vendredi 1 mars 2013

Mali : guerre invisible dans Kidal, coupée du monde - maliweb.net

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Mali : guerre invisible dans Kidal, coupée du monde

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Un graffiti dans le centre de Kidal. Sur la droite, le drapeau de l'Azawad. | Sylvain Cherkaoui / COSMOS pour Le Monde
Un graffiti dans le centre de Kidal. Sur la droite, le drapeau de l’Azawad. | Sylvain Cherkaoui / COSMOS pour Le Monde
Une belle et grande fleur de mort s’épanouit tout à coup dans la nuit de Kidal. D’abord une grande bulle de lueur dorée au ras du sol, puis une corolle orangesombre, qui monte dans l’obscurité. Quelque chose vient d’exploser. Malgré la proximité, le bruit de la détonation est étouffé, peut-être absorbé par les maisons aux murs de terre crue ou l’air chaud. D’abord, les rebelles touareg du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) qui se trouvent à quelques centaines de mètres en rient un peu : »C’est une bombe atomique, ou quoi ? » Puis ils comprennent qu’une nouvelle explosion vient de frapper Kidal, au nord du Mali, pratiquement coupée du monde mais devenue ville ouverte pour les attentats-suicides. Les hommes du MNLA qui tiennent le poste de contrôle à la sortie sud de Kidal viennent d’être touchés de plein fouet.
Il s’agit d’un nouvel attentat suicide, le second en ville, et le troisième dans la région, enregistré au cours des six derniers jours. Les hommes qui tenaient ce poste ont été fauchés à la fois par l’explosion, les éclats divers, et la projection dans leur direction du bloc moteur du véhicule pulvérisé. En ce début de soirée, ils étaient groupés, occupés à découper une chèvre tout juste égorgée pour le dîner, avant une nuit de veille. Un pick-up est arrivé depuis l’intérieur de Kidal. A une dizaine de mètres des gardes, le kamikaze a actionné le dispositif explosif. Selon une source informée de la sécurité du MNLA, il y avait du TNT dans le Land Cruiser, pas de l’explosif artisanal fabriqué à partir d’engrais.
La tombe commune pour les personnes tuées lors de l'explosion, le 27 février à Kidal. |
La tombe commune pour les personnes tuées lors de l’explosion, le 27 février à Kidal. |
Au petit matin, on enterre à la hâte, dans la même fosse commune, les dépouilles en lambeaux des six hommes du MNLA emportés par l’explosion, et celle du kamikaze. Seuls restent les noms des malheureux hachés par l’explosion, et de rares détails sur le kamikaze. « Il avait les cheveux longs », affirme en hésitant un responsable du MNLA sur place. Maigre indice. Mais cela signale que l’homme était probablement un « peau blanche », selon l’expression en vigueur dans la région. Touareg, ou arabe. Etranger ? Peut-être.


DEPUIS LE 21 FÉVRIER, LES HOMMES TIRENT À VUE
Sur le lieu du drame, des éclats d’obus traînent par terre au milieu de munitions diverses. Ils faisaient partie de la charge explosive. « Du 106 mm », évalue unofficier tchadien venu constater les dégâts, et qui s’en retourne bien vite vers son camp, tout à côté, avant qu’un éventuel autre kamikaze ne tente sa chance au milieu des curieux qui affluent dans le plus grand désordre. Dans le même camp sont basées des forces françaises, invisibles. Le mur d’enceinte n’est qu’à quelques centaines de mètres. A Kidal, rien n’est jamais loin, et cette proximité pèse aussi comme une malédiction. « Ici, il faut se méfier de tout le monde », chuchote un responsable de la sécurité du MNLA.


Le pick-up du kamikaze, le 27 février à Kidal.
Le pick-up du kamikaze, le 27 février à Kidal.
Ce n’est pas depuis la brousse, à l’extérieur de Kidal, que le chauffeur kamikaze a lancé son véhicule pour exploser. Il y a une bonne raison tactique à cela : dès la tombée de la nuit, personne ne se hasarde à approcher d’un poste de garde depuis le premier attentat suicide, le 21 février, sachant que désormais, les hommes tirent à vue.
La voiture bourrée d’explosifs est donc venue de l’intérieur de la ville. Est-ce une raison pour croire, comme ce responsable de la sécurité du MNLA, présent sur les lieux, que « l’attentat a été préparé ici » ? En somme, que les anciens maîtres de la ville, d’Ansar Eddine ou Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) auraient toujours les moyens de frapper en s’organisant depuis la ville abandonnée par leurs hommes fin janvier ?


Sur le lieu de l'explosion.
Sur le lieu de l’explosion.
La préparation de la voiture suicide a pu avoir lieu aussi bien, techniquement, dans Kidal même ou dans l’une des zones contrôlées par les rebelles islamistes, qui sont visés par l’opération menée par l’armée française et ses alliés. Les deux hypothèses sont réalistes. Des candidats au martyre ont été formés pendant les neuf mois au cours desquels les groupes proches d’AQMI ont tenu les villes du Nord. Ces groupes sont désormais dans la nature, comme une bonne partie des combattants du Mujao (Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest), d’Ansar Eddine et des membres des katibas d’AQMI.
UNE VILLE PÉTRIE D’AMBIGUÏTÉ
Certains de ces rebelles sont localisés dans plusieurs zones du pays, dont la région de Taoudenni, dans la brousse entre Ansongo et Ménaka, ou encore dans les environs de Gao. Et même dans certaines régions proches de Tombouctou. Leurs forces seraient aussi concentrées tout particulièrement dans une zone cruciale au nord de Kidal, l’Adrar de Tigharghâr, où la plus importante opération militaire française depuis le déclenchement de « Serval » au Mali, le 11 janvier, est en cours avec l’aide de forces tchadiennes.


Un soldat du MNLA, le 26 février à Kidal.
Un soldat du MNLA, le 26 février à Kidal.
Les kamikazes pourraient donc, en somme, venir de presque partout, sachant qu’il n’est pas difficile de s’infiltrer dans Kidal. « La terre est vaste », soupire le responsable du MNLA. Et les mouvements rebelles islamistes comptent de nombreux soutiens dans une ville au statut pétri d’ambiguïté.
LES FORCES FRANÇAISES ET TCHADIENNES RETRANCHÉES
Depuis le 30 janvier, les forces françaises et tchadiennes se sont déployées à Kidal. Deux jours plus tôt, le MNLA y était entré. Depuis, un équilibre temporaire s’est instauré. Le MNLA patrouille en ville, a installé son administration et ses principaux responsables dans des bâtiments en ville, ainsi qu’au « camp 1″. Les forces françaises et tchadiennes sont au « camp 2″ et évitent de sortir en ville, restant retranchées derrière les hauts murs d’enceinte de leur camp. Tout les y pousse : la volonté de se démarquer du MNLA et la nécessité de se protéger d’attentats-suicides. Les contrôles effectués aux portes de la ville le sont par des soldats du MNLA.


Cette superposition de forces ne donne pas encore la grille de lecture de Kidal : que va devenir le MNLA et quels sont ses objectifs ? Combien de temps l’armée malienne, qui n’a pas dépassé la limite nord de Gao (400 kilomètres plus au sud), peut-elle renoncer à poursuivre la « reconquête du nord » promise par la France en se voyant interdite d’accès à une vaste partie de ce même nord ?

