dimanche 2 décembre 2012

Malijet - Mali : le MNLA entre dialoguistes et interventionnistes

Malijet - Mali : le MNLA entre dialoguistes et interventionnistes

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Une délégation du MNLA au Quai d'Orsay ce jeudi.Une délégation du MNLA au Quai d'Orsay ce jeudi.
Le Mouvement national pour la libération de l'Azawad ( MNLA) est-il l'écueil du dialogue d'Alger et de l'intervention défendue par Paris. Tant pour les dialoguistes que pour les interventionnistes, le MNLA doit abandonner les revendications autonomistes de l'Azawad pour être un partenaire crédible dans les négociations avec les "groupes rebelles non terroristes" et la lutte armée contre

Les rebelles touaregs s'engagent à lutter contre les terroristes (Magharebia.com)

Les rebelles touaregs s'engagent à lutter contre les terroristes (Magharebia.com)
Malgré les pertes subies, les dirigeants des rebelles touaregs affirment qu'ils continueront de lutter contre les terroristes qui occupent le nord du Mali.
Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott – 22/11/12
[AFP/Ahmed Ouoba] Une délégation d'Ansar al-Din assiste à une rencontre avec des représentants du MNLA le 16 novembre à Ouagadougou.[AFP/Ahmed Ouoba] Une délégation d'Ansar al-Din assiste à une rencontre avec des représentants du MNLA le 16 novembre à Ouagadougou.
Les affrontements de la semaine dernière entre des groupes terroristes et les rebelles touaregs d'obédience laïque dans le nord du Mali ne sont que le début d'une campagne de plus grande envergure, ont affirmé les responsables touaregs le mercredi 21 novembre.
Les forces du Mouvement national pour la libération de l'Azaouad (MNLA) ont entamé leurs opérations contre le Mouvement pour l'unité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) et ses alliés d'al-Qaida devant Gao vendredi dernier, le 16 novembre. Ces affrontements se sont ensuite poursuivis près des villes de Menaka et d'Ansongo, dans l'est du Mali.
Ces heurts ne sont que le début d'une longue guerre contre les groupes de trafiquants, de terroristes et du crime organisé dans l'Azaouad, a déclaré Ibrahim Ag Assaleh, l'un des responsables du MNLA et membre du bureau politique du groupe, à Magharebia mercredi dans la soirée.
"Les combats sont maintenant provisoirement suspendus, mais nous continuerons de lutter contre les terroristes et les trafiquants dans toutes les villes de l'Azaouad, pas seulement à Menaka. Nous marcherons contre eux à Gao, Tombouctou, Menaka et Ansongo, et dans tous les autres villages jusqu'à ce que nous nous débarrassions d'eux une fois pour toutes", a expliqué Ag Assaleh à Magharebia lors d'un entretien accordé depuis le champ de bataille situé à proximité de la frontière nigéro-malienne.
Ag Assaleh a également expliqué que les escarmouches de lundi près de Menaka avaient fait douze morts dans les rangs du MNLA, et dix-sept au sein du MUJAO, ajoutant que les deux groupes s'étaient retirés de la ville.
Cependant, Moussa Ag al-Said, l'un des responsables des médias du MNLA, a réfuté que les forces du MNLA se soient retirées sous la pression. Il a accusé le MUJAO, al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et le mouvement nigérian Boko Haram d'occuper des positions fortifiées à Menaka et d'empêcher les populations locales de quitter la ville, affirmant qu'elles étaient retenues comme boucliers humains.
Il a également déclaré que son groupe assiégeait Menaka et se préparait à lancer "une attaque décisive".
Certains analystes ont indiqué que cette nouvelle action du MNLA dans le nord du Mali reflète le désir du groupe de jouer un rôle dans la lutte contre le terrorisme dans la région.
"Mais ce groupe aurait dû jouer ce rôle il y a plusieurs mois, lorsqu'il bénéficiait d'une forte présence dans les villes du nord du Mali", a commenté Amadou Diarra, journaliste au quotidien malien L'Essor.
"Nous ne pouvons ignorer les nouveaux développements qui ont incité ce groupe [le MNLA] à recourir à l'action armée contre les terroristes", a-t-il ajouté. "Cela comprend le sentiment du groupe selon lequel le monde a un intérêt à négocier avec les islamistes d'Ansar al-Din, et le mouvement touareg s'est donc empressé de prendre une ville importante dans le nord pour créer un nouvel équilibre sur le terrain lui permettant de négocier en position de force avec Ansar al-Din."
Les habitants de Menaka qui ont quitté la région ont indiqué à l'AFP que les combats avaient provoqué un bain de sang, un responsable de la sécurité les qualifiant de "véritables massacres". Des témoins ont également indiqué que le MNLA avait été mis en déroute après que le MUJAO eut reçu des renforts. Les combattants d'al-Qaida de Tombouctou auraient été envoyés pour aider le groupe islamiste lors des affrontements de ce week-end à Gao.
Les affrontements de lundi à Menaka ont eu lieu le jour-même où l'Union européenne a approuvé un plan d'envoyer 250 formateurs militaires à Koulikoro, près de Bamako, pour aider à remettre sur pied l'armée malienne.
L'expert militaire Deco Abderrehaman a déclaré à Magharebia que l'armée malienne souffrait encore des conséquences du coup d'Etat du mois de mars, et que certains officiers refusaient d'obéir aux ordres d'officiers plus jeunes et moins expérimentés.
"Ce soutien européen est certes très important, mais son importance dépend encore de la volonté des chefs militaires de l'armée malienne à travailler ensemble et à placer l'intérêt public au-dessus de leurs intérêts personnels étroits", a expliqué Abderrehaman.

