mercredi 18 septembre 2013

Pour un règlement définitif de la rébellion touareg : IBK propose les assises nationales du Nord - maliweb.net

Pour un règlement définitif de la rébellion touareg : IBK propose les assises nationales du Nord - maliweb.net
Avec, à sa tête Dr Cheick Oumar Diarrah, le ministère de la Réconciliation nationale et du Développement des Régions du Nord entend organiser, dans un délai de deux mois, les assises nationales du Nord ; mais aussi, les Etats généraux de la décentralisation.
 
IBK_FasoObjectif : régler, définitivement, la rébellion touareg, qui ne finit pas de finir
L’annonce a été faite, lundi, à la faveur du premier conseil des ministres du gouvernement Tatam Ly. Après avoir félicité les membres du gouvernement pour le choix porté sur eux, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta propose, dans un délai de deux mois, l’organisation des assises nationales du Nord. Il sera couplé au Etats généraux de la décentralisation.
Au cours de ces rencontres, précise le Chef de l’Etat, aucune question ne sera éludée.
« Nous discuterons avec tout le monde, sans complexe. Mais, discussion ne veut pas dire amnistie », indique Dr Cheick Oumar Diarrah, ministre de la Réconciliation Nationale et du Développement des Régions du Nord. Avant de préciser : « Il n’y aura pas d’impunité. La paix ne sera possible que si elle va de pair avec la vérité et la justice ».
Dr Cheick Oumar Diarrah fait, entre autres, allusion aux « massacres d’Aguelhoc ».
En janvier 2012, une centaine de soldats maliens désarmés ont été, soit égorgés ; soit achevés d’une balle dans la tête. S’y ajoutent la destruction des biens publics, le viol des femmes etc…
Les assises nationales sur le Nord et les Etats généraux de la décentralisation se tiendront dans deux mois. Et dans le cadre de leur préparation, le ministre de la Réconciliation Nationale et du Développement des Régions du Nord se rendra, bientôt, dans le septentrion malien.
Oumar Babi
SOURCE:  du   12 sept 2013.

IBK l’a déclaré hier à Koulouba au cours d’une rencontre avec les groupes armés du nord : « Il n’y aura ni indépendance, ni Fédéralisme encore moins une quelconque autonomie » - maliweb.net

IBK l’a déclaré hier à Koulouba au cours d’une rencontre avec les groupes armés du nord : « Il n’y aura ni indépendance, ni Fédéralisme encore moins une quelconque autonomie » - maliweb.net
A l’issue de sa rencontre hier mardi à Koulouba avec les groupes armés du nord du Mali (MNLA, HCUA, MAA, forces patriotiques pour la résistance), le président de la République Ibrahim Boubacar  Kéïta a déclaré qu’il n’y aura ni indépendance, ni fédéralisme encore moins une autonomie pour une quelconque région du pays insistant sur le fait que ces trois points ne sont pas à négocier. Il a toutefois exprimé sa volonté de s’engager à trouver une paix entre l’ensemble des Maliens afin de conforter l’unité nationale.


ibk discours1Auparavant, dans le communiqué final issu des concertations entre groupes armés du nord à l’hôtel Massaley sous la conduite du ministre Cheick Oumar Diarra, les participants  ont réaffirmé leur attachement au principe de l’intangibilité des frontières et se sont engagés à préserver l’unité nationale, à assurer le développement de toutes les régions du Mali.
En outre, les groupes armés ont jugé opportun de créer  une cellule de contact et de suivi de douze membres, soit trois représentants par groupe armé, chargés de baliser le terrain aux futures négociations avec le gouvernement.


En effet, les préconcertations entre les responsables du MNLA, du HCUA, du MAA, des forces patriotiques pour la résistance ont débuté dimanche dernier à l’initiative des services de sécurité du Mali. Les discussions ont porté sur la « gouvernance et le développement », la « sécurité » et le « vivre ensemble ». A travers ces thèmes, il s’agissait pour les participants de discuter sur la politique que l’Etat  devrait mener pour sortir le nord du mal développement et du sous développement, la stratégie que l’Etat doit mettre en place pour les besoins de la sécurité nationale et trouver les voies et moyens permettant à chacun de vivre harmonieusement.


Ces groupes armés rivaux  qui se sont retrouvés pour la première fois autour de la table pour un dialogue inclusif entre maliens, ont réaffirmé leur volonté d’inscrire désormais leurs actions dans l’unité nationale et de ne rien entreprendre qui puisse à nouveau mettre à mal la cohésion sociale.

Ibrahim Mohamed Ag Assaleh, un des responsables du MNLA, intervenant au nom des groupes armés s’est dit engagé à trouver une solution définitive à la crise du nord. Il s’est dit déterminé à la réalisation d’un grand Mali à travers la franchise, l’honnêteté. « Qu’on se dise les tristes vérités » a –t-il lancé.
Le ministre de la réconciliation nationale et du développement des régions du nord, Cheick Oumar Diarra s’est dit particulièrement touché par l’acte posé par les groupes armés. « C’est une étape qui va nous permettre d’aller vers une plus grande cohésion. Le développement  du pays, la stabilité passent par la réconciliation nationale. Ce sont les Maliens réconciliés entre eux qui peuvent assurer le développement de leur pays, écrire une nouvelle page de l’histoire du pays, établir la justice » a déclaré le ministre. Avant de convier l’assistance à Koulouba pour un compte rendu complet des conclusions auxquelles, ils ont abouti.