Des soldats du MNLA regardent un téléphone portable, le 27 février à Kidal. |
Des soldats du MNLA regardent un téléphone portable, le 27 février à Kidal. |
Dans son bureau aux murs bleutés, installé dans l’antenne de l’agence pour l’emploi locale, et où trône un drapeau de l’Azawad, la région pour laquelle les rebelles touareg réclament l’autonomie, ou un statut spécial, le chef du MNLA, président du Conseil transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTA), Bilal ag Cherif, tente de minimiser la portée des attentats-suicides. « Il ne s’agit que des derniers recours des terroristes », assure-t-il mercredi 27 février. Le chef du MNLA y voit la volonté de frapper les « forces convergentes pour imposer la paix » que sont « la France, le Tchad et le MNLA ». Il est clair que les auteurs des attentats des derniers jours, dont certains ont été revendiqués par le Mujao, visent ces trois cibles. Il est clair aussi que Kidal n’est pas une zone d’affrontement direct à ce stade des opérations militaires. Mais le passé est moins net en ce qui concerne la séparation entre « terroristes » et « forces de la paix ».


« HASARD »
La ville avait d’abord été prise en mars 2012 par les forces conjointes du MNLA et d’Ansar Eddine, le mouvement d’Iyad ag Ghali, ouvrant la voie à la présence de certains des alliés de ce dernier, qui allaient se révéler si encombrants par la suite : les chefs d’AQMI, qui s’étaient fondus dans le décor en profitant des avancées du MNLA dans le premier temps des conquêtes du nord du Mali, avant de prendregraduellement le contrôle de ces mêmes villes.
Pour la conquête de Kidal, par exemple, le MNLA a attaqué par le Nord, Ansar Eddine et ses alliés par le Sud. Puis, une fois en ville, les tensions ont commencé. Le MNLA a été repoussé par des forces supérieures en nombre, en organisation et en moyens.


Le même scénario s’est joué à Gao et Tombouctou, tombées dans la foulée de Kidal. Partout, le MNLA s’est fait finalement chasser. Aujourd’hui, il réfute avoir été associé à ces groupes que la France traque dans les massifs montagneux du Mali. « On attaquait Gao, le Mujao et Ansar Edine ont attaqué le même jour. C’était l’effet du hasard », affirme, un peu embarrassé, Bilal ag Cherif.


Mais l’opération Serval a aussi eu un effet mécanique sur l’autre mouvement rebelle à forte identité touareg, recrutant plus particulièrement parmi les Ifoghas, Ansar Eddine. Iyad ag Ghali est en fuite, mais une grande partie de ses combattants seraient passés du côté du MNLA lorsque certains responsables politiques de son mouvement, emmenés par Alghabas ag Intallah, ont créé une scission, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), dont on aperçoit quelques combattants en ville.
Bilal ag Cherif, président du Comité transitoire du MLNA.
Bilal ag Cherif, président du Comité transitoire du MLNA.
Bilal ag Cherif, le chef de la rébellion touareg désormais alliée de la France, assure que « 70 % de leur jeunesse (combattants d’Ansar Eddine) ont désormais intégré le MNLA ». « Le MIA n’existe pas » tranche, assez sèchement, Bilal ag Cherif, qui souhaite voir le MNLA reconnu comme une force participante, pas seulement « dans la clandestinité », mais avec un appui sérieux alors que le MNLA manque de tout, à commencer par le carburant.


« COINCÉS »
Qui, de la France, ou du MNLA, tente d’utiliser l’autre ? La question arrache unsourire à Sidi Mohammed ag Saghid, responsable de la sécurité du MNLA : « La France est coincée, et elle nous a coincés. » La particularité de cette situation tient aussi à l’absence d’un acteur de la guerre au Mali : l’armée malienne. Les forces nationales n’ont pas dépassé une certaine ligne au-delà de Gao, Tombouctou, et Ménaka. Un responsable influent du MNLA avertit : « S’ils essaient de venir ici, on leur tire dessus. »
LE MONDE | 28.02.2013 à 11h17Par Jean-Philippe Rémy – Kidal (Mali) Envoyé spécial

Dans les roches de l'Adrar de Tigharghâr, une bataille cruciale est engagée

Dans les roches de l'Adrar de Tigharghâr, une bataille cruciale est engagée
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Le cadavre d'un djihadiste, le 23 février à Gao.
Le cadavre d'un djihadiste, le 23 février à Gao. | AP/STR

Ceux qui ont eu l'occasion de s'y rendre s'accordent sur un point : l'Adrar de Tigharghâr semble avoir été spécialement créé par le dieu des rébellions pour abriter des combattants en guerre contre des forces conventionnelles. Dans le massif rocheux, il coule une eau abondante, qui fait pousser une végétation épaisse, des avantages déjà précieux dans cette région de soif et d'aridité où boire et se cacher sont une affaire de vie ou de mort.

De plus, des rochers y ont judicieusement été creusés par la nature pour fournir de nombreux abris. Historiquement, l'Adrar de Tigharghâr a été un lieu de refuge pour les rébellions touareg combattant l'armée malienne ou la puissance coloniale, la France. Aujourd'hui, c'est dans ce massif que se livre une phase cruciale de l'opération militaire française en cours contre les rebelles islamistes alliés d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).
RÉORGANISATION PARTIELLE DES REBELLES
La première partie de l'intervention française au Mali avait été un défi de logistique et de vitesse, une opération de mouvement de plusieurs semaines pour bousculer les alliés d'AQMI à travers le pays, jusqu'au fleuve Niger et aux villes principales qui se trouvent sur ses berges, de Tombouctou à Gao. Les combats dans cette période ont été marginaux. Les rebelles évitaient l'affrontement, abandonnant les villes après avoir subi des frappes aériennes. Une partie des hommes du Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest), d'Ansar Eddine (mouvement qui a éclaté depuis) et de certains de leurs alliés d'AQMI se sont donc dispersés dans plusieurs zones du nord Mali, passant pour certains dans les pays voisins, tout en s'efforçant d'échapper à la surveillance aérienne.
Ils sont parvenus à se réorganiser partiellement, parvenant à monter des attaques à Gao et des attentats-suicides dans plusieurs villes, à partir de poches à l'intérieur du pays, où ils jouent des difficultés et de l'étendue du terrain pour se rendre insaisissables.
ÉCHAPPER AUX DÉTECTIONS THERMIQUES
Comment combattre efficacement des groupuscules en mouvement presque permanent, camouflés dans le paysage, évitant de communiquer autrement que par messagers, de se regrouper pour servir de cible ou de faire chauffer trop de moteurs à la fois pour échapper aux détections thermiques ? Ces tactiques pesaient jusqu'à présent sur le futur de l'opération française Serval, menacée de dilution à l'échelle d'un territoire plus vaste que l'Hexagone. Mais l'Adrar de Tigharghâr a peut-être servi de capitale informelle à cette armée des ombres islamistes. C'est là que se joue la seconde phase, cruciale, de la guerre au Mali, menée par des troupes françaises et tchadiennes, avec l'aide de certains Touareg.
Des soldats maliens observent des armes saisies sur des djihadistes, le 24 février à Gao.
Des soldats maliens observent des armes saisies sur des djihadistes, le 24 février à Gao. | AP/STR

