jeudi 7 novembre 2013

Bande sahelo-saharienne et présence étrangère : Kadhafi avait vu venir… - Mali Actualités : Infos du Mali en direct et en continu - maliactu.net

Bande sahelo-saharienne et présence étrangère : Kadhafi avait vu venir… - Mali Actualités : Infos du Mali en direct et en continu - maliactu.net

Le Guide de la Révolution libyenne, Mouammar Kadhafi, le 25 août 2010 lors d’un entretien qu’il a accordé, au palais Bab Aziz à Tripoli, aux représentants des communautés de Gao, avait averti à propos du nord du Mali. Aujourd’hui, l’histoire semble lui donner raison au vu de certains évènements. Qu’est-ce qu’il avait dit ?

 libye-invest2Arrivée à Tripoli le 7 août 2010, la délégation des communautés de Gao a finalement été reçue par le Guide, le 25 août. En recevant les leaders communautaires de la Cité des Askia, le Guide, tout en présentant ses excuses, leur a expliqué que le retard pris pour l’audience, s’explique par le mois de Ramadan. En ce mois sacré, Mouammar Kadhafi, musulman pieux, n’a qu’une seule activité : la lecture du Saint Coran.

« Je ne reçois pas d’habitude pendant ce mois » confia-t-il aux membres de la délégation. Mais, exceptionnellement, il a tenu à rencontrer les membres de la délégation de Gao. Et, fait rare, l’entretien entre le leader libyen et ses hôtes, a duré exactement 1 heure 10 minutes.

Pour la circonstance, le colonel Kadhafi était entouré par trois proches collaborateurs : Mansour Abdallah (conseiller à la présidence), Dr Raffa Al Madani (président de la ligue des tributs du Sahara) et Moussa El Kony (consul général de la Libye au Mali).

En prenant la parole, le Guide de la Révolution a tenu à remercier l’ensemble des communautés de la région de Gao qui ont « accepté de déposer les armes » suite à une récente initiative libyenne, lancée à Fafa et à Watagouna.

Dans cette logique, le leader de la grande Jamahiriya libyenne a réitéré son appel à l’adresse de toutes les autres communautés du septentrion malien. «Au Mali et partout dans le Sahara, nous devons garder à l’esprit que nous n’avons aucun intérêt dans les conflits, surtout entre communautés qui vivent dans le même espace. Aussi, en tant que musulmans, nous ne sommes pas sans savoir que l’Islam interdit qu’on s’entre tue. L’islam nous interdit la guerre».

Le Guide de la Révolution, dans sa lancée, a affirmé que les ennemis à combattre sont connus. « Nos armes, nous devons les utiliser contre le colonialisme, les occupants, l’impérialisme et le sionisme. Ces armes ne doivent absolument pas être utilisées par nous contre nous-mêmes ».
 
Prétextes pour les occidentaux
Aussi, le colonel Kadhafi s’est-il réjoui du retour progressif de la paix au nord du Mali et au Niger. Il a ensuite remercié les communautés touaregs qui « ont accepté de déposer les armes ». Premières à prendre les armes, ces communautés, a-t-il ajouté, ont compris que les armes ne servent pas à résoudre les problèmes. Parlant des problèmes au niveau du Sahara, le colonel Kadhafi a fustigé la présence de bandes armées. «Le Sahara est aujourd’hui l’objet de toute sorte d’activités illicites à savoir trafics et prises d’otages. On y rencontre des gens aux desseins inavoués. Parmi eux, des trafiquants, des animistes et des Salafistes ». Et le leader libyen a attiré l’attention sur leur présence qui, ajouta-t-il, offre des prétextes aux occidentaux pour s’installer dans le Sahara.

Tout en fustigeant ces bandes armées, Kadhafi a insisté sur le rôle des leaders dans la sauvegarde de la paix et de la stabilité de la région.
 
Paix =développement
«Aujourd’hui, il y va de notre intérêt que la paix s’installe dans le Sahara. Sans paix il n’y a pas de développement » a estimé le dirigeant libyen, qui demeure convaincu que tout conflit dans les pays du grand Sahara « ne sert en réalité que des intérêts occidentaux. Des conflits qui sont synonymes de complots contre nos Etats».
 
Ainsi, le colonel Kadhafi a invité toutes les communautés du nord Mali à s’investir désormais dans des tâches de développement. « Notre combat, a-t-il affirmé, doit être la valorisation des immenses ressources dont nous disposons, entre autres, les nappes d’eau ».

Visiblement irrité, le Guide a fait un constat accablant de la situation qui prévaut dans l’ensemble de la région saharienne. « Malheureusement, nos ressources sont pillées par les occidentaux et on les laisse faire. Au même moment, nos enfants souffrent de manque de soins, d’éducation et de chômage. Ils sont sur le chemin de l’émigration. Pour mettre fin à cette situation, il n’y a qu’une seule solution : aller vers la paix et le développement».

