jeudi 12 avril 2012

La déclaration de « l’indépendance de l’Etat d’Azawad » | Les Grandes Oreilles

La déclaration de « l’indépendance de l’Etat d’Azawad » | Les Grandes Oreilles
Le Mali est désormais coupé en deux. Le MNLA, mouvement national pour la libération de l’AZAWAD a proclamé le vendredi 6 avril dernier, par le biais de son site internet, « l’Etat indépendant de l’Azawad ». Un sentiment de chaos règne dans tout le pays, et les putschistes au pouvoir à Bamako sont si dépassés par les évènements qu’ils en viennent même à demander une intervention occidentale dans le nord.

Retour sur une extraordinaire réaction en chaîne.


Cet article fait suite au précédent sujet publié sur LGO du 27 mars 2012. : Coup d’Etat au Mali : Vers une déstabilisation de la région ?
La déclaration de « l’indépendance de l’Etat d’Azawad »
Pour les touaregs de la région d’Azawad, au nord du Mali, la date du 6 avril 2012 est désormais historique. « Nous proclamons solennellement l’indépendance de l’Azawad à compter de ce jour ». C’est en ces termes que Mossa Ag Attaher, porte parole du MNLA, principal mouvement rebelle touareg, s’est exprimé vendredi matin sur la chaîne d’information France 24. Cette déclaration faisait suite à un communiqué publié par l’organisation sur son site internet (mnlamov.net) plus tôt dans la matinée.
La France, très impliquée dans cette crise, a immédiatement réagi, et a affirmé, par la voix de son ministre des affaires étrangère, qu’elle ne  reconnaît pas cette déclaration, affirmant rester « attachée à l’intégrité territoriale du Mali » et « qu’il n’est pas question de remettre en cause la souveraineté de ce pays ». La France reproche notamment les méthodes du MNLA et leur liens supposés avec des mouvements liés à AQMI, ce que le mouvement touareg réfute.
Dans sa déclaration d’indépendance, le MNLA cherche semble-t-il, à s’inscrire dans une logique d’apaisement. Sur son site, l’organisation déclare entre autres qu’elle « reconnaît les frontières avec les états limitrophes et leur inviolabilité », « l’adhésion à la charte des Nations Unies » et « son engagement ferme à créer les conditions d’une paix durable et initier les fondements institutionnels de l’Etat basé sur une Constitution démocratique de l’Azawad indépendant ». Le MNLA appuie son discours sur la légalité supposée de son projet, invoquant ainsi les articles 1 et 55 de la charte des Nations Unies et le « droit des Peuples à disposer d’eux-mêmes ». Elle reproche au passage les erreurs historiques commises par la France lors de l’établissement des frontières en Afrique de l’Ouest en 1960, rattachant l’Azawad « sans son consentement » à l’Etat malien.
Quelle légitimité pour ce nouvel Etat ?
La question de la légitimité de cette déclaration d’indépendance se pose en ces termes :
La première question est de savoir quelle viabilité peut avoir ce territoire principalement composé de désert et dépourvu de grandes ressources naturelles. Ne pourrait-il pas y avoir ainsi le risque de voir un Etat qui se financerait par le trafic de drogue, déjà très répandu dans la région ?
La seconde question qui nous taraude est celle des rapports que peut entretenir le MNLA avec les groupes islamistes radicaux qui sévissent depuis plusieurs semaines dans la région. Même si l’organisation touareg se défend de tout lien, tant idéologique que stratégique avec ces groupes, les témoignages et les faits semblent pour l’instant les contredire, du moins pour les premiers temps du soulèvement. Il semble néanmoins clair aujourd’hui que les rapports entre les deux partis se sont nettement dégradés. « Les amis d’hier deviennent les ennemis d’aujourd’hui » (comme nous dit un confrère localisé à Bamako, Fabien Offner, qui a réalisé l’excellente interview de M.Sanogo pour Libération). On a appris notamment lundi 2 avril que des membres du MNLA basés à Tombouctou ont été eux même chassés de la ville qu’ils avaient prise quelques jours plus tôt. Leurs assaillants appartenaient, selon l’AFP, à un groupe (ou une milice) islamiste répondant au nom d’Asnar Dine (les défenseurs de l’islam, en arabe). Ce dernier serait né d’une branche d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique). Ils tiennent encore aujourd’hui la ville, célèbre pour son tourisme.
