes les insurrections armées contre le pouvoir central du pays depuis des décennies, la sécurité n’est en moindre garantie que si Alger contrôle ladite zone largement ouverte à son territoire (au sud). Et, une éventuelle installation des unités françaises sur place ne rassure pas Alger qui souhaiterait et a les moyens de prendre en mains sa propre sécurité menacée par le narco-terrorisme. Alger a derrière elle en cachette, les Américains qui savent leurs intérêts mieux rassurés, s’elle est devant.
A Bamako, dès l’accession d’IBK au pouvoir, vu l’effort fourni par l’opération serval et les menaces djihadistes encore en veilleuse, le régime n’a pas manqué de vigilance. Pour les proches d’IBK, il faudrait, en attendant que l’armée soit remise sur pieds, une solution quoique provisoire, pouvant redonner un espoir sécuritaire dans le nord. Quitte à octroyer aux français une base militaire à Tessalit.
A côté, les Français, fortement engagés dans la lutte contre le terrorisme, voient leur rêve d’en faire du nord du Mali, un centre stratégique de commandement pour la lutte antiterroriste, se réaliser dès l’apposition des signatures légitimant l’installation de la base des commandos. La réorganisation du dispositif français avec 3000 commandos dans la bande n’attend que cet accord pour s’effectuer. Alors que jusque là, rien n’atteste la légitimité de la présence des unités françaises au Niger et au Burkina (Il faut noter qu’Alger s’était à cette époque aussi opposée, mais le Niger et le Burkina avaient justifié cette présence française sur leurs sols respectifs en la nécessité de libérer les otages d’Arlit enlevés dans le même mois.) Or, « n’eut-été l’opération ‘’Béro’’’ effectuée par les commandos français venus depuis septembre 2010, puis fin 2011 au Niger, le pays allait connaître une occupation pire que celle des 2/3 du territoire malien», clarifie un ancien de la DGSE française, actuellement conducteur de camion.
En face, Paris et Bamako ont les Algériens. Dans la lutte d’éviter ce qui est pour eux, un retour à l’époque coloniale, depuis janvier dernier, les Algériens par le biais de l’ancien Ministre malien de la défense (Soumeylou B Maïga), ont vite invité le Président malien à comprendre leur approche. Il s’agit pour Alger, de plancher avec le Mali et les autres pays du champ désireux, pour réglementer communément la sécurité de toute la bande. Il faut dire que les Algériens sont prêts à tout donner pour éviter les français jusqu’au nez.
C’est pourquoi, en janvier dernier, quand Bamako et Paris avaient prévu de signer l’accord, le Président IBK est vite invité à Alger. Une fois sur place, la signature alors prévue le 20 du même mois est reportée sine dine.
Février 2014, les Français, se voient provoqués par Alger. Puisque c’est en fin janvier, début février qu’Alger alla au-delà en appelant les groupes armés à signer une plate-forme commune pour les pourparlers. Ce qui n’a pas été dénoncé par Paris mais qui, pour écarter les Algériens, a su mobiliser le conseil de sécurité de l’ONU jusqu’à Bamako. Pour les Français, l’instigateur de cet échec consommé le 20 janvier n’est autre que le Ministre Boubeye, taxé de proche d’Alger. Ce dernier perd toute admiration vis-à-vis de Paris depuis lors.
A chaque fois qu’il s’agit d’en parler, la diplomatie malienne ne manque pas à notifier que « des discussions sont en cours en vue de la signature dudit accord avec Paris.»
Entre temps, le Mnla qui soupçonne les officiers algériens chargés de chapeauter les négociations, de plus favorables au HCUA, se plaint et va au Maroc. Du coup, Paris dépêche le Maroc dont le roi est bien écouté par Bamako, à tout faire afin d’amener les Maliens à poursuivre le processus entamé à Ouagadougou, face à un IBK opposé à dialoguer avec des groupes armés.