La Cédéao prête à accorder l'autonomie du Nord-Mali aux rebelles touareg | Slate Afrique

La Cédéao prête à accorder l'autonomie du Nord-Mali aux rebelles touareg | Slate Afrique
Quelle sera la place du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) dans la bataille contre les groupes armés affiliés à al-Qaida qui contrôlent aujourd’hui le Nord-Mali?
«Les fonctionnaires ouest-africains poussent le gouvernement du Mali à offrir aux Touaregs l’autonomie des territoires du nord en échange de leur participation aux combats contre les terroristes liés à al-Qaida» explique ainsi le quotidien britannique le Guardian.
La Cédéao (Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest) aurait aussi formulé l’espoir de voir les membres du MNLA convaincre «les membres modérés de l'un des puissants groupes islamistes» (comprenons Ansar Dine) de se joindre à eux dans le

Rassemblement de solidarité avec l'Azawad et le MNLA à Paris | Kabyle.com

Rassemblement de solidarité avec l'Azawad et le MNLA à Paris | Kabyle.com
"La communauté internationale déterminée à empêcher les Touaregs d’accéder à leur indépendance, s’active à discréditer leur combat. Après avoir déployé de gros moyens, notamment médiatiques, à l’entretien d’une confusion entre combat de libération de l’Azawad et terrorisme islamiste, on assiste aujourd’hui à une véritable compagne de désinformation quant à l’issue des combats sur le terrain qui opposent les groupes terroristes islamistes et les combattants du MNLA.

Photographie Kabyle.com D.R.

Face à cette offensive de toutes les forces hostiles à l’Azawad et à sa liberté, les Touaregs qui se battent pour leur libération depuis 1963 se trouvent livrés à

La France demande au MNLA de renoncer à l'indépendance et à l'autodétermination vis-à-vis du Mali - china radio international

La France demande au MNLA de renoncer à l'indépendance et à l'autodétermination vis-à-vis du Mali - china radio international
La France a demandé jeudi aux représentants du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) de renoncer de manière explicite, sans équivoque et sans ambiguïté, à leurs revendications à l'indépendance et à l' autodétermination vis-à-vis du Mali, lors d'une rencontre à Paris entre l'ambassadeur de France pour le Sahel, Jean-Félix Paganon, et une délégation du MNLA, a déclaré vendredi le porte-parole du Quai d'Orsay, Philippe Lalliot.
C'est ainsi que le MNLA pourra être considéré comme un

MALI : Le refus algérien d’une intervention armée (2e partie) Le trublion qatari finance rebelles et terroristes - Liberté Algérie , Quotidien national d'information

Par : AlI EL HADJ TAHAR

MALI : Le refus algérien d’une intervention armée (2e partie) Le trublion qatari finance rebelles et terroristes - Liberté Algérie , Quotidien national d'information

Le trublion qatari finance rebelles et terroristes

MALI : Le refus algérien d’une intervention armée (2e partie)

Tous les chefs des groupes maliens pseudo-djihadistes et pseudo-rebelles du MNLA et d’Ansar Dine viennent du même mouvement du MPLA et du MPA responsables des anciennes rebellions qu’Alger a eu à régler, notamment en 1992