Alors, Mouammar Kadhafi a invité toutes les communautés à faire du Sahara un espace de paix et de stabilité. « Comme vous le savez, nous avons lancé à Tombouctou un appel pour la création d’une ligue des tributs du Sahara, qui s’étend du Sénégal à l’Irak. Notre appel vise justement à sortir le Sahara du colonialisme. Il vise à faire de notre espace commun un espace de paix, de stabilité et de développement dans l’intérêt de nos populations».

 
Un forum à Gao
Et le colonel Kadhafi a promis d’aider la région de Gao : « nous serons à vos côtés pour toutes les actions de développement que vous initierez au niveau de votre région », a promis le Guide. Qui a proposé l’organisation d’un forum sur la paix et le développement des régions nord du Mali. À partir de ce forum, un fonds sera mis en place pour financer des projets de développement des trois régions nord du pays…
CH. Sylla
L’Aube 274 du 6 sept 2010

Journalistes tués au Mali: la rébellion touareg joue "sa crédibilité" - DH.be

Journalistes tués au Mali: la rébellion touareg joue "sa crédibilité" - DH.be
Publié le
Ouagadougou (AFP)
Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg), profondément divisé, joue sa "crédibilité" avec les assassinats des deux journalistes français qu?il n?a pu empêcher et dont il semble incapable de retrouver les auteurs, selon plusieurs analystes interrogés par l'AFP
.La rébellion touareg du Mali, revenue en force dans son fief de Kidal (nord-est) grâce à l?intervention française en janvier, est fragilisée par l?assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlont dans cette ville qu?elle ne contrôle plus.
Depuis le Burkina Faso, le président et le vice-président du mouvement affirment que le MNLA est impuissant, le dédouanant ainsi d'éventuelles responsabilités.
Depuis les accords de Ouagadougou de juin, qui ont permis un cessez-le-feu entre les rebelles touareg et Bamako ainsi que l'organisation de l'élection présidentielle à Kidal, le MNLA n'a plus la charge de la sécurité de la ville, argumentent-ils.
Les journalistes, confiés à leur arrivée à Kidal aux "forces armées maliennes", "n?ont pas été enlevés chez nous", affirme Bilal Ag Achérif, le président du MNLA, dans un entretien avec l'AFP.
"Nous n?avons pas la responsabilité de la sécurité de la ville de Kidal, ni des autres localités", poursuit-il.
Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, ont pourtant été capturés à leur sortie de la maison d'un cadre du mouvement, qui, menacé par les ravisseurs, n'a rien pu faire pour les protéger.
Une "humiliation", selon le vice-président du mouvement Mahamadou Djéri Maïga, qui pousse le MNLA à tout faire pour retrouver les assassins.
"Les combattants du MNLA sur place sont très énervés, surexcités. Ils courent partout pour retrouver les auteurs. Ils sont furieux, ils veulent les trouver, ils ont la rage qu'on les confonde avec eux", remarque Pierre Boilley, directeur du Centre d'études du monde africains (CEMAF), réputé proche du MNLA.
Mais l'armée française bloque ses initiatives, regrettent les deux dirigeants.
Une fois le kidnapping avéré, "nous avons tout de suite demandé à Serval (le nom de l'opération militaire française au Mali) l?autorisation de poursuivre les ravisseurs. En vain", selon M. Achérif.
Même le véhicule ayant servi pour l'enlèvement est inaccessible au MNLA, déplore son vice-président, alors que "le fait de le voir" pourrait "nous mettre sur la piste (...) des terroristes".
D'après la gendarmerie malienne, une dizaine de suspects ont été interpellés depuis le double assassinat, ce qu'a démenti Paris, parlant d'"opérations en cours".
Bilal Ag Achérif, lui, croit savoir qu'"aucun membre" du MNLA ne fait partie des captifs.
Et d'ajouter : "les premières informations que nous avons laissent penser que c'est l??uvre d?Aqmi" (Al-Qaïda au Maghreb islamique), un mouvement terroriste avec lequel le MNLA a été allié, avant d?être laminé militairement par les groupes islamistes armés qui ont occupé le nord du Mali en 2012.
Des gens qui parlent tamachek, on en trouve partout
A priori, la piste Aqmi ne semblait pas la plus évidente. Le groupe Ansar Dine - défenseurs de l'islam -, qui en est proche peut aussi avoir joué un rôle dans la libération récente de quatre otages français kidnappés en 2010 au Niger.
En outre, les ravisseurs des deux journalistes parlaient tamachek, la langue touareg.
"Mais des gens qui parlent tamachek on en trouve partout. Ils sont capables d'aller une fois avec le MNLA, une fois avec Ansar Dine, une fois avec Aqmi", constate André Bourgeot, un anthropologue spécialiste des sociétés touareg, directeur de recherches au CNRS.
Dans un mouvement connaissant une "crise d'autorité profonde", dont "la plupart des cadres"veulent "un retour dans le giron démocratique" et "des autorités maliennes", des jeunes, refusant ce glissement d'un MNLA jusqu'alors autonomistes, s'opposent, poursuit M. Bourgeot.
"Si ce sont des gens membres d'une dissidence du MNLA qui sont responsables, les responsables du mouvement ont tout intérêt à ce qu'ils soient repris", analyse François Loncle, député socialiste français, auteur d'un récent rapport parlementaire sur la sécurité au Sahel.
"C'est une question de crédibilité", lance le parlementaire, pour qui l'opération Serval a aussi abouti à une "très grande dispersion" des islamistes.
"Ansar Dine, le MNLA, sont aujourd'hui parcellisés, divisés, en proie aux surenchères et aux rivalités", dit-il.
Quelque soient les auteurs des crimes, le MNLA en ressort encore plus fragilisé et divisé. Ce qui ne saurait être de bon augure avant les prochaines élections législatives, dont le mouvement ne souhaite pour l'instant entendre parler, alors que des pourparlers de paix sont prévus avec Bamako.
La faiblesse et les divisions de la rébellion touareg peut être aussi une occasion pour le gouvernement malien de tenter de reprendre la main dans un nord qui lui reste hostile.