Les anciens ministres Mohamed El Moctar, Abdouramane Oumarou Touré, le coordinateur des chefs de quartier de Bamako,  Bamou Touré pour ne citer  que ceux-là assuraient la police des débats. L’organisation était assurée par le capitaine Modibo Nama Traoré, le point focal.
 
Abdoulaye DIARRA
SOURCE:  du   18 sept 2013.    

Mali: accord inédit entre les groupes armés du Nord - Mali - RFI

Mali: accord inédit entre les groupes armés du Nord - Mali - RFI
Mali: accord inédit entre les groupes armés du Nord
Un combattant du groupe séparatiste MNLA monte la garde devant l'assemblée régionale de Kidal, le 23 juin 2013.
Un combattant du groupe séparatiste MNLA monte la garde devant l'assemblée régionale de Kidal, le 23 juin 2013.
REUTERS/Adama Diarra

Par RFI
Au Mali, un accord inédit vient d’être signé, mardi 17 septembre, entre les groupes armés présents dans le nord du pays. Après deux jours de discussion, sur l’initiative des autorités maliennes, ces groupes ont signé une déclaration conjointe. Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), le Haut conseil de l’unité de l’Azawad (HCUA), la Coordination des mouvements et fronts patriotiques de résistance (CM-FPR, composé notamment des milices gandakoyes et gandaïzo), ainsi que le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) promettent de « mettre en commun leurs efforts » pour résoudre la crise. Ils créent une cellule de contact afin de dégager des positions communes, avant d’entamer les négociations avec l’Etat malien.


Une vingtaine de représentants des quatre mouvements armés présents dans le nord du Mali se sont réunis pendant deux jours, dans la même pièce, pour tenter de régler les différends qui les opposent. « Le MNLA n’a jamais déclaré aucun conflit avec aucun mouvement, déclare Ibrahim Ag Assaleh, porte-parole du groupe rebelle touareg. Le MNLA a déclaré un conflit avec un Etat pour essayer d’apporter des solutions à des problèmes politiques, sociaux, économiques, culturels, qui ont existé de l’indépendance jusqu’à nos jours. Donc nous nous réjouissons d’être rejoints dans ce combat par les autres mouvements armés et par le nouveau gouvernement dont nous saluons l’esprit d’ouverture. »
Assis juste à côté du représentant du MNLA, Harouna Toureh, président des milices d’auto-défense gandakoye et de la Coordination des mouvements et fronts patriotiques de résistance. Les deux hommes discutent, se serrent la main, une scène qui semble presque improbable.
« Entre fils du Mali »
« Je peux vous assurer qu’il y a encore 72 heures, ce n’était pas facile, confie Harouna Toureh. Mais nous avons chacun pris conscience du fait que nous étions obligés de passer par ce moment, de se regarder face à face et de se parler. On a évoqué la gouvernance, on a évoqué les conditions de sécurité, comment vivre ensemble. Ce sont des choses qui étaient difficiles à aborder pour nous avant, maintenant je pense que le mur qui nous a séparé pendant un certain temps est tombé et que l’on peut commencer à parler entre nous, entre fils du Mali. »
Les représentants des groupes armés n’ont pas encore trouvé de position commune, mais ils ont décidé de se revoir dans les semaines à venir. L’objectif est de préparer ensemble les négociations qui seront ensuite menées avec l’Etat malien sur le statut et le développement des régions du Nord.
Un accord déjà remis en cause au Nord
Cependant de hauts cadres du MAA et du MNLA disent ne pas reconnaître l'accord signé à Bamako. Mohamed Ramadane, chargé des relations extérieures du bureau exécutif du MAA indique que son mouvement n'est pas contre des négociations avec les autres groupes armés mais que les signataires de l'accord n'ayant pas été mandatés par le MAA, leur signature n'engage qu'eux-mêmes.
Même constat d'Attaye Ag Mohamed, chargé de communication à la présidence du MNLA, qui précise que les signataires sont bien des membres du mouvement mais envoyés à Bamako pour une rencontre avec la Minusma. Ils n'ont pas été mandatés pour négocier un quelconque accord. Les populations du nord du Mali dénoncent le manque de représentativité des signataires mais aussi leur déconnexion avec la réalité du terrain.
« Les populations ne se reconnaissent pas dans ces personnes qui sont allées à Bamako et qui de surcroît semblent échapper à leur propre hierarchie, explique notamment Attaye Ag Mohamed, le président de la coordination des cadres de l'Azawad. Donc nous alertons la communauté internationale, le médiateur, afin d’éviter que de nouveaux accords biaisés, qui ne correspondent pas aux attentes des populations, soient signés pour retomber dans les mêmes travers que les rébellions précédentes. »
Satisfaction des autorités maliennes
Le ministre malien de la Réconciliation nationale, Cheick Oumar Diarrah, a estimé que cette déclaration posait « un jalon important vers la résolution de la crise ». Il n’a pas participé aux rencontres, mais il est venu féliciter les participants. Il en a profité pour annoncer un reformatage de la Commission dialogue et réconciliation, créée en mars dernier par les autorités de transition. Elle devient une Commission dialogue, vérité et réconciliation.
Dans le même temps, le nouveau ministre de la Défense, Soumeyou Boubeye Maïga, achevait mardi sa première visite dans le nord du pays, à Sévaré, Gao et Tombouctou. Il en a profité pour annoncer que l'armée nationale va renforcer sa présence dans le Nord, une décision qui ne remet pas en cause, selon lui, le processus de réconciliation

Le nord du Mali, la grande supercherie - maliweb.net

Le nord du Mali, la grande supercherie - maliweb.net

lundi 16 septembre 2013

L'Expression - Le Quotidien - La rébellion touareg menace d' «anéantir » l'armée malienne en cas de nouvelle