Y-a-t-il eu des accords entre le MNLA et les groupes islamistes ? La crainte exprimée ces derniers jours par différents médias et experts, de voir apparaître un Etat islamiste imposant la charia aux populations est-elle réellement justifiée ?
Un désordre à très haut risque
Au sud, la junte au pouvoir semble prendre conscience du danger et de son incapacité à gérer la situation. Le chef des putschistes, Amadou Sanogo s’est engagé lundi 9 avril à respecter les accords signés avec la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, l’obligeant à remettre le pouvoir à un gouvernement de transition, qui sera présidé par Dioncounda Traoré. On attend aujourd’hui mardi 10 avril, la démission officielle d’ATT (Amadou Toumani Traoré). La tâche principale de ce nouveau gouvernement sera de pacifier le nord.
Une tâche qui devient de plus en plus compliquée, d’autant qu’on apprend lundi 9 avril, que des membres de la secte islamiste nigérienne Boko Haram seraient entrés au nord du pays, en renfort des islamistes, notamment à Gao. Plusieurs sources témoignent d’un climat d’oppression au sein de certaines villes telle que Tombouctou où les femmes y seraient désormais obligatoirement voilées et les débits de boissons alcoolisées systématiquement saccagés selon AP (Associated Press). L’Algérie s’inquiète également du sort de ses diplomates enlevées à Gao la semaine dernière par ce même type de groupe d’obédience islamiste. La confusion totale règne donc sur la région, et tout comme l’Etat Algérien, les pays voisons sont inquiets de la situation et se tiennent prêts à intervenir militairement par le biais de la Cédéao. Le risque d’une terrible guerre, sur fond de luttes ethniques et idéologiques se dessine donc de plus en plus…
Amnesty International ne cesse par ailleurs d’alerter via son site internet et les réseaux sociaux, sur le sort des populations locales, craignant un désastre humanitaire majeure dans toute la région.
La genèse de la crise malienne
Il n’est pas inintéressant d’observer la crise malienne avec un peu de recul. On s’aperçoit alors d’un enchaînement d’évènements tout à fait extraordinaire. Cette crise s’inscrit comme conséquence directe des révolutions arabes, enclenchée par la Tunisie et la fuite du dictateur Zine-El-Abidine Bel Ali le 14 janvier 2011. Près d’un mois plus tard, dès le 15 février, les populations libyennes de Benghazi se soulèvent, s’en suit alors une révolution qui aura duré près de sept mois et qui aura vu, grâce à l’aide militaire apportée par l’OTAN à l’initiative de la France, la chute de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969.
Cette défaite du régime Kadhafi a entraîné la fuite des troupes étrangères à sa solde, parmi lesquelles on retrouve…des combattants touaregs du nord du Mali. Ces derniers surentraînés et munis d’armes sophistiqués, connus également pour leur redoutable efficacité sur les terrains sahariens, ont offert un avantage considérable aux indépendantistes du MNLA. Un ascendant qui a complètement déstabilisé l’armée régulière malienne. Le Mali qui se retrouve confrontée dès le 22 mars dernier, à un coup d’Etat organisé par des sous-officiers lassés de subir des revers dans le nord. L’Effet Domino…
Une crise profonde
Nous savions déjà que les révolutions arabes avaient initié une nouvelle période géopolitique, et que les conséquences de celles-ci se ressentiraient à l’échelle de l’Histoire. La crise que subit le Mali démontre que ces conséquences peuvent être plus profondes qu’on ne l’imagine. On peut souligner surtout la rapidité déconcertante des changements qui s’opèrent.
Cette crise est d’autant plus complexe qu’elle remet profondément en question des choix et de décisions historiques. La carte des frontières de l’Afrique de l’ouest, dessinée par la France après la décolonisation, n’ayant pas considéré les particularités et la diversité des peuples, trouve aujourd’hui sa limite. C’est en quelque sorte le XXème siècle qui nous explose à la figure, et c’est sans doute loin d’être terminé. Comment va maintenant réagir le reste du peuple touareg disséminé dans les territoires voisins ? Comment vont réagir les différents peuples sans Etat d’Afrique sub-saharienne ?
La Rédaction de LGO avec Mehdi Jaziri