Pour Bilal ag Cherif, le chef de la rébellion touareg du MNLA, (Mouvement national de libération de l'Azawad), associée discrètement à l'alliance franco-tchadienne qui mène les combats dans le massif : "Il y a de nombreuses zones où se trouve AQMI, jusqu'à l'ouest de Tombouctou, mais Tigharghâr, c'est leur point d'ancrage. C'est là que se trouve le gros de leurs forces, humaines comme matérielles. Le combat en cours y est d'une importance capitale."
PLATEFORME POUR DES OPÉRATIONS KAMIKAZES
Des combattants semblent avoir trouvé refuge dans le massif, où avaient été constitués des stocks de munitions, de vivres et de carburant en prévision d'une longue période de guerre de harcèlement. La zone, considérée comme inexpugnable, aurait pu constituer une parfaite plateforme de lancement pour des opérations kamikazes ou des attaques éclairs dans le nord du pays. Les forces françaises y sont désormais en opération avec des moyens terrestres et aériens au sujet desquels il n'existe pratiquement aucune information. Pour faire nombre et bloquer les issues du massif, les alliés tchadiens sont là en renfort. Aucun soldat malien n'a été associé à l'opération.
Un notable d'Aguelhok, de passage à Kidal, témoigne de l'importance des opérations en cours : "Il y a les troupes françaises et tchadiennes au sol, mais aussi beaucoup de frappes de Tigre ". Il explique que les forces tchadiennes sont entrées par deux axes différents dans le massif, pour prendre en tenaille les groupes rebelles. La taille de la zone où ces derniers opèrent aurait ainsi été diminuée par deux au cours des deux dernières semaines. "Les opérations, maintenant, c'est à peu près dans une zone de trente kilomètres sur trente", assure un responsable au sein des organes de sécurité du MNLA, très impliqué dans ce dossier. Selon le notable d'Aguelhoc, deux camps d'entraînement du Mujao ont été touchés par des frappes aériennes récemment. Plusieurs dizaines de recrues des environs de Gao y ont été tuées.
Le corps d'un djihadiste présumé, le 23 février à Gao.
Le corps d'un djihadiste présumé, le 23 février à Gao. | AP/STR

Dans les combats des derniers jours, les forces tchadiennes ont été au premier rang. Eux qui aiment tant les charges héroïques pied au plancher en milieu découvert, qu'ils appellent "la guerre au Sahara", menée à bord de leurs pick-up chargés jusqu'à la gueule de guerriers, de fûts d'essence et de munitions, tirant au RPG à bout portant sur l'ennemi, les voici dans un milieu qui s'est transformé en piège le 22 février. Sidi Mohammed ag Saghid, dit "Trois Trois", chef de la sécurité du MNLA, explique : "Les Tchadiens avançaient avec une grosse colonne de 200 véhicules environ. Ils sont tombés dans une embuscade et la colonne a été coupée en deux. Mais ensuite, ils ont lancé leur propre attaque et ils ont durement frappé les islamistes".
Dans l'Adrar de Tighargâr, le renseignement joue un rôle clef. Les frappes aériennes françaises visent des dépôts, des abris ou des camps grâce à des informations précises recueillies au sol. Il y a quelques jours, un jeune garçon d'Aguelhok, la ville la plus proche, qui posait des dispositifs de pointage pour les frappes aériennes françaises, a été surpris par les rebelles islamistes et exécuté, selon le responsable de l'administration locale qui dit sa crainte en entendant les détonations sourdes dans le massif voisin, tout en reconnaissant que les tirs "s'éloignent". Tigharghâr est-il en train de constituer une nasse rocheuse, finalement, où serait enfermé le plus gros des forces rebelles islamistes ? Aucun témoin extérieur n'a pu approcher de la zone pour s'en rendre compte. Cette bataille cruciale se livre loin des regards.
EXFLITRATION
On ne peut donc qu'ébaucher l'hypothèse qu'un tri est en train de s'effectuer entre les mieux organisés des combattants, capables de se faufiler vers l'extérieur, et les recrues moins affûtées. Une source locale bien informée, qui vient de passer quelques jours en brousse dans les abords de l'Adrar, témoigne : "La nuit, on entend des petits groupes de trois à cinq pick-up qui avancent, tous feux éteints, pour sortir des rochers et prendre la direction de l'Algérie ou de Taoudenni".
Il existe des zones rebelles près de Gao, près d'Ansongo. Mais pour les forces qui quittent Tighargâr, c'est vers les zones arides du nord, où la chaleur qui monte de jour en jour rendra bientôt la vie et les opérations militaires particulièrement difficiles, qu'il est possible à des combattants isolés de s'exfiltrer. Cela revient pour eux à gagner des zones encore plus lointaines pour survivre. Cela ne règle pas le cas d'autres poches rebelles au Mali, mais cela pourrait casser une partie de l'architecture de la guérilla au nord Mali.

jeudi 28 février 2013

Mali Me Kassoum Tapo sur la Radio nationale du Mali : «Il faut qu’on retrouve les valeurs d’intégrité, de combativité et de solidarité» - Malijet

Mali Me Kassoum Tapo sur la Radio nationale du Mali : «Il faut qu’on retrouve les valeurs d’intégrité, de combativité et de solidarité» - Malijet

Me Kassoum Tapo sur la Radio nationale du Mali : «Il faut qu’on retrouve les valeurs d’intégrité, de combativité et de solidarité»