L'Expression - Le Quotidien - La rébellion touareg menace d' «anéantir » l'armée malienne en cas de nouvelle
Par
La rébellion touareg a annoncé que ses troupes se défendront « vigoureusement » et menace d' « anéantir » l'armée malienne, en cas de nouvelle attaque, dans un communiqué.
Le communiqué de Mossa Ag Attaher, le porte-parole du MNLA (le Mouvement national de libération de l'Azawad) et du CTEA, l'autorité transitoire mise en place en juin 2012 par le MNLA pour administrer les territoires du nord du Mali qu'il contrôle, fait suite aux violents affrontements entre rebelles et militaires maliens mercredi dans le nord-ouest du pays; Ces affrontements, qui ont fait plusieurs morts, étaient les premiers depuis la signature d'un accord de paix mi-juin.
Bamako a minimisé l'incident jeudi, évoquant un simple accrochage avec des « bandits » armés pendant une opération de « sécurisation », au moment où le pays se remet lentement de l'occupation de la moitié nord de son territoire par les rebelles touareg et des groupes jihadistes armés.
« Son commandement militaire (du MNLA) vient de donner ordre à toutes ses  troupes se trouvant dans le territoire de l'Azawad de riposter et de se défendre vigoureusement en cas d'agressions menées contre elles », souligne Mossa Ag Attaher. « Les unités militaires du MNLA ne ménageront aucun effort pour anéantir leurs agresseurs », affirme-t-il dans ce texte daté de samedi.
Le porte-parole du MNLA a par ailleurs condamné l'attaque de mercredi, la qualifiant de « violation unilatérale du cessez-le-feu » par Bamako, « qui n'a honoré aucun de ses engagements » et « continue ses inacceptables exactions » contre les touaregs.
« Nous attendons des nouvelles autorités maliennes qu'elles donnent les signes clairs et positifs d'une réelle volonté d'engager des négociations concrètes sur le statut juridique et politique de l'Azawad, au minimum dans les délais prévus par les accords cadre de Ouagadougou », lance Mossa Ag Attaher.
« Faute de quoi, Le MNLA n'aura d'autres choix que de prendre ses responsabilités et de défendre par tous les moyens les intérêts supérieurs du peuple de l'Azawad ».
Le MNLA et le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), un autre mouvement rebelle touareg, ont signé le 18 juin à Ouagadougou un accord avec Bamako visant à permettre l'organisation de la présidentielle du 28 juillet à Kidal, ville située dans le nord-est sous contrôle des groupes armés touareg, après l'intervention française qui a chassé les groupes djihadistes alliés à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
L'accord prévoit un cessez-le-feu, un retour progressif des forces de défense et de sécurité maliennes à Kidal et un cantonnement des combattants rebelles sur des sites de regroupement.
Ibrahim Boubacar Keïta a remporté la présidentielle rendue possible par l'accord de Ouagadougou. Lorsqu'il a prêté serment le 4 septembre, le nouveau président malien a fait de la réconciliation nationale sa priorité «la plus pressante ».

L'Expression - Le Quotidien - La rébellion touareg menace d' «anéantir » l'armée malienne en cas de nouvelle

L'Expression - Le Quotidien - La rébellion touareg menace d' «anéantir » l'armée malienne en cas de nouvelle
Par
La rébellion touareg a annoncé que ses troupes se défendront « vigoureusement » et menace d' « anéantir » l'armée malienne, en cas de nouvelle attaque, dans un communiqué.
Le communiqué de Mossa Ag Attaher, le porte-parole du MNLA (le Mouvement national de libération de l'Azawad) et du CTEA, l'autorité transitoire mise en place en juin 2012 par le MNLA pour administrer les territoires du nord du Mali qu'il contrôle, fait suite aux violents affrontements entre rebelles et militaires maliens mercredi dans le nord-ouest du pays; Ces affrontements, qui ont fait plusieurs morts, étaient les premiers depuis la signature d'un accord de paix mi-juin.
Bamako a minimisé l'incident jeudi, évoquant un simple accrochage avec des « bandits » armés pendant une opération de « sécurisation », au moment où le pays se remet lentement de l'occupation de la moitié nord de son territoire par les rebelles touareg et des groupes jihadistes armés.
« Son commandement militaire (du MNLA) vient de donner ordre à toutes ses  troupes se trouvant dans le territoire de l'Azawad de riposter et de se défendre vigoureusement en cas d'agressions menées contre elles », souligne Mossa Ag Attaher. « Les unités militaires du MNLA ne ménageront aucun effort pour anéantir leurs agresseurs », affirme-t-il dans ce texte daté de samedi.
Le porte-parole du MNLA a par ailleurs condamné l'attaque de mercredi, la qualifiant de « violation unilatérale du cessez-le-feu » par Bamako, « qui n'a honoré aucun de ses engagements » et « continue ses inacceptables exactions » contre les touaregs.
« Nous attendons des nouvelles autorités maliennes qu'elles donnent les signes clairs et positifs d'une réelle volonté d'engager des négociations concrètes sur le statut juridique et politique de l'Azawad, au minimum dans les délais prévus par les accords cadre de Ouagadougou », lance Mossa Ag Attaher.
« Faute de quoi, Le MNLA n'aura d'autres choix que de prendre ses responsabilités et de défendre par tous les moyens les intérêts supérieurs du peuple de l'Azawad ».
Le MNLA et le Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA), un autre mouvement rebelle touareg, ont signé le 18 juin à Ouagadougou un accord avec Bamako visant à permettre l'organisation de la présidentielle du 28 juillet à Kidal, ville située dans le nord-est sous contrôle des groupes armés touareg, après l'intervention française qui a chassé les groupes djihadistes alliés à Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).
L'accord prévoit un cessez-le-feu, un retour progressif des forces de défense et de sécurité maliennes à Kidal et un cantonnement des combattants rebelles sur des sites de regroupement.
Ibrahim Boubacar Keïta a remporté la présidentielle rendue possible par l'accord de Ouagadougou. Lorsqu'il a prêté serment le 4 septembre, le nouveau président malien a fait de la réconciliation nationale sa priorité «la plus pressante ».