Le porte parole d’Ansar Dine avertit : « L’Algérie visée par une conspiration étrangère»

Le porte parole d’Ansar Dine avertit : « L’Algérie visée par une conspiration étrangère»
Le porte parole du mouvement islamiste, Ansar Dine, Sanda Ould Bouamama,a révélé que l’Algérie est visée par un plan de division européen, à travers la division du Mali, qui se soldera de manière automatique au pillage du potentiel algérien.Selon de sources concordantes, ont rapporté que le porte parole d’Ansar Dine a révélé qu’une guerre d’extermination se produira en cas d’intervention militaire, tout en attribuant l’objectif de la création d’une crise au territoire malien au pillage de l’uranium et du pétrole algérien : « l’Algérie est pays pivot dans l’Afrique du Nord, qui pourra seule répondre aux exigences des peuples opprimés de la région, suite à son expérience dans la gestion des crises, c’est pour cela, l’Europe à sa tète la France s’efforce à la diviser en vue de tenir les rênes dans ladite région », a avancé Ould Bouamama. Notre interlocuteur a notamment dévoilé que la rencontre d’une délégation de son mouvement avec les autorités algériennes, s’est penchée sur les négociations avec les autorités centrales du Mali. Outre cela, le mouvement d’Ansar Dine a réitéré son appel aux négociations, en vue de parvenir à une solution globale, pacifique et urgente avec toutes les parties en conflit, en toute objectivité, a-t-on appris de la même source.« Il temps que le peuple Azawadien récupère ses droits bafoués, depuis près d’un demi siècle », a –t-il avoué.
 
Riad
Jeudi 29 Novembre 2012

Jean-Charles Brisard: Quel doit être le rôle de la France dans la crise malienne?

Jean-Charles Brisard: Quel doit être le rôle de la France dans la crise malienne?
La conquête du Nord du Mali par les islamistes a bouleversé l'équation fondamentaliste au Sahel. D'un phénomène local et relativement limité, entretenu par la faiblesse des Etats et la porosité des frontières régionales, elle est devenue un enjeu continental voire international.
Faut-il pour autant que la France apporte son soutien à une opération militaire dont certains estiment qu'elle s'apparenterait à une forme de néocolonialisme, engendrerait un risque de partition et d'islamisation ou menacerait la vie de nos otages, tandis que d'autres préconisent la voie pacifique ou prédisent tout simplement son échec ? Et sommes-nous condamnés à assister passivement à l'apogée d'une dynamique terroriste quasiment à nos frontières ?
Qu'elle le veuille ou non, la France est déjà engagée dans cette crise. Elle dispose au Sahel d'intérêts économiques stratégiques ; elle est, pour des raisons historiques, l'une des principales cibles des groupes djihadistes qui y opèrent ; et elle a déjà subi le terrorisme d'Al-Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi), responsable de l'enlèvement et de la mort de français.
LIRE AUSSI:
>Le site mauritanien Alakhbar publie une vidéo de l'otage français enlevé au Mali