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Me Kassoum Tapo sur la Radio nationale du Mali : «Il faut qu’on retrouve les valeurs d’intégrité, de combativité et de solidarité»
Le 4ème vice-président de l’Assemblée nationale, Me Kassoum Tapo, vient d’accorder un entretien à la Radio nationale du Mali. Il a été question de la crise que traverse le Mali, ses conséquences, le rôle joué par l’Assemblée nationale, la préparation et l’organisation des élections, l’intervention française, les enseignements qu’il faut tirer de la crise. Mais aussi l’adoption par le Parlement de la feuille de route de la transition à l’unanimité, sans oublier le traitement de l’information par les journalistes de la presse étatique. Sans langue de bois, Me Tapo a répondu à toutes ces questions.
Pensez-vous qu’il faut aujourd’hui une refondation de la société malienne basée sur des institutions démocratiques et crédibles ?
Me Kassoum Tapo : Il ne peut en être autrement, parce qu’aujourd’hui tous les défis nous sont lancés : une cohésion totale, une unité absolue de tous les Maliens. Et l’Assemblée nationale a donné cette preuve qu’on est capable de discuter. Vous avez vu les débats ; ils ont été vifs. Donc, cela prouve qu’on est capable de discuter, de ne pas être d’accord sur certaines choses, mais de nous retrouver autour de l’essentiel. En témoigne la feuille de route qui comporte l’essentiel et qui porte aujourd’hui sur la récupération du nord de notre pays et l’organisation de bonnes élections.
Vous avez dit deux points essentiels : la récupération du nord et l’organisation de bonnes élections. S’agissant du premier point, comment se passent les choses, êtes-vous satisfait de la manière dont elles se déroulent ?
Là également, j’ai dit que l’histoire nous a donné raison, raison à ceux qui avaient toujours pensé qu’on avait besoin d’un appui de la Communauté internationale pour pouvoir combattre les islamistes et les terroristes qui étaient au nord du Mali. Dieu merci, la France a pris ses responsabilités parce qu’elle est la puissance la plus proche du Mali. Elle avait certainement des informations que nous-mêmes n’avions pas. Donc, elle ne s’est pas laissé surprendre par l’avancée des islamistes vers le sud du pays. La France a anticipé et fait son devoir. Grâce à elle, nous avons l’appui aérien que nous n’avions pas. C’est grâce à l’appui aérien que la France a pu stopper l’avancée des rebelles vers le sud. Ce qui a permis à notre armée nationale d’avancer et de reprendre le territoire, très rapidement en deux, trois semaines. Vous avez vu que l’intégralité du territoire a été récupérée par notre armée, appuyée par la France et la Communauté internationale.
Second point : les élections. On a commencé à avancer une date. On pense qu’elle peut se tenir avant la fin du mois de juillet au plus tard, en tout cas. Pourtant, il y a des Maliens qui se posent des questions à ce sujet. Qu’en pensez-vous ?
Evidemment, je me pose aussi des questions. À l’Assemblée nationale, j’avais dit que de mon point de vue, qu’on ne pouvait pas faire les élections maintenant. J’étais très pessimiste. J’avais même envisagé qu’on puisse aller jusqu’au mois de mai, avril-mai de 2014, pour jumeler les élections municipales aux législatives. C’était ça mon point de vue. Mais, si l’administration dit qu’elle peut être techniquement et matériellement prête pour le mois de juillet, pourquoi pas nous, classe politique. Notre souhait n’est pas que nous sortions très rapidement de cette transition, par l’organisation de bonnes élections. Il ne sert à rien de se précipiter pour faire des élections bâclées, qui vont conduire à une crise post-électorale, qui va nous ramener à la case départ. Moi, mon inquiétude, c’est ça. Dans la mesure où l’administration se dite prête, qu’elle a un chronogramme des élections, elle peut reprendre le fichier pour cette date, pourquoi pas. Nous ne voyons absolument aucun inconvenant. J’ajoute que, personnellement, j’ai entièrement confiance en le ministre de l’Administration territoriale, qui est un officier supérieur, qui paraît intègre et neutre par rapport à la classe politique et qui a une qualité extrêmement importante pour l’organisation des élections. Donc, s’il est à même de nous départager par des élections bien organisées, transparentes et crédibles, pourquoi pas !
Le Mali se bat aujourd’hui pour sortir d’une crise très profonde, et tout porte à croire qu’il y parviendra très prochainement. Pour vous, comment cette crise est arrivée au Mali ?
Je crois honnêtement que personne ne pouvait s’attendre à ce que les institutions démocratiques du pays s’écroulent à ce point. Il y avait des problèmes comme dans tous les pays démocratiques du monde, comme dans tous les pays de la sous-région. Mais, comme j’ai dit, ces problèmes ne peuvent pas justifier un coup de force. J’ai eu à le rappeler à Ouaga 1 lorsque les gens de la COPAM ont voulu dire que le coup d’Etat était salutaire, qu’il y avait des problèmes à l’école, les problèmes de santé, les problèmes de bonne gouvernance etc. C’est Blaise Compaoré qui a apporté la meilleure réponse : il leur a dit, écoutez, si ces problèmes-là que nous partageons tous devaient justifier un coup de force, il y aurait plus d’Etats dans la sous-région. Il a parfaitement raison. Cette crise est certainement due à beaucoup de choses, beaucoup de malaises sur le plan politique, sur le plan social, sur le plan économique ; beaucoup de frustrations qui se sont accumulées, et notamment, au niveau de l’armée. Cette crise a permis de savoir que notre armée était maltraitée, sous-équipée, sous-payée, et même malgré les galons qu’on donnait tous les jours, c’était des choses factices qui ne reposaient pas sur une base sérieuse. Les militaires, comme on les appelle la grande muette, ils ne communiquent pas beaucoup ; ils n’ont jamais voulu que la classe politique, malgré l’intérêt qu’on a pour eux, s’immisce dans le domaine militaire. Ils ont d’ailleurs raison pour ça. Il y a beaucoup de choses qu’on ignorait, qui a éclaté au grand jour. Donc toutes ces faiblesses là, à tous les niveaux, ont pu catalyser cette crise. Mais, honnêtement, bien malin qui pouvait dire qu’il s’attendait à ce degré d’effondrement de nos institutions. Je ne crois pas.
Déjà, est-ce qu’on peut tirer des enseignements ?
Les enseignements à tirer, désormais qu’on ait des institutions véritablement démocratiques, qui soient assises sur des bases solides ; qui soient assises sur des bases solides ; qui soient assises sur une économie solide, que le Malien retrouve ses valeurs d’antan : d’intégrité, d’honnêteté, de combativité, solidarité etc. Il faut qu’on retrouve ces valeurs-là ; il faut qu’il y ait un Etat ; il faut restaurer l’autorité de l’Etat ; il faut une armée républicaine, dont la mission est la protection des Maliens et l’intégrité territoriale du pays, et que cette armée ait les moyens de sa mission. Ce sont les défis majeurs pour l’avenir entre autres. Mais, la bonne gouvernance, c’est ça le défi le plus grand qui nous attend.
Est-ce que les Maliens n’ont pas péché quelque part par leur attitude en laissant par exemple s’installer presque tranquillement les islamistes au nord du pays ?
Je ne sais pas. Mais ce que je peux dire, la rébellion a toujours été traitée avec une certaine faiblesse vis-à-vis d’une certaine minorité. On a toujours voulu la protéger parce que la Communauté internationale l’a toujours présentée comme une minorité qui a fait l’objet de ségrégation, etc. Ce qui n’est pas vrai. Nous avons d’autres minorités dans le nord du pays. Ce ne sont pas seulement les Arabes et Touaregs seulement qui sont minoritaires. Vous avez des Sonrhaï, des Bozos, vous avez des Peuls qui s’ajoutent à cette minorité à la peau blanche. Elles sont logées à la même enseigne, il n’y a pas de raison de privilégier les uns par rapport aux autres. Il n’y avait aucune raison de mettre des militaires parce que simplement, ils sont touaregs, parce qu’ils ont pris des armes contre le pays, les réintégrer et en plus avec des grades. Alors que dans notre armée, ça j’ai eu à le dire à l’Assemblée nationale, nous avons des officiers valeureux qui ont été formés dans des grandes écoles en France, aux Etats Unis, et on les fait commander par des officiers félons, parce qu’ils sont issus d’une certaine race, et au premier coup, ce sont eux qui trahissent la République. Le ministre de la Défense l’a dit : on a eu un millier d’intégrés qui ont rejoint la rébellion. Ça s’est dû effectivement à des faiblesses qu’on a eues, et dont il faut tirer les leçons pour l’avenir. Et c’est cet état d’esprit qui a fait qu’on a accueilli des gens comme des Maliens, en disant ils reviennent au pays ; mais ce n’était sûrement pas pour prendre des armes contre le pays. Je pense que personne n’aurait accepté cela. Donc, ces gens qui ont trahi la confiance de tous les Maliens, on leur a fait confiance, on les a traités comme des frères et ils ont dirigé leurs armes contre le Mali. Ce sont des gens qui ont trahi la confiance de tous les Maliens. La question aujourd’hui ce n’est de nous reprocher de les avoir laissé entrer au pays, c’est de leur avoir laissé prendre le temps de se préparer contre le pays, appuyés par des jihadistes, des trafiquants de drogue et des rebelles de toutes sortes.
Cependant, il y a certaines personnes qui pensent que l’Assemblée nationale aurait dû interpeller le gouvernement, dès que celui-ci s’est permis de laisser les combattants avec leurs armes franchir les frontières maliennes. Et puisqu’on leur a donné de l’argent, d’aucuns pensent qu’ailleurs on aurait quand même suscité débat au sein de l’Assemblée nationale…
Je vous dis que l’Assemblée nationale du Mali a fait beaucoup de choses au mois de janvier 2012. L’Assemblée nationale avait envoyé une mission au nord du pays, qui a fait deux ou trois semaines dans le nord et qui a rencontré toutes les communautés, qui a déposé un rapport circonstancié et avec de fortes recommandations. Ce rapport a été remis au gouvernement et au président de la République à son temps. Et, nous avons interpellé, il y a eu des débats à huis clos, qui n’ont pas été publics mais au cours desquels le ministre de la Sécurité, le ministre de la Défense, ont été interpellés pour cette situation que vous évoquiez. Donc on l’a fait. Mais encore, je vous dis que l’esprit qui a prévalu à l’époque ce n’était pas le gouvernement, c’est le chef de l’Etat qui avait dit, étant garant de l’unité nationale, qu’il se devait d’accueillir tous les Maliens. Je pense qu’il était de bonne foi. Il a pensé que vu les problèmes de la Libye, nos compatriotes qui étaient là-bas et qui se sont refugiés au Mali, avaient le droit de revenir. Mais, croyez-moi, l’Assemblée nationale a toujours tiré la sonnette d’alarme, a toujours fait ce qu’elle avait à faire. Mais nous ne sommes pas l’exécutif ! Je pense que c’est là où les gens se trompent. Ils pensent que l’Assemblée a le pouvoir de changer les décisions de l’administration, non ! Nous, notre devoir c’est d’interpeller le gouvernement, voilà ce qu’il faut faire et voilà ce qu’il ne faut pas faire. Et ça, l’Assemblée n’a jamais été défaillante sur ce plan là.
On dirait que vous n’êtes pas satisfait du travail des médias publics surtout l’ORTM ?
Non, ce n’est pas ça. Vous faites allusion à ce que j’ai dit lors du débat sur la feuille de route. Ce que j’ai dit, c’est qu’il faut laisser les médias, surtout les médias publics, faire leur travail. Le politique s’est souvent ingéré dans la gestion des médias, même dans les débats d’idées. Je connais d’excellents journalistes à l’ORTM, qui ont des idées d’organiser des débats qui ont été refusés par la direction ou par le département. Lorsque ces débats ont eu lieu, on visionne d’abord la cassette, on écoute la cassette avant la diffusion, on enlève même souvent des parties de ces débats, donc on censure. Ce ne sont pas des journalistes qui sont en faute, c’est l’autorité. C’est ça que j’ai dénoncé. Pour moi, la liberté de la presse est essentielle dans une démocratie, et la presse qu’elle soit publique ou privée, elle a droit aux mêmes libertés. Certainement il y a des contraintes de service public, qui font que les médias d’Etat ne peuvent pas, bien entendu, s’autoriser une même liberté que la presse privée. Mais, si la presse publique n’est pas indépendante, totalement indépendante de l’autorité politique, évidemment, c’est la démocratie qui est menacée. C’est ce que j’ai dénoncé. Sinon je sais que nous avons d’excellents journalistes, d’excellents professionnels. Mais il faut qu’on les laisser faire leur travail, en conformité avec leur déontologie et leur conscience.
Un dernier mot ?
Je suis ravi que vous me posiez toutes ces questions là, qui interpellent tous les Maliens. Ce que je souhaite, c’est que de cette crise qu’on en tire toutes les leçons, que les Maliens se retrouvent sur l’essentiel pour les années à venir que plus jamais, que nous n’ayons plus une situation pareille. Cela suppose des sacrifices de la part de chaque Malien et de chaque Malienne. Je vous remercie.
Soure : Radio Nationale du Mali