mardi 10 septembre 2013

[touaregs] Fwd: Tr : Fwd: Mali : Le Gouvernement du sabordage politique - hassanet@gmail.com - Gmail

[touaregs] Fwd: Tr : Fwd: Mali : Le Gouvernement du sabordage politique - hassanet@gmail.com - Gmail
capital de sympathie politique. Mais, il a réussi à tout dilapider par ses maladresses… », disait-on d’IBK quand il était encore Premier Ministre sous Alpha O Konaré ! Et c’est au Palais présidentiel même que se faisaient ces confidences !
Comme pour donner raison à ses détracteurs, IBK vient encore de précipiter sa mort politique en installant un Gouvernement de compromis (pour ne pas dire de « compromission »)! Un acte vivement ressenti par une partie de l’opinion publique malienne, dont son électorat, comme une trahison, vu le discours d’espoir et de renouveau qu’IBK n’a cessé de tenir le long de sa campagne !

Des flots de protestations venant de partout

L’annonce de la liste du Gouvernement fut comme un coup de foudre qui vint calciner les espoirs fondés sur « l’homme-providence », surnommé Kankelen Tigui ou Celui-qui-n’a-qu’une-parole. La déception est à son comble ! Dans les « grins » (groupes de rencontre), les récriminations se font de plus en plus vives. Des flots de protestations se poursuivent très vite sur le site d’informations et de débats Maliweb qui, dans la nuit d’hier, recensait 175 réactions dont 99% étaient contre le choix de ce Gouvernement.
L’enthousiasme de la veille, suite à la nomination du jeune Premier Ministre Oumar Tatam Ly, s’est vite mué en cauchemar, donnant des envies de « suicide » ou de « vomir » à certains internautes se demandant ce qu’IBK a fait de sa promesse de mobiliser les ressources humaines de ce pays, sans partisannerie aucune!
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La trahison

Suite à son élection, IBK avait martelé « Il n’y aura pas de partage de gâteau ! » Un animateur radio de la place avait déjà pressenti dans ces propos du Président fraîchement élu un aveu ! En parlant de « gâteau », IBK sous-entendait qu’il y en avait un ! Et dès lors qu’il existe un gâteau, avait renchéri l’animateur, il sera forcément mangé par quelques uns ! Et c’est cela qui est arrivé avec la reconduction de certains caciques comme Soumeylou Boubèye Maïga (Défense), le Colonel Sada Samaké (Sécurité), Dr Bocary Téréta (Développement rural), des anciennes têtes du temps de l’ADEMA quand IBK était Premier Ministre.
Du coup, celui qui se présentait naguère comme un « homme de rassemblement et de renouveau », se révèle brusquement un classique homme de clan, affilié à de vieux roublards opiniâtrement accrochés au pouvoir depuis une vingtaine d’années ! Ainsi, d’un revers de la main, IBK balayait le grand espoir suscité par la nomination de son tout jeune Premier Ministre Oumar Tatam Ly !
A cela s’ajoute la reconduction de Moustapha Dicko (auMinistère de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique), perçu comme étant l’auteur de la déliquescence du système éducatif malien ! Plus grave encore pour l’opinion publique, est la nomination de Zaraby Sidi Ould Mohamed (aux Affaires étrangères), connu pour être la tête pensante d’une rébellion touareg des années 90, ayant eu son lot de massacres !
On n’hésite donc pas à évoquer un pacte entre IBK et des parrains occidentaux, ayant favorisé son élection pour qu’il trahisse le Mali au profit du MNLA ! On lui impute aussi un élan affectif, du fait de l’appartenance de son épouse (une Maiga comme Boubèye) au Nord du pays !

Un amalgame incomestible

Les griefs sont aussi dirigés contre la reconduction de certains ministres de la Transition, dont des éléments de l’ex junte militaire comme le Général Moussa Sinko Coulibaly, maintenu à son poste de Ministre de l’administration territoriale. Un signe qu’IBK continue de se reposer sur le soutien des militaires !
Le maintien de Tiéman Hubert Coulibaly, qualifié de « tonneau vide » (pour de multiples raisons) et très proche du cacique Boubèye Maiga, est aussi très mal accueilli ! De même que le remplacement par Mohamed Aly Bathily au poste de Garde des Sceaux du Jeune Malick Coulibaly, très apprécié pour son travail et son intransigeance !

C’est la taille même du Gouvernement, 34 ministres et délégués au lieu de 20 à 25, qui révolte l’opinion, y voyant un artifice pour justement aboutir à ce « partage de gâteau » dont se défendait le Président-pirouette !
En résumé, on reproche à IBK, en lieu et place du changement promis, d’avoir remis le Mali dans l’impasse en conciliant les tares de 3 règnes successifs, à savoir celui d’Alpha Oumar Konaré, d’ATT et de la Transition. Les nouveaux venus n’étant là que pour faire diversion ! A commencer par son jeune Premier Ministre qui, en aucun cas, ne saurait en imposer à des caciques comme Boubèye Maiga !
Est-il besoin d’être prophète pour augurer de la fin politique d’IBK ? Est-il excessif de dire qu'il vient de se saborder politiquement, par son manque d'inspiration et d'imagination? Le temps nous le dira !
 