Le nord du Mali livré au chaos | Coumba Sylla et Serge Daniel | Afrique

Le nord du Mali livré au chaos | Coumba Sylla et Serge Daniel | Afrique

Un commerce en feu à Tombouctou, région contrôlée... (Photo AFP) 

Un commerce en feu à Tombouctou, région contrôlée par le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion).
Photo AFP
 
Coumba Sylla et Serge Daniel
Agence France-Presse
Bamako, Mali
La rébellion touareg du Mali a proclamé vendredi l'indépendance du territoire de «l'Azawad» dans le nord du pays, vaste territoire désertique au nord du pays dominé par des groupes armées islamistes et criminels et au bord du «désastre humanitaire».
L'initiative du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) a été largement condamnée par les pays africains et les européens.
La proclamation d'indépendance faite par un porte-parole en France du MNLA, Mossa Ag Attaher, «officialise» la division du Mali: une partie sud contrôlée par des militaires putschistes isolés et impuissants, une partie nord en proie à l'anarchie.
Très vite, l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE) et la France, ex-puissance coloniale, ont rejeté cette déclaration unilatérale comme «nulle et non avenue» ou «sans aucune valeur», selon Jean Ping, président de la Commission de l'UA. Il a appelé «toute la communauté internationale à soutenir pleinement cette position de principe de l'Afrique».
«Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour», a déclaré Mossa Ag Attaher sur la chaîne France 24 en des termes identiques à ceux d'un communiqué publié par le MNLA sur son site internet.
L'Azawad, immense territoire aride d'une surface équivalente à celle de la France et de la Belgique réunies, est situé au nord du fleuve Niger et comprend les trois régions administratives de Kidal, Tombouctou et Gao.
Deux semaines (bien deux semaines) après le coup d'État militaire qui a renversé le 22 mars à Bamako le président Amadou Toumani Touré, ces régions sont tombées en trois jours aux mains du MNLA, du mouvement islamiste Ansar Dine (défenseurs de l'islam) appuyé par des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et d'autres groupes.
Très vite, les islamistes et des groupes criminels ont pris le dessus sur le MNLA, selon divers témoignages, relativisant la déclaration unilatérale d'indépendance des rebelles touareg qui ne semblent pas en mesure de contrôler «leur» territoire.
Mossa Ag Attaher a affirmé à l'AFP que le MBLA serait prêt à combattre Aqmi dans le cadre de la mise en place «d'un partenariat international».
Omar Hamaha, chef militaire d'Ansar Dine, qui a pris le contrôle de Tombouctou, a, lui, affirmé mener une guerre «contre l'indépendance» de l'Azawad et «pour l'Islam», dans une déclaration publique dont l'AFP s'est procuré les images.
«Notre guerre, c'est une guerre sainte, une guerre légale, au nom de l'islam. Nous sommes contre les rebellions. Nous sommes contre les indépendances. Toutes les révolutions qui ne sont pas au nom de l'islam, nous sommes contre», a-til dit.
Les voisins du Mali membres de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui ont imposé un embargo diplomatique et économique total au Mali quelques jours après le coup d'État, ont toujours clamé leur attachement à l'intégrité territoriale de ce pays.
Il envisagent d'y envoyer une force militaire de 2000 à 3000 hommes pour la préserver: les chefs d'état-major des armées de la Cédéao, réunis jeudi à à Abidjan, ont élaboré un «mandat» pour cette force.
Effets combinés dévastateurs
L'Algérie, voisin du nord et puissance militaire régionale dont six diplomates ont été enlevés jeudi à Gao, «n'acceptera jamais une remise en cause de l'intégrité territoriale du Mali» et prône le «dialogue»  pour régler la crise, a déclaré le Premier ministre Ahmed Ouyahia au journal Le Monde vendredi.
Alger a ensuite annoncé une réunion des ministres des Affaires étrangères d'Algérie, du Niger et de la Mauritanie dimanche à Nouakchott pour discuter de la situation, en l'absence de représentants du Mali.
Il y a urgence: les effets combinés de la sécheresse, des violences et des graves atteintes aux droits de l'homme commises dans le Nord font que cette région est «au bord du désastre humanitaire», selon Amnesty International.
Le front antijunte, qui regroupe partis politiques et organisations de la société civile, a appelé l'ONU à intervenir d'urgence «pour éviter une catastrophe humanitaire» en particulier à Gao où «des menaces d'interruption des fournitures d'eau et d'électricité planent» et où «des enlèvements de petites filles sont également signalés», selon le président de ce front, Siaka Diakité.