> La France ne se "laissera pas faire" par Aqmi sur le sort de ses otages

> Mali : l'ONU ouvre la voie à une intervention militaire

La situation actuelle
Le Nord du Mali est aujourd'hui aux mains des islamistes d'Aqmi, du Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et d'Ansar Dine, qui sont parvenus à évincer la rébellion touareg du Mouvement National de Libération de l'Azawad (Mnla). S'ils sont divisés sur les objectifs (partition ou maintien de l'intégrité du Mali sous l'empire de la charia), ils partagent néanmoins une même stratégie pour s'imposer : celle de la terreur. Aqmi et le Mujao, sa filiale locale, sont des organisations djihadistes aux méthodes identiques. Le Mujao est responsable du rapt de diplomates algériens et de trois ressortissants européens libérés moyennant une rançon de 15 millions d'euros, et vient de revendiquer l'enlèvement d'un français dans l'Ouest du pays. Ansar Dine, mouvement islamiste à dominante touareg, a pris le contrôle des villes du Nord avec le soutien d'Aqmi avant d'accueillir ses chefs à Tombouctou au mois d'avril dernier et d'annoncer un front commun pour « combattre les impies ». Depuis, il multiplie les exactions sur la population. Son dirigeant est familier des chefs d'Aqmi, qu'il qualifiait en 2003 de simples « trafiquants sans motivation politique ». Pourtant, depuis quelques semaines, Ansar Dine se présente comme la vitrine politique des islamistes, offrant même de renoncer au terrorisme et à l'application de la charia. Ce revirement spectaculaire et opportuniste ne doit rien au hasard, à l'heure où la menace d'une intervention militaire se précise. Il s'agit d'un repli tactique qui n'estompe en rien le fondamentalisme de ce groupe, ni son alliance objective avec les terroristes d'Aqmi.
La stratégie des terroristes, là comme ailleurs, est invariable : profiter des faiblesses étatiques, qui ont permis le repositionnement d'Aqmi de l'Algérie vers le Sahel, et des opportunités, en l'occurrence la rébellion touareg au Nord Mali, aussi faible que l'Etat dont elle prétendait s'affranchir, qui a servi involontairement de cheval de Troie aux djihadistes. L'ambition d'Aqmi n'est pas limitée au Mali, ni au Sahel. Depuis qu'elle a rallié la stratégie du djihad mondial d'Al-Qaïda en 2006, l'organisation multiplie les convergences opérationnelles et stratégiques avec d'autres groupes en Afrique, notamment le mouvement Boko Haram, dont les activités étaient jusqu'alors centrées sur le Nigéria, et qui intervient désormais au Niger et au Mali aux côtés d'Aqmi. La mission d'évaluation des incidences de la crise libyenne sur la région du Sahel de l'Onu a relevé qu'Aqmi assurait la formation militaire de certains de ses membres, et leur première opération conjointe a été l'enlèvement d'un ingénieur allemand au Nigéria en janvier dernier, une action menée par Boko Haram et revendiquée par Aqmi.
Les enjeux sécuritaires
La montée en puissance des groupes islamistes djihadistes qui sévissent au Nord Mali constitue le nœud gordien de la crise actuelle. La principale inquiétude concerne l'émergence d'une base terroriste opérationnelle, sorte de Sahelistan, aujourd'hui limitée au Nord Mali, mais qui pourrait rapidement s'étendre en raison des relations nouées par Aqmi avec Boko Haram et certains rebelles libyens. Une coalition de groupes autofinancés et surarmés, constituant un pôle d'attraction majeur pour les djihadistes de tout poil du monde entier. Plusieurs centaines de combattants sont déjà parvenus à rallier le Nord Mali en provenance d'Egypte, du Soudan, du Pakistan et de pays européens, dont la France. Le contexte actuel pourrait également favoriser de nouvelles vocations djihadistes dans la région et en Europe.
A terme, cette situation aboutirait à la constitution, aux portes de l'Europe, d'un sanctuaire terroriste dominé par une organisation qui a fait de la France sa principale cible et qui, n'en doutons pas, n'aurait d'autre objectif que de frapper notre pays, et ce d'autant plus qu'il s'agit de la branche d'Al-Qaïda la mieux financée au monde grâce à l'argent des prises d'otages. Un marché si lucratif que le chef d'Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, a récemment appelé à deux reprises à multiplier les enlèvements d'occidentaux dans les pays musulmans.