Journalistes tués au Mali: la rébellion touareg joue "sa crédibilité" - DH.be

Journalistes tués au Mali: la rébellion touareg joue "sa crédibilité" - DH.be
Publié le
Ouagadougou (AFP)
Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg), profondément divisé, joue sa "crédibilité" avec les assassinats des deux journalistes français qu?il n?a pu empêcher et dont il semble incapable de retrouver les auteurs, selon plusieurs analystes interrogés par l'AFP
.La rébellion touareg du Mali, revenue en force dans son fief de Kidal (nord-est) grâce à l?intervention française en janvier, est fragilisée par l?assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlont dans cette ville qu?elle ne contrôle plus.
Depuis le Burkina Faso, le président et le vice-président du mouvement affirment que le MNLA est impuissant, le dédouanant ainsi d'éventuelles responsabilités.
Depuis les accords de Ouagadougou de juin, qui ont permis un cessez-le-feu entre les rebelles touareg et Bamako ainsi que l'organisation de l'élection présidentielle à Kidal, le MNLA n'a plus la charge de la sécurité de la ville, argumentent-ils.
Les journalistes, confiés à leur arrivée à Kidal aux "forces armées maliennes", "n?ont pas été enlevés chez nous", affirme Bilal Ag Achérif, le président du MNLA, dans un entretien avec l'AFP.
"Nous n?avons pas la responsabilité de la sécurité de la ville de Kidal, ni des autres localités", poursuit-il.
Ghislaine Dupont, 57 ans, et Claude Verlon, 55 ans, ont pourtant été capturés à leur sortie de la maison d'un cadre du mouvement, qui, menacé par les ravisseurs, n'a rien pu faire pour les protéger.
Une "humiliation", selon le vice-président du mouvement Mahamadou Djéri Maïga, qui pousse le MNLA à tout faire pour retrouver les assassins.
"Les combattants du MNLA sur place sont très énervés, surexcités. Ils courent partout pour retrouver les auteurs. Ils sont furieux, ils veulent les trouver, ils ont la rage qu'on les confonde avec eux", remarque Pierre Boilley, directeur du Centre d'études du monde africains (CEMAF), réputé proche du MNLA.
Mais l'armée française bloque ses initiatives, regrettent les deux dirigeants.
Une fois le kidnapping avéré, "nous avons tout de suite demandé à Serval (le nom de l'opération militaire française au Mali) l?autorisation de poursuivre les ravisseurs. En vain", selon M. Achérif.
Même le véhicule ayant servi pour l'enlèvement est inaccessible au MNLA, déplore son vice-président, alors que "le fait de le voir" pourrait "nous mettre sur la piste (...) des terroristes".
D'après la gendarmerie malienne, une dizaine de suspects ont été interpellés depuis le double assassinat, ce qu'a démenti Paris, parlant d'"opérations en cours".
Bilal Ag Achérif, lui, croit savoir qu'"aucun membre" du MNLA ne fait partie des captifs.
Et d'ajouter : "les premières informations que nous avons laissent penser que c'est l??uvre d?Aqmi" (Al-Qaïda au Maghreb islamique), un mouvement terroriste avec lequel le MNLA a été allié, avant d?être laminé militairement par les groupes islamistes armés qui ont occupé le nord du Mali en 2012.
Des gens qui parlent tamachek, on en trouve partout
A priori, la piste Aqmi ne semblait pas la plus évidente. Le groupe Ansar Dine - défenseurs de l'islam -, qui en est proche peut aussi avoir joué un rôle dans la libération récente de quatre otages français kidnappés en 2010 au Niger.
En outre, les ravisseurs des deux journalistes parlaient tamachek, la langue touareg.
"Mais des gens qui parlent tamachek on en trouve partout. Ils sont capables d'aller une fois avec le MNLA, une fois avec Ansar Dine, une fois avec Aqmi", constate André Bourgeot, un anthropologue spécialiste des sociétés touareg, directeur de recherches au CNRS.
Dans un mouvement connaissant une "crise d'autorité profonde", dont "la plupart des cadres"veulent "un retour dans le giron démocratique" et "des autorités maliennes", des jeunes, refusant ce glissement d'un MNLA jusqu'alors autonomistes, s'opposent, poursuit M. Bourgeot.
"Si ce sont des gens membres d'une dissidence du MNLA qui sont responsables, les responsables du mouvement ont tout intérêt à ce qu'ils soient repris", analyse François Loncle, député socialiste français, auteur d'un récent rapport parlementaire sur la sécurité au Sahel.
"C'est une question de crédibilité", lance le parlementaire, pour qui l'opération Serval a aussi abouti à une "très grande dispersion" des islamistes.
"Ansar Dine, le MNLA, sont aujourd'hui parcellisés, divisés, en proie aux surenchères et aux rivalités", dit-il.
Quelque soient les auteurs des crimes, le MNLA en ressort encore plus fragilisé et divisé. Ce qui ne saurait être de bon augure avant les prochaines élections législatives, dont le mouvement ne souhaite pour l'instant entendre parler, alors que des pourparlers de paix sont prévus avec Bamako.
La faiblesse et les divisions de la rébellion touareg peut être aussi une occasion pour le gouvernement malien de tenter de reprendre la main dans un nord qui lui reste hostile.