Des centaines de jeunes, pour la plupart natifs du nord du Mali, ont manifesté vendredi à Bamako pour dénoncer des «ignominies» commises dans leur région et réclamé des armes pour aller la défendre.
Oxfam «craint que la combinaison des conséquences dévastatrices des combats et de l'insécurité ainsi que l'aggravation de la situation alimentaire ne produise un plus grand nombre de réfugiés dans la région», où il y a déjà plus de 210 000 réfugiés et déplacés depuis le déclenchement de la rébellion du MNLA mi-janvier.
World Vision craint aussi «l'impact négatif et de grande envergure» des sanctions sur les démunis.
Ces deux ONG demandent la levée de l'embargo imposé par la Cédéao, car «la fermeture des frontières signifie que les prix des denrées alimentaires, déjà élevés, vont encore augmenter et être hors de portée des plus pauvres», selon World Vision.
Une mission de la Cédéao conduite par le ministre burkinabé des Affaires étrangères Djibril Bassolé, se trouvait toujours vendredi à Bamako pour des pourparlers avec la junte. Elle demande à son chef, le capitaine Amadou Sanogo, un retour à l'ordre constitutionnel en échange de la levée de l'embargo.
Pour la première fois, une ambassade occidentale à Bamako, celle du Royaume Uni, a décidé de retirer son personnel.
Les rébellions touareg au Mali
Le Mali, où une rébellion touareg a proclamé vendredi l'indépendance du territoire de «l'Azawad» dans le Nord, a été dans le passé, tout comme son voisin nigérien, le théâtre de plusieurs rébellions touareg.
Les Touareg, Sahariens d'origine berbère et membres de diverses tribus, sont estimés à environ 1,5 million de personnes réparties entre le Niger, le Mali, l'Algérie, la Libye et le Burkina Faso. Au Mali, la région naturelle de l'Azawad est considérée comme leur berceau.
- 1990-1996 -
- 29 juin 1990: Au Mali, les Touareg entrent en rébellion, avec une attaque d'un poste de police à Menaka (est). L'armée malienne mène une vigoureuse répression. En août, des sources indépendantes font état de 300 morts au cours des troubles qui ont suivi.
Au Niger, la rébellion touareg avait commencé un mois plus tôt, après le massacre par l'armée d'une centaine de jeunes formés dans la «légion islamique» libyenne qui avaient attaqué des localités du Nord pour protester contre la «marginalisation» dont ils estimaient que les Touaregs étaient victimes. En 1992, les rebelles vont multiplier raids et prises d'otages avant la signature d'un accord de paix en 1995.
- 27 mars 1996: Le Mali célèbre dans Tombouctou en liesse le retour à la paix par une cérémonie symbolique, la «Flamme de la paix». Les quatre années de rébellion touareg (1990-1994) ont fait plus d'un millier de morts.
- 2006-2009 -
- 23 mai 2006: Au Mali, plusieurs centaines d'ex-rebelles touareg intégrés dans l'armée ou en rupture de ban reprennent le chemin du maquis, attaquant ou prenant le contrôle de camps militaires dans le Nord et l'Est avant de se replier avec armes et munitions. De nombreuses attaques, offensives et prises d'otages ont lieu jusqu'en 2009, entrecoupées d'accords de paix prévoyant notamment l'arrêt des hostilités et le développement des régions déshéritées du Nord.
- 17 fév 2009: Plusieurs centaines de rebelles déposent les armes à Kidal, après une «opération de sécurisation» de l'armée dans le Nord-Est. En août, une rencontre de «réconciliation» réunit à Tombouctou les différentes communautés du Nord, la première depuis une décennie.
- 2012 -
- 17-18 jan 2012: La rébellion touareg, avec comme principale composante le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), passe à l'offensive dans le Nord.
Dès octobre 2011, des officiers touareg, intégrés au sein de l'armée après les accords de paix, avaient déserté pour aller dans le Nord, où étaient rentrés des centaines d'hommes lourdement armés, le plus souvent touareg, ayant combattu en Libye auprès de l'ex-dirigeant Mouammar Kadhafi.
- 30 mars-1er avr: Les rebelles accélèrent leur avancée et prennent Kidal, Gao, qui abritait l'état-major régional de l'armée, puis Tombouctou, s'emparant de toute la moitié Nord, à la faveur du coup d'Etat militaire qui a renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré.
Mais des groupes armés, criminels ou islamistes tel Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), appuyé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), affirment leur prééminence sur le MNLA à Gao, Kidal et Tombouctou.