Ce que l'on observe au Nord Mali est la reproduction d'un phénomène historique auquel nous assistons depuis 30 ans de la part des organisations djihadistes, consistant à se greffer sur des conflits internes ou des zones de guerre à population musulmane. Or, dans chacune de ces guerres, de l'Afghanistan à la Somalie, en passant par la Bosnie, le Kosovo, le Cachemire ou l'Irak, la participation de djihadistes s'est toujours accompagnée d'une externalisation du conflit dans nos pays, sous la forme d'actions de propagande, de recrutement, de soutien ou de terrorisme. La capacité de projection de ces groupes est réelle, comme en témoigne le démantèlement depuis 2001 en Europe de dizaines de cellules de soutien financier ou logistique, et de filières de recrutement au profit d'Aqmi ou de son prédécesseur le Gspc.
Option militaire ou règlement politique ?
Les risques d'une offensive militaire ne doivent pas être sous-estimés. Le facteur temps, le format du déploiement et la coopération des Etats limitrophes constitueront les principales clés d'un succès militaire contre les djihadistes. Une telle offensive doit être rapide et massive pour éviter plusieurs écueils et neutraliser la menace.
Le premier serait le renforcement des groupes djihadistes par l'apport en hommes et en armes venus de l'extérieur. A cet égard, il devient urgent de prévenir dès à présent l'afflux de nouveaux combattants étrangers dans la perspective de l'offensive militaire africaine, par le déploiement de troupes aux frontières des Etats limitrophes.
Le second serait une dispersion des groupes terroristes avec une dissémination de la menace dans d'autres pays du Sahel, d'où l'importance d'une offensive qui cible les villes mais également les poches terroristes dans le désert, et que les Etats limitrophes, notamment l'Algérie, verrouillent leurs frontières afin de couper les voies de repli des terroristes.
Enfin, le principal écueil serait l'enlisement de l'offensive militaire qui résulterait d'un formatage inadapté du contingent africain, et le risque d'une opération se transformant en conflit asymétrique larvé de type guérilla, créant les conditions d'une nouvelle terre de djihad.
Le règlement politique que plusieurs Etats appellent de leurs vœux relève d'une équation encore plus complexe, sinon insoluble, où interviennent les intérêts divergents des Etats limitrophes et des groupes contrôlant le Nord Mali qui en ont fait un préalable à la résolution de la crise sécuritaire. Le piège tendu par les islamistes, au premier rang desquels Ansar Dine, n'est destiné qu'à gagner du temps et à préparer l'avenir, car ceux qui prônent le dialogue à Alger ou Ouagadougou sont les mêmes qui font parler les armes, qui tuent, lapident, mutilent, violent et pillent à Tombouctou et Gao. Que l'Algérie favorise cette approche pour écarter le spectre d'un retour du terrorisme sur son sol est compréhensible, mais négocier une solution politique sous la pression et la menace des islamistes serait un leurre. Le règlement politique, nécessaire pour assurer la stabilité du Mali dans le respect de ses composantes, est illusoire temps que les djihadistes n'ont pas déposé les armes et renoncé à leurs conquêtes territoriales.
Quel rôle pour la France ?
Depuis le début de la crise, la France a joué un rôle majeur en appuyant au plan international la demande de la Cédéao et de l'Union Africaine d'une force d'intervention. Sur le plan opérationnel, son rôle sera essentiel par le soutien apporté aux troupes de la force internationale avec ses capacités de renseignement électronique, aérien et satellitaire.
Au-delà du seul volet militaire, la France pourrait, avec ses partenaires africains, aider à établir les responsabilités des exactions et des destructions des biens culturels religieux auxquelles se livrent les islamistes dans le Nord Mali, actes constitutifs de crimes de guerre comme l'a rappelé le procureur de la Cour pénale internationale.
La stabilisation politique de la région passera également, à terme, par des actions structurantes sur les plans économiques et sociaux grâce à l'aide au développement.
La sécurité des otages français détenus par Aqmi demeure une préoccupation majeure, qui ne doit cependant pas conditionner notre engagement. En dépit des menaces d'Aqmi, nos otages constituent pour aujourd'hui et demain un atout majeur pour un groupe qui prétend rayonner sur une partie du continent africain.
Pour la France, en l'absence de solutions crédibles autres que celles qui laisseraient le champ libre aux terroristes, il ne peut y avoir de choix cornélien, mais un engagement clair. Ce qui se joue dans cette partie du monde n'est pas seulement l'intégrité du Mali ou la stabilité régionale, mais bien une partie de notre propre sécurité. Le maintien du statu quo actuel aurait à terme une incidence directe et majeure sur la sécurité de notre pays. L'enjeu est décisif : il s'agit de mettre un terme aux agissements de groupes terroristes qui constituent aujourd'hui l'une des principales menaces contre la France.
 