Kidal, zone de danger par excellence - leJDD.fr

Kidal, zone de danger par excellence - leJDD.fr
La situation est depuis de longs mois explosive dans la ville du Nord-Mali où ont été enlevés et tués les deux reporters de RFI.
À Kidal, combien de divisions? Cette localité de 25.000 habitants perdue dans le désert du Nord est un abcès purulent dans la réconciliation malienne, une zone où le pouvoir central de Bamako n'a toujours pas voix au chapitre. Dans ce fief historique de la rébellion touareg se côtoient d'un côté les Touareg du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) et les anciens djihadistes d'Ansar Dine, reconvertis notamment dans le HCUA (Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad). En face, l'armée malienne, qui reste cantonnée dans une zone de la ville. Elle effectue parfois des sorties, mais toujours accompagnée des Casques bleus de la Minusma. Seules les forces françaises de Serval semblent en mesure de faire tampon entre les deux camps et d'éviter une guerre ouverte. À plusieurs reprises cependant, ils n'y sont pas parvenus et l'armée malienne a affronté des éléments du MNLA dans les rues de Kidal. Fin septembre, des combats à l'arme lourde opposaient les deux ennemis.
Les attentats sont aussi récurrents à Kidal. L'administration n'y est quasiment pas représentée, le bâtiment de la télévision publique reste aux mains du MNLA, les écoles n'ont toujours pas rouvert. Enfin, selon un habitant, et malgré la présence de nombreuses forces armées, la ville connaît un vide sécuritaire dans lequel se sont engouffrées des bandes armées non identifiées.

Des djihadistes redevenus fréquentables

À qui incombe la responsabilité d'une telle situation? À la France, répond une partie de l'opinion malienne, qui estime que Paris protège le MNLA depuis le début de l'intervention au Mali. Longtemps les militaires français ont effectivement freiné l'armée malienne, qui voulait réinvestir Kidal comme elle l'avait fait à Gao et à Tombouctou, les deux grandes villes du Nord. Problème : ce statu quo est synonyme de pourrissement. De nombreux anciens islamistes radicaux d'Ansar Dine en ont profité pour faire leur retour à Kidal et se refaire une virginité.
Hier, il était même fortement question que le MNLA soit dissous et qu'il se fonde dans un mouvement plus vaste réunissant le HCUA et le Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), deux émanations d'Ansar Dine. "Il faut simplement que l'on s'entende sur un nom à donner à notre nouvelle organisation", disait l'un des participants. Une plate-forme politique commune devait aussi voir le jour avant l'ouverture de nouvelles négociations avec les autorités de Bamako.
Indirectement, cet accord, si les événements d'hier ne le rendent pas caduc, signerait le retour en force de l'un des personnages clés du Nord-Mali : Iyad Ag Ghaly. Patron d'Ansar Dine, ce membre très influent de la communauté touareg et dont Kidal est le fief aurait joué un rôle décisif dans la libération des quatre d'Arlit. La contrepartie? Un retour en grâce pour lui et son entourage. Mardi, quelques heures avant l'annonce officielle de la libération des otages, trois de ses proches, membres du HCUA voyaient ainsi leur mandat d'arrêt levé par Bamako. Un cadre du MNLA a aussi bénéficié de cette mesure, qualifiée de "geste d'apaisement" par Bamako. Quant à Iyad Ag Ghaly, bien qu'officiellement aucune impunité ne lui ait été accordée, il pourrait faire son retour à Kidal. Plusieurs témoins ont affirmé avoir vu des ouvriers s'affairer depuis quelques jours dans sa villa pour faire place nette.
Lire aussi : Enlevés pour être assassinés
Antoine Malo - Le Journal du Dimanche

Mali : "Le prix payé par certains pour que le public soit informé"

Mali : "Le prix payé par certains pour que le public soit informé"
Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le
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Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de RFI, exécutés au Mali, le 2 novembre.
Ghislaine Dupont et Claude Verlon, envoyés spéciaux de RFI, exécutés au Mali, le 2 novembre. | AFP/PIERRE ANDRIEU

Un "crime odieux, abject et révoltant". C'est en ces termes, martelés après une réunion à l'Elysée, que le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, a décrit dimanche 3 novembre l'assassinat au Mali de Claude Verlon et de Ghislaine Dupont, envoyés spéciaux de Radio France Internationale (RFI). Mais des interrogations demeurent sur les causes et circonstances de ces meurtres.