C’est ainsi, qu’en plus de Jean Yves Le Drian, le Président Hollande qui soutenait IBK, doute à son tour de la volonté de Bamako. Puisqu’en ne voulant pas frustrer Alger vue comme incontournable, les Français sont certains que la présence de leur ancienne colonie au centre du processus, les empêchera de le régler convenablement à leur souhait. Alger également qui n’ignore pas cette attitude de Paris, fonce sur sa lignée. Et veut mordicus, prendre le processus en lieu et place du Président Compaoré. Nul ne dit la vérité à l’autre, et tous agissent dans tous les sens.
En tout cas, l’implication des Algériens, en janvier dernier n’a suscité ni le soutien de Paris, ni celui d’une autre organisation régionale ou internationale. Tout ce qu‘on ironise c’est que « toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.» Alors qu’en vérité, le règlement de la crise malienne n’est pas envisageable à l’absence des deux vieux ennemis. Et de même, ces derniers, auront du mal à se conformer sur le même plan.
Une première, l’Union européenne, un partenaire puissant à composer avec Bamako, demande clairement au médiateur Compaoré, mandaté par la CEDEAO, de vite reprendre le processus en passe d’être saboté par Alger. Et Paris ? Qu’en dit-elle ? Rien !
Mais, à Bamako où la diplomatie reprend vie avec l’arrivée du chevronné jeune Ministre Diop, on estime que ce que les Algériens font actuellement n’est qu’exploratoire (tendant à amener la galaxie d’irrédentiste à parler le même langage). Juste une phase. La deuxième interviendra à Ouaga sous forme de pourparlers inclusifs. La troisième et dernière phase par l’aboutissement en signature par les parties de l’accord global et définitif, à Bamako.
Pour l’histoire, depuis quatre ans, la Mauritanie réitère, pour sa propre sécurité, l’installation d’une base française sur son sol. C’est Alger qui s’en est opposé en proposant à la Mauritanie juste des instructeurs Français et de la logistique s’il en faut.
Pour la CEDEAO aussi, il est inadmissible d’arriver jusque là et de cautionner voir, sa victoire dans la médiation se faire saisir par Alger qui n’est venue en soutien au Mali que quand la signature de l’accord a été annoncée.
Pour le Premier Ministre Mara, par le jeu de mot entre « [un accord de défense] et [un accord de coopération militaire], la différence est énorme.
Voyant ce non-dit, le Président IBK peut-il faire dissiper cette sérieuse stratégie de félins à laquelle jouent ses deux amis incontournables dans le dossier ? Rien n’est moins sûr ! En tout cas, l’une des raisons du blocage réside là…
Issiaka M TAMBOURA
La Révélation
Les raisons profondes d’un blocage
Visiblement, « faire en sorte que le processus entamé l’an dernier à Ouagadougou reparte, » est l’unique issue prônée par la majorité des pays et organisations internationales réunis autour du Mali depuis l’avènement de la crise. Parmi ceux-là, la France se retrouve en tête. Avec elle, l’ONU, l’Union européenne et d’autres puissances s’intéressant peu à la crise malienne.
Et comme la France qui a fourni beaucoup d’efforts, s’est érigée depuis l’opération serval en acteur clé pour une sortie définitive de la crise, elle ne veut voir devant elle, ni autre pays ou entité vouloir la substituer. Ce qui est malgré tout, l’approche des Algériens venus tardivement sur la scène, et dont le but ne se résume pas au fond, à écarter Paris mais, à éviter un accord de défense en vue d’être signé avec les Maliens.
En fait, historiquement, l’Algérie tient son sud (nord du Mali) comme son arrière-cour (un déversoir de ses enfants gâtés.) Autrement, puisque c’est de là qu’ont pris apogée toutes les insurrections armées contre le pouvoir central du pays depuis des décennies, la sécurité n’est en moindre garantie que si Alger contrôle ladite zone largement ouverte à son territoire (au sud). Et, une éventuelle installation des unités françaises sur place ne rassure pas Alger qui souhaiterait et a les moyens de prendre en mains sa propre sécurité menacée par le narco-terrorisme. Alger a derrière elle en cachette, les Américains qui savent leurs intérêts mieux rassurés, s’elle est devant.