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Nord-Mali - Le sécrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon contre l'intervention militaire | Slate Afrique

Nord-Mali - Le sécrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon contre l'intervention militaire | Slate Afrique
Une intervention militaire au Nord-Mali est-elle toujours à l’ordre du jour?
Pas pour le moment en tous cas. Alors que le groupe djihadiste Ansar Dine (les défenseurs de la foi) vient de prendre position dans la ville de Léré, à une soixantaine de kilomètres de la frontière mauritanienne, le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, appelle au dialogue pour sortir le Mali de la crise.
Dans un rapport adressé au Conseil de sécurité de l’ONU, qui doit se prononcer très prochainement sur l’envoi d’une force ouest-africaine au Mali, Ban Ki-moon explique en effet qu’il est important de s’attacher à privilégier le dialogue avec les Touaregs du Nord-Mali, a indiqué RFI.
Dans son rapport, cité par l’agence Sipa, le secrétaire général des Nations Unies reconnait toutefois que la zone du Nord-Mali «risque de devenir un refuge permanent pour les terroristes et réseaux criminels organisés».
Il est pourtant plus important pour lui de mettre en place une «action urgente (qui) est nécessaire pour aider le gouvernement et le peuple malien à réunifier leur pays, permettre un retour rapide à l'ordre constitutionnel, priver al-Qaida et ses affiliésd'une plate-forme qui leur permet de menacer l'Etat malien».
La force militaire ne doit être utilisée qu’en dernier recours, et pas contre n’importe quel groupe belligérants explique RFI. Car la crainte de Ban Ki-moon serait qu’une intervention soit mal orchestrée, et qu’elle rende la situation, déjà extrêmement compliquée, parfaitement invivable pour les populations et destructrice pour l’avenir du pays.
«Si une intervention militaire dans le Nord n'est pas bien conçue et exécutée, elle pourrait aggraver une situation humanitaire déjà extrêmement fragile et entraîner également de graves violations des droits de l'homme». Elle pourrait aussi «ruiner toute chance d'une solution politique négociée à la crise».
Il estime en outre que le plan d’intervention prévu par la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) doit être affiné, car il comporte des imprécisions cruciales, notamment sur «la façon dont la force (militaire) sera dirigée, entretenue, entraînée, équipée et financée».
Lu sur RFI, Le Nouvel Observateur
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Vu de Bamako, l’inquiétude et l’espoir | Humanite