"L'un a reçu deux balles, l'autre trois balles", a précisé le chef de la diplomatie française, indiquant que les deux journalistes avaient été enlevés "par un petit commando" devant le domicile d'un responsable touareg qu'ils venaient d'interviewer. Leurs corps ont ensuite été retrouvés à 12 km de Kidal par une patrouille française qui avait été alertée. Ils devraient être rapatriés rapidement et des autopsies seront réalisées en France, selon Marie-Christine Saragosse, PDG de France Médias Monde (dont fait partie RFI).
Dimanche, cette dernière a annoncé qu'elle partait pour Bamako avec la directrice de RFI, Cécile Mégie, et l'adjoint de celle-ci en charge de l'information Afrique, Yves Rocle, pour rapatrier les corps de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon. Le chef de l'Etat a "appelé les familles juste avant de nous recevoir", a-t-elle aussi indiqué, précisant que les ministres des affaires étrangères et de la culture et de la communication, Laurent Fabius et Aurélie Filippetti, devaient se rendre au siège de RFI pour rencontrer les équipes.
Mme Saragosse a également annoncé que la radio diffuserait "tout ce qui avait été enregistré" par les deux journalistes, qui ont été enlevés et tués alors qu'ils préparaient une émission spéciale sur le Mali. "Si la France lutte contre le terrorisme, nous les médias, nous devons lutter pour la liberté de la presse", a-t-elle souligné, et "si nous n'allons plus sur le terrain, alors où est la liberté de la presse ?"
"Ni Ghislaine ni Claude n'étaient des têtes brûlées, ils n'ont pris aucun risque inconsidéré", a assuré Mme Saragosse. C'étaient "des passionnés qui sont morts en allant jusqu'au bout de qu'ils croyaient juste". Quant aux auteurs de leur assassinat, "je ne peux pas dire si ce sont des mafieux crapuleux ou si c'est un acte politique, mais en tous les cas, c'est un acte ignoble", a-t-elle dit.
HOMMAGE AU TRAVAIL DE RFI
La Fédération internationale des journalistes, représentant 600 000 professionnels dans plus de cent pays, a appelé de son côté les journalistes présents au Mali à la prudence. Le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), un groupe de notables touareg de Kidal, a condamné "avec la dernière énergie l'assassinat de deux journalistes de RFI perpétré ce samedi à Kidal", dans un communiqué. Le MNLA a dit, pour sa part, "mettre tout en œuvre pour identifier les coupables" et a condamné ces crimes "avec toute la rigueur" possible.
La chef de la diplomatie de l'Union européenne, Catherine Ashton, a exprimé "sa profonde tristesse" devant "cet assassinat odieux", selon un porte-parole. L'UE poursuivra "avec détermination son appui aux autorités maliennes dans leur lutte contre le terrorisme", a-t-elle affirmé. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a rendu hommage au travail de RFI qui fait "un grand effort pour couvrir la réalité dans les zones de conflit, notamment l'Afrique, qui est si proche de nous", a-t-il déclaré.
Dans un communiqué diffusé samedi en fin de journée, les membres du Conseil de sécurité de Nations unies ont également "exprimé leurs condoléances aux familles des victimes" ainsi qu'au gouvernement français, et demandé au Mali d'enquêter "rapidement" sur cette affaire et de "traduire les responsables devant la justice".

Kidal, "ville de tous les dangers" pour les journalistes

Kidal, "ville de tous les dangers" pour les journalistes
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Une photo des deux envoyés spéciaux de RFI tués au Mali, le 3 novembre.
Une photo des deux envoyés spéciaux de RFI tués au Mali, le 3 novembre. | AFP/PIERRE ANDRIEU

 Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI) exécutés samedi 2 novembre par leurs ravisseurs après avoir été enlevés à Kidal, dans le nord du Mali, étaient des journalistes chevronnés, rompus aux terrains de conflit et profondément attachés à l'Afrique.

Rares sont ceux qui, parmi les journalistes occidentaux, se sont rendus ces dernières années et depuis le lancement de l'opération Serval le 11 janvier 2013 dans ce fief de la rébellion touareg.