Diango Cissoko : "Il est hors de question de parler de fédéralisme pour le Mali"

Diango Cissoko : "Il est hors de question de parler de fédéralisme pour le Mali"
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Le premier ministre malien Diango Cissoko à Paris, le 20 février 2013.
Le premier ministre malien Diango Cissoko à Paris, le 20 février 2013. | Stephane LAVOUE / PASCO pour "Le Monde"

ENTRETIEN. Diango Cissoko, 63 ans, a été nommé, le 11 décembre 2012, premier ministre du régime de transition en vigueur à Bamako, en remplacement de Cheick Modibo Diarra, poussé à la démission par les militaires qui avaient conduit un coup d'Etat neuf mois plus tôt. Juriste de formation, plusieurs fois ministre puis médiateur de la République, M. Cissoko a effectué une visite à Paris, mardi 19 et mercredi 20 février.
Quel bilan tirez-vous de l'intervention militaire française la ...

Diango Cissoko : « Il est hors de question de parler de fédéralisme pour le Mali » | Mali Actualités

Diango Cissoko : « Il est hors de question de parler de fédéralisme pour le Mali » | Mali Actualités
Diango Cissoko, 63 ans, a été nommé, le 11 décembre 2012, premier ministre du régime de transition en vigueur à Bamako, en remplacement de Cheick Modibo Diarra, poussé à la démission par les militaires qui avaient conduit un coup d’Etat neuf mois plus tôt. Juriste de formation, plusieurs fois ministre puis médiateur de la République, M. Cissoko a effectué une visite à Paris, mardi 19 et mercredi 20 février.
Quel bilan tirez-vous de l’intervention militaire française lancée le 11 janvier ?
Diango Cissoko. C’est une intervention salutaire et amicale. Si le 22 septembre 1960 est le jour de l’accession du Mali à l’indépendance, la date de l’intervention française au Mali pour arrêter l’avancée des terroristes peut être considérée comme le jour de la renaissance du Mali. Parce que l’existence même du Mali était menacée, alors que nous n’avions aucun moyen de nous opposer à cette entreprise de disparition de notre pays.
Vous parlez d’une offensive « terroriste », n’est-ce pas un peu réducteur ? Le Mali n’est-il pas en proie à un phénomène de radicalisation religieuse ?
Au début, nous utilisions plusieurs termes : « terroristes », « islamistes », « djihadistes ». Nous sommes un pays musulman à 95 %. Les djihadistes sont des gens prêts à mourir pour le Coran, pour l’islam. Certains de nos amis, d’autres pays musulmans, nous ont expliqué que leur opinion publique avait du mal à admettre la lutte contre des djihadistes, surtout de la part d’un pays musulman. Nous avons pris en compte leurs remarques.
Il ne s’agit donc que d’une question sémantique ?
Uniquement. Dans tous les pays musulmans, on trouve des illuminés. L’islam, malheureusement – et je dis ça en tant que musulman –, comprend souvent beaucoup d’illuminés qui, dans un certain contexte, se laissent aller. Ils ne réfléchissent pas. Y compris au Mali, on trouve des gens que je n’appelle pas des extrémistes, mais des gens qui défendent la religion avec beaucoup de passion. Trop de passion.
Sept Français ont été enlevés au Cameroun, la secte Boko Haram déstabilise le Nigeria, les Chabab sévissent en Somalie et d’autres islamistes dans le nord de votre pays…
Existe-t-il une « internationale radicale » allant du Nigeria à la Somalie ?
Non. Je ne pense pas que cela réponde à un schéma conçu. C’est l’œuvre d’illuminés. Ils savent très bien que, dans cette région de l’Afrique, c’est la question du développement qui préoccupe tout le monde. Plus on s’éloigne des villes, plus on ressent un sentiment de désolation. Des gens vivent mal. Certains trouvent alors refuge dans la religion et s’en servent très mal. Ce sont eux qui forment la grande masse des illuminés, mais je ne pense pas que ce soit un mouvement conçu qui puisse avoir des effets néfastes capables de nous déstabiliser.
Cela a pourtant été le cas au Mali…
En réalité, il faut remonter à plus loin pour comprendre. Le conflit libyen a servi d’élément moteur.
Mais des rébellions touaregs ont existé avant la chute de Mouammar Kadhafi ?
Ceux qui ont conduit la rébellion avaient trouvé refuge en Libye. Comme par hasard, c’est aussi dans ce pays que se sont négociés tous les accords qui ont mis fin aux rébellions précédentes.
En ce qui concerne l’état de développement des régions du nord du Mali, je puis vous dire que, de 1961 à maintenant, on y a investi plus que dans le reste du pays. Le sentiment de marginalisation des populations tient au fait que les conditions de réalisation des projets y sont beaucoup plus difficiles. Il faut y investir quatre à cinq fois plus qu’au Sud pour obtenir le même résultat. Pour un pays non producteur de pétrole, qui dépend tant de l’aide internationale, est-il possible de consacrer autant de moyens pour le Nord ? La question vaut d’être posée, mais le Nord n’a pas été délaissé. Seulement, la modicité des ressources du pays nous oblige à faire des choix.
Etes-vous prêts à négocier avec les populations du Nord ?
Nous sommes prêts à discuter de tout et avec tous, pas seulement avec les communautés du Nord. Mais il est hors de question de parler de fédéralisme. Nous ne discuterons pas, non plus, de partition du pays, Nous ne discuterons pas de la remise en question de la laïcité. Et nous n’accepterons pas la présence de groupes armés dans le pays. Il y a une seule armée, c’est l’armée malienne, qui s’occupe de tout le territoire malien défini à l’intérieur des frontières de 1960, pas un centimètre carré de moins.
Mais nous sommes ouverts à tout dialogue avec toutes les communautés dès lors qu’il s’agit de parler de développement local et d’approfondir la décentralisation. Nous sommes aussi prêts à examiner une forme de redécoupage du territoire : créer plus de régions, de communes, de cercles, d’arrondissements, dans le Nord.
Avec qui discuter ?
Pas avec ceux qui prônent la scission du territoire ou l’extrémisme religieux. Pas avec ceux qui refusent de déposer les armes.
Voulez-vous lancer ce dialogue avant les élections ?
Je souhaite qu’il commence dès le mois de mars.
Est-il réaliste de promettre des élections avant le 31 juillet ?
Il faut être optimiste. Mais si d’aventure, pour telle ou telle raison objective, il est impossible d’y parvenir, nous aviserons.
L’armée malienne a été accusée d’exactions contre des populations du Nord, que comptez-vous faire ?
Nous vivons dans un pays qui a failli voler en éclats. Nous essayons de rétablir la confiance entre les parties en présence. Dans toute armée, il y a des gens peu recommandables. Mais il ne faut pas en conclure que l’armée est mauvaise, et il faut aussi faire confiance aux autorités chargées de sanctionner les manquements à la discipline.
Propos recueillis par Christophe Châtelot
Source: Le Monde