Mountaga Fané Kantéka

Mali: des assises nationales du Nord bientôt

Mali: des assises nationales du Nord bientôt
Le Mali organisera bientôt des assises nationales du Nord, discussions destinées à permettre le règlement définitif des rébellions récurrentes dans cette partie du pays depuis son indépendance, a annoncé lundi le président Ibrahim Boubacar Keïta, sans fournir de date.

Il nous appartient de régler définitivement la question du Nord en forgeant une paix durable fondée sur la confiance entre toute les composantes de la Nation malienne, a déclaré le président Keïta lors de la première réunion avec son Premier ministre Oumar Tatam Ly et son gouvernement, lundi matin à la présidence à Koulouba (près de Bamako).

Sa déclaration a été diffusée dans la soirée par la télévision publique malienne ORTM.

Dans les jours à venir, nous engagerons sans tarder des actions en vue d'organiser les assises nationales du Nord, qui permettront (...) de forger un consensus national favorisant le règlement définitif du problème dit du Nord, a-t-il ajouté.

Depuis son indépendance, en 1960, le Mali a connu plusieurs rébellions touareg, dont la dernière en date, déclenchée entre fin 2011 et début 2012 par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), a ouvert la voie à la crise la plus grave de l'histoire du pays.

Vivant essentiellement dans le Nord, la communauté touareg - quelques centaines de milliers de personnes sur une population totale d'environ 15 millions d'habitants - s'estime mise à l'écart du développement du reste du pays.

Le MNLA, allié à divers groupes armés dont des jihadistes, a lancé en janvier 2012 des attaques contre l'armée dans le nord du Mali, qui ont servi de prétexte à des militaires pour renverser le 22 mars 2012 le président Amadou Toumani Touré en l'accusant d'incurie dans la gestion de cette offensive.

Le putsch a précipité la chute du nord du Mali aux mains des groupes armés. Les jihadistes ont fini par évincer du terrain leurs ex-alliés touareg et ont occupé ces régions pendant plusieurs mois en 2012, avant d'être chassés à partir de janvier 2013 par une intervention militaire franco-africaine.

La rébellion touareg et l'occupation jihadiste ont exacerbé les tensions entre les différentes communautés, Touareg et Arabes étant souvent assimilés par certains à des rebelles et jihadistes.

Elu le 11 août pour un mandat de cinq ans, le président Ibrahim Boubacar Keïta a fixé comme priorité la plus pressante de son quinquennat la réconciliation nationale lors de sa prestation de serment, le 4 septembre.

Lundi, M. Keïta a invité ses Premier ministre et ministres à se préparer pour une tâche ardue. Il ne s'agit pas d'une sinécure car nous avons l'exigence de satisfaire exclusivement les exigences fondamentales de notre peuple qui a subi au cours des mois écoulés un traumatisme profond. (...) Il nous faut rebâtir de nouvelles institutions, a-t-il estimé.

Parmi les autres priorités de son régime, il a aussi évoqué une justice saine, qui soit égale pour tous, et une lutte conséquente contre la corruption.

La réhabilitation de la justice sera au coeur du projet de refondation de nos institutions, d'où la place éminente accordée à ce département, a-t-il dit.

Le nouveau ministre de la Justice est un avocat, Mohamed Ali Bathily Justice et, fait inédit au Mali, il est le premier dans l'ordre de préséance après le chef du gouvernement.

Lundi à Paris, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, a salué la formation du gouvernement malien.

Nous notons avec satisfaction que, conformément aux déclarations du président Keïta, la justice et la réconciliation constituent une priorité pour les nouvelles autorités maliennes, a déclaré M. Lalliot.

Il a réaffirmé que Paris restera aux côtés du Mali pour relever les grands défis que seront notamment la restauration de l'Etat, l'amélioration de la gouvernance, de la sécurité et le développement du pays.


(©AFP / 10 septembre 2013 00h41)

mercredi 28 août 2013

Mali 2013. « Grand corps malade » cherche, d’urgence, guérisseur confirmé (1/2) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali 2013. « Grand corps malade » cherche, d’urgence, guérisseur confirmé (1/2) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso
lundi 26 août 2013
L’expression est d’Alain Saint Robespierre dans L’Observateur Paalga de ce matin (jeudi 22 août 2013). Ce « grand corps malade » n’est autre que l’armée malienne. Apte au coup d’Etat, aux coups de Trafalgar, aux coups tordus, aux coups de Jarnac, aux coups de pied au cul… mais pas à grand-chose d’autre. Certes, elle a donné trois chefs d’Etat à la République (Moussa Traoré, Amadou Toumani Touré, Amado Haya Sanogo), tous trois ayant accédé au pouvoir par les armes ; ce qui ne leur a pas évité de le perdre.