Les indépendantistes touareg crient victoire

Les indépendantistes touareg crient victoire | Marc-André Boisvert
Publié le 10 avril 2012 à 07h11 | Mis à jour le 10 avril 2012 à 07h11

Le Mouvement national de libération de l'Azawad a... (Photo AFP)

Le Mouvement national de libération de l'Azawad a déclaré, un peu prématurément, l'indépendance de cette région du nord du Mali, vendredi dernier.
Photo AFP
Marc-André Boisvert, collaboration spéciale
La Presse
(Bamako) Les Touareg ont conquis tout le nord du Mali. Au coeur de cette conquête: le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qui contrôle un territoire de plus de 800000 kilomètres carrés. Notre collaborateur au Mali dresse le portrait de ces rebelles aux visages discordants.
«Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad», a lancé pompeusement Mossa Ag Attaher, porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) sur les ondes de la chaîne française France 24, vendredi dernier.
Cette déclaration précipitée, condamnée unanimement par la communauté internationale, met fin à deux mois de combats qui se sont soldés par une armée malienne en déroute, paniquée devant les rebelles.
Profitant du coup d'État du 21 mars dernier fomenté par des mutins exigeant plus de moyens pour combattre et paralysant le haut commandement de l'armée, le MNLA contre-attaque. Comme un jeu de cartes, toutes les grandes villes du Nord tombent en 48 heures: Tombouctou, Gao, Kidal.
Pourtant, avant le 17 janvier dernier, personne ne connaissait ce groupe armé qui revendiquait l'attaque du petit camp militaire de Ménaka.
Pas une première
Ce n'est pas la première fois que le Mali fait face à une rébellion des Touareg depuis son indépendance de la France, en 1960. Mais c'est la première fois qu'une rébellion touareg exige l'indépendance. C'est aussi la première fois que les rebelles réussissent militairement à contrôler l'Azawad, une région qui touche tout le nord du Mali.
Le 5 avril dernier, le MNLA a décrété la fin des combats et dit contrôler tout le Nord. Le lendemain, le mouvement a fait une déclaration précipitée et unilatérale d'indépendance, un appel rejeté par la communauté internationale.
«Le MNLA, c'est le regroupement de plusieurs mouvements hétéroclites et disparates dont les objectifs n'étaient pas les mêmes au départ,» souligne Naffit Keita, professeur d'anthropologie à l'Université de Bamako et spécialiste des Touareg.
Depuis le cessez-le-feu, l'apparence d'unité disparaît et cinq mouvements se dessinent. Le MNLA reste le courant principal. À l'automne dernier, plusieurs combattants touareg qui avaient intégré l'armée libyenne et qui défendaient Mouammar Kadhafi sont revenus au Mali bien armés. Du coup, leur leader, Ag Mohamed Najem, parent du leader historique touareg Ibrahim Ag Bahanga, a lancé l'offensive au nom du MNLA.
«Depuis la mort de Bahanga, en août dernier, ses anciens supplétifs libyens parlaient de prendre les armes. Tout le monde savait que quelque chose se passait», explique le professeur Keita. Les héritiers de Bahanga n'ont cependant jamais flirté avec le salafisme.
Factions salafistes
C'est le 1er avril dernier que le groupe salafiste Ansar Dine, «partisans de la foi» en arabe, s'est manifesté lorsqu'il a pris d'assaut Tombouctou.
Tous ignoraient son existence avant qu'il ne fasse flotter son drapeau noir sur la ville aux 333 saints. «Nous, ce qu'on veut, ce n'est pas l'Azawad, c'est l'islam. On veut pratiquer la sharia dans tout le Mali,», a déclaré un chef militaire anonyme devant des journalistes locaux à Tombouctou.
Ansar Dine a chassé le MLNA hors des enceintes de la ville. Les Tombouctiens ne savent trop comment percevoir ces islamistes proches d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Mohamed, qui préfère taire son nom complet par crainte de représailles, explique cette hésitation. «Les femmes doivent porter le hidjab. Mais Ansar Dine a arrêté les pillards. Le MNLA, lui, y participait.»
Cette faction est dirigée par Iyad Ag Ghaly, autre figure historique. La vie du cinquantenaire est un téléroman: il a combattu au Pakistan, au Liban, en Libye et finalement en Afghanistan où les rumeurs disent qu'il a tronqué ses nuits de whiskey pour celles de prières.Trois autres mouvements seraient aussi derrière la rébellion: le Front de libération national de l'Azawad, dont on sait toujours très peu, AQMI et le Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO), groupe dissident d'AQMI.
La Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) se prépare à envoyer 3000 militaires. On prend très au sérieux ces groupes qui pourraient déstabiliser toute la région

Fadaises algériennes dans la crise malienne

Saint Martin | sxminfo.com — Fadaises algériennes dans la crise malienne
11 avril 2012 19 h 02 min

Le Mali traverse aujourd’hui la plus grave crise de son histoire. La moitié septentrionale de son territoire est passée sous le contrôle de rebelles touareg, d’islamistes armés et de divers groupes criminels.

Un nouveau groupe armé dénommé Front de Libération Nationale de l’AZAWAD (FLNA), qui revendique 500 éléments, a d’ailleurs annoncé, le 8 avril 2012, sa création dans le nord-est du Mali.

C’est un groupé armé, qui se réclame indépendant du groupe islamiste Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghali qui a participé aux accords d’Alger de 2006 entre Bamako et la rébellion touarègue et du Mouvement National de Libération de l’AZAWAD (MNLA).

Le FLNA se présente comme un mouvement laïc et explique sa création par l’abandon” de la région par l’Etat malien depuis des années et a pour objectif la libération de l’AZAWAD, l’instauration d’un climat de confiance entre ses communautés, la sécurisation des personnes et des biens sur ce territoire et l’instauration d’un cadre de dialogue pour une paix durable” dans cette région, dont le FLNA ne définit pas les limites géographiques et qui, par voie de conséquence, pourraient inclure des territoires algériens et nigériens.