Edito : Idriss Deby, le plus Malien des Africains - maliweb.net

Edito : Idriss Deby, le plus Malien des Africains - maliweb.net
Suite à la mort de 23 soldats tchadiens dans le Nord – Est du Mali, près de la frontière algérienne, vendredi dernier, le Président malien, Dioncounda Traoré, a exprimé sa compassion et ses condoléances dans un communiqué lu à la télévision.
Idriss Deby, président du Tchad
Idriss Deby, président du Tchad
Ce mardi, dans une lettre adressée au Président tchadien Idriss Deby, le Président français François Hollande a salué «le sacrifice» des vingt-trois soldats tchadiens tués lors de combats au Mali contre les islamistes armés, «c’est avec la plus grande tristesse que j’ai appris, avec consternation, la mort de vingt-trois soldats tchadiens au cours des combats meurtriers qui ont eu lieu au Nord du Mali, dans le massif des Ifoghas».
Votre journal préféré, 22 Septembre, salue à son tour la mémoire des soldats tchadiens morts pour un Mali unifié, Un et Indivisible. Le peuple tchadien et son Président, Idriss Deby, méritent notre respect et notre profonde considération pour l’élan de solidarité manifesté envers les Maliens.
Le Tchad a envoyé, dès les premiers jours de l’Opération Serval, 2000 combattants au Nord du Mali, au nombre desquels le propre fils du Président tchadien, le Général Itno. Les Forces Armées Tchadiennes en Intervention au Mali (FATIM) sont entrées à Kidal, le fief des Djihadistes, le 30 janvier 2013, avant même le déploiement des forces de la MISMA. C’est dire que N’Djaména a tout donné à Bamako. Celui qui accepte d’envoyer son fils sur le théâtre des opérations, et pas des moins périlleuses, doit être chaleureusement salué, parce qu’il est prêt au sacrifice ultime.
Il faut le dire, par ce geste, le Président tchadien Idriss Deby devient le plus Malien des Africains, devant le Président algérien, Abdoul Aziz Boutéflika, que le Président du PARENA, Tiébilé Dramé, appelle le plus Malien des Algériens, pour avoir séjourné, durant la guerre de libération, à Gao, afin d’acheminer armes et munitions dans son pays via la Cité des Askias.
Idriss Deby a honoré le Mali, il a fait de nous ses débiteurs. Malgré le lourd tribut qu’il a payé, sa motivation demeure intacte. C’est son ministre délégué à la Défense et aux Anciens Combattants, Benaindo Tatola, qui en a fait la révélation, mardi à Abidjan, à la veille du 42ème Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO.
« Cela ne pourra pas nous démotiver, parce que c’est un engagement que nous avons pris. Même si dans le parcours le Tchad perd quelques hommes, cela ne veut pas dire qu’il va cesser son action. Nous irons jusqu’au bout pour que l’objectif soit atteint », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter: « c’est donc notre devoir que de venir aider les frères maliens, pour que nous puissions éradiquer complètement dans cette zone les narcotrafiquants, les terroristes ».
Maintenant, il revient aux Maliens, notamment aux forces armées et de sécurité, de se discipliner, de resserrer leurs rangs, pour ne pas être la risée des autres et jouer pleinement leur partition.
La libération totale du Nord n’est plus qu’une question de mois, voire de semaines. Le seul langage qui vaille est celui de l’unité, à l’image de la plate forme pour la paix, l’unité et la reconstruction initiée par Me Mountaga Tall. Toute la classe politique et la société civile y ont adhéré, à l’exception des deux COPAM.
Chahana Takiou, dirpub "Le 22 Septembre"
Chahana Takiou, dirpub « Le 22 Septembre »
Pour en revenir à Idriss Deby, dont le pays n’a aucun accord de défense avec le Mali, il faut, encore une fois, saluer son engagement et sa détermination à soutenir les forces de la MISMA. Le Mali lui est désormais redevable. Parce que c’est durant les moments difficiles que l’on reconnait ses vrais amis.
Que le peuple tchadien soit rassuré: le Mali n’est pas un peuple ingrat. Nous n’oublierons jamais la mémoire des soldats tchadiens, français ni celle de tous ceux qui sont tombés ou tomberont pour la libération de notre pays.
Chahana Takiou

Rebellions contre le Mali : Gamou, l’antithèse et l’antidote d’Iyad Ag Ghaly - maliweb.net

Rebellions contre le Mali : Gamou, l’antithèse et l’antidote d’Iyad Ag Ghaly - maliweb.net

mercredi 27 février 2013

Condamnation de la guerre au Mali et dénonciation du complot néocolonial de l’Occident | La recolonisation de l’Afrique

Condamnation de la guerre au Mali et dénonciation du complot néocolonial de l’Occident | La recolonisation de l’Afrique
Le 11 janvier 2013, la France déclenche une intervention militaire au Mali, pays africain où près de la moitié de la population vit avec moins de 1,25 dollars par jour. Les raisons que Paris invoque pour justifier cette opération reprennent en fait la rhétorique de la « guerre au terrorisme », chère à l’administration de Bush Jr. Le 17 janvier, le député indépendant Laurent Louis dénonce devant le Parlement belge les véritables objectifs de l’intervention. Seul député belge à s’opposer au soutien de la Belgique à l’opération française, Laurent Louis rappelle aussi que les pays occidentaux – y compris la France – ont soutenu en Libye et soutiennent toujours, en Syrie, les djihadistes que Paris affirme vouloir combattre aujourd’hui au Mali.
| Bruxelles (Belgique)
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Capture d’écran de l’explication de vote du député Laurent Louis.