Réagissez à cet article Réagissez (1)

Mali 2013. « Grand corps malade » cherche, d’urgence, guérisseur confirmé (1/2) Mais elle n’aura laissé dans l’Histoire du Mali qu’une trace nauséabonde. Et les dramatiques pérégrinations que vient de vivre le pays, en 2012-2013, n’aura finalement rien changé à sa façon d’être. Pas plus digne ; pas plus guerrière (chacun sait que la devise de l’armée malienne est… le franc CFA). La promotion TGV de Sanogo du grade de capitaine à celui de général de corps d’armée suscite bien des ressentiments non seulement parmi la population et la classe politique malienne mais également dans les rangs de l’armée. Et l’incompréhension parmi ceux des officiers étrangers qui ont en charge, au titre notamment de la mission européenne EUTM, la formation des militaires du pays. A Koulikoro, où sont instruits et entraînés les élèves officiers d’active (EOA) du Mali et d’Afrique subsaharienne au sein de l’Ecole militaire interarmes (EMIA) – établissement où se trouve, désormais l’EUTM – c’est tout autant d’étonnement.
D’où ces rumeurs de règlement de compte qui circulent à Bamako, au sein de l’armée, sur le net, dans les chancelleries… L’armée malienne, humiliée par une rébellion des Touareg qu’elle n’a pas été capable non seulement d’éradiquer mais d’endiguer, se retrouve, une fois encore, dans le collimateur des commentateurs. Ce qui n’est pas la meilleure chose pour le Mali et les Maliens. On pouvait penser que le bon déroulement des deux tours de la présidentielle, l’acceptation par les responsables politiques du résultat et le profil crédible du vainqueur étaient des éléments d’apaisement au sein de l’armée. Une armée plus divisée encore que ne l’est la société malienne. Entre « bérets rouges » et « bérets verts », autrement dit – toutes proportions gardées, ce n’est jamais que l’armée malienne - l’élite (essentiellement les commandos parachutistes du camp-para de Djicoroni) et la masse des laissés-pour-compte du recrutement et des écoles militaires.
Pas vraiment une césure ethnique, même si les « bérets rouges » se recrutent particulièrement parmi les Dogon et les Bobo, mais certainement une cassure sociale. La compétence n’est pas un critère de recrutement ; le niveau des EOA maliens est très faible ; l’armée est un « pot de miel » pour les enfants de la nomenklatura politique et administrative (c’est une armée qui compte 1 général pour 400 soldats soit plus de 70 officiers-généraux dont 3 généraux de corps d’armée !) ; la corruption et la compromission dans les affaires mafieuses sont les deux mamelles de cette armée.
Le mercredi 26 juin 2013, le jour où Sanogo a publiquement demandé pardon aux Maliens, une cérémonie solennelle avait été organisée entre « bérets rouges » et « bérets verts ». Les premiers étaient considérés comme le bouclier d’ATT et, plus globalement, des chefs d’Etat maliens (avec le PIGN, le Peloton d’intervention de la gendarmerie nationale) ; les seconds comme les instigateurs et les bénéficiaires du coup d’Etat.
Les tensions entre « rouges » et « verts » ont été fortes ; parfois même dramatiques. Mis en cause dans la tentative de coup de force (présenté comme un contre-coup d’Etat) du 30 avril 2012, une rude répression sera menée contre le 33ème Régiment commando de parachutistes (RCP) de Djicoroni. Qui sera dissous alors qu’il est aux ordres d’Abidine Guindo. Quelques mois plus tard, les femmes et les enfants du « camp-para » vont s’opposer (avec succès) aux sbires de Sanogo, dénonçant la chasse aux sorcières, les enlèvements, les disparitions, les arrestations, les humiliations… L’intervention de la France dans le cadre de l’opération « Serval » ne changera pas la donne : au lendemain de cette opération, à nouveau, des affrontements opposeront « rouges » et « verts ». Ce n’est que le mercredi 27 mars 2013 que le 33ème RCP sera réintégré dans le corps de l’armée au moment où aura lieu la prise de service de son nouveau commandant : Youssouf Oumar Traoré, un « béret rouge », ancien élève des prytanées militaires de Kati et de La Flèche, Saint-Cyrien (2001) également formé au Gabon, aux Etats-Unis, au Canada et en Chine. Aujourd’hui, on laisse entendre que le 33ème RCP serait délocalisé de Djicoroni (banlieue Sud de Bamako, au-delà du fleuve Niger) à Sévaré, à une douzaine de kilomètres de Mopti, base arrière de l’armée française au plus fort de l’opération « Serval ». Autrement dit dans le Nord.
Logique, c’est dans le Nord-Mali que se posent les problèmes de défense et de sécurité. Mais on ne peut s’empêcher de penser qu’au sein de la hiérarchie militaire (dominée par les « bérets verts »), la préoccupation majeure est d’éloigner de la capitale « l’élite » de l’armée. Pour laisser les mains libres au clan de Kati du capitaine-général Sanogo ? L’actuelle tournure des choses le laisse penser. Dioncounda Traoré, le président intérimaire, l’homme qui a promu Sanogo et ses potes, a radié des effectifs de l’armée, le 12 juillet 2013, le lieutenant-colonel Seydou Moussa Diallo ; son ministre de la défense et des anciens combattants, le général Yamoussa Camara (un « béret vert »), a lui, radié quatre sous-officiers les 20 et 30 mai 2013. Au total cinq hommes du 33ème RCP. Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) peut bien affirmer qu’il veut être le « président de la réconciliation nationale », il aura du mal a convaincre les Maliens et la « communauté internationale » qu’il n’est pas dans la main d’une fraction de l’armée, une armée bien plus préoccupée par l’évolution de sa carrière « civile » que par sa responsabilité « militaire » vis-à-vis des institutions et de la nation.
Dans un entretien avec Christophe Boisbouvier, diffusé voici quelques semaines par RFI, le général Bruno Clément-Bollée, jusqu’au 1er août 2013 directeur de la coopération de sécurité et de défense (DCSD) au ministère français des Affaires étrangères, a expliqué que la « souveraineté » du Mali était un frein en matière « d’efficacité d’un outil de sécurité et de défense ». On peut bien former les hommes, ce que fait l’UE actuellement, quid de la « gestion des ressources humaines » ? « Qu’est-ce qu’on fait des chefs ? Qui sont les chefs ? Comment on les place ? Comment on les forme ? Est-ce qu’ils sont bien utilisés ? Est-ce qu’ils proviennent de toutes les composantes du pays ou seulement d’une région ? ». A ces questions, Clément-Bollée à une réponse : « Disons que les nominations ne se faisaient pas forcément au mérite des personnels et officiers ».
Interrogé pour savoir si c’était « le clanisme, le copinage » qui entraient en jeu, le général français a cette réponse : « Cela pouvait se faire sous d’autres formes, avec d’autres clés ». Autrement dit la concussion et la corruption. Qui peut croire que les pratiques en vigueur quand Dioncounda Traoré et IBK présidaient l’Assemblée nationale ont cessé dès lors que le premier est devenu président intérimaire et le second président élu ? N’est-ce pas Traoré qui, au lendemain de l’élection d’IBK, a décidé de promouvoir Sanogo et les siens ? N’est-ce pas Traoré qui, justifiant cette promotion des putschistes, a affirmé : « Quand on n’est pas capable de pardonner, on n’est pas capable d’aller à la paix » (cf. LDD Spécial Week-End 0598/Samedi 17-dimanche 18 août 2013) ; ce qui ne l’a pas empêché de radier de l’armée le lieutenant-colonel Seydou Moussa Diallo du 33ème RCP et de laisser faire son ministre de la défense vis-à-vis de ses sous-officiers. A en juger par ce qui se passe actuellement, si Traoré restera comme le président à l’écharpe blanche, IBK apparaît d’ores et déjà comme le président au « béret vert ».
Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique

Mali 2013. « Grand corps malade » cherche, d’urgence, guérisseur confirmé (2/2) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali 2013. « Grand corps malade » cherche, d’urgence, guérisseur confirmé (2/2) - leFaso.net, l'actualité au Burkina Faso

Mali 2013. « Grand corps malade » cherche, d’urgence, guérisseur confirmé (2/2)

mardi 27 août 2013
Blaise Compaoré, l’a dit clairement, voici quelques jours. « Il est important que le climat de confiance et l’esprit de dialogue qui ont prévalu soient maintenus et renforcés afin d’ouvrir une ère de réconciliation véritable entre les fils du Mali et aussi la paix définitive dans le pays ». Ce jour-là, il recevait le président par intérim, Dioncounda Traoré (cf. LDD Spécial Week-End 0598/Samedi 17-dimanche 18 août 2013).


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Mali 2013. « Grand corps malade » cherche, d’urgence, guérisseur confirmé (2/2) Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) venait d’être élu à la présidence de la République ; et le capitaine Amadou Haya Sanogo venait d’être propulsé au grade de général de corps d’armée. Promotion au nom du « pardon » et de la « réconciliation ». Mais qui ne cache pas l’ambition démesurée de ceux qui ont initié le coup d’Etat du 22 mars 2012 et qui ont été dépossédés du pouvoir par la Cédéao et la médiation menée par le président du Faso.
C’est d’ailleurs Traoré qui a pris la suite de Sanogo lui concédant, au passage, le titre « d’ancien chef d’Etat » et, surtout, les avantages qui vont avec. Ce qui n’a pas empêché Sanogo de demander à ses sbires de lui coller, le moment venu, une sérieuse « branlée » qui l’a conduit dans un hôpital militaire français. Ceux qui pensent que Traoré, avec le feu vert d’IBK, est dans un schéma de pardon-réconciliation se « plantent ». Traoré et IBK sont dans la main des « bérets verts », les laissés-pour-compte d’une armée malienne particulièrement pitoyable (cf. LDD Mali 098/Jeudi 22 août 2013).
Le capitaine/général et les siens ont une lecture spécifique de l’histoire récente du Mali : s’ils n’avaient pas dégagé Amadou Toumani Touré (ATT) du pouvoir, ni Traoré ni IBK ne pourraient aujourd’hui parader à la tête de l’Etat. Il est donc normal, pensent-ils, que l’ascenseur leur soit renvoyé ; autrement dit, les débarrasser de ceux qui se sont opposés, avec plus ou moins de détermination, au putsch, à la junte, à la politique de la junte et aux complices de la junte.
Première cible : le 33ème Régiment commando parachutiste (RCP), les « bérets rouges ». Dissous, puis réintégré dans l’armée après des changements de têtes, bientôt « délocalisé » dans le Nord-Mali. Deuxième cible : le Front du refus (FDR). Au lendemain du coup d’Etat du 22 mars, le Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la République au Mali avait été mis en place par une quarantaine de formations politiques. Les têtes d’affiche de ce FDR en étaient Soumaïla Cissé, Dramane Dembélé et Modibo Sidibé. Ils ont terminé deuxième, troisième et quatrième. Mais le Front du refus a été rompu au second tour : Dembélé a choisi, contre son parti, l’ADEMA, de soutenir IBK ; la victoire d’IBK a donc été, d’abord, l’échec du FDR (cf. LDD Mali 097/Jeudi 15 août 2013). Ce qui a permis à Sanogo et aux siens de refaire leur apparition sur le devant de la scène.
Mais si les anti-junte s’étaient regroupés en Front du refus, les pro-junte avaient, eux aussi, formé une Coalition patriotique pour le Mali (COPAM) qui saluait la chute du régime d’ATT bien plus que l’accession au pouvoir des militaires. La figure la plus emblématique de cette COPAM a été… IBK. Pour le reste, c’était un assemblage de personnalités diverses unies par les opportunités offertes par le vide politique résultant du départ d’ATT. Le seul qui a tiré son épingle du jeu est d’ailleurs IBK, strictement opportuniste dans sa démarche quand d’autres s’efforçaient de trouver des justifications idéologiques ou intellectuelles à leur soutien à la junte.
C’est dans ce contexte très contrasté qu’IBK se prépare à prendre la suite de Dioncounda Traoré. Contexte très contrasté car au sein de l’armée, au sein de l’ex-junte, au sein de la coalition qui a soutenu IBK, au sein de l’équipe qui a joué le jeu de la transition avec Traoré, les couteaux, d’ores et déjà, sont sortis. C’est au sein de l’ex-junte, semble-t-il, que les premiers craquements se font entendre. La promotion spectaculaire de Sanogo et de quelques uns des siens a nécessairement suscité des frustrations et des interrogations. Première illustration : la rumeur vite répandue (et aussi vite démentie par les intéressés) de l’arrestation du colonel Youssouf Traoré. Dont on ne sait rien.