Aux côtés de ses mouvements touaregs, on retrouve bien entendu, des éléments du polisario et ceux de l’AQMI, dont un des chefs, Mokhtar Belmokhtar, vient de refaire surface avec ses partisans à Gao à la faveur des enlèvements des 07 diplomates algériens

Un autre groupe, et pas des moindres, a également poinçonné sa présence à Gao Il s’agit du mouvement islamiste nigérian Boko Haram, dont au moins une centaine d’éléments ont été signalés.

Par ailleurs, l’exécutif MNLA aurait proposé à l’Algérie son aide pour la libération des diplomates enlevés et son leader Bilel Ag Cherif aurait décidé d’enquêter sur les circonstances de ces enlèvements.

Face à cette nouvelle donne, les services sécuritaires algériens envisageraient la fermeture de ses frontières avec le Mali.

La question qui se pose en toute logique est celle-ci : parler la fermeture des frontières dans cette zone a-t-elle un sens ? Est-ce qu’elles ont jamais existé, d’abord ? C’est comme si on voulait arrêter le vent du sud de souffler. C’est bien connu, les terroristes d’AQMI et les narcotrafiquants passent par les postes frontières et présentent leurs papiers aux douaniers, aux gardes frontières et aux militaires algériens qui grouillent dans le secteur.

C’est pourquoi, à moins de construire un mur sur tout le parcours de cette frontière de plus de 1200 kms, il serait impossible de fermer cette passoire, où immigrants, terroristes et contrebandiers se faufilent comme bon leur semble Le sud algérien est donc bel et bien un ventre mou dans lequel circulent des terroristes d’AQMI et des contrebandiers. Les gardes frontières disséminés le long de cette frontière, essayent plus de survivre que d’assurer leurs missions.

De plus, le ministère algérien de la défense a annoncé avoir déployé des avions de transport militaires et des hélicoptères aux bases de l’extrême sud et a mis en état d’alerte maximum 3 000 hommes des forces spéciales de l’armée et des unités militaires de la sixième, troisième et quatrième région militaire, notamment dans les wilayas de Tamanrasset, Ghardaïa, Biskra, Bechar et Adrar.

Autre question qui se pose : pourquoi Alger ne l’a t-il pas fait pour lutter contre AQMI et la criminalité transnationale qui sévit dans cette région depuis belle lurette ?

La réponse est toute simple parce que l’Algérie est une propriété privée surtout le Sahara où se trouvent toutes les richesses du pays (hydrocabures, or, fer etc) et qu’il est très dangereux de discuter de l’influence du diable, à savoir la DRS.

En conclusion, il serait difficile d’écarter l’hypothèse que l’enlèvement des diplomates algériens, la proclamation de l’indépendance de l’AZAWAD par un groupe proche d’Alger et la présence d’AQMI et autres groupes islamiques radicaux liés, directement ou indirectement, à la DRS, sur le terrain n’est qu’une opération montée de toute pièce par les autorités militaro-civiles algériennes pour redorer le blason d’Ouyahia à la proche des élections législatives en Algérie, qui se présentent, d’ailleurs, sous de mauvais hospices.

C’est pourquoi, en dehors du coup du d’Etat qui a ébranlé le pouvoir légitime au Mali, tous les évènements qui secouent aujourd’hui le nord de ce pays sahélien ne sont que la résultante des fadaises de autorités algériennes dans la gestion des phénomènes du terroriste et de la criminalité sous toutes ses formes dans la zone sahélo-saharienne. Aussi ; en raison de ces fadaises algériennes, le Maghreb, en tant que bloc institutionnel, est menacé et ce n’est que collectivement que ce bloc doit réagir.
La démarche algérienne des pays dits du champ pour contrer le terrorisme au Sahel aurait besoin, à la lumière du drame malien, d’une profonde mise à jour.

Farid Mnebhi

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Crise au Mali: "la France est condamnée à marcher sur des oeufs" - L'EXPRESS

Crise au Mali: "la France est condamnée à marcher sur des oeufs" - L'EXPRESS
Propos recueillis par Vincent Hugeux, publié le 11/04/2012 à 18:27
Crise au Mali: "la France est condamnée à marcher sur des oeufs"
Dans le nord du Mali, l'issue de la rivalité entre les hommes du MNLA et les djihadistes demeure incertaine.
AFP/MNLA

Eric Denécé est directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R) et coauteur d'un rapport sur l'"avenir incertain" de la Libye et de son environnement, publié en mai 2011. Pour L'Express, il analyse les enjeux de la crise malienne. 