Explication de vote du député indépendant Laurent Louis
au Parlement belge, 17 janvier 2013

Merci, Monsieur le Président,
Messieurs les ministres,
Chers collègues,
La Belgique est bien le pays du surréalisme. Ce matin, on apprend dans la presse que l’armée belge est incapable de lutter contre les quelques militaires extrémistes aux convictions islamistes radicales qui existent en son propre sein et qu’il est impossible de les licencier faute de moyens juridiques suffisants. Et, par contre, dans un même temps, nous décidons d’aider la France dans sa lutte contre « le terrorisme » en lui apportant une aide logistique pour son opération au Mali. Que ne ferions-nous pas pour lutter contre le terrorisme… en dehors de nos frontières !
J’espère juste que nous aurons bien veillé à ne pas envoyer, pour cette opération antiterroriste au Mali ces fameux soldats belges islamistes. Je le dis sous la forme de l’humour, mais ce qui se passe actuellement dans le monde ne me fait pas rire du tout. Ça ne me fait pas rire car, sans aucun doute, les dirigeants de nos pays occidentaux sont en train de prendre les peuples pour des imbéciles avec l’aide et le soutien de la presse, qui n’est plus aujourd’hui qu’un organe de propagande des pouvoirs en place.
Un peu partout dans le monde, les interventions militaires et les déstabilisations de régimes deviennent de plus en plus fréquentes. La guerre préventive est devenue la règle et aujourd’hui, au nom de la démocratie ou de la lutte contre le terrorisme, nos Etats s’octroient le droit de violer la souveraineté des pays indépendants et de renverser des dirigeants légitimes.
Il y a eu l’Irak et l’Afghanistan, séquelles du mensonge américain. Sont venues ensuite la Tunisie, l’Egypte, la Libye où, grâce à vos décisions, notre pays a participé en première ligne à des crimes contre l’humanité pour renverser, à chaque fois, des régimes progressistes et modérés et pour les remplacer par des régimes islamistes dont – et c’est quand même bizarre ! – la première volonté fut d’imposer la sharia.
Il en est de même actuellement en Syrie, où la Belgique finance honteusement l’armement des rebelles islamistes qui tentent de renverser Bachar al-Assad. Ainsi, en pleine crise économique, alors que de plus en plus de Belges ont des difficultés pour se loger, se nourrir, se chauffer ou se soigner… eh oui, j’entends déjà le sale populiste que je suis… et bien, le ministre des Affaires Etrangères, il a décidé d’offrir aux rebelles syriens 9 millions d’euros. Bien sûr, on tentera de nous faire croire que cet argent servira à des fins humanitaires… un mensonge de plus !
Et, comme vous le voyez, depuis des mois notre pays ne fait que participer à la mise en place de régimes islamistes dans le nord de l’Afrique et au Moyen-Orient. Alors, quand on vient prétendre partir en guerre pour lutter contre le terrorisme au Mali… et bien, j’ai bien envie de rire.
C’est faux ! Sous les apparences de bonnes actions, nous n’intervenons que pour défendre des intérêts financiers, dans une totale logique néocolonialiste.