Choqués par l'assassinat "odieux" de leurs confrères, des journalistes témoignent de leur propre expérience sur ce terrain difficile d'accès où les conditions de sécurité, volatiles, doivent être réévaluées au jour le jour.
Lire : Mali : "le prix payé par certains pour que le public soit informé"
"Ce qui s'est passé est un meurtre lâche. Ça aurait pu m'arriver", confie ainsi Omar Ouahmane, grand reporter à France Culture, qui s'est rendu dans la ville fin juillet pour couvrir l'élection présidentielle et fin septembre.
"Ghislaine et Claude ont été tués car il n'y avait personne pour assurer leur sécurité. Il y a un vide étatique et une totale absence de sécurité à Kidal, qui permet aux groupes armés de prospérer dans cette anarchie. Le MNLA [le mouvement national pour la libération de l'Azawad] n'a pas mandat à assurer la sécurité de la ville. L'armée malienne reste cantonnée dans sa caserne et la force française "Serval", avec ses 200 hommes, joue seulement le rôle de pompier tout comme la Minusma [la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali]", déplore le journaliste.
Dans cette ville du nord-est du Mali, où la population — composée en majorité de Touareg, d'Arabes et de Peuls— vit dans le plus profond dénuement, l'Etat peine à imposer son autorité. L'armée en a été chassée à plusieurs reprises par les mouvements rebelles touareg au cours des dernières années.
Tombée sous le giron des groupes islamistes en mars 2012, la ville de Kidal a été reprise en janvier 2013, au moment de l'opération Serval, par les rebelles touareg du MNLA et du Mouvement islamique de l'Azawad (MIA) qui ont annoncé coopérer avec les forces française et onusienne. Ces dernières ont pris position dans la ville dès février pour la sécuriser ainsi que pour s'interposer entre les mouvements rebelles touareg et l'armée malienne, toujours en conflit.
UNE VILLE DIFFICILE D'ACCÈS
Pour aller à Kidal, les journalistes doivent donc traverser une plaine désertique, une région frontalière avec l'Algérie et le Niger qui demeure un sanctuaire pour les combattants djihadistes.
"Il y a plusieurs options pour rejoindre Kidal, rapporte Omar Ouahmane, grand reporter chez France Culture. La première, choisie notamment par Ghislaine et Claude, est de s'y rendre avec la Minusma. La seconde est de s'y rendre avec la force française Serval mais dans ce cas, le cadre est très clair, on est 'embedded' ["intégré"] et on reste avec eux. Une autre option est de s'y rendre depuis Niamey, au Niger, avec le MNLA. Certains le font. La dernière option est de faire le trajet jusque Kidal avec l'armée malienne".
Un soldat malien sur la route entre Kidal et Gao, le 26 juillet.
Un soldat malien sur la route entre Kidal et Gao, le 26 juillet. | AFP/KENZO TRIBOUILLARD

L'option privilégiée par Omar Ouahmane a été de se faire escorter par l'armée malienne pendant les six heures que durent le trajet qui relie Gao, la ville située aux portes du désert, à Kidal. "Il faut surtout ne pas se balader seul entre Gao et Kidal, c'est le Far West. Il y a de tout dans ce grand territoire désertique dont on ne voit pas le bout : des bandits, des mouvements armés djihadistes, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI). Si tu pars seul, tu es sûr d'être kidnappé ou volé", précise-t-il.
Le photographe indépendant Benoît Schaeffer, qui a séjourné à Kidal entre mars et avril, avait lui choisi une autre voie d'accès. "Je suis arrivé à Kidal par un pays limitrophe, en accord et avec le soutien de populations touareg de la ville. Il a fallu que je paye deux passeurs. C'est le reportage le plus cher de ma carrière : 6 540 euros, alors que le pays est l'un des plus pauvres au monde", raconte-t-il, déplorant la réticence des rédactions à envoyer en commande des photographes sur ces terrains à risques.
"UNE VILLE DE TOUS LES DANGERS"
Plus aucun Occidental ne réside aujourd'hui à Kidal, du fait du risque d'enlèvement ou de celui d'être pris entre deux feux, lors des accrochages réguliers entre les rebelles touareg et l'armée malienne.
"C'est une des villes les plus dangereuses. On m'a averti à plusieurs reprises quand j'y étais que des gens cherchaient à enlever des Occidentaux dans la ville", estime Omar Ouahmane.
"Dans mes 25 ans de métier, c'est le reportage le plus difficile qu'il m'ait été donné de réaliser. Tout semble calme mais à chaque instant, en tant que journaliste étranger et seul occidental dans la ville, je suis une cible car potentiellement j'ai une valeur marchande. C'est très anxiogène comme situation", confie également Benoît Schaeffer.
"Tu ne peux pas faire ce que tu veux car si tu t'exposes trop, rencontres trop de gens de façon spontanée, tu es immédiatement repéré. C'est contradictoire avec mon métier, qui est d'aller à la rencontre des populations et de voir comment les gens vivent", déplore-t-il.
Des membres du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) à Kidal, le 26 juillet.
Des membres du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) à Kidal, le 26 juillet. | REBECCA BLACKWELL/AP