Comment peut évoluer, dans la moitié nord du Mali, le rapport de forces entre les Touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad [MNLA] et les factions djihadistes?
Le paysage demeure à ce stade assez confus, notamment parce que l'on manque de données fiables quant aux effectifs respectifs. Sur le papier, les Touareg sont beaucoup plus nombreux, mais beaucoup moins armés. Grosso modo, le groupe islamiste Ansar ed-Dine disposerait de plusieurs centaines d'hommes -moins d'un millier, à coup sûr- et Aqmi, de 300 à 500 combattants.  
Autre incertitude quant aux volontaires rentrés de Libye: combien ont rallié le MNLA, et combien, la mouvance djihadiste ? Même question pour la répartition des armements, des stocks de munitions et des véhicules. S'agissant de l'issue de ce bras de fer, mieux vaut se montrer circonspect. Pour autant, le phénomène le plus frappant reste la montée en puissance rapide d'Ansar ed-Dine; alors même que tous les légionnaires de Kadhafi n'étaient pas -loin de là- de sensibilité islamiste. Nombre d'entre eux sont devenus citoyens de la Jamahiriya et certains ont combattu dès 1996 les maquisards du Groupe islamique combattant libyen [GICL]. 
La reconquête par Bamako des territoires "libérés" du Nord est-elle envisageable ? Si oui, à quel prix?
Pour Eric Dénécé, les islamistes d'Aqmi et d'Ansar ed-Dine "s'inscriront durablement dans le paysage comme des éléments perturbateurs".
Pour Eric Dénécé, les islamistes d'Aqmi et d'Ansar ed-Dine "s'inscriront durablement dans le paysage comme des éléments perturbateurs".
Ouest-France/ M.Ollivier
Qu'elle soit conduite, avec l'appui des Occidentaux, par l'armée malienne ou par une force de l'Union africaine, elle peut se faire sans grande difficulté dans les tout prochains mois. Dans une zone à ce point désertique, il suffit de reprendre et de tenir les villes.  
En l'occurrence, Gao, Tombouctou, Kidal et Tessalit. En face, il y aura des miliciens certes aguerris, mais dotés de moyens légers et plus redoutés pour leur mobilité que pour leur aptitude au combat urbain, et guère soutenus par les populations locales. Cela posé, on refoulera vers le désert des bandes sorties de l'aventure renforcées en armes, en moyens de transports, en effectifs et en ressources financières.  
Aqmi et Ansar ed-Dine s'inscriront durablement dans le paysage comme des éléments perturbateurs. 
Y a-t-il, pour le Niger voisin, un risque de contagion?
La question se pose non seulement pour le Niger, mais aussi pour l'Algérie et la Mauritanie. Adossée à une revendication ancienne, la question touareg appelle une solution politique; même si Mouammar Kadhafi, qui fut l'un des pyromanes de la cause, s'est employé à souffler sur les braises. Or chaque pays a son mode de traitement particulier. Et peut donc s'orienter soit vers un durcissement, soit vers le compromis. 
Comment jugez-vous, à l'aune de cet épisode, la performance des autorités françaises?
Il ne peut y avoir de remède efficace sans coopération entre la France et l'Algérie. 
La séquence reflète avant tout une absence de réflexion ahurissante. Tout vient, ne l'oublions jamais, de l'intervention en Libye, cette énorme erreur stratégique qui a déstabilisé toute la région.  
Quelle que soit l'antipathie qu'inspirait le colonel Kadhafi, le remède aura été pire que le mal. Soumeylou Boubèye Maïga, ancien patron du renseignement malien et ministre sortant des Affaires étrangères, venait une fois par mois à Paris tirer le signal d'alarme. "Maintenant que vous avez mis le bazar chez nous en dépit de nos mises en garde répétées, insistait-il, qu'allez-vous faire pour nous aider?"  
Autre écueil, l'incapacité de la France à s'entendre avec l'Algérie -laquelle, il est vrai, n'y met pas vraiment du sien non plus. Or il ne peut y avoir de remède efficace sans coopération entre les deux pays, qui ont à la fois les moyens d'agir et la connaissance du terrain.  
Enfin, Paris s'est enfermé dans une contradiction totale: on agit en Libye, en violation de la résolution 1973 d'ailleurs; mais, quand l'espace subsaharien s'embrase, le Quai d'Orsay plaide en faveur d'une forme de neutralité. Quitte à bafouer cette fois les accords de défense qui nous lient aux capitales concernées. Résultat: la France n'a plus la cote au Mali et les Algériens ne veulent plus nous voir dans les parages. Bref, nous voilà condamnés à marcher sur des oeufs.

Mali: Iyad ag Ghali, le rebelle touareg devenu djihadiste

Mali: Iyad ag Ghali, le rebelle touareg devenu djihadiste - L'EXPRESS
Par , publié le 12/04/2012 à 09:22, mis à jour à 09:42
Mali: Iyad ag Ghali, le rebelle touareg devenu djihadiste
Iyad ag Ghali, chef d'Ansar ed-Dine, menant la prière avec ses combattants, en janvier. Le chef touareg voudrait instaurer la charia dans tout le Mali.
AFP

Grand vainqueur de l'offensive dans le nord du Mali et chef charismatique de la communauté touareg, Iyad Ag Ghaly est incontournable. Portrait d'un combattant au service de l'islam. 