Il n’est véritablement pas cohérent de partir aider la France au Mali, au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste, lorsqu’au même moment on soutient en Syrie le renversement de Bachar al-Assad par des rebelles islamistes qui souhaitent imposer la sharia, comme c’est déjà le cas en Tunisie ou en Libye. Il faut vraiment arrêter de nous mentir et de prendre les gens pour des imbéciles.
Le temps est, au contraire, venu pour dire la vérité. En armant les rebelles islamistes, comme les occidentaux ont auparavant armé Oussama ben Laden, cet ami des Américains, avant qu’ils ne se retournent contre lui, les pays occidentaux en profitent pour implanter dans « les nouveaux pays », comme on dit, des bases militaires, tout en favorisant leurs entreprises nationales. Tout est donc stratégique.
En Irak, nos alliés Américains ont mis la main sur les richesses pétrolières du pays. En Afghanistan, ce fut sur l’opium et la drogue, toujours très utiles pour se faire beaucoup d’argent assez rapidement. En Libye, en Tunisie, en Egypte ou encore en Syrie, le but fut – et est encore actuellement – de renverser des pouvoirs modérés pour les remplacer par des pouvoirs islamistes, qui très rapidement deviendront gênants et que nous attaquerons sans vergogne sous prétexte de lutter – à ce moment-là encore – contre le terrorisme ou de protéger Israël. Et donc, les prochaines cibles sont déjà connues. Dans quelques mois, je prends le pari que nos regards se tourneront vers l’Algérie et, finalement, vers l’Iran.
Faire la guerre pour libérer des peuples d’un agresseur extérieur, c’est noble. Mais faire la guerre pour défendre les intérêts des Etats-Unis, faire la guerre pour défendre les intérêts de grosses sociétés comme Areva, faire la guerre pour mettre la main sur des mines d’or, ça n’a rien de noble et cela fait de nos pays des pays agresseurs et voyous.
Personne n’ose parler mais, qu’à cela ne tienne, je ne me tairais pas. Et tant pis si ma lutte doit me faire passer pour un ennemi de ce système qui bafoue les droits de l’homme au nom des intérêts financiers et géostratégiques et néocolonialistes.
Bafouer ce régime et le dénoncer, c’est un devoir et une fierté pour moi. Et, sincèrement, je m’excuse pour le vocabulaire populaire utilisé, j’emmerde tous les soi-disant bien-pensants, qu’ils soient de gauche ou de droite ou du centre, qui sont aujourd’hui aux basques de nos pouvoirs corrompus et qui se plairont à me tourner en ridicule.
J’emmerde nos dirigeants qui jouent avec leurs bombes comme des gamins dans une cour de récréation. J’emmerde ceux qui prétendent être des démocrates alors qu’ils ne sont que des criminels de bas étage.
Je n’ai pas beaucoup de respect non plus pour les journalistes qui ont le culot de faire passer les opposants pour des débiles mentaux, alors qu’au fond ils savent très bien que ces opposants ont parfaitement raison.
Je méprise enfin au plus haut point ceux qui se prennent pour les rois du monde et qui nous dictent leur loi car, moi, je suis du côté de la vérité, du côté de la justice, du côté de ces victimes innocentes du « pognon-à-tout-prix ».
Et c’est pour cette raison que j’ai décidé de m’opposer clairement à cette résolution qui envoi notre pays soutenir la France dans son opération néocolonialiste.
Depuis le début de l’opération française, le mensonge est organisé.
On nous dit que la France ne fait que répondre à l’appel au secours d’un président malien. On en oublierait presque que ce président n’a aucune… mais aucune légitimité ! et qu’il a été mis en place pour assurer la transition, suite au coup d’Etat de mars 2012. Qui a soutenu ce coup d’Etat ? Qui en est à la base ? Pour qui travaille ce « président de transition » ? Voilà le premier mensonge.
Le président français François Hollande ose prétendre mener cette guerre pour lutter contre les djihadistes qui menacent… oh ! ils menacent, rendez-vous compte ! le territoire français et européen ! Mais, quel vilain mensonge ! En reprenant cet argument officiel, tout en profitant pour effrayer la population en augmentant le niveau de la menace terroriste, en mettant en œuvre le plan Vigipirate, nos dirigeants et les medias font preuve d’un culot inimaginable.
Comment peut-on oser sortir un tel argument alors que la France et la Belgique n’ont pas hésité à armer et soutenir les djihadistes en Libye et que ces même pays continuent actuellement à soutenir ces djihadistes en Syrie ? Ce prétexte ne sert qu’à cacher les desseins stratégiques et économiques.
Nos pays n’ont même plus peur de l’incohérence car tout es fait pour la cacher. Mais l’incohérence est pourtant bien présente. Ce n’est pas demain que vous verrez un Malien venir commettre un attentat en Europe. Non. A moins qu’on en crée un subitement, pour mieux justifier encore cette opération militaire en Afrique. On a bien créé le 11 septembre pour justifier l’invasion, l’arrestation arbitraire, la torture et le massacre de populations innocentes. Alors, créer un terrorisme malien… bon, ça ne doit pas être trop compliqué pour nos dirigeants sanguinaires.
Un autre argument utilisé pour justifier ces derniers mois les opérations militaires c’est la protection des droits de l’homme. Ah ! Cet argument est encore utilisé aujourd’hui pour justifier la guerre au Mali. Mais oui ! Nous devons agir car sinon les méchants islamistes radicaux vont imposer la sharia au Mali, lapider les femmes et couper les mains des voyous. Oh, c’est vrai que l’intention, elle est noble… noble et salvatrice, c’est sûr. Mais, pourquoi, alors ? Pourquoi, bon dieu, nos pays ont-ils alors participé à l’accession au pouvoir – en Tunisie, en Libye – d’islamistes qui ont décidé d’appliquer cette sharia dans ces pays qui étaient, il n’y a pas si longtemps de cela encore, « modernes et progressistes » ? Je vous invite à demander aux jeunes Tunisiens qui sont à la base de la révolution en Tunisie s’ils sont heureux de leur situation actuelle. Tout cela c’est de l’hypocrisie.
L’objectif de cette guerre au Mali est très clair. Et puisqu’on n’en parle pas, je vais en parler.
L’objectif c’est de lutter contra la Chine et permettre à notre allié américain de maintenir sa présence en Afrique et au Moyen-Orient. C’est cela que visent ces opérations néocolonialistes ! Et vous verrez, quand l’opération sera terminée, la France conservera, bien entendu, des bases militaires au Mali. Ces bases serviront aussi aux Américains et, en même temps, parce que cela se passe toujours comme ça, des sociétés occidentales mettront la main sur des contrats juteux qui priveront, de nouveau, les pays recolonisés de leurs richesses et de leurs matières premières.
Alors, soyons bien clairs, les premiers bénéficiaires de cette opération militaire ce seront les patrons et les actionnaires du géant français Areva, qui tente depuis des années d’obtenir l’exploitation d’une mine d’uranium a Faléa, une commune de 17 000 habitants située à 350 kilomètres de Bamako. Et, je ne sais pas pourquoi, mais mon petit doigt me dit qu’il ne faudra pas longtemps pour que Areva puisse enfin exploiter cette mine. Je ne sais pas… c’est une impression que j’ai…
Il est donc hors de question que je participe à cette colonisation minière, cette colonisation des temps modernes. Et, pour ceux qui doutent de mes arguments, je les invite sincèrement à se renseigner sur les richesses du Mali.
Le Mali est un grand producteur d’or. Mais, depuis peu, il a été désigné… depuis peu, hein… comme étant un pays qui offre un environnement de classe mondiale… de classe mondiale… pour l’exploitation d’uranium. Mais, comme c’est bizarre ! Un pas de plus vers une guerre contre l’Iran ! C’est une évidence !
Pour toutes ces raisons, et afin de ne pas tomber dans le piège du mensonge que l’on nous tend, j’ai décidé de ne pas soutenir cette intervention au Mali et je voterai donc contre.
Et ce faisant, je fais preuve de cohérence puisque je n’ai jamais soutenu par le passé nos interventions criminelles en Libye ou en Syrie, me profilant de la sorte comme le seul parlementaire de ce pays à défendre la non ingérence et la lutte contre les intérêts obscurs.
Je pense vraiment qu’il est grand temps de mettre un terme à notre participation à l’ONU ou à l’OTAN et de sortir de l’Union Européenne si cette Europe, au lieu d’être un gage de paix, devient une arme d’attaque et déstabilisation de pays souverains aux mains d’intérêts financiers et non plus humanistes.
Enfin, je ne peux qu’encourager notre gouvernement à rappeler au président Hollande les obligations qui résultent de la Convention de Genève en matière de respect des prisonniers de guerre. J’ai, en effet, été outré d’entendre à la télévision, de la bouche du président français, que son intention était de « détruire », je dis bien « détruire », les terroristes islamistes. Alors, je ne voudrais pas que la qualification utilisée pour nommer des opposants au régime malien… c’est toujours pratique aujourd’hui de parler de « terroristes islamistes »… soit utilisée pour contourner les obligations de tout Etat démocratique en matière de respect des droits des prisonniers de guerre. Nous attendons un tel respect de la patrie des droits de l’homme.
Enfin, et pour terminer, permettez-moi de souligner la légèreté avec laquelle nous décidons de partir en guerre.
Tout d’abord, le gouvernement agit, sans la moindre autorisation du Parlement. Il paraît qu’il en a le droit. Il envoi du matériel et des hommes au Mali. Le Parlement réagit par la suite. Et, quand il réagit, comme aujourd’hui, eh bien… cette institution n’est composée que d’un tiers de ses membres… encore beaucoup moins si l’on parle des élus membres francophones. C’est donc une légèreté coupable qui ne m’étonne pas vraiment venant d’un Parlement de toutous soumis aux dictats des partis politiques.
Je vous remercie.

La preuve par Droudkel - maliweb.net

La preuve par Droudkel - maliweb.net
La lettre trouvée à Tombouctou par de fortunés confrères est une belle prise de guerre. Peut-être plus qu’Abuzeid ou Belmoktar s’ils étaient pris. Pourquoi ? Parce que la missive est la preuve par mille que Droudkel était vivant jusqu’à la date de rédaction, le 20 juillet dernier et que s’il n’avait pas une maîtrise quotidienne du terrain, il revendique en tout cas une autorité morale sur « ses » moujahidines. Donc une responsabilité morale aussi pour le gâchis bien qu’il ait déploré celui-ci.


On peut donc légitimement reposer les questions qui taraudent, à savoir : où vit le chef d’Aqmi, comment il n’est pas neutralisé pendant tout ce temps, qui le protège, comment et pourquoi ? Si le jihadiste en chef continue de se réfugier dans les montagnes kabyles en Algérie malgré la boucherie de Ain Imenas, alors le proverbe est vrai : au pays des aveugles, le borgne est roi. Et Belmoktar justement est borgne. Autre preuve par Droudkel : le mouvement jihadiste qui a fait tant de dégâts dans notre pays ne résulte pas d’un calcul minutieux et froidement exécuté mais d’avancées opportunistes parce qu’il n’y avait rien en face. Ou finissait donc le projet de jihad où commençait le blanchiment dans une odyssée où les faux nez cohabitent avec les vases communicants ?

Droudkel y répond indirectement en plaidant pour l’intronisation d’Iyad Ag Ali comme proconsul d’un Azawad qui puiserait sa force dans la cogestion avec le Mnla. Dernière preuve donnée par Droudkel : les lapidations et les amputations ne sont pas évitables puisque c’est l’islam qui l’exige mais les nouveaux maîtres du Nord depuis volatilisés sont passés trop tôt à l’action. Cela donne une idée de l’estime que le patron d’Aqmi a pour la Mauritanie, le Pakistan et tous les autres pays qui ne flagellent pas l’adultère.
Ouf, heureusement que le holding salafiste a poussé le zèle jusqu’ à Konna !
Adam Thiam