"La menace est diffuse, poursuit Donaïg Ledu, grand reporter à France 24, qui était à Kidal pour le premier tour de l'élection présidentielle, le 28 juillet. C'est une ville de chefs de guerre mais personne n'obéit à personne. On ne sait pas qui est qui, qui dit la vérité. Les combattants vont d'un mouvement à un autre au gré de qui paie leur solde, amenant leur véhicule, leurs armes et leurs petits groupes de combattants avec eux. Beaucoup de jeunes gens illettrés ont des kalachnikovs et savent qu'un blanc vaut cinq millions de dollars. On n'est jamais à l'abri d'une opération organisée ou d'une opération montée par des gamins qui cherchent à se faire de l'argent."
Et, comme le souligne Omar Ouahmane, la situation n'a fait que se dégrader depuis juillet. "L'accord passé entre l'armée malienne et les rebelles est devenu caduque. Il y a une multiplication des hommes armés à Kidal et beaucoup d'armes dans la ville", pointe-t-il.
DISCRÉTION ET HYPERVIGILANCE
"La première chose que l'on a fait quand on est arrivé dans la ville est d'être allé voir le chef touareg. C'est une façon symbolique de faire allégeance et de se placer sous sa protection", explique Donaïg Ledu. Une protection qui a toutefois des limites.
"On ne s'est pas senti particulièrement en danger pendant l'élection. Mais on est arrivés le vendredi matin à 9 heures et on a détalé à toute vitesse le lundi à 5 heures. Car, une fois que l'élection présidentielle avait eu lieu, les gens n'avaient plus intérêt à ce que l'on soit là. On sentait qu'il ne fallait pas s'éterniser", admet la journaliste de France 24.
La grand reporter s'est déplacée seule dans la ville avec son fixeur [un accompagnateur sur le terrain] dans une totale liberté. "J'ai un pacte tacite avec le fixeur pour qu'il n'y ait pas de gardes et d'armes en évidence. Mais on sait qu'il y a des armes et que certaines personnes qui nous sont présentées comme des amis, des cousins, sont là pour veiller sur nous", raconte-t-elle.
Pour Omar Ouahmane, qui se déplace seul avec un chauffeur en qui il a une totale confiance, sa seule protection est son chèche, ce foulard d'au moins quatre mètres dont les touareg s'entourent la tête. "Le chèche est un peu notre assurance-vie. Il couvre tout le visage sauf les yeux, on ne peut pas être reconnu", raconte le journaliste de France Culture.
Des casques bleus patrouillent à Kidal, le 27 juillet.
Des casques bleus patrouillent à Kidal, le 27 juillet. | KENZO TRIBOUILLARD/AFP

Le journaliste confie avoir été une fois confronté à une situation extrêmement dangereuse en septembre, lors d'affrontements violents entre l'armée malienne et les rebelles touaregs qui ont duré deux jours.
"J'ai demandé à être logé au camp de la Minusma, que la mission partage avec la force Serval. Quand la force Serval a eu vent de ma présence, elle m'a mis à la porte à 7 heures du matin. J'ai du traverser la ville, seul, sous le feu. Quatre kilomètres à pied dans une ville où plus aucune voiture et passant ne circulait", raconte-t-il.
Benoît Schaeffer a quant à lui misé sur un dispositif sécuritaire plus étoffé au prix d'une liberté de mouvement restreinte. Pendant ses treize jours passés à Kidal, entre mars et avril, sa sécurité a été totalement assurée par des membres de mouvements touareg.
"Trois gardes du corps armés m'ont accompagné jour et nuit, en plus du guide qui faisait office de chauffeur. Par prudence et sécurité, on te change de logement a minima tous les deux jours et on change toujours de chemin pour rentrer", raconte-t-il.
Le photographe, qui faisait son premier séjour dans la région, a mis en place des mesures de sécurité éprouvées sur d'autres terrains de guerre, comme dans l'Irak post-Saddam Hussein.
"Lorsque je dois rencontrer des personnes, j'applique le 'protocole Bagdad' : quand tu prends rendez-vous avec quelqu'un, tu l'avertis que l'heure et le lieu peuvent être modifiées à tout moment pour éviter toute interception. La clé est de ne jamais rester au même endroit et que personne ne connaisse ton programme", dit-il.
RETOURNER À KIDAL ?
Un membre des forces de l'ONU, à Kidal, le 28 juillet 2013.
Un membre des forces de l'ONU, à Kidal, le 28 juillet 2013. | AP/Rebecca Blackwell

Unanimement, ces trois professionnels aguerris répondent par l'affirmative. "Il faut y retourner, pas dans n'importe quelles conditions car c'est extrêmement dangereux, mais il ne faut abandonner ce territoire capital pour l'avenir du Mali et ne pas laisser les barbares qui ont assassiné Claude et Ghislaine avoir gain de cause", estime Omar Ouahmane.
"Il est urgent de continuer à aller à Kidal, peut-être en attendant un peu", nuance Benoît Schaeffer, tandis que Donaïg Ledu juge que les conditions ne sont pour le moment pas réunies pour un séjour sécurisé. "Je ne dis pas jamais mais vu le contexte actuel, c'est exclu", rapporte la journaliste, qui couvre la rebellion touareg depuis le début des années 1990.
Benoît Schaeffer reconnaît toutefois qu'il préparerait son terrain différemment. "Je ne ferais plus de séjour long à Kidal pour des raisons de sécurité. J'appliquerai le même protocole de sécurité mais renforcé. Le problème est que je ne pourrais plus avoir d'escorte de touaregs armés car on est désormais dans un Etat de droit où la sécurité relève de l'Etat malien. Et, désormais, la Minusma va très certainement fermer un peu la porte au transport des journalistes ", explique le photographe.