Le chef d'Ansar ed-Dine (Défenseurs de la religion), le groupe djihadiste qui veut imposer la charia à l'ensemble du Mali, est un personnage de roman, aussi charismatique qu'ambigu. Bien avant de devenir un prêcheur salafiste à la barbe imposante, Iyad ag Ghali, bientôt la soixantaine, fut un véritable héros pour les Touareg.  
Fils d'un éleveur nomade, il est issu des Kel Afella, tribu noble de la confédération des Ifoghas, établie dans la région de Kidal, le grand nord malien. Au tournant des années 1980, comme tant d'autres "ichoumar" (du français chômeur), le jeune homme s'exile en Libye, attiré par les pétrodollars. Mais, là, il s'engage dans la "Légion islamique" du colonel Kadhafi. C'est ainsi que Iyad ag Ghali a notamment combattu au Liban, en 1982. 

Julien Valente/L'Express
Rentré au Mali, ce guerrier d'élite prend, en 1990, la tête de la rébellion touareg. A l'époque, Iyad arbore une moustache fournie, fume des cigarettes et s'autorise parfois un bon whisky. Négociateur des accords de paix de 1992, il devient conseiller auprès de la présidence malienne. "C'est en 1999-2000 qu'il a versé dans le salafisme, au contact de prédicateurs pakistanais installés à Kidal", explique l'historien Pierre Boilley, spécialiste du Sahara. A partir de 2003, Iyad ag Ghali sert d'intermédiaire dans la libération d'otages occidentaux détenus par le Groupement salafiste pour la prédication et le combat (GSPC, future Aqmi). A chaque transaction, il empoche de confortables commissions. Depuis cette période, il entretient des contacts personnels avec certains émirs d'Aqmi. L'un de ses cousins, Amada ag Hama, dirige d'ailleurs un de leurs groupes armés. En 2007, le président malien d'alors, Amadou Toumani Touré, nomme Iyad ag Ghali consul à Djeddah (Arabie saoudite). Il en sera expulsé, trois ans plus tard, à cause de sa proximité avec des islamistes trop radicaux. 
Ecarté du MNLA
A la fin de l'année dernière, alors que la rébellion touareg couve de nouveau, il tente un coup de poker : il revendique le commandement militaire du Mouvement national de la libération de l'Azawad (MNLA), aux ambitions séparatistes. Ecarté, il fonde alors Ansar ed-Dine, ramenant dans son orbite quelques jeunes Touareg proches d'Aqmi et des djihadistes confirmés. Son mouvement, qui compte 300 combattants au maximum, pèse moins aujourd'hui par sa puissance que par l'aura de son leader
A Tombouctou, les indépendantistes touareg du MNLA ont lancé un ultimatum à Iyad ag Ghali, l'"enjoignant de déposer les armes et de ne plus entraver [leur] mouvement". Reste à savoir s'ils parviendront à juguler cette ancienne gloire, devenue bien trop encombrante.

mercredi 11 avril 2012

Mali : Les érudits Azawadis demandent à Al Qaida de quitter les villes occupées | MaliActu

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Par peur des représailles, les Touaregs de la capitale malienne prennent le large - REPORTAGE - FRANCE 24

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Abdoulaziz Bouteflika, président de l'AlgérieC’est devenu une habitude depuis que le Mali a libéré en février 2010 quatre éléments d’AQMI – dont deux Algériens réclamés à cor et à cri par leur gouvernement – pour sauver la vie et obtenir la mise en liberté du Français Pierre Camatte. «Un hôte du Mali» soulignait à l’époque le président ATT. Rendue folle de rage par cette décision vite assimilée à de la complicité avec le terrorisme, l’Algérie a réussi à entrainer la Mauritanie dans le rappel de leurs ambassadeurs à Bamako pour « consultation ». Un rappel qui, contrairement à l’usage diplomatique, durera plusieurs mois.
Alger fera également de Nouakchott son alliée dans le boycott de la conférence sahélo-saharienne sur la sécurité et le développement que ATT projetait d’organiser pour donner plus d’efficacité à la lutte contre le terrorisme et les activités criminelles transfrontalières (trafics de drogue, d’armes de guerre, de migrants clandestins vers l’Europe etc.). Cette conférence, qui devait se tenir au niveau des chefs d’Etat et impliquer la CEDEAO, l’Union africaine, l’Union européenne, les Etats Unis d’Amérique et l’ONU, ne se tiendra jamais et Alger s’arrogera le leadership de la lutte anti-terroriste alors que non seulement il n’a jamais brillé en la matière, mais peut être tenu coupable d’avoir exporté le monstre AQMI chez ses voisins du