Vu de Bamako, l’inquiétude et l’espoir | Humanite
Bamako (Mali), envoyée spéciale. À l’heure où les tractations diplomatiques vont bon train, quand se prépare une intervention militaire dans le Nord, la capitale du Mali, bruissante de rumeurs contradictoires, fait le gros dos en attendant les décisions qui pourraient changer le cours des choses, tandis que peu à peu les intégristes tissent patiemment leur toile.
Mardi dernier, Alberto Rodriguez Leal (soixante et un ans), ressortissant français né au Portugal, était enlevé par des hommes du Mujao à Diéma, localité située à l’est de Kayes, ville proche des frontières avec le Sénégal et la Mauritanie. C’est le septième otage français. Le projet du déploiement d’une force armée internationale, composée de soldats africains avec l’appui logistique de pays occidentaux, a été remis hier au Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait donner, ou pas, son feu vert. Pendant ce temps, les négociations se poursuivent avec le groupe islamiste Ansar Dine, essentiellement touareg, dans le but de l’inciter à rompre avec ses alliés d’Aqmi et du Mujao. L’Algérie, de son côté, met en garde contre une intervention militaire et préconise une solution « maliano-malienne ». L’Union européenne soutient l’intervention avec l’envoi, d’ici à janvier 2013, de 250 formateurs, l’objectif étant d’entraîner l’armée malienne en six mois et de rendre efficace cette armée, forte d’environ 7 000 hommes, pour combattre au Nord. Romano Prodi, émissaire des Nations unies pour le Sahel, estime qu’« une opération militaire dans le nord du Mali ne serait pas possible avant septembre ou octobre de l’an prochain ». « Elle nécessite, précise-t-il, des préparatifs et tout, d’abord, doit être fait pour la paix et pour éviter la guerre. » Au Mali, cette annonce a eu l’effet d’un coup de massue, car la rue réclame la guerre à cor et à cri. « On n’a pas de temps à perdre, s’insurge par exemple Modibo Thiam, qui est camionneur. L’armée pourrait libérer les gens du Nord. » Adama Cissé, vendeur de cartes téléphoniques Orange, est en colère : « Si ça se passait en France, ça prendrait une semaine, pas plus. »
À Bamako, novembre est très doux. Les récoltes sont engrangées. Par bonheur, cette année, la pluie est tombée comme il faut. De quoi faire un peu oublier la réalité du pays, aux deux tiers occupé par des groupes terroristes, soumis à un embargo tacite, asphyxié de toutes parts et en crise politique et institutionnelle grave. D’aucuns ne pensent qu’à débarquer le premier ministre, cheik Modibo Diarra. Bientôt, c’est l’hivernage. Les Bamakois mettront leur laine pour traverser le pont des Martyrs sur un scooter chinois importé depuis peu : « Pas cher mais quand ça casse, c’est foutu, y a pas de pièces de rechange ! » Au Mali, quand les choses tombent en panne, on dit : « C’est des chinoiseries. »
On dirait que « les populations » vivent dans une relative inconscience du danger. Une guerre grèverait violemment le budget déjà restreint des ménages. Après la fête de l’Aïd, les plus pauvres sont rincés, car le prix du mouton (denrée rare, le bétail étant bloqué au Nord) a plus que triplé. Il a été décidé de ne pas taxer pour un temps les denrées de première nécessité, afin de ne pas ajouter une crise à une autre.
Devant une échoppe du quartier du Fleuve où tout se vend à l’unité, de l’œuf au paquet de Kleenex en passant par la cigarette, un Bamakois plie son journal et engage la discussion en pelant une mandarine : « Bonjour, ça va ? Et la famille, ça va ? Moi, c’est Moussa Kanté. Chez nous, le nom de famille c’est le GPS. Il renseigne sur l’itinéraire social et nous indique comment négocier. C’est païen, ça ! Avant d’être animistes ou musulmans, nous avons d’abord foi en nos valeurs communautaires. » Au sol, le titre des Échos, feuille locale : « La guerre n’est pas plus exécrable que la servitude », retient son attention. « La guerre, je n’y crois pas, affirme-t-il. Ils vont trouver une sortie honorable. » « Les intégristes, ajoute-t-il, rentreront en Algérie quand ils seront stoppés et Iyad Ag Ghali, la tête d’Ansar Dine, est malien. D’ailleurs, il a rejeté l’extrémisme et le terrorisme, il ne remet pas en cause l’intégrité territoriale du pays, et c’est très important, parce qu’on peut discuter avec lui sur la charia. ».
À côté, le marchand de journaux ne l’entend pas de cette oreille. « Iyad Ag Ghaly va être blanchi une fois de plus ! Un jour il dit ça, mais le lendemain il dit que s’il y a la guerre, des djihadistes vont venir par centaines aider ses frères musulmans. » Un marchand de cacahuètes en a après le MNLA : « Ils ont été les premiers à amener tout ce désordre et on va pas accepter qu’ils s’en tirent comme ça ? »
Au mess des officiers du quartier de Faladié, devant des brochettes de bœuf et de bananes frites arrosées de Fanta orange, le capitaine Traoré nous confie : « Il paraît que l’Algérie fait pression pour qu’Ansar Dine ne soit pas considéré par les Nations unies comme un groupe terroriste, contrairement au Mujao. » Le capitaine Traoré n’attend qu’une chose : « Que l’armée puisse aller se battre pour retrouver son honneur perdu. » Ce jour-là, on apprend que le lieutenant-colonel Diallo vient d’entamer une grève de la faim pour dénoncer ce qu’il nomme « la léthargie de l’armée, ballottée entre la peur et le ridicule et minée par de graves dissensions ». Pour sa part, Moussa Baary, petit vendeur de bijoux peul, pense qu’« avec Ansar Dine l’Algérie a jeté ses poubelles dans la cour, et la cour c’est le Mali, et on ne peut pas accepter ça ». Il est né à quatorze kilomètres de Niafunké, la ville natale du célèbre chanteur Ali Farka Touré. Plus question pour lui de retourner là-haut, car la vente des bijoux est prohibée par la charia. En outre, ici, dans le Sud, « il n’y a personne pour les acheter ».