A Bamako, dès l’accession d’IBK au pouvoir, vu l’effort fourni par l’opération serval et les menaces djihadistes encore en veilleuse, le régime n’a pas manqué de vigilance. Pour les proches d’IBK, il faudrait, en attendant que l’armée soit remise sur pieds, une solution quoique provisoire, pouvant redonner un espoir sécuritaire dans le nord. Quitte à octroyer aux français une base militaire à Tessalit.
A côté, les Français, fortement engagés dans la lutte contre le terrorisme, voient leur rêve d’en faire du nord du Mali, un centre stratégique de commandement pour la lutte antiterroriste, se réaliser dès l’apposition des signatures légitimant l’installation de la base des commandos. La réorganisation du dispositif français avec 3000 commandos dans la bande n’attend que cet accord pour s’effectuer. Alors que jusque là, rien n’atteste la légitimité de la présence des unités françaises au Niger et au Burkina (Il faut noter qu’Alger s’était à cette époque aussi opposée, mais le Niger et le Burkina avaient justifié cette présence française sur leurs sols respectifs en la nécessité de libérer les otages d’Arlit enlevés dans le même mois.) Or, « n’eut-été l’opération ‘’Béro’’’ effectuée par les commandos français venus depuis septembre 2010, puis fin 2011 au Niger, le pays allait connaître une occupation pire que celle des 2/3 du territoire malien», clarifie un ancien de la DGSE française, actuellement conducteur de camion.
En face, Paris et Bamako ont les Algériens. Dans la lutte d’éviter ce qui est pour eux, un retour à l’époque coloniale, depuis janvier dernier, les Algériens par le biais de l’ancien Ministre malien de la défense (Soumeylou B Maïga), ont vite invité le Président malien à comprendre leur approche. Il s’agit pour Alger, de plancher avec le Mali et les autres pays du champ désireux, pour réglementer communément la sécurité de toute la bande. Il faut dire que les Algériens sont prêts à tout donner pour éviter les français jusqu’au nez.
C’est pourquoi, en janvier dernier, quand Bamako et Paris avaient prévu de signer l’accord, le Président IBK est vite invité à Alger. Une fois sur place, la signature alors prévue le 20 du même mois est reportée sine dine.
Février 2014, les Français, se voient provoqués par Alger. Puisque c’est en fin janvier, début février qu’Alger alla au-delà en appelant les groupes armés à signer une plate-forme commune pour les pourparlers. Ce qui n’a pas été dénoncé par Paris mais qui, pour écarter les Algériens, a su mobiliser le conseil de sécurité de l’ONU jusqu’à Bamako. Pour les Français, l’instigateur de cet échec consommé le 20 janvier n’est autre que le Ministre Boubeye, taxé de proche d’Alger. Ce dernier perd toute admiration vis-à-vis de Paris depuis lors.
A chaque fois qu’il s’agit d’en parler, la diplomatie malienne ne manque pas à notifier que « des discussions sont en cours en vue de la signature dudit accord avec Paris.»
Entre temps, le Mnla qui soupçonne les officiers algériens chargés de chapeauter les négociations, de plus favorables au HCUA, se plaint et va au Maroc. Du coup, Paris dépêche le Maroc dont le roi est bien écouté par Bamako, à tout faire afin d’amener les Maliens à poursuivre le processus entamé à Ouagadougou, face à un IBK opposé à dialoguer avec des groupes armés.
C’est ainsi, qu’en plus de Jean Yves Le Drian, le Président Hollande qui soutenait IBK, doute à son tour de la volonté de Bamako. Puisqu’en ne voulant pas frustrer Alger vue comme incontournable, les Français sont certains que la présence de leur ancienne colonie au centre du processus, les empêchera de le régler convenablement à leur souhait. Alger également qui n’ignore pas cette attitude de Paris, fonce sur sa lignée. Et veut mordicus, prendre le processus en lieu et place du Président Compaoré. Nul ne dit la vérité à l’autre, et tous agissent dans tous les sens.
En tout cas, l’implication des Algériens, en janvier dernier n’a suscité ni le soutien de Paris, ni celui d’une autre organisation régionale ou internationale. Tout ce qu‘on ironise c’est que « toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.» Alors qu’en vérité, le règlement de la crise malienne n’est pas envisageable à l’absence des deux vieux ennemis. Et de même, ces derniers, auront du mal à se conformer sur le même plan.