Ou pas grand-chose. Il a été membre du CNRDRE (on l’a dit « chef des opérations ») qui a pris le pouvoir à l’issue du coup d’Etat du 22 mars 2012. Il a été en pointe dans l’opposition à l’intervention de troupes étrangères, se fendant même le 6 septembre 2012 d’une lettre à Alassane D. Ouattara, au titre de président de la Cédéao, revendiquant une « expérience sous d’autres cieux » pour refuser cette intervention. Il serait aujourd’hui président de la commission statuts et politique sécuritaire au sein du Comité militaire de suivi de la réforme des forces de défense et de sécurité présidé par le capitaine/général Sanogo. « Je ne fais pas de politique » rétorque le colonel Youssouf Traoré à ceux qui lui reprochent sa proximité avec le FDR* et la tentation d’être « vizir à la place du vizir »
La confusion la plus totale règne au sujet de cette « vraie-fausse » arrestation. Mais quel que soit sa réalité, elle est l’expression du malaise qui règne actuellement au Mali. La prestation de serment du nouveau président de la République est prévue dans une dizaine de jours, le mercredi 4 septembre 2013, le temps, sans doute, que les chefs d’Etat invités soient rentrés de leurs congés d’été. On peut s’étonner que dans cet intervalle, le président par intérim ait fait le choix de prendre des décisions fondamentales : répression contre les chefs des « bérets rouges » du 33ème RCP, promotion de Sanogo et des siens, fixation de la date des élections législatives au dimanche 27 octobre 2013. Décisions d’autant plus étonnantes qu’elles sont avalisées par le ministre de l’Administration territoriale, un « béret vert », ancien directeur de cabinet de Sanogo quand celui-ci se prenait pour le chef de l’Etat.
Alain Saint Robespierre, dans L’Observateur Paalga (22 août 2013), le dit clairement : IBK « doit s’affranchir de cette allégeance qu’il semble avoir faite au trublion de Kati ». Boundi Ouoba, dans Le Pays (22 août 2013) ne dit pas autre chose : IBK « devra, sans trop tarder, voir quel pourrait être le meilleur sort à réserver à Sanogo […] Faute de quoi le président IBK se heurtera constamment aux excentricités d’un Sanogo qui, hier seulement, était un obscur soldat et qui, aujourd’hui, se croit tout permis ».
Mais le fait qu’un « obscur soldat » puisse agir ainsi laisse justement transparaître l’état de déliquescence dans lequel se trouve le Mali depuis trop longtemps. D’ores et déjà, les « rébellions » se restructurent dans le « corridor sahélo-saharien ». Mais l’armée, ce « grand corps malade » du Mali par lequel bien des maux sont arrivés à ce pays, n’entend se consacrer qu’au noyautage du pouvoir politique et de l’administration. « C’est un devoir pour moi de régler un certain nombre de problèmes avant l’arrivée du président élu », s’était justifié, à Ouagadougou, Dioncounda Traoré au lendemain de la promotion TGV de Sanogo. Pas sûr qu’il ait trouvé les bonnes solutions aux problèmes.
* On peut penser qu’il y a, parfois, dans les commentaires sur cette vraie-fausse » arrestation, confusion entre le colonel Youssouf Traoré, membre du CNRDRE, et le colonel Youssouf Traoré, colonel à la retraite, président de l’Union des forces démocratiques pour le progrès (UFDP), responsable de la commission défense et sécurité du FDR, qui avait appelé à la contribution des troupes étrangères pour libérer le territoire malien à l’instar de la libération de la France par les Anglo-Américains en 1944. Ce colonel n’est autre que l’ex-lieutenant Youssouf Traoré, formé à Fréjus, meilleur ami du lieutenant Moussa Traoré, qui le 19 novembre 1968 (bientôt 45 ans !) ont conduit – avec six autres lieutenants – le coup d’Etat contre Modibo Keita (dont on fêtera le centenaire de la naissance le 4 juin 2015).
Commissaire aux conflits au sein du Comité militaire de libération nationale (CMLN), Youssouf Traoré sera le porte-parole du CMLN avant d’être contraint de démissionner de ses fonctions le 1er mai 1981, alors qu’il avait le grade de colonel, puis jugé et condamné au bagne à Taoudénit. Avant l’affaire de 2012, dans la perspective de la présidentielle, il aurait tenté, en vain, de se rapprocher de Modibo Sidibé qui sera, par la suite, une tête d’affiche du FDR.
Jean-Pierre BEJOT
La Dépêche Diplomatique