Bamako semble figée, à l’image de ces affiches poussiéreuses, à moitié déchirées, collées sur les poteaux et les palissades de Magnambougou. Elles annonçaient le Salon de l’agriculture qui devait avoir lieu du 17 au 24 mars. Le 22, c’était le coup d’État.
C’est lundi matin. Dans son taxi rouillé jusqu’au moteur, le chauffeur guette le client. « L’an passé, on s’entassait à trois ou quatre à l’arrière, nous dit-il. Aujourd’hui, je roule du matin au soir sans trouver personne. On se débrouille… Un sac de riz coûte 16 000 francs CFA. Moi, je gagne à tout casser 1 000 francs CFA dans la journée. » Il s’arrête pour monsieur Sidibé, cadre dans l’énergie solaire, qui monte à l’avant et se mêle aussitôt à la conversation. « Tous les jours, nous dit-il, j’ai un oncle et une tante qui se postent devant chez moi et attendent les 3 000 francs CFA que je leur remets chaque jour, crise ou pas crise. »
Ce pays ne crée pratiquement plus de richesse. Il vit principalement de taxes douanières (les deux tiers du budget malien viennent de l’extérieur) et de l’impôt, dont l’assiette est faible. Il y a surtout la corruption. Les poches de misère s’agrandissent. En apparence, la vie suit un cours normal et, dans cette période de retour de La Mecque, à Bamako on se marie en masse le dimanche, quand bien même les signes d’inquiétude ne manquent pas. Le quotidien l’Indépendant révèle qu’un djihadiste français, Ibrahim Ouattara, né à Aubervilliers, connu des services de police de notre pays pour tentative d’assassinat en 2010 sur la personne du recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a été interpellé à Sévaré, près de Mopti, non loin de la possible ligne de front à venir. Il aurait atterri deux jours plus tôt à Bamako sur un vol Air France. Son but : gagner Tombouctou pour le djihad. On sait par ailleurs, de source sûre, que des cellules dormantes d’Aqmi et du Mujao sont présentes dans la capitale. On signale çà et là dans la ville des formes d’intolérance jusqu’ici inconnues. Les réunions de jeunes dans les quartiers sont systématiquement interrompues par des imams furibards qui, à l’heure des prières, entendent imposer le silence. Les femmes en niqab (voile intégral) sont plus nombreuses. On en compte 80 % dans certaines communes…
« C’est moins dû à la ferveur religieuse qu’à une crise des valeurs morales », nous dit l’anthropologue Hamidou Magassa. Pour lui, « on a la crise qu’on mérite ! Elle remonte au coup d’État de 1968 contre Modibo Keita, puis aux vingt-trois années de dictature de Moussa Traoré et, à partir de 1991, aux vingt années de démocratie en trompe-l’œil. Le renversement de la dictature n’a rien changé au système ». Face à la destruction de la famille et de l’État, à la faillite de l’armée et à l’abaissement des valeurs morales, la tentation du repli spirituel est forte, et un islam qui se veut pur et dur, et qui offre ses compensations symboliques, est littéralement à portée de la main. « Les seuls à avoir une forte capacité de mobilisation au Mali aujourd’hui, ce sont les religieux », nous dit encore cheik Oumar Diarrah. Dans un pays « doté de cent vingt-cinq partis uniques » (Hamidou Magassa), le taux de participation aux dernières législatives n’a même pas atteint les 16 %. « Si le politique ne retrouve pas sa crédibilité, explique cheik Oumar Diarrah, il n’est pas impossible que dans un proche avenir ces gens-là imposent leur idée d’une République islamique. » C’est qu’à Bamako les mosquées poussent comme des champignons. Les wahhabites, qui sont pour la plupart des commerçants, ne représentent encore qu’un petit nombre mais ils sont actifs et extrêmement patients. Quant au recrutement de nouveaux adeptes, le chômage endémique est pour ces boutiquiers un autre fonds de commerce. À Djikoroni, ce vendredi-là, jour de la grande prière, on remarque une douzaine de femmes couvertes de la tête aux pieds d’un grand tissu noir sous lequel, on peut l’imaginer, il doit faire chaud à crever. Elles se dirigent à petits pas vers une mosquée toute neuve, évidemment peinte en vert et blanc. « Les wahhabites au Mali n’ont pas encore l’organisation des Frères musulmans », constate cheik Oumar Diarrah. En revanche, ils ont un agenda et sont financés par l’Arabie saoudite et le Qatar.
GLOSSAIRE
Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) est le groupe historique des rebelles touareg. Laïque et séparatiste, il réclame l’indépendance du nord du Mali. En avril 2012, le MNLA contrôle l’essentiel de la région mais 
il en est chassé par les autres groupes.
Ansar Dine (les protecteurs de l’islam). A été fondé en 2010 par une 
ex-figure des rébellions touareg, Iyad Ag Ghali, devenu depuis intégriste. 
Le groupe veut faire du Mali un État islamique.
Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). En janvier 2007, les intégristes algériens du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) s’affilient à al-Qaida et deviennent Aqmi. Il est dirigé par des Algériens.
Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao). 
C’est une dissidence d’Aqmi, composée de combattants subsahariens très liés 
à des trafiquants locaux de drogue, et qui se recentre sur les pays sahéliens.
Muriel Steinmetz