Une première, l’Union européenne, un partenaire puissant à composer avec Bamako, demande clairement au médiateur Compaoré, mandaté par la CEDEAO, de vite reprendre le processus en passe d’être saboté par Alger. Et Paris ? Qu’en dit-elle ? Rien !
Mais, à Bamako où la diplomatie reprend vie avec l’arrivée du chevronné jeune Ministre Diop, on estime que ce que les Algériens font actuellement n’est qu’exploratoire (tendant à amener la galaxie d’irrédentiste à parler le même langage). Juste une phase. La deuxième interviendra à Ouaga sous forme de pourparlers inclusifs. La troisième et dernière phase par l’aboutissement en signature par les parties de l’accord global et définitif, à Bamako.
Pour l’histoire, depuis quatre ans, la Mauritanie réitère, pour sa propre sécurité, l’installation d’une base française sur son sol. C’est Alger qui s’en est opposé en proposant à la Mauritanie juste des instructeurs Français et de la logistique s’il en faut.
Pour la CEDEAO aussi, il est inadmissible d’arriver jusque là et de cautionner voir, sa victoire dans la médiation se faire saisir par Alger qui n’est venue en soutien au Mali que quand la signature de l’accord a été annoncée.
Pour le Premier Ministre Mara, par le jeu de mot entre « [un accord de défense] et [un accord de coopération militaire], la différence est énorme.
Voyant ce non-dit, le Président IBK peut-il faire dissiper cette sérieuse stratégie de félins à laquelle jouent ses deux amis incontournables dans le dossier ? Rien n’est moins sûr ! En tout cas, l’une des raisons du blocage réside là…
Issiaka M TAMBOURA
La Révélation
jeudi 3 juillet 2014
Violents affrontements entre le MNLA et le MUJAO au nord-est de Tombouctou - maliweb.net
Violents affrontements entre le MNLA et le MUJAO au nord-est de Tombouctou - maliweb.net
« Plus d’une trentaine de combattants terroristes ont été fait prisonniers et 7 véhicules remplis d’armes ont été récupérés »(MNLA). Des rebelles du mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et des éléments du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) se sont affrontés, mercredi matin, à Tanbankort, village situé au Nord de Kidal, a indiqué un membre de la cellule de communication du MNLA.
« De longs combats ont débuté tôt ce matin entre une unité du MNLA et des cellules dormantes du Mujao en plein désert au Nord-Est de Tombouctou », a indiqué Ataye Ag Mohamed, sur sa page facebook confirmant une information du correspondant de Anadolu.
« Plus d’une trentaine de combattants terroristes ont été fait prisonniers et 7 véhicules remplis d’armes ont été récupérés »,a-t-il affirmé avant d’ajouter « d’autres cellules sont encore repérées dans la zone. Il est probable que les combats se poursuivent ».
L’armée malienne et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), jointe par Anadolu, n’ont pas encore confirmé les affrontements.
AA / Bamako / Fatouma Harber
Source: Anadolu Agency
Violents affrontements entre le MNLA et le MUJAO au nord-est de Tombouctou
« Plus d’une trentaine de combattants terroristes ont été fait prisonniers et 7 véhicules remplis d’armes ont été récupérés »(MNLA). Des rebelles du mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) et des éléments du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) se sont affrontés, mercredi matin, à Tanbankort, village situé au Nord de Kidal, a indiqué un membre de la cellule de communication du MNLA.
« De longs combats ont débuté tôt ce matin entre une unité du MNLA et des cellules dormantes du Mujao en plein désert au Nord-Est de Tombouctou », a indiqué Ataye Ag Mohamed, sur sa page facebook confirmant une information du correspondant de Anadolu.
« Plus d’une trentaine de combattants terroristes ont été fait prisonniers et 7 véhicules remplis d’armes ont été récupérés »,a-t-il affirmé avant d’ajouter « d’autres cellules sont encore repérées dans la zone. Il est probable que les combats se poursuivent ».
L’armée malienne et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), jointe par Anadolu, n’ont pas encore confirmé les affrontements.
AA / Bamako / Fatouma Harber
Source: Anadolu Agency
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