Mali : ce qu'a tenté l'armée française après l'enlèvement des envoyés spéciaux de RFI

Mali : ce qu'a tenté l'armée française après l'enlèvement des envoyés spéciaux de RFI

Mali : ce qu'a tenté l'armée française après l'enlèvement des envoyés spéciaux de RFI

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Un hélicoptère Puma, près de Bourem, dans le nord du Mali, le 1er novembre.
Un hélicoptère Puma, près de Bourem, dans le nord du Mali, le 1er novembre. | AFP/PHILIPPE DESMAZES

Plusieurs moyens de la force française Serval au Mali, engagés dans des opérations en cours, ont été dépêchés, en vain, vers Kidal, pour tenter de secourir Ghislaine Dupont et Claude Verlon, les deux envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI) assassinés le 2 novembre, a précisé l'état-major de l'armée française, jeudi 7 novembre.

Outre les deux hélicoptères de Tessalit, à qui le quartier général de Gao a donné l'ordre d'annuler une mission prévue pour décoller en urgence, deux Rafale ont été détournés d'une opération dans l'extrême nord du Mali pour tenter d'intercepter les ravisseurs. Hélicoptères et avions arrivèrent tous sur la zone sans avoir pu intervenir.
C'est un convoi parti par la piste vers l'est, en direction de Tin-Essako, qui a découvert le véhicule des ravisseurs à 14 h 30, soit une heure après l'alerte donnée par un habitant de Kidal à la force Serval.
RAFALE, HÉLICOPTÈRES ET PATROUILLE AU SOL
Les Rafale sont arrivés sur ce point, à 12 km de la ville, en même temps que cette patrouille au sol, a expliqué le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'état major de l'armée française. Selon lui, "en fouillant les approches", pour s'assurer que la zone n'était pas piégée, les militaires de la patrouille au sol découvrirent les corps sans vie des deux envoyés spéciaux "aux alentours de 14 h 50".
Les hélicoptères sont arrivés eux quarante minutes plus tard, compte tenu des distances, près de 250 km, entre Tessalit et Kidal, où aucun appareil n'est stationné en permanence.
"Une force capable de réorienter un avion de chasse configuré pour une mission donnée, ainsi que d'autres moyens, en cinquante minutes est une force très entraînée", a justifié l’état-major en réponse à des questions de la presse sur la réactivité de Serval.
ÉVITEMENT ET ARMEMENT
Aucune précision n'a été fournie sur la façon dont les ravisseurs ont pu ou non être pistés par la suite ; leur véhicule abandonné, ils ont pu être emmenés par un autre pick-up. "Des actions combinées de renseignement se poursuivent", a simplement ajouté le colonel Jaron.
Douze hélicoptères de Serval sur seize – pour ce qui concerne les forces conventionnelles – étaient mobilisés ces jours derniers pour l'opération Hydre. Cette vaste opération de contrôle de zone a été menée du 20 octobre au 3 novembre avec 1 500 soldats français, maliens et onusiens.
Elle n'a, officiellement, pas permis d'arrêter ou de neutraliser de chefs djihadistes. Dans la région de Gao, ces derniers n'ont pas cessé de s'armer, selon les sources militaires françaises, mais ils poursuivent leur stratégie d'évitement : "Nous avons eu confirmation de leur mode d'action. A l'approche des forces, l'adversaire tente d'échapper au combat. Et nous n'avons pas retrouvé d'armement significatif", a encore précisé le colonel Jaron.
UNE IMPORTANTE PLATEFORME LOGISTIQUE NEUTRALISÉE
Des sources sur le terrain avaient cependant révélé au Monde que des caches d'armes "résiduelles" avaient été découvertes. L'état-major a annoncé jeudi qu'une plateforme logistique importante a été neutralisée près de Tombouctou.
Organisée de façon militaire "comme l'aurait fait l'armée française, elle comportait en plusieurs lieux du ravitaillement, des véhicules, et des moyens de soutien aux combattants.
Entre juin et octobre, soit les cent vingt premiers jours de Serval II, les Français ont été en opération pendant quatre-vingt-dix jours au total. Trente tonnes d'armement et une tonne et demie de matières explosives ont été découvertes, ainsi que des ateliers de fabrication de bombes artisanales.
Deux accrochages seulement se sont produits. Le premier le 14 septembre à Bourem, où Serval a fait trois prisonniers, l'un étant mort de ses blessures. Le second à Tombouctou le 1er octobre, au cours duquel les forces spéciales ont tué 10 djihadistes.